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acoustic 🟡 Intermédiaire Premium 12 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul acoustique urbanisme — Nuisances sonores

Calcul des nuisances sonores en milieu urbain selon le décret bruit de voisinage du 31 août 2006 et l'arrêté du 23 juillet 2013. À partir du niveau ambiant et du niveau résiduel mesurés en période diurne ou nocturne, l'outil calcule l'émergence globale et spectrale et vérifie les seuils (5 dB(A) jour, 3 dB(A) nuit). Utilisé pour les études d'impact, demandes d'urbanisme et diagnostics avant aménagement de bureaux ou logements.

acoustique urbanisme nuisances réglementation environnement
dB(A)
dB(A)

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Formule utilisée

E = LAeq,ambiant − LAeq,résiduel — seuil = 5 dB(A) jour / 3 dB(A) nuit + terme correctif de durée

Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Type de zone Type de zone
Période Période
Niveau sonore ambiant dB(A) Niveau sonore ambiant
Niveau installation seule dB(A) Niveau installation seule

Exemples d'application

Extraction de restaurant, 4 h de fonctionnement en journée

Ambiant 58 dB(A), résiduel 52 dB(A) : émergence = 6 dB(A). Seuil diurne 5 dB(A) majoré du terme correctif de 2 dB(A) pour une durée comprise entre 2 et 4 heures, soit 7 dB(A). Situation conforme.

Pompe à chaleur en fonctionnement continu (plus de 8 h)

Ambiant 47 dB(A), résiduel 41 dB(A) : émergence = 6 dB(A). Seuil diurne 5 dB(A) sans terme correctif au-delà de 8 heures. Dépassement de 1 dB(A) : situation non conforme. Niveau de la source seule : 10 × log10(10^4,7 − 10^4,1) = 45,7 dB(A).

Bruit nocturne bref (15 minutes cumulées)

Ambiant 44 dB(A), résiduel 38 dB(A) : émergence = 6 dB(A). Seuil nocturne 3 dB(A) majoré du terme correctif de 4 dB(A) pour une durée comprise entre 5 et 20 minutes, soit 7 dB(A). Situation conforme : à émergence identique, seule la durée d'apparition change le verdict.

Comprendre cet outil

Les calculs acoustiques évaluent l'isolation des parois, le temps de réverbération et la performance vis-à-vis des bruits aériens, d'impact et d'équipements.

Calcul acoustique urbanisme — Nuisances sonores permet une première estimation. La conformité à la NRA ou à la réglementation ERP se vérifie par mesures à réception ; les corrections après coup sont coûteuses, le traitement doit être pensé en conception.

Progineer et votre projet

Progineer intègre les exigences acoustiques dans la conception des parois et coordonne, si besoin, un bureau d'études acoustique spécialisé.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul acoustique urbanisme — Nuisances sonores » ?

Calcul des nuisances sonores en milieu urbain selon le décret bruit de voisinage du 31 août 2006 et l'arrêté du 23 juillet 2013. À partir du niveau ambiant et du niveau résiduel mesurés en période diurne ou nocturne, l'outil calcule l'émergence globale et spectrale et vérifie les seuils (5 dB(A) jour, 3 dB(A) nuit). Utilisé pour les études d'impact, demandes d'urbanisme et diagnostics avant aménagement de bureaux ou logements.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

L'acoustique appliquée à l'urbanisme repose sur deux mécanismes réglementaires distincts qu'il faut soigneusement séparer. Le premier est l'émergence : la différence, en décibels pondérés A, entre le bruit ambiant incluant une source particulière et le bruit résiduel sans elle — c'est le critère des bruits de voisinage, fixé par le code de la santé publique. Le second est le classement sonore des infrastructures de transports terrestres : il découpe des secteurs affectés par le bruit de part et d'autre des voies classées et impose, aux constructions neuves qui s'y implantent, un isolement acoustique minimal de façade. Cette page détaille les deux méthodes, leurs formules, leurs unités, des exemples chiffrés vérifiables, les textes qui les imposent et leurs limites.

Méthode 1 — Calculer l'émergence d'un bruit de voisinage

L'émergence n'est pas un niveau sonore : c'est un écart. Elle traduit à quel point une source nouvelle se détache du fond sonore préexistant. Une source de 60 dB(A) peut être parfaitement réglementaire dans une rue passante et constituer une infraction caractérisée dans un hameau silencieux : c'est le contexte qui fixe le seuil, pas la puissance de la source.

La formule de l'émergence globale et ses variables

L'émergence globale s'écrit E = LAeq,ambiant − LAeq,résiduel. LAeq,ambiant est le niveau de pression acoustique continu équivalent pondéré A mesuré pendant le fonctionnement de la source en cause, en dB(A). LAeq,résiduel est ce même niveau mesuré en l'absence de la source, tous les autres bruits habituels du lieu étant présents. E s'exprime en dB(A).

L'article R. 1334-33 du code de la santé publique fixe les valeurs limites : 5 dB(A) en période diurne, de 7 heures à 22 heures, et 3 dB(A) en période nocturne, de 22 heures à 7 heures. Ces valeurs ne sont pas les seuils finaux : il faut y ajouter un terme correctif fonction de la durée cumulée d'apparition du bruit particulier.

Le terme correctif lié à la durée d'apparition

Un bruit bref est jugé moins gênant qu'un bruit permanent de même niveau. Le code de la santé publique traduit ce constat par une tolérance dégressive avec la durée cumulée du bruit sur la période de référence.

  • Durée cumulée inférieure ou égale à 1 minute : terme correctif de 6 dB(A).
  • Durée supérieure à 1 minute et inférieure ou égale à 5 minutes : 5 dB(A).
  • Durée supérieure à 5 minutes et inférieure ou égale à 20 minutes : 4 dB(A).
  • Durée supérieure à 20 minutes et inférieure ou égale à 2 heures : 3 dB(A).
  • Durée supérieure à 2 heures et inférieure ou égale à 4 heures : 2 dB(A).
  • Durée supérieure à 4 heures et inférieure ou égale à 8 heures : 1 dB(A).
  • Durée supérieure à 8 heures : 0 dB(A), aucune tolérance supplémentaire.

Seuils de déclenchement et émergence spectrale

L'article R. 1334-32 écarte du dispositif les ambiances déjà très calmes : les valeurs limites d'émergence ne s'appliquent que si le niveau de bruit ambiant mesuré, comportant le bruit particulier, est supérieur à 25 dB(A) à l'intérieur des pièces principales d'un logement, fenêtres ouvertes ou fermées, et à 30 dB(A) dans les autres cas. En dessous, la mesure n'est pas exploitable pour caractériser une infraction.

L'article R. 1334-34 ajoute une seconde condition, indépendante de la première, pour les activités professionnelles, sportives, culturelles ou de loisirs : l'émergence spectrale, évaluée par bandes d'octave normalisées, ne doit pas dépasser 7 dB dans les bandes centrées sur 125 Hz et 250 Hz, ni 5 dB dans les bandes centrées sur 500 Hz, 1 000 Hz, 2 000 Hz et 4 000 Hz. Un équipement dont l'émergence globale est conforme peut ainsi être non conforme sur une bande basse fréquence, ce qui est fréquent avec les compresseurs et les groupes froids.

Deux opérations de calcul indispensables sur les décibels

Les décibels ne s'additionnent pas arithmétiquement. Pour retrouver le niveau de la source seule à partir du niveau ambiant et du niveau résiduel, on applique une soustraction énergétique : L_source = 10 × log10(10^(L_ambiant/10) − 10^(L_résiduel/10)).

Inversement, pour cumuler deux sources indépendantes : L_total = 10 × log10(10^(L1/10) + 10^(L2/10)). Deux sources identiques de 45 dB(A) donnent 48 dB(A), et non 90 : le doublement d'énergie correspond à 10 × log10(2) = 3,01 dB.

Enfin, en champ libre et pour une source assimilable à une source ponctuelle, doubler la distance divise l'intensité par quatre et fait chuter le niveau de 10 × log10(4) = 6,02 dB. Éloigner un équipement de 2 m à 4 m fait donc gagner environ 6 dB(A) — souvent plus efficace et moins coûteux qu'un capotage.

Exemples chiffrés d'émergence, vérifiables pas à pas

Exemple 1 — Extraction de restaurant en journée

Mesures : niveau ambiant en limite de propriété, extraction en fonctionnement, LAeq = 58 dB(A). Niveau résiduel, extraction à l'arrêt, LAeq = 52 dB(A). Fonctionnement continu de 11 h à 15 h, soit une durée cumulée de 4 heures en période diurne.

Émergence : E = 58 − 52 = 6 dB(A).

Seuil applicable : limite diurne de 5 dB(A), majorée du terme correctif de 2 dB(A) correspondant à une durée supérieure à 2 heures et inférieure ou égale à 4 heures. Seuil = 5 + 2 = 7 dB(A).

Conclusion : 6 dB(A) mesurés pour un seuil de 7 dB(A), la situation est conforme. Niveau de la source seule, à titre indicatif : 10 × log10(10^5,8 − 10^5,2) = 56,8 dB(A).

Exemple 2 — Pompe à chaleur en fonctionnement continu

Mesures : niveau ambiant 47 dB(A) avec la pompe à chaleur en marche, niveau résiduel 41 dB(A). Fonctionnement quasi continu en journée, durée cumulée supérieure à 8 heures.

Émergence : E = 47 − 41 = 6 dB(A).

Seuil applicable : limite diurne de 5 dB(A), terme correctif nul au-delà de 8 heures. Seuil = 5 dB(A).

Conclusion : dépassement de 1 dB(A), la situation est non conforme. Niveau de la source seule : 10 × log10(10^4,7 − 10^4,1) = 10 × log10(50 119 − 12 589) = 10 × log10(37 530) = 45,7 dB(A).

Pistes de correction, par ordre de coût croissant : éloigner l'unité extérieure, un doublement de distance en champ libre valant environ 6 dB ; désolidariser l'appareil par plots antivibratiles pour supprimer la transmission solidienne ; interposer un écran acoustique plein en respectant les dégagements aérauliques imposés par le constructeur ; en dernier recours, capoter l'équipement, ce qui suppose de vérifier que le débit d'air reste suffisant.

Exemple 3 — Événement bref en période nocturne

Mesures : niveau ambiant 44 dB(A), niveau résiduel 38 dB(A). Le bruit particulier apparaît par séquences totalisant 15 minutes entre 22 h et 7 h.

Émergence : E = 44 − 38 = 6 dB(A).

Seuil applicable : limite nocturne de 3 dB(A), majorée du terme correctif de 4 dB(A) correspondant à une durée cumulée supérieure à 5 minutes et inférieure ou égale à 20 minutes. Seuil = 3 + 4 = 7 dB(A).

Conclusion : 6 dB(A) pour un seuil de 7 dB(A), la situation est conforme. Ce cas illustre à lui seul le poids du terme correctif : la même émergence de 6 dB(A) est non conforme dans l'exemple 2 et conforme ici, uniquement en raison de la durée d'apparition. Le niveau ambiant, supérieur à 30 dB(A), permet bien d'exploiter la mesure au sens de l'article R. 1334-32.

Méthode 2 — Classement sonore des voies et isolement de façade

Le second dispositif ne raisonne pas en émergence mais en isolement. Il s'applique aux bâtiments d'habitation à construire dans les secteurs affectés par le bruit des infrastructures de transports terrestres, et il conditionne la conception des façades dès le stade du permis de construire.

Le classement en cinq catégories et la largeur des secteurs

L'arrêté du 30 mai 1996 modifié, notamment par l'arrêté du 23 juillet 2013, définit cinq catégories d'infrastructures selon les niveaux sonores de référence LAeq mesurés ou calculés sur les périodes 6 h - 22 h et 22 h - 6 h. À chaque catégorie correspond une largeur maximale de secteur affecté par le bruit, comptée de part et d'autre de l'infrastructure.

  • Catégorie 1 : LAeq (6 h - 22 h) supérieur à 81 dB(A) et LAeq (22 h - 6 h) supérieur à 76 dB(A) — secteur affecté de 300 m.
  • Catégorie 2 : LAeq (6 h - 22 h) de 76 à 81 dB(A) et LAeq (22 h - 6 h) de 71 à 76 dB(A) — secteur affecté de 250 m.
  • Catégorie 3 : LAeq (6 h - 22 h) de 70 à 76 dB(A) et LAeq (22 h - 6 h) de 65 à 71 dB(A) — secteur affecté de 100 m.
  • Catégorie 4 : LAeq (6 h - 22 h) de 65 à 70 dB(A) et LAeq (22 h - 6 h) de 60 à 65 dB(A) — secteur affecté de 30 m.
  • Catégorie 5 : LAeq (6 h - 22 h) de 60 à 65 dB(A) et LAeq (22 h - 6 h) de 55 à 60 dB(A) — secteur affecté de 10 m.

L'isolement minimal en méthode forfaitaire

Pour un bâtiment implanté en rue en U, c'est-à-dire dans un tissu bâti continu de part et d'autre de la voie, l'article 6 de l'arrêté du 30 mai 1996 fixe directement l'isolement acoustique minimal de façade selon la catégorie de l'infrastructure : 45 dB en catégorie 1, 42 dB en catégorie 2, 38 dB en catégorie 3, 35 dB en catégorie 4 et 30 dB en catégorie 5.

Ces valeurs sont modulables. Elles sont diminuées d'une classe d'isolement pour les façades latérales et de deux classes pour les façades arrière, sans jamais pouvoir descendre en dessous de 30 dB. En tissu ouvert, l'isolement se détermine en fonction de la distance à l'infrastructure, avec des corrections tenant compte des masques : environ 3 dB pour une façade partiellement protégée par des bâtiments, 6 dB pour une protection quasi complète, 6 dB pour un écran de 2 à 4 m de hauteur situé à moins de 150 m, 9 dB pour un écran de plus de 4 m dans les mêmes conditions, 3 dB pour une façade latérale et 9 dB pour une façade arrière.

Une règle domine toutes les autres : la valeur obtenue après correction ne peut en aucun cas être inférieure à 30 dB. C'est le plancher absolu de l'isolement de façade pour un logement neuf en secteur affecté.

L'articulation avec le document d'urbanisme et le permis

Le classement sonore est arrêté par le préfet et annexé au plan local d'urbanisme. Il est donc consultable en amont de toute acquisition foncière et de toute esquisse. Vérifier, avant de dessiner, si la parcelle se situe dans un secteur affecté et de quelle catégorie relève la voie, évite de découvrir en phase de dépôt qu'il faut reprendre les menuiseries, les entrées d'air et parfois l'orientation du plan.

L'isolement acoustique de façade s'exprime par l'indicateur DnT,A,tr en dB, qui caractérise l'isolement standardisé pondéré vis-à-vis d'un bruit de trafic routier. Il dépend de la performance de la menuiserie, du vitrage, des coffres de volets roulants, des entrées d'air et de la façade elle-même : le maillon le plus faible détermine le résultat, et une excellente menuiserie associée à une entrée d'air non traitée ne donnera pas l'isolement attendu.

En parallèle, l'arrêté du 30 juin 1999 relatif aux caractéristiques acoustiques des bâtiments d'habitation fixe les exigences internes des logements neufs : isolement aux bruits aériens entre logements, niveau de bruit de choc standardisé pondéré à ne pas dépasser, niveau de bruit des équipements, et isolement minimal de façade de 30 dB. Les deux textes se cumulent : le classement sonore ne dispense jamais des exigences internes.

Limites et hypothèses de ces calculs

  • L'émergence est un écart, pas un niveau. Un résultat conforme ne signifie pas que l'ambiance est calme, et un résultat non conforme ne signifie pas que la source est bruyante dans l'absolu.
  • La mesure du niveau résiduel est le point faible de la méthode : il faut pouvoir arrêter la source en cause suffisamment longtemps, dans des conditions de trafic, de météo et d'activité comparables à celles de la mesure ambiante.
  • Les mesures doivent être réalisées selon un protocole normalisé, avec un sonomètre de classe adaptée, vérifié et calibré. Une mesure d'appoint à l'application mobile n'a aucune valeur probante.
  • Les conditions météorologiques influencent fortement la propagation à distance : vent portant, gradient de température et humidité peuvent modifier le résultat de plusieurs décibels.
  • L'émergence globale et l'émergence spectrale sont deux conditions cumulatives et indépendantes. Un équipement conforme en global peut être non conforme en bandes d'octave basses.
  • La méthode forfaitaire de l'arrêté du 30 mai 1996 est volontairement enveloppe : elle est sécuritaire mais peut conduire à surdimensionner les menuiseries. Une étude acoustique détaillée permet de justifier un isolement moindre, dans la limite du plancher de 30 dB.
  • Le classement sonore n'anticipe pas les évolutions de trafic : une voie peut changer de catégorie lors d'une révision du classement préfectoral.
  • Ces calculs ne couvrent ni le bruit aérien, régi par les plans d'exposition au bruit, ni les installations classées pour la protection de l'environnement, qui relèvent de textes spécifiques.

Erreurs fréquentes en acoustique et urbanisme

  • Comparer un niveau mesuré à une valeur limite absolue alors que le critère réglementaire des bruits de voisinage est une émergence.
  • Oublier le terme correctif de durée : sur l'exemple traité plus haut, il fait passer une même émergence de 6 dB(A) de la non-conformité à la conformité.
  • Additionner arithmétiquement des décibels : deux sources de 45 dB(A) donnent 48 dB(A), pas 90.
  • Mesurer le résiduel à une heure ou dans des conditions de trafic différentes de celles de la mesure ambiante, ce qui invalide l'écart calculé.
  • Ignorer l'émergence spectrale sur les équipements générant des basses fréquences : compresseurs, groupes froids, ventilateurs de grand diamètre.
  • Concevoir une façade sur menuiserie seule sans traiter les entrées d'air, les coffres de volets roulants et les traversées, qui deviennent alors le maillon faible de l'isolement.
  • Découvrir le classement sonore de la voie au dépôt du permis alors qu'il est annexé au plan local d'urbanisme et consultable dès l'étude de faisabilité.
  • Croire que le respect du classement sonore dispense des exigences internes de l'arrêté du 30 juin 1999 : les deux textes se cumulent.
  • Traiter une nuisance sonore par capotage sans vérifier les débits d'air nécessaires au fonctionnement de l'équipement, au risque de dégrader ses performances ou de provoquer sa mise en sécurité.

Acoustique, urbanisme et maîtrise d'œuvre

Les corrections acoustiques réalisées après coup sont, de loin, les plus coûteuses d'un projet de bâtiment : elles supposent de déposer des ouvrages neufs, de reprendre des façades, parfois de réorganiser un plan. À l'inverse, les décisions qui déterminent le résultat acoustique final — orientation du bâtiment, distribution des pièces principales par rapport à la source, choix des menuiseries et des entrées d'air, implantation des équipements techniques — se prennent au stade de l'esquisse et de l'avant-projet, à coût quasi nul.

Progineer intègre ces contraintes dès la conception : vérification du classement sonore de la parcelle en amont, positionnement des pièces principales, arbitrage des performances de menuiseries, implantation des unités extérieures et des extractions en tenant compte des limites de propriété et des ouvrants voisins, puis coordination d'un bureau d'études acoustique lorsque le projet le justifie. En zone dense de Provence-Alpes-Côte d'Azur comme sur les axes structurants d'Auvergne-Rhône-Alpes, cette anticipation évite le double coût du traitement curatif et du contentieux de voisinage.

FAQ technique — Acoustique et urbanisme

Comment calcule-t-on une émergence sonore ?

L'émergence globale est la différence entre le niveau de bruit ambiant, source en fonctionnement, et le niveau de bruit résiduel, source à l'arrêt : E = LAeq,ambiant − LAeq,résiduel, en dB(A). Les deux mesures doivent être réalisées dans des conditions comparables de trafic, d'activité et de météo.

Quelle est l'émergence maximale autorisée par la réglementation ?

L'article R. 1334-33 du code de la santé publique fixe 5 dB(A) en période diurne, de 7 h à 22 h, et 3 dB(A) en période nocturne, de 22 h à 7 h. À ces valeurs s'ajoute un terme correctif fonction de la durée cumulée d'apparition du bruit, allant de 6 dB(A) pour une durée d'une minute ou moins à 0 dB(A) au-delà de 8 heures.

À quoi sert le terme correctif de durée ?

Il module la tolérance selon la persistance du bruit. Un bruit très bref bénéficie de 6 dB(A) de marge supplémentaire, un bruit permanent d'aucune. Une même émergence de 6 dB(A) peut ainsi être conforme pour un bruit de 15 minutes et non conforme pour un bruit continu de plus de 8 heures.

Qu'est-ce que l'émergence spectrale ?

C'est une condition supplémentaire, définie à l'article R. 1334-34 du code de la santé publique, applicable aux activités professionnelles, sportives, culturelles ou de loisirs. Elle s'évalue par bandes d'octave et limite l'émergence à 7 dB dans les bandes centrées sur 125 Hz et 250 Hz, et à 5 dB dans celles centrées sur 500 Hz, 1 000 Hz, 2 000 Hz et 4 000 Hz.

Qu'est-ce que le classement sonore des voies ?

C'est le classement préfectoral des infrastructures de transports terrestres en cinq catégories selon leur niveau sonore, prévu par l'arrêté du 30 mai 1996 modifié. Il définit de part et d'autre de chaque voie un secteur affecté par le bruit, dont la largeur va de 300 m en catégorie 1 à 10 m en catégorie 5, et impose un isolement de façade minimal aux constructions qui s'y implantent.

Quel isolement de façade est exigé dans un secteur affecté par le bruit ?

En méthode forfaitaire et pour une rue en U, l'arrêté du 30 mai 1996 fixe 45 dB en catégorie 1, 42 dB en catégorie 2, 38 dB en catégorie 3, 35 dB en catégorie 4 et 30 dB en catégorie 5. Ces valeurs sont réductibles pour les façades latérales et arrière et selon les masques, mais la valeur après correction ne peut jamais être inférieure à 30 dB.

Où consulter le classement sonore d'une parcelle ?

Le classement sonore est arrêté par le préfet et annexé au plan local d'urbanisme de la commune. Il est donc consultable en mairie ou sur le portail de l'urbanisme, ainsi que sur les sites des services de l'État du département, généralement avec une cartographie interactive.

Peut-on additionner des décibels arithmétiquement ?

Non. Les décibels sont une échelle logarithmique. Le cumul de deux sources s'écrit L = 10 × log10(10^(L1/10) + 10^(L2/10)). Deux sources de 45 dB(A) donnent 48 dB(A). Inversement, en champ libre, doubler la distance à une source ponctuelle fait perdre environ 6 dB.

Le résultat de ce calculateur a-t-il une valeur juridique ?

Non. Il permet d'anticiper une situation et de vérifier un ordre de grandeur en conception. La caractérisation d'une infraction ou la justification d'un isolement de façade suppose des mesures normalisées réalisées par un acousticien avec un matériel calibré, ou une étude acoustique établie sous sa responsabilité.

Glossaire technique

LAeq
Niveau de pression acoustique continu équivalent pondéré A sur une durée donnée, en dB(A). Grandeur de base de toutes les mesures réglementaires.
Bruit ambiant
Niveau mesuré pendant le fonctionnement de la source en cause, tous bruits confondus.
Bruit résiduel
Niveau mesuré en l'absence de la source en cause, les autres bruits habituels du lieu étant présents.
Émergence globale
Différence entre bruit ambiant et bruit résiduel, en dB(A). Critère des bruits de voisinage.
Émergence spectrale
Émergence évaluée par bandes d'octave normalisées, limitée à 7 dB sur 125 et 250 Hz et 5 dB sur 500, 1 000, 2 000 et 4 000 Hz.
Terme correctif
Majoration de la valeur limite d'émergence en fonction de la durée cumulée d'apparition du bruit particulier, de 6 dB(A) à 0 dB(A).
Période diurne / nocturne
7 h - 22 h et 22 h - 7 h au sens des bruits de voisinage. À ne pas confondre avec les périodes 6 h - 22 h et 22 h - 6 h du classement sonore des voies.
Secteur affecté par le bruit
Bande de terrain de part et d'autre d'une infrastructure classée, de 10 à 300 m selon la catégorie, dans laquelle un isolement de façade minimal s'impose aux constructions neuves.
DnT,A,tr
Isolement acoustique standardisé pondéré vis-à-vis d'un bruit de trafic routier, en dB. Indicateur de l'isolement de façade.
Rue en U
Configuration de tissu bâti continu de part et d'autre de la voie, pour laquelle l'arrêté du 30 mai 1996 donne directement l'isolement minimal par catégorie.
Tissu ouvert
Configuration sans continuité bâtie, pour laquelle l'isolement se détermine en fonction de la distance à l'infrastructure et des masques.
NRA
Réglementation acoustique des bâtiments d'habitation neufs, issue de l'arrêté du 30 juin 1999, qui fixe les exigences internes et l'isolement minimal de façade.

Sources et normes de référence

Calculateurs associés

Calcul isolement acoustique DnT,w

Calcul de l'isolement acoustique pondéré DnT,w + C in situ selon NF EN ISO 717-1 et arrêté NRA du 30 juin 1999. À partir de la masse surfacique des parois, des transmissions latérales et du type de cloison, l'outil estime l'affaiblissement entre logements et vérifie les seuils réglementaires (53 dB entre logements, 30 dB façade). Utilisé pour le diagnostic acoustique, la conception de logements collectifs et la rénovation BBC.

acoustic

Calcul niveaux sonores dBA — Addition décibels

Calcul des niveaux sonores en dB(A) selon les règles de l'acoustique du bâtiment et NF S 31-010. L'outil réalise la sommation logarithmique de plusieurs sources (équipements, trafic, voisinage) et l'atténuation par distance en champ libre (-6 dB par doublement). Permet d'évaluer l'exposition au bruit, dimensionner les écrans acoustiques et vérifier la conformité aux seuils d'émergence en zones d'habitat, ERP et locaux tertiaires.

acoustic

Calcul bruit d'impact L'nT,w — Isolation plancher

Calcul de l'isolement aux bruits d'impact des planchers selon NF EN ISO 717-2. Ce calculateur de niveaux de bruits de choc mesure in situ le niveau de pression acoustique des bruits d'impact (pas, chutes d'objets, machinery). Le niveau de bruit est exprimé en L'nT,w et comparé aux exigences réglementaires pour le logement collectif. L'acoustique des bruits d'impact est evaluates par rapport aux objectifs de confort. Utilisé pour la conformité BBCA, HQE et les certifications.

acoustic

Calcul absorption acoustique αw — Matériaux absorbants

Calcul du coefficient d'absorption acoustique pondéré des matériaux

acoustic

Calcul réverbération TR — Formule de Sabine

Calcul du temps de réverbération TR (Tr60) d'un local selon la formule de Sabine et NF S 31-080, norme ISO 354 pour l'acoustique des salles. Ce calcul du temps de reverberation prend en compte le volume de la salle, les surfaces absorbantes, la nature des parois (sol, plafond, murs, mobilier) et leur coefficient d'absorption α. À partir des ondes sonores émises par une source sonore et de la pression acoustique générée, l'outil détermine le TR nécessaire en secondes par bande d'octave et compare aux objectifs (0,4 à 1,2 s selon usage). Utilisé pour le traitement acoustique des bureaux, écoles, restaurants, salles de réunion et ERP recevant du public.

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