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thermal 🔴 Avancé Premium 15 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul déperditions thermiques bâtiment (RE2020)

Calcul des déperditions thermiques totales d'un bâtiment selon méthode RE2020 et règles Th-BCE. Détermine les pertes par parois opaques, vitrages, ponts thermiques et renouvellement d'air, en fonction de la zone climatique et de la température de base. Résultat exprimé en W/K et W, utilisé pour dimensionner les générateurs de chauffage et vérifier le Ubat des maisons et logements collectifs neufs ou rénovés.

déperditions thermique bâtiment chauffage RE2020 Ubat
m
W/m².K
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°C

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Formule utilisée

Φ = Σ(U × S × ΔT) + Φponts thermiques

Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Surface habitable Surface habitable
Hauteur sous plafond m Hauteur sous plafond
Coefficient U murs W/m².K Coefficient U murs
Coefficient U toiture W/m².K Coefficient U toiture
Coefficient U plancher bas W/m².K Coefficient U plancher bas
Coefficient U menuiseries W/m².K Coefficient U menuiseries
Surface menuiseries Surface menuiseries
Écart de température °C Écart de température

Comprendre cet outil

Les calculs thermiques évaluent la performance énergétique d'un bâtiment : besoin bioclimatique (Bbio), consommation conventionnelle (Cep), impact carbone (Ic) et déperditions, conformément à la RE2020 et aux réglementations thermiques antérieures.

Calcul déperditions thermiques bâtiment (RE2020) apporte une estimation préliminaire utile en phase d'esquisse. L'étude thermique réglementaire complète, indispensable au dépôt de permis, doit être confiée à un bureau d'études certifié.

Progineer et votre projet

Progineer pilote l'étude thermique réglementaire et oriente les choix d'enveloppe, d'équipements et de matériaux pour atteindre la performance visée.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul déperditions thermiques bâtiment (RE2020) » ?

Calcul des déperditions thermiques totales d'un bâtiment selon méthode RE2020 et règles Th-BCE. Détermine les pertes par parois opaques, vitrages, ponts thermiques et renouvellement d'air, en fonction de la zone climatique et de la température de base. Résultat exprimé en W/K et W, utilisé pour dimensionner les générateurs de chauffage et vérifier le Ubat des maisons et logements collectifs neufs ou rénovés.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Calculer les déperditions thermiques d'un bâtiment, c'est déterminer la puissance de chaleur qu'il perd en continu vers l'extérieur lorsque la température intérieure est maintenue à sa consigne et que la température extérieure atteint sa valeur de base. Le résultat, exprimé d'abord en watts par kelvin (W/K) puis en watts (W), est la donnée d'entrée de deux décisions structurantes : le dimensionnement du générateur de chauffage et l'arbitrage des priorités d'isolation. Cette page détaille le coefficient de déperdition global et ses composantes, les unités de chaque variable, trois exemples chiffrés entièrement refaisables, le cadre normatif et réglementaire, ainsi que les limites d'un calcul qui reste, par construction, un calcul en régime permanent.

Méthode de calcul : coefficient de déperdition global et puissance

Le calcul se déroule en deux temps. On établit d'abord un coefficient de déperdition global H, en W/K, qui est une propriété du bâtiment indépendante de la météo. On le multiplie ensuite par l'écart de température de calcul pour obtenir une puissance Φ en watts. Séparer ces deux étapes est essentiel : H permet de comparer deux bâtiments entre eux, Φ dépend en plus du lieu d'implantation.

Les trois composantes du coefficient H

Le coefficient de déperdition global s'écrit H = HT + HV, où HT regroupe les déperditions par transmission à travers l'enveloppe et HV les déperditions par renouvellement d'air.

Les déperditions par transmission se décomposent elles-mêmes en trois termes : les déperditions surfaciques à travers les parois, Σ(Ui × Ai), avec Ui le coefficient de transmission de la paroi en W/(m².K) et Ai sa surface en m² ; les déperditions linéiques au droit des liaisons, Σ(ψj × Lj), avec ψj le coefficient linéique de la liaison en W/(m.K) et Lj son linéaire en m ; et, pour les calculs détaillés, les déperditions ponctuelles Σχk en W/K, généralement négligeables devant les deux précédentes.

Les déperditions par renouvellement d'air s'écrivent HV = 0,34 × qv, avec qv le débit d'air renouvelé en m³/h. Le coefficient 0,34 n'est pas arbitraire : c'est le produit de la masse volumique de l'air par sa capacité thermique massique, ramené à l'heure. Avec ρ ≈ 1,2 kg/m³ et c ≈ 1 005 J/(kg.K), on obtient environ 1 206 J/(m³.K), soit 1 206 / 3 600 = 0,335 Wh/(m³.K), arrondi à 0,34 dans la pratique du calcul.

Passer du coefficient H à la puissance Φ

La puissance de déperdition s'obtient par Φ = H × (θint − θext), où θint est la température intérieure de consigne en °C et θext la température extérieure de base en °C. L'écart θint − θext se note ΔT et s'exprime en kelvins ; comme il s'agit d'une différence, 1 K = 1 °C et les deux unités sont interchangeables ici.

La température extérieure de base n'est pas la température minimale historique du lieu : c'est une valeur conventionnelle de dimensionnement, choisie de façon à ce que l'installation reste satisfaisante dans la quasi-totalité des situations sans être surdimensionnée pour un épisode exceptionnel. La norme NF EN 12831, qui est la référence pour le calcul de la charge thermique nominale des bâtiments, en définit les valeurs par département avec des corrections d'altitude et de proximité maritime.

Températures extérieures de base : l'ordre de grandeur par zone

Pour un pré-dimensionnement, la méthode 3CL-2021 du diagnostic de performance énergétique retient des valeurs simplifiées par grande zone climatique et par tranche d'altitude. Elles donnent un ordre de grandeur immédiatement exploitable, à condition de ne pas les substituer aux valeurs de la NF EN 12831 dans une note de calcul contractuelle.

  • Zone H1 (moitié nord et est, dont une large part de l'Auvergne-Rhône-Alpes) : −9,5 °C en dessous de 400 m, −11,5 °C entre 400 et 800 m, −13,5 °C au-delà de 800 m.
  • Zone H2 (façade atlantique et centre-ouest) : −6,5 °C en dessous de 400 m, −8,5 °C entre 400 et 800 m, −10,5 °C au-delà de 800 m.
  • Zone H3 (littoral méditerranéen, dont une large part de la Provence-Alpes-Côte d'Azur) : −3,5 °C en dessous de 400 m, −5,5 °C entre 400 et 800 m, −7,5 °C au-delà de 800 m.
  • Ces valeurs sont simplifiées : la NF EN 12831 travaille avec une granularité départementale, des tranches d'altitude plus fines et des corrections liées à la proximité de la mer, et c'est elle qui fait référence en cas de litige.

Enchaînement complet de la méthode

  • 1. Établir le métré de l'enveloppe déperditive : surfaces de murs, toiture, plancher bas, menuiseries, en m², paroi par paroi.
  • 2. Affecter à chaque paroi son coefficient U en W/(m².K), issu du calcul de paroi (NF EN ISO 6946) ou de la fiche produit pour les menuiseries.
  • 3. Calculer Σ(U × A) et appliquer, le cas échéant, un coefficient de réduction pour les parois donnant sur un local non chauffé plutôt que sur l'extérieur.
  • 4. Relever le linéaire de chaque liaison et son coefficient ψ, puis calculer Σ(ψ × L).
  • 5. Déterminer le débit de renouvellement d'air qv en m³/h à partir du système de ventilation retenu et du volume chauffé, puis HV = 0,34 × qv.
  • 6. Sommer : H = Σ(U × A) + Σ(ψ × L) + HV.
  • 7. Retenir la température extérieure de base du lieu, calculer ΔT, puis Φ = H × ΔT.
  • 8. Rapporter Φ à la surface pour obtenir un ratio en W/m², seul indicateur réellement comparable d'un projet à l'autre.

Trois exemples chiffrés complets et vérifiables

Les trois cas suivants portent sur une même géométrie de maison individuelle, ce qui permet d'isoler l'effet du climat puis celui de l'isolation. Toutes les valeurs d'entrée sont des hypothèses de calcul explicites : sur un projet réel, elles proviennent du métré et des fiches produits.

Exemple 1 — Maison neuve performante en zone H3

Hypothèses géométriques : 120 m² de surface habitable, hauteur sous plafond 2,50 m, soit un volume chauffé V = 300 m³. Enveloppe : 110 m² de murs, 120 m² de toiture, 120 m² de plancher bas, 25 m² de menuiseries.

Hypothèses de performance : U murs = 0,20, U toiture = 0,15, U plancher bas = 0,25, U menuiseries = 1,40 W/(m².K).

Déperditions surfaciques : murs 110 × 0,20 = 22,0 W/K ; toiture 120 × 0,15 = 18,0 W/K ; plancher bas 120 × 0,25 = 30,0 W/K ; menuiseries 25 × 1,40 = 35,0 W/K. Total Σ(U × A) = 105,0 W/K.

Ponts thermiques : on retient pour l'exemple Σ(ψ × L) = 12,5 W/K, valeur à établir sur le projet réel à partir du relevé des linéaires et des coefficients ψ des détails constructifs.

Renouvellement d'air : ventilation assurant en moyenne 0,4 volume par heure, soit qv = 0,4 × 300 = 120 m³/h. HV = 0,34 × 120 = 40,8 W/K.

Coefficient global : H = 105,0 + 12,5 + 40,8 = 158,3 W/K.

Puissance : zone H3 en dessous de 400 m, θext = −3,5 °C ; consigne θint = 19 °C ; ΔT = 22,5 K. Φ = 158,3 × 22,5 = 3 562 W, soit environ 3,6 kW. Ratio : 3 562 / 120 = 29,7 W/m².

Exemple 2 — La même maison en zone H1 : l'effet du climat seul

Le bâtiment est strictement identique, donc H reste égal à 158,3 W/K. Seule la température extérieure de base change : zone H1 en dessous de 400 m, θext = −9,5 °C, d'où ΔT = 19 − (−9,5) = 28,5 K.

Φ = 158,3 × 28,5 = 4 512 W, soit environ 4,5 kW. Ratio : 4 512 / 120 = 37,6 W/m².

Lecture du résultat : à enveloppe rigoureusement identique, la puissance à installer augmente de 27 % entre le littoral méditerranéen et une implantation de plaine en zone H1 (4 512 / 3 562 = 1,267). C'est la démonstration chiffrée qu'un générateur ne se dimensionne jamais au ratio forfaitaire en W/m² : le même plan, construit à Marseille ou à Annecy, n'appelle pas la même puissance.

Exemple 3 — Rénovation : avant et après travaux, en zone H1

Hypothèses avant travaux, même géométrie : U murs = 1,80, U toiture = 2,50, U plancher bas = 2,00, U menuiseries = 4,50 W/(m².K), ventilation naturelle assurant en moyenne 0,7 volume par heure.

Déperditions surfaciques : murs 110 × 1,80 = 198,0 ; toiture 120 × 2,50 = 300,0 ; plancher bas 120 × 2,00 = 240,0 ; menuiseries 25 × 4,50 = 112,5. Total Σ(U × A) = 850,5 W/K.

Ponts thermiques retenus pour l'exemple : 25,0 W/K. Renouvellement d'air : qv = 0,7 × 300 = 210 m³/h, HV = 0,34 × 210 = 71,4 W/K.

Coefficient global avant travaux : H = 850,5 + 25,0 + 71,4 = 946,9 W/K. Avec ΔT = 28,5 K, Φ = 946,9 × 28,5 = 26 987 W, soit environ 27 kW. Ratio : 225 W/m².

Après travaux, en ramenant l'enveloppe aux performances de l'exemple 1 (H = 158,3 W/K) : Φ = 4 512 W. La réduction de puissance atteint 1 − 4 512 / 26 987 = 83 %.

Lecture du résultat : la toiture pesait à elle seule 300 W/K sur 946,9, soit 32 % du total avant travaux, pour un poste de travaux généralement parmi les moins coûteux. C'est exactement le type d'arbitrage que le calcul de déperditions permet d'objectiver, poste par poste, avant de décider d'un ordre de priorité.

Le cadre normatif et réglementaire qui impose ce calcul

NF EN 12831 — la référence du dimensionnement

La NF EN 12831 définit la méthode de calcul de la charge thermique nominale d'un bâtiment, c'est-à-dire la puissance à installer. Son annexe nationale française fixe les températures extérieures de base par département, avec les corrections d'altitude et de situation. C'est le document auquel se réfèrent les notes de calcul de dimensionnement de chaufferie, et celui qui fait référence en cas de contestation entre un maître d'ouvrage et un installateur.

Ce cadre est complété par la NF EN ISO 6946 pour le calcul des coefficients U des parois, dont les résultats sont les données d'entrée du calcul de déperditions.

RE2020 en construction neuve

En construction neuve, la RE2020 — décret n° 2021-1004 du 29 juillet 2021 et arrêté du 4 août 2021 — n'exige pas la production d'un calcul de déperditions au sens de la NF EN 12831. Elle impose le respect d'indicateurs globaux : besoin bioclimatique Bbio, consommations Cep et Cep,nr, impacts carbone Ic énergie et Ic construction, et degrés-heures d'inconfort d'été DH, calculés par la méthode réglementaire approuvée par ce même arrêté.

Les deux calculs ne répondent donc pas à la même question. La méthode réglementaire évalue une performance annuelle conventionnelle destinée à la conformité administrative. Le calcul de déperditions évalue une puissance de pointe destinée au dimensionnement des équipements. Utiliser l'un à la place de l'autre conduit systématiquement à un mauvais dimensionnement.

Rénovation et diagnostic

En rénovation, le calcul de déperditions est l'outil qui structure l'audit énergétique et la hiérarchisation des travaux : il chiffre la contribution de chaque poste au bilan et permet de comparer un gain de kW obtenu par la toiture, par les murs ou par le remplacement des menuiseries. La méthode 3CL-2021 du diagnostic de performance énergétique en donne une version conventionnelle simplifiée, dont les températures de base par zone climatique sont rappelées plus haut.

Les seuils d'éligibilité aux aides ne portent pas sur les déperditions mais sur la résistance thermique de l'isolation posée, définie fiche par fiche dans les opérations standardisées d'économies d'énergie : R ≥ 7 m².K/W en comble perdu et R ≥ 6 m².K/W en rampant (BAR-EN-101), R ≥ 3,7 m².K/W pour les murs (BAR-EN-102), R ≥ 3 m².K/W pour un plancher bas (BAR-EN-103).

Limites et hypothèses du calcul de déperditions

  • Régime permanent. Le calcul suppose une température intérieure stable et une température extérieure figée à sa valeur de base. Il ignore l'inertie du bâtiment, donc la capacité d'une construction lourde à traverser une nuit froide sans appel de puissance équivalent.
  • Apports gratuits non pris en compte. Ni les apports solaires par les vitrages, ni les apports internes des occupants et des équipements n'entrent dans le calcul. C'est volontaire : le dimensionnement doit rester valable la nuit, par temps couvert et en logement inoccupé.
  • Puissance de relance non incluse. Après une période d'inoccupation ou de réduit nocturne, remonter la température demande une puissance supérieure à la puissance d'équilibre. La NF EN 12831 prévoit une majoration de relance, qui dépend de l'inertie, de la durée du réduit et de la température de reprise visée.
  • Qualité des coefficients U et ψ. Le résultat n'est jamais meilleur que ses données d'entrée. Sur l'existant, les U sont souvent estimés faute de sondage destructif, et l'incertitude sur ce point domine largement l'incertitude de la méthode.
  • Débit d'air conventionnel. Le terme 0,34 × qv suppose un débit maîtrisé. Sur un bâtiment ancien peu étanche à l'air, le renouvellement réel peut dépasser largement le débit hygiénique et le calcul sous-estime alors les déperditions.
  • Parois sur locaux non chauffés. Une paroi donnant sur un garage, un cellier ou une cave ne subit pas l'écart de température complet. Le négliger conduit à surestimer les déperditions et donc à surdimensionner le générateur.
  • Pas de besoin d'eau chaude sanitaire. La puissance calculée couvre le chauffage seul. Le dimensionnement d'une chaudière ou d'une pompe à chaleur assurant aussi l'eau chaude sanitaire relève d'un calcul complémentaire.

Erreurs fréquentes en calcul de déperditions

  • Dimensionner au ratio forfaitaire en W/m² sans tenir compte de la zone climatique : à enveloppe identique, l'écart entre zone H3 et zone H1 atteint près de 27 % sur l'exemple traité ci-dessus.
  • Surdimensionner le générateur par prudence : une pompe à chaleur nettement surpuissante fonctionne en cycles courts, perd en efficacité saisonnière et s'use prématurément.
  • Oublier le terme de renouvellement d'air, qui représente ici près de 26 % du coefficient global sur la maison neuve performante (40,8 sur 158,3 W/K) : plus l'enveloppe est isolée, plus ce terme devient dominant.
  • Négliger les ponts thermiques de liaison, dont le poids relatif croît fortement à mesure que l'isolation des parois courantes progresse.
  • Confondre le calcul de déperditions et le calcul réglementaire RE2020 : le premier donne une puissance de pointe, le second une performance annuelle conventionnelle.
  • Prendre la température minimale historique du lieu comme température extérieure de base, ce qui aboutit à un surdimensionnement systématique.
  • Appliquer l'écart de température complet à une paroi donnant sur un local non chauffé, sans coefficient de réduction.
  • Utiliser les surfaces habitables au lieu des surfaces déperditives réelles relevées sur le métré, notamment pour les toitures en pente.
  • Oublier la majoration de relance sur un bâtiment à occupation intermittente, ce qui conduit à un inconfort à la remise en chauffe.

Déperditions thermiques et pilotage de projet

Un bilan de déperditions bien construit est un outil d'arbitrage avant d'être une note de calcul. Il permet de répondre à des questions que le maître d'ouvrage se pose réellement : faut-il isoler la toiture avant les murs, le remplacement des menuiseries est-il prioritaire, quelle puissance de pompe à chaleur commander, quel gain attendre d'une ventilation mieux maîtrisée. Chaque poste s'exprime en W/K, donc dans une unité commune qui permet de les comparer directement.

Progineer intervient comme maître d'œuvre sur cette chaîne : établissement du métré déperditif, définition des cibles de performance par paroi, coordination du bureau d'études thermiques et de l'installateur pour que le dimensionnement retenu corresponde à l'enveloppe réellement projetée, puis rédaction des pièces écrites qui rendent ces performances opposables aux entreprises. Sur les projets situés en Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'arbitrage se déplace souvent vers le confort d'été et la protection solaire ; en Auvergne-Rhône-Alpes et en altitude, la puissance de pointe hivernale et l'épaisseur d'isolant en toiture redeviennent dimensionnantes.

FAQ technique — Calcul des déperditions thermiques

Comment calculer les déperditions thermiques d'une maison ?

On calcule d'abord le coefficient de déperdition global H = Σ(U × A) + Σ(ψ × L) + 0,34 × qv, exprimé en W/K, puis la puissance Φ = H × (θint − θext) en watts. Il faut donc le métré des parois déperditives, leur coefficient U, les linéaires de ponts thermiques avec leur ψ, le débit de renouvellement d'air et la température extérieure de base du lieu.

D'où vient le coefficient 0,34 dans le calcul des déperditions par ventilation ?

C'est le produit de la masse volumique de l'air par sa capacité thermique massique, ramené à l'heure : environ 1,2 kg/m³ × 1 005 J/(kg.K) = 1 206 J/(m³.K), soit 1 206 / 3 600 ≈ 0,335 Wh/(m³.K), arrondi à 0,34. Il convertit un débit en m³/h en un coefficient de déperdition en W/K.

Qu'est-ce que la température extérieure de base ?

C'est une température conventionnelle de dimensionnement, définie par la NF EN 12831 avec une granularité départementale et des corrections d'altitude et de proximité maritime. Ce n'est pas la température minimale historique du lieu. La méthode 3CL-2021 du DPE en donne une version simplifiée par zone climatique : −9,5 °C en H1, −6,5 °C en H2 et −3,5 °C en H3 en dessous de 400 m d'altitude.

Quelle puissance de chauffage installer à partir des déperditions ?

La puissance de déperdition Φ constitue la base. Il faut ensuite prendre en compte, selon le cas, une majoration de relance pour les bâtiments à occupation intermittente, la production d'eau chaude sanitaire si le même générateur l'assure, et les caractéristiques de la source retenue. Le dimensionnement définitif relève de l'installateur ou du bureau d'études fluides.

Pourquoi ne faut-il pas surdimensionner le générateur ?

Un générateur surpuissant fonctionne en cycles courts. Sur une pompe à chaleur, cela dégrade le coefficient de performance saisonnier, augmente la consommation et accélère l'usure du compresseur. Le surdimensionnement coûte donc deux fois : à l'investissement et à l'exploitation.

Le calcul de déperditions remplace-t-il l'étude thermique RE2020 ?

Non, les deux répondent à des questions différentes. Le calcul de déperditions donne une puissance de pointe destinée au dimensionnement des équipements. L'étude thermique RE2020 vérifie des indicateurs annuels conventionnels — Bbio, Cep, Cep,nr, Ic énergie, Ic construction et DH — pour la conformité administrative du projet.

Quel est le poids du renouvellement d'air dans les déperditions ?

Il croît à mesure que l'enveloppe s'améliore. Sur la maison neuve performante prise en exemple, il représente 40,8 W/K sur un total de 158,3 W/K, soit près de 26 %. Sur un bâtiment ancien mal isolé, ce même terme ne pèse plus que 71,4 W/K sur 946,9, soit environ 8 %.

Comment hiérarchiser les travaux à partir d'un bilan de déperditions ?

En classant les postes par leur contribution en W/K, puis en rapportant cette contribution au coût du poste. Sur l'exemple de rénovation traité plus haut, la toiture pèse 300 W/K sur 946,9, soit 32 % du total, ce qui en fait généralement la première priorité technique et économique.

Le résultat de ce calculateur a-t-il une valeur contractuelle ?

Non. Il fournit un ordre de grandeur de pré-dimensionnement en phase d'esquisse. La note de calcul de dimensionnement d'une installation de chauffage doit être établie selon la NF EN 12831 par un bureau d'études fluides ou un installateur qualifié, qui engage sa responsabilité sur ce dimensionnement.

Glossaire technique

H — coefficient de déperdition global
Somme des déperditions par transmission et par renouvellement d'air, en W/K. Propriété du bâtiment, indépendante du climat.
HT — déperditions par transmission
Part de H due au flux traversant l'enveloppe : Σ(U × A) + Σ(ψ × L) + Σχ, en W/K.
HV — déperditions par renouvellement d'air
Part de H due à l'air neuf introduit et à l'air chaud extrait : 0,34 × qv, en W/K.
Φ — puissance de déperdition
Puissance perdue par le bâtiment aux conditions de base, en W. Φ = H × ΔT.
θext — température extérieure de base
Température conventionnelle de dimensionnement du lieu, en °C, définie par la NF EN 12831 et son annexe nationale.
ΔT — écart de température
Différence entre la consigne intérieure et la température extérieure de base, en kelvins. Pour une différence, 1 K = 1 °C.
qv — débit de renouvellement d'air
Débit d'air neuf traversant le volume chauffé, en m³/h. Souvent exprimé en volumes par heure multipliés par le volume chauffé.
ψ — coefficient linéique
Déperdition supplémentaire au droit d'une liaison entre parois, en W/(m.K), multipliée par le linéaire de la liaison.
NF EN 12831
Norme de calcul de la charge thermique nominale des bâtiments. Référence du dimensionnement des installations de chauffage.
Méthode 3CL-2021
Méthode conventionnelle de calcul du diagnostic de performance énergétique des logements, qui utilise des températures de base simplifiées par zone climatique.
Puissance de relance
Puissance supplémentaire nécessaire pour remonter la température après une période de réduit ou d'inoccupation.
Ratio W/m²
Puissance de déperdition rapportée à la surface. Utile pour comparer des projets, mais jamais suffisant pour dimensionner un générateur.

Sources et normes de référence

Calculateurs associés

Calcul coefficient U (transmission thermique paroi)

Calcul du coefficient de transmission thermique U d'une paroi multicouche selon RE2020 et NF EN ISO 6946. Ce coefficient permet de quantifier les pertes de chaleur à travers la paroi. À partir des résistances thermiques de chaque couche et des résistances superficielles Rsi/Rse, l'outil calcule U = 1 / ΣR. Permet de vérifier la conformité Ubat des murs extérieurs, planchers bas, toitures et menuiseries. Utilisé en construction neuve et rénovation énergétique BBC/RE2020.

thermal

Calcul pont thermique RE2020

Calcul des ponts thermiques (linéiques et ponctuels) selon RE2020, fascicule Th-Bat et norme NF EN ISO 10211. Ce calcul des ponts thermiques utilise la méthode des éléments finis pour déterminer les flux thermiques à travers les liaisons (plancher/mur, refend, menuiseries, balcons). À partir du coefficient Ψ et du linéaire des liaisons, l'outil chiffre la perte en W/K. Permet d'optimiser l'isolation et de respecter la limite Ψmoyen ≤ 0,28 W/m·K. Utilisé en construction neuve, rénovation BBC et études thermiques réglementaires.

thermal

Calcul bilan énergétique RE2020 — Bbio Cep Ic en ligne

Calcul du bilan énergétique réglementaire RE2020 (successeur de la RT 2012) : Bbio (besoin bioclimatique), Cep,nr (consommation conventionnelle) et Ic énergie (impact carbone). Ce calcul évalue les besoins en chauffage, les besoins en refroidissement, les besoins d'éclairage et les apports solaires. À partir de la surface, de la compacité, de la zone climatique et du type de bâtiment, l'outil évalue la conformité aux seuils Bbio_max et Cep_max. Le Bbio se calcule indépendamment des systèmes (conception du bâti). Ce calculateur RE2020 permet de réduire le besoin en chauffage et d'optimiser la conception. Utilisé pour les études de faisabilité, le permis de construire et l'attestation RE2020 des maisons et logements collectifs neufs.

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  • méthode de calcul
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