Aller au contenu principal
Retour au Workspace
Veille Technique
Premium
4 janvier 2025

Matériaux biosourcés dans la construction

Label Bâtiment Biosourcé refondu par l'arrêté du 2 juillet 2024, seuils RE2020 abaissés, commande publique en 2030 : le point sourcé et à jour.

Équipe Progineer
22 min
1 089 vues

Mise à jour de veille : l'état des textes au 25 août 2026

Cet article a été publié en janvier 2025. Depuis, plusieurs des textes qui encadrent l'emploi des matériaux biosourcés ont été remplacés ou modifiés, et certaines aides citées à l'époque n'existent plus sous la même forme. Cette section, vérifiée le 25 août 2026, indique pour chaque texte son statut réel, la date à laquelle il s'applique et ce qu'il change concrètement pour un maître d'ouvrage ou un maître d'œuvre. Elle signale aussi les corrections apportées au corps de l'article.

Texte Objet Statut au 25/08/2026 Ce que cela change concrètement
Arrêté du 2 juillet 2024 Contenu et conditions d'attribution du label prévu à l'article D. 171-6 du code de la construction et de l'habitation (label « Bâtiment Biosourcé ») En vigueur. Il abroge l'arrêté du 19 décembre 2012 et s'applique aux demandes de labellisation intervenant à compter du 1er septembre 2024 Le label ne se mesure plus en masse de matière biosourcée incorporée mais en carbone biogénique stocké, calculé selon la méthode de la RE2020. Seuils et exigences de fonctions entièrement revus.
Décret n° 2024-1258 du 30 décembre 2024 Exigences de performance énergétique et environnementale des constructions neuves (RE2020) En vigueur depuis le 1er janvier 2025 Abaissement des seuils carbone, avec un renforcement de l'ordre de 15 % sur l'ensemble des typologies de bâtiment selon la lecture qu'en fait la Fédération française du bâtiment. Le stockage de carbone biogénique pèse d'autant plus dans le résultat.
Article L. 228-4 du code de l'environnement Place des matériaux biosourcés ou bas-carbone dans la commande publique (loi Climat et Résilience du 22 août 2021, art. 39) En vigueur ; l'obligation chiffrée s'applique à compter du 1er janvier 2030 Au moins 25 % des constructions et rénovations lourdes relevant de la commande publique devront faire appel à des matériaux biosourcés ou bas-carbone. Les acheteurs publics structurent leurs marchés dès à présent.
REP PMCB (loi AGEC du 10 février 2020) Responsabilité élargie du producteur pour les produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment Opérationnelle depuis le 1er mai 2023 Une éco-contribution est facturée sur les produits de construction, en contrepartie d'une reprise organisée des déchets de chantier. C'est une ligne à intégrer aux estimations et aux DPGF, biosourcé ou non.
MaPrimeRénov' Aide à la rénovation énergétique des logements Modifié. Au 19 juin 2026, date de vérification de la fiche officielle, l'isolation des murs n'est plus finançable en geste isolé Un projet d'isolation biosourcée en rénovation doit désormais passer par le parcours accompagné (rénovation d'ampleur) ou par d'autres leviers : CEE, éco-PTZ, TVA à taux réduit.
Article L. 151-28 du code de l'urbanisme Bonus de constructibilité pour les constructions exemplaires sur le plan énergétique ou environnemental En vigueur Le levier n'est pas un « bonus de COS » : le coefficient d'occupation des sols a été supprimé par la loi ALUR du 24 mars 2014. Il s'agit d'un dépassement des règles de gabarit, de hauteur ou d'emprise au sol, plafonné à 30 % et subordonné à une disposition expresse du PLU(i).
Article 278-0 bis A du code général des impôts TVA à 5,5 % sur les travaux d'amélioration de la qualité énergétique des locaux d'habitation En vigueur ; doctrine commentée au BOFiP BOI-TVA-LIQ-30-20-95, version du 22 octobre 2025 Les travaux d'isolation thermique des parois d'un logement achevé depuis plus de deux ans relèvent du taux réduit, que l'isolant soit biosourcé ou non.

Quatre corrections apportées à la version initiale de cet article

Le principe appliqué ici est celui d'une veille honnête : plutôt que de laisser vieillir un texte, on le corrige et on dit ce qui a été corrigé.

  • « Bonus de COS » : formulation erronée, remplacée. Le coefficient d'occupation des sols n'existe plus depuis la loi ALUR du 24 mars 2014. Le dispositif réellement mobilisable est le bonus de constructibilité de l'article L. 151-28 du code de l'urbanisme, dans la limite de 30 % et seulement si le document d'urbanisme local le prévoit.
  • Forfait MaPrimeRénov' au mètre carré pour l'isolation : le montant cité dans la version initiale n'est plus d'actualité. Au 19 juin 2026, l'isolation des murs ne figure plus parmi les gestes finançables isolément ; les conditions en vigueur sont détaillées plus bas, chacune avec sa date de valeur.
  • Aides régionales chiffrées : les montants avancés initialement (aide régionale forfaitaire, prêts bancaires bonifiés nominatifs) n'ont pas pu être rattachés à une source publique vérifiable. Ils sont remplacés par la description du soutien effectivement documenté : l'appui de la DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur au développement et à la structuration des filières régionales de matériaux biosourcés — paille de riz, balle de riz, chanvre, bois local.
  • Pourcentages de gain carbone génériques : les valeurs du type « jusqu'à 50 % » ou « -60 % de CO2 » ont été remplacées par la méthode qui fait foi : l'analyse de cycle de vie réglementaire du projet (indicateur Ic construction de la RE2020) et les FDES des produits réellement retenus. Un écart carbone ne se postule pas, il se calcule.

Une révolution verte dans la construction

Les matériaux biosourcés connaissent un essor remarquable, portés par les exigences environnementales croissantes et les innovations technologiques. Ces matériaux d'origine biologique offrent des alternatives durables aux matériaux conventionnels tout en apportant des performances techniques remarquables.

Les matériaux biosourcés en plein essor

Définition et caractéristiques

Les matériaux biosourcés sont issus de la biomasse d'origine végétale ou animale. Ils se caractérisent par :

  • Renouvelabilité : Ressources régénérables à court terme
  • Stockage carbone : Captation du CO2 atmosphérique
  • Biodégradabilité : Retour naturel au cycle biologique
  • Faible énergie grise : Transformation peu énergivore

Avantages environnementaux

  • Réduction de l'empreinte carbone : l'écart avec une solution conventionnelle se mesure projet par projet, par l'analyse de cycle de vie réglementaire de la RE2020 (indicateur Ic construction) et les FDES des produits retenus. Aucun taux générique n'est opposable : c'est le calcul ACV du projet qui fait foi.
  • Séquestration carbone : Stockage durable du CO2 dans la structure
  • Économie circulaire : Valorisation de déchets agricoles et forestiers
  • Biodiversité : Soutien aux filières agricoles locales

Innovations marquantes en 2024-2025

Paille compressée en cassettes

L'exemple de l'école Feldballe Friskole au Danemark illustre les possibilités :

  • Système constructif : Paille compressée dans des cassettes bois
  • Avantages : Démontabilité, réutilisation, performance thermique
  • Performance : Résistance au feu, régulation hygrométrique
  • Esthétique : Intégration architecturale réussie

Bois engineered nouvelle génération

  • CLT (Cross Laminated Timber) : Panneaux contrecollés haute performance
  • LVL (Laminated Veneer Lumber) : Bois lamellé-collé optimisé
  • Glulam : Poutres lamellées-collées de grande portée
  • Innovation : Colles biosourcées, assemblages mécaniques

Isolants naturels performants

  • Fibre de bois : Panneaux rigides et souples
  • Ouate de cellulose : Isolation en vrac et panneaux
  • Chanvre : Laine et béton de chanvre
  • Lin : Isolation thermique et acoustique
  • Liège : Isolation et étanchéité

Applications innovantes

Systèmes constructifs intégrés

  • Murs préfabriqués : Ossature bois + isolation biosourcée
  • Panneaux sandwich : Parements bois + âme isolante naturelle
  • Systèmes modulaires : Construction rapide et démontable

Bétons et mortiers biosourcés

  • Béton de chanvre : Isolation et structure légère
  • Béton de lin : Alternative au béton traditionnel
  • Mortiers terre-paille : Enduits naturels respirants

Couvertures et bardages

  • Bardeaux bois : Essences locales durables
  • Toitures végétalisées : Substrats biosourcés
  • Bardages composites : Fibres naturelles + liants bio

Performances techniques

Isolation thermique

  • Conductivité thermique : 0,035 à 0,045 W/m.K pour la fibre de bois
  • Déphasage thermique : Excellent confort d'été
  • Régulation hygrométrique : Gestion naturelle de l'humidité

Résistance mécanique

  • Bois lamellé-collé : rapport résistance/poids élevé, dimensionnement encadré par l'Eurocode 5 (NF EN 1995)
  • Panneaux CLT : Portées importantes, stabilité dimensionnelle
  • Durabilité : Traitements naturels, essences résistantes

Comportement au feu

  • Bois massif : Combustion lente et prévisible
  • Traitements ignifuges : Solutions naturelles (sels de bore)
  • Conception : Dimensionnement adapté aux exigences

Défis et solutions

Normalisation et certification

  • Enjeu : Harmonisation des standards européens
  • Solutions : Développement d'Avis Techniques spécifiques
  • Certification : Labels qualité pour les matériaux biosourcés

Filières d'approvisionnement

  • Structuration : Organisation des filières locales
  • Qualité : Contrôle de la ressource et de la transformation
  • Logistique : Optimisation des circuits courts

Formation des professionnels

  • Compétences : Mise en œuvre spécifique des biosourcés
  • Conception : Intégration dans les projets architecturaux
  • Maintenance : Entretien adapté aux matériaux naturels

Perspectives d'avenir

Innovations en cours

  • Matériaux composites : Fibres naturelles + matrices bio
  • Impression 3D : Construction additive avec matériaux biosourcés
  • Nanotechnologies : Amélioration des performances

Marchés émergents

  • Rénovation énergétique : Isolation par l'extérieur biosourcée
  • Bâtiments tertiaires : Bureaux et commerces durables
  • Infrastructure : Ouvrages d'art en bois

Recommandations pour les professionnels de la région PACA

Intégration dans les projets de construction neuve

Pour réussir l'intégration des matériaux biosourcés dans vos projets en région PACA, une approche méthodique s'impose dès les premières phases de conception.

  • Évaluation précoce des solutions biosourcées : Dès l'esquisse, identifier les opportunités d'utilisation (structure, isolation, finitions), réaliser une étude comparative technico-économique avec matériaux conventionnels, anticiper les contraintes réglementaires locales (PLU, ABF pour zones protégées très nombreuses en PACA).
  • Collaboration avec fournisseurs et filières locales : Privilégier les circuits courts PACA (bois des Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes, chanvre cultivé dans le Vaucluse, paille de Crau), établir des partenariats avec scieries et transformateurs régionaux, garantir traçabilité et certifications (PEFC, FSC pour le bois).
  • Formation des équipes de mise en œuvre : Sessions pratiques sur chantiers-écoles ou plateformes techniques (GRETA, FFB), compagnonnage avec artisans expérimentés en biosourcés, certifications spécifiques (Pro-Paille, Professionnel du Chanvre), retour d'expérience systématique après chaque chantier.
  • Suivi des performances en exploitation : Instrumentation pour mesurer consommations réelles vs théoriques, enquêtes de satisfaction auprès des occupants (confort été/hiver, qualité de l'air), ajustements si nécessaire durant période de parfait achèvement, constitution d'une base de données de référence pour projets futurs.

Adaptation au climat méditerranéen

Le climat de la région PACA présente des spécificités importantes qui influencent le choix et la mise en œuvre des matériaux biosourcés.

  • Gestion du confort d'été prioritaire : Privilégier matériaux à fort déphasage thermique (fibre de bois dense 160-200 kg/m³, béton de chanvre), dimensionner isolation pour limiter surchauffe estivale (objectif TIC < 26°C), intégrer protections solaires et ventilation naturelle nocturne, profiter de l'inertie thermique des murs en terre ou pierre existants.
  • Protection contre les précipitations intenses : Prévoir débords de toiture généreux (>60 cm) pour protéger façades, systèmes d'évacuation des eaux pluviales dimensionnés pour épisodes cévenols (>100mm/h), bardages bois avec essences durables ou traitement adapté au climat humide côtier, soubassements drainants pour éviter remontées capillaires.
  • Résistance au vent (mistral, tramontane) : Renforcer fixations mécaniques des bardages et couvertures, dimensionner structure bois pour charges de vent importantes (>100 km/h en zone exposée), éviter systèmes à joints ouverts risquant infiltrations par vent de pluie.
  • Durabilité face au soleil intense : Choisir essences de bois résistantes aux UV ou prévoir finitions protectrices régulièrement renouvelées, éviter exposition plein sud sans protection pour bois en façade, privilégier bardages à claire-voie avec lame d'air ventilée.

Optimisation économique et financements

L'investissement dans les matériaux biosourcés peut être optimisé grâce à différents leviers financiers et organisationnels disponibles en région PACA.

  • Valorisation des aides et labels : label « Bâtiment Biosourcé » à 3 niveaux, mesurés en carbone biogénique stocké par m² de surface de référence (arrêté du 2 juillet 2024) ; bonus de constructibilité de l'article L. 151-28 du code de l'urbanisme lorsque le PLU(i) le prévoit — et non « bonus de COS », le coefficient d'occupation des sols ayant été supprimé par la loi ALUR du 24 mars 2014 ; soutien public à la structuration des filières biosourcées régionales porté par la DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur ; TVA à 5,5 % sur les travaux d'amélioration de la qualité énergétique (art. 278-0 bis A du CGI) ; MaPrimeRénov' et éco-PTZ en rénovation. Les montants et conditions évoluent chaque année : ils sont détaillés, avec leur date de valeur et leur source officielle, dans la section « Financer un projet biosourcé » plus bas.
  • Analyse du coût global sur durée de vie : Ne pas se limiter au coût d'investissement initial (+10 à +25% pour biosourcés selon projets), intégrer économies d'exploitation (chauffage/climatisation : -20 à -40%), durabilité et moindre entretien de certains matériaux (bois en sous-face de toiture), bilan carbone favorable valorisable en tertiaire (Décret Tertiaire, objectifs -40% d'ici 2030).
  • Mutualisation des approvisionnements : Groupements d'achats entre artisans/maîtres d'œuvre pour obtenir tarifs plus compétitifs, commandes groupées pour projets d'éco-quartiers ou opérations d'aménagement, mutualisation transport depuis scieries alpines (coût transport représente 15-25% du prix rendu).
  • Développement de partenariats filières : Conventions cadre avec transformateurs régionaux garantissant volumes et prix, intégration dans réseaux professionnels (Fibois Sud, Envirobat BDM), participation aux appels à projets innovants (ADEME, Région, Europe) pour prototypes et démonstrateurs.

Défis spécifiques à la région PACA et solutions

Approvisionnement et logistique

  • Défi : Éloignement relatif des grandes ressources forestières (massifs alpins à 150-300 km du littoral), congestion des axes de transport aux heures de pointe, coûts logistiques élevés.
  • Solutions : Développer stockages intermédiaires en zone littorale (Marseille, Toulon, Nice), optimiser planning livraisons en heures creuses, explorer bois méditerranéens locaux (pin d'Alep pour usages spécifiques), développer filière chanvre et lin cultivés localement (moins de transport).

Compétences et main-d'œuvre qualifiée

  • Défi : Manque d'artisans formés aux techniques biosourcées spécifiques (construction paille, béton de chanvre, CLT), réticences face à matériaux perçus comme « expérimentaux ».
  • Solutions : Développer formations continues via GRETA et CFA BTP (Avignon, Antibes, Marseille), organiser chantiers-écoles sur projets réels avec compagnonnage, sensibiliser via fédérations professionnelles (FFB, CAPEB), valoriser retours d'expérience positifs de chantiers locaux.

Acceptabilité et image

  • Défi : Préjugés sur durabilité des matériaux biosourcés (crainte du feu, parasites, vieillissement), esthétique parfois jugée rustique incompatible avec architecture contemporaine méditerranéenne.
  • Solutions : Multiplication des réalisations exemplaires visitables (journées portes ouvertes), communication sur performances réelles mesurées (études post-occupation), montrer diversité esthétique possible (du traditionnel au très contemporain), respecter codes architecturaux locaux (volumétrie, couleurs, matériaux de parement).

Perspectives d'avenir pour les biosourcés en PACA

Innovations en cours et marchés émergents

  • Matériaux composites innovants : Fibres naturelles + matrices bio (PLA, résines végétales) pour panneaux haute performance, recherche INRAE et universités d'Aix-Marseille et Nice sur matériaux du futur.
  • Impression 3D terre-paille : Expérimentations en cours (Grenoble INP partenaire PACA) pour construction additive avec matériaux locaux, potentiel pour formes architecturales complexes à coût maîtrisé.
  • Bétons biosourcés : granulats végétaux (bois minéralisé, chènevotte) et liants bas carbone. Le gain d'émissions se démontre par la FDES du produit et le calcul ACV du projet, pas par un pourcentage générique ; les performances mécaniques et le domaine d'emploi doivent être vérifiés dans le référentiel applicable au procédé — NF DTU, Avis Technique, règles professionnelles ou ATEx.
  • Rénovation énergétique du patrimoine ancien : isolation biosourcée compatible avec le bâti ancien (pierre, pisé, terre), solutions perspirantes limitant le risque de pathologie liée à la migration de vapeur d'eau. Le gisement est important en Provence-Alpes-Côte d'Azur compte tenu de l'ancienneté du parc, mais il exige un diagnostic préalable du comportement hygrothermique des parois existantes.
  • Bâtiments tertiaires et équipements publics : Bureaux et commerces biosourcés pour respecter RE2020 et afficher engagement RSE, groupes scolaires et équipements sportifs exemplaires (nombreux projets en cours : Aix, Marseille, Nice, Toulon).
  • Ouvrages d'art et aménagements extérieurs : Passerelles piétonnes en bois lamellé-collé, aménagements de parcs et jardins publics, mobilier urbain biosourcé (abris-bus, bancs, pergolas).

Le label « Bâtiment Biosourcé » : ce que change l'arrêté du 2 juillet 2024

C'est le changement réglementaire le plus structurant de la période pour les matériaux biosourcés, et celui que la plupart des documentations n'ont pas encore intégré. L'arrêté du 2 juillet 2024, publié au Journal officiel, abroge l'arrêté du 19 décembre 2012 qui régissait le label depuis douze ans. Les demandes de labellisation déposées jusqu'au 31 août 2024 restaient soumises à l'ancien texte ; celles intervenant à compter du 1er septembre 2024 relèvent du nouveau.

Le basculement méthodologique est important. L'ancien label raisonnait en taux d'incorporation de matière biosourcée exprimé en kilogrammes de matière par mètre carré de surface. Le nouveau raisonne en carbone biogénique stocké, exprimé en kgC/m² de surface de référence, et il reprend directement la méthode de calcul du stockage de carbone biogénique de la RE2020 (paragraphe 5.3.2.2 de l'annexe II de l'arrêté du 4 août 2021). Autrement dit, le label et la réglementation environnementale parlent enfin le même langage : le calcul fait pour l'un alimente l'autre.

Les seuils par niveau et par typologie de bâtiment

Typologie de bâtiment 1er niveau 2024 2e niveau 2024 3e niveau 2024
Bâtiments à usage d'habitation 15 kgC/m² 25 kgC/m² 45 kgC/m²
Bâtiments industriels, de stockage ou de transport 4 kgC/m² 6 kgC/m² 9 kgC/m²
Autres usages (bureaux, enseignement, commerces…) 12 kgC/m² 20 kgC/m² 36 kgC/m²

Source : arrêté du 2 juillet 2024, article 4, valeurs exprimées en kilogrammes de carbone par mètre carré de surface de référence (kgC/m²Sréf). Lecture confirmée par la note d'information de la DREAL Normandie.

La condition de « fonctions » : un critère souvent oublié en conception

Atteindre le seuil de carbone stocké ne suffit pas. L'arrêté impose en plus un nombre minimal de fonctions différentes remplies par des produits de construction biosourcés dans le bâtiment :

  • 1er niveau : au moins deux fonctions différentes assurées par des produits biosourcés, sans contrainte sur la nature de ces fonctions.
  • 2e niveau : au moins deux fonctions différentes, dont obligatoirement l'isolation.
  • 3e niveau : au moins trois fonctions différentes, dont obligatoirement l'isolation.

Conséquence pratique pour la conception : une opération qui mise tout sur une ossature bois sans isolant biosourcé ne peut pas viser les 2e et 3e niveaux, quel que soit son stock de carbone. Inversement, une isolation biosourcée seule ne suffit jamais, puisqu'il faut au minimum deux fonctions. Cet arbitrage doit être posé dès l'esquisse, pas au moment du dépôt de la demande de label. Le sujet est développé dans notre article de veille consacré au label Bâtiment Biosourcé 2024.

RE2020, commande publique, REP : les trois moteurs réglementaires de la demande

RE2020 : le calcul valorise désormais le carbone stocké

La RE2020 s'appuie sur une analyse de cycle de vie dite dynamique, qui pondère les émissions selon leur date d'occurrence sur la durée de vie conventionnelle du bâtiment. Ce mode de calcul avantage structurellement les produits qui stockent du carbone biogénique pendant l'exploitation du bâtiment : bois d'œuvre, isolants végétaux, bétons végétaux. Le décret n° 2024-1258 du 30 décembre 2024, entré en vigueur le 1er janvier 2025, a resserré les seuils carbone applicables aux constructions neuves. La FFB évalue le renforcement à environ 15 % sur l'ensemble des typologies. Les étapes suivantes de durcissement restent prévues au calendrier de la réglementation, ce qui rend l'arbitrage matériaux de plus en plus déterminant dans l'obtention du permis de construire. Notre guide RE2020 détaille les indicateurs et la méthode.

Point de vigilance méthodologique : les valeurs de seuil diffèrent selon l'indicateur considéré (Ic énergie, Ic construction), la typologie et le raccordement éventuel à un réseau de chaleur urbain. Il faut aller chercher la valeur applicable au projet dans l'arrêté du 4 août 2021 dans sa version en vigueur, et non se fier à une valeur unique reprise de blog en blog. C'est le rôle du bureau d'études thermiques qui produit l'attestation RE2020.

Commande publique : l'échéance du 1er janvier 2030 se prépare maintenant

L'article 39 de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a inscrit à l'article L. 228-4 du code de l'environnement le principe suivant : la commande publique tient compte de la performance environnementale des produits, en particulier de leur caractère biosourcé. La disposition chiffrée — au moins 25 % des constructions et rénovations lourdes relevant de la commande publique faisant appel à des matériaux biosourcés ou bas-carbone — s'applique à compter du 1er janvier 2030. Un décret en Conseil d'État précise les modalités d'application, notamment la définition des rénovations lourdes et les seuils au-delà desquels l'obligation s'impose.

Pour une collectivité de Provence-Alpes-Côte d'Azur qui programme aujourd'hui un groupe scolaire ou un équipement sportif livrable en 2029-2031, l'anticipation n'est pas optionnelle : elle conditionne la disponibilité de la filière locale et la capacité des entreprises à répondre. C'est un des rares cas où une échéance lointaine impose une décision immédiate.

REP PMCB : l'éco-contribution est une ligne de prix, pas une formalité

La filière à responsabilité élargie du producteur pour les produits et matériaux de construction du bâtiment est opérationnelle depuis le 1er mai 2023, en application de la loi AGEC. Elle repose sur quatre éco-organismes agréés fin 2022. Concrètement, une éco-contribution est répercutée sur les produits de construction, en contrepartie d'un maillage de points de reprise des déchets de chantier. Pour un maître d'œuvre, deux effets : la ligne doit apparaître dans l'estimation et dans la DPGF, et la traçabilité des déchets de dépose devient un sujet de marché à part entière, y compris sur les chantiers de rénovation en biosourcés.

Assurabilité : la vraie question avant le prix

Sur un projet biosourcé, la question qui bloque n'est presque jamais technique ni budgétaire : c'est l'assurance. Un procédé relève de la technique courante lorsqu'il est couvert par un NF DTU, par un Avis Technique ou un Document Technique d'Application en cours de validité, ou par des règles professionnelles acceptées par la Commission prévention produits (C2P) de l'Agence qualité construction. Dans ce cas, l'assureur décennal n'a pas de motif de refus ni de surprime. À défaut, on bascule en technique non courante : il faut alors une Appréciation technique d'expérimentation (ATEx) délivrée par le CSTB, procédure plus longue et plus coûteuse, et l'accord préalable écrit de l'assureur.

Ouvrage / procédé Référentiel à vérifier Ce qu'il faut obtenir avant de s'engager
Structure et ossature bois, charpente, CLT, lamellé-collé NF DTU de la série 31, Eurocode 5 (NF EN 1995) pour le dimensionnement, Avis Technique ou DTA pour les procédés propriétaires Note de calcul structure, attestation d'assurance de l'entreprise mentionnant l'activité, validité de l'Avis Technique à la date de signature du marché
Bottes de paille en remplissage isolant et support d'enduit Règles professionnelles CP 2012 révisées du Réseau français de la construction paille, approuvées par la C2P de l'AQC le 28 juin 2011 et acceptées sans suivi d'expérience depuis janvier 2017 Preuve que l'entreprise met en œuvre conformément aux règles CP 2012 ; contrôle de la masse volumique et de l'humidité des bottes à réception
Isolants biosourcés manufacturés (fibre de bois, ouate de cellulose, chanvre, lin, liège) Marquage CE et déclaration des performances (DoP), certification ACERMI pour les caractéristiques thermiques, Avis Technique pour les isolants en vrac soufflé ou insufflé Fiche technique et certificat ACERMI à jour, densité de pose contractualisée pour le vrac, FDES pour le calcul ACV
Bétons végétaux (chanvre, autres granulats végétaux) Règles professionnelles de la filière lorsqu'elles sont acceptées par la C2P ; sinon Avis Technique du procédé, à défaut ATEx Vérifier que le référentiel invoqué figure bien dans la publication en vigueur de la C2P et que les Avis Techniques cités en référence sont toujours sur la Liste verte
Procédés innovants, réemploi, terre crue non couverte Aucun référentiel courant : ATEx délivrée par le CSTB Accord écrit préalable de l'assureur décennal, budget et délai d'instruction ATEx intégrés au planning dès la phase de conception

La règle de conduite à retenir tient en une phrase : sur un projet biosourcé, on vérifie la Liste verte de la C2P et l'attestation d'assurance de l'entreprise avant de figer le CCTP, jamais après. Une prescription élégante mais non assurable coûte plus cher qu'un surcoût matériau.

Le marché des biosourcés en chiffres

Les données ci-dessous sont issues du deuxième Baromètre des matériaux de construction biosourcés publié en mai 2026 par l'Association des industriels de la construction biosourcée (AICB). Il s'agit d'une source professionnelle de filière, et non d'une statistique publique : elle donne un ordre de grandeur fiable et cohérent dans le temps, pas une donnée officielle opposable.

Indicateur Valeur 2025 Référence de comparaison
Surface de matériaux biosourcés mise en œuvre 32,7 millions de m² +16 % par rapport à 2023 ; +126 % en volume depuis 2016
Chiffre d'affaires de la filière 97,7 millions d'euros 91,6 millions d'euros en 2023, soit +6,7 %
Part des isolants biosourcés sur le marché de l'isolation 8,2 % en volume — 11 % en valeur Un marché encore minoritaire, mais qui progresse plus vite que l'isolation dans son ensemble
Isolants semi-rigides 17,6 millions de m², soit 54 % du volume 3,4 millions de m² en 2016
Isolants rigides 3,5 millions de m² 0,5 million de m² en 2016
Bétons biosourcés 0,9 million de m² 0,6 million de m² en 2023, soit +50 %
Appareil productif 20 unités de production, environ 4 000 emplois directs et indirects Filière encore jeune, d'où la sensibilité des délais d'approvisionnement

Source : AICB, 2e Baromètre des matériaux de construction biosourcés, mai 2026. Ce que ces chiffres disent d'utile à un maître d'ouvrage : la croissance est réelle et régulière, mais l'appareil productif reste étroit. Sur un chantier, cela se traduit par des délais de commande à sécuriser tôt et par une sensibilité aux à-coups de la demande — argument de plus pour caler la filière dès la phase de conception plutôt qu'au moment de la consultation des entreprises.

Financer un projet biosourcé : ce qui est certain, ce qui ne l'est pas

Les aides à la rénovation énergétique changent chaque année, parfois en cours d'année. Le tableau ci-dessous ne donne que des valeurs rattachées à une source officielle et à sa date de vérification. Toute somme doit être recontrôlée à la date de dépôt de la demande : un barème lu six mois plus tôt n'engage personne.

Dispositif Mécanisme Valeurs et date de valeur Source
MaPrimeRénov' — parcours par geste Forfait par type de travaux, modulé selon les revenus Au 19 juin 2026 : l'isolation des murs n'est pas éligible en geste isolé. Parmi les postes d'isolation, seule l'isolation thermique des parois vitrées en remplacement de simple vitrage figure au parcours par geste. service-public.gouv.fr, fiche F35083
MaPrimeRénov' — parcours accompagné (rénovation d'ampleur) Prise en charge d'un pourcentage des dépenses HT, dans la limite d'un plafond dépendant du gain de classes DPE ; au moins deux postes d'enveloppe, dont l'isolation des murs Au 19 juin 2026 : plafond de dépenses de 30 000 € HT pour un gain de 2 classes, 40 000 € HT pour 3 classes ou plus. Taux de 80 % (revenus très modestes), 60 % (modestes), 45 % (intermédiaires), 10 % (supérieurs). Écrêtement du cumul de toutes les aides à 100 / 90 / 80 / 50 % du montant TTC des travaux selon la même échelle. service-public.gouv.fr, fiche F35083
Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) Prêt sans intérêt pour financer les travaux, cumulable avec MaPrimeRénov' Au 29 mai 2026 : jusqu'à 30 000 € en rénovation ponctuelle selon le nombre d'actions, 50 000 € en rénovation globale, 10 000 € pour l'assainissement non collectif. Remboursement sur 15 ans, porté à 20 ans en rénovation globale. Éco-PTZ complémentaire ouvert jusqu'au 31 décembre 2027. service-public.gouv.fr, fiche F19905
TVA à 5,5 % Taux réduit sur les travaux d'amélioration de la qualité énergétique et les travaux induits indissociablement liés Logement achevé depuis plus de deux ans, à usage d'habitation, attestation à remettre à l'entreprise. L'isolation des murs, des combles et des planchers relève du taux réduit — l'origine biosourcée de l'isolant n'a pas d'incidence sur le taux. Art. 278-0 bis A du CGI, BOFiP BOI-TVA-LIQ-30-20-95 (22 octobre 2025)
Certificats d'économies d'énergie (CEE) Primes versées par les fournisseurs d'énergie obligés, calculées par opération standardisée Aucun montant indiqué ici : la prime dépend de l'opération, de la zone climatique, des revenus et de l'offre de l'obligé, et se négocie avant signature du devis. Elle doit être demandée avant l'engagement des travaux. Dispositif CEE — à vérifier auprès de l'obligé retenu
Bonus de constructibilité Dépassement des règles de gabarit, hauteur ou emprise au sol pour les constructions exemplaires Plafonné à 30 %. Conditions d'exemplarité énergétique ou environnementale fixées par arrêté ministériel, sur la base d'indicateurs RE2020 anticipés de trois ans. Ne s'applique que si le PLU(i) l'a prévu. Art. L. 151-28 du code de l'urbanisme ; portail réglementaire du ministère

Le raisonnement à tenir en amont n'est pas « combien d'aides puis-je cumuler » mais « quel scénario de travaux ouvre le plus de leviers ». Depuis le recentrage de MaPrimeRénov' sur la rénovation d'ampleur, un bouquet cohérent de travaux d'enveloppe finance souvent mieux qu'une succession de gestes isolés — et c'est précisément le scénario dans lequel les isolants biosourcés donnent leur pleine mesure, puisqu'ils traitent l'enveloppe complète.

Questions fréquentes sur les matériaux biosourcés

Le label « Bâtiment Biosourcé » est-il obligatoire ?

Non. C'est un label volontaire, délivré par un organisme accrédité, associé à une certification de la performance énergétique du bâtiment. Ce qui est obligatoire en construction neuve, c'est la RE2020. Le label vient en complément, pour valoriser un effort supplémentaire — et, le cas échéant, ouvrir un bonus de constructibilité si le PLU(i) le prévoit.

Quelle différence entre matériau biosourcé et matériau géosourcé ?

Un matériau biosourcé est issu de la biomasse d'origine végétale ou animale : bois, paille, chanvre, lin, ouate de cellulose, liège, laine de mouton. Un matériau géosourcé est d'origine minérale non transformée par cuisson, la terre crue en premier lieu. Les deux familles se croisent souvent sur les mêmes chantiers (terre-paille, enduits terre sur support paille) mais ne relèvent pas des mêmes référentiels ni du même calcul de stockage carbone : la terre crue ne stocke pas de carbone biogénique.

Construire en biosourcé coûte-t-il plus cher ?

La réponse honnête est : cela dépend du lot, de la disponibilité de la filière locale et du niveau de préfabrication retenu. Il n'existe pas de surcoût forfaitaire applicable à tous les projets, et tout pourcentage annoncé sans référence au projet est à écarter. La seule méthode fiable consiste à chiffrer deux variantes du même programme au niveau de la décomposition par ouvrage, à partir d'une étude de prix interne, et à comparer en coût global : investissement, consommations prévisionnelles, entretien. C'est un exercice de conception, pas une question de catalogue.

Les matériaux biosourcés sont-ils assurables en garantie décennale ?

Oui, dès lors que le procédé relève de la technique courante — NF DTU, Avis Technique ou DTA en cours de validité, ou règles professionnelles acceptées par la C2P de l'AQC. C'est le cas du bois de structure, des isolants biosourcés certifiés et des bottes de paille mises en œuvre selon les règles CP 2012. En dehors de ce périmètre, l'ATEx du CSTB et l'accord écrit de l'assureur sont des préalables non négociables.

La paille présente-t-elle un risque incendie particulier ?

La performance au feu ne se juge pas sur le matériau seul mais sur le système constructif complet — remplissage, support, enduit, protections. Elle se démontre par des procès-verbaux d'essais et par la conformité aux règles de mise en œuvre applicables, comme les règles professionnelles CP 2012 pour la paille en remplissage isolant et support d'enduit. La question à poser à l'entreprise n'est donc pas « la paille brûle-t-elle » mais « quel procès-verbal couvre la paroi que vous proposez ».

Les biosourcés sont-ils adaptés au climat méditerranéen ?

C'est même l'un de leurs arguments les plus solides en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Les isolants biosourcés denses présentent un déphasage thermique élevé, qui décale l'arrivée de la chaleur estivale à l'intérieur du logement et améliore le confort d'été — indicateur suivi par la RE2020 sous la forme des degrés-heures d'inconfort. En contrepartie, le climat local impose des précautions de conception spécifiques, détaillées plus haut : protection contre les précipitations intenses, tenue au mistral, exposition aux ultraviolets.

Que faut-il vérifier avant de signer un devis mentionnant un isolant biosourcé ?

Quatre pièces, systématiquement : la fiche technique du produit avec son marquage CE et sa DoP, le certificat ACERMI en cours de validité pour les caractéristiques thermiques, la densité de pose contractualisée lorsqu'il s'agit d'un isolant en vrac, et l'attestation d'assurance décennale de l'entreprise mentionnant explicitement l'activité concernée. Sans ces quatre pièces, la performance annoncée n'est pas opposable.

Où trouver les textes officiels cités dans cet article ?

Toutes les références sont accessibles publiquement et listées dans la section suivante. En cas de doute sur une valeur chiffrée, c'est le texte publié au Journal officiel ou la fiche officielle à jour qui prime sur toute reprise éditoriale, y compris celle-ci.

Sources officielles consultées

Se faire accompagner sur un projet biosourcé

Progineer est une structure de maîtrise d'œuvre créée en 2024, dirigée par Marvin Bauwens, qui exerce dans le BTP depuis 2020. Treize réalisations sont présentées sur ce site. Sur un projet intégrant des matériaux biosourcés, l'apport d'une maîtrise d'œuvre porte sur quatre points concrets : arbitrer les fonctions biosourcées dès l'esquisse pour viser le bon niveau de label, vérifier l'assurabilité de chaque procédé avant d'écrire le CCTP, chiffrer les variantes en coût global à partir d'une étude de prix interne, et sécuriser les délais d'approvisionnement d'une filière encore étroite.

Pour approfondir : notre page sur l'isolation biosourcée, notre offre de construction écologique, notre accompagnement en rénovation énergétique et le guide RE2020 du workspace.

Les matériaux biosourcés représentent l'avenir de la construction durable en région PACA, alliant performance technique remarquable, respect environnemental exemplaire (stockage carbone, économie circulaire) et innovation permanente. Leur adoption croissante transforme progressivement les pratiques constructives et ouvre de nouvelles perspectives pour une architecture méditerranéenne responsable et résiliente. Dans un contexte de durcissement de la réglementation (RE2020, Loi Climat et Résilience) et de prise de conscience environnementale croissante des maîtres d'ouvrage, les professionnels qui maîtriseront ces matériaux et leurs spécificités de mise en œuvre en climat méditerranéen disposeront d'un avantage compétitif décisif. Le marché régional, porté par le renouvellement du parc et par le durcissement progressif des seuils carbone de la RE2020, offre des perspectives de développement considérables pour les acteurs engagés dans cette transition vers une construction plus durable et plus sobre en carbone.

Auteur

Équipe Progineer
Publié le 4 janvier 2025

Tags

matériaux biosourcés
construction durable
label bâtiment biosourcé
RE2020
innovation
bois engineered
isolation naturelle
réglementation

Restez informé

Recevez notre veille technique

Articles connexes

10 janvier 2025
Label Bâtiment Biosourcé 2024 : nouvelles exigences, seuils et opportunités
L'arrêté du 2 juillet 2024 refond le label Bâtiment Biosourcé : mesure du carbone biogénique via l'indicateur Stock C de la RE2020, seuils officiels en kgC/m² par usage, isolation biosourcée obligatoire dès le 2e niveau. Ce qui change, qui est concerné, et comment obtenir le label.
13 janvier 2026
Bâtir Durable en Méditerranée : L'Innovation Marseillaise Face aux Enjeux Climatiques — Batir durable mediterranee innovation marseillaise
Face à l'urgence climatique, Marseille se positionne comme un laboratoire de la construction durable. Cet article explore comment les professionnels du BTP adaptent leurs pratiques et intègrent les réglementations, notamment la RE2020, pour concevoir des bâtiments résilients et confortables, en phase avec les spécificités du climat méditerranéen.
26 janvier 2026
Construire sa Maison à Marseille en 2026 : Guide Complet et Réglementations
Découvrez les étapes clés, les réglementations (RE2020, PLUi), les aides financières et les spécificités du marché pour construire votre maison à Marseille en 2026. Un guide essentiel pour un projet réussi et durable dans la cité phocéenne.
6 janvier 2026
Construction 2026 : Le Double Défi de l'Empreinte Carbone et de la Résilience Sismique — Construction 2026 double defi empreinte
L'année 2026 marque un tournant décisif pour les professionnels du BTP en France. Entre l'élargissement des exigences de la RE2020 en matière de déclarations environnementales et les évolutions des normes parasismiques, les défis sont nombreux mais les opportunités d'innover et de construire durablement sont immenses. Cet article décrypte les réglementations clés pour anticiper et réussir vos projets.

Besoin d'expertise ?

Notre bureau d'études vous accompagne

Veille : Matériaux biosourcés dans la construction - Article technique du Workspace Progineer. Rédigé par Équipe Progineer. Actualités et veille réglementaire du bâtiment en région PACA. matériaux biosourcés, construction durable, label bâtiment biosourcé, RE2020, innovation, bois engineered, isolation naturelle, réglementation.