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eurocodes 🔴 Avancé Premium 15 min Mis à jour le 15 janvier 2024

Calcul compression BA — Béton armé Eurocode 2

Vérification d'une section en béton armé en compression simple selon Eurocode 2 (NF EN 1992-1-1). Ce calcul prend en compte les armatures longitudinales et les armatures transversales (étriers). À partir des dimensions du poteau, de la classe de béton (C25/30 à C50/60), des aciers HA et de l'effort normal Ned, l'outil calcule la résistance Nrd et le pourcentage d'acier nécessaire. Utilisé pour dimensionner les poteaux courts de bâtiments collectifs, immeubles tertiaires, halls industriels et ouvrages d'infrastructure.

Eurocode 2 béton armé compression section dimensionnement
mm²
MPa
1

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Formule utilisée

N = A_c * f_cd + A_s * f_yd

Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Surface de compression mm² Surface de compression
Résistance du béton MPa Résistance du béton
Coefficient d'acier 1 Coefficient d'acier

Comprendre cet outil

Les Eurocodes (EN 1990 à EN 1999) constituent le référentiel européen de dimensionnement des structures : actions, béton, acier, bois, géotechnique et parasismique.

Calcul compression BA — Béton armé Eurocode 2 donne une approche dimensionnelle de premier ordre. Tout ouvrage doit être validé par un calcul complet d'un bureau d'études structure intégrant combinaisons d'actions, hypothèses de sol et zone sismique.

Progineer et votre projet

Progineer coordonne le bureau d'études structure et veille à la cohérence du dimensionnement avec les contraintes du site, en particulier sur le littoral PACA classé en zone sismique active.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul compression BA — Béton armé Eurocode 2 » ?

Vérification d'une section en béton armé en compression simple selon Eurocode 2 (NF EN 1992-1-1). Ce calcul prend en compte les armatures longitudinales et les armatures transversales (étriers). À partir des dimensions du poteau, de la classe de béton (C25/30 à C50/60), des aciers HA et de l'effort normal Ned, l'outil calcule la résistance Nrd et le pourcentage d'acier nécessaire. Utilisé pour dimensionner les poteaux courts de bâtiments collectifs, immeubles tertiaires, halls industriels et ouvrages d'infrastructure.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Un poteau en béton armé sous charge centrée mobilise deux résistances en parallèle : celle du béton comprimé et celle des armatures longitudinales. La tentation est d’en faire une simple addition, et c’est la première erreur. L’Eurocode 2 n’autorise ce raccourci qu’à des conditions strictes, parce qu’un poteau réel n’est jamais parfaitement centré ni parfaitement court : il subit des imperfections géométriques et, dès qu’il s’élance, des effets du second ordre qui amplifient le moment. Cette page décrit la démarche complète — élancement, longueur de flambement, domaine d’emploi de la méthode simplifiée, dispositions constructives — en citant à chaque fois la clause d’origine et en distinguant ce qui vient de la norme européenne de ce qui vient de l’annexe nationale française. Elle reste un support de prédimensionnement : la justification d’un poteau relève d’un bureau d’études structure.

Méthode de calcul : variables, unités et longueur de flambement

La vérification d’un poteau comprimé ne commence pas par la résistance des matériaux mais par sa géométrie de flambement. Tant que l’élancement n’est pas calculé, on ne sait pas si l’on a affaire à un poteau court, où la résistance de section suffit, ou à un poteau élancé, où les effets du second ordre commandent le dimensionnement. C’est cette bifurcation qui structure toute la Section 5.8 de l’Eurocode 2.

Les variables et leurs unités

NEd est l’effort normal de calcul, en kilonewtons (kN), issu des combinaisons d’actions de l’Eurocode 0. b et h sont les dimensions de la section rectangulaire en mètres, h étant l’épaisseur mesurée dans la direction du flambement ; D est le diamètre d’une section circulaire. Ac est l’aire de béton et As la section totale d’armatures longitudinales, en mètres carrés ou en millimètres carrés.

l est la hauteur libre du poteau et l0 sa longueur de flambement, en mètres. λ est l’élancement, grandeur sans dimension. Le FD P18-717 définit, en 5.8.5 (1) NOTE, deux grandeurs complémentaires : « ρ = As / b · h : pourcentage d’armatures longitudinales totales, pour une section rectangulaire » et « δ = d’ / h : enrobage relatif », où d’ est la distance des armatures longitudinales à la paroi la plus proche.

fcd et fyd sont les résistances de calcul. Le FD P18-717 les écrit, dans le cadre de cette même méthode simplifiée, « ƒcd = ƒck / γc » et « ƒyd = ƒyk / γS ».

La longueur de flambement l0

Le FD P18-717 donne une valeur directement exploitable pour le cas courant. En 5.8.3.2 (2) - Figure 5.7 - Bâtiments - (II), il indique que « la longueur libre de flambement des poteaux d’étages courants des bâtiments, lorsque leur raideur n’est pas prise en compte dans le contreventement et pour autant qu’ils soient correctement connectés en tête et en pied à des éléments de raideur supérieure ou égale, peut être représentée par l0 = 0,7 l ».

Encore faut-il mesurer l correctement. Le même document précise en 5.8.3.2 (3) que « la longueur l, dite hauteur libre de 5.8.3.2 (3), s’entend entre dessus de dalle inférieure et sous-face de dalle supérieure, si les éléments s’opposant au flambement, dans la direction considérée, sont des dalles, sinon, entre dessus de plancher inférieur et sous-face de poutre du plancher supérieur ». Confondre la hauteur d’étage et la hauteur libre fausse l’élancement dès la première ligne.

L’élancement λ

Le FD P18-717 donne, en 5.8.5 (1) NOTE, deux expressions explicites : « λ = Lo · √12 / h : élancement, pour une section rectangulaire de côté h dans la direction du flambement » et « λ = 4 Lo / D : élancement, pour une section circulaire de diamètre D ».

Ces deux formules ne comportent aucun paramètre national : elles sont purement géométriques et se vérifient à la calculatrice. Elles constituent le premier filtre du dimensionnement, avant toute considération de matériau.

Domaine d’emploi de la méthode simplifiée

Le FD P18-717 propose, en 5.8.5 (1) NOTE, une formule enveloppe pour « les poteaux rectangulaires ou circulaires courants de bâtiments » à extrémités articulées non déplaçables, présentée dans son Tableau 3. Cette formule n’est pas reproduite ici : elle figure sous forme d’image dans le document consulté.

  • poteau bi-articulé sous charges centrées ;
  • élancement λ ≤ 120 ;
  • 20 MPa ≤ fck ≤ 50 MPa ;
  • épaisseur dans la direction du flambement h ≥ 0,15 m ;
  • distance d’ des armatures longitudinales à la paroi la plus proche ≤ min {0,30 h ; 100 mm} ;
  • armatures symétriques, par moitié sur chaque face ;
  • chargement à au moins 28 jours.
  • À défaut de connaître ρ et δ, le FD indique qu’« il peut être pris à titre conservatoire : kh = 0,93 ».

Trois exemples chiffrés entièrement vérifiables

Les exemples ci-dessous n’utilisent, comme valeurs normatives, que celles lues dans une clause identifiée et citée : l0 = 0,7 l, les deux expressions de λ, le domaine d’emploi de la méthode simplifiée, la borne fyk ≤ 500 MPa de l’annexe nationale, γS = 1,15, et les règles de recouvrement du FD P18-717. Les dimensions et les charges sont des hypothèses de travail.

Exemple 1 — Élancement d’un poteau rectangulaire

Hypothèses : poteau de section 300 × 300 mm, hauteur libre l = 3,00 m, poteau d’étage courant correctement connecté en tête et en pied, dont la raideur n’est pas prise en compte dans le contreventement.

Longueur de flambement, selon 5.8.3.2 (2) - (II) du FD P18-717 : l0 = 0,7 × 3,00 = 2,10 m.

Élancement, selon 5.8.5 (1) NOTE : λ = l0 × √12 / h = 2,10 × 3,4641 / 0,300 = 7,2746 / 0,300 = 24,25.

Contrôle du domaine d’emploi : λ = 24,25 ≤ 120, et h = 0,300 m ≥ 0,15 m. Les deux conditions géométriques sont satisfaites.

Lecture : c’est l’épaisseur dans la direction du flambement qui pilote λ, pas la surface de la section. Un poteau 200 × 450 mm, de surface identique à 300 × 300, flambe selon 0,200 m et atteindrait λ = 2,10 × 3,4641 / 0,200 = 36,37, soit la moitié en plus.

Exemple 2 — Poteau circulaire et enrobage relatif

Hypothèses : poteau circulaire de diamètre D = 400 mm, hauteur libre l = 3,00 m, mêmes conditions de liaison que précédemment, donc l0 = 0,7 × 3,00 = 2,10 m.

Élancement, selon la seconde expression de 5.8.5 (1) NOTE : λ = 4 l0 / D = 4 × 2,10 / 0,400 = 8,40 / 0,400 = 21,0.

Contrôle de la position des armatures : la condition du FD est d’ ≤ min {0,30 h ; 100 mm}. Avec une dimension de 0,400 m dans la direction considérée, 0,30 × 400 = 120 mm, donc le minimum vaut 100 mm : la distance des barres à la paroi la plus proche ne doit pas dépasser 100 mm.

Disposition constructive complémentaire : le FD P18-717 indique en 9.5.2 (4) que « pour les poteaux de section circulaire, il est recommandé de prévoir au moins six barres longitudinales, réparties sur le contour de la section ». La méthode simplifiée du Tableau 3 est d’ailleurs établie, pour les sections circulaires, sur cette hypothèse de six barres réparties.

Exemple 3 — Contribution des aciers et longueur de recouvrement

Hypothèses : poteau 300 × 300 mm, soit Ac = 90 000 mm², armé de 4 barres de diamètre 16 mm. Section d’une barre : π × 8² = 201,06 mm², donc As = 4 × 201,06 = 804,25 mm².

Pourcentage d’armatures longitudinales, selon la définition de 5.8.5 (1) NOTE : ρ = As / (b · h) = 804,25 / 90 000 = 0,00894, soit 0,89 %.

Contrainte de calcul de l’acier, avec fyk = 500 MPa (borne de 3.2.2 (3)P NOTE de l’annexe nationale) et γS = 1,15 (5.2 (7) a de la NF EN 1992-1-2) : fyd = 500 / 1,15 = 434,78 MPa. Contribution des aciers : 804,25 × 434,78 = 349 672 N, soit 349,7 kN.

La contribution du béton, Ac × fcd, ne peut pas être chiffrée ici : elle suppose la valeur de γC et celle de αcc, que nous ne publions pas. C’est une limite assumée, et elle est instructive — le calcul d’un poteau ne se boucle pas sans l’annexe nationale et sans le Tableau 2.1N.

Recouvrement des attentes : le FD P18-717 indique en 8.7.3 (1) - (II) que pour un poteau armé à sa section minimale d’armatures longitudinales, « le coefficient α6 vaut bien 1,5 et lb,rqd = 0 », de sorte qu’il convient de retenir l0,min = max {15 ϕ ; 200 mm}. Avec des barres de 16 mm : 15 × 16 = 240 mm, supérieur à 200 mm, donc l0,min = 240 mm.

Cadre normatif et paramètres déterminés au niveau national

Comme pour toute vérification Eurocode, il faut savoir d’où vient chaque chiffre. La norme européenne NF EN 1992-1-1 pose la méthode ; l’annexe nationale NF EN 1992-1-1/NA fixe les paramètres déterminés au niveau national ou déclare retenir les valeurs recommandées ; le FD P18-717, guide d’application, ajoute des méthodes admises et des interprétations. Sur les poteaux, l’annexe nationale renvoie beaucoup aux valeurs recommandées, ce qui rend la lecture de la norme européenne indispensable.

Textes de référence

  • NF EN 1992-1-1 — Eurocode 2, partie 1-1 : Section 5.8 pour les effets du second ordre, Section 6.1 pour la flexion composée, Section 9.5 pour les dispositions constructives des poteaux.
  • NF EN 1992-1-1/NA (P 18-711-1/NA) — annexe nationale française : imperfections géométriques, λlim, armatures minimale et maximale, armatures transversales.
  • FD P18-717 — guide d’application : longueur de flambement des poteaux d’étages courants, expressions de l’élancement, méthode simplifiée du Tableau 3, recouvrements.
  • NF EN 1992-1-2 (P 18-712-1) — comportement au feu, dont la clause 5.2 (7) rappelle γs = 1,15.
  • NF EN 1990 — Eurocode 0 et son annexe nationale, pour les combinaisons d’actions produisant NEd.

Ce que l’annexe nationale fixe sur les poteaux

L’annexe nationale française fixe un point directement chiffré et souvent ignoré : en 5.2 (1)P, elle indique que « les valeurs données en 6.1 (4) ne concernent pas le calcul de stabilité. Pour le calcul de stabilité, les imperfections géométriques ne peuvent pas être inférieures à 20 mm ». Un poteau n’est donc jamais calculé parfaitement centré.

Sur les autres paramètres de la Section 5.8, elle renvoie aux valeurs recommandées : en 5.8.3.1 (1) NOTE pour λlim, en 5.8.3.3 (1) et (2) NOTE 1 pour les coefficients k1 et k2, et en 5.8.5 (1) NOTE 1 elle précise que « les méthodes simplifiées d’analyse à utiliser sont les méthodes (a) et (b) recommandées ». Elle ajoute en 5.8.4 (2) qu’« il y a lieu de tenir compte des imperfections géométriques dans le calcul des moments M0Eqp et M0Ed ».

Sur les dispositions constructives des poteaux, l’annexe nationale renvoie également aux valeurs recommandées : en 9.5.2 (1) NOTE pour le diamètre minimal ϕmin, en 9.5.2 (2) NOTE pour As,min donnée par l’Expression (9.12N), en 9.5.2 (3) NOTE pour As,max, et en 9.5.3 (3) NOTE pour l’espacement maximal des armatures transversales scl,tmax. Ces valeurs ne sont pas reproduites ici.

Effets du second ordre : la structure du calcul

Lorsque le critère d’élancement n’est pas satisfait, il faut passer par les effets du second ordre. Le FD P18-717 rappelle en 5.8.8.2 la structure du calcul : « le moment de calcul vaut MEd = M0Ed + M2 (Expression (5.31) de 5.8.8.2 (1)) » avec « M0Ed = NEd · e1, moment du premier ordre incluant les imperfections géométriques », et « M2 = NEd · e2 = NEd · (1 / r) · l0² / c où c dépend du choix de la forme de la déformée, par exemple, c = π² dans le cas d’une courbure sinusoïdale (Expression (5.33) de 5.8.8.2 (3)) ».

Le FD précise également le périmètre d’emploi des expressions d’élancement : celles de 5.8.3.2 (3) « ne concernent que les éléments isolés ou pouvant être considérés comme isolés » et servent à déterminer l’élancement à comparer à λlim, « cette comparaison est appelée le critère d’élancement ». Pour les éléments participant à la stabilité d’ensemble en tant qu’élément d’un portique de contreventement, il convient de mener l’analyse selon la méthode générale visée en 5.8.5 et décrite en 5.8.6.

Ce que nous ne publions pas

Nous ne publions pas la formule du Tableau 3 du FD P18-717, qui donne l’effort normal limite ultime des poteaux courants : elle figure sous forme d’image dans le document consulté. Nous ne publions pas non plus γC, αcc pour béton courant, le Tableau 2.1N, la valeur de λlim, l’Expression (9.12N) donnant As,min, la valeur de As,max, ni celle de scl,tmax : sur tous ces points l’annexe nationale renvoie aux valeurs recommandées de la norme européenne, que nous n’avons pas pu lire mot à mot.

Ce choix a une conséquence pratique assumée : la vérification chiffrée complète d’un poteau ne peut pas être bouclée sur cette page. Elle peut l’être sur la géométrie, l’élancement, le domaine de validité et les dispositions de recouvrement, ce qui suffit largement à cadrer une conception et à repérer un poteau mal proportionné bien avant l’étude d’exécution.

Limites et hypothèses du calcul

  • Ce calculateur est un outil de prédimensionnement. La justification d’un poteau engage la stabilité de l’ouvrage et relève d’un bureau d’études structure qui applique les annexes nationales en vigueur et signe sa note de calcul.
  • Additionner simplement la résistance du béton et celle des aciers suppose une compression parfaitement centrée sur un poteau court. Ce n’est jamais exactement le cas : l’annexe nationale impose en 5.2 (1)P des imperfections géométriques d’au moins 20 mm pour le calcul de stabilité.
  • La méthode simplifiée du FD P18-717 est bornée : poteau bi-articulé sous charges centrées, λ ≤ 120, 20 MPa ≤ fck ≤ 50 MPa, h ≥ 0,15 m, d’ ≤ min {0,30 h ; 100 mm}, armatures symétriques par moitié sur chaque face, chargement à au moins 28 jours. Hors de ce domaine, elle ne s’applique pas.
  • La valeur l0 = 0,7 l suppose des poteaux d’étages courants correctement connectés en tête et en pied à des éléments de raideur supérieure ou égale, et dont la raideur n’est pas prise en compte dans le contreventement. Un poteau de rez-de-chaussée, un poteau libre en tête ou un poteau participant au contreventement relèvent d’autres cas de la Figure 5.7.
  • Un poteau n’est presque jamais en compression pure : il reprend aussi les moments transmis par les poutres et les effets du contreventement. La vérification réelle est une vérification de flexion composée.
  • Le FD P18-717 rappelle que les éléments qui ne peuvent pas être considérés comme isolés, parce qu’ils participent à la stabilité d’ensemble, relèvent de la méthode générale de 5.8.6 et non des expressions simplifiées.
  • La vérification au feu relève de la NF EN 1992-1-2 et de son annexe nationale, avec des tableaux de dimensions minimales et de distance de l’axe des aciers au parement qui peuvent être dimensionnants pour un poteau élancé.
  • Rien de ce qui précède ne couvre les situations sismiques, qui relèvent de l’Eurocode 8, ni la vérification des fondations, qui relève de l’Eurocode 7 et des normes d’application françaises.

Erreurs fréquentes sur les poteaux en béton armé

  • Mesurer la hauteur libre comme une hauteur d’étage. Le FD P18-717 la définit entre dessus de dalle inférieure et sous-face de dalle supérieure lorsque les éléments s’opposant au flambement sont des dalles, sinon entre dessus de plancher inférieur et sous-face de poutre du plancher supérieur.
  • Appliquer l0 = 0,7 l à un poteau qui ne remplit pas les conditions de la clause : connexion correcte en tête et en pied à des éléments de raideur supérieure ou égale, raideur non prise en compte dans le contreventement.
  • Calculer l’élancement sur la grande dimension de la section au lieu de l’épaisseur dans la direction du flambement.
  • Utiliser la méthode simplifiée hors de son domaine, notamment au-delà de λ = 120 ou de fck = 50 MPa, ou sur une section d’épaisseur inférieure à 0,15 m.
  • Traiter un poteau comme un élément isolé alors qu’il participe au contreventement, ce qui relève de la méthode générale de 5.8.6.
  • Oublier les imperfections géométriques : l’annexe nationale impose un plancher de 20 mm pour le calcul de stabilité.
  • Négliger le second ordre sur un poteau élancé, alors que le moment M2 = NEd (1/r) l0² / c croît avec le carré de la longueur de flambement.
  • Placer les armatures longitudinales trop loin des parois, au-delà de min {0,30 h ; 100 mm}, ce qui sort du domaine de la méthode simplifiée.
  • Ferrailler un poteau circulaire avec moins de six barres longitudinales réparties sur le contour, alors que le FD P18-717 le recommande en 9.5.2 (4).
  • Sous-dimensionner les recouvrements d’attentes en oubliant que le coefficient α6 vaut 1,5 lorsque 100 % des barres sont en recouvrement, cas classique en pied de poteau.

Poteaux comprimés et maîtrise d’œuvre

Sur un projet, la section d’un poteau est presque toujours arbitrée avant le calcul : elle sort d’une trame, d’une contrainte d’aménagement, d’une exigence de gabarit ou d’un souhait architectural. Le rôle de la maîtrise d’œuvre est de faire remonter le plus tôt possible la conséquence structurelle de ces arbitrages, parce qu’ils se traduisent directement en élancement. Un poteau que l’on affine de 300 à 200 mm dans la direction du flambement voit son élancement croître de moitié, ce qui peut le faire basculer du poteau court au poteau élancé et changer complètement la nature du calcul.

Progineer intervient sur cette articulation : cadrage des trames et des sections avec l’architecte et le maître d’ouvrage, identification des poteaux critiques et des cas de liaison réels, coordination du bureau d’études structure qui produit la note de calcul, puis contrôle en phase d’exécution des points qui décident vraiment — position des armatures par rapport aux parois, longueurs de recouvrement des attentes, respect des enrobages. Le calculateur sert à objectiver ces discussions en conception, pas à les remplacer.

En réhabilitation et en surélévation, la question devient celle de la reprise : le poteau existant peut-il encaisser la charge supplémentaire, et dans quel état sont ses armatures ? Le FD P18-717 traite le cas de la vérification d’une construction existante dans son Annexe A et rappelle que le coefficient de conversion η = 0,85 de l’Annexe A.2.3 (1) de l’Eurocode 2 « s’applique sur le coefficient partiel γC », et qu’il se distingue du coefficient 0,85 de la NF EN 13791 appliqué aux résultats d’essais sur carottes. Autrement dit, on n’évalue pas un poteau existant sans essais et sans diagnostic structurel préalable.

FAQ technique — Compression et poteaux en béton armé selon l’Eurocode 2

Comment calcule-t-on l’élancement d’un poteau en béton armé ?

Le FD P18-717 donne deux expressions en 5.8.5 (1) NOTE : λ = L0 × √12 / h pour une section rectangulaire, h étant le côté dans la direction du flambement, et λ = 4 L0 / D pour une section circulaire de diamètre D. Ces formules sont purement géométriques et ne dépendent d’aucun paramètre national. L0 est la longueur de flambement, à ne pas confondre avec la hauteur libre l.

Peut-on toujours prendre l0 = 0,7 l ?

Non. Le FD P18-717 réserve cette valeur, en 5.8.3.2 (2) - (II), aux poteaux d’étages courants dont la raideur n’est pas prise en compte dans le contreventement et qui sont correctement connectés en tête et en pied à des éléments de raideur supérieure ou égale. Les autres configurations de la Figure 5.7 conduisent à d’autres longueurs de flambement, notamment lorsque la longueur est prise égale à la hauteur entre nus d’étages.

Jusqu’où va le domaine de la méthode simplifiée du FD P18-717 ?

Il est explicite : poteau bi-articulé sous charges centrées, élancement λ ≤ 120, résistance du béton comprise entre 20 et 50 MPa, épaisseur dans la direction du flambement au moins égale à 0,15 m, distance des armatures aux parois inférieure ou égale à min {0,30 h ; 100 mm}, armatures symétriques par moitié sur chaque face, et chargement à au moins 28 jours. Hors de ces bornes, il faut revenir aux méthodes de la Section 5.8.

Un poteau est-il vraiment chargé de façon centrée ?

Jamais complètement. L’annexe nationale française l’écrit sans ambiguïté en 5.2 (1)P : pour le calcul de stabilité, les imperfections géométriques ne peuvent pas être inférieures à 20 mm. À cela s’ajoutent les moments transmis par les poutres. La vérification réelle d’un poteau est donc une vérification de flexion composée, pas de compression pure.

Quand faut-il tenir compte des effets du second ordre ?

Lorsque le critère d’élancement n’est pas satisfait, c’est-à-dire lorsque l’élancement calculé dépasse λlim. Le moment de calcul devient alors MEd = M0Ed + M2, avec M2 = NEd × (1/r) × l0² / c, où c vaut π² dans le cas d’une courbure sinusoïdale selon l’Expression (5.33). Comme M2 croît avec le carré de la longueur de flambement, un poteau élancé se dégrade vite.

Pourquoi la contribution du béton n’est-elle pas chiffrée dans vos exemples ?

Parce qu’elle suppose fcd = αcc × fck / γC, et que ni γC ni la valeur de αcc pour béton courant ne figurent dans les documents que nous avons ouverts : l’annexe nationale y renvoie aux valeurs recommandées de la norme européenne sans les réécrire. Publier ces chiffres de mémoire serait une faute, parce qu’un poteau sous-dimensionné ne prévient pas.

Combien de barres longitudinales dans un poteau circulaire ?

Le FD P18-717 indique en 9.5.2 (4) qu’il est recommandé de prévoir au moins six barres longitudinales réparties sur le contour de la section. C’est d’ailleurs l’hypothèse sur laquelle est établie la méthode simplifiée du Tableau 3 pour les sections circulaires.

Ce calculateur suffit-il pour valider un poteau ?

Non. Il permet de vérifier une géométrie, de calculer un élancement, de contrôler un domaine de validité et de repérer un poteau mal proportionné en conception. La justification complète — second ordre, flexion composée, dispositions constructives, comportement au feu — relève d’un bureau d’études structure qui établit et signe la note de calcul.

Glossaire technique

Élancement λ
Grandeur sans dimension caractérisant l’aptitude d’un poteau au flambement. Le FD P18-717 la donne par λ = L0 √12 / h pour une section rectangulaire et λ = 4 L0 / D pour une section circulaire.
Longueur de flambement l0
Longueur équivalente du poteau bi-articulé de même charge critique. Le FD P18-717 admet l0 = 0,7 l pour les poteaux d’étages courants correctement connectés en tête et en pied.
Hauteur libre l
Distance entre dessus de dalle inférieure et sous-face de dalle supérieure lorsque les éléments s’opposant au flambement sont des dalles ; sinon entre dessus de plancher inférieur et sous-face de poutre du plancher supérieur.
Critère d’élancement
Comparaison de l’élancement calculé à la valeur limite λlim de 5.8.3.1. Le FD P18-717 nomme explicitement cette comparaison ainsi. Elle décide si les effets du second ordre doivent être pris en compte.
Effets du second ordre
Amplification des sollicitations due à la déformation de la structure sous charge. Ils se traduisent par un moment additionnel M2 qui s’ajoute au moment du premier ordre M0Ed.
Imperfections géométriques
Défauts de verticalité et d’implantation pris en compte forfaitairement dans le calcul. L’annexe nationale française impose, pour le calcul de stabilité, une valeur au moins égale à 20 mm.
Pourcentage d’armatures ρ
Rapport de la section totale d’armatures longitudinales à l’aire de la section de béton, défini par ρ = As / (b · h) pour une section rectangulaire dans la méthode simplifiée du FD P18-717.
Enrobage relatif δ
Rapport δ = d’ / h entre la distance des armatures longitudinales à la paroi la plus proche et l’épaisseur du poteau. Il intervient dans la méthode simplifiée, qui borne d’ à min {0,30 h ; 100 mm}.
Élément isolé
Poteau que l’on peut traiter séparément de la structure au sens de 5.8.1. Les éléments participant à la stabilité d’ensemble d’un portique de contreventement n’en relèvent pas et exigent la méthode générale de 5.8.6.
Coefficient α6
Coefficient majorant la longueur de recouvrement selon la proportion de barres recouvertes au même endroit. Le FD P18-717 retient α6 = 1,5 dans le cas classique où 100 % des barres sont en recouvrement, courant en pied de poteau.

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Calcul moments fléchissants — Eurocode 0

Calcul des moments fléchissants et efforts tranchants d'une poutre selon Eurocode 0 (NF EN 1990) et formulaires RDM. Le moment (M) représente le produit vectoriel de la force par le bras de levier, calculé par rapport à un point. Il correspond au mouvement de rotation autour de l'axe de la poutre. À partir de la portée, des conditions d'appui (simple, encastrée, console) et des charges (réparties, ponctuelles, trapézoïdales), l'outil détermine Mmax, Vmax et la déformée. Utilisé pour pré-dimensionner poutres, linteaux et solives en béton armé, acier ou bois lamellé-collé en logement et tertiaire.

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Calcul vérification poteaux — Eurocodes 2 et 3

Vérification au flambement des poteaux selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 2 (béton armé, NF EN 1992-1-1). Ce calcul prend en compte la section du poteau, la longueur de flambement, les charges permanentes et les charges d'exploitation. À partir de l'effort normal Ned, l'outil applique les courbes a/b/c/d, calcule l'élancement et vérifie le critère Ned ≤ Nb,Rd. Utilisé pour dimensionner les poteaux de bâtiments industriels, immeubles tertiaires et logements collectifs en R+1 à R+10.

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Combinaisons d'actions EC0

Calcul des combinaisons d'actions selon Eurocode 0 pour États Limites Ultimes et de Service

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Calcul charges exploitation EC1 — Surcharges plancher

Détermination des charges d'exploitation selon Eurocode 1 partie 1-1 (NF EN 1991-1-1) et son annexe nationale française. L'outil restitue les valeurs caractéristiques qk et Qk par catégorie d'usage : habitation (A), bureaux (B), commerces (D), salles de réunion (C), parkings (F/G) et toitures (H/I/K). Utilisé pour le pré-dimensionnement de planchers, poutres et solivages en logements, ERP et bâtiments industriels neufs ou rénovés.

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