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fire 🟡 Intermédiaire 8 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul résistance feu ERP — Sécurité incendie

Détermination des exigences de résistance au feu de la structure et des séparations d'un ERP selon les articles CO 11 à CO 13 du règlement de sécurité et la classification REI/EI (coupe-feu, stable au feu, pare-flammes). Ce calcul prend en compte la catégorie de l'établissement, les locaux à risque, le nombre de niveaux et le feu des structures. L'outil vérifie la réaction au feu des éléments de construction, la propagation du feu et les exigences spécifiques pour les planchers au rez de chaussée. Les degrés requis (SF 1/2 h, CF 1 h, SF 1 h 1/2…) sont restitués pour planchers, poteaux, murs séparatifs et escaliers encloisonnés. Utilisé pour les notices de sécurité incendie et le dossier d'autorisation de travaux ERP.

ERP résistance au feu établissement public catégorie

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Formule utilisée

Résistance au feu = Surface × Densité selon type ERP

Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Type d'ERP Type d'ERP
Surface accessible au public Surface accessible au public

Comprendre cet outil

Les calculs incendie dimensionnent les dispositions de sécurité d'un ERP : effectif admissible, résistance au feu des structures, désenfumage et évacuation, modulés selon la catégorie d'établissement.

Calcul résistance feu ERP — Sécurité incendie fournit une approche réglementaire indicative. Le dossier soumis à la commission de sécurité doit être établi par un professionnel qualifié intégrant l'ensemble du règlement de sécurité incendie applicable.

Progineer et votre projet

Progineer intègre les exigences de sécurité incendie dès l'esquisse et constitue les dossiers réglementaires soumis à la commission de sécurité.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul résistance feu ERP — Sécurité incendie » ?

Détermination des exigences de résistance au feu de la structure et des séparations d'un ERP selon les articles CO 11 à CO 13 du règlement de sécurité et la classification REI/EI (coupe-feu, stable au feu, pare-flammes). Ce calcul prend en compte la catégorie de l'établissement, les locaux à risque, le nombre de niveaux et le feu des structures. L'outil vérifie la réaction au feu des éléments de construction, la propagation du feu et les exigences spécifiques pour les planchers au rez de chaussée. Les degrés requis (SF 1/2 h, CF 1 h, SF 1 h 1/2…) sont restitués pour planchers, poteaux, murs séparatifs et escaliers encloisonnés. Utilisé pour les notices de sécurité incendie et le dossier d'autorisation de travaux ERP.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Dans un établissement recevant du public, les exigences de résistance au feu de la structure ne se choisissent pas : elles se déduisent d’un classement. Ce classement combine deux entrées — le type, qui décrit l’activité, et la catégorie, qui traduit l’effectif admissible — et c’est le règlement de sécurité contre l’incendie qui associe à chaque combinaison des degrés de résistance au feu pour la structure, les planchers, les parois de recoupement et les escaliers. Cette page explique comment on établit le classement, ce que signifient les critères de résistance au feu, quel texte impose quoi, et où s’arrête ce que l’on peut publier sans risque : les tableaux de degrés exigés se lisent dans le règlement de sécurité lui-même, article par article.

Méthode : établir le classement avant de parler de résistance au feu

Un établissement recevant du public est un bâtiment, un local ou une enceinte dans lequel le public est admis, librement, contre paiement ou sur invitation. Toute la réglementation incendie applicable découle ensuite de deux qualifications successives : le type et la catégorie.

Étape 1 — Le type, c’est-à-dire l’activité

Le type est repéré par une lettre qui désigne la nature de l’exploitation. Parmi les principaux : M pour les magasins de vente, N pour les restaurants et débits de boissons, R pour les établissements d’enseignement et d’accueil de la petite enfance, L pour les salles d’audition, de conférence, de réunion et de spectacle, V pour les établissements de culte, W pour les administrations, banques et bureaux ouverts au public, X pour les établissements sportifs couverts.

Le type conditionne l’ensemble des dispositions particulières applicables : il ne s’agit pas d’une simple étiquette. Deux établissements de même effectif mais de types différents n’ont ni les mêmes obligations de dégagement, ni les mêmes exigences d’aménagement intérieur.

Étape 2 — L’effectif du public

L’effectif est la grandeur qui commande la catégorie. Il n’est pas laissé à l’appréciation de l’exploitant : le règlement de sécurité fixe, pour chaque type, la manière de le déterminer — nombre de places assises, ratio de personnes par mètre carré de surface accessible au public, nombre d’élèves ou de lits selon l’activité. Ces ratios sont donnés type par type dans le règlement et doivent y être lus directement.

L’effectif à retenir est l’effectif du public, auquel s’ajoute le cas échéant le personnel selon les règles propres au type. C’est ce chiffre, et lui seul, qui est comparé aux seuils de catégorie.

Étape 3 — La catégorie

Les seuils de catégorie sont fixés par le code de la construction et de l’habitation : 1re catégorie au-dessus de 1 500 personnes, 2e catégorie de 701 à 1 500 personnes, 3e catégorie de 301 à 700 personnes, 4e catégorie jusqu’à 300 personnes, et 5e catégorie pour les établissements dont l’effectif n’atteint pas le seuil d’assujettissement fixé pour leur type.

La distinction entre 4e et 5e catégorie n’est donc pas un simple palier numérique : elle dépend d’un seuil propre à chaque type. Un même effectif de 120 personnes peut placer un établissement en 4e catégorie pour un type donné et en 5e catégorie pour un autre. C’est le point de bascule le plus lourd de conséquences, parce que le régime applicable aux établissements de 5e catégorie est nettement allégé.

Étape 4 — Les degrés de résistance au feu

Une fois le type et la catégorie établis, le règlement de sécurité fixe les exigences de résistance au feu de la structure et des planchers. Elles dépendent du classement, mais aussi de la configuration du bâtiment : nombre de niveaux, hauteur du plancher bas du dernier niveau accessible au public, présence de locaux à risques particuliers, isolement par rapport aux tiers.

Ces exigences s’expriment par des critères de performance mesurés en minutes. La classification de résistance au feu combine trois critères : la capacité portante, notée R, c’est-à-dire l’aptitude de l’élément à continuer de porter ; l’étanchéité aux flammes et aux gaz chauds, notée E ; et l’isolation thermique, notée I, c’est-à-dire la limitation de l’échauffement de la face non exposée. Un plancher exigé REI 60 doit satisfaire les trois critères pendant soixante minutes ; un poteau exigé R 60 n’est tenu qu’au critère de capacité portante. L’ancienne terminologie française parlait de stable au feu (SF), pare-flammes (PF) et coupe-feu (CF), que l’on rencontre encore sur les dossiers anciens.

Les valeurs exigées, article par article et cas par cas, figurent dans le règlement de sécurité. Nous ne les reproduisons pas ici : nous n’avons pas pu consulter la version consolidée à jour de ces tableaux dans une source publique librement accessible, et une exigence recopiée de mémoire ou périmée dans une notice de sécurité est rejetée en commission — au mieux.

Étape 5 — Locaux à risques particuliers et isolement par rapport aux tiers

Le classement type-catégorie ne suffit pas à décrire les exigences applicables. Deux paramètres s’y ajoutent, qui relèvent de la configuration et non de l’activité principale, et qui expliquent une grande partie des écarts entre deux établissements de classement identique.

Le premier est l’existence de locaux à risques particuliers. Le règlement distingue les locaux à risques importants et les locaux à risques moyens, et leur impose des dispositions d’isolement propres, plus sévères que celles des locaux courants. Relèvent typiquement de cette catégorie les chaufferies, les locaux de stockage, les réserves, les lingeries, les cuisines dépassant une certaine puissance, les locaux poubelles, les archives, les transformateurs. La liste et le classement de chaque local figurent dans le règlement, avec les degrés d’isolement associés, et doivent y être lus.

Le deuxième est l’isolement par rapport aux tiers : mitoyenneté avec un autre établissement, un logement, un local d’activité ou une voie couverte. Les exigences portent alors sur les parois séparatives, les planchers, les baies et les traversées de réseaux. C’est le point sur lequel un projet en pied d’immeuble d’habitation est structurellement plus contraint qu’un projet isolé de même classement — et c’est aussi un point que le maître d’ouvrage découvre souvent tard, parce qu’il ne dépend pas de son programme mais de son voisinage.

Deux paramètres de configuration complètent le tableau : le nombre de niveaux et la hauteur du plancher bas du dernier niveau accessible au public. Ils conditionnent les exigences de résistance au feu de la structure et le régime de désenfumage, et ils suffisent à faire diverger deux projets de même type et de même catégorie. Un rez-de-chaussée et un établissement sur quatre niveaux ne se traitent pas de la même façon, à effectif identique.

Point de vigilance en réhabilitation : la création d’une mezzanine, l’exploitation d’un sous-sol ou l’ouverture d’une terrasse en étage ajoutent un niveau accessible au public. Ce n’est pas un aménagement, c’est un changement de configuration qui peut modifier les exigences constructives sans qu’aucun effectif n’ait varié.

Comment se justifie une performance de résistance au feu

Une exigence de résistance au feu ne se satisfait pas par une déclaration. Elle se justifie, et il existe trois voies distinctes qu’il est utile de connaître, parce qu’elles n’ont ni le même coût ni le même délai.

La première est l’essai. L’élément — porte, cloison, plancher, gaine, clapet — est soumis en laboratoire à un programme d’échauffement normalisé et le résultat est consigné dans un procès-verbal de classement, exprimé dans le formalisme européen R, E, I complété le cas échéant d’autres critères. Ce procès-verbal vaut pour la configuration exacte testée : dimensions, sens de pose, nature du support, type de fixation. Un procès-verbal ne se transpose pas librement à une mise en œuvre différente.

La deuxième est l’appréciation de laboratoire, qui permet d’étendre un résultat d’essai à une configuration voisine, dans des limites définies par le laboratoire lui-même. Elle est fréquemment utilisée en rénovation, où les configurations réelles ne correspondent jamais exactement à celles des essais.

La troisième est la justification par le calcul. Les Eurocodes comportent, pour chaque matériau, une partie consacrée au calcul du comportement au feu — béton, acier, mixte, bois, maçonnerie —, qui permet de démontrer la tenue d’un élément structurel pendant une durée donnée. Cette voie relève d’un bureau d’études structure et suppose des hypothèses d’exposition explicites.

Conséquence pratique pour la maîtrise d’œuvre : ce qui doit figurer au marché n’est pas « poteau coupe-feu 1 heure » mais l’exigence exprimée dans le bon formalisme, assortie de l’obligation pour l’entreprise de fournir la pièce justificative correspondant à la mise en œuvre réellement prévue. La différence se voit le jour de la visite de réception, quand la commission demande les procès-verbaux et que l’entreprise produit celui d’une configuration voisine.

Trois exemples de classement, entièrement vérifiables

Les exemples portent sur l’étape du classement, qui est celle où l’on peut raisonner sur des seuils publiés. L’effectif est ici posé comme une donnée d’entrée : sa détermination relève des règles de calcul propres à chaque type, fixées par le règlement de sécurité.

Exemple 1 — Magasin de vente

Hypothèse : établissement de type M, effectif du public déterminé selon les règles du type et arrêté à 420 personnes.

Comparaison aux seuils : 420 est compris entre 301 et 700. L’établissement relève donc de la 3e catégorie.

Conséquence : il est soumis au régime général des ERP des quatre premières catégories, avec autorisation de travaux, passage en commission de sécurité et visites périodiques. Les exigences de résistance au feu applicables se lisent ensuite dans le règlement de sécurité, en croisant la catégorie, le nombre de niveaux et la hauteur du plancher bas du dernier niveau.

Exemple 2 — Salle de réunion et effet de seuil

Hypothèse : établissement de type L, effectif de 1 250 personnes. 1 250 est compris entre 701 et 1 500 : 2e catégorie.

Variante : le même établissement, réaménagé pour porter l’effectif à 1 560 personnes. 1 560 dépasse 1 500 : l’établissement bascule en 1re catégorie.

L’écart d’effectif n’est que de 24,8 % (1 250 → 1 560), mais le changement de catégorie modifie l’ensemble du régime applicable. C’est la raison pour laquelle un projet d’extension de capacité doit être instruit sur le plan de la sécurité incendie avant d’être arbitré sur le plan commercial : le classement se déplace, et avec lui le coût.

Exemple 3 — Petit restaurant, la frontière 4e / 5e catégorie

Hypothèse : établissement de type N, effectif du public de 240 personnes. 240 est inférieur ou égal à 300, donc l’établissement ne relève ni de la 3e, ni de la 2e, ni de la 1re catégorie.

Reste à trancher entre 4e et 5e catégorie. Ce départage ne se fait pas sur le seuil de 300 mais sur le seuil d’assujettissement propre au type N, fixé par le règlement de sécurité : si l’effectif atteint ce seuil, l’établissement est de 4e catégorie ; s’il ne l’atteint pas, il est de 5e catégorie.

L’enjeu est concret : les établissements de 5e catégorie sans hébergement ne sont pas soumis aux visites périodiques obligatoires de la commission de sécurité, alors que les établissements des quatre premières catégories le sont, avec une périodicité de trois ou cinq ans selon le type et la catégorie. Le seuil d’assujettissement du type doit donc être lu dans le règlement, jamais supposé.

Exemple 4 — Groupement d’exploitations dans un même bâtiment

Hypothèse : un même bâtiment abrite trois exploitations distinctes, avec des effectifs du public déterminés selon les règles propres à chaque type et arrêtés à 380 personnes pour un magasin de type M, 150 personnes pour un restaurant de type N et 40 personnes pour un espace d’accueil de type W.

Cas 1 — Les exploitations ne sont pas isolées entre elles. Le règlement prévoit alors que le classement s’apprécie sur l’effectif total : 380 + 150 + 40 = 570 personnes. Ce total est compris entre 301 et 700 : l’ensemble relève de la 3e catégorie, et les dispositions particulières de chacun des trois types s’appliquent à leurs parties respectives.

Cas 2 — Les exploitations sont isolées entre elles dans les conditions fixées par le règlement. Chacune peut alors être classée séparément : le magasin, avec 380 personnes, relève de la 3e catégorie ; le restaurant, avec 150 personnes, se situe en dessous de 300 et se départage entre 4e et 5e catégorie selon le seuil d’assujettissement du type N ; l’espace d’accueil, avec 40 personnes, relève très probablement de la 5e catégorie de son type.

Écart entre les deux cas : dans le premier, l’intégralité du bâtiment, y compris l’espace d’accueil de 40 personnes, subit le régime de la 3e catégorie. Dans le second, seule une exploitation sur trois y est soumise. Les conditions d’isolement — parois, planchers, baies, dégagements indépendants — figurent dans les dispositions générales du règlement et doivent y être lues : ce sont elles, et non l’organisation commerciale, qui décident du cas applicable.

Lecture : l’isolement n’est pas un détail technique, c’est une décision de conception à prendre très tôt, parce qu’elle commande le classement de l’ensemble et donc le coût. Elle se paie en parois et en dégagements ; elle se rembourse en régime applicable. L’arbitrage se fait au stade de la faisabilité, avec le service instructeur, pas au stade du permis.

Exemple 5 — Reconversion d’un local commercial en restaurant

Hypothèses : local existant exploité en magasin de type M, effectif du public de 180 personnes, donc en 4e catégorie sous réserve du seuil d’assujettissement du type. Projet de transformation en restaurant, type N, avec un effectif du public déterminé selon les règles propres au type N et arrêté à 320 personnes.

Étape 1 — Changement de type. On passe de M à N : les dispositions particulières applicables changent intégralement, indépendamment de tout effectif. Ce seul changement peut suffire à imposer des travaux.

Étape 2 — Changement de catégorie. 320 personnes est compris entre 301 et 700 : l’établissement passe en 3e catégorie, alors qu’il était en 4e. Deux bascules se cumulent donc dans la même opération.

Étape 3 — Sensibilité au seuil. Il ne manque que 20 personnes pour rester sous 300. Ramener la capacité d’accueil à 295 personnes maintiendrait l’établissement en 4e catégorie. L’arbitrage entre 295 et 320 couverts n’est plus alors un arbitrage commercial : c’est un arbitrage réglementaire, dont le coût se chiffre en travaux et se compare à 25 couverts de chiffre d’affaires. Ce calcul se fait avant la signature du bail, pas après.

Étape 4 — Effets induits. La cuisine crée un local à risques particuliers là où il n’y en avait pas ; l’isolement par rapport aux logements situés au-dessus doit être vérifié dans sa configuration réelle ; les dégagements se dimensionnent sur le nouvel effectif ; le désenfumage et l’aménagement intérieur relèvent désormais des dispositions du type N. Aucune de ces exigences ne se déduit de l’ancien dossier.

Lecture : sur une reconversion, l’écart entre l’état existant et les exigences du nouveau classement constitue très souvent le poste le plus lourd de l’opération, et il est structurellement invisible sur les photos d’un local. L’identifier au stade de la faisabilité est la seule protection réelle du maître d’ouvrage. Il n’existe pas de droit acquis à conserver un régime : c’est l’usage projeté qui commande.

Le cadre réglementaire

La sécurité incendie des établissements recevant du public repose sur un socle législatif et réglementaire codifié, complété par un règlement de sécurité très détaillé.

Les textes

  • Code de la construction et de l’habitation, articles L141-1 à L141-4 et L143-1 à L143-3 — dispositions législatives relatives à la protection contre l’incendie dans les ERP.
  • Code de la construction et de l’habitation, articles R143-2 à R143-44 — dispositions réglementaires, dont les articles R143-18 à R143-21 qui portent le classement par type et par catégorie.
  • Arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public — c’est le règlement de sécurité proprement dit, dont les articles de la série CO traitent de la construction, et notamment de la résistance au feu des structures.
  • Dispositions particulières par type (M, N, R, L, V, W, X…) contenues dans le même règlement, qui complètent ou aggravent les dispositions générales.

Les obligations de contrôle

Les travaux dans un ERP relèvent d’une autorisation spécifique, instruite avec une notice de sécurité, et l’ouverture au public suppose une autorisation délivrée après avis de la commission de sécurité. En exploitation, la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité réalise des visites périodiques tous les trois ou cinq ans selon le type et la catégorie de l’établissement. Les établissements de 5e catégorie sans hébergement ne sont pas soumis à ces visites périodiques obligatoires.

Les exigences constructives portent notamment sur la résistance au feu des matériaux de construction et d’aménagement intérieur et sur le compartimentage destiné à limiter la propagation du feu et des fumées : la résistance au feu de la structure n’est qu’une pièce d’un dispositif d’ensemble, qui comprend aussi les dégagements, le désenfumage, l’alarme et les moyens de secours.

Ne pas confondre les régimes : ERP, IGH, habitation, code du travail

Un même bâtiment relève souvent de plusieurs corps de règles simultanément, et chacun a ses propres exigences de résistance au feu. Les confondre est une source d’erreur permanente dans les dossiers, parce que les valeurs et le vocabulaire se ressemblent sans coïncider.

Le régime des établissements recevant du public, décrit sur cette page, s’applique aux parties accessibles au public et à ce qui les dessert. Le régime des immeubles de grande hauteur constitue un corps de règles distinct, déclenché par la hauteur du plancher bas du dernier niveau au-dessus du niveau accessible aux engins de secours : il ne se substitue pas au régime ERP, il s’y superpose lorsque les seuils sont atteints.

Le régime des bâtiments d’habitation est un troisième corps de règles, avec ses propres familles et ses propres exigences. Un commerce en pied d’immeuble d’habitation relève du régime ERP pour lui-même et met en jeu l’isolement vis-à-vis d’un tiers relevant, lui, du régime habitation. Les deux textes doivent être ouverts, pas l’un pour l’autre.

Le code du travail, enfin, régit les locaux réservés aux travailleurs — réserves, bureaux internes, vestiaires, locaux techniques — qui ne sont pas accessibles au public. Un même établissement peut ainsi voir cohabiter des locaux soumis au règlement ERP et des locaux soumis au code du travail, avec des exigences distinctes en matière de dégagements et de désenfumage.

Règle de conduite en maîtrise d’œuvre : la première pièce d’un dossier de sécurité incendie n’est pas un tableau de degrés, c’est une phrase qui dit quels régimes s’appliquent, à quelles parties du bâtiment, et pourquoi. Tant que cette phrase n’est pas écrite et validée, aucune exigence chiffrée n’est fiable.

Limites et hypothèses

  • Le classement n’est pas une formule : l’effectif se détermine selon des règles propres à chaque type, et une erreur d’effectif fausse tout ce qui suit.
  • Un établissement peut relever de plusieurs types simultanément, ou constituer un groupement d’exploitations : les règles applicables ne se déduisent alors pas d’une simple lecture de tableau.
  • Les dispositions particulières par type peuvent aggraver les dispositions générales. Lire uniquement les articles généraux conduit à sous-estimer les exigences.
  • Les locaux à risques particuliers, importants ou moyens, appellent des exigences propres qui s’ajoutent à celles de la structure.
  • L’isolement par rapport aux tiers et les contraintes d’accès des secours peuvent modifier les exigences constructives indépendamment de la catégorie.
  • Un bâtiment existant relève de règles de maintien en conformité qui ne sont pas celles applicables aux constructions neuves : la mise aux normes intégrale n’est pas toujours exigible, mais l’aggravation de la situation existante est proscrite.
  • Seule la commission de sécurité compétente rend un avis. Aucun outil de calcul, aucune note interne ne s’y substitue.
  • Un procès-verbal de classement vaut pour la configuration exactement testée : dimensions, sens de pose, nature du support, type de fixation. Il ne se transpose pas librement à une mise en œuvre différente, et son extension relève d’une appréciation de laboratoire.
  • Le nombre de niveaux et la hauteur du plancher bas du dernier niveau accessible au public font diverger deux projets de classement identique. Créer une mezzanine ou exploiter un sous-sol modifie cette configuration sans qu’aucun effectif n’ait changé.
  • Un même bâtiment peut relever simultanément du régime ERP, du régime des immeubles de grande hauteur, du régime habitation et du code du travail selon les parties considérées. Les exigences ne se déduisent pas d’un seul de ces textes.
  • La résistance au feu de la structure ne dit rien du désenfumage, des dégagements, de l’alarme, de l’éclairage de sécurité ni des moyens de secours, qui sont autant d’exigences distinctes du même règlement.
  • Le classement retenu engage l’exploitation dans la durée : il conditionne le registre de sécurité, les vérifications périodiques et les visites. Une conformité obtenue à l’ouverture ne vaut pas conformité permanente.

Erreurs fréquentes sur la résistance au feu en ERP

  • Déterminer la catégorie sur un effectif estimé plutôt que sur l’effectif calculé selon les règles du type.
  • Croire que la 5e catégorie se définit par un effectif inférieur à 300 : elle se définit par le non-franchissement du seuil d’assujettissement propre à chaque type.
  • Oublier le personnel lorsque les règles du type imposent de l’inclure dans l’effectif.
  • Ne lire que les dispositions générales et ignorer les dispositions particulières du type concerné.
  • Confondre réaction au feu, qui qualifie le comportement d’un matériau vis-à-vis du développement de l’incendie, et résistance au feu, qui qualifie la durée pendant laquelle un élément conserve ses performances.
  • Confondre les critères R, E et I : un élément R 60 n’est pas un élément REI 60, et prescrire l’un pour l’autre est une non-conformité.
  • Reprendre des exigences d’un dossier antérieur sans vérifier la version en vigueur du règlement.
  • Traiter un changement d’activité ou une extension de capacité comme un simple aménagement, alors qu’il peut déplacer le type ou la catégorie.
  • Omettre la notice de sécurité dans la demande d’autorisation de travaux, ce qui bloque l’instruction.
  • Considérer qu’un procès-verbal de classement de matériau vaut justification de la résistance au feu de l’ouvrage mis en œuvre : c’est la mise en œuvre complète qui doit être justifiée.
  • Classer séparément plusieurs exploitations d’un même bâtiment sans avoir vérifié qu’elles satisfont réellement les conditions d’isolement fixées par le règlement.
  • Oublier qu’une cuisine, une chaufferie, une réserve ou un local d’archives crée un local à risques particuliers, avec ses exigences d’isolement propres.
  • Négliger l’isolement par rapport aux tiers en pied d’immeuble d’habitation, alors qu’il ne dépend pas du programme mais du voisinage et qu’il se découvre souvent trop tard.
  • Écrire au marché « coupe-feu 1 heure » plutôt que l’exigence exprimée dans le formalisme applicable, assortie de l’obligation de fournir la justification correspondant à la mise en œuvre réellement prévue.
  • Créer une mezzanine ou ouvrir un sous-sol au public en considérant qu’il s’agit d’un aménagement intérieur, alors que le nombre de niveaux accessibles au public conditionne les exigences constructives.

Sécurité incendie et maîtrise d’œuvre

En ERP, la sécurité incendie n’est pas un lot technique parmi d’autres : elle structure le plan. Le nombre et la position des dégagements, le compartimentage, les circulations, la position des escaliers et le recoupement des niveaux se décident à l’esquisse et sont ensuite très coûteux à modifier. Progineer traite ces sujets en amont, établit ou fait établir la notice de sécurité qui accompagne la demande d’autorisation de travaux, et coordonne les échanges avec la commission de sécurité jusqu’à l’avis d’ouverture.

Le classement doit être arrêté avant toute conception détaillée, parce qu’il commande le budget autant que le plan. Sur les projets de reconversion — un local commercial transformé en restaurant, un bâtiment tertiaire en établissement d’enseignement —, l’écart entre l’état existant et les exigences du nouveau type et de la nouvelle catégorie constitue souvent le poste le plus lourd de l’opération. L’identifier au stade de la faisabilité, et non après la signature, fait partie du travail de maîtrise d’œuvre.

FAQ technique — Résistance au feu et classement des ERP

Comment détermine-t-on la catégorie d’un ERP ?

Par l’effectif du public, comparé aux seuils du code de la construction et de l’habitation : plus de 1 500 personnes en 1re catégorie, de 701 à 1 500 en 2e, de 301 à 700 en 3e, jusqu’à 300 en 4e, et 5e catégorie lorsque l’effectif n’atteint pas le seuil d’assujettissement propre au type de l’établissement.

Que signifient les lettres R, E et I d’un classement REI ?

R désigne la capacité portante, c’est-à-dire l’aptitude de l’élément à continuer de porter sous incendie. E désigne l’étanchéité aux flammes et aux gaz chauds. I désigne l’isolation thermique, c’est-à-dire la limitation de l’échauffement de la face non exposée. Le nombre associé exprime la durée en minutes pendant laquelle les critères sont satisfaits.

Quelle différence entre réaction au feu et résistance au feu ?

La réaction au feu qualifie la contribution d’un matériau au développement de l’incendie : elle concerne les revêtements et aménagements. La résistance au feu qualifie la durée pendant laquelle un élément de construction conserve ses performances sous incendie : elle concerne la structure, les planchers, les parois et les portes. Les deux exigences coexistent dans un ERP.

Où sont fixés les degrés de résistance au feu exigés ?

Dans le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les ERP, approuvé par l’arrêté du 25 juin 1980, dont les articles de la série CO traitent de la construction. Les valeurs dépendent du type, de la catégorie, du nombre de niveaux et de la hauteur du plancher bas du dernier niveau. Elles doivent être lues dans le texte en vigueur.

Un ERP de 5e catégorie est-il soumis aux visites de la commission de sécurité ?

Les établissements de 5e catégorie sans hébergement ne sont pas soumis aux visites périodiques obligatoires. Les établissements des quatre premières catégories le sont, avec une périodicité de trois ou cinq ans selon le type et la catégorie. Cela ne dispense évidemment pas des obligations de sécurité applicables à l’exploitation.

Changer l’activité d’un local suffit-il à changer son classement ?

Oui, et c’est précisément le risque. Le type découle de l’activité et la catégorie de l’effectif : modifier l’un ou l’autre peut déplacer le classement et déclencher des exigences constructives nouvelles. Un changement d’activité ou une extension de capacité doit être instruit comme un projet de sécurité incendie à part entière.

Comment classe-t-on plusieurs exploitations dans un même bâtiment ?

Cela dépend de leur isolement. Lorsque les exploitations ne sont pas isolées entre elles, le règlement fait apprécier le classement sur l’effectif total : trois exploitations de 380, 150 et 40 personnes donnent 570 personnes, soit la 3e catégorie pour l’ensemble. Lorsqu’elles sont isolées dans les conditions fixées par le règlement, chacune peut être classée séparément. Les conditions d’isolement — parois, planchers, baies, dégagements — se lisent dans les dispositions générales du règlement de sécurité.

Comment justifie-t-on la résistance au feu d’un élément de construction ?

Par trois voies. L’essai en laboratoire, consigné dans un procès-verbal de classement valable pour la configuration exactement testée. L’appréciation de laboratoire, qui étend un résultat d’essai à une configuration voisine dans des limites définies. Ou la justification par le calcul, en appliquant la partie « feu » de l’Eurocode du matériau concerné. Ce qui doit figurer au marché, c’est l’exigence dans le bon formalisme, assortie de l’obligation pour l’entreprise de fournir la justification correspondant à la mise en œuvre réellement prévue.

Glossaire technique

ERP
Établissement recevant du public : bâtiment, local ou enceinte dans lequel le public est admis, librement, contre paiement ou sur invitation.
Type d’ERP
Lettre désignant la nature de l’activité : M magasins, N restaurants et débits de boissons, R enseignement et petite enfance, L salles de réunion et de spectacle, V culte, W bureaux ouverts au public, X établissements sportifs couverts, entre autres.
Catégorie d’ERP
Classement par effectif : 1re au-dessus de 1 500 personnes, 2e de 701 à 1 500, 3e de 301 à 700, 4e jusqu’à 300, 5e en dessous du seuil d’assujettissement propre au type.
Résistance au feu
Durée pendant laquelle un élément de construction conserve ses performances sous incendie, exprimée par les critères R (capacité portante), E (étanchéité aux flammes) et I (isolation thermique).
Réaction au feu
Contribution d’un matériau au développement de l’incendie. Elle concerne principalement les revêtements et aménagements intérieurs, et se distingue de la résistance au feu.
Compartimentage
Découpage du bâtiment en volumes séparés par des parois résistant au feu, destiné à limiter la propagation du feu et des fumées et à préserver les cheminements d’évacuation.
Notice de sécurité
Pièce du dossier d’autorisation de travaux en ERP décrivant le classement retenu, les dispositions constructives et les mesures de sécurité prévues, soumise à l’avis de la commission de sécurité.
Local à risques particuliers
Local présentant un risque d’incendie supérieur au reste de l’établissement — chaufferie, réserve, cuisine, archives, local poubelles, transformateur — classé en risques moyens ou importants et soumis à des exigences d’isolement propres.
Isolement par rapport aux tiers
Ensemble des dispositions constructives séparant l’établissement d’un bâtiment voisin relevant d’un autre régime : parois, planchers, baies et traversées de réseaux.
Procès-verbal de classement
Document établi à l’issue d’un essai en laboratoire, attestant la performance de résistance ou de réaction au feu d’un ouvrage dans la configuration exactement testée. Son extension à une configuration voisine relève d’une appréciation de laboratoire.

Sources et normes de référence

Calculateurs associés

Calcul effectif ERP par catégorie

Calcul de l'effectif d'un ERP (Établissement Recevant du Public) selon les articles GN, AM et le règlement de sécurité du 25 juin 1980. Ce calcul de l'effectif prend en compte la surface en mètre carré accessible au public, le type d'activité (M magasin, N restaurant, O hôtel, R enseignement, L salles de spectacle, U santé) et les situations de handicap. L'outil détermine la catégorie de 5e à 1ère et les exigences pour garantir la sécurité. Utilisé pour les permis de construire, autorisations de travaux et notices de sécurité incendie.

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Calcul dégagement ERP — Issues de secours

Calcul des dégagements d'un ERP selon les articles CO 34 à CO 38 et CO 57 du règlement de sécurité incendie du 25 juin 1980 modifié. Ce calcul en fonction de l'effectif détermine le nombre minimal d'issues de secours, le nombre d'unités de passage (UP) requis et la largeur réglementaire (0,90 m, 1,40 m, 1,80 m). L'outil vérifie également les issues de circulation horizontale par zone et la conformité des portes. Utilisé pour les notices de sécurité incendie, autorisations de travaux et aménagements de magasins, bureaux et salles de spectacle.

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Calcul désenfumage ERP — Sécurité incendie

Dimensionnement du désenfumage d'un ERP selon l'instruction technique IT 246 et les articles DF 1 à DF 7 du règlement de sécurité incendie. À partir de la surface du local, du type d'activité et de la hauteur sous plafond, l'outil calcule la surface géométrique d'évacuation des fumées (SUE/SGE) et les débits mécaniques nécessaires. Utilisé pour la conception de locaux à risque, circulations, escaliers encloisonnés et grands volumes en ERP.

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Thématiques associées

Notre expertise couvre également ces thématiques connexes, sur lesquelles nous accompagnons régulièrement nos clients :

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