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acoustic 🔴 Avancé Premium 15 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul réverbération TR — Formule de Sabine

Calcul du temps de réverbération TR (Tr60) d'un local selon la formule de Sabine et NF S 31-080, norme ISO 354 pour l'acoustique des salles. Ce calcul du temps de reverberation prend en compte le volume de la salle, les surfaces absorbantes, la nature des parois (sol, plafond, murs, mobilier) et leur coefficient d'absorption α. À partir des ondes sonores émises par une source sonore et de la pression acoustique générée, l'outil détermine le TR nécessaire en secondes par bande d'octave et compare aux objectifs (0,4 à 1,2 s selon usage). Utilisé pour le traitement acoustique des bureaux, écoles, restaurants, salles de réunion et ERP recevant du public.

acoustique réverbération TR Sabine local traitement

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Formule utilisée

TR = 0.161 × V / A

Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Volume du local Volume du local
Surface des sols Surface des sols
Matériau du sol Matériau du sol
Surface des murs Surface des murs
Matériau des murs Matériau des murs
Surface du plafond Surface du plafond
Matériau du plafond Matériau du plafond

Comprendre cet outil

Les calculs acoustiques évaluent l'isolation des parois, le temps de réverbération et la performance vis-à-vis des bruits aériens, d'impact et d'équipements.

Calcul réverbération TR — Formule de Sabine permet une première estimation. La conformité à la NRA ou à la réglementation ERP se vérifie par mesures à réception ; les corrections après coup sont coûteuses, le traitement doit être pensé en conception.

Progineer et votre projet

Progineer intègre les exigences acoustiques dans la conception des parois et coordonne, si besoin, un bureau d'études acoustique spécialisé.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul réverbération TR — Formule de Sabine » ?

Calcul du temps de réverbération TR (Tr60) d'un local selon la formule de Sabine et NF S 31-080, norme ISO 354 pour l'acoustique des salles. Ce calcul du temps de reverberation prend en compte le volume de la salle, les surfaces absorbantes, la nature des parois (sol, plafond, murs, mobilier) et leur coefficient d'absorption α. À partir des ondes sonores émises par une source sonore et de la pression acoustique générée, l'outil détermine le TR nécessaire en secondes par bande d'octave et compare aux objectifs (0,4 à 1,2 s selon usage). Utilisé pour le traitement acoustique des bureaux, écoles, restaurants, salles de réunion et ERP recevant du public.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Le temps de réverbération est la durée que met le son à décroître de 60 décibels après l'arrêt de la source. C'est le paramètre le plus structurant du confort acoustique intérieur : il gouverne l'intelligibilité de la parole dans une salle de classe, la fatigue auditive dans un restaurant, la possibilité de tenir une réunion dans un espace ouvert. Il se calcule par la formule de Sabine, T = 0,161 × V / A, qui relie le volume du local à son aire d'absorption équivalente. Cette page détaille cette formule et l'origine de sa constante, sa variante d'Eyring pour les locaux fortement absorbants, des exemples chiffrés refaisables, les textes qui imposent des durées de réverbération et les limites d'un modèle qui suppose un champ sonore parfaitement diffus.

Méthode de calcul : formule de Sabine, variables et unités

Le calcul du temps de réverbération procède en deux temps que l'on ne doit jamais confondre : on établit d'abord l'aire d'absorption équivalente du local, qui est une propriété de ses parois et de son contenu ; on la combine ensuite avec le volume pour obtenir une durée. Un local peut être très absorbant et pourtant très réverbérant s'il est très grand, et inversement.

La formule T = 0,161 × V / A, variable par variable

T est la durée de réverbération, en secondes. Elle correspond conventionnellement au temps nécessaire pour que le niveau sonore décroisse de 60 dB après l'arrêt de la source, d'où la notation courante T60 ou RT60. V est le volume du local, en mètres cubes : c'est le volume intérieur réel, retranchement fait des volumes occupés par des éléments massifs, pas la surface au sol multipliée par une hauteur moyenne approximative. A est l'aire d'absorption équivalente du local, en mètres carrés, obtenue par A = Σ (Si × αi) augmentée de l'absorption des objets et des personnes.

La constante 0,161 s'exprime en secondes par mètre. Elle n'est pas empirique : elle vaut 24 × ln(10) / c, où c est la célérité du son dans l'air, de l'ordre de 343 m/s dans les conditions usuelles. Elle dépend donc légèrement de la température, ce qui n'a aucune conséquence pratique dans un bâtiment chauffé mais explique pourquoi certaines publications retiennent 0,163 ou 0,16.

La formule est inversible et c'est sous cette forme qu'elle est utile en conception : A = 0,161 × V / T donne directement l'aire d'absorption équivalente nécessaire pour atteindre un objectif. Elle montre aussi une propriété remarquable : à volume constant, diviser le temps de réverbération par deux revient exactement à doubler l'aire d'absorption équivalente.

Sabine ou Eyring : savoir quand la formule usuelle décroche

La formule de Sabine repose sur une hypothèse de faible absorption moyenne. Sa limite est immédiatement visible sur un cas extrême : un local dont toutes les parois seraient parfaitement absorbantes (α = 1) donnerait A = S et un temps de réverbération non nul, ce qui est physiquement absurde puisqu'aucune réflexion ne se produirait.

La formulation d'Eyring, également appelée Norris-Eyring, corrige ce défaut en remplaçant l'aire d'absorption par une expression logarithmique : T = 0,161 × V / (−S × ln(1 − ᾱ)), où S est la surface totale des parois en m² et ᾱ le coefficient d'absorption moyen, égal à A / S. Lorsque ᾱ tend vers 1, le dénominateur tend vers l'infini et T tend vers zéro, comme attendu.

Le critère de choix communément retenu est le suivant : tant que le coefficient d'absorption moyen reste faible, de l'ordre de 0,2 au plus, Sabine et Eyring donnent des résultats voisins à environ 10 % près et la formule de Sabine suffit largement. Au-delà, Sabine surestime systématiquement le temps de réverbération, et il faut lui préférer Eyring. C'est précisément le cas des locaux traités, c'est-à-dire de tous les projets où l'on cherche à descendre à 0,4 ou 0,5 seconde : le calcul de Sabine y devient optimiste sur le résultat, donc trompeur sur la quantité de traitement à prévoir.

Ce que mesure réellement un acousticien : T20 et T30

En pratique, on ne mesure jamais une décroissance de 60 dB : le bruit de fond d'un local occupé ou d'un bâtiment en fonctionnement ne le permet pas. L'ISO 3382-2, qui traite du mesurage de la durée de réverbération dans les salles ordinaires — bureaux, salles de classe, salles de réunion —, définit deux grandeurs extrapolées.

T20 est déduit de la portion de courbe de décroissance comprise entre 5 dB et 25 dB sous le niveau initial, soit 20 dB de décroissance, dont le résultat est multiplié par trois pour être ramené à 60 dB. T30 est déduit de la portion comprise entre 5 dB et 35 dB, soit 30 dB de décroissance, multipliée par deux. Le point de départ à −5 dB permet d'écarter la contribution du champ direct, encore prépondérante juste après l'arrêt de la source.

L'ISO 3382-2 distingue trois niveaux de précision — contrôle, ingénierie et précision — qui se différencient essentiellement par le nombre de positions de mesure. Elle impose également de restituer les résultats par bandes d'octave, au minimum de 125 Hz à 4 000 Hz. Un rapport qui n'annonce qu'une valeur unique sans indiquer ni la bande ni la méthode d'extrapolation n'est pas exploitable en conception.

L'absorption de l'air : négligeable en petit volume, décisive en grand

Aux fréquences élevées, l'air lui-même dissipe une part non négligeable de l'énergie sonore, d'autant plus que le trajet parcouru est long et que l'air est sec. Cette dissipation s'ajoute à l'absorption des parois et se traduit par un terme correctif de la forme 4 × m × V, où m est un coefficient d'atténuation de l'air en m⁻¹ dépendant de la fréquence, de la température et de l'humidité relative.

Ce terme est parfaitement négligeable dans une salle de classe ou un bureau. Il devient significatif dans les grands volumes — halls, gymnases, salles de spectacle, ateliers de grande hauteur — et aux fréquences supérieures à 2 000 Hz. L'ignorer conduit alors à surestimer le temps de réverbération calculé, et donc à surdimensionner le traitement acoustique.

Enchaînement complet de la méthode

  • 1. Déterminer le volume intérieur réel V du local, en m³.
  • 2. Relever la surface de chaque paroi et son revêtement : sol, plafond, murs, vitrages, portes.
  • 3. Affecter à chaque surface son coefficient d'absorption par bande d'octave, issu du rapport d'essai du produit et pour le montage correspondant à la mise en œuvre.
  • 4. Ajouter l'absorption des objets et des occupants lorsqu'elle est significative (mobilier rembourré, rayonnages, public).
  • 5. Calculer A = Σ (Si × αi) + Σ Aj, bande d'octave par bande d'octave.
  • 6. Calculer T = 0,161 × V / A, et vérifier le coefficient d'absorption moyen ᾱ = A / S.
  • 7. Si ᾱ dépasse environ 0,2, refaire le calcul avec la formulation d'Eyring : T = 0,161 × V / (−S × ln(1 − ᾱ)).
  • 8. Comparer aux objectifs applicables (texte réglementaire pour un établissement d'enseignement, norme de performance pour un bureau, cahier des charges du maître d'ouvrage sinon).
  • 9. En cas d'écart, calculer l'aire d'absorption manquante et la convertir en surface de traitement.

Exemples chiffrés complets et vérifiables

Les coefficients d'absorption utilisés ci-dessous sont des hypothèses de calcul explicites, retenues à 500 Hz. Sur un projet réel, ils doivent être remplacés par les valeurs d'essai des revêtements prescrits, bande d'octave par bande d'octave.

Exemple 1 — Salle de classe brute puis traitée

Hypothèses : salle de 60 m² au sol, hauteur 3,00 m, soit V = 60 × 3,00 = 180 m³. Surfaces : sol 60 m², plafond 60 m², murs 90 m². État initial : sol carrelé α = 0,02 ; plafond béton nu α = 0,02 ; murs plâtre peint α = 0,03.

Étape 1 — Absorption du sol : 60 × 0,02 = 1,2 m².

Étape 2 — Absorption du plafond : 60 × 0,02 = 1,2 m².

Étape 3 — Absorption des murs : 90 × 0,03 = 2,7 m².

Étape 4 — Aire d'absorption équivalente : A = 1,2 + 1,2 + 2,7 = 5,1 m².

Étape 5 — Temps de réverbération : T = 0,161 × 180 / 5,1 = 28,98 / 5,1 = 5,68 s.

On installe un faux-plafond absorbant de α = 0,85 sur la totalité des 60 m² : l'absorption du plafond passe de 1,2 à 60 × 0,85 = 51,0 m². Nouvelle aire d'absorption : A = 1,2 + 51,0 + 2,7 = 54,9 m². Nouveau temps de réverbération : T = 28,98 / 54,9 = 0,53 s.

Lecture du résultat : le local nu est inutilisable pour l'enseignement — la parole y devient inintelligible bien avant la fin de la phrase. Le traitement d'une seule surface, la plus grande et la moins absorbante, ramène la valeur dans la plage couramment visée pour un local d'enseignement de volume modéré. Le calcul brut de 5,68 s est volontairement dépouillé : dans un local réel, portes, vitrages, mobilier et occupants apportent une absorption supplémentaire qui abaisse cette valeur.

Exemple 2 — Vérifier l'écart entre Sabine et Eyring sur le local traité

Hypothèses : on reprend la salle traitée de l'exemple 1. Surface totale des parois S = 60 + 60 + 90 = 210 m². Aire d'absorption équivalente A = 54,9 m².

Étape 1 — Coefficient d'absorption moyen : ᾱ = A / S = 54,9 / 210 = 0,261.

Étape 2 — Ce coefficient dépasse le seuil indicatif de 0,2 : la formule de Sabine n'est plus dans son domaine de confort.

Étape 3 — Calcul d'Eyring : 1 − ᾱ = 0,739 ; ln(0,739) = −0,3025 ; −S × ln(1 − ᾱ) = −210 × (−0,3025) = 63,52.

Étape 4 — Durée d'Eyring : T = 28,98 / 63,52 = 0,46 s.

Étape 5 — Comparaison : Sabine donnait 0,53 s, Eyring donne 0,46 s, soit environ 15 % d'écart.

Lecture du résultat : ici l'écart joue en faveur du projet, puisque Eyring annonce un local plus mat que prévu. Mais le sens de l'erreur est toujours le même : Sabine surestime T dès que le local est absorbant. Sur un projet où l'objectif est serré, cet écart de 15 % peut faire basculer une conclusion de conformité, dans un sens comme dans l'autre selon que l'objectif est un maximum ou une plage.

Exemple 3 — Du temps de réverbération cible à la surface d'absorbant

Hypothèses : salle de réunion de 40 m² au sol et 3,00 m de hauteur, soit V = 120 m³. Aire d'absorption existante estimée à 12,0 m². Objectif retenu par le maître d'ouvrage : T = 0,60 s.

Étape 1 — Situation actuelle : T = 0,161 × 120 / 12,0 = 19,32 / 12,0 = 1,61 s.

Étape 2 — Aire d'absorption cible : A_cible = 19,32 / 0,60 = 32,2 m².

Étape 3 — Déficit : ΔA = 32,2 − 12,0 = 20,2 m².

Étape 4 — Traduction en surface, avec un absorbant de α = 0,80 posé sur un plafond dont le coefficient actuel vaut 0,05 : chaque mètre carré traité apporte un gain net de 0,80 − 0,05 = 0,75. Il faut donc S = 20,2 / 0,75 = 26,9 m², soit environ 27 m² de plafond absorbant.

Étape 5 — Vérification : après traitement, A = 12,0 − 27 × 0,05 + 27 × 0,80 = 12,0 − 1,35 + 21,6 = 32,25 m², d'où T = 19,32 / 32,25 = 0,60 s. L'objectif est atteint.

Lecture du résultat : sur une salle de 40 m² au sol, l'objectif suppose de traiter environ les deux tiers du plafond. C'est une information de conception directement exploitable : elle permet de savoir, dès l'esquisse, si l'objectif est compatible avec les contraintes de plafond — éclairage, ventilation, protection incendie — ou s'il faudra reporter une partie du traitement sur les murs.

Le cadre réglementaire et normatif qui impose ce calcul

Le temps de réverbération n'est pas réglementé partout. Il l'est dans les bâtiments où l'intelligibilité de la parole conditionne l'usage, et il fait l'objet de normes de performance volontaires ailleurs. Savoir sur quel registre on se trouve — obligation légale ou engagement contractuel — est la première question à trancher.

Établissements d'enseignement : une exigence réglementaire chiffrée

L'article 5 de l'arrêté du 25 avril 2003 relatif à la limitation du bruit dans les établissements d'enseignement impose des durées de réverbération à respecter, données par un tableau distinguant la nature du local et son volume. Les valeurs correspondent à la moyenne arithmétique des durées de réverbération mesurées dans les bandes d'octave centrées sur 500, 1 000 et 2 000 Hz, pour des locaux normalement meublés et inoccupés.

L'article 6 du même arrêté complète ce dispositif par une exigence d'absorption pour les circulations horizontales, les halls de faible volume et les préaux, à hauteur d'au moins la moitié de la surface au sol des locaux considérés.

Le tableau de l'article 5 a été publié au Journal officiel du 28 mai 2003 et n'est pas reproduit intégralement dans les versions en ligne du texte. Les valeurs applicables à un projet doivent donc être vérifiées dans la publication officielle, local par local. À titre d'ordre de grandeur couramment retenu par la profession, les locaux d'enseignement, de musique, de restauration et polyvalents de volume modéré visent une plage de l'ordre de 0,4 à 0,8 seconde, les locaux de grand volume une plage plus longue ; ces indications ne remplacent pas la lecture du tableau réglementaire.

Bureaux : des normes de performance, pas une réglementation

Pour les bureaux, le cadre est normatif et volontaire, non réglementaire. La norme NF S 31-080, publiée en 2006, définit des niveaux et critères de performance acoustique par type d'espace — bureau individuel, bureau collectif, espace ouvert, salle de réunion, espace de détente, restaurant, circulation — et distingue trois niveaux de confort acoustique : courant, performant et très performant. Elle est conçue comme un cadre de dialogue et d'engagement entre les intervenants d'un projet, mobilisable dans un programme et dans un marché.

La norme NF S 31-199 traite spécifiquement des performances acoustiques des espaces ouverts de bureaux, dont la problématique n'est pas seulement la réverbération mais la décroissance sonore spatiale et la distance de confidentialité.

Conséquence pratique : dans un bureau, un objectif de temps de réverbération n'a de valeur que s'il a été inscrit au programme puis reporté dans les pièces écrites du marché. Sans cela, aucune exigence n'est opposable à l'entreprise, quelle que soit la gêne constatée à la livraison.

Logement et locaux de travail : deux régimes particuliers

Dans le logement, l'arrêté du 30 juin 1999 ne fixe pas de durée de réverbération à l'intérieur des logements. Il impose en revanche, à son article 3, que l'aire d'absorption équivalente des revêtements des circulations communes représente au moins le quart de la surface au sol — c'est une exigence d'absorption, non de réverbération, mais elle procède de la même logique.

Dans les locaux de travail bruyants, le code du travail impose aux articles R. 4213-5 et R. 4213-6 de réduire la réverbération lorsqu'elle provoque une augmentation notable du niveau d'exposition sonore des travailleurs, les prescriptions techniques et la méthode de mesure étant fixées par l'arrêté du 30 août 1990 relatif à la correction acoustique des locaux de travail. Il faut noter que le critère y est exprimé en termes de décroissance sonore et d'exposition, et non de temps de réverbération : les deux approches se rejoignent physiquement mais ne se substituent pas l'une à l'autre dans une justification.

Les normes de mesure

  • ISO 3382-2 — Mesurage des paramètres acoustiques des salles, partie 2 : durée de réverbération des salles ordinaires. Définit T20 et T30, les trois niveaux de précision et les bandes d'octave à restituer.
  • ISO 3382-1 — Mesurage des paramètres acoustiques des salles, partie 1 : salles de spectacle. Utilisée lorsque l'usage relève de l'écoute musicale ou théâtrale.
  • NF EN ISO 354 — Mesurage de l'absorption acoustique en salle réverbérante, source des coefficients α utilisés dans le calcul de A.
  • ISO 11654 — Évaluation de l'absorption acoustique des absorbants pour le bâtiment (αp, αw, classes A à E).
  • NF S 31-080 — Bureaux et espaces associés : niveaux et critères de performances acoustiques par type d'espace.
  • Arrêté du 25 avril 2003 relatif à la limitation du bruit dans les établissements d'enseignement — articles 5 et 6.

Limites et hypothèses de la formule de Sabine

La formule est simple, robuste et suffisante dans la grande majorité des cas de conception courante. Ses limites doivent néanmoins être connues, parce qu'elles se manifestent précisément dans les locaux difficiles.

  • Hypothèse de champ diffus. La formule suppose une énergie sonore uniformément répartie frappant les parois sous toutes les incidences. Un local très allongé, très plat, en L, ou dont l'absorption est concentrée sur une seule face ne vérifie pas cette hypothèse et la valeur calculée s'écarte de la mesure.
  • Absorption modérée. Au-delà d'un coefficient d'absorption moyen de l'ordre de 0,2, Sabine surestime systématiquement T. La formulation d'Eyring doit alors prendre le relais.
  • Répartition du traitement. Deux projets de même aire d'absorption équivalente mais de répartition différente donnent le même T calculé et un confort ressenti différent. Le calcul global ne dit rien de la géométrie des réflexions.
  • Basses fréquences et modes propres. En dessous de la fréquence de Schroeder d'un local, le champ sonore n'est plus statistique mais modal : la notion même de temps de réverbération perd de sa pertinence dans les petits volumes.
  • Absorption de l'air. Négligée dans la formule de base, elle devient significative dans les grands volumes et au-dessus de 2 000 Hz, où son omission conduit à surestimer T.
  • Locaux couplés. Un volume ouvert sur un autre par une large baie ou une mezzanine ne se traite pas comme un volume unique : la décroissance présente alors deux pentes et T n'est plus défini de façon univoque.
  • Occupation. Les occupants, leurs vêtements et le mobilier rembourré absorbent fortement. Un restaurant ou une salle de classe calculés vides peuvent être très différents une fois occupés — ce qui est aussi la raison pour laquelle la réglementation impose de mesurer les locaux meublés et inoccupés, condition reproductible.
  • Dépendance en fréquence. Il n'existe pas un temps de réverbération mais un spectre. Un local peut être correct à 1 000 Hz et bourdonner à 125 Hz, ce qu'une valeur unique masque complètement.
  • Intelligibilité. T n'est qu'un indicateur indirect de l'intelligibilité de la parole. Lorsque l'enjeu est l'intelligibilité elle-même, ce sont des indices dédiés qui font foi, mesurés selon les normes correspondantes.

Erreurs fréquentes dans le calcul du temps de réverbération

  • Calculer T à une seule fréquence et conclure sur le confort du local, alors que les objectifs réglementaires portent sur une moyenne à 500, 1 000 et 2 000 Hz et que le problème peut être ailleurs.
  • Utiliser Sabine sur un local fortement traité, où elle surestime T de 10 à 20 %, au lieu de basculer sur Eyring.
  • Prendre le volume comme surface au sol multipliée par une hauteur moyenne dans un local à plafond incliné, sous-comble ou à retombées, ce qui fausse directement le résultat.
  • Oublier l'absorption des occupants et du mobilier dans un local dense (salle de classe, restaurant, amphithéâtre).
  • Utiliser un coefficient d'absorption obtenu dans un montage d'essai différent de la mise en œuvre réelle, en particulier ignorer l'effet du plénum derrière un faux-plafond.
  • Confondre l'exigence réglementaire d'un établissement d'enseignement avec un objectif de confort de bureau : le premier est opposable, le second ne l'est que s'il figure au marché.
  • Traiter uniquement le plafond dans un local très haut où les réflexions dominantes sont horizontales, entre murs parallèles.
  • Conclure de la seule valeur de T que la parole sera intelligible, sans tenir compte du bruit de fond, qui pèse au moins autant.
  • Comparer une valeur mesurée en T20 à un objectif de conception établi par calcul sans vérifier la méthode d'extrapolation et les bandes de fréquence retenues.
  • Prescrire un objectif de temps de réverbération sans préciser l'état du local (meublé, inoccupé) ni les bandes de fréquence : la vérification devient alors indiscutable dans les deux sens.

Temps de réverbération et projet de maîtrise d'œuvre

Un local trop réverbérant n'est pas un défaut esthétique : c'est un local dans lequel on ne peut pas travailler, apprendre ou se restaurer sans fatigue. Et c'est un défaut qui se corrige mal après coup, non pas parce qu'il est techniquement difficile à traiter, mais parce que le plafond est alors déjà occupé par l'éclairage, la ventilation, le désenfumage et la protection incendie. La quantité d'absorbant nécessaire, calculée dès l'esquisse, est donc une donnée d'entrée de la conception du plafond, pas un correctif de fin de chantier.

Progineer intervient comme maître d'œuvre sur cette chaîne : fixation d'un objectif d'usage réaliste et de son mode de vérification, calcul de l'aire d'absorption nécessaire et arbitrage de sa répartition entre plafond et parois, coordination avec les lots techniques qui se disputent le plafond, rédaction de prescriptions chiffrées et opposables — coefficients par bande d'octave, montage imposé, justification par rapport d'essai —, puis contrôle à la réception. Sur les projets scolaires, tertiaires et de restauration en Provence-Alpes-Côte d'Azur comme en Auvergne-Rhône-Alpes, c'est l'un des rares postes dont la qualité se juge dès la première minute d'occupation.

FAQ technique — Temps de réverbération et formule de Sabine

Comment calcule-t-on le temps de réverbération d'une salle ?

Par la formule de Sabine T = 0,161 × V / A, où T est en secondes, V le volume du local en m³ et A l'aire d'absorption équivalente en m². A s'obtient en multipliant chaque surface par son coefficient d'absorption et en additionnant. Une salle de 180 m³ ayant 54,9 m² d'absorption donne T = 0,161 × 180 / 54,9 = 0,53 s.

D'où vient la constante 0,161 ?

Elle vaut 24 × ln(10) / c, où c est la célérité du son dans l'air, de l'ordre de 343 m/s. Elle s'exprime en secondes par mètre et dépend légèrement de la température, ce qui explique que certaines publications retiennent 0,16 ou 0,163. L'écart est sans conséquence pratique dans un bâtiment.

Quand faut-il utiliser la formule d'Eyring plutôt que celle de Sabine ?

Dès que le coefficient d'absorption moyen du local, ᾱ = A / S, dépasse environ 0,2. En dessous, Sabine et Eyring concordent à environ 10 % près. Au-dessus, Sabine surestime systématiquement le temps de réverbération. La formulation d'Eyring s'écrit T = 0,161 × V / (−S × ln(1 − ᾱ)).

Quel temps de réverbération viser selon l'usage ?

Cela dépend du régime applicable. Dans un établissement d'enseignement, la valeur est imposée par le tableau de l'article 5 de l'arrêté du 25 avril 2003, selon la nature et le volume du local. Dans un bureau, l'objectif relève de la norme NF S 31-080 et n'est opposable que s'il a été inscrit au programme puis au marché. Ailleurs, c'est un objectif contractuel à fixer avec le maître d'ouvrage.

Comment réduire de moitié le temps de réverbération ?

En doublant l'aire d'absorption équivalente. C'est une conséquence directe de la formule : à volume constant, T est inversement proportionnel à A. La surface d'absorbant correspondante se calcule en divisant le déficit d'absorption par l'écart entre le coefficient du nouveau revêtement et celui de la surface qu'il recouvre.

Que signifient T20 et T30 ?

Ce sont les temps de réverbération extrapolés définis par l'ISO 3382-2. T20 est déduit de la décroissance entre −5 dB et −25 dB, multipliée par trois. T30 est déduit de la décroissance entre −5 dB et −35 dB, multipliée par deux. On procède ainsi parce que le bruit de fond d'un local réel ne permet presque jamais d'observer une décroissance complète de 60 dB.

Faut-il calculer le local vide ou occupé ?

Les exigences réglementaires des établissements d'enseignement s'apprécient sur des locaux normalement meublés et inoccupés, parce que c'est la seule condition reproductible d'un contrôle à l'autre. En conception, il est utile de calculer les deux : l'écart entre local vide et local occupé peut être important dans une salle de classe ou un restaurant.

Un temps de réverbération conforme garantit-il l'intelligibilité de la parole ?

Non. L'intelligibilité dépend aussi du bruit de fond, de la distance à l'orateur, de la géométrie des premières réflexions et du spectre de la réverbération. T est un indicateur nécessaire mais pas suffisant. Lorsque l'enjeu est l'intelligibilité elle-même, ce sont des indices dédiés, mesurés selon les normes correspondantes, qui font foi.

Le résultat de ce calculateur a-t-il une valeur réglementaire ?

Non. Il applique la formule de Sabine aux données saisies et fournit un ordre de grandeur de pré-dimensionnement. La justification d'une exigence réglementaire suppose un calcul par bandes d'octave avec les coefficients réels des produits prescrits, établi sous la responsabilité d'un acousticien, puis vérifié par mesure selon l'ISO 3382-2.

Glossaire technique

T60 — temps de réverbération
Durée nécessaire pour que le niveau sonore décroisse de 60 dB après l'arrêt de la source, en secondes. Notée aussi TR ou RT60.
Formule de Sabine
T = 0,161 × V / A. Relation entre volume, aire d'absorption équivalente et temps de réverbération, valable en champ diffus et à absorption modérée.
Formule d'Eyring (Norris-Eyring)
T = 0,161 × V / (−S × ln(1 − ᾱ)). Correction de Sabine pour les locaux fortement absorbants, exacte à la limite ᾱ = 1.
A — aire d'absorption équivalente
Somme des produits surface × coefficient d'absorption, augmentée de l'absorption des objets et des occupants, en m².
ᾱ — coefficient d'absorption moyen
Rapport A / S de l'aire d'absorption équivalente à la surface totale des parois. Critère de choix entre Sabine et Eyring.
T20 / T30
Temps de réverbération extrapolés à partir d'une décroissance de 20 ou 30 dB, définis par l'ISO 3382-2, le point de départ étant fixé à −5 dB sous le niveau initial.
Champ diffus
Hypothèse d'un champ sonore d'énergie uniforme frappant les parois sous toutes les incidences. Elle fonde la formule de Sabine.
Fréquence de Schroeder
Fréquence en dessous de laquelle le champ sonore d'un local n'est plus statistique mais modal, ce qui limite la pertinence de la notion de temps de réverbération.
Absorption de l'air
Dissipation de l'énergie sonore par l'air lui-même, significative dans les grands volumes et au-dessus de 2 000 Hz. Prise en compte par un terme correctif proportionnel au volume.
Locaux couplés
Volumes reliés par une large ouverture, dont la décroissance présente deux pentes distinctes et pour lesquels un temps de réverbération unique n'a pas de sens.
NF S 31-080
Norme française définissant des niveaux et critères de performance acoustique par type d'espace de bureau, avec trois niveaux : courant, performant et très performant.

Sources et normes de référence

Calculateurs associés

Calcul isolement acoustique DnT,w

Calcul de l'isolement acoustique pondéré DnT,w + C in situ selon NF EN ISO 717-1 et arrêté NRA du 30 juin 1999. À partir de la masse surfacique des parois, des transmissions latérales et du type de cloison, l'outil estime l'affaiblissement entre logements et vérifie les seuils réglementaires (53 dB entre logements, 30 dB façade). Utilisé pour le diagnostic acoustique, la conception de logements collectifs et la rénovation BBC.

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Calcul absorption acoustique αw — Matériaux absorbants

Calcul du coefficient d'absorption acoustique pondéré des matériaux

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Calcul bruit d'impact L'nT,w — Isolation plancher

Calcul de l'isolement aux bruits d'impact des planchers selon NF EN ISO 717-2. Ce calculateur de niveaux de bruits de choc mesure in situ le niveau de pression acoustique des bruits d'impact (pas, chutes d'objets, machinery). Le niveau de bruit est exprimé en L'nT,w et comparé aux exigences réglementaires pour le logement collectif. L'acoustique des bruits d'impact est evaluates par rapport aux objectifs de confort. Utilisé pour la conformité BBCA, HQE et les certifications.

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Calcul niveaux sonores dBA — Addition décibels

Calcul des niveaux sonores en dB(A) selon les règles de l'acoustique du bâtiment et NF S 31-010. L'outil réalise la sommation logarithmique de plusieurs sources (équipements, trafic, voisinage) et l'atténuation par distance en champ libre (-6 dB par doublement). Permet d'évaluer l'exposition au bruit, dimensionner les écrans acoustiques et vérifier la conformité aux seuils d'émergence en zones d'habitat, ERP et locaux tertiaires.

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Calcul acoustique urbanisme — Nuisances sonores

Calcul des nuisances sonores en milieu urbain selon le décret bruit de voisinage du 31 août 2006 et l'arrêté du 23 juillet 2013. À partir du niveau ambiant et du niveau résiduel mesurés en période diurne ou nocturne, l'outil calcule l'émergence globale et spectrale et vérifie les seuils (5 dB(A) jour, 3 dB(A) nuit). Utilisé pour les études d'impact, demandes d'urbanisme et diagnostics avant aménagement de bureaux ou logements.

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Thématiques associées

Notre expertise couvre également ces thématiques connexes, sur lesquelles nous accompagnons régulièrement nos clients :

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