NF DTU 40.5 — Travaux d'évacuation des eaux pluviales
Le DTU 40.5, publié sous forme de norme expérimentale XP P 36-201 en novembre 1993 et intégrant l'amendement A1 de décembre 1997, définit les travaux d'exécution des évacuations d'eaux pluviales sur les couvertures de bâtiments : gouttières et chéneaux métalliques, et tuyaux de descente extérieure. Il fixe les épaisseurs minimales des tôles et bandes selon le métal, les longueurs maximales de libre dilatation, la pente minimale des gouttières et chéneaux (au moins 5 mm par mètre), l'écartement des crochets, la compatibilité chimique entre le chéneau et son support, les types de jonctions et l'obligation de trop-plein. Le dimensionnement des sections est renvoyé au DTU 60.11, dont la partie 3 d'août 2013 retient une intensité pluviométrique minimale de 3 l/m²/min en France européenne. Un chéneau cloué, une descente sans crapaudine ou un trop-plein absent conduisent à des débordements en façade et à des infiltrations à l'intérieur du bâtiment.
Domaine d'application
Exécution des évacuations d'eaux pluviales sur couvertures de bâtiments en France métropolitaine, quelle que soit leur destination : gouttières et chéneaux métalliques supportés (zinc, cuivre, acier inoxydable étamé-plombé, plomb, acier galvanisé revêtu) et tuyaux de descente extérieure — hors gouttières en PVC non plastifié (NF P 36-410), hors canalisations d'évacuation intérieures (NF P 52-305), hors chéneaux métalliques autoportants associés aux couvertures en plaques et hors chéneaux associés aux toitures avec revêtement d'étanchéité
Règles principales
Domaine d'application et documents complémentaires
5) a pour objet de définir les travaux d'exécution des évacuations d'eaux pluviales, lesquelles comprennent les gouttières et les chéneaux métalliques d'une part, les tuyaux de descente extérieure d'autre part. Elle s'applique à tous les bâtiments, quelle que soit leur destination, en France métropolitaine. 4).
Les gouttières en polychlorure de vinyle non plastifié font l'objet de la norme NF P 36-410 et leur mise en œuvre est régie par les règles figurant en annexe à cette norme. Les canalisations d'évacuation des eaux pluviales destinées à l'intérieur des bâtiments sont traitées par la norme NF P 52-305.
Le document est une consolidation intégrant l'amendement A1 de décembre 1997, qui reprend en les actualisant les articles 6 et 7 de la norme NF P 30-201 de janvier 1948, remplacée.
Exceptions :
- • Gouttières en PVC non plastifié : hors domaine, relèvent de la NF P 36-410 (spécifications) et de la NF P 41-212 / DTU 60.32 pour les tuyaux
- • Canalisations EP intérieures : relèvent de la NF P 52-305 (DTU 65.10) ; le NF DTU 60.11 P3 renvoie au NF DTU 60.1 P1-1-2
- • Chéneaux autoportants associés aux couvertures en plaques : non traités
- • Chéneaux associés aux toitures avec revêtement d'étanchéité : NF P 10-203, NF P 84-205, NF P 84-207
Matériaux et épaisseurs minimales
Les gouttières en zinc, en cuivre et en acier inoxydable, ainsi que les équerres et naissances métalliques, sont définies par la norme NF P 36-402. Les chéneaux métalliques destinés à être posés de façon supportée sont réalisés en zinc, en cuivre, en acier inoxydable, en plomb et en acier galvanisé revêtu ; les pliures à angle vif sont à éviter pour les chéneaux.
Épaisseurs minimales du tableau 1 : zinc allié au cuivre-titane (NF A 55-201), notation Zn Cu Ti, 0,65 mm avec tolérance selon NF A 55-211 ; cuivre (NF A 50-050 et NF A 51-100), nuances Cu-ETP, Cu-FRHC, Cu-FRTP, Cu-DHP, Cu-DLP, 0,50 mm avec tolérance selon NF A 51-400 ; acier inoxydable étamé-plombé (NF A 36-331 et NF A 35-573), nuances PZ 8 C 17, PZ 8 CD 17-01, PZ 7 CN 18-09, PZ 7 CND 17-11 02, 0,40 mm avec tolérance selon NF EN 10051 ; plomb (NF A 55-401), 3,00 mm ; tôle d'acier galvanisée revêtue par peinture bitumineuse après formage (NF EN 10147), revêtement Z 350, 0,75 mm avec tolérance selon NF EN 10143.
Pour les tuyaux de descente extérieure : les tuyaux en zinc, cuivre et acier inoxydable doivent être conformes à la NF P 36-403 ; les tuyaux en fonte sont définis par la NF A 48-720 ; les tuyaux en acier sont définis dans la NF P 40-201.
Exceptions :
- • Tuyaux en PVC non plastifié : relèvent de la norme NF P 41-212 (DTU 60.32), laquelle définit également leur mise en œuvre
- • Tuyaux en amiante-ciment : le § 3.2.3 a été supprimé par l'amendement A1 de décembre 1997
Dimensionnement des gouttières et chéneaux
11 P3 d'août 2013 (P 40-202-3). Le dimensionnement est effectué en tenant compte des intensités pluviométriques minimales suivantes : pour la France européenne, 0,05 l/m²/s soit 3 l/m²/min ; pour les DOM, 0,075 l/m²/s soit 4,5 l/m²/min.
Le débit Q (m³/s) se calcule par Q = r × A, où r est l'intensité pluviométrique et A la surface réceptrice de la toiture, elle-même égale à A = LR × BR, LR étant la longueur de la surface réceptrice en mètres et BR la projection horizontale de la largeur du toit entre l'ouvrage de collecte et le faîte ; A ne tient pas compte des effets du vent.
11 P3 donne un exemple de calcul de section pour une pente de 5 mm/m, établi d'après la formule de Bazin avec un coefficient de frottement γ pris égal à 0,38 et un débit maximal de 3 l/m²/min ; ces valeurs restent valables pour des pentes supérieures à 5 mm/m.
Les sections doivent être augmentées de 10 % pour les gouttières et chéneaux de section carrée ou rectangulaire, et de 20 % pour un profil triangulaire.
Le tableau 2 donne pour les gouttières courantes la surface en plan maximale des toitures desservies, pour un débit de 3 l/m²/min et une pente au moins égale à 5 mm/m : demi-ronde de 25, section 57 cm², 35 m² ; demi-ronde de 33, 113 cm², 95 m² ; demi-ronde de 40, 174 cm², 180 m² ; lyonnaise ou flamande de 25, 43 cm², 25 m² ; lyonnaise ou flamande de 33, 100 cm², 85 m² ; à l'anglaise de 65, 357 cm², 505 m² ; carrée de 33, 104 cm², 80 m² ; carrée de 40, 157 cm², 140 m².
Exceptions :
- • Gouttières et chéneaux posés avec une pente ≤ 3 mm/m : considérés comme sans pente et calculés selon le § 5.2.2 (NF EN 12056-3), avec QL = 0,9 QN et QN = 2,78 × 10⁻⁵ × AE^1,25 pour les profils semi-circulaires, 3,48 × 10⁻⁵ × AE^1,25 pour les autres profils
- • Chéneaux intérieurs ou encaissés : § 5.3, QN = 3,89 × 10⁻⁵ × AW^1,25, avec un coefficient de sécurité appliqué à la pluviométrie fonction du coefficient d'évacuation FL ; ce coefficient de sécurité est pris égal à 1 lorsque la pente du chéneau est > 4 mm/m
- • Les documents particuliers du marché indiquent s'il y a lieu de tenir compte du vent dans le calcul du débit
- • Les NF DTU de la série 40 peuvent imposer une pente minimum aux chéneaux et des largeurs minimales de fond de chéneau
Dimensionnement des descentes, naissances et moignons
11 P3. Le texte rappelle qu'en général, le débit du système d'évacuation dépend plus du débit de la naissance ou de l'avaloir que de celui de la descente, et que le diamètre des descentes ne doit pas présenter de diminution dans le sens de l'écoulement.
Le tableau 3 donne le débit d'évacuation admissible Qrwp en fonction du diamètre intérieur di de la descente, pour un taux de remplissage de 0,20 : 60 mm → 1,2 l/s ; 70 mm → 1,8 ; 80 mm → 2,6 ; 90 mm → 3,5 ; 100 mm → 4,6 ; 110 mm → 6,0 ; 120 mm → 7,6 ; 130 mm → 9,4 ; 140 mm → 11,4 ; 150 mm → 13,7 ; 160 mm → 16,3 ; 170 mm → 19,1 ; 180 mm → 22,3 ; 190 mm → 25,7 ; 200 mm → 29,5 ; 220 mm → 38,1 ; 240 mm → 48,0 ; 260 mm → 59,4 ; 280 mm → 72,4 ; 300 mm → 87,1.
Le tableau 4 donne, pour les naissances jusqu'à un diamètre de 160 mm et quelle que soit leur forme, la surface en plan des toitures desservies : Ø 60 → 40 m² ; Ø 70 → 55 m² ; Ø 80 → 70 m² ; Ø 90 → 91 m² ; Ø 100 → 113 m² ; Ø 110 → 136 m² ; Ø 120 → 161 m² ; Ø 130 → 190 m² ; Ø 140 → 220 m² ; Ø 150 → 253 m² ; Ø 160 → 287 m².
Au-delà de 160 mm, le tableau 5 donne les valeurs en fonction de la forme de la naissance. Le débit maximum d'une descente de section non circulaire (a × b) peut être considéré comme égal au débit maximum d'une descente circulaire de diamètre équivalent d = 2ab/(a + b).
Lors du regroupement de descentes, le diamètre du tuyau commun est calculé en additionnant les débits de chaque descente et en utilisant le tableau 3.
L'embase du moignon doit dépasser d'au moins 0,08 m de la sous-face des planchers et des toitures, et d'au moins 0,15 m dans le cas de travaux d'étanchéité ; pour un moignon tronconique, le diamètre effectif est égal à D0 avec D0 ≥ 1,5 × di et Lt ≥ D0.
Exceptions :
- • Descente munie d'un contre-coude incliné de 10° au minimum (180 mm/m à l'horizontale) : le désaxement est ignoré pour le calcul du débit ; dans le cas contraire, le débit doit être calculé comme celui d'un collecteur horizontal ou enterré avec un taux de remplissage ne dépassant pas 70 %
- • Naissances de diamètre supérieur à 160 mm : les valeurs dépendent de la forme et se lisent au tableau 5
- • Collecteurs : le diamètre est au minimum celui de la descente et sans réduction dans le sens de l'écoulement (§ 5.7)
Pente des gouttières et chéneaux
Les gouttières et chéneaux doivent être établis de telle sorte que les eaux pluviales soient conduites le plus directement possible vers les tuyaux de descente. Ils présenteront une pente au moins égale à 5 mm par mètre, soit 0,5 %.
11 P3 : les valeurs de sections du tableau 1 comme les surfaces desservies du tableau 2 sont données pour une pente au moins égale à 5 mm/m, et restent valables pour des pentes supérieures. 2, où le débit est déterminé selon les modalités d'application de la NF EN 12056-3 avec un coefficient de retardement C pris égal à 1.
Exceptions :
- • Gouttières havraises, rouennaises ou nantaises : elles trouvent leur pente en se plaçant obliquement par rapport à l'égout, en reposant sur le versant par l'intermédiaire d'une bande de garantie
- • Chéneaux intérieurs ou encaissés de pente comprise entre 0 et 3 mm/m : le tableau A.2 du NF DTU 60.11 P3 donne le coefficient de sécurité à retenir selon la surface réceptrice et le coefficient d'évacuation FL ; au-delà de 4 mm/m, ce coefficient est pris égal à 1
Support et fixation des gouttières
Les gouttières pendantes sont posées sur des crochets dont le métal est choisi selon celui de la gouttière : en acier galvanisé dans le cas des gouttières en zinc, en cuivre dans le cas des gouttières en cuivre, en acier galvanisé ou en acier inoxydable dans le cas des gouttières en acier inoxydable.
Les crochets sont placés à un écartement qui est fonction des charges climatiques du lieu d'application ; cet espacement doit être, au plus, de 0,50 m.
Les gouttières havraises, rouennaises ou nantaises reposent sur le versant par l'intermédiaire d'une bande de garantie et trouvent leur pente en se plaçant obliquement par rapport à l'égout ; elles sont supportées par des crochets de même nature métallique, espacés de 0,50 m au maximum.
Les gouttières à l'anglaise reposent sur des crochets à pied espacés de 0,40 m au maximum ; ces crochets sont fixés à l'aide de vis du côté comble, leur pied reposant sur l'entablement et maintenu par un pontet ou une embase.
La gouttière à l'anglaise est posée de telle sorte que la rive extérieure soit située à un niveau inférieur d'au moins 5 cm à celui de la rive côté comble, afin que le débordement éventuel se fasse à l'extérieur, et l'entablement est recouvert pour qu'aucune infiltration ne puisse se produire à l'intérieur.
Exceptions :
- • Gouttières à l'anglaise : crochets à pied espacés de 0,40 m au maximum, au lieu de 0,50 m pour les gouttières pendantes et havraises/rouennaises/nantaises
Support des chéneaux et compatibilité chimique
Selon la matière constitutive des chéneaux, le tableau 3 précise les matériaux des supports chimiquement compatibles. 14 de la NF P 34-211). 9 de la NF P 34-215). 7 de la NF P 34-214). 7 de la NF P 34-216). Chéneau en acier galvanisé revêtu par peinture bitumineuse après formage : admis sur bois sauf chêne, châtaignier, red cedar, douglas, bouleau et mélèze ; sur plâtre, cas non prévu.
Les rives de chéneaux sont maintenues par des pattes repliées, ou mains d'arrêt, permettant la libre dilatation du chéneau. Le clouage des chéneaux n'est pas admis.
Exceptions :
- • Chéneau en acier galvanisé sur support plâtre : cas non prévu par le tableau 3
- • Chéneau en zinc sur plâtre : admis uniquement dans le cas du plâtre sur pierre, avec interposition d'une membrane
Longueurs de libre dilatation et jonctions
) et l'extrémité opposée où s'effectue la libre dilatation, est précisée au tableau 2 en fonction du métal et du développé. Zinc : 12 m quel que soit le développé. Cuivre : 15 m pour un développé ≤ 500 mm, 12 m pour un développé > 500 mm. 01 : 20 m puis 15 m.
Acier inoxydable étamé-plombé austénitique PZ 7 CN 18-09 et PZ 7 CND 17-11-02 : 15 m puis 12 m. Plomb : 5 m, la longueur maximale étant fonction de l'épaisseur du plomb et du support et définie à l'article 4 de la norme NF P 34-216. Acier galvanisé revêtu par peinture bitumineuse après formage : 20 m puis 15 m.
Les jonctions destinées à assurer la libre dilatation des extrémités sont choisies au tableau 4 : le ressaut, dont la hauteur ne doit pas être inférieure à 5 cm, est admis pour le zinc, le cuivre, l'acier inoxydable, le plomb et l'acier galvanisé ; la besace double et le joint de dilatation avec bande souple — ce dernier relevant de l'Avis Technique — sont admis pour tous ces métaux sauf le plomb.
4 de la NF P 34-215 ; pour l'acier inoxydable, la jonction est réalisée par soudure des parties en recouvrement sur 30 mm minimum si le développé est ≤ 500 mm, et par soudure et rivetage cuivre si le développé est > 500 mm.
Exceptions :
- • Plomb : la besace double et le joint de dilatation avec bande souple ne sont pas admis (tableau 4)
- • Plomb et acier galvanisé : il n'est pas prévu d'avoir recours à un raccord intermédiaire entre jonctions destinées à réaliser la libre dilatation
- • Joint de dilatation avec bande souple : ce type de jonction relève de l'Avis Technique
Trop-pleins des chéneaux
Tout chéneau doit comporter obligatoirement un orifice de trop-plein pour éviter que l'eau ne s'introduise par les rives ou par les ressauts à l'intérieur du bâtiment en cas d'obstruction totale ou partielle de l'orifice d'évacuation.
La section d'écoulement de l'orifice de trop-plein est située à un niveau inférieur à celui de la partie haute du ressaut le plus bas ; dans le cas d'un chéneau à ressauts, le trop-plein est situé à un niveau inférieur à celui de la partie haute du ressaut le plus bas.
11 P3 complète cette obligation par un dimensionnement : les trop-pleins sont nécessaires dans le cas des chéneaux contre mur ou entre deux versants, et dans ces cas la section d'écoulement des orifices de trop-pleins est au moins égale à celle de la descente concernée.
Exceptions :
- • Chéneaux étanchés : les prescriptions des NF DTU de la série 43 s'appliquent (NF DTU 60.11 P3 § 5.6, note)
Tuyaux de descente : parcours, traversées, jonctions et fixations
Le parcours d'un tuyau de descente est en principe une ligne verticale, afin d'obtenir le maximum de rapidité d'écoulement et d'assurer ainsi le meilleur débit, mais aussi pour que les déchets entraînés par l'eau ne puissent s'y arrêter et être une cause d'obstruction partielle ou totale. Les tuyaux ne devront pas être appuyés directement sur les murs de façade : il faut les en séparer d'au moins 0,02 m.
Lorsque le tuyau de descente doit traverser un balcon ou une corniche, il faut placer un manchon en plomb servant de fourreau pour isoler le tuyau de la maçonnerie ; le tuyau recueillant les eaux d'une gouttière ou d'un chéneau devra s'arrêter sous la corniche d'entablement et sera continué dans l'épaisseur de cette corniche par un manchon en plomb dont l'extrémité supérieure sera terminée par un collet battu et soudé sur le recouvrement métallique de l'entablement, le moignon de la gouttière venant s'engager librement dans ce manchon.
La jonction des tuyaux s'effectue par emboîtement. Les tuyaux sont fixés à l'aide de colliers disposés en tête des éléments, à raison d'un collier au moins par élément, avec un espacement maximum entre colliers de 2 m. Pour éviter le glissement vertical des tuyaux lisses, ceux-ci sont munis de bagues ou de nez droit, les bagues soudées étant du type défini par la norme NF P 36-403.
Des crapaudines en saillie seront placées sur les moignons toutes les fois qu'il y a risque d'obstruction du conduit d'évacuation par des déchets quelconques (feuilles mortes, paille, détritus). Dans le cas de tuyaux de descente exposés aux chocs en partie basse, il sera prévu des dispositifs de protection mécanique en partie basse : dauphin ou fourreau métallique.
Exceptions :
- • Espacement entre colliers porté à 2,70 m pour les tuyaux en fonte
- • Espacement entre colliers porté à 2,50 m pour les tuyaux en cuivre
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Pente des gouttières et chéneaux | ≥ 5 mm/m (0,5 %) | Art. 5.1 ; valeur minimale absolue et base de validité des tableaux de sections du NF DTU 60.11 P3 |
| Seuil de basculement en calcul « sans pente » | ≤ 3 mm/m | NF DTU 60.11 P3 § 5.2.1 : une gouttière ou un chéneau de pente ≤ 3 mm/m doit être calculé comme sans pente selon la NF EN 12056-3 |
| Écartement des crochets — gouttières pendantes, havraises, rouennaises, nantaises | ≤ 0,50 m | Art. 5.2.1.1 et 5.2.1.2 ; écartement à réduire en fonction des charges climatiques du lieu d'application |
| Écartement des crochets à pied — gouttières à l'anglaise | ≤ 0,40 m | Art. 5.2.1.3 |
| Dénivelé rive extérieure / rive côté comble — gouttière à l'anglaise | ≥ 5 cm | Art. 5.2.1.3 ; garantit que le débordement éventuel se fasse à l'extérieur |
| Écartement des colliers de tuyaux de descente | ≤ 2 m (2,70 m en fonte, 2,50 m en cuivre) | Art. 5.5.3 ; un collier au moins par élément, disposés en tête des éléments |
| Écartement du tuyau de descente au mur de façade | ≥ 0,02 m | Art. 5.5.1 |
| Recouvrement des jonctions non dilatables | ≥ 30 mm dans le sens de l'écoulement | Art. 5.3.2 ; soudé pour le zinc ; soudé et riveté pour le cuivre et pour l'inox de développé > 500 mm |
| Hauteur de ressaut | ≥ 5 cm | Tableau 4, note 1 |
Dimensions réglementaires
Épaisseur minimale des chéneaux — zinc allié cuivre-titane
Tableau 1 ; tolérance selon NF A 55-211
Épaisseur minimale des chéneaux — cuivre
Tableau 1 ; NF A 50-050 et NF A 51-100, tolérance selon NF A 51-400
Épaisseur minimale des chéneaux — acier inoxydable étamé-plombé
Tableau 1 ; NF A 36-331 et NF A 35-573, tolérance selon NF EN 10051
Épaisseur minimale des chéneaux — plomb
Tableau 1
Épaisseur minimale des chéneaux — tôle d'acier galvanisée
Tableau 1 ; NF EN 10147, tolérance selon NF EN 10143
Longueur maximale de libre dilatation — zinc
Tableau 2, quel que soit le développé
Longueur maximale de libre dilatation — cuivre
Tableau 2
Longueur maximale de libre dilatation — acier inoxydable ferritique PZ 8 C 17
Tableau 2 ; austénitique PZ 7 CN 18-09 et PZ 7 CND 17-11-02 : 15 m puis 12 m
Longueur maximale de libre dilatation — plomb
Tableau 2 ; longueur fonction de l'épaisseur du plomb et du support, définie à l'art. 4 de la NF P 34-216
Longueur maximale de libre dilatation — acier galvanisé revêtu
Tableau 2
Gouttière demi-ronde de 25
NF DTU 60.11 P3 tableau 2, pour 3 l/m²/min et pente ≥ 5 mm/m
Gouttière demi-ronde de 33
NF DTU 60.11 P3 tableau 2
Gouttière demi-ronde de 40
NF DTU 60.11 P3 tableau 2
Gouttière lyonnaise ou flamande de 33
NF DTU 60.11 P3 tableau 2 ; lyonnaise ou flamande de 25 : 43 cm² pour 25 m²
Gouttière carrée de 33 / de 40
NF DTU 60.11 P3 tableau 2 ; les sections calculées doivent par ailleurs être majorées de 10 % pour les profils carrés ou rectangulaires et de 20 % pour les profils triangulaires
Gouttière à l'anglaise de 65
NF DTU 60.11 P3 tableau 2
Naissance Ø 80 mm intérieur
NF DTU 60.11 P3 tableau 4 ; jusqu'à Ø 160 mm la forme de la naissance n'a pas d'importance
Naissance Ø 100 mm intérieur
NF DTU 60.11 P3 tableau 4 ; Ø 90 → 91 m², Ø 110 → 136 m², Ø 120 → 161 m²
Naissance Ø 160 mm intérieur
NF DTU 60.11 P3 tableau 4 ; au-delà de 160 mm, tableau 5 selon la forme de la naissance
Descente Ø 80 mm intérieur
NF DTU 60.11 P3 tableau 3, taux de remplissage 0,20
Descente Ø 100 mm intérieur
NF DTU 60.11 P3 tableau 3 ; Ø 120 → 7,6 l/s, Ø 150 → 13,7 l/s, Ø 200 → 29,5 l/s
Dépassement de l'embase du moignon
NF DTU 60.11 P3 § 5.4.3 ; moignon tronconique : D0 ≥ 1,5 × di et Lt ≥ D0
Section du trop-plein de chéneau
NF DTU 60.11 P3 § 5.6, pour les chéneaux contre mur ou entre deux versants
Comprendre NF DTU 40.5 (XP P 36-201)
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF DTU 40.5 (XP P 36-201), le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF DTU 40.5 (XP P 36-201) couvre : Exécution des évacuations d'eaux pluviales sur couvertures de bâtiments en France métropolitaine, quelle que soit leur destination : gouttières et chéneaux métalliques supportés (zinc, cuivre, acier inoxydable étamé-plombé, plomb, acier galvanisé revêtu) et tuyaux de descente extérieure — hors gouttières en PVC non plastifié (NF P 36-410), hors canalisations d'évacuation intérieures (NF P 52-305), hors chéneaux métalliques autoportants associés aux couvertures en plaques et hors chéneaux associés aux toitures avec revêtement d'étanchéité. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF DTU 40.5 (XP P 36-201)
Le DTU 40.5 est le document de référence des travaux d'évacuation des eaux pluviales en couverture. Il a été publié par l'AFNOR en novembre 1993 sous le statut de norme expérimentale, indice de classement P 36-201, et remplace la norme NF P 30-201 de janvier 1948. Le texte consolidé intègre l'amendement A1 de décembre 1997, qui reprend en les actualisant les articles 6 et 7 de la norme NF P 30-201 et supprime notamment les dispositions relatives aux tuyaux en amiante-ciment. Son objet est précis : définir les travaux d'exécution des évacuations d'eaux pluviales, à savoir les gouttières et chéneaux métalliques d'une part, les tuyaux de descente extérieure d'autre part.
Le domaine est borné par plusieurs exclusions qu'il faut avoir en tête au moment de rédiger un CCTP couverture. Les gouttières en polychlorure de vinyle non plastifié font l'objet de la norme NF P 36-410 et leur mise en œuvre est régie par les règles figurant en annexe à cette norme ; les canalisations d'évacuation destinées à l'intérieur des bâtiments relèvent de la NF P 52-305 ; les chéneaux métalliques autoportants principalement associés aux couvertures en plaques ne sont pas traités ; et les chéneaux associés aux toitures avec revêtements d'étanchéité relèvent du DTU 20.12 et des NF DTU 43.2 et 43.4. La norme s'applique à tous les bâtiments, quelle que soit leur destination, en France métropolitaine.
Point essentiel de méthode : le DTU 40.5 ne contient pas les formules de dimensionnement. Ses articles 4.1 et 4.2 renvoient explicitement au DTU 60.11 pour la section des gouttières et chéneaux comme pour la section des tuyaux de descente. La version applicable de ce document est aujourd'hui le NF DTU 60.11 P3 d'août 2013, indice de classement P 40-202-3, « Règles de calcul des installations de plomberie sanitaire et d'eaux pluviales — Partie 3 : Évacuation des eaux pluviales ». Un dimensionnement d'évacuation EP se lit donc toujours à deux documents : le NF DTU 60.11 P3 pour les sections et débits, le DTU 40.5 pour les matériaux, les longueurs de dilatation et la mise en œuvre.
Comprendre en détail NF DTU 40.5 (XP P 36-201)
Matériaux et épaisseurs minimales des chéneaux
Les gouttières en zinc, en cuivre et en acier inoxydable, ainsi que les équerres et naissances métalliques, sont définies par la norme NF P 36-402. Les chéneaux métalliques destinés à être posés de façon supportée sont réalisés en zinc, en cuivre, en acier inoxydable, en plomb et en acier galvanisé revêtu. Le DTU ajoute une recommandation de façonnage qui a des conséquences durables : les pliures à angle vif sont à éviter pour les chéneaux.
Le tableau 1 fixe les épaisseurs minimales des tôles et bandes destinées à la réalisation des chéneaux. Zinc allié au cuivre-titane conforme à la NF A 55-201, notation Zn Cu Ti : 0,65 mm, tolérance selon NF A 55-211. Cuivre conforme aux NF A 50-050 et NF A 51-100, nuances Cu-ETP, Cu-FRHC, Cu-FRTP, Cu-DHP, Cu-DLP : 0,50 mm, tolérance selon NF A 51-400. Acier inoxydable étamé-plombé conforme aux NF A 36-331 et NF A 35-573, nuances PZ 8 C 17, PZ 8 CD 17-01, PZ 7 CN 18-09, PZ 7 CND 17-11 02 : 0,40 mm, tolérance selon NF EN 10051. Plomb conforme à la NF A 55-401 : 3,00 mm. Tôle d'acier galvanisée revêtue par peinture bitumineuse après formage, conforme à la NF EN 10147, revêtement Z 350 : 0,75 mm, tolérance selon NF EN 10143.
Côté descentes, les tuyaux en zinc, en cuivre et en acier inoxydable doivent être conformes à la norme NF P 36-403 ; les tuyaux en fonte sont définis par la NF A 48-720 ; les tuyaux en acier sont définis dans la NF P 40-201. Les tuyaux en PVC non plastifié relèvent de la norme NF P 41-212 (DTU 60.32), laquelle définit également leur mise en œuvre. Les tuyaux en amiante-ciment, qui figuraient au § 3.2.3 de la version de 1993, ont été supprimés par l'amendement A1 de décembre 1997.
Dimensionnement : ce que dit réellement le NF DTU 60.11 P3
Le dimensionnement des installations est effectué en tenant compte d'intensités pluviométriques minimales chiffrées : pour la France européenne, la valeur à considérer est 0,05 l/m²/s, soit 3 l/m²/min ; pour les DOM, 0,075 l/m²/s, soit 4,5 l/m²/min. L'intensité pluviométrique est affectée d'un coefficient de sécurité dans le cas des chéneaux intérieurs et encaissés, selon les modalités du § 5.3 de la norme. Les documents particuliers du marché indiquent s'il y a lieu de tenir compte du vent dans le calcul du débit — la surface réceptrice A = LR × BR ne tient en effet pas compte des effets du vent.
Pour les gouttières et chéneaux extérieurs avec pente, le tableau 1 du NF DTU 60.11 P3 donne un exemple de calcul de section pour une pente de 5 mm/m, établi d'après la formule de Bazin relative à l'écoulement de l'eau dans les canaux, avec un coefficient de frottement γ pris égal à 0,38 et un débit maximal de 3 l/m²/min. Les valeurs de sections restent valables pour des pentes supérieures à 5 mm/m. Pour les gouttières et chéneaux de section carrée ou rectangulaire, les sections doivent être augmentées de 10 % par rapport à ces valeurs ; pour un profil triangulaire, de 20 %. Attention au seuil : les gouttières et chéneaux posés avec une pente inférieure ou égale à 3 mm/m sont considérés comme sans pente et doivent être calculés comme tels, selon les modalités d'application de la NF EN 12056-3.
Le tableau 2 du NF DTU 60.11 P3 est le plus directement utilisable en phase conception : il donne, pour les gouttières courantes et pour un débit de 3 l/m²/min avec une pente d'au moins 5 mm/m, la section et la surface en plan maximale des toitures desservies. Gouttière demi-ronde de 25 : 57 cm² pour 35 m². Demi-ronde de 33 : 113 cm² pour 95 m². Demi-ronde de 40 : 174 cm² pour 180 m². Gouttière lyonnaise ou flamande de 25 : 43 cm² pour 25 m². Lyonnaise ou flamande de 33 : 100 cm² pour 85 m². Gouttière à l'anglaise de 65 : 357 cm² pour 505 m². Gouttière carrée de 33 : 104 cm² pour 80 m². Gouttière carrée de 40 : 157 cm² pour 140 m².
Descentes et naissances : débits admissibles et surfaces desservies
Le NF DTU 60.11 P3 pose un principe souvent ignoré : en général, le débit du système d'évacuation des eaux pluviales dépend plus du débit de la naissance ou de l'avaloir que de celui de la descente. Autrement dit, augmenter le diamètre de la descente sans reprendre la naissance ne résout rien.
Le tableau 3 donne le débit d'évacuation admissible Qrwp en fonction du diamètre intérieur de la descente, pour un taux de remplissage de 0,20 : 60 mm → 1,2 l/s ; 65 mm → 1,5 ; 70 mm → 1,8 ; 75 mm → 2,2 ; 80 mm → 2,6 ; 85 mm → 3,0 ; 90 mm → 3,5 ; 95 mm → 4,0 ; 100 mm → 4,6 ; 110 mm → 6,0 ; 120 mm → 7,6 ; 130 mm → 9,4 ; 140 mm → 11,4 ; 150 mm → 13,7 ; 160 mm → 16,3 ; 170 mm → 19,1 ; 180 mm → 22,3 ; 190 mm → 25,7 ; 200 mm → 29,5 ; 220 mm → 38,1 ; 240 mm → 48,0 ; 260 mm → 59,4 ; 280 mm → 72,4 ; 300 mm → 87,1. Le débit maximum d'une descente de section non circulaire (a × b) peut être considéré comme égal à celui d'une descente circulaire de diamètre équivalent d = 2ab/(a + b). Lors du regroupement de descentes, le diamètre du tuyau commun est calculé en additionnant les débits de chaque descente.
Le tableau 4, relatif aux naissances, donne directement la surface en plan des toitures desservies jusqu'à un diamètre de 160 mm, la forme de la naissance n'ayant alors pas d'importance : Ø 60 → 40 m² ; Ø 70 → 55 m² ; Ø 80 → 70 m² ; Ø 90 → 91 m² ; Ø 100 → 113 m² ; Ø 110 → 136 m² ; Ø 120 → 161 m² ; Ø 130 → 190 m² ; Ø 140 → 220 m² ; Ø 150 → 253 m² ; Ø 160 → 287 m². Au-delà de 160 mm, le tableau 5 donne les valeurs en fonction de la forme de la naissance. Ces valeurs sont bien plus favorables que les règles empiriques couramment utilisées : c'est le tableau normatif qui fait foi.
Pente, supports et écartement des crochets
L'article 5.1 est court et sans exception : les gouttières et chéneaux doivent être établis de telle sorte que les eaux pluviales soient conduites le plus directement possible vers les tuyaux de descente, et ils présenteront une pente au moins égale à 5 mm par mètre. Cette valeur est aussi celle sous laquelle sont établis les tableaux de sections du NF DTU 60.11 P3 : descendre sous 5 mm/m fait sortir du tableau, et sous 3 mm/m fait basculer dans le régime de calcul « sans pente ».
Les gouttières pendantes sont posées sur des crochets choisis selon le métal de la gouttière : acier galvanisé pour une gouttière en zinc, cuivre pour une gouttière en cuivre, acier galvanisé ou acier inoxydable pour une gouttière en acier inoxydable. Les crochets sont placés à un écartement fonction des charges climatiques du lieu d'application, cet espacement devant être au plus de 0,50 m. Les gouttières havraises, rouennaises ou nantaises reposent sur le versant par l'intermédiaire d'une bande de garantie et trouvent leur pente en se plaçant obliquement par rapport à l'égout ; elles sont supportées par des crochets espacés de 0,50 m au maximum.
Les gouttières à l'anglaise obéissent à des règles propres : elles reposent sur des crochets à pied espacés de 0,40 m au maximum, fixés à l'aide de vis du côté comble, leur pied reposant sur l'entablement et maintenu par un pontet ou une embase. La gouttière est posée de telle sorte que la rive extérieure soit située à un niveau inférieur d'au moins 5 cm à celui de la rive côté comble, afin que le débordement éventuel se fasse à l'extérieur — disposition de sécurité qui évite qu'un engorgement ne se déverse dans le comble. L'entablement est recouvert pour qu'aucune infiltration ne puisse se produire à l'intérieur.
Support des chéneaux : la compatibilité chimique avec le bois
Le tableau 3 du DTU 40.5 croise la matière constitutive du chéneau et le matériau constitutif de son support. C'est un tableau de compatibilité chimique, et il condamne des associations courantes en charpente traditionnelle. Un chéneau en zinc est admis sur bois sauf chêne, châtaignier, red cedar, douglas, bouleau et mélèze ; sur plâtre, uniquement dans le cas du plâtre sur pierre et avec interposition d'une membrane ; sur béton ou mortier, avec membrane d'interposition.
Un chéneau en cuivre est admis sur bois sauf le cèdre (western red cedar), sur plâtre sans réserve, et sur béton ou mortier avec membrane d'interposition. Un chéneau en acier inoxydable est admis sur bois et sur plâtre, et sur béton ou mortier avec membrane d'interposition. Un chéneau en plomb est admis sur bois avec membrane dans le cas du chêne et du châtaignier, et sur plâtre comme sur béton avec membrane d'interposition. Un chéneau en acier galvanisé revêtu par peinture bitumineuse après formage est admis sur bois sauf chêne, châtaignier, red cedar, douglas, bouleau et mélèze ; sur plâtre, le cas n'est pas prévu.
Deux règles de fixation complètent ce tableau et sont fréquemment enfreintes : les rives de chéneaux sont maintenues par des pattes repliées, ou mains d'arrêt, permettant la libre dilatation du chéneau, et le clouage des chéneaux n'est pas admis. Un chéneau cloué ne peut pas se dilater : il se déforme, ses soudures travaillent et finissent par se fissurer.
Dilatation : les longueurs maximales par métal
L'article 4.3 définit la longueur « L » des gouttières et chéneaux qui peut librement se dilater, entre un point fixe (moignon, retour d'angle, etc.) et l'extrémité opposée où s'effectue la libre dilatation. Le tableau 2 donne ces longueurs maximales, avec une distinction selon que le développé du chéneau ou de la gouttière est inférieur ou égal à 500 mm, ou supérieur à 500 mm.
Zinc : 12 m, quel que soit le développé. Cuivre : 15 m pour un développé ≤ 500 mm, 12 m au-delà. Acier inoxydable étamé-plombé ferritique PZ 8 C 17 et PZ 8 C 17.01 : 20 m puis 15 m. Acier inoxydable étamé-plombé austénitique PZ 7 CN 18-09 et PZ 7 CND 17-11-02 : 15 m puis 12 m. Plomb : 5 m — la longueur maximale étant fonction de l'épaisseur du plomb et du support, définie à l'article 4 de la norme NF P 34-216. Acier galvanisé revêtu par peinture bitumineuse après formage : 20 m puis 15 m.
Aux extrémités, les jonctions destinées à assurer la libre dilatation sont choisies au tableau 4 selon le métal : le ressaut, dont la hauteur ne doit pas être inférieure à 5 cm, est admis pour tous les métaux ; la besace double est admise pour le zinc, le cuivre, l'acier inoxydable et l'acier galvanisé, mais pas pour le plomb ; le joint de dilatation avec bande souple, qui relève de l'Avis Technique, est admis dans les mêmes conditions. Les jonctions non dilatables des tronçons constitutifs sont réalisées, pour le zinc, avec un recouvrement de 30 mm minimum disposé dans le sens de l'écoulement de l'eau et soudé ; pour le cuivre, ces dispositions sont complétées par un rivetage réalisé selon le § 3.4 de la NF P 34-215 ; pour l'acier inoxydable, la jonction est soudée sur 30 mm minimum si le développé est ≤ 500 mm, et soudée puis rivetée cuivre si le développé est supérieur à 500 mm. Pour le plomb et l'acier galvanisé, il n'est pas prévu d'avoir recours à un raccord intermédiaire entre jonctions de libre dilatation.
Trop-pleins : une obligation absolue sur tout chéneau
L'article 5.4 ne souffre aucune interprétation : tout chéneau doit comporter obligatoirement un orifice de trop-plein pour éviter que l'eau ne s'introduise par les rives ou par les ressauts à l'intérieur du bâtiment en cas d'obstruction totale ou partielle de l'orifice d'évacuation. C'est la seule protection contre le scénario le plus destructeur — une crapaudine obstruée par les feuilles au premier orage d'automne.
La position du trop-plein est prescrite : la section d'écoulement de l'orifice de trop-plein est située à un niveau inférieur à celui de la partie haute du ressaut le plus bas. Dans le cas d'un chéneau à ressauts, le trop-plein est situé à un niveau inférieur à celui de la partie haute du ressaut le plus bas.
Le NF DTU 60.11 P3 complète cette obligation par un dimensionnement au § 5.6 : les trop-pleins sont nécessaires dans le cas des chéneaux contre mur ou entre deux versants, et dans ces cas la section d'écoulement des orifices de trop-pleins est au moins égale à celle de la descente concernée. Dans le cas des chéneaux étanchés, ce sont les prescriptions des NF DTU de la série 43 qui s'appliquent.
Tuyaux de descente : parcours, traversées, fixations et protections
Le parcours d'un tuyau de descente est en principe une ligne verticale. Le DTU en donne la raison : obtenir le maximum de rapidité d'écoulement et assurer ainsi le meilleur débit, mais aussi éviter que les déchets entraînés par l'eau ne s'arrêtent et ne provoquent une obstruction partielle ou totale. Les tuyaux ne devront pas être appuyés directement sur les murs de façade : il faut les en séparer d'au moins 0,02 m — deux centimètres qui évitent la remontée d'humidité dans l'enduit et permettent l'entretien.
Lorsque le tuyau de descente doit traverser un balcon ou une corniche, il faut placer un manchon en plomb servant de fourreau pour isoler le tuyau de la maçonnerie. Le tuyau recueillant les eaux d'une gouttière ou d'un chéneau devra s'arrêter sous la corniche d'entablement et sera continué dans l'épaisseur de cette corniche par un manchon en plomb dont l'extrémité supérieure sera terminée par un collet battu et soudé sur le recouvrement métallique de l'entablement, le moignon de la gouttière venant s'engager librement dans ce manchon.
La jonction des tuyaux s'effectue par emboîtement. Les tuyaux sont fixés à l'aide de colliers disposés en tête des éléments, à raison d'un collier au moins par élément, avec un espacement maximum entre colliers de 2 m — espacement porté à 2,70 m pour les tuyaux en fonte et à 2,50 m pour les tuyaux en cuivre. Pour éviter le glissement vertical des tuyaux lisses, ceux-ci sont munis de bagues ou de nez droit, les bagues soudées étant du type défini par la norme NF P 36-403. Des crapaudines en saillie seront placées sur les moignons toutes les fois qu'il y a risque d'obstruction du conduit d'évacuation par des déchets (feuilles mortes, paille, détritus). Enfin, dans le cas de tuyaux de descente exposés aux chocs en partie basse, il sera prévu des dispositifs de protection mécanique en partie basse : dauphin ou fourreau métallique.
Erreurs fréquentes constatées en expertise
Clouer un chéneau. Le DTU l'interdit explicitement : les rives sont maintenues par des pattes repliées ou mains d'arrêt permettant la libre dilatation. Un chéneau cloué en zinc de 12 m de long développe des efforts que les soudures ne supportent pas, et la fuite apparaît à la première année de service.
Poser un chéneau zinc sur une charpente en chêne, en châtaignier, en mélèze ou en douglas. Le tableau 3 exclut ces essences pour le zinc comme pour l'acier galvanisé. En rénovation de bâti ancien, où la charpente est presque toujours en chêne ou en châtaignier, cela impose soit de changer de métal, soit d'interposer un dispositif compatible — le point doit être tranché en phase conception, pas au moment de la pose.
Dimensionner sur une valeur de pluviométrie inventée. Le NF DTU 60.11 P3 retient 3 l/m²/min en France européenne et 4,5 l/m²/min dans les DOM. Un dimensionnement conduit sur une autre valeur, plus faible ou plus forte, n'est justifiable que si les documents particuliers du marché l'imposent, notamment pour tenir compte du vent.
Omettre le trop-plein d'un chéneau encaissé ou d'un chéneau entre deux versants. C'est la faute la plus lourde de conséquences : sans trop-plein, une obstruction de l'évacuation déverse l'eau à l'intérieur du bâtiment. La section du trop-plein doit être au moins égale à celle de la descente concernée.
Poser la descente directement contre la façade et sans protection basse. Le DTU exige un écartement d'au moins 0,02 m des murs de façade, et un dauphin ou fourreau métallique en partie basse lorsque le tuyau est exposé aux chocs.
Glossaire NF DTU 40.5 (XP P 36-201)
- Chéneau
- Ouvrage de collecte des eaux pluviales posé de façon supportée, réalisé en zinc, cuivre, acier inoxydable, plomb ou acier galvanisé revêtu ; ses rives sont maintenues par pattes repliées ou mains d'arrêt et son clouage n'est pas admis.
- Gouttière pendante
- Gouttière posée sur des crochets dont le métal est choisi selon celui de la gouttière et dont l'écartement, fonction des charges climatiques du lieu, doit être au plus de 0,50 m.
- Gouttière à l'anglaise
- Gouttière reposant sur des crochets à pied espacés de 0,40 m au maximum, dont la rive extérieure est placée au moins 5 cm plus bas que la rive côté comble afin que tout débordement se fasse à l'extérieur.
- Entrée d'eaux pluviales (EEP)
- Terme générique du NF DTU 60.11 P3 désignant une naissance, un avaloir, une boîte à eau ou une cuvette de branchement.
- Descente d'eaux pluviales (DEP)
- Ensemble des éléments constitutifs d'une descente : tuyaux et accessoires (manchons, coudes, bagues). Son diamètre ne doit pas présenter de diminution dans le sens de l'écoulement.
- Moignon
- Pièce d'évacuation d'un chéneau ; son embase doit dépasser d'au moins 0,08 m de la sous-face des planchers et toitures, et d'au moins 0,15 m dans le cas de travaux d'étanchéité.
- Crapaudine
- Grille en saillie placée sur les moignons chaque fois qu'il y a risque d'obstruction du conduit d'évacuation par des déchets (feuilles mortes, paille, détritus).
- Ressaut
- Type de jonction assurant la libre dilatation des extrémités de gouttières et chéneaux, admis pour tous les métaux ; sa hauteur ne doit pas être inférieure à 5 cm.
- Développé
- Largeur de la tôle avant façonnage ; le DTU 40.5 distingue les développés ≤ 500 mm et > 500 mm pour fixer les longueurs de dilatation et le mode de jonction de l'acier inoxydable.
- Dauphin
- Dispositif de protection mécanique en partie basse d'un tuyau de descente exposé aux chocs ; un fourreau métallique remplit la même fonction.
Questions fréquentes sur NF DTU 40.5 (XP P 36-201)
Qu'est-ce que NF DTU 40.5 (XP P 36-201) ?
NF DTU 40.5 — Travaux d'évacuation des eaux pluviales. Le DTU 40.5, publié sous forme de norme expérimentale XP P 36-201 en novembre 1993 et intégrant l'amendement A1 de décembre 1997, définit les travaux d'exécution des évacuations d'eaux pluviales sur les couvertures de bâtiments : gouttières et chéneaux métalliques, et tuyaux de descente extérieure. Il fixe les épaisseurs minimales des tôles et bandes selon le métal, les longueurs maximales de libre dilatation, la pente minimale des gouttières et chéneaux (au moins 5 mm par mètre), l'écartement des crochets, la compatibilité chimique entre le chéneau et son support, les types de jonctions et l'obligation de trop-plein. Le dimensionnement des sections est renvoyé au DTU 60.11, dont la partie 3 d'août 2013 retient une intensité pluviométrique minimale de 3 l/m²/min en France européenne. Un chéneau cloué, une descente sans crapaudine ou un trop-plein absent conduisent à des débordements en façade et à des infiltrations à l'intérieur du bâtiment. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF DTU 40.5 (XP P 36-201) ?
Le domaine d'application couvre : Exécution des évacuations d'eaux pluviales sur couvertures de bâtiments en France métropolitaine, quelle que soit leur destination : gouttières et chéneaux métalliques supportés (zinc, cuivre, acier inoxydable étamé-plombé, plomb, acier galvanisé revêtu) et tuyaux de descente extérieure — hors gouttières en PVC non plastifié (NF P 36-410), hors canalisations d'évacuation intérieures (NF P 52-305), hors chéneaux métalliques autoportants associés aux couvertures en plaques et hors chéneaux associés aux toitures avec revêtement d'étanchéité. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF DTU 40.5 (XP P 36-201) sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Quelle est la pente minimale d'une gouttière ou d'un chéneau selon le DTU 40.5 ?
L'article 5.1 impose une pente au moins égale à 5 mm par mètre, soit 0,5 %. Les tableaux de sections du NF DTU 60.11 P3 sont établis pour cette pente et restent valables au-delà. Une gouttière ou un chéneau posé avec une pente inférieure ou égale à 3 mm/m est considéré comme sans pente et doit être calculé comme tel, selon les modalités d'application de la NF EN 12056-3.
Quelle intensité pluviométrique retenir pour dimensionner une évacuation d'eaux pluviales ?
Le NF DTU 60.11 P3 fixe des intensités pluviométriques minimales : 0,05 l/m²/s, soit 3 l/m²/min, pour la France européenne, et 0,075 l/m²/s, soit 4,5 l/m²/min, pour les DOM. Un coefficient de sécurité s'applique aux chéneaux intérieurs et encaissés selon le § 5.3. Les documents particuliers du marché indiquent s'il y a lieu de tenir compte du vent dans le calcul du débit.
Quelle surface de toiture une gouttière demi-ronde de 33 peut-elle desservir ?
Selon le tableau 2 du NF DTU 60.11 P3, une gouttière demi-ronde de 33 présente une section de 113 cm² et dessert jusqu'à 95 m² de surface en plan de toiture, pour un débit de 3 l/m²/min et une pente au moins égale à 5 mm/m. Une demi-ronde de 25 dessert 35 m² (57 cm²) et une demi-ronde de 40 dessert 180 m² (174 cm²).
Quel diamètre de descente d'eaux pluviales pour 100 m² de toiture ?
Le dimensionnement passe par la naissance. Le tableau 4 du NF DTU 60.11 P3 donne, jusqu'à un diamètre de 160 mm et quelle que soit la forme de la naissance, la surface en plan desservie : Ø 90 → 91 m², Ø 100 → 113 m². Pour 100 m², un diamètre intérieur de 100 mm convient. Le tableau 3 confirme côté descente un débit admissible de 4,6 l/s pour un Ø 100 intérieur, à comparer au débit calculé Q = r × A.
Quel écartement maximal entre crochets de gouttière ?
Pour les gouttières pendantes ainsi que pour les gouttières havraises, rouennaises ou nantaises, les crochets sont placés à un écartement fonction des charges climatiques du lieu d'application, au plus égal à 0,50 m. Pour les gouttières à l'anglaise, les crochets à pied sont espacés de 0,40 m au maximum.
Un chéneau doit-il obligatoirement comporter un trop-plein ?
Oui. L'article 5.4 du DTU 40.5 impose que tout chéneau comporte obligatoirement un orifice de trop-plein, pour éviter que l'eau ne s'introduise par les rives ou par les ressauts à l'intérieur du bâtiment en cas d'obstruction totale ou partielle de l'orifice d'évacuation. Sa section d'écoulement doit être située à un niveau inférieur à celui de la partie haute du ressaut le plus bas, et le NF DTU 60.11 P3 § 5.6 impose une section au moins égale à celle de la descente concernée.
Quelle longueur maximale de chéneau en zinc sans dispositif de dilatation ?
Le tableau 2 du DTU 40.5 fixe pour le zinc une longueur maximale de libre dilatation de 12 m, quel que soit le développé du chéneau ou de la gouttière, entre un point fixe (moignon, retour d'angle) et l'extrémité opposée. Pour le cuivre, 15 m si le développé est ≤ 500 mm et 12 m au-delà ; pour l'acier inoxydable étamé-plombé ferritique, 20 m puis 15 m ; pour le plomb, 5 m.
Peut-on poser un chéneau en zinc sur une charpente en chêne ?
Non. Le tableau 3 du DTU 40.5 exclut le chêne, le châtaignier, le red cedar, le douglas, le bouleau et le mélèze comme supports directs d'un chéneau en zinc — la même exclusion s'applique à l'acier galvanisé revêtu. Le cuivre n'exclut que le cèdre (western red cedar) ; l'acier inoxydable est admis sur bois sans restriction d'essence ; le plomb requiert une membrane d'interposition dans le cas du chêne et du châtaignier.
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Le NF DTU 40.45 (NF P 34-215-1 pour le CCT, NF P 34-215-2 pour le CCS) encadre les couvertures par éléments métalliques en feuilles et longues feuilles en cuivre, exécutées sur support continu selon deux techniques seulement : la couverture à tasseaux et la couverture à joint debout. Il impose la nuance Cu-DHP (NF EN 1172) à l'état R 240 (NF EN 1173), une épaisseur minimale de 0,5 mm en feuilles et longues feuilles, des largeurs normalisées de 0,500 m et 0,670 m, et interdit tout contact — y compris hydraulique en aval — avec le zinc, l'acier galvanisé ou non et l'aluminium. Une couverture cuivre déversant dans une gouttière zinc est non conforme au DTU et perfore le métal aval.
NF DTU 40.46 — Travaux de couverture en plomb sur support continu
Le NF DTU 40.46 (NF P 34-216-1 pour le cahier des clauses techniques) définit les conditions d'exécution des couvertures en plomb sur support continu : couverture à tasseaux, à baguettes roulées, à ourlets roulés et par agrafage rabattu. Il fixe une épaisseur minimale de plomb de 2,5 mm en couverture et de 3 mm en balcons et chéneaux, impose la soudure autogène comme seul mode d'assemblage des tables, interdit le contact direct du plomb avec l'aluminium, l'acier ordinaire ou galvanisé, le ciment, la chaux hydraulique et le béton, et exige un défaut de planéité du support inférieur à 1 cm.
Informations
Documents remplacés
Dernière mise à jour
Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024
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NF DTU 40.5 (XP P 36-201) - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. évacuation EP, gouttière, chéneau, descente, trop-plein, crochet, dilatation, moignon, naissance, crapaudine, dauphin, XP P 36-201, DTU 60.11.