Aller au contenu principal
Fond décoratif architecture et calculs professionnels BTP
eurocodes 🔴 Avancé Premium 20 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul vérification poteaux — Eurocodes 2 et 3

Vérification au flambement des poteaux selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 2 (béton armé, NF EN 1992-1-1). Ce calcul prend en compte la section du poteau, la longueur de flambement, les charges permanentes et les charges d'exploitation. À partir de l'effort normal Ned, l'outil applique les courbes a/b/c/d, calcule l'élancement et vérifie le critère Ned ≤ Nb,Rd. Utilisé pour dimensionner les poteaux de bâtiments industriels, immeubles tertiaires et logements collectifs en R+1 à R+10.

poteau compression flambement eurocode

Format: largeur x hauteur (mm)

m
kN
kN.m

Remplissez les paramètres et cliquez sur "Calculer" pour voir les résultats

Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Type de matériau Type de matériau
Section Format: largeur x hauteur (mm)
Hauteur m Hauteur
Effort normal kN Effort normal
Moment fléchissant kN.m Moment fléchissant

Comprendre cet outil

Les Eurocodes (EN 1990 à EN 1999) constituent le référentiel européen de dimensionnement des structures : actions, béton, acier, bois, géotechnique et parasismique.

Calcul vérification poteaux — Eurocodes 2 et 3 donne une approche dimensionnelle de premier ordre. Tout ouvrage doit être validé par un calcul complet d'un bureau d'études structure intégrant combinaisons d'actions, hypothèses de sol et zone sismique.

Progineer et votre projet

Progineer coordonne le bureau d'études structure et veille à la cohérence du dimensionnement avec les contraintes du site, en particulier sur le littoral PACA classé en zone sismique active.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul vérification poteaux — Eurocodes 2 et 3 » ?

Vérification au flambement des poteaux selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 2 (béton armé, NF EN 1992-1-1). Ce calcul prend en compte la section du poteau, la longueur de flambement, les charges permanentes et les charges d'exploitation. À partir de l'effort normal Ned, l'outil applique les courbes a/b/c/d, calcule l'élancement et vérifie le critère Ned ≤ Nb,Rd. Utilisé pour dimensionner les poteaux de bâtiments industriels, immeubles tertiaires et logements collectifs en R+1 à R+10.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Vérifier un poteau, c’est répondre à une question unique — l’effort normal de calcul reste-t-il inférieur à la résistance au flambement — mais le chemin diffère radicalement selon le matériau. En béton armé, l’Eurocode 2 passe par un critère d’élancement puis, si nécessaire, par un moment du second ordre ajouté au moment du premier ordre. En acier, l’Eurocode 3 passe par un coefficient de réduction χ lu sur une courbe de flambement affectée à la section. Un point surprend souvent : en France, les coefficients partiels sur l’acier de construction valent 1,00 pour la résistance des sections comme pour celle des barres aux instabilités, alors que l’acier de béton armé est affecté d’un coefficient de 1,15. Toute la marge de sécurité d’un poteau métallique est donc portée par χ. Cette page cite chaque valeur à sa clause et reste un support de prédimensionnement, pas une note de calcul.

Méthode de vérification : deux chemins, des variables et des unités

Les deux Eurocodes partagent la même logique de fond — comparer une sollicitation de calcul à une résistance de calcul — mais formalisent différemment l’instabilité. L’Eurocode 2 l’intègre en majorant le moment ; l’Eurocode 3 l’intègre en réduisant la résistance. Il faut donc traiter les deux chaînes séparément, sans transposer les habitudes de l’une à l’autre.

Les variables communes et leurs unités

NEd est l’effort normal de calcul, en kilonewtons (kN), issu des combinaisons d’actions de l’Eurocode 0 et de son annexe nationale. l est la hauteur libre du poteau et l0 sa longueur de flambement, en mètres.

En acier, fy est la limite d’élasticité en mégapascals (MPa) et A l’aire de section. La NF EN 1993-1-1 définit dans sa liste de notations « Nb,Rd valeur de calcul de la résistance de la barre comprimée au flambement », « χ coefficient de réduction pour le mode de flambement approprié », « Φ valeur pour déterminer le coefficient de réduction χ », « a0, a, b, c, d dénominations de courbes de flambement », « Ncr effort normal critique de flambement élastique pour le mode de flambement approprié, basé sur les propriétés de section transversale brute » et « i rayon de giration par rapport à l’axe approprié ».

Chemin Eurocode 2 : critère d’élancement puis second ordre

En béton armé, la longueur de flambement des poteaux d’étages courants « peut être représentée par l0 = 0,7 l » selon le FD P18-717 en 5.8.3.2 (2) - (II), sous réserve que leur raideur ne soit pas prise en compte dans le contreventement et qu’ils soient correctement connectés en tête et en pied à des éléments de raideur supérieure ou égale.

L’élancement se calcule ensuite par λ = L0 × √12 / h pour une section rectangulaire de côté h dans la direction du flambement, ou λ = 4 L0 / D pour une section circulaire, selon 5.8.5 (1) NOTE. Le FD précise que ces expressions servent « à déterminer l’élancement de l’Expression (5.14) de 5.8.3.2 (1) et de le comparer à λlim de 5.8.3.1 (1) (cette comparaison est appelée le critère d’élancement) ».

Si le critère n’est pas satisfait, le moment de calcul devient MEd = M0Ed + M2 (Expression (5.31) de 5.8.8.2 (1)), avec M0Ed = NEd · e1 incluant les imperfections géométriques, et M2 = NEd · (1 / r) · l0² / c (Expression (5.33)), « c dépend du choix de la forme de la déformée, par exemple, c = π² dans le cas d’une courbure sinusoïdale ».

Chemin Eurocode 3 : coefficient de réduction et courbe de flambement

En acier, la NF EN 1993-1-1 pose en 6.3.1.1 (1) qu’« il convient de vérifier une barre comprimée vis-à-vis du flambement » en comparant NEd, « valeur de calcul de l’effort de compression », à Nb,Rd, « résistance de calcul de la barre comprimée au flambement ». En 6.3.1.1 (3), cette résistance fait intervenir χ, « coefficient de réduction pour le mode de flambement approprié » ; l’expression littérale figure sous forme d’image dans le document consulté et n’est pas reproduite.

Le coefficient χ se détermine, selon 6.3.1.2 (1), « pour l’élancement réduit approprié, à partir de la courbe de flambement concernée ». Le facteur d’imperfection α se prend dans le Tableau 6.1, la courbe applicable à la section étant tirée du Tableau 6.2 (6.3.1.2 (2)). Ces deux tableaux figurent en images et leurs valeurs ne sont pas publiées.

La norme ajoute en 6.3.1.2 (4) qu’en deçà d’un certain élancement réduit, « les effets du flambement peuvent être négligés et seules les vérifications de sections transversales s’appliquent ». Ce seuil figure lui aussi en image.

Enchaînement complet de la vérification

  • 1. Établir NEd à partir des combinaisons d’actions de l’Eurocode 0 et de son annexe nationale.
  • 2. Déterminer les conditions de liaison réelles en tête et en pied, puis la longueur de flambement l0 dans chaque direction.
  • 3. En béton armé : calculer l’élancement, le comparer à λlim, et si nécessaire ajouter le moment du second ordre M2.
  • 4. En acier : classer la section au sens de 5.5, calculer l’élancement réduit, choisir la courbe de flambement, en déduire χ.
  • 5. Appliquer les coefficients partiels : γS pour l’acier de béton armé, γM0 et γM1 pour l’acier de construction.
  • 6. Vérifier NEd contre la résistance au flambement, dans chaque direction et pour chaque mode.
  • 7. Faire établir et signer la note de calcul par un bureau d’études structure.

Trois exemples chiffrés entièrement vérifiables

Les valeurs normatives employées ci-dessous sont exclusivement celles que nous avons pu lire dans une clause identifiée : l0 = 0,7 l et les expressions de λ du FD P18-717, le plancher de 20 mm sur les imperfections géométriques de l’annexe nationale Eurocode 2, l’Expression (5.33) pour M2, et les coefficients partiels γM0, γM1 et γM2 de l’Eurocode 3 confirmés par son annexe nationale. Les sections, les charges, la courbure et le coefficient χ sont des hypothèses de travail explicitement posées.

Exemple 1 — Élancement d’un poteau béton rectangulaire non carré

Hypothèses : section 250 × 400 mm, hauteur libre l = 2,80 m, poteau d’étage courant correctement connecté en tête et en pied.

Longueur de flambement : l0 = 0,7 × 2,80 = 1,96 m.

Le flambement se produit selon la plus petite dimension, soit h = 0,250 m. Élancement : λ = 1,96 × 3,4641 / 0,250 = 6,7896 / 0,250 = 27,16.

Contrôle du domaine de la méthode simplifiée du FD P18-717 : λ = 27,16 ≤ 120 et h = 0,250 m ≥ 0,15 m. Selon la grande dimension, λ = 1,96 × 3,4641 / 0,400 = 16,97 : c’est toujours la direction la plus défavorable qui commande.

Exemple 2 — Moment du second ordre sur le même poteau béton

Hypothèses : effort normal de calcul NEd = 800 kN, longueur de flambement l0 = 1,96 m issue de l’exemple précédent, courbure posée arbitrairement à 1/r = 0,010 m⁻¹, forme de la déformée sinusoïdale donc c = π² = 9,8696 selon l’Expression (5.33).

Excentricité du premier ordre prise au plancher imposé par l’annexe nationale française, qui indique en 5.2 (1)P que « pour le calcul de stabilité, les imperfections géométriques ne peuvent pas être inférieures à 20 mm » : e1 = 0,020 m.

Moment du premier ordre : M0Ed = NEd × e1 = 800 × 0,020 = 16,00 kN.m.

Moment du second ordre : M2 = NEd × (1/r) × l0² / c = 800 × 0,010 × 1,96² / 9,8696 = 800 × 0,010 × 3,8416 / 9,8696 = 8,00 × 0,38924 = 3,11 kN.m.

Moment de calcul, selon l’Expression (5.31) : MEd = M0Ed + M2 = 16,00 + 3,11 = 19,11 kN.m. Lecture : sur ce poteau peu élancé, le second ordre représente 3,11 / 19,11 = 16,3 % du moment de calcul, soit 19,5 % du seul moment du premier ordre. Comme M2 varie avec le carré de l0, doubler la longueur de flambement le multiplierait par quatre.

Exemple 3 — Poteau acier et coefficients partiels français

La NF EN 1993-1-1 précise en 6.1 (1) l’affectation des coefficients partiels : « résistance des sections transversales, quelle que soit la classe de section : γM0 ; résistance des barres aux instabilités, évaluée par vérifications de barres : γM1 ; résistance à la rupture des sections transversales en traction : γM2 ». Sa NOTE 2B recommande pour les bâtiments γM0 = 1,00, γM1 = 1,00 et γM2 = 1,25. L’annexe nationale française NF EN 1993-1-1/NA confirme ces valeurs en clause 6.1 (1) Note 2B : « Les valeurs à utiliser sont les valeurs recommandées ». Ce sont donc bien les valeurs applicables en France.

Hypothèses de travail : aire de section A = 60,0 cm² = 6 000 mm², limite d’élasticité fy = 235 MPa, effort normal de calcul NEd = 800 kN. La nuance et l’aire réelles se lisent dans les tables de profilés et les normes de produits, non reproduites ici.

Résistance de la section brute : A × fy = 6 000 × 235 = 1 410 000 N, soit 1 410 kN. Avec γM0 = 1,00, la résistance de calcul de la section vaut 1 410 / 1,00 = 1 410 kN.

Coefficient de réduction posé arbitrairement à χ = 0,60, faute de pouvoir publier les Tableaux 6.1 et 6.2. Avec γM1 = 1,00, la résistance au flambement vaut 0,60 × 1 410 = 846 kN. Vérification de 6.3.1.1 (1) : 800 / 846 = 0,95 ≤ 1,0. Le poteau passe, avec 5 % de marge.

Lecture : puisque γM0 et γM1 valent 1,00 en France, toute la sécurité vis-à-vis du flambement est concentrée dans χ. Une erreur de courbe n’est corrigée par aucun coefficient partiel — à l’inverse de γM2 = 1,25, réservé à la rupture en traction des sections, un mode fragile.

Cadre normatif : deux Eurocodes, deux annexes nationales

Un poteau se vérifie avec l’Eurocode du matériau qui le constitue, mais les deux systèmes normatifs sont bâtis de la même manière : une norme européenne transposée en NF EN, complétée par une annexe nationale qui fixe les paramètres déterminés au niveau national. L’annexe nationale de l’Eurocode 3 précise son rôle : elle « fournit des paramètres déterminés au plan national (NDP) » pour une liste de clauses énumérées, dont 5.2.1 (3), 5.3.4 (3), 6.1 (1), 6.3.3 (5) et 6.3.4 (1), et indique que « dans un but de clarification, les paramètres déterminés au plan national sont encadrés ».

Textes de référence

  • NF EN 1992-1-1 et NF EN 1992-1-1/NA (P 18-711-1/NA) — Eurocode 2 partie 1-1 et son annexe nationale : Section 5.8 (effets du second ordre), Section 9.5 (poteaux).
  • FD P18-717 — guide d’application des normes NF EN 1992 : longueur de flambement, élancement, méthode simplifiée pour les poteaux courants de bâtiments.
  • NF EN 1993-1-1 (P 22-311-1) — Eurocode 3 partie 1-1 : Section 5.5 (classification des sections), Section 6.1 (coefficients partiels), Section 6.3 (barres aux instabilités).
  • NF EN 1993-1-1/NA (P 22-311-1/NA) — annexe nationale française préparée par la Commission de Normalisation de la Construction Métallique et Mixte CNC2M.
  • NF EN 1993-1-8 — calcul des assemblages, auquel la partie 1-1 renvoie en 6.1 (1), et NF EN 1990 pour les combinaisons d’actions produisant NEd.

Classification des sections en acier : un préalable obligatoire

L’Eurocode 3 impose de classer la section avant toute vérification. En 5.5.1 (1), « le rôle de la classification des sections transversales est d’identifier dans quelle mesure leur résistance et leur capacité de rotation sont limitées par l’apparition du voilement local ». Quatre classes sont définies en 5.5.2 (1) : la Classe 1 admet une rotule plastique avec la capacité de rotation requise pour une analyse plastique ; la Classe 2 permet de développer le moment résistant plastique avec une capacité de rotation limitée ; la Classe 3 permet d’atteindre la limite d’élasticité en fibre extrême comprimée mais pas le moment plastique ; la Classe 4 est celle où le voilement local se produit avant l’atteinte de la limite d’élasticité.

La norme précise en 5.5.2 (6) que « la classe d’une section transversale est définie par la classe la plus élevée (la moins favorable) de ses parois comprimées », et en 5.5.2 (8) que les proportions limites se prennent dans le Tableau 5.2. Un point est décisif pour les poteaux : en 5.5.2 (10), « lorsque la résistance d’une barre aux instabilités est vérifiée selon 6.3, il convient de toujours prendre pour la Classe 3 les proportions limites dans le Tableau 5.2 ». Les valeurs de ce tableau figurent en image et ne sont pas reproduites ici.

Compléments de l’annexe nationale Eurocode 3

L’annexe nationale française apporte plusieurs précisions utiles aux poteaux. En clause 5.3.4 (4), elle indique que « lorsque l’imperfection e0 d’une barre est utilisée pour vérifier sa résistance au moyen d’une analyse au second ordre, les résistances des sections transversales sont vérifiées comme spécifié en 6.2 de la NF EN 1993-1-1, mais en utilisant γM1 au lieu de γM0 ». Elle déclare par ailleurs que la clause 5.3.2 (11) « n’est pas applicable ».

Elle traite aussi le flambement par torsion : « lorsque l’effort normal critique de flambement par torsion, Ncr,T, est inférieur aux deux efforts normaux critiques de flambement par flexion, Ncr,y et Ncr,z, il convient d’effectuer une vérification supplémentaire », le coefficient χT étant déterminé « en utilisant la courbe de flambement relative au flambement par rapport à l’axe z-z selon le Tableau 6.2 ».

Enfin, elle rappelle en clause 6.1 (1) Note 1 que « pour les structures non couvertes dans les parties applicatives 2 à 6 de la NF EN 1993, il appartient aux documents du marché de préciser les valeurs des coefficients partiels à appliquer ».

Ce que nous ne publions pas

Côté Eurocode 3, nous ne publions pas les valeurs du Tableau 6.1 (facteurs d’imperfection α des courbes a0, a, b, c et d), celles du Tableau 6.2, le seuil d’élancement réduit de 6.3.1.2 (4), les expressions littérales de Nb,Rd, de χ et de Φ, ni les proportions limites du Tableau 5.2 : toutes figurent sous forme d’images dans les fichiers consultés.

Côté Eurocode 2, nous ne publions pas γC, αcc pour béton courant, le Tableau 2.1N, λlim ni l’Expression (9.12N) donnant la section minimale d’armatures des poteaux : l’annexe nationale y renvoie aux valeurs recommandées sans les réécrire. Une valeur de tableau mal relevée serait aussi grave qu’une valeur inventée — et sur un poteau, aussi difficile à rattraper.

Limites et hypothèses du calcul

  • Ce calculateur est un outil de prédimensionnement. La vérification d’un poteau engage la stabilité de l’ouvrage et la sécurité des personnes : elle relève d’un bureau d’études structure qui applique les annexes nationales en vigueur et signe sa note de calcul.
  • Un poteau doit être vérifié dans les deux directions principales et pour chaque mode d’instabilité. En acier, l’annexe nationale impose une vérification supplémentaire lorsque l’effort critique de flambement par torsion est inférieur aux deux efforts critiques de flambement par flexion.
  • En béton armé, les expressions simplifiées de l’élancement ne concernent que les éléments isolés. Les éléments participant à la stabilité d’ensemble d’un portique de contreventement relèvent de la méthode générale de 5.8.6.
  • La compression pure est une abstraction : un poteau réel reprend des moments et subit des imperfections, dont l’annexe nationale Eurocode 2 fixe le plancher à 20 mm pour le calcul de stabilité.
  • Les coefficients γM0 = 1,00 et γM1 = 1,00 valent pour les bâtiments. L’annexe nationale renvoie aux documents du marché pour les structures non couvertes par les parties applicatives 2 à 6 de la NF EN 1993.
  • La stabilité d’ensemble ne se déduit pas de la vérification d’un poteau isolé. La NF EN 1993-1-1 fournit en 5.2.1 (4)B un critère approché d’étage.
  • Le comportement au feu relève des parties 1-2 des deux Eurocodes ; les situations sismiques relèvent de l’Eurocode 8. Ni l’un ni l’autre n’est couvert ici.

Erreurs fréquentes sur la vérification des poteaux

  • Ne vérifier qu’une seule direction de flambement. Sur une section rectangulaire non carrée, l’écart d’élancement entre les deux directions peut dépasser 60 %.
  • Transposer une habitude d’un matériau à l’autre : l’Eurocode 2 majore le moment, l’Eurocode 3 réduit la résistance. Les deux logiques ne se mélangent pas.
  • Croire que les coefficients partiels apportent une marge sur un poteau métallique, ou confondre γM1, qui vaut 1,00 et porte sur les instabilités de barres, avec γM2, qui vaut 1,25 et porte sur la rupture des sections en traction.
  • Sauter la classification de section en acier, ou l’effectuer sans retenir les proportions limites de la Classe 3 alors que la barre est vérifiée aux instabilités selon 6.3.
  • Oublier le flambement par torsion ou par flexion-torsion, que l’annexe nationale française impose de vérifier dès que l’effort critique correspondant devient le plus faible.
  • Mesurer la hauteur libre d’un poteau béton comme une hauteur d’étage, alors que le FD P18-717 la définit entre dessus de dalle inférieure et sous-face de dalle supérieure.
  • Négliger le moment du second ordre sur un poteau élancé, alors qu’il croît avec le carré de la longueur de flambement, ou vérifier un poteau isolément sans s’assurer de la stabilité d’ensemble de l’ossature.

Vérification des poteaux et maîtrise d’œuvre

La vérification d’un poteau est rarement le vrai sujet d’un projet : le vrai sujet est le choix de trame, de matériau et de mode de contreventement, décidé bien en amont. Une ossature métallique contreventée par palées et une ossature béton contreventée par voiles ne posent pas les mêmes contraintes de longueur de flambement. C’est à la conception que ces arbitrages se font, et c’est là qu’ils coûtent le moins cher à corriger.

Progineer intervient sur cette chaîne : cadrage du système structurel avec l’architecte et le maître d’ouvrage, identification des poteaux critiques et des conditions de liaison réelles — qui déterminent l0 et donc tout le reste —, coordination du bureau d’études structure qui établit et signe la note de calcul, puis contrôle en exécution des points qui décident vraiment : conformité des profilés livrés, longueurs de recouvrement des attentes en béton armé, respect des enrobages, exécution des assemblages relevant de la NF EN 1993-1-8.

En réhabilitation et en surélévation, la question se pose en sens inverse : le poteau existe, et il faut savoir ce qu’il peut encore reprendre. Le FD P18-717 traite ce cas dans son Annexe A pour le béton, en rappelant que le coefficient de conversion η = 0,85 de l’Annexe A.2.3 (1) de l’Eurocode 2 « s’applique sur le coefficient partiel γC », distinct du coefficient 0,85 de la NF EN 13791 appliqué aux essais sur carottes. Aucun calculateur ne remplace cette étape : c’est le diagnostic qui conditionne la faisabilité, pas l’inverse.

FAQ technique — Vérification des poteaux selon les Eurocodes 2 et 3

Quels coefficients partiels s’appliquent aux poteaux en acier en France ?

La NF EN 1993-1-1 recommande en 6.1 (1) NOTE 2B, pour les bâtiments, γM0 = 1,00 pour la résistance des sections transversales quelle que soit leur classe, γM1 = 1,00 pour la résistance des barres aux instabilités, et γM2 = 1,25 pour la résistance à la rupture des sections transversales en traction. L’annexe nationale française confirme en clause 6.1 (1) Note 2B que « les valeurs à utiliser sont les valeurs recommandées ».

Pourquoi γM0 et γM1 valent-ils 1,00 alors que γS vaut 1,15 en béton armé ?

Parce que la sécurité n’est pas placée au même endroit. En acier, l’incertitude sur le flambement est portée par le coefficient de réduction χ, lu sur une courbe qui intègre les imperfections de fabrication et de géométrie. En béton armé, l’acier est mis en œuvre sur chantier, sa position et son enrobage varient, et le coefficient de 1,15 rappelé en 5.2 (7) a de la NF EN 1992-1-2 en tient compte. Deux logiques différentes, pas deux niveaux de prudence.

Faut-il classer la section avant de vérifier un poteau métallique ?

Oui, systématiquement. La classification identifie dans quelle mesure la résistance de la section est limitée par le voilement local. Point souvent oublié : la norme précise en 5.5.2 (10) que lorsque la résistance de la barre aux instabilités est vérifiée selon 6.3, il convient de toujours prendre les proportions limites de la Classe 3 dans le Tableau 5.2.

Comment savoir si les effets du second ordre doivent être pris en compte ?

En béton armé, par le critère d’élancement : on compare l’élancement calculé à λlim de 5.8.3.1 (1). En acier, la norme indique en 6.3.1.2 (4) qu’en deçà d’un certain élancement réduit les effets du flambement peuvent être négligés et que seules les vérifications de sections s’appliquent. Ces deux seuils sont des paramètres que nous ne reproduisons pas.

Le flambement par flexion suffit-il à couvrir tous les modes ?

Non. L’annexe nationale française de l’Eurocode 3 impose une vérification supplémentaire lorsque l’effort normal critique de flambement par torsion Ncr,T est inférieur aux deux efforts critiques de flambement par flexion Ncr,y et Ncr,z. Elle étend la démarche aux barres à sections en I mono-symétriques, avec un coefficient χTF pour le flambement par flexion-torsion.

Pourquoi ne publiez-vous pas les facteurs d’imperfection des courbes de flambement ?

Parce que les Tableaux 6.1 et 6.2 de la NF EN 1993-1-1 figurent sous forme d’images dans les documents consultés : nous n’avons pas pu les relever caractère par caractère. Une valeur mal recopiée conduirait à un mauvais χ, donc à un poteau sous-dimensionné, sans qu’aucun coefficient partiel ne rattrape l’erreur puisque γM1 vaut 1,00.

Peut-on vérifier un poteau indépendamment du reste de l’ossature ?

Seulement s’il peut être considéré comme un élément isolé. Le FD P18-717 le dit pour le béton armé : les éléments participant à la stabilité d’ensemble comme constituants d’un portique de contreventement relèvent de la méthode générale de 5.8.6. En acier, la NF EN 1993-1-1 fournit en 5.2.1 (4)B un critère approché de stabilité d’étage.

Ce calculateur remplace-t-il une note de calcul ?

Non. Il permet de calculer une longueur de flambement, un élancement, un ordre de grandeur de moment du second ordre et de contrôler des domaines de validité. La justification complète, dans les deux directions et pour tous les modes, relève d’un bureau d’études structure qui l’établit et la signe.

Glossaire technique

Nb,Rd
Valeur de calcul de la résistance de la barre comprimée au flambement, selon la terminologie de la NF EN 1993-1-1. C’est la grandeur à laquelle l’effort normal de calcul NEd doit rester inférieur.
Coefficient de réduction χ
Coefficient de réduction pour le mode de flambement approprié, en acier. Il se lit sur la courbe de flambement affectée à la section et concentre, en France, l’essentiel de la marge de sécurité puisque γM1 vaut 1,00.
Courbes de flambement a0, a, b, c, d
Familles de courbes de l’Eurocode 3 associant un facteur d’imperfection α à un type de section et à un axe de flambement. Le choix se fait par le Tableau 6.2, le facteur α se lit dans le Tableau 6.1.
γM0, γM1, γM2
Coefficients partiels de l’Eurocode 3 portant respectivement sur la résistance des sections, sur celle des barres aux instabilités et sur la rupture des sections en traction. Valeurs recommandées et retenues en France : 1,00, 1,00 et 1,25.
Classe de section
Classement d’une section en acier de 1 à 4 selon la mesure dans laquelle sa résistance et sa capacité de rotation sont limitées par le voilement local. La classe retenue est la plus défavorable de ses parois comprimées.
Effort normal critique Ncr
Effort normal critique de flambement élastique pour le mode considéré, calculé sur les propriétés de la section transversale brute. Il conditionne l’élancement réduit et donc le coefficient χ.
Longueur de flambement l0
Longueur équivalente du poteau bi-articulé de même charge critique. Le FD P18-717 admet l0 = 0,7 l pour les poteaux béton d’étages courants correctement connectés.
Moment du second ordre M2
Moment additionnel dû à la déformation du poteau sous charge, donné en béton armé par M2 = NEd (1/r) l0² / c, avec c = π² pour une courbure sinusoïdale. Il s’ajoute à M0Ed.
Paramètre déterminé au plan national (NDP)
Grandeur ou choix de méthode laissé à chaque État membre par la norme européenne. L’annexe nationale de la NF EN 1993-1-1 les encadre et en donne la liste dans son introduction.

Sources et normes de référence

Calculateurs associés

Calcul vérification section acier et bois — Eurocode 3 et 5

Vérification de la résistance des sections selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 5 (bois, NF EN 1995-1-1). Ce calcul de la section transversale permet de vérifier la flexion simple et le moment de flexion. À partir des sollicitations N, M, V de calcul et de la géométrie de la section (IPE, HEA, HEB, bois massif, BLC), l'outil contrôle le moment résistant de calcul et les critères ELU de flexion, compression, traction et cisaillement. Utilisé pour vérifier la section de poutre, poteaux et solivages de bâtiments tertiaires, industriels et logements.

eurocodes

Calcul moments fléchissants — Eurocode 0

Calcul des moments fléchissants et efforts tranchants d'une poutre selon Eurocode 0 (NF EN 1990) et formulaires RDM. Le moment (M) représente le produit vectoriel de la force par le bras de levier, calculé par rapport à un point. Il correspond au mouvement de rotation autour de l'axe de la poutre. À partir de la portée, des conditions d'appui (simple, encastrée, console) et des charges (réparties, ponctuelles, trapézoïdales), l'outil détermine Mmax, Vmax et la déformée. Utilisé pour pré-dimensionner poutres, linteaux et solives en béton armé, acier ou bois lamellé-collé en logement et tertiaire.

eurocodes

Combinaisons d'actions EC0

Calcul des combinaisons d'actions selon Eurocode 0 pour États Limites Ultimes et de Service

eurocodes

Calcul charges exploitation EC1 — Surcharges plancher

Détermination des charges d'exploitation selon Eurocode 1 partie 1-1 (NF EN 1991-1-1) et son annexe nationale française. L'outil restitue les valeurs caractéristiques qk et Qk par catégorie d'usage : habitation (A), bureaux (B), commerces (D), salles de réunion (C), parkings (F/G) et toitures (H/I/K). Utilisé pour le pré-dimensionnement de planchers, poutres et solivages en logements, ERP et bâtiments industriels neufs ou rénovés.

eurocodes

Flexion simple béton armé

Dimensionnement d'une poutre en béton armé soumise à la flexion simple selon Eurocode 2

eurocodes

Action du vent EC1

Calcul de la pression du vent selon Eurocode 1 (NF EN 1991-1-4) et ses annexes nationales françaises. Ce calcul prend en compte la vitesse de référence du vent, la pression dynamique de base, le coefficient d'exposition et les coefficients aérodynamiques. Permet de dimensionner les éléments de structure et de couverture exposés au vent. Utilisé pour les bâtiments de toute hauteur en zone urbaine, campagne et bord de mer.

eurocodes

Besoin d'accompagnement sur votre projet ?

Nos experts sont à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner dans vos calculs et vos projets de construction.

Thématiques associées

Notre expertise couvre également ces thématiques connexes, sur lesquelles nous accompagnons régulièrement nos clients :

  • longueur de flambement
  • section du poteau
  • pris en compte
  • charges permanentes