NF DTU 40.14 - Couverture en bardeaux bitumés
Le DTU 40.14 (NF P 39-201-1, mai 1993, incluant l'amendement A1 de janvier 2001) définit les conditions d'exécution des travaux de couverture en bardeaux bitumés, dits shingles, sur support continu ventilé en sous-face. Il fixe la pente minimale de la couverture à 20 %, le recouvrement R des bardeaux par un tableau croisant la pente, la zone d'utilisation et la longueur de projection horizontale du rampant — de 50 à 120 mm —, la formule du pureau P = (ℓ − R)/2, le clouage à cinq clous par plaque pour un bardeau à quatre jupes, et la ventilation obligatoire de sous-face avec une section totale d'orifices d'au moins 1/500 de la surface de la couverture. Une pente inférieure à 20 %, un clouage hors de la zone comprise entre 20 et 30 mm au-dessus des encoches ou une toiture chaude sans ventilation provoquent soulèvement au vent, infiltrations et vieillissement prématuré du bitume.
Domaine d'application
Travaux de couverture en bardeaux bitumés sur supports continus dont la sous-face est ventilée, pour tous les bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne, quelle que soit leur destination, réalisés en France métropolitaine. Un chapitre spécifique traite les couvertures en région de montagne, conventionnellement au-dessus de 900 m d'altitude, en double toiture ventilée ou en simple toiture ventilée. Hors domaine : l'emploi dans les locaux à forte hygrométrie et la pose sur support discontinu, qui relève d'Avis Techniques. La pose des bardeaux en toiture chaude, caractérisée par une absence de ventilation en sous-face des supports de couverture, n'est pas admise
Règles principales
Domaine d'application et interdiction de la toiture chaude
1). Il s'applique à tous les bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne dont la sous-face des rampants de couverture est ventilée, quelle que soit leur destination, réalisés en France métropolitaine.
En climat de montagne, conventionnellement caractérisé par une implantation à plus de 900 m d'altitude, la conception et la réalisation doivent tenir compte des sujétions locales (voir chapitre 6) ; certaines toitures situées à 900 m ou moins peuvent être considérées comme toitures sous climat de montagne selon les conditions microclimatiques, les DPM en faisant mention.
Le document ne traite ni de l'emploi dans les locaux à forte hygrométrie, ni de la pose sur support discontinu, cette technique relevant d'Avis Techniques. La pose des bardeaux en toiture chaude, caractérisée par une absence de ventilation en sous-face des supports de couverture, n'est pas admise.
Caractéristiques des bardeaux bitumés
Les bardeaux bitumés doivent répondre aux spécifications de la norme NF EN 544 (P 39-305) pour les catégories suivantes : bardeaux bitumés de classe 1, armatures de type 4 (non tissé verre), enrobage de type X (bitume oxydé), surfaçage de type 2 ou 8 (paillettes d'ardoises et granulés, ou feuille métallique).
Le fabricant doit attester de la conformité des produits à la norme NF EN 544 et de leur appartenance aux classes définies ci-dessus ; la marque NF-Bardeaux bitumés vaut preuve de la conformité à ces exigences. Le présent document ne traite pas des couvertures réalisées à partir d'autres catégories de produits.
Supports continus admis et épaisseurs minimales
Trois familles de supports continus sont visées.
Bois massif : la plus faible épaisseur nominale est de 18 mm pour les voliges et frises et de 22 mm pour les planches, avec une tolérance de ± 1 mm ; les largeurs maximales sont de 150 mm pour les voliges et frises et de 200 mm pour les planches ; les planches bouvetées ont une épaisseur au moins égale à 23 mm avec une tolérance de ± 1 mm, et les lames à parquet et planches bouvetées une largeur maximale de 200 mm.
Contreplaqué : longueur maximale 315 cm, largeur maximale 155 cm ; épaisseur minimale de 10 mm si le panneau est porté sur les quatre côtés, de 12 mm si les rives perpendiculaires aux appuis ne sont pas supportées, ces rives devant alors être usinées pour un assemblage par rainure et languette ; au minimum 5 plis jusqu'à 15 mm d'épaisseur et 7 plis au-delà ; marque NF extérieur CTB-X.
Panneaux de particules : épaisseur minimale 18 mm ; dimensions maximales 205 × 100 cm pour les épaisseurs de 18 à 25 mm et 275 × 100 cm au-delà de 25 mm ; marque CTB-H. Le document ne vise pas l'utilisation d'autres types de support, ceux-ci relevant de l'Avis Technique concernant l'utilisation envisagée.
Pose et fixation des supports en bois massif
Les voliges, frises et planches sont dites à pose jointive lorsque leur écartement à la pose est de 5 mm environ. Chaque volige, frise ou planche doit reposer en partie courante sur au moins trois appuis.
La portée maximale est dans tous les cas de 90 cm pour une épaisseur nominale de volige au moins égale à 18 mm et pour une charge descendante normale au plus égale à 200 daN/m². Le désaffleurement sans charge entre deux éléments voisins doit être inférieur à 2 mm.
Sur chevrons, pannes et fourrures bois, la fixation se fait par clouage sur chaque appui au moyen de 2 pointes pour les largeurs de support inférieures ou égales à 105 mm et de 3 pointes pour les largeurs supérieures ; la longueur des pointes est au moins égale à deux fois l'épaisseur de l'élément à fixer et leurs têtes ne doivent pas désaffleurer.
En partie courante, les abouts des voliges, frises, planches et planchers rainés-bouvetés ne doivent pas être systématiquement alignés.
Siccité et pose des panneaux dérivés du bois
Au stockage, les panneaux de contreplaqué et de particules doivent être disposés à l'abri des intempéries et isolés du sol.
Au moment de la pose, la siccité convenable est reconnue par les valeurs maximales suivantes, mesurables à l'hygromètre à pointes : 18 % pour les panneaux de contreplaqué, 22 % pour les contreplaqués ignifugés de classement M1 ou M2, 16 % pour les panneaux de particules, 20 % pour les panneaux de particules ignifugés M1 ou M2.
Après la pose, si la couverture en bardeaux ne peut être effectuée sous huit jours, il y a lieu de mettre hors d'eau le support par une protection adaptée.
Les éléments et dalles sont posés à joints décalés, pose dite à coupe de pierre, en partie courante ; les petits côtés doivent reposer sur un appui continu, la largeur minimale de repos à chaque extrémité étant de 25 mm ; des jeux de 1 mm par mètre linéaire de panneau doivent être ménagés, répartis à chaque extrémité et dans les deux sens.
Les grands côtés non supportés et non fixés sont assemblés par rainure et languette, vraie ou fausse.
Fixation des panneaux dérivés du bois sur la structure
Sur chevrons, pannes ou fourrures en bois, la fixation se fait par pointes ou vis disposées tous les 15 cm environ sur les bords des panneaux et tous les 30 cm environ sur les appuis intermédiaires.
La longueur des pointes torsadées peut être réduite au 7/10 de celle des pointes ordinaires sans être inférieure à 2,5 fois l'épaisseur de l'élément à fixer ; les vis à bois doivent avoir une longueur de 2 à 2,5 fois l'épaisseur du panneau à fixer.
Les fixations doivent être éloignées d'au moins 1 cm des bords portés des panneaux et des bords des pannes, et de 3 cm des bords non portés ; les têtes de fixation ne doivent pas désaffleurer.
Sur pannes ou fourrures métalliques, la fixation des panneaux se fait uniquement par vis autotaraudeuses ou autoperceuses-taraudeuses de diamètre supérieur à 6 mm, sur chaque panne, les vis étant distantes de 30 cm environ sur les appuis d'extrémités et de 60 cm environ sur les appuis intermédiaires ; la longueur des vis devra permettre un dépassement du filetage d'environ 5 mm sous l'aile du profilé.
Pente minimale de la couverture
La pente de la couverture est au minimum de 20 %. Dans le cas exceptionnel de petites parties de toiture de pentes inférieures à 20 %, celles-ci seront traitées obligatoirement en technique d'étanchéité de toiture avec parement en bardeaux bitumés soudés. Il n'existe pas dans le DTU 40.14 de dérogation à ce seuil liée à la présence d'une sous-couche, d'un collage intégral ou d'une exposition favorable.
Recouvrement des bardeaux et calcul du pureau
La valeur minimale de recouvrement R est fonction de la pente, de la zone d'utilisation définie à l'annexe 2, et de la longueur de la projection horizontale du rampant de la couverture ; elle est donnée par le tableau I.
En zones I et II : 120 mm pour 20 ≤ p ≤ 25 % (rampants l ≤ 11 m, le cas 11 < l ≤ 16,5 m n'étant pas prévu) ; 100, 120 et 120 mm pour 25 < p ≤ 30 % ; 70, 80 et 100 mm pour 30 < p ≤ 35 % ; 50, 50 et 70 mm pour 35 < p ≤ 40 % ; 50 mm dans les trois colonnes pour p > 40 %.
En zone III : 120 mm pour 20 ≤ p ≤ 25 % uniquement pour l ≤ 5,5 m ; 120 mm dans les trois colonnes pour 25 < p ≤ 30 % ; 80, 100 et 120 mm pour 30 < p ≤ 35 % ; 50, 70 et 80 mm pour 35 < p ≤ 40 % ; 50 mm partout pour p > 40 %.
La réalisation des couvertures avec des projections horizontales supérieures à 16,50 m n'est pas visée. À partir du recouvrement déterminé, la valeur du pureau P est obtenue par la formule P = (ℓ − R)/2, où ℓ est la largeur totale utile du bardeau.
Pour les bardeaux de type B présentant des encoches rectilignes, la largeur utile se mesure en fonction de la hauteur de l'encoche limitée à sa partie rectiligne ; les bardeaux de type B sans encoches rectilignes ne sont pas visés.
Clouage des bardeaux bitumés
La fixation des bardeaux doit se faire au minimum au moyen de 1 clou au droit de chaque encoche et 1 à chaque extrémité, soit au total 5 clous par plaque pour un bardeau à 4 jupes. L'emplacement des fixations se trouve dans une zone comprise entre 20 et 30 mm au-dessus des encoches ; de ce fait, chaque fixation traverse au moins deux épaisseurs de bardeaux bitumés.
Sur toutes les pentes supérieures à 200 %, la fixation est renforcée par 1 clou supplémentaire au droit de chaque encoche.
Les pointes sont en acier galvanisé, en aluminium, en cuivre ou en acier inoxydable ; le diamètre minimal du fil est de 2 mm, le diamètre minimal de la tête de 10 mm, et la longueur minimale de la tige de 21 mm pour un support en bois massif ou en contreplaqué et de 25 mm pour un support en panneaux de particules.
Pour les bardeaux à autoprotection métallique, il convient d'utiliser des fixations évitant la formation d'un couple électrolytique.
Collage des bardeaux entre eux
La fixation des bardeaux comporte une liaison au support par clouage et une liaison des éléments entre eux par collage.
Pour les pentes inférieures ou égales à 200 % et pour les bardeaux ayant des points de colle préfabriqués : lorsque le recouvrement est égal ou inférieur à 80 mm, les points de colle suffisent de façon générale ; lorsque la poussière, l'humidité ou la température ne permettent pas l'adhérence sur les points de colle, on procède au réchauffage au chalumeau des points de colle et de la sous-face des jupes avant d'exercer une pression sur chacune d'elles.
Lorsque le recouvrement est supérieur à 80 mm, il est procédé à un collage complémentaire des bas de jupe dans la zone comprise entre la ligne de pureau et celle des points de colle. Dans les sites exposés au sens des Règles Vent, il est procédé à un collage complémentaire général.
Pour les bardeaux sans point de colle préfabriqué, le collage est effectué par de la colle rapportée sur la tête des clous de fixation, et pour des recouvrements supérieurs à 80 mm dans la zone comprise entre la ligne de pureau et la ligne de clouage.
La colle à utiliser est celle fournie par le fabricant des bardeaux ; elle s'applique par noix et est étalée par une pression exercée sur chaque jupe, et n'est efficace que si elle est utilisée hors humidité et dans un état de plasticité suffisant.
Pour les pentes supérieures à 200 %, cette technique est réservée aux bardeaux ayant des points de colle préfabriqués, les jupes étant collées par réchauffage au chalumeau.
Égouts et raccordements
L'égout de la couverture doit être réalisé à l'aide d'une bande d'égout, qui peut être métallique à larmier, posée par longueur de 1 m avec un recouvrement minimal de 50 mm et clouée tous les 0,10 m environ.
Au droit d'une souche de cheminée, la distance entre les bois et la face intérieure du conduit — l'écart au feu — doit respecter le minimum prescrit par la réglementation en vigueur dans la région considérée.
Pour les sorties de ventilation et passages de tuyaux, les bardeaux sont remplacés par une pièce métallique ou une alaise percée et munie d'une douille cylindrique ou tronconique, les bardeaux de couverture étant raccordés sur l'alaise avec un recouvrement permettant un collage sur au moins 10 cm.
Les lucarnes, cages d'ascenseur et lanterneaux traités en bardeaux doivent respecter toutes les règles précédentes liées à leurs formes : pente, recouvrement, raccordements des pénétrations continues ou discontinues.
Ventilation en sous-face du support
La ventilation de la sous-face du support de la couverture est obligatoire ; les locaux ouverts en permanence sur l'extérieur bénéficient d'une ventilation naturelle si la sous-face du support n'est pas masquée par un parement. La surface totale des orifices de ventilation, entrée plus sortie d'air, est d'au moins 1/500 de la surface de la couverture.
Il ne doit pas y avoir de discontinuité d'étanchéité à l'air dans la réalisation de la paroi plafond. En comble perdu, seules ces règles s'appliquent. mmHg, ce qui correspond aux produits classés au moins E3 par le classement ISOLE.
Réalisation et répartition de la ventilation
La section totale des orifices de ventilation doit être répartie pour moitié en partie basse du ou des versants et pour l'autre moitié au voisinage du faîtage. Les orifices en bas et en haut de versant peuvent être constitués par des dispositifs ponctuels (chatières conformes à la NF P 37-410) ou continus (fente linéaire), suivant le tableau II et en fonction des configurations courantes de la toiture.
En haut de versant, les orifices peuvent être constitués de grilles disposées en partie haute des pignons, si ceux-ci ne sont pas distants de plus de 15 m. Dans le cas de fentes, la plus petite dimension des orifices est au minimum de 1 cm ; si cette dimension est supérieure à 2 cm, un grillage à mailles fines doit s'opposer à l'intrusion des petits animaux.
La conception de la ventilation doit faire l'objet d'une étude particulière dès la conception de l'ouvrage lorsque le support de couverture est à poser sur appuis périmétriques, cas de la pose dite au double carré.
Couvertures en région de montagne
Les prescriptions des autres chapitres sont applicables dans tous les cas où elles ne sont pas modifiées par les règles du chapitre 6, qui concernent les bâtiments implantés à une altitude supérieure à 900 m.
Deux principes sont envisagés : la double toiture ventilée, adaptée aux sites subissant de fréquents épisodes neigeux avec persistance de l'enneigement formant barrière de glace, qui doit être appliquée au massif alpin ; et la simple toiture ventilée, applicable aux sites bénéficiant d'un climat caractérisé par la non-persistance de la neige.
L'étanchéité complémentaire monocouche est réalisée soit par une chape souple en bitume oxydé à armature en tissu de verre 50 TV conforme à la NF P 84-303 ou à la NF P 84-316, soit par une feuille en bitume modifié SBS armé avec autoprotection métallique ; l'épaisseur minimale est de 3,5 mm dans les deux cas, la solution B présentant de meilleures performances à froid.
En étanchéité complémentaire renforcée, deux couches d'épaisseur minimale 3,5 mm sont mises en œuvre. Les supports continus de couverture sont plus contraints qu'en plaine : en bois massif, la largeur maximale est de 120 mm ; en contreplaqué, l'épaisseur minimale est de 18 mm ; les panneaux de particules ne sont pas visés pour une application en montagne.
L'emploi des bardeaux à surfaçage métallique de type 8 suivant la NF EN 544 n'est pas concerné par ce chapitre.
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Épaisseur nominale des voliges et frises | 18 mm minimum, tolérance ± 1 mm | Planches : 22 mm minimum ; planches bouvetées : 23 mm minimum, tolérance ± 1 mm (articles 2.2.1.2 et 2.2.1.3) |
| Désaffleurement entre deux éléments de support voisins | < 2 mm sans charge | Pose jointive des voliges, frises et planches (article 3.2.1.1) |
| Portée maximale des voliges | 90 cm | Pour une épaisseur nominale ≥ 18 mm et une charge descendante normale ≤ 200 daN/m² (article 3.2.1.1) |
| Siccité des panneaux à la pose | 18 % contreplaqué ; 22 % contreplaqué ignifugé M1/M2 ; 16 % panneaux de particules ; 20 % panneaux de particules ignifugés M1/M2 | Mesure à l'hygromètre à pointes ; mise hors d'eau du support si la couverture n'est pas exécutée sous 8 jours (article 3.2.2.1) |
| Jeu entre extrémités de panneaux | 1 mm par mètre linéaire de panneau | Réparti à chaque extrémité et dans les deux sens (article 3.2.2.2) |
| Largeur minimale de repos des panneaux | ≥ 25 mm à chaque extrémité | Petits côtés reposant sur un appui continu (article 3.2.2.2) |
| Distance des fixations aux bords des panneaux | ≥ 1 cm des bords portés et des bords des pannes ; ≥ 3 cm des bords non portés | Têtes de fixation ne devant pas désaffleurer (article 3.2.2.2.3) |
| Zone de clouage des bardeaux | Entre 20 et 30 mm au-dessus des encoches | De façon que chaque fixation traverse au moins deux épaisseurs de bardeaux (article 4.2.1.1) |
| Perméance maximale de la paroi plafond | ≤ 0,06 g/m².h.mmHg | Isolation sous rampant ; correspond aux produits classés au moins E3 par le classement ISOLE (article 5.1) |
| Longueur maximale de projection horizontale du rampant | 16,50 m | Les couvertures avec des projections horizontales supérieures ne sont pas visées par le DTU (article 4.1.2) |
Dimensions réglementaires
Pente minimale de la couverture
En dessous, traitement obligatoire en technique d'étanchéité de toiture avec parement en bardeaux bitumés soudés (article 4.1.1)
Recouvrement R — zones I et II
Selon la longueur de projection horizontale du rampant : l ≤ 5,5 m, 5,5 < l ≤ 11 m, 11 < l ≤ 16,5 m (tableau I)
Recouvrement R — zone III
Pour 20 ≤ p ≤ 25 %, seule la colonne l ≤ 5,5 m est prévue (tableau I)
Pureau
ℓ = largeur totale utile du bardeau, R = recouvrement issu du tableau I (article 4.1.2)
Nombre de clous par bardeau
1 clou supplémentaire par encoche pour les pentes supérieures à 200 % (articles 4.2.1.1 et 4.2.1.2)
Pointes de fixation des bardeaux
Acier galvanisé, aluminium, cuivre ou acier inoxydable (article 2.3.2.1)
Seuil de collage complémentaire
Collage des bas de jupe entre ligne de pureau et ligne des points de colle ou de clouage ; collage général en sites exposés (article 4.2.2.1)
Épaisseur du support en contreplaqué
Longueur max 315 cm, largeur max 155 cm ; 5 plis minimum jusqu'à 15 mm, 7 plis au-delà (article 2.2.2.1)
Épaisseur du support en panneaux de particules
Marque CTB-H (article 2.2.3.1)
Fixation des panneaux sur chevrons ou pannes bois
Pointes torsadées réduites au 7/10 des pointes ordinaires sans être inférieures à 2,5 × l'épaisseur ; vis à bois de 2 à 2,5 × l'épaisseur (article 3.2.2.2.3)
Fixation des panneaux sur pannes métalliques
Dépassement du filetage d'environ 5 mm sous l'aile du profilé (article 3.2.2.2.3)
Clouage des supports bois massif sur la structure
Longueur des pointes ≥ 2 × l'épaisseur de l'élément à fixer (article 3.2.1.3)
Section totale de ventilation
Entrée plus sortie d'air, réparties pour moitié en partie basse et pour moitié au voisinage du faîtage (articles 5.1 et 5.2)
Lame d'air continue en isolation sous rampant
Entre isolant et sous-face du support de couverture ; tenir compte du foisonnement éventuel de l'isolant (article 5.1)
Ventilation par grilles en pignons
Fentes : plus petite dimension ≥ 1 cm, grillage à mailles fines au-delà de 2 cm (article 5.2)
Bande d'égout métallique à larmier
Article 4.3.1.1
Étanchéité complémentaire en région de montagne
Supports bois massif limités à 120 mm de largeur, contreplaqué à 18 mm minimum ; panneaux de particules non visés (articles 6.3.1.2 et 6.3.1.3)
Comprendre DTU 40.14 (NF P 39-201-1)
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour DTU 40.14 (NF P 39-201-1), le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de DTU 40.14 (NF P 39-201-1) couvre : Travaux de couverture en bardeaux bitumés sur supports continus dont la sous-face est ventilée, pour tous les bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne, quelle que soit leur destination, réalisés en France métropolitaine. Un chapitre spécifique traite les couvertures en région de montagne, conventionnellement au-dessus de 900 m d'altitude, en double toiture ventilée ou en simple toiture ventilée. Hors domaine : l'emploi dans les locaux à forte hygrométrie et la pose sur support discontinu, qui relève d'Avis Techniques. La pose des bardeaux en toiture chaude, caractérisée par une absence de ventilation en sous-face des supports de couverture, n'est pas admise. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur DTU 40.14 (NF P 39-201-1)
Le DTU 40.14 est la norme française des couvertures en bardeaux bitumés, publiée sous la référence NF P 39-201-1. Elle a été homologuée par décision du Directeur Général de l'AFNOR le 5 avril 1993 pour prendre effet le 5 mai 1993, et reprend le DTU 40.14 de juin 1991 sans modifications ; ses annexes 1 et 2 sont contractuelles, c'est-à-dire normatives, l'annexe 3 étant informative. Le texte consolidé incorpore l'amendement A1 de janvier 2001, paru dans le Cahier 3323, qui a introduit la référence à la norme NF EN 544 en remplacement de la norme NF P 39-302.
Le domaine d'application est doublement conditionné. Le document s'applique à tous les bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne et dont la sous-face des rampants de couverture est ventilée, quelle que soit leur destination, réalisés en France métropolitaine. Il ne traite ni de l'emploi dans les locaux à forte hygrométrie, ni de la pose sur support discontinu, cette technique relevant d'Avis Techniques. Surtout, il pose une exclusion nette : la pose des bardeaux en toiture chaude, caractérisée par une absence de ventilation en sous-face des supports de couverture, n'est pas admise.
Les bardeaux visés sont eux-mêmes bornés. Ils doivent répondre aux spécifications de la norme NF EN 544 (P 39-305) pour les catégories suivantes : bardeaux bitumés de classe 1, armatures de type 4 (non tissé verre), enrobage de type X (bitume oxydé), surfaçage de type 2 ou 8 (paillettes d'ardoises et granulés, ou feuille métallique). Le fabricant doit attester de la conformité des produits à la NF EN 544 et de leur appartenance à ces classes, la marque NF-Bardeaux bitumés valant preuve de cette conformité. Le document ne traite pas des couvertures réalisées à partir d'autres catégories de produits.
Comprendre en détail DTU 40.14 (NF P 39-201-1)
Pente minimale : 20 %, sans condition ni exception
L'article 4.1.1 tient en deux phrases : la pente de la couverture est au minimum de 20 % ; dans le cas exceptionnel de petites parties de toiture de pentes inférieures à 20 %, celles-ci seront traitées obligatoirement en technique d'étanchéité de toiture avec parement en bardeaux bitumés soudés. Ce n'est donc pas une pente indicative modulable selon la présence ou non d'une sous-couche : c'est un seuil unique, en dessous duquel on change de technique et donc de référentiel.
La conséquence pratique est importante en rénovation : un appentis, une lucarne rampante ou une avancée à faible pente ne peuvent pas être « rattrapés » par une sous-couche bitumineuse ou un collage intégral. La partie concernée relève d'une étanchéité de toiture, avec parement en bardeaux soudés, ce qui suppose un autre corps d'état, un autre référentiel et d'autres points singuliers.
La pente commande ensuite deux autres paramètres : le recouvrement des bardeaux (article 4.1.2) et le régime de fixation. Au-delà de 200 % de pente, la fixation est renforcée par un clou supplémentaire au droit de chaque encoche (article 4.2.1.2), et le collage en partie courante devient réservé aux bardeaux ayant des points de colle préfabriqués, les jupes étant collées par réchauffage au chalumeau des points de colle et de la sous-face avant pression (article 4.2.2.2).
Recouvrement et pureau : lire le tableau I, puis calculer
La valeur minimale de recouvrement R est fonction de trois paramètres : la pente, la zone d'utilisation au sens de l'annexe 2, et la longueur de la projection horizontale du rampant. Le tableau I distingue les zones I et II d'une part, la zone III d'autre part, et pour chacune trois plages de projection horizontale : l ≤ 5,5 m, 5,5 < l ≤ 11 m, 11 < l ≤ 16,5 m. La réalisation des couvertures avec des projections horizontales supérieures à 16,50 m n'est pas visée par le DTU.
En zones I et II, pour une pente comprise entre 20 % et 25 %, le recouvrement est de 120 mm pour l ≤ 5,5 m et pour 5,5 < l ≤ 11 m, le cas 11 < l ≤ 16,5 m n'étant pas prévu. Pour 25 < p ≤ 30 % : 100 mm, 120 mm, 120 mm. Pour 30 < p ≤ 35 % : 70 mm, 80 mm, 100 mm. Pour 35 < p ≤ 40 % : 50 mm, 50 mm, 70 mm. Pour p > 40 % : 50 mm dans les trois colonnes. En zone III, les valeurs sont plus contraignantes : pour 20 ≤ p ≤ 25 %, seule la colonne l ≤ 5,5 m est prévue, avec 120 mm ; pour 25 < p ≤ 30 %, 120 mm dans les trois colonnes ; pour 30 < p ≤ 35 %, 80, 100 et 120 mm ; pour 35 < p ≤ 40 %, 50, 70 et 80 mm ; pour p > 40 %, 50 mm partout.
Le pureau se calcule ensuite, il ne se choisit pas : à partir du recouvrement déterminé par le tableau I, la valeur du pureau P est obtenue par la formule P = (ℓ − R)/2, où ℓ est la largeur totale utile du bardeau et R le recouvrement. Pour les bardeaux de type B qui présentent des encoches rectilignes, la largeur utile ℓ se mesure en fonction de la hauteur de l'encoche limitée à sa partie rectiligne, en éliminant l'arrondi du bas de jupe. Les bardeaux de type B qui ne présentent pas d'encoches rectilignes ne sont pas visés par le DTU.
Le support continu : bois massif, contreplaqué ou panneaux de particules
Pour le bois massif (article 2.2.1), les épaisseurs sont chiffrées : la plus faible épaisseur nominale est de 18 mm pour les voliges et pour les frises, et de 22 mm pour les planches, avec une tolérance de ± 1 mm ; les largeurs maximales sont de 150 mm pour les voliges et frises et de 200 mm pour les planches. Pour la pose dite bouvetée, les lames à parquet et planches ont une largeur maximale de 200 mm, les planches en bois massif bouvetées ayant une épaisseur au moins égale à 23 mm avec une tolérance de ± 1 mm. Le classement technologique doit répondre à la classe BS pour le sapin, l'épicéa et le pin sylvestre, et à la classe B pour le peuplier.
Pour le contreplaqué (article 2.2.2), la longueur maximale est de 315 cm et la largeur maximale de 155 cm. Dans le cas où les panneaux sont destinés à être portés sur les quatre côtés, l'épaisseur minimale est de 10 mm ; dans le cas où les rives perpendiculaires aux appuis ne sont pas supportées, l'épaisseur minimale est de 12 mm et ces rives doivent obligatoirement être usinées pour permettre un assemblage par rainure et languette, vraies ou fausses. Jusqu'à 15 mm d'épaisseur, les panneaux contreplaqués doivent compter au minimum 5 plis ; au-delà, au minimum 7 plis. La marque NF extérieur CTB-X certifie la conformité à la norme NF B 54-161.
Pour les panneaux de particules (article 2.2.3), l'épaisseur minimale est de 18 mm ; les dimensions maximales sont de 205 × 100 cm pour les éléments et dalles d'épaisseur comprise entre 18 et 25 mm, et de 275 × 100 cm pour les dalles d'épaisseur supérieure à 25 mm. La marque de qualité CTB-H apposée sur chaque dalle certifie la conformité aux normes NF B 54-100, NF B 54-110 et NF B 54-112. Le DTU précise enfin, à l'article 2.2.4, qu'il ne vise pas l'utilisation d'autres types de support, ceux-ci relevant de l'Avis Technique concernant l'utilisation envisagée.
Poser le support : portées, jeux, siccité et fixations
En bois massif à pose dite jointive (article 3.2.1.1), les voliges, frises et planches sont dites jointives lorsque leur écartement à la pose est de 5 mm environ. Chaque élément doit reposer en partie courante sur au moins trois appuis. La portée maximale est dans tous les cas de 90 cm pour une épaisseur nominale de volige au moins égale à 18 mm et pour une charge descendante normale au plus égale à 200 daN/m². Le désaffleurement sans charge entre deux éléments voisins doit être inférieur à 2 mm. La fixation se fait par clouage sur chaque appui au moyen de 2 pointes pour les largeurs de support inférieures ou égales à 105 mm et de 3 pointes pour les largeurs supérieures ; la longueur des pointes est au moins égale à deux fois l'épaisseur de l'élément à fixer et leurs têtes ne doivent pas désaffleurer. En partie courante, les abouts ne doivent pas être systématiquement alignés.
Pour les panneaux dérivés du bois, la siccité à la pose est chiffrée et souvent négligée (article 3.2.2.1) : 18 % pour les panneaux de contreplaqué, 22 % pour les contreplaqués ignifugés de classement M1 ou M2, 16 % pour les panneaux de particules, 20 % pour les panneaux de particules ignifugés M1 ou M2, valeurs mesurables à l'hygromètre à pointes. Après la pose, si la couverture en bardeaux ne peut être effectuée sous huit jours, il y a lieu de mettre hors d'eau le support par une protection adaptée.
La pose des panneaux (article 3.2.2.2) impose des joints décalés — pose dite à coupe de pierre — en partie courante, les petits côtés reposant sur un appui continu avec une largeur minimale de repos de 25 mm à chaque extrémité. Des jeux suffisants doivent être ménagés entre les extrémités : 1 mm par mètre linéaire de panneau, réparti à chaque extrémité et dans les deux sens. La fixation sur chevrons, pannes ou fourrures en bois se fait par pointes ou vis disposées tous les 15 cm environ sur les bords des panneaux et tous les 30 cm environ sur les appuis intermédiaires ; les fixations doivent être éloignées d'au moins 1 cm des bords portés des panneaux et des bords des pannes, et de 3 cm des bords non portés. Sur pannes ou fourrures métalliques, la fixation se fait uniquement par vis autotaraudeuses ou autoperceuses-taraudeuses de diamètre supérieur à 6 mm, sur chaque panne, distantes de 30 cm environ sur les appuis d'extrémités et de 60 cm environ sur les appuis intermédiaires, la longueur de vis permettant un dépassement du filetage d'environ 5 mm sous l'aile du profilé.
Clouage : cinq clous par plaque, entre 20 et 30 mm au-dessus des encoches
L'article 4.2.1.1 fixe la règle générale : la fixation des bardeaux doit se faire au minimum au moyen de 1 clou au droit de chaque encoche et 1 à chaque extrémité, soit au total 5 clous par plaque pour un bardeau à 4 jupes. L'emplacement des fixations se trouve dans une zone comprise entre 20 et 30 mm au-dessus des encoches ; de ce fait, chaque fixation traverse au moins deux épaisseurs de bardeaux bitumés. C'est cette double épaisseur traversée qui assure la tenue au vent, et non le nombre de clous pris isolément.
Sur les très fortes pentes (article 4.2.1.2), c'est-à-dire toutes les pentes supérieures à 200 %, la fixation est renforcée par 1 clou supplémentaire au droit de chaque encoche. Les pointes elles-mêmes sont normalisées à l'article 2.3.2.1 : elles sont en acier galvanisé, en aluminium, en cuivre ou en acier inoxydable ; le diamètre minimal du fil est de 2 mm, le diamètre minimal de la tête de 10 mm ; la longueur minimale de la tige est de 21 mm pour un support en bois massif ou en contreplaqué, et de 25 mm pour un support en panneaux de particules. Une note ajoute que pour les bardeaux à autoprotection métallique, il convient d'utiliser des fixations évitant la formation d'un couple électrolytique.
Le collage complète le clouage et lie les éléments entre eux (article 4.2). Pour les pentes inférieures ou égales à 200 %, avec des bardeaux à points de colle préfabriqués : lorsque le recouvrement est égal ou inférieur à 80 mm, les points de colle suffisent de façon générale ; lorsque le recouvrement dépasse 80 mm, il faut procéder à un collage complémentaire des bas de jupe dans la zone comprise entre la ligne de pureau et celle des points de colle ; dans les sites exposés au sens des Règles Vent, un collage complémentaire général est requis. Pour les bardeaux sans point de colle préfabriqué, le collage est effectué par de la colle rapportée sur la tête des clous de fixation, et pour des recouvrements supérieurs à 80 mm dans la zone comprise entre la ligne de pureau et la ligne de clouage. La colle à utiliser est celle fournie par le fabricant des bardeaux, appliquée par noix puis étalée par une pression exercée sur chaque jupe ; elle n'est efficace que si elle est utilisée hors humidité et dans un état de plasticité suffisant.
Ventilation de sous-face : 1/500 et la lame d'air continue
Le chapitre 5 pose l'obligation : la ventilation de la sous-face du support de la couverture est obligatoire, les locaux ouverts en permanence sur l'extérieur bénéficiant d'une ventilation naturelle si la sous-face du support n'est pas masquée par un parement. La valeur chiffrée est unique : la surface totale des orifices de ventilation, entrée plus sortie d'air, est d'au moins 1/500 de la surface de la couverture. Cette règle implique en outre qu'il n'y ait pas de discontinuité d'étanchéité à l'air dans la réalisation de la paroi plafond.
Le cas de l'isolation sous rampant est traité en complément : l'épaisseur de la lame d'air continue entre l'isolant et la sous-face du support de couverture est au moins de 4 cm pour des rampants jusqu'à 12 m, et de 6 cm au-delà ; certains isolants pouvant foisonner, il y a lieu d'en tenir compte dans le dimensionnement. La perméance de la paroi plafond est au plus égale à 0,06 g/m².h.mmHg, valeur qui correspond aux produits classés au moins E3 par le classement ISOLE. Le cas du comble perdu, lui, ne relève que de la règle générale du 1/500.
La réalisation de la ventilation (article 5.2) impose de répartir la section totale des orifices pour moitié en partie basse du ou des versants et pour l'autre moitié au voisinage du faîtage. Les orifices peuvent être constitués par des dispositifs ponctuels — chatières conformes à la NF P 37-410 — ou continus, sous forme de fentes linéaires, suivant les configurations courantes du tableau II. En haut de versant, les orifices peuvent être constitués de grilles disposées en partie haute des pignons, si ceux-ci ne sont pas distants de plus de 15 m. Dans le cas de fentes, la plus petite dimension des orifices est au minimum de 1 cm, et si cette dimension dépasse 2 cm, un grillage à mailles fines doit s'opposer à l'intrusion des petits animaux. Enfin, la conception de la ventilation doit faire l'objet d'une étude particulière dès la conception de l'ouvrage lorsque le support est posé sur appuis périmétriques, cas de la pose dite au double carré.
Couvertures en région de montagne : le chapitre 6
Les prescriptions des autres chapitres restent applicables dans tous les cas où elles ne sont pas modifiées par les règles du chapitre 6, qui concernent les bâtiments implantés à une altitude supérieure à 900 m. Le DTU y rappelle les sujétions à prendre en compte : écarts journaliers de température de surface, charges localisées ou réparties de neige ou de glace, érosion ou arrachements provoqués par les déplacements de la neige et de la glace, phénomènes de siphonnage, et périodes réduites de l'année pendant lesquelles il est possible de construire et d'entretenir. Certaines toitures situées à 900 m ou moins peuvent être considérées comme toitures sous climat de montagne en fonction des conditions microclimatiques particulières, les documents particuliers du marché en faisant alors la mention.
Deux principes de réalisation sont envisagés selon la localisation. La double toiture ventilée est adaptée aux sites qui subissent de fréquents épisodes neigeux avec persistance de l'enneigement formant barrière de glace, et elle doit être appliquée au massif alpin ; il peut y être fait recours dans les autres massifs. La simple toiture ventilée est applicable aux sites bénéficiant d'un climat caractérisé par la non-persistance de la neige sur les toitures, du fait de séquences espacées d'épisodes neigeux ou d'une forte insolation ; elle peut s'appliquer aux massifs autres que le massif alpin, et pour lesquels on dispose d'une expérience significative locale.
Les matériaux d'étanchéité complémentaire sont chiffrés. En chape d'étanchéité complémentaire monocouche, solution A : chape souple en bitume oxydé à armature en tissu de verre 50 TV conforme à la NF P 84-303 ou à la NF P 84-316, d'épaisseur minimale 3,5 mm ; solution B : feuille en bitume modifié SBS armé avec autoprotection métallique, d'épaisseur minimale 3,5 mm, la solution B présentant de meilleures performances à froid. En chape d'étanchéité complémentaire renforcée, deux couches de 3,5 mm minimum chacune. Les supports continus de la couverture en montagne sont plus contraints : en bois massif, la largeur maximale est ramenée à 120 mm ; en contreplaqué, l'épaisseur minimale passe à 18 mm ; les panneaux de particules ne sont pas visés pour une application en montagne. L'emploi des bardeaux à surfaçage métallique, de type 8 suivant la NF EN 544, n'est pas concerné par ce chapitre.
Erreurs fréquentes et points à trancher au CCTP
Poser des bardeaux en toiture chaude. C'est l'interdiction la plus structurante du DTU 40.14 : la pose des bardeaux en toiture chaude, caractérisée par une absence de ventilation en sous-face des supports de couverture, n'est pas admise (article 1.2). Une isolation posée au contact du voligeage, sans lame d'air ni orifices d'entrée et de sortie, sort du domaine du DTU quelle que soit la qualité des bardeaux employés.
Retenir un support en OSB. Le DTU 40.14 ne vise que trois familles de supports continus : le bois massif, le contreplaqué et les panneaux de particules, avec leurs épaisseurs et formats propres. L'article 2.2.4 précise que le document ne vise pas l'utilisation d'autres types de support, ceux-ci relevant d'un Avis Technique concernant l'utilisation envisagée. Prescrire un OSB « conforme au DTU 40.14 » est donc une formulation sans fondement normatif.
Sous-dimensionner la ventilation en la calculant sur la surface horizontale projetée. La règle de l'article 5.1 porte sur la surface de la couverture, et le rapport est de 1/500 — pas de 1/300 ni de 1/1500. Sur un rampant isolé, s'y ajoutent une lame d'air continue de 4 cm jusqu'à 12 m de rampant et de 6 cm au-delà, ainsi qu'une perméance de la paroi plafond au plus égale à 0,06 g/m².h.mmHg.
Clouer trop bas ou trop haut. Les fixations doivent se situer dans une zone comprise entre 20 et 30 mm au-dessus des encoches, de façon que chaque fixation traverse au moins deux épaisseurs de bardeaux. Un clouage placé plus haut ne traverse qu'une épaisseur et laisse la jupe libre au vent ; un clouage placé plus bas devient visible et perce la partie exposée du bardeau. Les pointes doivent par ailleurs avoir un fil d'au moins 2 mm, une tête d'au moins 10 mm et une tige d'au moins 21 mm sur bois massif ou contreplaqué, 25 mm sur panneaux de particules.
Glossaire DTU 40.14 (NF P 39-201-1)
- Bardeau bitumé
- Élément de couverture en bitume répondant aux spécifications de la norme NF EN 544 (P 39-305) pour la classe 1, l'armature de type 4 (non tissé verre), l'enrobage de type X (bitume oxydé) et le surfaçage de type 2 ou 8 (article 2.1).
- Jupe
- Partie découpée et apparente du bardeau, séparée des jupes voisines par une encoche. Un bardeau à quatre jupes reçoit au minimum cinq clous : un au droit de chaque encoche et un à chaque extrémité.
- Encoche
- Découpe séparant deux jupes ; elle sert de repère de clouage, les fixations devant se situer dans une zone comprise entre 20 et 30 mm au-dessus des encoches (article 4.2.1.1).
- Pureau (P)
- Partie apparente du bardeau, calculée par la formule P = (ℓ − R)/2 à partir de la largeur totale utile ℓ et du recouvrement R issu du tableau I (article 4.1.2).
- Faux pureau (Fp)
- Cote intermédiaire figurant sur les schémas des figures 5 et 6 du DTU, distincte du pureau P et du recouvrement R, servant à décrire la géométrie du bardeau.
- Pose à coupe de pierre
- Pose des panneaux de support à joints décalés en partie courante, imposée à l'article 3.2.2.2 ; les petits côtés doivent reposer sur un appui continu avec une largeur minimale de repos de 25 mm.
- Pose au double carré
- Pose du support sur appuis périmétriques, les panneaux reposant sur un appui continu sur les quatre côtés et au moins un appui intermédiaire. Elle impose une étude particulière de la ventilation dès la conception (articles 3.2.2.2 b et 5.2).
- Toiture chaude
- Configuration caractérisée par une absence de ventilation en sous-face des supports de couverture. La pose des bardeaux bitumés en toiture chaude n'est pas admise (article 1.2).
- Classement ISOLE
- Classement des produits d'isolation dont le critère E caractérise le comportement à la vapeur d'eau. La perméance de la paroi plafond exigée en isolation sous rampant, au plus égale à 0,06 g/m².h.mmHg, correspond aux produits classés au moins E3 (article 5.1).
- Double toiture ventilée
- Principe de réalisation en région de montagne adapté aux sites subissant de fréquents épisodes neigeux avec persistance de l'enneigement formant barrière de glace ; il doit être appliqué au massif alpin (article 6.2.1).
- Chape 50 TV
- Chape souple en bitume oxydé à armature en tissu de verre, conforme à la NF P 84-303 (ou NF P 84-316 pour l'autoprotection métallique), employée en étanchéité complémentaire en région de montagne avec une épaisseur minimale de 3,5 mm (article 6.3.1.2.1).
Questions fréquentes sur DTU 40.14 (NF P 39-201-1)
Qu'est-ce que DTU 40.14 (NF P 39-201-1) ?
NF DTU 40.14 - Couverture en bardeaux bitumés. Le DTU 40.14 (NF P 39-201-1, mai 1993, incluant l'amendement A1 de janvier 2001) définit les conditions d'exécution des travaux de couverture en bardeaux bitumés, dits shingles, sur support continu ventilé en sous-face. Il fixe la pente minimale de la couverture à 20 %, le recouvrement R des bardeaux par un tableau croisant la pente, la zone d'utilisation et la longueur de projection horizontale du rampant — de 50 à 120 mm —, la formule du pureau P = (ℓ − R)/2, le clouage à cinq clous par plaque pour un bardeau à quatre jupes, et la ventilation obligatoire de sous-face avec une section totale d'orifices d'au moins 1/500 de la surface de la couverture. Une pente inférieure à 20 %, un clouage hors de la zone comprise entre 20 et 30 mm au-dessus des encoches ou une toiture chaude sans ventilation provoquent soulèvement au vent, infiltrations et vieillissement prématuré du bitume. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par DTU 40.14 (NF P 39-201-1) ?
Le domaine d'application couvre : Travaux de couverture en bardeaux bitumés sur supports continus dont la sous-face est ventilée, pour tous les bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne, quelle que soit leur destination, réalisés en France métropolitaine. Un chapitre spécifique traite les couvertures en région de montagne, conventionnellement au-dessus de 900 m d'altitude, en double toiture ventilée ou en simple toiture ventilée. Hors domaine : l'emploi dans les locaux à forte hygrométrie et la pose sur support discontinu, qui relève d'Avis Techniques. La pose des bardeaux en toiture chaude, caractérisée par une absence de ventilation en sous-face des supports de couverture, n'est pas admise. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à DTU 40.14 (NF P 39-201-1) sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Quelle est la pente minimale d'une couverture en bardeaux bitumés ?
20 %. L'article 4.1.1 précise que la pente de la couverture est au minimum de 20 %, et que dans le cas exceptionnel de petites parties de toiture de pentes inférieures, celles-ci seront traitées obligatoirement en technique d'étanchéité de toiture avec parement en bardeaux bitumés soudés. Il n'existe pas de dérogation liée à la présence d'une sous-couche ou d'un collage intégral.
Quel recouvrement pour des bardeaux bitumés ?
Le recouvrement R est donné par le tableau I en fonction de la pente, de la zone d'utilisation et de la longueur de projection horizontale du rampant. Il varie de 50 mm (pentes supérieures à 40 %) à 120 mm (pentes de 20 à 30 %). En zone III et pour 25 < p ≤ 30 %, il est de 120 mm quelle que soit la longueur de rampant. Les projections horizontales supérieures à 16,50 m ne sont pas visées par le DTU.
Comment calcule-t-on le pureau d'un bardeau bitumé ?
Par la formule P = (ℓ − R)/2, où ℓ est la largeur totale utile du bardeau et R le recouvrement lu dans le tableau I. Pour les bardeaux de type B présentant des encoches rectilignes, la largeur utile se mesure en fonction de la hauteur de l'encoche limitée à sa partie rectiligne, en éliminant l'arrondi du bas de jupe. Les bardeaux de type B sans encoches rectilignes ne sont pas visés par le DTU.
Combien de clous par bardeau bitumé ?
Au minimum 1 clou au droit de chaque encoche et 1 à chaque extrémité, soit 5 clous par plaque pour un bardeau à 4 jupes (article 4.2.1.1). Sur toutes les pentes supérieures à 200 %, la fixation est renforcée par 1 clou supplémentaire au droit de chaque encoche. L'emplacement des fixations se situe dans une zone comprise entre 20 et 30 mm au-dessus des encoches, de sorte que chaque fixation traverse au moins deux épaisseurs de bardeaux.
Quelles pointes utiliser pour fixer des bardeaux bitumés ?
Des pointes en acier galvanisé, en aluminium, en cuivre ou en acier inoxydable, de diamètre minimal de fil 2 mm et de diamètre minimal de tête 10 mm. La longueur minimale de la tige est de 21 mm pour un support en bois massif ou en contreplaqué, et de 25 mm pour un support en panneaux de particules (article 2.3.2.1). Pour les bardeaux à autoprotection métallique, il convient d'utiliser des fixations évitant la formation d'un couple électrolytique.
Quelle épaisseur de support continu sous des bardeaux bitumés ?
En bois massif : épaisseur nominale minimale de 18 mm pour les voliges et frises et de 22 mm pour les planches, avec une tolérance de ± 1 mm ; 23 mm pour les planches bouvetées. En contreplaqué : 10 mm si le panneau est porté sur les quatre côtés, 12 mm si les rives perpendiculaires aux appuis ne sont pas supportées. En panneaux de particules : 18 mm minimum. Les autres types de support ne sont pas visés par le DTU et relèvent d'un Avis Technique.
Quelle humidité maximale des panneaux au moment de la pose ?
18 % pour les panneaux de contreplaqué, 22 % pour les contreplaqués ignifugés de classement M1 ou M2, 16 % pour les panneaux de particules et 20 % pour les panneaux de particules ignifugés M1 ou M2, valeurs mesurables à l'hygromètre à pointes (article 3.2.2.1). Après la pose, si la couverture ne peut être effectuée sous huit jours, il y a lieu de mettre hors d'eau le support par une protection adaptée.
Quelle section de ventilation sous une couverture en bardeaux bitumés ?
La surface totale des orifices de ventilation, entrée plus sortie d'air, est d'au moins 1/500 de la surface de la couverture (article 5.1), répartie pour moitié en partie basse de versant et pour moitié au voisinage du faîtage. En isolation sous rampant s'ajoutent une lame d'air continue d'au moins 4 cm pour des rampants jusqu'à 12 m et de 6 cm au-delà, et une perméance de la paroi plafond au plus égale à 0,06 g/m².h.mmHg.
Peut-on poser des bardeaux bitumés en toiture chaude ?
Non. L'article 1.2 est explicite : la pose des bardeaux en toiture chaude, caractérisée par une absence de ventilation en sous-face des supports de couverture, n'est pas admise. Le DTU ne traite pas non plus de l'emploi dans les locaux à forte hygrométrie ni de la pose sur support discontinu, cette dernière relevant d'Avis Techniques.
Que prévoit le DTU 40.14 en région de montagne ?
Un chapitre spécifique (chapitre 6) pour les bâtiments implantés à plus de 900 m d'altitude, avec deux principes : la double toiture ventilée, qui doit être appliquée au massif alpin, et la simple toiture ventilée, applicable aux sites où la neige ne persiste pas. L'étanchéité complémentaire est réalisée par une chape souple en bitume oxydé 50 TV ou une feuille en bitume modifié SBS armé, d'épaisseur minimale 3,5 mm. Les supports en bois massif y sont limités à 120 mm de largeur, le contreplaqué à 18 mm minimum d'épaisseur, et les panneaux de particules ne sont pas visés.
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DTU 40.14 (NF P 39-201-1) - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. bardeau bitumé, shingle, bitume oxydé, clouage, support continu, voligeage, contreplaqué CTB-X, panneaux de particules, pureau, recouvrement, ventilation de sous-face, NF EN 544, NF P 39-201-1, climat de montagne.