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eurocodes 🟡 Intermédiaire 15 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul moments fléchissants — Eurocode 0

Calcul des moments fléchissants et efforts tranchants d'une poutre selon Eurocode 0 (NF EN 1990) et formulaires RDM. Le moment (M) représente le produit vectoriel de la force par le bras de levier, calculé par rapport à un point. Il correspond au mouvement de rotation autour de l'axe de la poutre. À partir de la portée, des conditions d'appui (simple, encastrée, console) et des charges (réparties, ponctuelles, trapézoïdales), l'outil détermine Mmax, Vmax et la déformée. Utilisé pour pré-dimensionner poutres, linteaux et solives en béton armé, acier ou bois lamellé-collé en logement et tertiaire.

moment flexion effort tranchant eurocode
m
kN/m
kN/m

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Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Type de structure Type de structure
Portée m Portée
Charge permanente kN/m Charge permanente
Charge d'exploitation kN/m Charge d'exploitation

Comprendre cet outil

Les Eurocodes (EN 1990 à EN 1999) constituent le référentiel européen de dimensionnement des structures : actions, béton, acier, bois, géotechnique et parasismique.

Calcul moments fléchissants — Eurocode 0 donne une approche dimensionnelle de premier ordre. Tout ouvrage doit être validé par un calcul complet d'un bureau d'études structure intégrant combinaisons d'actions, hypothèses de sol et zone sismique.

Progineer et votre projet

Progineer coordonne le bureau d'études structure et veille à la cohérence du dimensionnement avec les contraintes du site, en particulier sur le littoral PACA classé en zone sismique active.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul moments fléchissants — Eurocode 0 » ?

Calcul des moments fléchissants et efforts tranchants d'une poutre selon Eurocode 0 (NF EN 1990) et formulaires RDM. Le moment (M) représente le produit vectoriel de la force par le bras de levier, calculé par rapport à un point. Il correspond au mouvement de rotation autour de l'axe de la poutre. À partir de la portée, des conditions d'appui (simple, encastrée, console) et des charges (réparties, ponctuelles, trapézoïdales), l'outil détermine Mmax, Vmax et la déformée. Utilisé pour pré-dimensionner poutres, linteaux et solives en béton armé, acier ou bois lamellé-collé en logement et tertiaire.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Un moment fléchissant est le produit d’une force par son bras de levier autour d’une section donnée. Il s’exprime en kilonewtons-mètres (kN.m) et se lit toujours en même temps que l’effort tranchant V, en kilonewtons (kN), et que la flèche, en millimètres. Deux niveaux se superposent dans ce calcul, et les confondre est la source d’erreur la plus fréquente. Le premier est la statique : les formules M = p L² / 8 ou M = p L² / 2 sont des résultats mathématiques d’équilibre, indépendants de toute norme, valables pour un matériau quelconque. Le second est normatif : c’est la NF EN 1990 (Eurocode 0, indice de classement P 06-100-1) qui décide quelle charge p entre dans la formule, selon l’état limite examiné et la combinaison retenue. Cette page publie les formulaires de statique avec leurs hypothèses, ainsi que les clauses de l’Eurocode 0 qui encadrent leur emploi, mais aucun coefficient partiel γ ni aucun coefficient ψ : ces valeurs relèvent de l’annexe nationale française et les tableaux qui les portent ne sont pas exploitables dans l’exemplaire que nous avons ouvert. Ce calculateur est un outil de prédimensionnement ; il ne remplace pas la note de calcul d’un bureau d’études structure.

Méthode et formules : de la combinaison d’actions au diagramme M et V

Calculer un moment suppose trois décisions prises avant toute formule : quelle charge, quelle portée, quelles conditions d’appui. La charge vient d’une combinaison d’actions écrite selon l’Eurocode 0 ; la portée est la distance entre nus d’appui ou entre axes selon la convention retenue, et doit être cohérente avec le formulaire employé ; les conditions d’appui déterminent le formulaire lui-même et changent le résultat dans un rapport qui peut atteindre 4.

L’Eurocode 0 pose la vérification de résistance en expression (6.8), Ed ≤ Rd : la valeur de calcul de l’effet des actions ne doit pas excéder la résistance correspondante. Le moment de calcul MEd est donc un effet d’actions, produit par une combinaison, et non une propriété intrinsèque de la poutre.

Variables, unités et conventions

p est la charge uniformément répartie linéique, en kN/m ; elle s’obtient en multipliant une charge surfacique, en kN/m², par la largeur d’influence de l’élément, en mètres. P est une charge concentrée, en kN. L est la portée de calcul, en mètres. M est le moment fléchissant, en kN.m ; V l’effort tranchant, en kN ; R la réaction d’appui, en kN.

Pour la flèche, deux grandeurs de matériau interviennent : E, module d’élasticité, en N/mm² (équivalent au MPa), et I, moment quadratique de la section, en mm⁴ — les catalogues le donnent en cm⁴, et 1 cm⁴ vaut 10⁴ mm⁴. Le produit EI est la rigidité de flexion. Le mélange d’unités est ici la première cause d’erreur : une flèche se calcule en newtons et en millimètres, pas en kilonewtons et en mètres.

Ce que l’Eurocode 0 impose en amont du formulaire

La charge p n’est pas libre. La clause 6.4.3.1(2) impose d’inclure dans chaque combinaison une action variable dominante ou une action accidentelle, ce qui oblige à écrire plusieurs combinaisons dès qu’il y a plusieurs actions variables. La clause A1.2.1(1) interdit de combiner des effets d’actions qui ne peuvent pas exister simultanément. Les combinaisons d’états limites ultimes s’écrivent selon les expressions (6.9a) à (6.12b), celles d’états limites de service selon les expressions (6.14a) à (6.16b), conformément aux clauses A1.2.1(2) et A1.2.1(3).

La distinction est décisive pour un calculateur de poutre : le moment de dimensionnement se calcule avec une combinaison d’états limites ultimes, la flèche avec une combinaison d’états limites de service, où les coefficients partiels valent 1,0 selon la clause A1.4.1(1). La clause A1.4.3(1) le dit explicitement : les déformations se calculent avec les expressions (6.14a) à (6.16b), en distinguant états limites réversibles et irréversibles.

Une limite est à connaître avant de superposer des cas de charge : la clause 6.4.3.2(4) impose, lorsque la relation entre actions et effets n’est pas linéaire, d’appliquer directement les expressions (6.9a) ou (6.9b) en tenant compte de l’augmentation relative des effets. La superposition des diagrammes n’est valable qu’en comportement élastique linéaire et en petits déplacements.

Formulaires isostatiques de référence

Poutre sur deux appuis simples, charge uniformément répartie p : M maximal à mi-portée, M = p L² / 8 ; effort tranchant maximal aux appuis, V = p L / 2 ; réaction R = p L / 2 ; flèche maximale à mi-portée, δ = 5 p L⁴ / (384 E I).

Poutre sur deux appuis simples, charge concentrée P à mi-portée : M = P L / 4 ; V = P / 2 ; δ = P L³ / (48 E I). Console de longueur L, charge répartie p : M à l’encastrement = p L² / 2 ; V = p L ; δ en extrémité = p L⁴ / (8 E I). Console, charge concentrée P en extrémité : M = P L ; V = P ; δ = P L³ / (3 E I).

Ces relations sont des résultats de statique et de résistance des matériaux, obtenus par équilibre et intégration de la courbure. Elles ne figurent dans aucune annexe nationale et ne dépendent d’aucun paramètre déterminé au niveau national : ce qui en dépend, c’est uniquement la valeur de p ou de P que l’on y injecte.

Cas hyperstatiques courants

Poutre bi-encastrée sous charge répartie p : M sur appuis = p L² / 12, M en travée = p L² / 24, flèche = p L⁴ / (384 E I). L’encastrement divise donc le moment maximal par 1,5 et la flèche par 5 par rapport au cas isostatique, mais transfère du moment aux appuis, ce qui suppose que les appuis soient réellement capables de le reprendre.

Poutre continue à deux travées égales de portée L, charge répartie p : moment sur appui central = p L² / 8, moment maximal en travée = 9 p L² / 128, réactions d’extrémité = 3 p L / 8, réaction sur appui central = 1,25 p L. La continuité réduit le moment en travée mais concentre la charge sur l’appui central : c’est le point de vigilance sur le poteau ou le mur intermédiaire.

Ces cas supposent une inertie constante, un matériau homogène élastique linéaire et des appuis indéformables. Dès que l’un de ces trois points est faux — poutre à inertie variable, tassement différentiel d’appui, semi-encastrement réel — le formulaire cesse d’être valide et il faut un calcul de structure.

Enchaînement de la méthode

  • 1. Recenser les actions et les classer en G, Q et A selon la clause 4.1.1(1)P de la NF EN 1990.
  • 2. Déterminer la largeur d’influence de l’élément et convertir les charges surfaciques en charges linéiques.
  • 3. Écrire les combinaisons d’états limites ultimes (expressions 6.9a à 6.12b) et de service (expressions 6.14a à 6.16b), avec les coefficients de l’annexe nationale.
  • 4. Identifier les conditions d’appui réelles et retenir le formulaire correspondant — ne jamais supposer un encastrement non justifié.
  • 5. Calculer M, V et les réactions avec la combinaison d’états limites ultimes.
  • 6. Calculer la flèche avec la combinaison de service pertinente, en cohérence avec le critère à respecter.
  • 7. Comparer MEd à la résistance MRd de l’Eurocode de matériau (expression 6.8), et la flèche aux limites fixées par l’annexe nationale du même Eurocode ou par le marché.
  • 8. Faire valider l’ensemble par un bureau d’études structure, qui signe la note de calcul.

Quatre exemples chiffrés, vérifiables pas à pas

Les charges de ces exemples sont posées comme des hypothèses de travail arbitraires : elles n’ont aucune valeur réglementaire et ne proviennent d’aucun tableau normatif. Seule l’arithmétique est à retenir, entièrement reproductible.

Exemple 1 — Poutre isostatique et superposition

Hypothèses : p = 18,0 kN/m, portée L = 4,50 m, deux appuis simples. M = p L² / 8 = 18,0 × 4,50² / 8 = 18,0 × 20,25 / 8 = 364,5 / 8 = 45,56 kN.m, à mi-portée soit à 2,25 m. V = p L / 2 = 18,0 × 4,50 / 2 = 40,5 kN à chaque appui.

Ajoutons une charge concentrée P = 20,0 kN à mi-portée : elle produit M = P L / 4 = 20,0 × 4,50 / 4 = 22,50 kN.m et V = P / 2 = 10,0 kN. En comportement élastique linéaire, les effets s’additionnent : M total = 45,56 + 22,50 = 68,06 kN.m et V total = 40,5 + 10,0 = 50,5 kN.

Contrôle d’équilibre : la charge totale vaut 18,0 × 4,50 + 20,0 = 81,0 + 20,0 = 101,0 kN, et la somme des deux réactions vaut 2 × 50,5 = 101,0 kN. L’équilibre vertical est vérifié.

Exemple 2 — Console, ou pourquoi un balcon n’est pas une poutre

Hypothèses : console de longueur L = 1,80 m, charge répartie p = 12,0 kN/m. M à l’encastrement = p L² / 2 = 12,0 × 3,24 / 2 = 19,44 kN.m. V à l’encastrement = p L = 12,0 × 1,80 = 21,6 kN.

Comparaison : la même charge sur une poutre isostatique de même portée donnerait M = p L² / 8 = 12,0 × 3,24 / 8 = 4,86 kN.m. Le rapport vaut 19,44 / 4,86 = 4,0 exactement. Une console produit quatre fois le moment d’une poutre bi-appuyée de même portée, et ce moment est intégralement repris par l’appui.

Conséquence pratique : sur un balcon en porte-à-faux, l’aciers supérieur et l’ancrage dans le plancher sont l’élément dimensionnant, pas la section de la dalle en extrémité. Ce point relève d’un calcul de structure, pas d’un formulaire.

Exemple 3 — Poutre continue à deux travées

Hypothèses : deux travées égales de L = 5,00 m, charge répartie p = 24,0 kN/m. Moment sur appui central = p L² / 8 = 24,0 × 25 / 8 = 75,0 kN.m. Moment maximal en travée = 9 p L² / 128 = 9 × 24,0 × 25 / 128 = 5 400 / 128 = 42,19 kN.m.

Réactions : appuis d’extrémité R = 3 p L / 8 = 3 × 24,0 × 5,00 / 8 = 360 / 8 = 45,0 kN ; appui central R = 1,25 p L = 1,25 × 24,0 × 5,00 = 150,0 kN. Contrôle : 45,0 + 150,0 + 45,0 = 240,0 kN, égal à p × 2 L = 24,0 × 10,0 = 240,0 kN.

Lecture comparative avec deux poutres isostatiques indépendantes de même portée : le moment en travée passerait de 75,0 à 42,19 kN.m, soit une réduction de 43,7 %, mais la réaction sur l’appui central passerait de 120,0 à 150,0 kN, soit une augmentation de 25 %. La continuité soulage la travée et charge l’appui — un poteau intermédiaire dimensionné sur l’hypothèse isostatique est sous-dimensionné d’un quart.

Exemple 4 — Flèche, et le piège des unités

Hypothèses de travail arbitraires : p = 24,0 kN/m, L = 5,00 m, appuis simples, E = 210 000 N/mm², I = 10 000 cm⁴. Conversion préalable : p = 24,0 N/mm, L = 5 000 mm, I = 10 000 × 10⁴ = 1,0 × 10⁸ mm⁴.

δ = 5 p L⁴ / (384 E I). Numérateur : 5 × 24,0 × 5 000⁴ = 120 × 6,25 × 10¹⁴ = 7,5 × 10¹⁶. Dénominateur : 384 × 210 000 × 1,0 × 10⁸ = 8,064 × 10¹⁵. δ = 7,5 × 10¹⁶ / 8,064 × 10¹⁵ = 9,30 mm.

Rapporté à la portée : L / δ = 5 000 / 9,30 = 538, soit une flèche de L/538. Reste à comparer cette valeur à la limite exigée, qui n’est pas donnée par l’Eurocode 0 : la clause A1.4.2(2) demande de spécifier les critères d’aptitude au service pour chaque projet et de les fixer en accord avec le client, sa note ajoutant qu’ils peuvent être définis dans l’annexe nationale. En charpente bois, par exemple, le NF DTU 31.1 P1-1 renvoie en 5.6 aux valeurs limites de la clause 7.2(2) de la NF EN 1995-1-1/NA. Nous ne publions aucune de ces limites.

Cadre normatif : statique, Eurocode 0 et Eurocodes de matériau

Le calcul d’un moment fléchissant se situe à l’intersection de trois corpus. La statique fournit les formulaires, qui sont des mathématiques et non des normes. La NF EN 1990 fournit les combinaisons et la forme de la vérification. Les Eurocodes de matériau — NF EN 1992 pour le béton, NF EN 1993 pour l’acier, NF EN 1995 pour le bois, NF EN 1996 pour la maçonnerie — fournissent la résistance MRd et, avec leurs annexes nationales, les critères de flèche.

Textes de référence

  • NF EN 1990 (mars 2003), P 06-100-1 — bases de calcul : expression (6.8) Ed ≤ Rd, expression (6.13) Ed ≤ Cd, combinaisons des clauses 6.4.3 et 6.5.3, Annexe A1 pour les bâtiments.
  • NF EN 1990, clauses A1.4.1 à A1.4.3 — états limites de service des bâtiments : coefficients partiels des actions égaux à 1,0, critères d’aptitude au service à spécifier par projet, déformations calculées avec les expressions (6.14a) à (6.16b).
  • NF EN 1991 (Eurocode 1) et ses parties — valeurs caractéristiques des actions à introduire dans les combinaisons.
  • NF EN 1992, NF EN 1993, NF EN 1995, NF EN 1996 et leurs annexes nationales — résistances de calcul et limites de flèche par matériau.
  • NF DTU 31.1 P1-1 (P 21-203-1-1), clause 5.6 — pour la charpente bois : la flèche calculée aux états limites de service doit être inférieure aux valeurs limites de la clause 7.2(2) de la NF EN 1995-1-1/NA.

Ce qui est publiable et ce qui ne l’est pas

Les formulaires de statique sont publiables sans réserve : ils se démontrent, se vérifient et ne dépendent d’aucun choix national. Les coefficients partiels γ, les coefficients de combinaison ψ et les limites de flèche ne le sont pas : ce sont des paramètres déterminés au niveau national, et dans l’exemplaire de la NF EN 1990 que nous avons ouvert, les Tableaux A1.1 à A1.4 qui les portent sont des images non exploitables. Nous ne les avons donc pas lus et ne les reproduisons pas.

Un formulaire correct alimenté par une charge fausse produit un résultat faux avec trois décimales : la précision affichée par un calculateur ne dit rien de la justesse de l’hypothèse de charge, qui est le seul vrai enjeu.

Limites et hypothèses

  • Les formulaires supposent un matériau homogène, élastique et linéaire, une inertie constante sur la portée et des appuis indéformables. Une poutre à inertie variable ou un appui qui tasse sortent de ce cadre.
  • La superposition des cas de charge n’est licite qu’en comportement linéaire ; la clause 6.4.3.2(4) de la NF EN 1990 impose un traitement direct lorsque la relation entre actions et effets ne l’est pas.
  • Un semi-encastrement réel n’est ni un appui simple ni un encastrement parfait : retenir un encastrement non justifié sous-estime le moment en travée et surestime la capacité des appuis.
  • Le moment n’est pas la seule vérification : l’effort tranchant, le déversement, le voilement local et, en béton, l’effort tranchant avec armatures d’âme, peuvent être dimensionnants avant lui.
  • La flèche calculée ici est instantanée. Les effets différés — fluage du béton, fluage du bois — s’ajoutent et se calculent avec des combinaisons de service spécifiques, la combinaison quasi-permanente étant, selon la note de la clause 6.5.3(2), normalement utilisée pour les effets à long terme.
  • La portée de calcul n’est pas la portée libre : la convention retenue (entre nus, entre axes d’appui) doit être celle du formulaire utilisé, faute de quoi l’écart sur M est quadratique.
  • Les charges mobiles, les charges d’exécution et les effets dynamiques ne relèvent pas de ces formulaires statiques.
  • Un calculateur en ligne ne connaît ni le matériau réel, ni les conditions d’appui effectives, ni l’état d’une structure existante : il ne peut pas conclure à l’aptitude d’un élément.

Erreurs fréquentes sur les moments fléchissants

  • Utiliser M = p L² / 8 sur une console : le bon formulaire est M = p L² / 2, soit quatre fois plus, comme le montre l’exemple 2.
  • Dimensionner un appui intermédiaire de poutre continue sur une hypothèse isostatique : la réaction centrale de deux travées égales vaut 1,25 p L, contre 1,00 p L en isostatique, soit 25 % de plus.
  • Calculer une flèche avec une combinaison d’états limites ultimes, alors que la clause A1.4.3(1) renvoie aux expressions (6.14a) à (6.16b) et que les coefficients partiels valent 1,0 en service (clause A1.4.1(1)).
  • Mélanger les unités dans le calcul de flèche : mètres et kilonewtons d’un côté, millimètres et newtons de l’autre. Un moment quadratique lu en cm⁴ doit être converti en mm⁴ en multipliant par 10⁴.
  • Oublier la largeur d’influence et injecter une charge surfacique en kN/m² dans une formule qui attend des kN/m.
  • Confondre moment maximal et moment à mi-portée : ils coïncident sous charge répartie symétrique, mais pas sous charge dissymétrique ni sur poutre continue.
  • Ne retenir qu’une seule combinaison, alors que la clause 6.4.3.1(2) impose une action variable dominante par combinaison et donc autant de combinaisons que d’actions candidates.
  • Additionner les moments d’un cas d’états limites ultimes et d’un cas de service : ce sont deux vérifications différentes, avec deux jeux de coefficients.

Moments fléchissants et maîtrise d’œuvre

En phase de conception, l’ordre de grandeur d’un moment sert d’abord à arbitrer : où placer un porteur, quelle portée est raisonnable, quelle retombée de poutre accepter sous plafond, quelle épaisseur de plancher permet de tenir la hauteur sous plafond du programme. C’est un usage légitime du prédimensionnement, à condition qu’il reste explicitement un ordre de grandeur et qu’il soit repris ensuite par un calcul justifié.

Progineer utilise ces calculs pour arbitrer les partis structurels en amont, écrire les hypothèses de charge dans les pièces écrites, et confronter les résultats d’un bureau d’études structure aux contraintes architecturales et d’usage. La note de calcul, elle, est produite et signée par le bureau d’études structure, qui en porte la responsabilité. Progineer est une société de maîtrise d’œuvre créée en 2024, dirigée par un professionnel exerçant dans le BTP depuis 2020.

En rénovation, une précaution s’impose : un formulaire appliqué à une poutre existante ne dit rien de sa capacité résiduelle. Section réelle, état du matériau, corrosion des aciers, aubier et fentes du bois, appuis dégradés — tout cela relève d’un diagnostic structurel, préalable et non substituable au calcul.

FAQ technique — Moments fléchissants et efforts tranchants

D’où vient la formule M = p L² / 8 ?

De la statique : c’est le moment maximal, à mi-portée, d’une poutre sur deux appuis simples soumise à une charge uniformément répartie. Elle s’obtient par équilibre, sans hypothèse de matériau ni coefficient normatif. Ce qui relève de l’Eurocode 0, c’est uniquement la valeur de p que l’on y injecte, issue d’une combinaison d’actions.

Pourquoi une console produit-elle quatre fois plus de moment ?

Parce que le moment d’encastrement d’une console vaut p L² / 2 alors que celui d’une poutre bi-appuyée de même portée vaut p L² / 8. Le rapport (1/2) / (1/8) vaut exactement 4. C’est vérifiable sur l’exemple chiffré de cette page : 19,44 kN.m contre 4,86 kN.m pour p = 12,0 kN/m et L = 1,80 m.

Quelle charge faut-il utiliser : celle des états limites ultimes ou celle de service ?

Les deux, mais pour des vérifications différentes. Le moment de dimensionnement MEd se calcule avec une combinaison d’états limites ultimes et se compare à MRd selon l’expression (6.8). La flèche se calcule avec une combinaison de service, où les coefficients partiels des actions valent 1,0 selon la clause A1.4.1(1), et se compare au critère de l’expression (6.13), Ed ≤ Cd.

La continuité d’une poutre est-elle toujours favorable ?

Non. Sur deux travées égales, elle réduit le moment maximal en travée de 75,0 à 42,19 kN.m dans l’exemple de cette page, soit 43,7 % de moins, mais elle porte la réaction sur l’appui central de 120,0 à 150,0 kN, soit 25 % de plus. Elle crée en outre un moment sur appui égal à p L² / 8, que l’appui et les armatures supérieures doivent reprendre.

Quelle limite de flèche faut-il respecter ?

Elle ne se déduit pas de l’Eurocode 0. La clause A1.4.2(2) demande de spécifier les critères d’aptitude au service pour chaque projet et de les fixer en accord avec le client, sa note ajoutant qu’ils peuvent être définis dans l’annexe nationale. En charpente bois, le NF DTU 31.1 P1-1 renvoie en 5.6 aux limites de la clause 7.2(2) de la NF EN 1995-1-1/NA. Nous ne publions aucune de ces valeurs.

Peut-on additionner les diagrammes de plusieurs charges ?

Oui en comportement élastique linéaire et en petits déplacements, comme dans l’exemple 1 où 45,56 et 22,50 kN.m s’ajoutent pour donner 68,06 kN.m. Non dès que la relation entre actions et effets cesse d’être linéaire : la clause 6.4.3.2(4) impose alors d’appliquer directement les expressions (6.9a) ou (6.9b).

Ce calculateur suffit-il pour dimensionner une poutre ?

Non. Il donne des sollicitations et un ordre de grandeur de flèche : c’est un outil de prédimensionnement. Le dimensionnement suppose la résistance du matériau, les vérifications de cisaillement et d’instabilité, et l’application des annexes nationales. Il engage la sécurité des personnes et relève d’un bureau d’études structure, qui signe la note de calcul.

Glossaire technique

Moment fléchissant M
Produit d’une force par son bras de levier autour d’une section, en kN.m. Il traduit la tendance à la rotation de part et d’autre de la coupe et pilote la flexion de l’élément.
Effort tranchant V
Résultante des efforts transversaux dans une section, en kN. Maximal aux appuis sous charge répartie, il est souvent dimensionnant à proximité immédiate des appuis, avant le moment.
Portée de calcul L
Distance entre appuis retenue dans le formulaire, en mètres. La convention (entre nus ou entre axes) doit être cohérente avec la formule employée : l’effet d’une erreur sur L est quadratique sur M.
Largeur d’influence
Bande de plancher dont les charges sont effectivement reprises par l’élément considéré, en mètres. Elle convertit une charge surfacique en kN/m² en charge linéique en kN/m.
Rigidité de flexion EI
Produit du module d’élasticité E, en N/mm², par le moment quadratique I, en mm⁴. Elle conditionne la flèche mais pas la résistance : deux poutres de même EI peuvent avoir des résistances très différentes.
Isostatique et hyperstatique
Une structure isostatique est équilibrée par les seules équations de la statique ; une structure hyperstatique comporte des liaisons surabondantes et exige de prendre en compte les déformations. Continuité et encastrement rendent hyperstatique.
MEd et MRd
MEd est la valeur de calcul du moment sollicitant, issue d’une combinaison d’actions ; MRd la valeur de calcul du moment résistant, issue de l’Eurocode de matériau. L’expression (6.8) de la NF EN 1990 impose MEd ≤ MRd.
Flèche instantanée et différée
La flèche instantanée est la déformation immédiate sous charge ; la flèche différée s’y ajoute avec le temps par fluage. La note de la clause 6.5.3(2) indique que la combinaison quasi-permanente est normalement utilisée pour les effets à long terme.
État limite de service
Situation où la structure cesse de satisfaire un critère d’aptitude à l’usage sans être en ruine. La vérification s’écrit Ed ≤ Cd, expression (6.13) de la NF EN 1990, avec des coefficients partiels d’actions égaux à 1,0 (clause A1.4.1(1)).

Sources et normes de référence

Calculateurs associés

Calcul vérification section acier et bois — Eurocode 3 et 5

Vérification de la résistance des sections selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 5 (bois, NF EN 1995-1-1). Ce calcul de la section transversale permet de vérifier la flexion simple et le moment de flexion. À partir des sollicitations N, M, V de calcul et de la géométrie de la section (IPE, HEA, HEB, bois massif, BLC), l'outil contrôle le moment résistant de calcul et les critères ELU de flexion, compression, traction et cisaillement. Utilisé pour vérifier la section de poutre, poteaux et solivages de bâtiments tertiaires, industriels et logements.

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Vérification au flambement des poteaux selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 2 (béton armé, NF EN 1992-1-1). Ce calcul prend en compte la section du poteau, la longueur de flambement, les charges permanentes et les charges d'exploitation. À partir de l'effort normal Ned, l'outil applique les courbes a/b/c/d, calcule l'élancement et vérifie le critère Ned ≤ Nb,Rd. Utilisé pour dimensionner les poteaux de bâtiments industriels, immeubles tertiaires et logements collectifs en R+1 à R+10.

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Calcul charges exploitation EC1 — Surcharges plancher

Détermination des charges d'exploitation selon Eurocode 1 partie 1-1 (NF EN 1991-1-1) et son annexe nationale française. L'outil restitue les valeurs caractéristiques qk et Qk par catégorie d'usage : habitation (A), bureaux (B), commerces (D), salles de réunion (C), parkings (F/G) et toitures (H/I/K). Utilisé pour le pré-dimensionnement de planchers, poutres et solivages en logements, ERP et bâtiments industriels neufs ou rénovés.

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Flexion simple béton armé

Dimensionnement d'une poutre en béton armé soumise à la flexion simple selon Eurocode 2

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Action du vent EC1

Calcul de la pression du vent selon Eurocode 1 (NF EN 1991-1-4) et ses annexes nationales françaises. Ce calcul prend en compte la vitesse de référence du vent, la pression dynamique de base, le coefficient d'exposition et les coefficients aérodynamiques. Permet de dimensionner les éléments de structure et de couverture exposés au vent. Utilisé pour les bâtiments de toute hauteur en zone urbaine, campagne et bord de mer.

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Thématiques associées

Notre expertise couvre également ces thématiques connexes, sur lesquelles nous accompagnons régulièrement nos clients :

  • rapport à un point
  • moment par rapport
  • produit vectoriel
  • autour du point
  • mouvement de rotation
  • rotation autour de l'axe