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hygrothermal
NF EN ISO 13788

Condensation dans les parois - NF EN ISO 13788 et regles DTU associees

La NF EN ISO 13788 est une norme de methodes de calcul : elle donne la maniere de determiner la temperature superficielle interieure permettant d'eviter l'humidite superficielle critique, et d'evaluer la condensation dans la masse par bilan mensuel. Elle ne fixe pas elle-meme de seuil reglementaire. Les valeurs opposables en France sur un chantier viennent des NF DTU — valeur Sd de la barriere a la diffusion de vapeur d'eau, regle du « facteur 5 », regles de repartition de l'isolant — et de l'arrete du 24 mars 1982 pour l'aeration des logements.

Domaine d'application

Prevention des desordres lies a l'humidite dans les parois de batiment : condensation superficielle et developpement de moisissures d'une part, condensation dans la masse — dite interstitielle — d'autre part. La NF EN ISO 13788 « Performance hygrothermique des composants et parois de batiments — Temperature superficielle interieure permettant d'eviter l'humidite superficielle critique et la condensation dans la masse — Methodes de calcul » fournit les methodes ; les exigences chiffrees applicables en France proviennent des NF DTU concernes (31.2 pour l'ossature bois, 45.10 pour les combles, 31.4, 41.2) et de la reglementation sur l'aeration des logements. Cette fiche distingue systematiquement ce qui releve de la methode de calcul et ce qui releve d'une prescription opposable

Mis à jour le 28 août 2026
Applicable depuis le 1 février 2013
condensation
vapeur d'eau
pare-vapeur
permeabilite
prevention condensation
condensation parois
Sd
fRsi
moisissures
facteur 5
ventilation
point de rosee

Règles principales

La NF EN ISO 13788 est une norme de methodes, pas un texte de seuils

Obligatoire

L'intitule complet de la norme dit sa portee : « Performance hygrothermique des composants et parois de batiments — Temperature superficielle interieure permettant d'eviter l'humidite superficielle critique et la condensation dans la masse — Methodes de calcul ».

Elle fournit trois methodes de calcul et non des exigences : la determination de la temperature superficielle interieure minimale permettant d'eviter la croissance de moisissures et la condensation superficielle, l'evaluation du risque de condensation dans la masse par un bilan mensuel, et l'evaluation du temps de sechage de l'humidite accumulee. Elle n'edicte aucun seuil reglementaire applicable en France.

Les seuils utilises dans la pratique — valeur Sd minimale d'une barriere a la diffusion de vapeur d'eau, valeur plancher de facteur de temperature — sont soit fixes par les NF DTU d'ouvrage, soit issus de conventions nationales ou de pratiques professionnelles.

Toute prescription ecrite dans un CCTP doit donc citer sa source reelle : ecrire qu'une valeur est « imposee par la NF EN ISO 13788 » est une erreur de reference.

Références : NF EN ISO 13788 (ISO 13788:2012)

Facteur de temperature fRsi : definition et statut du seuil de 0,75

Obligatoire

Le facteur de temperature de la surface interieure est defini par fRsi = (θsi − θe) / (θi − θe), ou θsi est la temperature superficielle interieure, θe la temperature de l'air exterieur et θi la temperature de l'air interieur. C'est une grandeur sans dimension, qui caracterise la paroi ou le pont thermique independamment des temperatures reelles.

Le calcul s'effectue avec une resistance superficielle interieure conventionnelle Rsi de 0,25 m2·K/W, valeur retenue pour representer les conditions defavorables des angles et des zones peu ventilees, et non la valeur de 0,13 m2·K/W utilisee pour les calculs de deperditions. Le critere d'humidite superficielle critique retenu pour eviter le developpement de moisissures correspond a une humidite relative en surface de 80 %.

Point essentiel : la valeur de fRsi,min a respecter n'est pas fixee par la norme elle-meme. La norme donne la methode permettant de la calculer mois par mois a partir du climat et de la classe d'humidite interieure ; la valeur de reference de 0,75 souvent citee est une valeur nationale ou conventionnelle, que les annexes nationales et les pratiques professionnelles peuvent moduler selon le climat et les usages locaux.

Exceptions :

  • • Le seuil de 0,75 n'a pas de portee reglementaire en France en dehors des cas ou un texte ou un document contractuel l'impose expressement : il doit etre inscrit au programme ou au CCTP pour etre opposable
Références : NF EN ISO 13788 (ISO 13788:2012)

Classes d'humidite interieure et charge d'humidite de calcul

Obligatoire

La NF EN ISO 13788 definit cinq classes d'humidite interieure, qui servent a determiner la charge d'humidite de calcul a l'interieur du local et donc les conditions de temperature et d'humidite relative servant au calcul.

Ces classes vont des ambiances tres seches — bureaux, commerces — aux ambiances tres humides — piscines, locaux industriels humides — en passant par les locaux d'habitation a occupation normale et les locaux humides tels que cuisines et salles de bains.

Le choix de la classe est une decision de conception qui conditionne l'ensemble du resultat : une paroi verifiee en classe d'habitation courante peut etre en defaut si le local est finalement exploite en local humide.

Cette classification explique pourquoi une meme paroi peut etre conforme dans une chambre et non conforme dans une salle de bains, et pourquoi il faut arreter l'usage reel des locaux avant de lancer une verification hygrothermique.

Références : NF EN ISO 13788 (ISO 13788:2012)

Evaluation de la condensation dans la masse : bilan mensuel

Obligatoire

La methode d'evaluation de la condensation dans la masse proposee par la NF EN ISO 13788 procede par bilan mensuel : elle compare, mois par mois et sur une annee, la quantite d'eau susceptible de condenser dans la paroi pendant la saison froide et la quantite susceptible de s'evaporer pendant la saison chaude.

Le principe de conception qui en decoule est que la quantite accumulee pendant la periode de condensation doit pouvoir etre evacuee pendant la periode de sechage, sans accumulation d'une annee sur l'autre.

Cette methode est un modele simplifie en regime stationnaire mensuel, qui ne prend en compte ni le stockage d'humidite dans les materiaux hygroscopiques, ni le transport d'eau liquide par capillarite, ni les mouvements d'air convectifs a travers la paroi. La norme elle-meme signale ces limites.

Pour les parois comportant des materiaux fortement hygroscopiques — bois, fibres vegetales, materiaux biosources, terre crue — ou pour les configurations sensibles, une simulation dynamique du transfert couple de chaleur et d'humidite est plus representative du comportement reel.

Exceptions :

  • • La methode ne prend en compte ni le stockage d'humidite dans les materiaux hygroscopiques, ni le transport d'eau liquide, ni les transferts convectifs : pour les parois hygroscopiques, une simulation dynamique est plus adaptee
Références : NF EN ISO 13788 (ISO 13788:2012)

Valeur Sd de la barriere a la diffusion de vapeur d'eau : les seuils reellement opposables

Obligatoire

La valeur Sd, ou epaisseur de couche d'air equivalente a la diffusion de vapeur d'eau, exprimee en metres, est la grandeur de reference pour caracteriser une barriere a la vapeur. Les seuils opposables en France proviennent des NF DTU d'ouvrage. 1). 1).

Ces deux DTU precisent en outre ce qui ne constitue pas une barriere a la vapeur : les surfacages de type papier kraft, kraft-bitume, enduit PE ou complexe kraft-polyethylene associes en usine aux isolants, meme jointoyes sur chantier, ne peuvent pas s'y substituer.

Références : NF DTU 31.2 P1-1, clauses 9.3.2.1 et 9.3.2.2.1, NF DTU 45.10 P1-1, clauses 3.4, 5.1.2 et 5.2.3.1

Regle du « facteur 5 » : la vraie regle de gradation des Sd

Obligatoire

2). Elle enonce que la valeur Sd de la barriere a la diffusion de vapeur d'eau cote interieur, membrane pare-vapeur et/ou panneau a base de bois, doit etre au moins 5 fois plus elevee que la valeur Sd de la barriere cote exterieur, membrane pare-pluie, ecran rigide et/ou panneau a base de bois.

Deux conditions d'application sont posees : les materiaux utilises pour la fabrication de la paroi, a l'exception des montants et traverses d'ossature, doivent etre caracterises par voie d'essai en termes de valeur Sd ; et les panneaux a base de bois faisant office de barriere doivent avoir une epaisseur comprise entre 7 et 16 mm, et entre 12 et 16 mm pour les panneaux OSB.

Les valeurs a retenir different selon la position : pour un panneau place cote interieur, la plus faible des valeurs moyennes affichees en coupelle humide ; place cote exterieur, la plus forte des valeurs moyennes affichees en coupelle seche. Lorsqu'une membrane et un panneau sont superposes, leurs valeurs Sd s'additionnent.

Références : NF DTU 31.2 P1-1, clauses 9.3.2.2.2.1 et 9.3.2.2.2.2, NF DTU 31.2 P1-2, article 10, NF EN ISO 12572

Pare-pluie et ecran HPV : Sd inferieur ou egal a 0,1 m

Obligatoire

Cote exterieur, la paroi doit rester ouverte a la diffusion afin que l'humidite ayant traverse la barriere interieure puisse s'evacuer. 8). 29). 3).

En l'absence d'ecran HPV, une lame d'air ventilee doit etre maintenue : 2 cm minimum en tout point entre l'ecran souple de sous-toiture et l'isolant, et en sous-face d'un support continu ventile 4 cm minimum pour des rampants inferieurs ou egaux a 12 m et 6 cm au-dela.

Références : NF DTU 31.2 P1-1, clause 3.8, NF DTU 45.10 P1-1, clauses 3.2, 5.2.2.1, 5.3.3.2.2 et 5.3.3.2.3, NF DTU 40.29

Position de la barriere dans l'isolation : regles 1/3-2/3, 1/4-3/4 et 2/3-1/3

Obligatoire

La position de la barriere a la vapeur dans l'epaisseur isolante est encadree par des regles de repartition de resistance thermique, dont l'objet est d'eviter que la barriere ne se retrouve dans une zone trop froide de la paroi ou la vapeur condenserait. Trois regles distinctes coexistent et ne doivent pas etre confondues. 1). 5).

Ces regles sont des garde-fous de conception qui evitent, dans les cas courants, de devoir recourir a un calcul specifique.

Références : NF DTU 45.10 P1-1, clause 5.2.3.1, NF DTU 31.2 P1-1, clause 9.3.1.5

Continuite de la barriere : recouvrements, fixation et reconstitution

Obligatoire

Une barriere a la vapeur n'est efficace que si elle est continue : une valeur Sd elevee sur une membrane percee ou mal raccordee n'a aucune portee pratique, car les transferts convectifs par les defauts d'etancheite dominent alors largement la diffusion. Les NF DTU imposent des regles precises.

2 exige en partie courante un recouvrement des les de pare-vapeur souple superieur ou egal a 100 mm, avec retablissement de la continuite par collage a l'aide de bandes adhesives compatibles, rapportees ou integrees aux membranes, ou par mastic colle si le mur comporte un panneau a base de bois faisant office de support rigide. 3). 1).

Références : NF DTU 31.2 P1-1, clause 9.3.2.3, NF DTU 45.10 P1-1, clauses 5.2.2.1, 5.2.3.1 et 6.1

Points singuliers : angles, jonctions et traversees

Obligatoire

Les desordres de condensation se concentrent aux points singuliers plutot qu'en partie courante, parce que ce sont les zones ou coincident un affaiblissement thermique et une discontinuite de la barriere a la vapeur. 1). 2). 4).

Références : NF DTU 45.10 P1-1, clauses 6.1 et 6.2, NF DTU 31.2 P1-1, clause 10.1.4

Aeration des logements : les debits reellement exiges

Obligatoire

La maitrise de l'humidite interieure passe d'abord par le renouvellement d'air.

En logement, l'arrete du 24 mars 1982 modifie relatif a l'aeration des logements impose une aeration generale et permanente : des entrees d'air dans toutes les pieces principales, des sorties d'air dans les pieces de service — au moins dans les cuisines, les salles de bains ou de douches et les cabinets d'aisances — et une circulation libre de l'air des pieces principales vers les pieces de service (article 2).

Les dispositifs de ventilation, mecaniques ou a fonctionnement naturel, doivent etre tels que les exigences de debit extrait soient satisfaites dans les conditions climatiques moyennes d'hiver. L'article 3 fixe les debits extraits minimaux par piece de service, en fonction du nombre de pieces principales du logement.

Pour la cuisine, ils vont de 75 m3/h pour un logement d'une piece principale a 135 m3/h a partir de cinq pieces principales, en passant par 90, 105 et 120 m3/h pour deux, trois et quatre pieces principales. Pour la salle de bains, le debit est de 15 m3/h jusqu'a deux pieces principales et de 30 m3/h a partir de trois.

Pour une autre salle d'eau, il est de 15 m3/h. Pour un cabinet d'aisances separe, il est de 15 m3/h jusqu'a trois pieces principales et de 30 m3/h a partir de quatre.

Exceptions :

  • • Pour les logements d'une piece principale, la salle de bains et le cabinet d'aisances peuvent avoir une sortie d'air commune a 15 m3/h s'ils sont contigus (article 3)
  • • Un debit d'extraction reduit en cuisine est admis lorsqu'une hotte est raccordee au systeme d'extraction, determine en fonction de son efficacite selon des modalites approuvees par les ministres charges de la construction et de la sante (article 3)
Références : Arrete du 24 mars 1982 modifie relatif a l'aeration des logements, articles 2 et 3, NF DTU 68.3

Cas de l'ossature bois : le pare-vapeur y est indispensable

Obligatoire

Les parois a ossature bois concentrent le risque de condensation dans la masse, parce qu'elles associent une forte epaisseur d'isolant a des materiaux sensibles a l'humidite. 2). 2). 1, mais la valeur par defaut de 18 m s'applique des lors qu'une barriere est requise. 2).

Références : NF DTU 31.2 P1-1, clauses 9.1.1.3, 9.3.1.2, 9.3.2.1 et 9.3.2.2.1, NF DTU 45.10 P1-1, clauses 5.1.2.2, 5.2.2.1 et 5.2.2.2

Ce qui ne constitue pas une barriere a la vapeur

Obligatoire

Une confusion tres frequente sur chantier consiste a considerer le surfacage kraft d'un isolant comme un pare-vapeur. Les deux NF DTU concernes l'excluent explicitement. 4). 1). 3).

2 fixe une valeur pivot de 0,18 m — si le surfacage d'un isolant a une valeur Sd superieure a 0,18 m, l'isolant doit etre pose en une seule couche, et la couche exterieure entre montants ne doit pas comporter de surfacage ou doit rester en deca de cette valeur.

Références : NF DTU 45.10 P1-1, clause 3.4 NOTE 3, NF DTU 31.2 P1-1, clauses 9.3.1.3, 9.3.1.4 et 9.3.2.1

Distinguer les origines d'un desordre d'humidite

Avant d'engager une correction hygrothermique, il faut etablir l'origine du desordre, car les remedes sont opposes. Une condensation superficielle se manifeste par des moisissures localisees en angles, derriere les meubles ou au droit des ponts thermiques, sur des surfaces froides : elle releve du facteur de temperature fRsi et se traite par correction du pont thermique et par ventilation.

Une condensation dans la masse se manifeste par une degradation interne — isolant tasse ou humide, bois altere, tache diffuse — souvent sans signe superficiel au debut : elle releve du bilan de diffusion et se traite par la barriere a la vapeur et la ventilation de la lame d'air exterieure.

Une infiltration d'eau liquide, un defaut d'etancheite ou une remontee capillaire ne relevent d'aucune de ces deux logiques et ne se corrigent ni par un pare-vapeur ni par une ventilation renforcee. Enfin, une paroi peut presenter une humidite residuelle de construction, notamment apres coulage de chapes ou d'enduits, qui se resorbe avec la ventilation et le chauffage.

Poser un pare-vapeur sur une paroi dont le desordre provient d'une infiltration aggrave la situation en empechant le sechage vers l'interieur.

Références : NF EN ISO 13788 (ISO 13788:2012), NF DTU 68.3

Tolérances d'exécution

Paramètre Tolérance Conditions
Valeur Sd de la barriere a la vapeur — ossature bois, regime par defaut ≥ 18 m Membrane pare-vapeur souple, sauf application de la regle du « facteur 5 » (NF DTU 31.2, clause 9.3.2.2.1)
Valeur sd de l'ouvrage pare-vapeur — combles, hors zone tres froide ≥ 18 m Condition de conformite au NF DTU 45.10 (clauses 3.4 et 5.2.1)
Valeur sd de l'ouvrage pare-vapeur — combles, zone tres froide ≥ 57 m A defaut d'etude specifique. Zone tres froide : temperature exterieure de base < - 15 °C en climat de plaine (NF DTU 45.10, clause 5.2.3.1)
Rapport minimal entre Sd interieur et Sd exterieur (regle du « facteur 5 ») Sd interieur ≥ 5 × Sd exterieur Sous conditions de caracterisation par essai de tous les materiaux hors ossature, et d'epaisseur de panneau de 7 a 16 mm (12 a 16 mm pour l'OSB) (NF DTU 31.2, clause 9.3.2.2.2)
Valeur Sd d'un ecran pare-pluie ou de sous-toiture HPV < 0,1 m (NF DTU 31.2) ; ≤ 0,1 m (NF DTU 45.10) Definition de l'ecran hautement permeable a la vapeur d'eau (NF DTU 31.2 clause 3.8, NF DTU 45.10 clause 3.2)
Valeur Sd pivot d'un surfacage d'isolant 0,18 m Au-dela, pose en une seule couche ; la couche exterieure entre montants doit rester ≤ 0,18 m. Idem pour une bande de continuite passant cote froid (NF DTU 31.2, clauses 9.3.1.3, 9.3.1.4 et 10.1.4)
Repartition de l'isolant autour du pare-vapeur en combles R 1re couche interieure ≤ 1/3 de R totale Regle « 1/3 - 2/3 ». En zone tres froide, la limite passe au quart — regle « 1/4 - 3/4 » (NF DTU 45.10, clause 5.2.3.1)
Limitation du doublage isolant interieur en ossature bois R ≤ moitie de R de l'isolant du mur, et epaisseur < 100 mm Regle dite des « 2/3 - 1/3 », quelle que soit la permeance de la barriere du mur (NF DTU 31.2, clause 9.3.1.5)
Recouvrement des les de pare-vapeur souple ≥ 100 mm Continuite retablie par bandes adhesives compatibles ou mastic colle sur support rigide (NF DTU 31.2, clause 9.3.2.3)
Retour de membrane pare-vapeur en angle et en jonction rampant / pied-droit 10 cm Sur la paroi adjacente, collee avec un cordon de mastic (NF DTU 45.10, clauses 6.1 et 6.2)
Lame d'air ventilee entre ecran souple de sous-toiture et isolant ≥ 2 cm en tout point Sauf ecran HPV, qui autorise la pose de l'isolant au contact avec pare-vapeur continu cote interieur (NF DTU 45.10, clauses 5.2.2.1 et 5.3.3.2.3)
Lame d'air en sous-face d'un support continu ventile ≥ 2 cm (HPV) ; ≥ 4 cm (rampant ≤ 12 m) ; 6 cm (rampant > 12 m) Trois cas distincts selon la nature de l'ecran et la longueur du rampant (NF DTU 45.10, clause 5.3.3.2.2)
Humidite des elements d'ossature bois a l'assemblage ≤ 18 % Avec un ecart maximal de 4 % entre deux elements, selon la NF EN 13183-2. Bois et panneaux < 18 % y compris en surface a la pose des isolants (NF DTU 31.2, clauses 9.1.1.3 et 9.3.1.2)
Resistance superficielle interieure conventionnelle de calcul du fRsi Rsi = 0,25 m2·K/W Valeur representant les conditions defavorables des angles et zones peu ventilees, distincte de la valeur de calcul des deperditions (NF EN ISO 13788)
Humidite relative superficielle critique pour le developpement de moisissures 80 % Critere retenu par la methode de calcul de la temperature superficielle interieure minimale (NF EN ISO 13788)

Dimensions réglementaires

Definition du facteur de temperature de la surface interieure

Dimension : fRsi = (θsi − θe) / (θi − θe)

θsi = temperature superficielle interieure, θe = temperature de l'air exterieur, θi = temperature de l'air interieur (NF EN ISO 13788)

Nombre de classes d'humidite interieure definies par la norme

Dimension : 5 classes

Des ambiances tres seches aux ambiances tres humides ; elles determinent la charge d'humidite de calcul (NF EN ISO 13788)

Debit extrait minimal en cuisine — logement de 1 piece principale

Dimension : 75 m3/h
Minimum : 75 m3/h

Arrete du 24 mars 1982 modifie, article 3

Debit extrait minimal en cuisine — 2, 3, 4 pieces principales

Dimension : 90, 105 et 120 m3/h

Arrete du 24 mars 1982 modifie, article 3

Debit extrait minimal en cuisine — 5 pieces principales et plus

Dimension : 135 m3/h
Minimum : 135 m3/h

Arrete du 24 mars 1982 modifie, article 3

Debit extrait minimal en salle de bains

Dimension : 15 m3/h (1 a 2 pieces principales) ; 30 m3/h (3 pieces et plus)

Arrete du 24 mars 1982 modifie, article 3

Debit extrait minimal en cabinet d'aisances separe

Dimension : 15 m3/h (jusqu'a 3 pieces principales) ; 30 m3/h (4 pieces et plus)

Arrete du 24 mars 1982 modifie, article 3

Debit extrait minimal en autre salle d'eau

Dimension : 15 m3/h

Arrete du 24 mars 1982 modifie, article 3

Fixation definitive du pare-vapeur par tasseaux

Dimension : Largeur ≥ 45 mm, epaisseur ≥ 25 mm, vide ≤ 600 mm

Membrane prise en pince entre les montants d'ossature (NF DTU 31.2, clause 9.3.2.3)

Fixation definitive du pare-vapeur par pastilles

Dimension : Ø ≥ 25 mm, tous les 300 mm maximum

Sous la tete des agrafes, brins d'agrafe de longueur ≥ 15 mm (NF DTU 31.2, clause 9.3.2.3)

Epaisseur des panneaux bois admis comme barriere (regle du facteur 5)

Dimension : 7 a 16 mm ; 12 a 16 mm pour les OSB

Condition d'application de la regle de moyens (NF DTU 31.2, clause 9.3.2.2.2.1)

Definition de la zone tres froide en climat de plaine

Dimension : Temperature exterieure de base < - 15 °C

Determinee en fonction du site et de l'altitude selon la NF P52-612/CN (NF DTU 45.10, clause 5.1.2)

Surcote des isolants entre montants d'ossature bois

Dimension : Dimensions de la cavite + 5 mm, tolerance 0 a + 5 mm

De maniere a realiser un contact continu entre l'ossature et l'isolant sur toute la peripherie, sans lame d'air paritaire (NF DTU 31.2, clause 9.3.1.3)

Compression admissible d'un isolant de comble

Dimension : Jusqu'a 10 %, partielle et ponctuelle

Au droit des ossatures, des fixations et au passage de cables ou gaines (NF DTU 45.10, clause 5.3)

Comprendre NF EN ISO 13788

La réglementation hygrothermique traite de la gestion de l'humidité et des transferts de vapeur dans les parois : étanchéité à l'air, pare-vapeur, ventilation et prévention des condensations.

Le respect de NF EN ISO 13788 prévient les pathologies du bâti — moisissures, dégradation des isolants, inconfort. Ces principes doivent être coordonnés avec l'isolation et la ventilation dès la conception.

Qui est concerné ?

Le domaine d'application de NF EN ISO 13788 couvre : Prevention des desordres lies a l'humidite dans les parois de batiment : condensation superficielle et developpement de moisissures d'une part, condensation dans la masse — dite interstitielle — d'autre part. La NF EN ISO 13788 « Performance hygrothermique des composants et parois de batiments — Temperature superficielle interieure permettant d'eviter l'humidite superficielle critique et la condensation dans la masse — Methodes de calcul » fournit les methodes ; les exigences chiffrees applicables en France proviennent des NF DTU concernes (31.2 pour l'ossature bois, 45.10 pour les combles, 31.4, 41.2) et de la reglementation sur l'aeration des logements. Cette fiche distingue systematiquement ce qui releve de la methode de calcul et ce qui releve d'une prescription opposable. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.

Progineer et la conformité hygrothermal

Progineer coordonne isolation, étanchéité à l'air et ventilation pour garantir un comportement hygrothermique sain des parois sur la durée.

Tout savoir sur NF EN ISO 13788

La NF EN ISO 13788, dont le titre complet est « Performance hygrothermique des composants et parois de batiments — Temperature superficielle interieure permettant d'eviter l'humidite superficielle critique et la condensation dans la masse — Methodes de calcul », est la reference internationale pour l'evaluation du risque d'humidite dans les parois. Sa version courante est l'ISO 13788:2012.

Sa nature doit etre comprise avant tout usage : c'est une norme de methodes de calcul. Elle fournit la maniere de determiner la temperature superficielle interieure minimale permettant d'eviter la croissance de moisissures et la condensation superficielle, la maniere d'evaluer le risque de condensation dans la masse par un bilan mensuel, et la maniere d'evaluer le temps de sechage de l'humidite accumulee. Elle ne fixe pas de seuil reglementaire opposable en France.

Cette distinction a une portee pratique directe. Le seuil de facteur de temperature fRsi de 0,75 frequemment cite n'est pas une exigence de la norme : c'est une valeur de reference nationale ou conventionnelle, que les annexes nationales et les pratiques professionnelles peuvent moduler selon le climat et les usages. Ecrire dans un CCTP qu'un fRsi de 0,75 est « impose par la NF EN ISO 13788 » est une erreur de reference. Pour etre opposable, un tel objectif doit etre inscrit au programme ou au marche.

Les valeurs reellement opposables sur un chantier francais viennent des NF DTU d'ouvrage. Le NF DTU 31.2 impose une membrane pare-vapeur de valeur Sd superieure ou egale a 18 m par defaut en ossature bois, et ouvre l'alternative de la regle du « facteur 5 ». Le NF DTU 45.10 impose un ouvrage pare-vapeur de sd superieur ou egal a 18 m hors zone tres froide et 57 m en zone tres froide. Ces memes DTU fixent les regles de repartition de l'isolant autour de la barriere, les recouvrements, les modes de fixation et les traitements de points singuliers. C'est ce corpus, et non la norme de calcul, qu'il faut viser dans les pieces ecrites.

Comprendre en détail NF EN ISO 13788

Ce que la NF EN ISO 13788 fournit — et ce qu'elle ne fournit pas

La norme couvre trois objets distincts, qu'il faut savoir separer. Le premier est la determination de la temperature superficielle interieure d'un composant ou d'une paroi permettant d'eviter l'humidite superficielle critique, c'est-a-dire les conditions de surface favorables au developpement de moisissures. Le second est l'evaluation du risque de condensation dans la masse de la paroi, par un bilan de diffusion mois par mois. Le troisieme est l'evaluation du temps de sechage de l'humidite accumulee dans la paroi.

Ce que la norme ne fournit pas est tout aussi important : elle ne fixe pas de valeur seuil applicable en France, elle ne se substitue pas aux exigences des NF DTU d'ouvrage, et elle ne couvre pas les phenomenes de transport d'eau liquide ni les transferts convectifs a travers les defauts d'etancheite a l'air.

Cette derniere limite est celle qui joue le plus grand role sur les chantiers reels. Sur une paroi correctement calculee mais dont la barriere a la vapeur est percee ou mal raccordee, la quantite de vapeur transportee par les fuites d'air depasse de plusieurs ordres de grandeur celle transportee par diffusion. Le calcul de diffusion peut alors etre parfaitement satisfaisant tandis que la paroi se degrade. C'est pourquoi les NF DTU consacrent l'essentiel de leurs prescriptions a la continuite de la barriere, et non a sa seule valeur Sd.

Une consequence de methode en decoule pour le maitre d'oeuvre : une note de calcul hygrothermique n'est jamais une garantie a elle seule. Elle doit etre accompagnee d'un carnet de details traitant les points singuliers — angles, jonctions, traversees, liaisons entre lots — et d'un controle de mise en oeuvre.

Le facteur de temperature fRsi : definition, calcul et statut du 0,75

Le facteur de temperature de la surface interieure se definit par fRsi = (θsi − θe) / (θi − θe), ou θsi est la temperature superficielle interieure, θe la temperature de l'air exterieur et θi la temperature de l'air interieur. C'est un nombre sans dimension compris entre 0 et 1 : plus il est proche de 1, plus la surface interieure reste proche de la temperature de l'air interieur, et plus le risque de condensation superficielle est faible.

Le calcul s'effectue avec une resistance superficielle interieure conventionnelle Rsi de 0,25 m2·K/W. Cette valeur est superieure a celle utilisee pour les calculs de deperditions, precisement parce qu'elle vise a representer les conditions defavorables : angles de pieces, zones masquees par du mobilier, secteurs peu balayes par l'air. Utiliser la valeur des calculs thermiques conduirait a sous-estimer le risque.

Le critere d'humidite superficielle retenu pour eviter le developpement de moisissures correspond a une humidite relative en surface de 80 %. Ce n'est donc pas la condensation stricto sensu — qui suppose 100 % d'humidite relative — qui est visee en premier lieu, mais le seuil de prolifération fongique, atteint bien avant l'apparition d'eau liquide.

Le point de vigilance porte sur le seuil. La norme donne la methode permettant de calculer la valeur minimale fRsi,min mois par mois, a partir du climat exterieur et de la classe d'humidite interieure. Elle ne fixe pas de valeur unique. La valeur de 0,75 souvent citee est une valeur de reference nationale ou conventionnelle, adoptee dans plusieurs pays et couramment reprise dans les pratiques professionnelles, mais elle n'a de portee contractuelle en France que si un document du marche l'impose expressement. En maitrise d'oeuvre, il faut donc l'inscrire au programme ou au CCTP en la presentant pour ce qu'elle est : un objectif de conception.

Classes d'humidite interieure : le parametre qui change tout

La NF EN ISO 13788 definit cinq classes d'humidite interieure, qui determinent la charge d'humidite de calcul dans le local et donc les conditions de temperature et d'humidite relative utilisees pour la verification. Elles s'echelonnent des ambiances tres seches — bureaux, commerces — aux ambiances tres humides — piscines, certains locaux industriels — en passant par les locaux d'habitation a occupation normale et les locaux humides tels que cuisines et salles de bains.

Le choix de la classe est une decision de conception, pas un parametre secondaire. Une meme paroi peut etre conforme dans une chambre et non conforme dans une salle de bains, parce que la charge d'humidite de calcul y est superieure. Cela explique pourquoi les traitements de ponts thermiques doivent etre differencies selon les locaux qu'ils bordent.

Une consequence pratique concerne les changements d'usage. Une paroi verifiee pour un logement en occupation normale peut se retrouver en defaut si le local est ensuite exploite en local humide, ou si le taux d'occupation depasse fortement l'hypothese retenue — cas frequent en logement collectif social ou en colocation. La classe d'humidite retenue doit donc figurer explicitement dans la note de calcul, afin de rester tracable.

Cette question rejoint celle du renouvellement d'air : a apport de vapeur donne, l'humidite interieure resulte du debit d'air neuf. Une classe d'humidite favorable suppose une ventilation effectivement fonctionnelle, ce qui renvoie aux exigences de l'arrete du 24 mars 1982 en logement.

Bilan mensuel de condensation dans la masse : principe et limites

La methode d'evaluation de la condensation dans la masse procede par bilan mensuel. Elle compare, mois par mois sur une annee, la quantite d'eau susceptible de condenser dans la paroi pendant la saison froide et la quantite susceptible de s'evaporer pendant la saison chaude. Le critere de conception qui en decoule est le suivant : la quantite accumulee pendant la periode de condensation doit pouvoir etre evacuee pendant la periode de sechage, sans accumulation d'une annee sur l'autre.

Cette formulation est plus nuancee que l'exigence d'absence totale de condensation qu'on lui prete parfois. Une condensation temporaire n'est pas en elle-meme disqualifiante ; c'est l'accumulation cumulative qui l'est, parce qu'elle conduit a la saturation progressive de l'isolant et a l'alteration des materiaux sensibles.

La methode repose sur un modele simplifie en regime stationnaire mensuel. Elle ne prend en compte ni le stockage d'humidite dans les materiaux hygroscopiques, ni le transport d'eau liquide par capillarite, ni les mouvements d'air convectifs a travers la paroi. La norme signale elle-meme ces limites.

Pour les parois comportant des materiaux fortement hygroscopiques — bois massif, fibres vegetales, materiaux biosources, terre crue, enduits a la chaux — le modele est particulierement pessimiste, puisqu'il ignore la capacite de ces materiaux a stocker temporairement l'humidite puis a la restituer. Sur ces configurations, une simulation dynamique du transfert couple de chaleur et d'humidite est plus representative du comportement reel et permet d'eviter des surdimensionnements de barriere a la vapeur contre-productifs.

Les valeurs Sd reellement opposables : ce que disent les NF DTU

La valeur Sd, epaisseur de couche d'air equivalente a la diffusion de vapeur d'eau exprimee en metres, est la grandeur de reference pour caracteriser une barriere a la vapeur. Sur un chantier francais, ce sont les NF DTU d'ouvrage qui en fixent les valeurs plancher.

Le NF DTU 31.2, pour les maisons et batiments a ossature en bois, impose par defaut une membrane pare-vapeur souple dont la valeur Sd est superieure ou egale a 18 m. La necessite meme de mettre en oeuvre une barriere est fonction du type de mur, selon le Tableau 3 de la clause 9.3.2.1 ; mais des lors qu'elle est requise, c'est cette valeur de 18 m qui s'applique en regime par defaut.

Le NF DTU 45.10, pour l'isolation des combles par panneaux ou rouleaux en laine minerale, retient la meme valeur de 18 m hors zone tres froide, et la porte a 57 m en zone tres froide, celle-ci etant definie en climat de plaine par une temperature exterieure de base inferieure a - 15 °C, determinee selon la NF P52-612/CN. La coherence des deux DTU sur la valeur de 18 m facilite le travail en interface entre lot ossature et lot combles.

Le meme DTU precise ce qui est vise par l'expression « ouvrage pare-vapeur » : il comprend le pare-vapeur ainsi que les accessoires associes — bandes, mastics — pour constituer un ouvrage fonctionnel. C'est donc l'ouvrage complet, et non la seule membrane, qui doit satisfaire la valeur. Une membrane conforme raccordee avec un adhesif incompatible ne constitue pas un ouvrage conforme.

La regle du « facteur 5 » : la gradation des Sd, formalisee

Le principe intuitif selon lequel une paroi doit etre « fermee a l'interieur, ouverte a l'exterieur » est formalise en France par la regle de moyens dite du « facteur 5 », introduite par le NF DTU 31.2 a la clause 9.3.2.2.2. Elle offre une alternative au regime forfaitaire des 18 m.

La regle enonce que la valeur Sd de la barriere a la diffusion de vapeur d'eau cote interieur — membrane pare-vapeur et/ou panneau a base de bois — doit etre au moins 5 fois plus elevee que la valeur Sd de la barriere cote exterieur — membrane pare-pluie, ecran rigide et/ou panneau a base de bois. Elle raisonne donc en rapport et non en valeur absolue, ce qui permet d'abaisser la valeur interieure lorsque l'enveloppe exterieure est tres ouverte a la diffusion.

Son application est conditionnee a deux prealables exigeants. D'une part, les materiaux utilises pour la fabrication de la paroi, a l'exception des montants et traverses d'ossature, doivent etre caracterises par voie d'essai en termes de valeur Sd selon les prescriptions du DTU — la determination s'effectuant selon la NF EN ISO 12572, en coupelle humide et en coupelle seche, sur cinq eprouvettes de chaque lot. D'autre part, les panneaux a base de bois faisant office de barriere doivent avoir une epaisseur comprise entre 7 et 16 mm, et entre 12 et 16 mm pour les panneaux OSB.

Les valeurs a retenir different selon la position du panneau, dans un sens toujours defavorable : pour un panneau place cote interieur, on retient la plus faible des valeurs moyennes affichees en coupelle humide ; place cote exterieur, la plus forte des valeurs moyennes affichees en coupelle seche. Lorsqu'une membrane et un panneau sont superposes, leurs valeurs Sd s'additionnent. Une restriction ferme le dispositif : en cas de doublage isolant par l'exterieur mis en oeuvre sur un panneau a base de bois, seule une membrane pare-pluie souple peut etre mise en oeuvre cote exterieur, aucun autre composant ne devant etre rapporte entre le doublage et ce pare-pluie.

Cote exterieur : pare-pluie HPV et lames d'air ventilees

Pour que la regle de gradation fonctionne, l'enveloppe exterieure doit rester ouverte a la diffusion. L'ecran hautement permeable a la vapeur d'eau (HPV) est defini par le NF DTU 31.2 comme un ecran souple de sous-toiture favorisant l'evacuation de la vapeur d'eau issue du batiment ou du local en sous-face, caracterise par une valeur Sd inferieure a 0,1 m. Le NF DTU 45.10 retient la meme grandeur, avec une valeur sd inferieure ou egale a 0,1 m.

L'emploi d'un ecran HPV modifie la mise en oeuvre : la lame d'air ventilee en sous-face n'est plus necessaire et l'isolant peut etre pose au contact de l'ecran, mais un pare-vapeur continu doit alors etre installe cote interieur de la paroi isolee. C'est un couple indissociable — HPV a l'exterieur, pare-vapeur continu a l'interieur — qu'il ne faut pas dissocier en cours de chantier.

En l'absence d'ecran HPV, la ventilation redevient la voie d'evacuation. Le NF DTU 45.10 impose une lame d'air de 2 cm minimum en tout point entre l'ecran souple de sous-toiture et l'isolant, conservee du faitage a l'egout. Pour un ecran pose sur support continu ventile, la lame d'air en sous-face du support est de 2 cm minimum avec un ecran HPV, 4 cm minimum pour des rampants inferieurs ou egaux a 12 m, et 6 cm pour des rampants superieurs a 12 m.

L'expression « en tout point » de la clause 5.2.2.1 merite d'etre soulignee : c'est en rive basse et au droit des pannes que la lame d'air se ferme le plus souvent, precisement la ou la ventilation est la plus necessaire. Un deflecteur de rive est le detail qui garantit simultanement la continuite de l'isolation jusqu'a la panne sabliere et le maintien de l'entree d'air.

Position de la barriere dans l'isolation : trois regles a ne pas melanger

Placer une barriere a la vapeur au milieu de l'epaisseur isolante est possible, mais encadre : si la barriere se retrouve dans une zone trop froide de la paroi, la vapeur condensera a son contact. Trois regles de repartition existent dans les DTU francais et ne visent pas les memes ouvrages.

En combles, le NF DTU 45.10 pose la regle dite « 1/3 - 2/3 » : si l'ouvrage pare-vapeur est place dans la couche d'isolation en separant deux couches, la resistance thermique de la premiere couche cote parement interieur doit etre inferieure ou egale au tiers de la resistance totale. Au moins deux tiers de la resistance doivent donc se situer cote froid par rapport a la barriere.

En zone tres froide, la meme clause resserre la regle : elle devient « 1/4 - 3/4 », la resistance de la premiere couche cote parement interieur devant rester inferieure ou egale au quart de la resistance totale. Cette regle se cumule avec l'exigence de sd superieur ou egal a 57 m — les deux conditions doivent etre satisfaites ensemble.

En paroi verticale a ossature bois, la logique est differente : le NF DTU 31.2 ne limite pas la position d'une barriere intermediaire, mais l'epaisseur du doublage isolant interieur. Quelle que soit la permeance de la barriere du mur, la resistance thermique de l'isolant de doublage interieur doit rester inferieure ou egale a la moitie de celle de l'isolant du mur — regle dite des « 2/3 - 1/3 » — tout en restant inferieure a 100 mm d'epaisseur. Confondre ces trois regles conduit a des erreurs de conception : la premiere et la deuxieme portent sur la position du pare-vapeur en combles, la troisieme sur l'epaisseur du doublage en mur.

Continuite et points singuliers : la ou se produisent les desordres

Une barriere a la vapeur n'a de valeur que si elle est continue. Les NF DTU consacrent l'essentiel de leurs prescriptions a cette continuite, parce que les transferts convectifs par les defauts d'etancheite dominent les transferts par diffusion des qu'une fuite existe.

Le NF DTU 31.2 impose en partie courante un recouvrement des les de pare-vapeur souple superieur ou egal a 100 mm, avec retablissement de la continuite par collage a l'aide de bandes adhesives compatibles, ou par mastic colle si le mur comporte un panneau a base de bois faisant office de support rigide. La fixation definitive doit etre obtenue en prenant la membrane en pince entre les montants d'ossature — par tasseaux ou contre-ossatures de largeur minimale 45 mm et d'epaisseur minimale 25 mm avec un vide inferieur ou egal a 600 mm, ou par pastilles de diametre minimal 25 mm sous la tete des agrafes tous les 300 mm maximum. L'agrafage seul ne vaut que comme fixation temporaire de positionnement.

Le NF DTU 45.10 pose une regle sans exception : l'ouvrage pare-vapeur doit etre reconstitue a chaque fois qu'il est traverse. Il detaille aussi les angles — retour de 10 cm de la membrane sur la paroi adjacente, collee avec un cordon de mastic — et la jonction rampant / pied-droit, ou la membrane integre une remontee de 10 cm sur la panne sabliere et 10 cm sur la cloison du pied-droit, collee a la panne sabliere par un cordon de mastic continu.

Un detail du NF DTU 31.2 illustre bien la logique hygrothermique du traitement des points singuliers : au droit de la liaison mur interieur / mur exterieur, lorsqu'un mur interieur interrompt le mur exterieur, la bande de continuite rapportee doit avoir une valeur Sd inferieure ou egale a 0,18 m. Le DTU en donne la raison : cette bande passant cote froid de la paroi, l'utilisation d'une membrane permeable permet d'eviter les risques de condensation. Poser a cet endroit une bande fortement fermee a la vapeur, par symetrie avec le reste de la paroi, produirait l'effet inverse de celui recherche.

Ventilation : les debits reellement exiges en logement

La maitrise de l'humidite interieure passe d'abord par le renouvellement d'air : a production de vapeur donnee, c'est le debit d'air neuf qui fixe l'humidite ambiante. En logement, l'arrete du 24 mars 1982 modifie relatif a l'aeration des logements en fixe les exigences.

Son article 2 pose le principe de l'aeration generale et permanente : des entrees d'air dans toutes les pieces principales, par des ouvertures en facade, des conduits a tirage naturel ou des dispositifs mecaniques ; des sorties d'air dans les pieces de service, au moins dans les cuisines, les salles de bains ou de douches et les cabinets d'aisances ; et une circulation libre de l'air des pieces principales vers les pieces de service. Dans une installation collective, si une piece de service dispose d'une extraction mecanique, toutes les autres doivent en disposer.

L'article 3 fixe les debits extraits minimaux, en fonction du nombre de pieces principales du logement. Pour la cuisine, ils s'echelonnent de 75 m3/h pour un logement d'une piece principale a 135 m3/h a partir de cinq pieces principales, en passant par 90, 105 et 120 m3/h pour deux, trois et quatre pieces principales. Pour la salle de bains ou de douches, le debit est de 15 m3/h jusqu'a deux pieces principales et de 30 m3/h a partir de trois. Pour une autre salle d'eau, il est de 15 m3/h. Pour un cabinet d'aisances separe, il est de 15 m3/h jusqu'a trois pieces principales et de 30 m3/h a partir de quatre.

Il faut souligner que ces debits sont des debits d'extraction en pieces de service : les pieces principales ne font pas l'objet d'un debit d'extraction mais d'entrees d'air. Attribuer un debit d'extraction « par occupant » a une chambre est une confusion frequente avec les regles applicables aux locaux de travail ou aux ERP. Deux souplesses sont prevues : pour les logements d'une piece principale, la salle de bains et le cabinet d'aisances peuvent avoir une sortie d'air commune a 15 m3/h s'ils sont contigus ; et un debit reduit en cuisine est admis lorsqu'une hotte est raccordee au systeme d'extraction, determine en fonction de son efficacite selon des modalites approuvees par les ministres charges de la construction et de la sante.

Diagnostiquer avant de corriger

Avant d'engager une correction, il faut identifier l'origine du desordre, car les remedes sont parfois opposes et une erreur de diagnostic aggrave la situation.

Une condensation superficielle se reconnait a des moisissures localisees, en angles de murs, derriere les meubles ou au droit des ponts thermiques, c'est-a-dire sur les surfaces les plus froides. Elle releve du facteur de temperature et se traite par le traitement du pont thermique et par l'amelioration du renouvellement d'air. Elle apparait en general en periode froide et regresse en ete.

Une condensation dans la masse se reconnait a une degradation interne — isolant tasse ou humide au demontage, bois altere, tache diffuse apparaissant tardivement — souvent sans signe superficiel au debut. Elle releve du bilan de diffusion et se traite par la barriere a la vapeur cote chaud et par la ventilation de la lame d'air exterieure ou l'emploi d'un ecran HPV. C'est le desordre le plus insidieux, car il peut evoluer plusieurs saisons avant d'etre visible.

Une infiltration d'eau liquide, un defaut d'etancheite en couverture ou en menuiserie, ou une remontee capillaire ne relevent d'aucune de ces deux logiques : ils ne se corrigent ni par un pare-vapeur ni par une ventilation renforcee. Poser un pare-vapeur sur une paroi humidifiee par une infiltration aggrave meme le desordre, en empechant le sechage vers l'interieur. Enfin, une humidite residuelle de construction — apres coulage de chapes, d'enduits ou de dalles — se resorbe avec la ventilation et le chauffage, et ne doit pas etre confondue avec un defaut de conception : le NF DTU 65.14 prevoit d'ailleurs des reperes de prelevement dans les planchers chauffants pour permettre d'en mesurer le taux residuel avant pose du revetement.

Points de controle en maitrise d'oeuvre

En conception : arreter la classe d'humidite interieure retenue local par local et la faire figurer explicitement dans la note de calcul ; ne pas citer la NF EN ISO 13788 comme source d'un seuil chiffre, mais inscrire l'objectif de facteur de temperature retenu dans le programme ou le CCTP pour le rendre opposable ; determiner si le site releve de la zone tres froide, ce qui fait passer l'exigence de sd de 18 m a 57 m en combles.

En choix de systeme : verifier que la valeur Sd de la barriere retenue satisfait le regime applicable — 18 m par defaut en ossature bois et en combles hors zone tres froide, 57 m en zone tres froide — ou, si la regle du « facteur 5 » est invoquee, exiger le dossier complet de caracterisation par essai de tous les materiaux de la paroi hors ossature ; verifier que le pare-pluie ou l'ecran de sous-toiture est bien HPV lorsque la conception le suppose, avec une valeur Sd d'au plus 0,1 m ; refuser tout surfacage kraft presente comme pare-vapeur.

En details d'execution : verifier la repartition de l'isolant autour de la barriere — regle « 1/3 - 2/3 » ou « 1/4 - 3/4 » en combles, regle « 2/3 - 1/3 » avec limite de 100 mm pour le doublage interieur en ossature bois ; verifier que le carnet de details traite les angles avec retour de 10 cm, la jonction rampant / pied-droit avec double remontee de 10 cm, et la liaison mur interieur / mur exterieur avec une bande de Sd inferieure ou egale a 0,18 m passant cote froid ; verifier les lames d'air ventilees, 2 cm entre ecran souple et isolant, et 2, 4 ou 6 cm en sous-face de support continu selon le cas.

En chantier et a la reception : controler l'humidite des bois d'ossature, qui doit rester inferieure ou egale a 18 % a l'assemblage avec un ecart maximal de 4 % entre deux elements, et inferieure a 18 % y compris en surface a la pose des isolants ; controler le recouvrement de 100 mm des les et le mode de fixation definitif en pince ; verifier que la barriere a ete reconstituee a chaque traversee ; verifier que la ventilation est effectivement en service et conforme aux debits de l'arrete du 24 mars 1982, faute de quoi toute la logique hygrothermique de la paroi est privee de sa condition de fonctionnement.

Glossaire NF EN ISO 13788

NF EN ISO 13788
Norme intitulee « Performance hygrothermique des composants et parois de batiments — Temperature superficielle interieure permettant d'eviter l'humidite superficielle critique et la condensation dans la masse — Methodes de calcul » (ISO 13788:2012). Elle fournit des methodes de calcul, non des seuils reglementaires.
fRsi
Facteur de temperature de la surface interieure, defini par fRsi = (θsi − θe) / (θi − θe). Grandeur sans dimension calculee avec une resistance superficielle interieure conventionnelle Rsi de 0,25 m2·K/W.
Rsi conventionnelle de 0,25 m2·K/W
Resistance superficielle interieure retenue pour le calcul du facteur de temperature, representant les conditions defavorables des angles et zones peu ventilees. A distinguer de la valeur utilisee pour les calculs de deperditions.
Humidite superficielle critique
Seuil d'humidite relative en surface au-dela duquel le developpement de moisissures devient probable, retenu a 80 % dans la methode de la NF EN ISO 13788. Il est atteint avant la condensation stricto sensu, qui suppose 100 %.
Classe d'humidite interieure
Classement en cinq categories, des ambiances tres seches aux ambiances tres humides, determinant la charge d'humidite de calcul dans le local et donc les conditions de verification (NF EN ISO 13788).
Condensation dans la masse
Condensation se produisant a l'interieur de l'epaisseur de la paroi, dite aussi interstitielle. Evaluee par un bilan mensuel comparant la quantite condensee en saison froide et la quantite evaporable en saison chaude (NF EN ISO 13788).
Valeur Sd
Epaisseur de couche d'air equivalente a la diffusion de vapeur d'eau, exprimee en metres. Determinee selon la NF EN ISO 12572, en coupelle humide et en coupelle seche, sur cinq eprouvettes de chaque lot (NF DTU 31.2 P1-2, article 10).
Ouvrage pare-vapeur
Ensemble constitue du pare-vapeur et des accessoires associes — bandes, mastics — formant un ouvrage fonctionnel. C'est l'ouvrage complet, et non la seule membrane, qui doit satisfaire la valeur sd exigee (NF DTU 45.10, clause 3.4).
Regle du « facteur 5 »
Regle de moyens du NF DTU 31.2 permettant d'optimiser la valeur Sd : la valeur Sd cote interieur doit etre au moins 5 fois plus elevee que la valeur Sd cote exterieur, sous conditions de caracterisation par essai (clause 9.3.2.2.2).
Regle « 1/3 - 2/3 »
Lorsque l'ouvrage pare-vapeur separe deux couches d'isolant en comble, la resistance thermique de la premiere couche cote parement interieur doit rester inferieure ou egale au tiers de la resistance totale (NF DTU 45.10, clause 5.2.3.1).
Regle « 1/4 - 3/4 »
Version resserree applicable en zone tres froide : la resistance thermique de la premiere couche cote parement interieur doit rester inferieure ou egale au quart de la resistance totale (NF DTU 45.10, clause 5.2.3.1).
Regle « 2/3 - 1/3 »
Limitation du doublage isolant interieur en ossature bois : sa resistance thermique doit rester inferieure ou egale a la moitie de celle de l'isolant du mur, et son epaisseur inferieure a 100 mm (NF DTU 31.2, clause 9.3.1.5).
Ecran HPV
Ecran hautement permeable a la vapeur d'eau, caracterise par une valeur Sd inferieure a 0,1 m (NF DTU 31.2, clause 3.8) ou inferieure ou egale a 0,1 m (NF DTU 45.10, clause 3.2). Son emploi autorise la pose de l'isolant au contact, avec pare-vapeur continu cote interieur.
Zone tres froide
Zone definie en climat de plaine par une temperature exterieure de base inferieure a - 15 °C, determinee selon la NF P52-612/CN. Elle porte l'exigence de sd de l'ouvrage pare-vapeur de 18 m a 57 m (NF DTU 45.10, clause 5.1.2).
Coupelle humide / coupelle seche
Deux conditions d'essai de la NF EN ISO 12572 pour determiner la valeur Sd d'un materiau. Pour la regle du « facteur 5 », on retient la valeur moyenne la plus faible en coupelle humide cote interieur et la plus forte en coupelle seche cote exterieur.

Questions fréquentes sur NF EN ISO 13788

Qu'est-ce que NF EN ISO 13788 ?

Condensation dans les parois - NF EN ISO 13788 et regles DTU associees. La NF EN ISO 13788 est une norme de methodes de calcul : elle donne la maniere de determiner la temperature superficielle interieure permettant d'eviter l'humidite superficielle critique, et d'evaluer la condensation dans la masse par bilan mensuel. Elle ne fixe pas elle-meme de seuil reglementaire. Les valeurs opposables en France sur un chantier viennent des NF DTU — valeur Sd de la barriere a la diffusion de vapeur d'eau, regle du « facteur 5 », regles de repartition de l'isolant — et de l'arrete du 24 mars 1982 pour l'aeration des logements. Ce document relève de hygrothermal.

Quels projets sont concernés par NF EN ISO 13788 ?

Le domaine d'application couvre : Prevention des desordres lies a l'humidite dans les parois de batiment : condensation superficielle et developpement de moisissures d'une part, condensation dans la masse — dite interstitielle — d'autre part. La NF EN ISO 13788 « Performance hygrothermique des composants et parois de batiments — Temperature superficielle interieure permettant d'eviter l'humidite superficielle critique et la condensation dans la masse — Methodes de calcul » fournit les methodes ; les exigences chiffrees applicables en France proviennent des NF DTU concernes (31.2 pour l'ossature bois, 45.10 pour les combles, 31.4, 41.2) et de la reglementation sur l'aeration des logements. Cette fiche distingue systematiquement ce qui releve de la methode de calcul et ce qui releve d'une prescription opposable. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.

Comment garantir la conformité à NF EN ISO 13788 sur un projet ?

En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.

La NF EN ISO 13788 impose-t-elle un fRsi de 0,75 ?

Non. La NF EN ISO 13788 est une norme de methodes de calcul : elle donne la maniere de determiner la valeur minimale fRsi,min mois par mois a partir du climat exterieur et de la classe d'humidite interieure, mais elle ne fixe pas de seuil applicable en France. La valeur de 0,75 souvent citee est une valeur de reference nationale ou conventionnelle, qui n'est opposable que si un document du marche l'impose expressement.

Comment se definit le facteur de temperature fRsi ?

Par la relation fRsi = (θsi − θe) / (θi − θe), ou θsi est la temperature superficielle interieure, θe la temperature de l'air exterieur et θi la temperature de l'air interieur. Le calcul s'effectue avec une resistance superficielle interieure conventionnelle Rsi de 0,25 m2·K/W, representant les conditions defavorables des angles et des zones peu ventilees.

A partir de quelle humidite de surface un risque de moisissure apparait-il ?

Le critere retenu par la methode de la NF EN ISO 13788 est une humidite relative en surface de 80 %. Ce n'est donc pas la condensation proprement dite, qui suppose 100 % d'humidite relative, qui est visee en premier lieu, mais le seuil de prolifération fongique, atteint bien avant l'apparition d'eau liquide.

Quelle valeur Sd retenir pour un pare-vapeur en ossature bois ?

Par defaut, une membrane pare-vapeur souple dont la valeur Sd est superieure ou egale a 18 m (NF DTU 31.2, clause 9.3.2.2.1). Cette valeur peut etre optimisee par la regle de moyens dite du « facteur 5 », sous reserve que tous les materiaux de la paroi hors ossature aient ete caracterises par voie d'essai.

Quelle valeur sd pour un pare-vapeur de comble en zone tres froide ?

57 m au minimum, a defaut d'etude specifique tenant compte des conditions reelles de l'operation. Hors zone tres froide, la valeur est de 18 m. La zone tres froide est definie en climat de plaine par une temperature exterieure de base inferieure a - 15 °C, determinee selon la NF P52-612/CN (NF DTU 45.10, clauses 5.1.2 et 5.2.3.1).

En quoi consiste exactement la regle du « facteur 5 » ?

La valeur Sd de la barriere a la diffusion de vapeur d'eau cote interieur — membrane pare-vapeur et/ou panneau a base de bois — doit etre au moins 5 fois plus elevee que la valeur Sd de la barriere cote exterieur — membrane pare-pluie, ecran rigide et/ou panneau a base de bois. Son application suppose la caracterisation par essai de tous les materiaux de la paroi hors ossature, et des panneaux bois de 7 a 16 mm d'epaisseur, 12 a 16 mm pour l'OSB (NF DTU 31.2, clause 9.3.2.2.2).

Un surfacage kraft fait-il office de pare-vapeur ?

Non. Le NF DTU 45.10 precise que les kraft-bitume, papiers krafts et complexes kraft-polyethylene associes en usine aux isolants, meme jointoyes sur chantier, ne sont pas consideres comme ouvrage pare-vapeur. Le NF DTU 31.2 pose la meme exclusion pour les surfacages de type papier kraft, enduit PE ou bitume, et precise que les revetements et surfacages des isolants, meme jointoyes, ne peuvent pas etre consideres comme systeme pare-vapeur.

Ou placer le pare-vapeur dans l'epaisseur d'isolation ?

En comble, si le pare-vapeur separe deux couches, la resistance thermique de la premiere couche cote parement interieur doit rester inferieure ou egale au tiers de la resistance totale — regle « 1/3 - 2/3 » — et au quart en zone tres froide — regle « 1/4 - 3/4 » (NF DTU 45.10). En mur a ossature bois, la limitation porte sur le doublage interieur : sa resistance thermique doit rester inferieure ou egale a la moitie de celle de l'isolant du mur, et son epaisseur inferieure a 100 mm (NF DTU 31.2).

Quel recouvrement entre les de pare-vapeur ?

En partie courante, un recouvrement superieur ou egal a 100 mm, avec retablissement de la continuite par collage a l'aide de bandes adhesives compatibles, rapportees ou integrees aux membranes, ou par mastic colle si le mur comporte un panneau a base de bois faisant office de support rigide (NF DTU 31.2, clause 9.3.2.3).

Faut-il une lame d'air ventilee derriere l'isolant en rampant ?

Oui, sauf en presence d'un ecran HPV. Une ventilation de 2 cm minimum en tout point doit etre conservee entre l'ecran souple de sous-toiture et l'isolant, du faitage a l'egout. En sous-face d'un support continu ventile, la lame d'air est de 2 cm minimum avec ecran HPV, 4 cm minimum pour des rampants inferieurs ou egaux a 12 m et 6 cm au-dela (NF DTU 45.10).

Quels debits de ventilation impose la reglementation en logement ?

L'arrete du 24 mars 1982 modifie fixe des debits extraits minimaux par piece de service selon le nombre de pieces principales : cuisine de 75 a 135 m3/h (75, 90, 105, 120 puis 135 m3/h de 1 a 5 pieces principales et plus) ; salle de bains 15 m3/h jusqu'a deux pieces principales et 30 m3/h a partir de trois ; autre salle d'eau 15 m3/h ; cabinet d'aisances separe 15 m3/h jusqu'a trois pieces principales et 30 m3/h a partir de quatre. Les pieces principales recoivent des entrees d'air, non un debit d'extraction.

La methode de la norme suffit-elle pour une paroi en materiaux biosources ?

Elle est utilisable mais pessimiste. Le bilan mensuel de la NF EN ISO 13788 est un modele en regime stationnaire qui ne prend en compte ni le stockage d'humidite dans les materiaux hygroscopiques, ni le transport d'eau liquide, ni les transferts convectifs. Pour des parois comportant du bois, des fibres vegetales, de la terre crue ou des enduits a la chaux, une simulation dynamique du transfert couple de chaleur et d'humidite est plus representative.

Une condensation temporaire dans la paroi est-elle disqualifiante ?

Pas necessairement. Le critere issu du bilan mensuel est que la quantite d'eau accumulee pendant la periode de condensation doit pouvoir etre evacuee pendant la periode de sechage, sans accumulation d'une annee sur l'autre. C'est l'accumulation cumulative, et non l'apparition ponctuelle de condensat, qui caracterise le defaut.

Comment distinguer une condensation superficielle d'une infiltration ?

La condensation superficielle se manifeste par des moisissures localisees sur les surfaces les plus froides — angles, derriere les meubles, au droit des ponts thermiques — apparaissant en periode froide et regressant en ete. Une infiltration ou une remontee capillaire suit une autre logique et ne se corrige ni par un pare-vapeur ni par une ventilation renforcee. Poser un pare-vapeur sur une paroi humidifiee par une infiltration aggrave le desordre en empechant le sechage vers l'interieur.

Pourquoi la bande de continuite du pare-vapeur doit-elle etre permeable a certains endroits ?

Parce qu'elle passe cote froid. Le NF DTU 31.2 precise qu'au droit de la liaison mur interieur / mur exterieur, lorsqu'un mur interieur interrompt le mur exterieur, la bande rapportee assurant la continuite doit avoir une valeur Sd inferieure ou egale a 0,18 m : passant cote froid de la paroi, l'utilisation d'une membrane permeable permet d'eviter les risques de condensation (clause 10.1.4).

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Informations

Référence NF EN ISO 13788
Type hygrothermal
Catégorie hygrothermal
Accès Gratuit
En vigueur depuis 1 février 2013

Dernière mise à jour

Ce document a été mis à jour le 28 août 2026

Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.

NF EN ISO 13788 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. condensation, vapeur d'eau, pare-vapeur, permeabilite, prevention condensation, condensation parois, Sd, fRsi, moisissures, facteur 5, ventilation, point de rosee.