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eurocodes 🔴 Avancé Premium 15 min Mis à jour le 15 janvier 2024

Flexion simple béton armé

Dimensionnement d'une poutre en béton armé soumise à la flexion simple selon Eurocode 2

Eurocode 2 béton armé flexion poutre dimensionnement
kN.m
m
m
m

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Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Moment sollicitant Ed kN.m Moment sollicitant Ed
Largeur de la poutre m Largeur de la poutre
Hauteur de la poutre m Hauteur de la poutre
Enrobage des armatures m Enrobage des armatures

Comprendre cet outil

Les Eurocodes (EN 1990 à EN 1999) constituent le référentiel européen de dimensionnement des structures : actions, béton, acier, bois, géotechnique et parasismique.

Flexion simple béton armé donne une approche dimensionnelle de premier ordre. Tout ouvrage doit être validé par un calcul complet d'un bureau d'études structure intégrant combinaisons d'actions, hypothèses de sol et zone sismique.

Progineer et votre projet

Progineer coordonne le bureau d'études structure et veille à la cohérence du dimensionnement avec les contraintes du site, en particulier sur le littoral PACA classé en zone sismique active.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Flexion simple béton armé » ?

Dimensionnement d'une poutre en béton armé soumise à la flexion simple selon Eurocode 2

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Dimensionner une poutre ou une dalle en béton armé en flexion simple consiste à déterminer la section d’armatures tendues qui équilibre le moment de calcul MEd, l’acier reprenant la traction et le béton la compression. L’Eurocode 2 (NF EN 1992-1-1) fixe le formalisme ; l’annexe nationale française NF EN 1992-1-1/NA fixe les paramètres déterminés au niveau national ; le fascicule de documentation FD P18-717 apporte les compléments d’application. Cette page distingue systématiquement ces trois niveaux, parce que confondre une valeur européenne avec une valeur française se paie sur le ferraillage. Toutes les valeurs publiées proviennent d’une clause précise, citée à chaque fois ; celles qui figurent dans des tableaux non lisibles dans les documents consultés ne sont pas reproduites. Le calculateur reste un outil de prédimensionnement, qui ne remplace pas la note de calcul d’un bureau d’études structure.

Méthode de calcul et formules : variables, unités et résistances de calcul

Le principe de la flexion simple est un couple interne : le béton comprimé et l’acier tendu forment deux résultantes égales et opposées, séparées par le bras de levier z. La section d’acier se déduit alors du moment à équilibrer divisé par le produit du bras de levier par la contrainte de calcul de l’acier. Toute la rigueur du calcul tient dans trois grandeurs : la hauteur utile d réellement disponible, le bras de levier z retenu, et la contrainte de calcul fyd.

Les variables du problème et leurs unités

MEd est le moment fléchissant de calcul à l’état limite ultime, en kilonewtons-mètres (kN.m). Il résulte de la combinaison d’actions établie selon l’Eurocode 0 et son annexe nationale, et non d’un chargement brut.

b est la largeur de la section comprimée et h sa hauteur totale, en mètres. d est la hauteur utile, distance entre la fibre la plus comprimée et le centre de gravité des armatures tendues, en mètres : c’est d, et non h, qui travaille. z est le bras de levier du couple interne, en mètres. As est la section d’armatures tendues, en centimètres carrés ou en mètres carrés selon l’échelle de travail.

fck est la résistance caractéristique en compression du béton sur cylindre, en mégapascals (MPa), et fyk la limite d’élasticité caractéristique de l’acier, en MPa. fcd et fyd en sont les valeurs de calcul, obtenues en divisant par les coefficients partiels relatifs aux matériaux.

Résistances de calcul : ce que fixe l’annexe nationale française

L’annexe nationale NF EN 1992-1-1/NA, en 2.4.2.4 (1) NOTE, indique que les coefficients partiels relatifs aux matériaux à utiliser aux états-limites ultimes sont ceux recommandés dans le Tableau 2.1N de la norme européenne. En 2.4.2.4 (2) NOTE, elle retient de même les valeurs recommandées pour les états-limites de service.

Pour l’acier de béton armé, la valeur est explicitement rappelée dans une autre partie de l’Eurocode 2 : la NF EN 1992-1-2, en 5.2 (7) a, écrit « γs est le coefficient partiel de sécurité pour l’acier de béton armé ; γs = 1,15 (voir la section 2 de l’EN 1992-1-1) », valeur reprise en 5.2 (4). On peut donc écrire fyd = fyk / 1,15.

L’annexe nationale borne par ailleurs la nuance utilisable : en 3.2.2 (3)P NOTE, « la valeur maximale de fyk à utiliser est 500 MPa en général et 600 MPa sous réserve d’une justification effective à l’ELS, y compris de l’ouverture des fissures (voir Tableau 7.1NF) ». Avec fyk = 500 MPa, il vient fyd = 500 / 1,15 = 434,78 MPa.

Pour le béton, la résistance de calcul s’écrit fcd = αcc × fck / γC. L’annexe nationale, en 3.1.6 (1)P NOTE, retient pour αcc la valeur recommandée sans la réécrire ; αcc est défini comme « un coefficient tenant compte des effets à long terme sur la résistance en compression et des effets défavorables résultant de la manière dont la charge est appliquée » (formulation reprise en 3.1.6 (1) de la NF P18-710, qui fixe αcc = 0,85 pour les seuls BFUP). Ni αcc pour béton courant ni γC ne sont reproduits ici.

Le bras de levier et la section d’acier

La détermination rigoureuse de z passe par l’équilibre de la section et le diagramme des déformations. Le FD P18-717 admet toutefois une simplification explicite et récurrente : en 6.2.1 - (V), il indique qu’« il est toujours possible de retenir, par simplification, z = 0,9 d », et il reprend la même possibilité pour les sections circulaires de pieux. Cette valeur place en sécurité pour le calcul des armatures d’effort tranchant et fournit, en flexion, un ordre de grandeur immédiatement exploitable en prédimensionnement.

La section d’acier tendu se déduit alors de As = MEd / (z × fyd). L’homogénéité des unités est le premier piège : avec MEd en kN.m, z en m et fyd converti en kN/m² (1 MPa = 1 000 kN/m²), le résultat sort directement en m², à multiplier par 10 000 pour obtenir des cm².

Enchaînement complet de la méthode

  • 1. Établir les actions et les combinaisons selon l’Eurocode 0 et son annexe nationale, puis en déduire MEd.
  • 2. Définir la classe d’exposition selon la NF EN 206/CN et les notes de l’annexe nationale au Tableau 4.1.
  • 3. En déduire l’enrobage nominal, donc la hauteur utile d réellement disponible — c’est l’enrobage qui commande d, pas l’inverse.
  • 4. Calculer la section d’armatures tendues à l’état limite ultime, à partir du bras de levier retenu.
  • 5. Vérifier les sections minimale et maximale d’armatures et les dispositions constructives de la Section 9.
  • 6. Vérifier l’effort tranchant associé, puis les états limites de service : ouverture de fissures et flèche.
  • 7. Faire valider et signer la note de calcul par un bureau d’études structure.

Trois exemples chiffrés entièrement vérifiables

Les exemples ci-dessous posent explicitement leurs hypothèses. Les seules valeurs normatives utilisées sont celles que nous avons pu lire dans une clause précise et qui sont citées comme telles : γS = 1,15, fyk maximal de 500 MPa, z = 0,9 d, et les règles forfaitaires du FD P18-717. Toutes les autres grandeurs sont des données d’entrée arbitraires, destinées à rendre l’arithmétique reproductible.

Exemple 1 — Section d’acier d’une poutre en flexion simple

Hypothèses : moment de calcul MEd = 150 kN.m, poutre de largeur b = 0,25 m et de hauteur h = 0,50 m, hauteur utile posée à d = 0,45 m compte tenu de l’enrobage et de la position des barres.

Bras de levier simplifié, selon 6.2.1 - (V) du FD P18-717 : z = 0,9 × 0,45 = 0,405 m.

Contrainte de calcul de l’acier, avec fyk = 500 MPa (borne de 3.2.2 (3)P NOTE de l’annexe nationale) et γS = 1,15 (5.2 (7) a de la NF EN 1992-1-2) : fyd = 500 / 1,15 = 434,78 MPa, soit 434 783 kN/m².

Section d’acier tendu : As = 150 / (0,405 × 434 783) = 150 / 176 087 = 8,52 × 10⁻⁴ m², soit 8,52 cm². Lecture : une variation de 10 mm sur d fait varier z de 9 mm, donc As d’environ 2 %. L’enrobage réellement obtenu sur chantier est donc une donnée de calcul, pas un détail d’exécution.

Exemple 2 — Moments d’une poutre continue par la méthode forfaitaire

Le FD P18-717 décrit, en 5.6.1 (3)P NOTE - Bâtiments - (I), une méthode simplifiée pour les planchers à charges d’exploitation modérées. Son domaine d’emploi est explicite : les rapports entre les portées successives sont compris entre 0,8 et 1,25, les charges G1 + Q sont inférieures à 7,5 kN/m² et les charges Q inférieures à 2 (G0 + G1), où G0 désigne le poids propre du plancher, G1 les autres charges permanentes et Q les charges variables.

Hypothèses de travail : G0 = 2,5 kN/m², G1 = 1,5 kN/m², Q = 2,0 kN/m². Vérification du domaine : G1 + Q = 3,5 kN/m² < 7,5 kN/m², et 2 (G0 + G1) = 2 × 4,0 = 8,0 kN/m² > 2,0 kN/m². La méthode est applicable.

Charge de calcul linéique posée arbitrairement à pu = 24,0 kN/m, portée libre entre nus l = 5,00 m. Moment isostatique de référence : M0 = pu l² / 8 = 24,0 × 25 / 8 = 75,0 kN.m.

Le FD impose des moments sur appuis au minimum égaux à 0,45 M0 pour les appuis intermédiaires d’une poutre continue à plus de deux travées, soit 0,45 × 75,0 = 33,75 kN.m ; à 0,55 M0 en béton armé pour les appuis voisins de rive, soit 0,55 × 75,0 = 41,25 kN.m ; et à 0,65 M0 en béton armé pour l’appui intermédiaire d’une poutre à deux travées, soit 0,65 × 75,0 = 48,75 kN.m.

En travée, le texte impose qu’il soit équilibré au moins 1,10 M0 pour les travées intermédiaires, soit 82,50 kN.m, et 1,15 M0 pour les travées de rive, soit 86,25 kN.m. Le FD ajoute que l’élancement L / d des dalles en béton armé est limité à 32.

Exemple 3 — Enrobage, hauteur utile et élancement d’une dalle

Hypothèses : dalle de plancher en local à l’abri de la pluie, portée L = 5,60 m, épaisseur h = 200 mm, armatures principales de diamètre 10 mm. Selon la Note 2 au Tableau 4.1 de l’annexe nationale, « les parties des bâtiments à l’abri de la pluie, que ceux-ci soient clos ou non, sont à classer en XC1 », sauf condensations importantes par leur fréquence et leur durée, qui relèvent alors de XC3.

Contrainte d’élancement du FD P18-717 : L / d ≤ 32 impose d ≥ 5,60 / 32 = 0,175 m, soit 175 mm de hauteur utile minimale.

Avec un enrobage nominal de 25 mm et des barres de 10 mm, la hauteur utile vaut d = 200 − 25 − 5 = 170 mm : la condition n’est pas satisfaite. Avec un enrobage nominal de 20 mm, d = 200 − 20 − 5 = 175 mm : la condition est tout juste satisfaite, puisque 5 600 / 175 = 32,0.

Ces 5 mm ne s’obtiennent pas en décidant de moins enrober. L’annexe nationale, en 4.4.1.3 (3) NOTE, les rend accessibles par la qualité d’exécution : « lorsque la réalisation est soumise à un système d’assurance qualité dans lequel la surveillance inclut des mesures de l’enrobage des armatures avant coulage du béton, il est possible de réduire la marge de calcul pour tolérance d’exécution, de sorte que 10 mm ≥ Δcdev ≥ 5 mm ». Elle va jusqu’à 10 mm ≥ Δcdev ≥ 0 lorsqu’un appareil de mesure très précis et le rejet des éléments non conformes sont garantis, cas des éléments préfabriqués. Sur cette dalle, c’est donc une clause de contrôle d’exécution, et non un calcul, qui décide si la section passe.

Cadre normatif : norme européenne, annexe nationale et guide d’application

L’Eurocode 2 fonctionne à trois niveaux qu’il ne faut jamais confondre. La norme européenne NF EN 1992-1-1 fixe la méthode et le formalisme. L’annexe nationale NF EN 1992-1-1/NA fixe les paramètres déterminés au niveau national : soit elle donne une valeur française propre, soit elle déclare retenir la valeur recommandée par la norme européenne. Le fascicule de documentation FD P18-717 n’est pas normatif au même titre : c’est un guide d’application qui répond aux questions d’interprétation et propose des méthodes admises.

Textes de référence

  • NF EN 1992-1-1 — Eurocode 2, calcul des structures en béton, partie 1-1 : règles générales et règles pour les bâtiments.
  • NF EN 1992-1-1/NA (P 18-711-1/NA) — annexe nationale française : coefficients partiels, enrobages, classes structurales, dispositions constructives.
  • FD P18-717 — guide d’application des normes NF EN 1992 : méthodes admises, simplifications, réponses d’interprétation.
  • NF EN 1992-1-2 (P 18-712-1) — calcul du comportement au feu, qui rappelle explicitement en 5.2 (7) la valeur du coefficient partiel de l’acier de béton armé.
  • NF EN 206/CN — béton : spécification, performance, production et conformité, à laquelle l’annexe nationale renvoie en 4.1 (4).
  • NF EN 1990 — Eurocode 0 et son annexe nationale, pour les combinaisons d’actions dont sort MEd.

Ce que l’annexe nationale française fixe explicitement

Sur l’enrobage, l’annexe nationale est particulièrement directive. En 4.4.1.2 (5) NOTE, « la classe structurale à utiliser pour les bâtiments et ouvrages de génie civil courants est S4 », les valeurs de cmin,dur étant celles recommandées par le Tableau 4.4N ; lorsqu’un élément relève de plusieurs classes d’exposition, on retient l’exigence la plus sévère. En 4.4.1.2 (7) et (8) NOTE, elle fixe Δcdur,st = 0 mm et Δcdur,add = 0 mm, et précise que « l’enrobage minimal ne peut être inférieur à cmin,b et à 10 mm ». En 4.4.1.3 (4) NOTE, elle donne k1 = 30 mm et k2 = 65 mm pour les fondations superficielles.

Elle attire aussi l’attention, dans la même note, « sur les problèmes de fissuration auxquels risque de conduire un enrobage cnom supérieur à 50 mm », et sur les difficultés de bétonnage lorsque cnom est inférieur au plus gros granulat. L’enrobage n’est donc pas une grandeur à maximiser par prudence.

Sur les dispositions constructives, elle fixe en 9.3.1.1 (3) NOTE l’espacement maximal des armatures de dalles : sous charges réparties, smax,slabs = 3h ≤ 400 mm pour les armatures principales et 3,5h ≤ 450 mm pour les secondaires ; sous charges concentrées, 2h ≤ 250 mm et 3h ≤ 400 mm respectivement. En 9.2.2 (6) NOTE, elle retient sl,max = 0,9d pour les poutres de hauteur h ≤ 250 mm.

Effort tranchant : des valeurs françaises identifiées

L’annexe nationale de la NF EN 1992-2 consacrée aux ponts explicite, en clause 6.2.2 (101) Note, des valeurs qu’elle déclare « conformes à l’annexe nationale de la norme NF EN 1992-1-1 » : CRd,c = 0,18 / γC et k1 = 0,15. Elle donne également vmin sous une forme différenciée par type d’élément : 0,34 / γC × fck^1/2 pour les dalles bénéficiant d’un effet de redistribution transversale sous le cas de charge considéré, 0,053 / γC × k^3/2 × fck^1/2 pour les poutres et les dalles autres que celles-ci, et 0,35 / γC × fck^1/2 pour les voiles.

Ces expressions restent fonction de γC, dont nous ne publions pas la valeur. Elles montrent en revanche qu’une dalle bénéficiant réellement d’une redistribution transversale ne se vérifie pas au cisaillement comme une poutre.

Ce que nous ne publions pas

Nous ne reproduisons ni γC, ni αcc pour béton courant, ni le Tableau 2.1N : l’annexe nationale y renvoie aux valeurs recommandées sans les réécrire, et le tableau ne figure pas dans les documents ouverts. Nous ne reproduisons pas davantage les Tableaux 4.3NF et 4.4N donnant cmin,dur, ni l’Expression (9.12N) : ces contenus sont présents sous forme d’images dans les fichiers consultés, et une valeur de tableau mal relevée serait aussi fautive qu’une valeur inventée.

Ce que cette page peut offrir reste entier : la structure de la méthode, l’unité de chaque variable, l’ordre des opérations, et les valeurs lues mot à mot dans une clause identifiée. Les autres se lisent dans la norme diffusée par l’AFNOR et s’engagent sous la responsabilité d’un bureau d’études structure.

Limites et hypothèses du calcul

  • Ce calculateur est un outil de prédimensionnement. Il ne produit pas une note de calcul et n’engage personne : le dimensionnement d’un élément porteur relève d’un bureau d’études structure qui applique les annexes nationales en vigueur et signe son étude.
  • Le bras de levier simplifié z = 0,9 d, admis en 6.2.1 - (V) du FD P18-717, reste une simplification. Le calcul rigoureux passe par l’équilibre de la section et peut conduire à un bras de levier différent.
  • La flexion simple suppose l’absence d’effort normal significatif. Dès qu’un effort normal existe, on est en flexion composée et le modèle change.
  • La méthode forfaitaire du FD P18-717 n’est valable que dans son domaine déclaré : portées successives entre 0,8 et 1,25, G1 + Q < 7,5 kN/m², Q < 2 (G0 + G1).
  • Sur la flèche, le FD P18-717 indique en 5.2 - (II) que « pour des ouvrages courants en béton armé non précontraints, la déformation admissible ne doit pas être inférieure à L/1 000 sauf élément très rigide (ratio portée libre sur hauteur totale inférieur à 5) ». Les états limites de service peuvent donc être dimensionnants avant l’ELU.
  • Rien de ce qui précède ne couvre le comportement au feu, qui relève de la NF EN 1992-1-2, ni les situations sismiques, qui relèvent de l’Eurocode 8.

Erreurs fréquentes en flexion simple

  • Calculer sur la hauteur totale h au lieu de la hauteur utile d : l’écart se retrouve intégralement dans la section d’acier, et toujours du mauvais côté.
  • Figer l’enrobage avant d’avoir arrêté la classe d’exposition. L’annexe nationale classe en XC1 les parties à l’abri de la pluie, en XC3 celles exposées à des condensations importantes par leur fréquence et leur durée, et en XC4 les parties extérieures non protégées de la pluie comme les façades et les pignons.
  • Retenir une marge Δcdev réduite sans mettre en place le système d’assurance qualité que l’annexe nationale exige en contrepartie en 4.4.1.3 (3), ou repartir d’une autre classe structurale que S4 sans justification.
  • Confondre valeur caractéristique et valeur de calcul : fyk n’est pas fyd, et l’écart est précisément le coefficient partiel γS = 1,15 rappelé en 5.2 (7) a de la NF EN 1992-1-2. Utiliser au surplus une nuance au-delà de la borne de 500 MPa fixée par l’annexe nationale aggrave l’erreur.
  • Appliquer la méthode forfaitaire hors de son domaine, en particulier lorsque le rapport entre portées successives sort de l’intervalle 0,8 à 1,25.
  • S’arrêter à l’état limite ultime et livrer une poutre qui fissure ou qui flèche : sur un support de façade, c’est le second œuvre qui encaisse.
  • Oublier les armatures en chapeau minimales : le FD P18-717 indique en 5.6.2 (4) qu’il est possible de considérer que les armatures minimales en chapeau de 0,15 Mt, issues de 9.2.1.2 (1) et 9.2.1.4 (1), sont habituellement suffisantes pour couvrir le risque de soulèvement des angles de dalles.

Flexion, béton armé et maîtrise d’œuvre

Sur un projet, la flexion d’une poutre n’est presque jamais le sujet difficile : le sujet difficile est en amont. Quelle charge d’exploitation le maître d’ouvrage retient-il réellement ? Quelle classe d’exposition s’applique, donc quel enrobage, donc quelle hauteur utile reste disponible dans l’épaisseur imposée par le projet architectural ? Quelle qualité de contrôle d’exécution sera effectivement mise en place, puisque l’annexe nationale y conditionne la réduction de Δcdev ? Ce sont ces arbitrages qui décident du ferraillage.

Progineer intervient sur cette chaîne : formalisation des hypothèses avec le maître d’ouvrage, définition des classes d’exposition zone par zone, coordination du bureau d’études structure qui produit et signe la note de calcul, traduction des exigences de contrôle dans les pièces écrites du marché, puis vérification en exécution que l’enrobage annoncé est bien celui obtenu. Le calculateur sert à cadrer un ordre de grandeur ; il ne se substitue à aucune de ces étapes.

En réhabilitation, la question se pose dans l’autre sens : la section existe, le ferraillage est en place et souvent mal documenté. Le FD P18-717 traite ce cas dans son Annexe A et rappelle que le coefficient de conversion η = 0,85 de l’Annexe A.2.3 (1) de l’Eurocode 2 « s’applique sur le coefficient partiel γC », distinct du coefficient 0,85 de la NF EN 13791 appliqué aux essais sur carottes. Évaluer une structure existante n’est donc pas dimensionner une structure neuve : cela suppose des essais et un diagnostic structurel.

FAQ technique — Flexion simple béton armé selon l’Eurocode 2

Quelle est la différence entre la hauteur totale h et la hauteur utile d ?

h est la dimension géométrique de la section ; d est la distance entre la fibre la plus comprimée et le centre de gravité des armatures tendues. C’est d qui intervient dans le calcul, parce que le bras de levier du couple interne se mesure depuis les aciers réellement en place. Entre h et d se trouvent l’enrobage nominal et le demi-diamètre des barres, parfois le diamètre des cadres.

Peut-on vraiment retenir z = 0,9 d ?

Le FD P18-717 l’admet explicitement en 6.2.1 - (V) : « il est toujours possible de retenir, par simplification, z = 0,9 d ». C’est une simplification qui place en sécurité pour le calcul des armatures d’effort tranchant et qui donne un ordre de grandeur fiable en prédimensionnement de flexion. Le calcul rigoureux passe par l’équilibre de la section et peut donner un bras de levier différent.

Pourquoi ne publiez-vous pas la valeur de γC alors que vous publiez γS = 1,15 ?

Parce que nous ne publions que ce que nous avons pu lire dans une clause identifiée. La NF EN 1992-1-2 écrit noir sur blanc en 5.2 (7) a que γs = 1,15 en renvoyant à la section 2 de l’EN 1992-1-1. Pour γC, l’annexe nationale se contente en 2.4.2.4 (1) NOTE de renvoyer aux valeurs recommandées du Tableau 2.1N, et ce tableau ne figure pas dans les documents que nous avons ouverts. Publier un chiffre de mémoire serait exactement le genre d’erreur qui conduit à un sous-dimensionnement.

Quelle nuance d’acier peut-on utiliser en France ?

L’annexe nationale NF EN 1992-1-1/NA fixe en 3.2.2 (3)P NOTE une valeur maximale de fyk de 500 MPa en général, et de 600 MPa sous réserve d’une justification effective à l’état limite de service, y compris de l’ouverture des fissures, en référence au Tableau 7.1NF. Au-delà, la vérification de service devient dimensionnante avant la résistance.

L’enrobage est-il un paramètre de calcul ou une donnée de chantier ?

Les deux, et c’est le problème. Il se calcule à partir de la classe d’exposition et de la classe structurale — S4 pour les bâtiments et ouvrages courants selon 4.4.1.2 (5) NOTE — puis se majore d’une marge pour tolérance d’exécution Δcdev, que l’annexe nationale n’autorise à réduire que si un système d’assurance qualité contrôle effectivement l’enrobage avant coulage. Un enrobage annoncé mais non contrôlé n’est pas un enrobage acquis.

Faut-il vérifier autre chose que la flexion ?

Oui, systématiquement : l’effort tranchant associé, les sections minimale et maximale d’armatures, les dispositions constructives de la Section 9, puis les états limites de service. Sur les éléments élancés et les supports de façade, c’est la flèche qui dimensionne, pas le moment.

Ce calculateur suffit-il pour ferrailler une poutre ?

Non. Il donne un ordre de grandeur de section d’acier utile en conception. Le ferraillage engage la sécurité des personnes : il relève d’une note de calcul établie et signée par un bureau d’études structure, sur la base des annexes nationales en vigueur.

Glossaire technique

Flexion simple
Sollicitation d’une section par un moment fléchissant sans effort normal significatif. Dès qu’un effort normal intervient, on parle de flexion composée et le modèle de calcul change.
Hauteur utile d
Distance entre la fibre de béton la plus comprimée et le centre de gravité des armatures tendues. C’est la dimension qui travaille, distincte de la hauteur totale h de la section.
Bras de levier z
Distance entre la résultante de compression du béton et la résultante de traction des aciers. Le FD P18-717 admet en 6.2.1 - (V) la simplification z = 0,9 d.
Coefficient partiel γS
Coefficient partiel relatif à l’acier de béton armé aux états limites ultimes. La NF EN 1992-1-2 rappelle en 5.2 (7) a que γs = 1,15, en renvoyant à la section 2 de l’EN 1992-1-1.
Coefficient αcc
Coefficient tenant compte des effets à long terme sur la résistance en compression du béton et des effets défavorables résultant de la manière dont la charge est appliquée. L’annexe nationale française retient en 3.1.6 (1)P NOTE la valeur recommandée par la norme européenne.
Classe d’exposition
Classement d’un élément selon l’agressivité de son environnement (X0, XC, XD, XS, XF, XA), défini par la NF EN 206/CN et précisé par les notes de l’annexe nationale au Tableau 4.1. Il commande l’enrobage minimal de durabilité, via une classe structurale que l’annexe nationale fixe à S4 pour les bâtiments et ouvrages de génie civil courants.
Δcdev
Marge de calcul pour tolérance d’exécution ajoutée à l’enrobage minimal. L’annexe nationale n’autorise à la réduire — jusqu’à 5 mm, voire 0 — que si un système d’assurance qualité contrôle l’enrobage avant coulage.
Moment isostatique M0
Moment de la travée indépendante de même portée et de même chargement, référence des méthodes forfaitaires du FD P18-717 pour les moments minimaux sur appuis et en travée.
Annexe nationale (NA)
Document national complétant une partie d’Eurocode, qui fixe les paramètres déterminés au niveau national. En France, diffusé par l’AFNOR sous la référence NF EN xxxx/NA.

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Calcul moments fléchissants — Eurocode 0

Calcul des moments fléchissants et efforts tranchants d'une poutre selon Eurocode 0 (NF EN 1990) et formulaires RDM. Le moment (M) représente le produit vectoriel de la force par le bras de levier, calculé par rapport à un point. Il correspond au mouvement de rotation autour de l'axe de la poutre. À partir de la portée, des conditions d'appui (simple, encastrée, console) et des charges (réparties, ponctuelles, trapézoïdales), l'outil détermine Mmax, Vmax et la déformée. Utilisé pour pré-dimensionner poutres, linteaux et solives en béton armé, acier ou bois lamellé-collé en logement et tertiaire.

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Calcul vérification poteaux — Eurocodes 2 et 3

Vérification au flambement des poteaux selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 2 (béton armé, NF EN 1992-1-1). Ce calcul prend en compte la section du poteau, la longueur de flambement, les charges permanentes et les charges d'exploitation. À partir de l'effort normal Ned, l'outil applique les courbes a/b/c/d, calcule l'élancement et vérifie le critère Ned ≤ Nb,Rd. Utilisé pour dimensionner les poteaux de bâtiments industriels, immeubles tertiaires et logements collectifs en R+1 à R+10.

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Calcul charges exploitation EC1 — Surcharges plancher

Détermination des charges d'exploitation selon Eurocode 1 partie 1-1 (NF EN 1991-1-1) et son annexe nationale française. L'outil restitue les valeurs caractéristiques qk et Qk par catégorie d'usage : habitation (A), bureaux (B), commerces (D), salles de réunion (C), parkings (F/G) et toitures (H/I/K). Utilisé pour le pré-dimensionnement de planchers, poutres et solivages en logements, ERP et bâtiments industriels neufs ou rénovés.

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