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eurocodes 🔴 Avancé 10 min Mis à jour le 15 février 2024

Combinaisons d'actions EC0

Calcul des combinaisons d'actions selon Eurocode 0 pour États Limites Ultimes et de Service

Eurocode 0 EC0 combinaisons ELU ELS actions charges
kN/m²
kN/m²
kN/m²
kN/m²

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Formule utilisée

ELU: 1.35G + 1.5Q₁ + 1.5×0.7Qᵢ + 1.5×0.6W

Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Charges permanentes (G) kN/m² Charges permanentes (G)
Charges d'exploitation (Q) kN/m² Charges d'exploitation (Q)
Action du vent (W) kN/m² Action du vent (W)
Charge de neige (S) kN/m² Charge de neige (S)

Comprendre cet outil

Les Eurocodes (EN 1990 à EN 1999) constituent le référentiel européen de dimensionnement des structures : actions, béton, acier, bois, géotechnique et parasismique.

Combinaisons d'actions EC0 donne une approche dimensionnelle de premier ordre. Tout ouvrage doit être validé par un calcul complet d'un bureau d'études structure intégrant combinaisons d'actions, hypothèses de sol et zone sismique.

Progineer et votre projet

Progineer coordonne le bureau d'études structure et veille à la cohérence du dimensionnement avec les contraintes du site, en particulier sur le littoral PACA classé en zone sismique active.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Combinaisons d'actions EC0 » ?

Calcul des combinaisons d'actions selon Eurocode 0 pour États Limites Ultimes et de Service

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Combiner des actions, c’est décider quelles charges agissent en même temps, et avec quelle intensité. La NF EN 1990 — l’Eurocode 0, indice de classement P 06-100-1 — pose ce cadre pour toutes les structures : elle classe les actions, définit leurs valeurs représentatives, énumère les états limites et fixe le format des combinaisons en section 6, son Annexe A1 (normative) les appliquant aux bâtiments. Une distinction structure toute cette page : la norme européenne fixe la forme des combinaisons, mais les valeurs des coefficients partiels γ et des coefficients de combinaison ψ sont des paramètres déterminés au niveau national, arrêtés par l’annexe nationale française. Dans l’exemplaire de la NF EN 1990 (mars 2003) que nous avons ouvert, les Tableaux A1.1 à A1.4 qui portent ces valeurs sont des images non exploitables : nous ne publions donc aucun γ ni aucun ψ. Ce calculateur est un outil de prédimensionnement ; il ne remplace pas la note de calcul d’un bureau d’études structure.

Méthode et formules : ce que l’Eurocode 0 combine, avec quelles variables

L’Eurocode 0 ne dimensionne rien : il organise. Sa logique tient en quatre temps — classer les actions selon leur variation dans le temps, leur attribuer des valeurs représentatives, choisir l’état limite à vérifier, appliquer le format de combinaison correspondant. Les sollicitations restituées par un calculateur (moments, efforts tranchants, réactions) sont des effets d’actions notés E : c’est la combinaison, et non l’action isolée, qui produit la valeur de calcul Ed opposée à une résistance Rd.

La clause 6.4.4(1) est explicite sur la répartition des rôles : elle renvoie les valeurs de γ et ψ à l’EN 1991 et à l’Annexe A, sans les donner dans le corps de la section 6. C’est cette architecture en deux étages — méthode européenne, valeurs nationales — qu’il faut avoir en tête avant toute lecture d’un résultat.

Classer les actions : G, Q, A

La clause 4.1.1(1)P classe les actions selon leur variation dans le temps. Les actions permanentes G couvrent le poids propre, les équipements fixes, les revêtements et les actions indirectes dues au retrait ou aux tassements différentiels ; les actions variables Q, les charges d’exploitation des planchers, poutres et toits, le vent et la neige ; les actions accidentelles A, par exemple les explosions ou les chocs de véhicules. Son alinéa (2) prévient d’un point qui surprend : les actions sismiques et les charges de neige peuvent être considérées comme accidentelles et/ou variables selon le lieu.

La clause 4.1.1(4)P ajoute trois axes : origine directe ou indirecte, variation spatiale fixe ou libre, réponse statique ou dynamique. Une charge d’exploitation est une action variable libre : sa position n’est pas figée, ce qui oblige à balayer plusieurs cas de charge sur une poutre continue plutôt qu’à charger toutes les travées à la fois.

Les valeurs représentatives : Gk, Gk,sup, Gk,inf, puis ψ0, ψ1, ψ2

La clause 4.1.2(2)P distingue deux cas pour une action permanente : si la variabilité de G est faible, une valeur unique Gk suffit ; sinon deux valeurs doivent être utilisées, Gk,sup et Gk,inf, définies par la clause 4.1.2(4) comme les fractiles 95 % et 5 % d’une distribution supposée gaussienne. La clause 6.4.3.1(4)P généralise : si le résultat d’une vérification est très sensible à la variation d’une action permanente d’un point à un autre, ses parties favorables et défavorables doivent être traitées comme des actions individuelles.

Pour une action variable, la clause 4.1.3(1)P dérive trois valeurs de Qk : la valeur de combinaison ψ0 Qk, pour les états limites ultimes et les états limites de service irréversibles ; la valeur fréquente ψ1 Qk, pour les états limites ultimes impliquant des actions accidentelles et les états limites de service réversibles ; la valeur quasi-permanente ψ2 Qk, pour les mêmes familles avec une lecture à long terme.

Ces coefficients ont un contenu probabiliste : la note 1 de la clause 4.1.3 indique que, pour les bâtiments, la valeur fréquente est choisie de sorte que le temps de dépassement corresponde à 0,01 de la durée de référence. La note 2 de la clause 4.1.2(7)P rappelle que la valeur caractéristique des actions climatiques repose sur une probabilité de 0,02 de dépassement en un an, soit une période moyenne de retour de 50 ans. Leurs valeurs sont renvoyées au Tableau A1.1 par la clause A1.2.2(1) : nous ne les publions pas.

Les quatre états limites ultimes : EQU, STR, GEO, FAT

La clause 6.4.1(1)P les énumère. EQU : perte d’équilibre statique de la structure considérée comme un corps rigide, lorsque des variations mineures de la valeur ou de la distribution spatiale d’actions d’une source unique sont significatives. STR : défaillance interne ou déformation excessive de la structure ou d’éléments structuraux, semelles, pieux et murs de soubassement compris, lorsque la résistance des matériaux domine. GEO : défaillance ou déformation excessive du sol. FAT : défaillance par fatigue, renvoyée aux EN 1992 à EN 1999.

À chaque famille son format : la clause 6.4.2(1)P donne l’expression (6.7) pour l’équilibre statique, Ed,dst ≤ Ed,stb, et la clause 6.4.2(3)P l’expression (6.8) pour la rupture ou la déformation excessive, Ed ≤ Rd. Sa note 2 pose une limite importante : l’expression (6.8) ne couvre pas tous les formats de vérification du flambement, lorsque les effets du second ordre ne peuvent pas être limités par la réponse structurale.

Les formats de combinaison, expression par expression

Pour les situations durables ou transitoires, dites combinaisons fondamentales, la clause 6.4.3.2 pose le format général en expression (6.9a), puis la construction en expression (6.9b) à partir de la valeur de calcul de l’action variable dominante et des valeurs de combinaison des actions d’accompagnement. Son alinéa (3) ouvre deux voies : l’expression (6.10), ou, pour les seuls états limites STR et GEO, la plus défavorable des expressions (6.10a) et (6.10b). La norme y précise que « + » signifie « doit être combiné à », que Σ signifie « l’effet combiné de » et que ξ est un coefficient de réduction pour les actions permanentes défavorables G.

Les situations accidentelles relèvent des expressions (6.11a) et (6.11b) ; la clause 6.4.3.3(3) impose de choisir entre ψ1,1 Qk,1 et ψ2,1 Qk,1 selon la situation — choc, incendie, ou survie après un événement accidentel — et son alinéa (4) précise que la combinaison inclut soit une action accidentelle explicite Ad, soit une situation faisant suite à un événement avec A = 0. Les situations sismiques relèvent des expressions (6.12a) et (6.12b).

Aux états limites de service, la clause 6.5.3(2) définit trois combinaisons : caractéristique, expressions (6.14a) et (6.14b), pour les états limites irréversibles ; fréquente, expressions (6.15a) et (6.15b), pour les réversibles ; quasi-permanente, expressions (6.16a) et (6.16b), pour les effets à long terme et l’aspect de la structure. La note qui les introduit est décisive : tous les coefficients partiels y sont supposés égaux à 1, ce que confirment la clause 6.5.4(1) pour γM et la clause A1.4.1(1) pour les actions.

Enchaînement complet de la méthode

  • 1. Inventorier les actions et les classer en G, Q et A (clause 4.1.1(1)P), actions indirectes comprises.
  • 2. Fixer Gk et Qk, en dédoublant en Gk,sup et Gk,inf lorsque la clause 4.1.2(2)P l’impose.
  • 3. Identifier les états limites concernés (clause 6.4.1(1)P) et retenir pour chacun le tableau de valeurs de calcul désigné par la clause A1.3.1.
  • 4. Choisir l’action variable dominante de chaque combinaison (clause 6.4.3.1(2)), puis balayer les hypothèses de dominance.
  • 5. Écarter les actions qui ne peuvent pas exister simultanément (clause A1.2.1(1)).
  • 6. Écrire les combinaisons selon les expressions (6.9a) à (6.12b) aux états limites ultimes et (6.14a) à (6.16b) aux états limites de service (clauses A1.2.1(2) et (3)).
  • 7. Lire dans l’annexe nationale les valeurs de γ et ψ et l’approche retenue pour STR et GEO avec actions géotechniques.
  • 8. Vérifier Ed ≤ Rd (STR, GEO), Ed,dst ≤ Ed,stb (EQU) et Ed ≤ Cd en service (expression 6.13).
  • 9. Faire reprendre l’ensemble par un bureau d’études structure, qui engage la note de calcul.

Trois exemples chiffrés, entièrement vérifiables

Ces exemples ne publient aucune valeur normative. Les charges y sont posées explicitement comme des hypothèses arbitraires et les coefficients partiels restent notés γG, γQ et ψ. L’objectif est que l’arithmétique soit reproductible ligne à ligne, pas de fournir un résultat transposable sur un projet.

Exemple 1 — Poutre de plancher, du mètre carré à la combinaison

Hypothèses de travail, sans valeur réglementaire : gk = 5,0 kN/m², qk = 2,5 kN/m², portée L = 6,00 m, largeur d’influence b = 3,50 m. Charges linéiques : gk,lin = 5,0 × 3,50 = 17,5 kN/m ; qk,lin = 2,5 × 3,50 = 8,75 kN/m.

Combinaison caractéristique de service, expression (6.14b), coefficients partiels égaux à 1 par la clause A1.4.1(1) : p = 17,5 + 8,75 = 26,25 kN/m. Sur poutre isostatique uniformément chargée, M = p L² / 8 = 26,25 × 36 / 8 = 118,13 kN.m et V = p L / 2 = 26,25 × 6,00 / 2 = 78,75 kN.

Combinaison fondamentale, format de l’expression (6.10) avec une seule action variable : p_ELU = γG × 17,5 + γQ × 8,75, soit un rapport p_ELU / p_ELS de 0,667 γG + 0,333 γQ. Le calcul est fixé dès que l’on connaît la part relative du permanent — ici deux tiers — et les deux coefficients partiels de l’annexe nationale.

Exemple 2 — Équilibre statique (EQU) d’un auvent en porte-à-faux

Hypothèses arbitraires, pour une bande d’un mètre de largeur : porte-à-faux de 2,00 m soulevé par une action variable ascendante posée à 1,20 kN/m², contrebalancé par un poids propre posé à 0,90 kN/m² sur une partie ancrée de 3,00 m.

Moment déstabilisateur autour de l’arête d’appui : résultante 1,20 × 2,00 = 2,40 kN appliquée à 1,00 m, soit M_dst,k = 2,40 kN.m/m. Moment stabilisateur : résultante 0,90 × 3,00 = 2,70 kN appliquée à 1,50 m, soit M_stb,k = 4,05 kN.m/m. Le rapport en valeurs caractéristiques vaut 4,05 / 2,40 = 1,6875, soit une marge apparente de 69 %.

Mais l’expression (6.7) porte sur les valeurs de calcul : γG,inf × 4,05 ≥ γQ × 2,40, avec les coefficients du Tableau A1.2(A) désigné par la clause A1.3.1(3) — minorateur côté stabilisateur, majorateur côté déstabilisateur. La marge réelle est donc très inférieure à 69 %. Vérifier un soulèvement en valeurs caractéristiques donne toujours un résultat trop favorable : c’est l’erreur classique sur les auvents et les casquettes.

Exemple 3 — Écart entre combinaison caractéristique et quasi-permanente

Avec les charges de l’exemple 1, la combinaison caractéristique donne p = 17,5 + 8,75 = 26,25 kN/m et la combinaison quasi-permanente, expression (6.16b), donne p = 17,5 + ψ2 × 8,75.

Lu comme une sensibilité arithmétique, avec des valeurs de démonstration qui ne sont pas celles applicables en France : pour ψ2 = 0, p = 17,50 kN/m, soit 66,7 % de la combinaison caractéristique ; pour ψ2 = 0,30, p = 20,125 kN/m, soit 76,7 % ; pour ψ2 = 0,60, p = 22,75 kN/m, soit 86,7 %.

L’enjeu n’est pas cosmétique : c’est cette combinaison qui pilote les effets à long terme et l’aspect de la structure selon la note de la clause 6.5.3(2) — fluage, flèche différée, fissuration. Entre ψ2 = 0 et ψ2 = 0,60, la charge de long terme varie ici de 30 %.

Cadre normatif : norme européenne et choix national

L’Eurocode 0 est le seul Eurocode transversal : il vaut pour tous les matériaux et tous les types d’ouvrage. En France, il est diffusé sous la référence NF EN 1990 (mars 2003), indice de classement P 06-100-1, complété par l’amendement NF EN 1990/A1 de juillet 2006, dont le sommaire montre qu’il introduit l’Annexe A2 (normative) « Application aux ponts ». Pour un bâtiment, c’est donc l’Annexe A1 qui s’applique, pas l’A2.

Textes de référence

  • NF EN 1990 (mars 2003), P 06-100-1 — bases de calcul des structures : section 4 (variables de base), section 6 (vérification par coefficients partiels), Annexe A1 normative pour les bâtiments.
  • NF EN 1990/A1 (juillet 2006), P 06-100-1/A1 — amendement introduisant l’Annexe A2 « Application aux ponts », sans objet pour un bâtiment courant.
  • Annexe nationale NF EN 1990/NA — valeurs françaises de γ et ψ, choix de l’approche de calcul pour STR et GEO, critères d’aptitude au service.
  • NF EN 1991 (Eurocode 1) — valeurs caractéristiques des actions : poids propres et charges d’exploitation (1-1), incendie (1-2), neige (1-3), vent (1-4), actions thermiques (1-5), exécution (1-6), actions accidentelles (1-7).
  • NF EN 1992 à NF EN 1999 — Eurocodes de matériau, qui fournissent les résistances Rd et, avec leurs annexes nationales, les critères de flèche.

Ce que l’annexe nationale décide et que la norme européenne ne décide pas

La NF EN 1990 signale elle-même, note après note, les points laissés au choix national. La note 2 de la clause A1.2.1(1) prévoit que l’annexe nationale peut modifier les clauses A1.2.1(2) et (3) pour des raisons géographiques ; la note de la clause A1.3.1(1) indique que les valeurs des Tableaux A1.2(A) à A1.2(C) peuvent y être modifiées, par exemple pour différents niveaux de fiabilité.

Le point le plus lourd de conséquences concerne les fondations. La clause A1.3.1(5) offre trois approches pour vérifier les éléments soumis à des actions géotechniques et la résistance du terrain : l’approche 1 applique dans des calculs séparés les valeurs des Tableaux A1.2(C) et A1.2(B) ; l’approche 2 applique le Tableau A1.2(B) à toutes les actions ; l’approche 3 applique le Tableau A1.2(C) aux actions géotechniques et simultanément les coefficients du Tableau A1.2(B) aux autres. La note est sans ambiguïté : ce choix est fait dans l’annexe nationale. Deux notes de calcul menées avec des approches différentes ne sont donc pas comparables.

Enfin, la clause A1.4.2(2) demande de spécifier les critères d’aptitude au service pour chaque projet et de les fixer en accord avec le client, sa note ajoutant qu’ils peuvent être définis dans l’annexe nationale. Une limite de flèche ne se déduit donc jamais de l’Eurocode 0 seul.

Position assumée sur les valeurs numériques

Dans l’exemplaire consulté, le Tableau A1.1 des coefficients ψ et les Tableaux A1.2(A), A1.2(B), A1.2(C), A1.3 et A1.4 sont insérés sous forme d’images : leur contenu chiffré n’est pas extractible et nous ne l’avons donc pas lu. Nous ne publions par conséquent aucune valeur de γG, γQ, ξ, ψ0, ψ1 ni ψ2 — recopier de mémoire un coefficient de sécurité est exactement l’approximation qui produit un sous-dimensionnement invisible jusqu’au sinistre. Ce que cette page publie est en revanche sourcé clause par clause : classement des actions, valeurs représentatives, états limites, rôle de chaque expression, répartition entre norme européenne et annexe nationale.

Limites et hypothèses

  • Une combinaison n’est pas un calcul de structure : elle produit un chargement Ed, ensuite comparé à une résistance Rd établie par l’Eurocode de matériau (expression 6.8).
  • La clause A1.2.1(1) interdit de combiner des effets d’actions qui ne peuvent pas exister simultanément ; sa note 1 ajoute que les combinaisons peuvent être fondées sur deux actions variables au plus selon l’usage, la forme et l’emplacement du bâtiment.
  • Chaque combinaison ne comporte qu’une action variable dominante, ou une action accidentelle (clause 6.4.3.1(2)) : il faut en écrire autant qu’il y a d’actions candidates à la dominance.
  • L’expression (6.8) ne couvre pas tous les formats de vérification du flambement (note 2 de la clause 6.4.2(3)P) : les effets du second ordre relèvent des Eurocodes de matériau.
  • Si la relation entre actions et effets n’est pas linéaire, la clause 6.4.3.2(4) impose d’appliquer directement les expressions (6.9a) ou (6.9b) : multiplier un résultat élastique par un coefficient partiel est alors faux.
  • Les combinaisons comprenant des forces de précontrainte relèvent des EN 1992 à EN 1999 (clause A1.2.1(4)) ; les vérifications de fatigue sont exclues du champ de la clause 6.4.3.
  • Dans les situations accidentelles et sismiques, les coefficients partiels d’actions valent 1,0 (clause A1.3.2(1)) : une combinaison accidentelle n’est pas une combinaison fondamentale majorée.
  • Un calculateur en ligne ne connaît ni la géométrie réelle, ni les conditions d’appui, ni les hypothèses géotechniques : il ne peut pas décider seul quelle combinaison est dimensionnante.

Erreurs fréquentes sur les combinaisons d’actions

  • Vérifier un équilibre statique en valeurs caractéristiques, sans les coefficients partiels du Tableau A1.2(A) prescrit par la clause A1.3.1(3) : la marge affichée est systématiquement surévaluée.
  • Appliquer le même coefficient partiel à la part favorable et à la part défavorable d’une action permanente, alors que la clause 6.4.3.1(4)P impose de les traiter comme des actions individuelles.
  • Confondre les trois combinaisons de service : caractéristique pour les états limites irréversibles, fréquente pour les réversibles, quasi-permanente pour les effets à long terme. Trois vérifications distinctes, pas trois niveaux de prudence.
  • Calculer une flèche avec une combinaison d’états limites ultimes, alors que la clause A1.4.3(1) renvoie aux expressions (6.14a) à (6.16b) pour les déformations.
  • Ne calculer qu’une seule combinaison : sur un ouvrage soumis au vent et à la neige, l’action dominante n’est pas la même selon la vérification examinée.
  • Retenir une seule des expressions (6.10a) et (6.10b) alors que la clause 6.4.3.2(3) demande, pour STR et GEO, la plus défavorable des deux.
  • Traiter la neige comme systématiquement variable, alors que la clause 4.1.1(2) prévoit qu’elle peut être considérée comme accidentelle et/ou variable selon le lieu.
  • Choisir arbitrairement entre ψ1,1 Qk,1 et ψ2,1 Qk,1 dans une combinaison accidentelle, alors que la clause 6.4.3.3(3) lie ce choix à la nature de la situation : choc, incendie, ou survie après l’événement.
  • Croire que des combinaisons correctes rachètent un modèle de charges faux : un ψ juste appliqué à un Qk erroné ne produit rien d’exploitable.

Combinaisons d’actions et maîtrise d’œuvre

Sur un projet, les combinaisons sont rarement discutées — jusqu’au jour où un résultat surprend et où personne ne sait dire quelle hypothèse a produit l’écart. Le rôle de la maîtrise d’œuvre se joue en amont : faire expliciter et écrire les hypothèses d’actions avant qu’elles ne soient calculées. Quelles charges d’exploitation par zone, quel usage réel, quelle neige et quel vent pour le site, quelles actions d’exécution en phase chantier, quelles limites de flèche exigées par les corps d’état de second œuvre. Ces réponses relèvent du programme et du marché, pas du logiciel.

Progineer intervient sur cette chaîne : écriture des hypothèses d’actions dans les pièces écrites, coordination du bureau d’études structure qui produit et signe la note de calcul, contrôle de cohérence entre hypothèses du programme et hypothèses de calcul, traçabilité jusqu’au dossier des ouvrages exécutés. Progineer est une société de maîtrise d’œuvre créée en 2024, dirigée par un professionnel exerçant dans le BTP depuis 2020 ; l’exécution des notes de calcul relève d’un bureau d’études structure, qui en porte la responsabilité.

Un point mérite une vigilance particulière en réhabilitation et en surélévation : les combinaisons ne disent rien de la capacité réelle d’une structure existante. Elles produisent une demande, Ed ; la résistance disponible, Rd, ne s’obtient que par un diagnostic structurel de l’existant.

FAQ technique — Combinaisons d’actions selon l’Eurocode 0

Quelle est la différence entre l’Eurocode 0 et les autres Eurocodes ?

L’Eurocode 0, NF EN 1990, ne dimensionne aucun matériau : il fixe les bases de calcul communes — classement des actions, valeurs représentatives, états limites, formats de combinaison. L’Eurocode 1 fournit les valeurs des actions, les Eurocodes 2 à 9 les résistances par matériau. La clause 6.4.4(1) renvoie d’ailleurs les valeurs de γ et ψ à l’EN 1991 et à l’Annexe A.

Que signifient EQU, STR, GEO et FAT ?

Ce sont les quatre familles d’états limites ultimes de la clause 6.4.1(1)P. EQU : perte d’équilibre statique de la structure considérée comme un corps rigide. STR : défaillance interne ou déformation excessive de la structure, résistance des matériaux dominante. GEO : défaillance ou déformation excessive du sol. FAT : fatigue, renvoyée aux EN 1992 à EN 1999.

Pourquoi les coefficients γ et ψ ne sont-ils pas publiés ici ?

Parce qu’ils figurent dans les Tableaux A1.1 à A1.4 de l’Annexe A1 et que, dans l’exemplaire consulté, ces tableaux sont des images dont le contenu chiffré n’est pas lisible. Ce sont en outre des paramètres déterminés au niveau national, la note de la clause A1.3.1(1) indiquant qu’ils peuvent être modifiés dans l’annexe nationale. Une valeur de coefficient de sécurité mal relevée est aussi grave qu’une valeur inventée.

Quelle différence entre combinaison caractéristique, fréquente et quasi-permanente ?

Ce sont les trois combinaisons de service de la clause 6.5.3(2) : caractéristique, expressions (6.14a) et (6.14b), pour les états limites irréversibles ; fréquente, expressions (6.15a) et (6.15b), pour les réversibles ; quasi-permanente, expressions (6.16a) et (6.16b), pour les effets à long terme et l’aspect de la structure. Dans les trois cas, tous les coefficients partiels sont pris égaux à 1.

Faut-il utiliser l’expression (6.10) ou les expressions (6.10a) et (6.10b) ?

La clause 6.4.3.2(3) laisse le choix entre l’expression (6.10) et, pour les seuls états limites STR et GEO, la plus défavorable des expressions (6.10a) et (6.10b). Ce second jeu fait intervenir un coefficient de réduction ξ appliqué aux actions permanentes défavorables. Le choix applicable en France et la valeur de ξ relèvent de l’annexe nationale.

Une combinaison accidentelle est-elle une combinaison ordinaire majorée ?

Non, c’est l’inverse. La clause A1.3.2(1) prescrit des coefficients partiels d’actions égaux à 1,0 dans les situations accidentelles et sismiques, expressions (6.11a) à (6.12b). La sévérité vient de l’action accidentelle Ad elle-même, pas d’une majoration des actions courantes.

Ce calculateur suffit-il pour justifier une structure ?

Non : c’est un outil de prédimensionnement, qui aide à structurer les hypothèses et à identifier les combinaisons à écrire. La justification d’une structure engage la sécurité des personnes ; elle relève d’un bureau d’études structure, qui applique les annexes nationales en vigueur et signe la note de calcul.

Glossaire technique

Action (G, Q, A)
Sollicitation appliquée à une structure, classée par la clause 4.1.1(1)P selon sa variation dans le temps : permanente G, variable Q, accidentelle A.
Valeur caractéristique Fk
Principale valeur représentative d’une action (clause 4.1.2(1)P). Pour les actions climatiques, la note 2 de la clause 4.1.2(7)P l’associe à une probabilité de 0,02 de dépassement en un an, soit une période moyenne de retour de 50 ans.
Gk,sup et Gk,inf
Valeurs caractéristiques supérieure et inférieure d’une action permanente, imposées par la clause 4.1.2(2)P lorsque la variabilité de G n’est pas faible. La clause 4.1.2(4) les définit comme les fractiles 95 % et 5 % d’une distribution supposée gaussienne.
ψ0, ψ1, ψ2
Coefficients définissant les autres valeurs représentatives d’une action variable (clause 4.1.3(1)P) : valeur de combinaison ψ0 Qk, valeur fréquente ψ1 Qk, valeur quasi-permanente ψ2 Qk. Leurs valeurs recommandées sont renvoyées au Tableau A1.1 et relèvent de l’annexe nationale.
Coefficient partiel γ
Coefficient faisant passer de la valeur caractéristique à la valeur de calcul. Les valeurs applicables aux actions sont renvoyées par la clause 6.4.4(1) à l’EN 1991 et à l’Annexe A, et sont modifiables par l’annexe nationale.
ξ (xi)
Coefficient de réduction applicable aux actions permanentes défavorables G, introduit par la clause 6.4.3.2(3) dans les expressions (6.10a) et (6.10b), utilisables pour les seuls états limites STR et GEO. Sa valeur relève de l’annexe nationale.
EQU
Perte d’équilibre statique de la structure considérée comme un corps rigide (clause 6.4.1(1)P), vérifiée par l’expression (6.7), Ed,dst ≤ Ed,stb, avec le Tableau A1.2(A).
STR et GEO
Défaillance interne ou déformation excessive, respectivement de la structure et du sol (clause 6.4.1(1)P), vérifiées par l’expression (6.8), Ed ≤ Rd, avec les Tableaux A1.2(B) ou A1.2(C) selon l’approche retenue par l’annexe nationale.
Annexe nationale (NA)
Document national fixant les paramètres déterminés au niveau national. Pour l’Eurocode 0 : coefficients γ et ψ, approche de calcul retenue pour STR et GEO, et éventuels critères d’aptitude au service (clause A1.4.2(2)).

Sources et normes de référence

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