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thermal 🟡 Intermédiaire 10 min Mis à jour le 20 mars 2024

Calcul pont thermique RE2020

Calcul des ponts thermiques (linéiques et ponctuels) selon RE2020, fascicule Th-Bat et norme NF EN ISO 10211. Ce calcul des ponts thermiques utilise la méthode des éléments finis pour déterminer les flux thermiques à travers les liaisons (plancher/mur, refend, menuiseries, balcons). À partir du coefficient Ψ et du linéaire des liaisons, l'outil chiffre la perte en W/K. Permet d'optimiser l'isolation et de respecter la limite Ψmoyen ≤ 0,28 W/m·K. Utilisé en construction neuve, rénovation BBC et études thermiques réglementaires.

pont thermique déperdition RE2020 linteau balcon plancher

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m

Longueur totale du pont thermique en mètres

W/m.K

Coefficient de transmission thermique linéique en W/m.K

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Formule utilisée

Déperdition = Ψ × L

Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Type de pont thermique Sélectionnez le type de pont thermique à calculer
Longueur du pont thermique m Longueur totale du pont thermique en mètres
Coefficient Ψ W/m.K Coefficient de transmission thermique linéique en W/m.K

Exemples d'application

Linteau standard

Linteau de 3m avec Ψ = 0.35 W/m.K

Comprendre cet outil

Les calculs thermiques évaluent la performance énergétique d'un bâtiment : besoin bioclimatique (Bbio), consommation conventionnelle (Cep), impact carbone (Ic) et déperditions, conformément à la RE2020 et aux réglementations thermiques antérieures.

Calcul pont thermique RE2020 apporte une estimation préliminaire utile en phase d'esquisse. L'étude thermique réglementaire complète, indispensable au dépôt de permis, doit être confiée à un bureau d'études certifié.

Progineer et votre projet

Progineer pilote l'étude thermique réglementaire et oriente les choix d'enveloppe, d'équipements et de matériaux pour atteindre la performance visée.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul pont thermique RE2020 » ?

Calcul des ponts thermiques (linéiques et ponctuels) selon RE2020, fascicule Th-Bat et norme NF EN ISO 10211. Ce calcul des ponts thermiques utilise la méthode des éléments finis pour déterminer les flux thermiques à travers les liaisons (plancher/mur, refend, menuiseries, balcons). À partir du coefficient Ψ et du linéaire des liaisons, l'outil chiffre la perte en W/K. Permet d'optimiser l'isolation et de respecter la limite Ψmoyen ≤ 0,28 W/m·K. Utilisé en construction neuve, rénovation BBC et études thermiques réglementaires.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Un pont thermique est une zone de l'enveloppe où la résistance thermique, par ailleurs uniforme, est localement dégradée : par la pénétration d'un matériau plus conducteur, par un changement local d'épaisseur, ou par la géométrie même d'une liaison entre deux parois. Le fascicule Th-Bat consacré aux ponts thermiques rappelle que ces déperditions supplémentaires peuvent dépasser, sur certains bâtiments, 40 % des déperditions totales à travers l'enveloppe. Cette page traite du calcul d'une liaison prise isolément : la formule Déperdition = ψ × L, ses variables et leurs unités, l'origine légitime des valeurs de ψ, trois exemples chiffrés entièrement refaisables, le cadre réglementaire RE2020 applicable, puis les limites et les erreurs qui reviennent le plus souvent.

Méthode de calcul d'un pont thermique : formule, variables et unités

Le calcul d'un pont thermique se fait en deux temps qu'il ne faut jamais confondre. Le premier temps est la détermination du coefficient de transmission linéique ψ de la liaison, qui relève d'un calcul numérique bidimensionnel ou tridimensionnel normalisé, ou d'un catalogue de valeurs par défaut. Le second temps est la pondération de ce coefficient par le linéaire réellement mesuré sur le projet. C'est ce second temps que réalise un calculateur en ligne ; le premier repose entièrement sur la qualité de la valeur de ψ que l'on y injecte.

La formule Déperdition = ψ × L, variable par variable

ψ est le coefficient de transmission thermique linéique de la liaison, exprimé en watt par mètre-kelvin, W/(m.K). Il représente le flux de chaleur supplémentaire, au-delà de ce que les parois adjacentes évacuent déjà, par mètre de liaison et par kelvin d'écart entre l'ambiance chaude et l'ambiance froide. L est le linéaire de la liaison, en mètres. Le produit ψ × L donne un coefficient de déperdition en watt par kelvin, W/K.

Pour passer de W/K à une puissance en watts, il faut multiplier par l'écart de température considéré : Φ = ψ × L × ΔT. Cette distinction est essentielle, parce qu'un résultat en W/K est indépendant du climat tandis qu'un résultat en W est attaché à une hypothèse de température extérieure. Un calculateur qui affiche un résultat en W sans afficher le ΔT retenu doit être interrogé sur ce point.

Les ponts thermiques ponctuels, tridimensionnels, se traitent par un coefficient χ exprimé directement en W/K, multiplié par le nombre d'occurrences et non par une longueur. Le fascicule Th-Bat donne comme exemple typique la liaison entre un plancher et deux murs perpendiculaires de façade.

Une convention de mesure qui n'est pas anodine : les dimensions intérieures

Le fascicule Th-Bat Ponts thermiques précise que les déperditions à travers les ponts thermiques linéaires se calculent en pondérant les coefficients linéiques par leurs linéaires correspondants, déterminés à partir des dimensions intérieures des locaux. Cette convention n'est pas cosmétique : un ψ tabulé a été calculé dans ce système de dimensions, et le mesurer en dimensions extérieures fausse le résultat de manière systématique.

Corollaire souvent oublié : la valeur d'un ψ n'a de sens que couplée à la convention de dimensions et aux coefficients U des parois adjacentes retenus pour son calcul. Un même détail constructif ne donne pas le même ψ selon qu'on l'associe à un mur en isolation par l'intérieur ou par l'extérieur. Reprendre un ψ d'une configuration pour l'appliquer à une autre est une erreur de fond, pas une approximation.

D'où provient une valeur de ψ légitime

Trois origines sont admissibles, dans cet ordre de priorité décroissante. La première est le calcul numérique de la configuration précise, mené selon la NF EN ISO 10211 : le fascicule Th-Bat impose que les programmes de calcul soient vérifiés conformément à l'annexe A de cette norme, que le modèle géométrique intègre les parois voisines jusqu'à des plans de coupe placés à l'abri de la perturbation, et que la maille n'excède pas 25 mm dans la zone centrale du pont thermique pour les liaisons de gros œuvre.

La deuxième est la valeur figurant dans l'Avis technique du procédé mis en œuvre — c'est le cas des rupteurs de ponts thermiques, dont la performance est adossée à un dossier d'évaluation. La troisième est la valeur par défaut du fascicule Th-Bat, utilisable sans justification en l'absence de connaissance précise des épaisseurs, mais établie sur la base d'hypothèses de calcul défavorables : elle place le projet en sécurité, pas à l'optimum.

Le fascicule est explicite sur la hiérarchie : priment sur les valeurs par défaut les valeurs calculées dans la configuration précise du pont thermique considéré, ainsi que celles qui figurent dans les avis techniques. Une valeur trouvée dans une documentation commerciale, sans référence de calcul ni d'avis technique, ne fait pas partie des sources admissibles.

Le cas des planchers à entrevous : ψ moyen sur le pourtour

Sur un plancher à poutrelles et entrevous, le comportement de la liaison n'est pas le même selon que le mur reçoit l'extrémité des poutrelles ou qu'il leur est parallèle. Le fascicule Th-Bat définit donc un coefficient moyen sur le pourtour, ψm = (ψabout × Labout + ψrive × Lrive) / (Labout + Lrive).

En l'absence d'information précise sur les linéaires, il autorise une convention forfaitaire de répartition à 60 % de liaison en about et 40 % en rive, soit ψm = 0,6 × ψabout + 0,4 × ψrive. Il fournit également une pondération forfaitaire pour reconstituer le ψ en about à partir de deux calculs bidimensionnels : ψabout = 1/3 × ψpoutrelle + 2/3 × ψentrevous, où ψpoutrelle est la valeur pour une jonction avec un plancher en béton plein et ψentrevous celle pour une jonction avec un plancher à entrevous en polystyrène.

Enchaînement complet de la méthode

  • 1. Identifier la nature exacte de la liaison : parois en présence, position et continuité de l'isolant, type de plancher, présence ou non d'un rupteur.
  • 2. Récupérer le ψ correspondant : calcul NF EN ISO 10211 de la configuration réelle, à défaut Avis technique du procédé, à défaut valeur par défaut du fascicule Th-Bat.
  • 3. Vérifier la cohérence entre la configuration du ψ retenu et celle du projet (sens d'isolation, épaisseurs, type de maçonnerie).
  • 4. Mesurer le linéaire L en dimensions intérieures, conformément à la convention du fascicule Th-Bat.
  • 5. Calculer le coefficient de déperdition de la liaison : ψ × L, en W/K.
  • 6. Convertir éventuellement en puissance : Φ = ψ × L × ΔT, en précisant l'écart de température retenu.
  • 7. Agréger toutes les liaisons du bâtiment et comparer aux plafonds réglementaires applicables.

Trois exemples chiffrés complets et vérifiables

Les valeurs de ψ utilisées ci-dessous sont des hypothèses de calcul explicites destinées à rendre les opérations vérifiables. Sur un projet réel, elles doivent être remplacées par les valeurs issues du calcul de la configuration effective, de l'Avis technique du procédé ou du fascicule Th-Bat.

Exemple 1 — Une liaison unique, du W/K au watt

Hypothèses : un linteau de 3,00 m de longueur mesurée en dimensions intérieures, auquel on attribue un coefficient linéique ψ = 0,35 W/(m.K).

Étape 1 — Coefficient de déperdition : ψ × L = 0,35 × 3,00 = 1,05 W/K.

Étape 2 — Puissance déperdie en conditions de base, avec une température intérieure de 19 °C et une température extérieure de base de −7 °C, soit ΔT = 26 K : Φ = 1,05 × 26 = 27,3 W.

Lecture du résultat : 27 W pour un seul linteau paraît anecdotique. C'est l'accumulation qui compte. Sur une maison comportant une quinzaine d'ouvertures, le seul poste des linteaux et des tableaux de baies peut représenter plusieurs centaines de watts, soit une fraction significative de la puissance de chauffage à installer.

Exemple 2 — Liaison plancher intermédiaire, ψ moyen sur le pourtour

Hypothèses : plancher à poutrelles et entrevous, ψpoutrelle = 0,75 W/(m.K) et ψentrevous = 0,52 W/(m.K) pour la liaison en about, ψrive = 0,35 W/(m.K), linéaires non détaillés donc convention forfaitaire 60/40 du fascicule Th-Bat. Linéaire total de la liaison : 40,00 m.

Étape 1 — Reconstitution du ψ en about : ψabout = 1/3 × 0,75 + 2/3 × 0,52 = 0,2500 + 0,3467 = 0,5967 W/(m.K).

Étape 2 — Moyenne sur le pourtour avec la convention 60/40 : ψm = 0,6 × 0,5967 + 0,4 × 0,35 = 0,3580 + 0,1400 = 0,4980 W/(m.K).

Étape 3 — Coefficient de déperdition de la liaison : ψm × L = 0,4980 × 40,00 = 19,92 W/K.

Étape 4 — Vérification du garde-fou : l'article 22 de l'arrêté du 4 août 2021 plafonne à 0,6 W/(m linéaire.K) le coefficient linéique moyen Ψ9 des liaisons entre planchers intermédiaires et murs donnant sur l'extérieur ou un local non chauffé. Avec 0,498 W/(m.K), la liaison satisfait ce plafond.

Lecture du résultat : cette liaison seule pèse près de 20 W/K, à comparer aux quelque 1,05 W/K du linteau de l'exemple 1. Sur un bâtiment très isolé, la liaison de plancher intermédiaire est régulièrement le premier poste de déperdition linéique — d'où l'intérêt d'une isolation par l'extérieur continue ou d'un rupteur sous Avis technique.

Exemple 3 — Agrégation et Ratio ψ du bâtiment

Hypothèses : maison individuelle de surface de référence 120 m². Trois familles de liaisons sont relevées — liaison plancher bas / mur, 42,00 m à ψ = 0,42 W/(m.K) ; liaison plancher intermédiaire / mur, 40,00 m à ψ = 0,498 W/(m.K) selon l'exemple 2 ; liaisons menuiseries / parois opaques, 96,00 m à ψ = 0,08 W/(m.K).

Étape 1 — Plancher bas : 0,42 × 42,00 = 17,64 W/K.

Étape 2 — Plancher intermédiaire : 0,498 × 40,00 = 19,92 W/K.

Étape 3 — Menuiseries : 0,08 × 96,00 = 7,68 W/K.

Étape 4 — Somme : Σ(ψ × L) = 17,64 + 19,92 + 7,68 = 45,24 W/K.

Étape 5 — Ratio rapporté à la surface de référence : 45,24 / 120 = 0,377 W/(m².K).

Lecture du résultat : cette valeur dépasse le plafond de 0,33 W/(m².Sref.K) fixé par l'article 22 de l'arrêté du 4 août 2021. Le projet devrait donc soit démontrer par ailleurs la condition alternative sur les températures de surface, soit réduire ses ponts thermiques. Un traitement du plancher intermédiaire ramenant son ψ de 0,498 à 0,25 W/(m.K) ferait tomber ce poste à 10,00 W/K et le total à 35,32 W/K, soit un ratio de 0,294 W/(m².K), en dessous du plafond. Le calcul montre où porter l'effort.

Le cadre réglementaire des ponts thermiques

Les ponts thermiques ne sont pas laissés à la seule optimisation globale : la RE2020 les encadre par une exigence de moyens spécifique, distincte des six indicateurs de résultat. Cette exigence vise autant la performance énergétique que la prévention du risque de condensation superficielle.

L'exigence de l'article 22 de l'arrêté du 4 août 2021

L'article 22 de l'arrêté du 4 août 2021 offre deux voies alternatives. La première consiste à justifier une température de surface au nu intérieur, et au droit du nu intérieur de l'isolant, supérieure à 15 °C en tout point de ces surfaces en conditions hivernales. La seconde consiste à respecter simultanément deux plafonds : le ratio de transmission thermique linéique moyen global, Ratio ψ, ne doit pas excéder 0,33 W/(m².Sref.K), et le coefficient de transmission thermique linéique moyen des liaisons entre les planchers intermédiaires et les murs donnant sur l'extérieur ou un local non chauffé, Ψ9, ne doit pas excéder 0,6 W/(m linéaire.K).

Attention à une confusion très répandue : la valeur de 0,28 W/(m².K) que l'on rencontre couramment dans la documentation technique correspond au garde-fou de la RT 2012, pas à celui de la RE2020. La valeur en vigueur pour les constructions relevant de la RE2020 est 0,33 W/(m².Sref.K), telle qu'elle figure au deuxième alinéa du II de l'article 22.

La foire aux questions officielle du portail RT-RE-bâtiment précise le périmètre de ce ratio : sont comptabilisés les ponts thermiques entre au moins deux parois dont l'une au moins est en contact avec l'extérieur ou un local non chauffé, y compris les liaisons entre parois et baies. Les ponts thermiques intégrés aux parois elles-mêmes en sont exclus — ils relèvent du calcul du U de la paroi, par la méthode des couches équivalentes.

Le rôle des ponts thermiques dans les indicateurs globaux

Indépendamment du garde-fou, les ponts thermiques alimentent le calcul des indicateurs Bbio et Cep de la RE2020, puisqu'ils augmentent les besoins de chauffage. Le guide RE2020 rappelle les niveaux d'exigence moyens applicables au logement : Bbio_maxmoyen de 63 points en maison individuelle ou accolée et 65 points en logement collectif, Cep,nr_maxmoyen de 55 et 70 kWhep/(m².an) respectivement, Cep_maxmoyen de 75 et 85 kWhep/(m².an), ces valeurs étant ensuite modulées selon la zone géographique, l'altitude, la présence de combles et les surfaces.

Le guide signale par ailleurs que, dans le régime d'exigences alternatives applicable à certaines petites constructions et extensions, le traitement des ponts thermiques figure explicitement parmi les exigences de moyens — avec une entrée en vigueur programmée en 2028 pour certaines catégories d'habitations légères de loisirs.

Les normes et documents techniques de référence

  • NF EN ISO 10211 — Ponts thermiques dans le bâtiment : flux thermiques et températures superficielles, calculs détaillés. Méthode numérique de référence ; son annexe A sert à valider les logiciels de calcul.
  • NF EN ISO 14683 — Ponts thermiques dans le bâtiment : transmission thermique linéique, méthodes simplifiées et valeurs par défaut.
  • NF EN ISO 13370 — Performance thermique des bâtiments : transfert de chaleur par le sol, pour les liaisons avec plancher bas, terre-plein et parois enterrées.
  • NF EN ISO 6946 — Résistance thermique et coefficient de transmission thermique des parois, qui fournit les résistances superficielles utilisées comme conditions aux limites du calcul de pont thermique.
  • Règles Th-Bat, fascicule Ponts thermiques, publié le 20 décembre 2017 — méthode française et catalogue de valeurs par défaut pour les liaisons courantes.
  • Article 22 de l'arrêté du 4 août 2021 — Ratio ψ ≤ 0,33 W/(m².Sref.K) et Ψ9 ≤ 0,6 W/(m linéaire.K).

Limites et hypothèses du calcul ψ × L

La multiplication ψ × L est exacte. Toute l'incertitude se concentre sur la valeur de ψ et sur la fidélité entre la configuration modélisée et la configuration réellement construite.

  • Un ψ est indissociable de sa configuration. Il dépend du sens d'isolation, des épaisseurs, du type de maçonnerie, de la présence d'un chaînage, de la géométrie du plancher. Transposer un ψ d'une configuration à une autre est une erreur de fond.
  • Un ψ dépend aussi des U des parois adjacentes retenus dans le modèle, puisqu'il représente l'excédent de flux par rapport à ce que les parois évacuent déjà.
  • Régime permanent. Le calcul suppose un flux stabilisé ; il ne décrit ni l'inertie de la liaison ni les phénomènes transitoires.
  • Le linéaire doit être mesuré en dimensions intérieures. Un relevé en dimensions extérieures introduit un biais systématique.
  • Les valeurs par défaut du fascicule Th-Bat sont établies sur des hypothèses défavorables : elles sécurisent le calcul mais sous-estiment la performance d'un détail correctement conçu.
  • Le résultat ne dit rien du risque de condensation. Ce risque s'apprécie sur la température de surface, que seul le calcul numérique NF EN ISO 10211 restitue.
  • La mise en œuvre décide. Un rupteur mal posé, une isolation interrompue au droit d'un about de plancher, un tableau de baie non retourné annulent le bénéfice du ψ déclaré.

Erreurs fréquentes dans le calcul des ponts thermiques

  • Confondre le résultat en W/K et la puissance en W : le passage de l'un à l'autre exige de multiplier par un écart de température explicite.
  • Retenir la limite de 0,28 W/(m².K), qui est le garde-fou de la RT 2012, au lieu de 0,33 W/(m².Sref.K) applicable en RE2020.
  • Mesurer les linéaires en dimensions extérieures alors que le fascicule Th-Bat impose les dimensions intérieures.
  • Appliquer un ψ d'isolation par l'extérieur à un projet isolé par l'intérieur, ou l'inverse.
  • Oublier les liaisons menuiserie / paroi opaque : leur ψ unitaire est faible mais leur linéaire cumulé est important.
  • Compter deux fois une même liaison, une fois côté mur et une fois côté plancher.
  • Retenir la performance annoncée d'un rupteur sans vérifier qu'elle correspond à la configuration de pose du projet et qu'elle figure bien dans son Avis technique.
  • Ignorer les ponts thermiques ponctuels χ, notamment au croisement de trois parois, dont le fascicule Th-Bat rappelle qu'ils s'expriment en W/K et se comptent à l'unité.
  • Considérer que les ponts thermiques sont un sujet secondaire sur un bâtiment très isolé : c'est l'inverse, leur part relative augmente à mesure que les parois s'améliorent.
  • Négliger l'enjeu sanitaire : un pont thermique non traité abaisse la température de surface intérieure et crée un point de condensation propice au développement de moisissures.

Ponts thermiques et projet de maîtrise d'œuvre

Le traitement des ponts thermiques est l'un des rares sujets où la conception et l'exécution sont totalement indissociables. Un détail correctement dessiné mais mal exécuté ne produit aucun des W/K économisés sur le papier, et l'écart n'est visible ni à la réception ni à l'œil nu. C'est pourquoi le sujet se joue en trois temps : au dessin des détails constructifs en phase PRO, dans les pièces écrites qui rendent le détail contractuel, puis sur le chantier au moment où la liaison est réalisée — donc avant qu'elle ne soit recouverte.

Progineer intervient sur ces trois temps : arbitrage entre isolation par l'extérieur, isolation par l'intérieur et recours à des rupteurs sous Avis technique, dessin et diffusion des détails de liaison, prescription contractuelle des performances attendues, coordination du bureau d'études thermiques qui intègre les ψ dans le calcul réglementaire, et vérification sur site des points singuliers avant fermeture. Les configurations diffèrent selon les régions : en Provence-Alpes-Côte d'Azur, les balcons et loggias filants sont des liaisons récurrentes à traiter ; en Auvergne-Rhône-Alpes et en zone de montagne, ce sont les liaisons de plancher bas sur vide sanitaire et les acrotères qui pèsent le plus.

FAQ technique — Calcul d'un pont thermique linéique

Comment calcule-t-on la déperdition d'un pont thermique ?

On multiplie le coefficient de transmission linéique ψ, en W/(m.K), par le linéaire de la liaison mesuré en dimensions intérieures, en mètres. Le résultat est un coefficient de déperdition en W/K. Pour obtenir une puissance en watts, on multiplie encore par l'écart de température : Φ = ψ × L × ΔT.

Quelle est la limite réglementaire des ponts thermiques en RE2020 ?

L'article 22 de l'arrêté du 4 août 2021 fixe deux plafonds, applicables ensemble comme alternative au critère de température de surface supérieure à 15 °C : le ratio de transmission thermique linéique moyen global Ratio ψ ne doit pas dépasser 0,33 W/(m².Sref.K), et le coefficient linéique moyen Ψ9 des liaisons planchers intermédiaires / murs ne doit pas dépasser 0,6 W/(m linéaire.K).

La valeur de 0,28 W/(m².K) est-elle encore applicable ?

Non, pas en RE2020. Le plafond de 0,28 W/(m².K) correspond au garde-fou de la RT 2012. Pour les constructions soumises à la RE2020, la valeur applicable est 0,33 W/(m².Sref.K), au deuxième alinéa du II de l'article 22 de l'arrêté du 4 août 2021.

Où trouver une valeur de ψ fiable ?

Trois sources sont admissibles, par ordre de priorité : le calcul numérique de la configuration exacte selon la NF EN ISO 10211, la valeur figurant dans l'Avis technique du procédé mis en œuvre, puis à défaut la valeur par défaut du fascicule Th-Bat Ponts thermiques. Ce fascicule précise explicitement que les deux premières priment sur ses valeurs par défaut.

Quelle différence entre ψ et χ ?

ψ caractérise un pont thermique linéaire, bidimensionnel, en W/(m.K) : il se multiplie par une longueur. χ caractérise un pont thermique ponctuel, tridimensionnel, en W/K : il se compte à l'unité. Le fascicule Th-Bat cite comme exemple de pont ponctuel la liaison entre un plancher et deux murs perpendiculaires de façade.

Quelle part des déperditions les ponts thermiques représentent-ils ?

Le fascicule Th-Bat Ponts thermiques indique que les ponts thermiques entraînent des déperditions supplémentaires qui peuvent dépasser, pour certains bâtiments, 40 % des déperditions thermiques totales à travers l'enveloppe. La part relative augmente à mesure que les parois courantes s'améliorent.

Un rupteur de pont thermique est-il toujours nécessaire ?

Non. Une isolation par l'extérieur continue traite naturellement la plupart des liaisons de façade et rend le rupteur inutile sur ces points. Le rupteur devient pertinent lorsque la continuité de l'isolant ne peut pas être assurée, typiquement en isolation par l'intérieur au droit des planchers intermédiaires et des refends. Dans tous les cas, la performance retenue doit être celle de son Avis technique, pour la configuration de pose du projet.

Le résultat de ce calculateur a-t-il une valeur réglementaire ?

Non. Il chiffre une liaison isolée à titre de pré-dimensionnement. Le calcul réglementaire agrège toutes les liaisons du bâtiment, applique les conventions du fascicule Th-Bat et vérifie les plafonds de l'article 22 de l'arrêté du 4 août 2021 ; il relève d'un bureau d'études thermiques utilisant un logiciel évalué.

Glossaire technique

Pont thermique
Partie de l'enveloppe où la résistance thermique, par ailleurs uniforme, est sensiblement modifiée par la pénétration d'un matériau plus conducteur, un changement local d'épaisseur ou une différence entre surfaces intérieure et extérieure.
ψ — coefficient linéique
Coefficient exprimant la déperdition supplémentaire d'un pont thermique linéaire, en W/(m.K), à multiplier par le linéaire de la liaison.
χ — coefficient ponctuel
Coefficient exprimant la déperdition d'un pont thermique ponctuel tridimensionnel, en W/K, compté à l'unité.
Ratio ψ
Ratio de transmission thermique linéique moyen global des ponts thermiques du bâtiment rapporté à la surface de référence. Plafonné à 0,33 W/(m².Sref.K) par l'article 22 de l'arrêté du 4 août 2021.
Ψ9
Coefficient de transmission thermique linéique moyen des liaisons entre planchers intermédiaires et murs donnant sur l'extérieur ou un local non chauffé, plafonné à 0,6 W/(m linéaire.K).
ψm — ψ moyen sur le pourtour
Moyenne pondérée des coefficients en about et en rive d'un plancher à entrevous, avec la convention forfaitaire ψm = 0,6 × ψabout + 0,4 × ψrive en l'absence de linéaires précis.
Liaison en about / en rive
About : liaison entre le mur recevant l'extrémité des poutrelles et le plancher. Rive : liaison entre le mur parallèle aux poutrelles et le plancher.
Rupteur de pont thermique
Procédé constructif rapporté au droit d'une liaison pour réduire son coefficient ψ. Sa performance doit être justifiée par un Avis technique, pour la configuration de pose considérée.
Dimensions intérieures
Convention de mesure des linéaires imposée par le fascicule Th-Bat pour la pondération des coefficients linéiques. Elle conditionne la validité des valeurs de ψ tabulées.

Sources et normes de référence

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Calcul résistance thermique (R) — Calculateur isolation RE2020

Calcul de la résistance thermique R d'un matériau ou d'une paroi selon les réglementations thermiques RE2020 et RT 2012. Application de la formule R = e/λ à partir de l'épaisseur et de la conductivité thermique lambda (λ) exprimée en watt par mètre (W/m.K). Ce calculateur d'isolation thermique permet de calculer la résistance et de dimensionner l'isolation des murs, planchers, toitures et combles. Compare les isolants (laine, PSE, polyuréthane, biosourcés) et vérifie la conformité Ubat des maisons individuelles, logements collectifs et bâtiments tertiaires neufs ou rénovés.

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Calcul coefficient U (transmission thermique paroi)

Calcul du coefficient de transmission thermique U d'une paroi multicouche selon RE2020 et NF EN ISO 6946. Ce coefficient permet de quantifier les pertes de chaleur à travers la paroi. À partir des résistances thermiques de chaque couche et des résistances superficielles Rsi/Rse, l'outil calcule U = 1 / ΣR. Permet de vérifier la conformité Ubat des murs extérieurs, planchers bas, toitures et menuiseries. Utilisé en construction neuve et rénovation énergétique BBC/RE2020.

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Calcul déperditions thermiques bâtiment (RE2020)

Calcul des déperditions thermiques totales d'un bâtiment selon méthode RE2020 et règles Th-BCE. Détermine les pertes par parois opaques, vitrages, ponts thermiques et renouvellement d'air, en fonction de la zone climatique et de la température de base. Résultat exprimé en W/K et W, utilisé pour dimensionner les générateurs de chauffage et vérifier le Ubat des maisons et logements collectifs neufs ou rénovés.

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