Aller au contenu principal
Document Technique Unifié
NF DTU 40.11

NF DTU 40.11 - Couverture en ardoises

Le NF DTU 40.11 P1-1 (décembre 2020, indice de classement P 32-201-1-1) propose les clauses types de mise en œuvre pour les marchés de travaux d'ouvrages de couverture en ardoises naturelles. Il traite quatre systèmes (pureau entier, pureau développé, modèles carrés posés en diagonale dits losangés, et claire-voie ordinaire) ainsi que les habillages de parties verticales appelés essentages. Il ne fixe pas une pente minimale unique : il donne, dans des tableaux croisant la pente, la zone climatique de concomitance vent-pluie, la situation et le mode de fixation, un recouvrement minimal dont découle ensuite le format d'ardoise admissible. Il chiffre également la planéité du support, les sections de liteaux et voliges, la ventilation en sous-face (lame d'air de 2 cm minimum) et les limitations de hauteur de bâtiment par zone de vent.

Domaine d'application

Ouvrages de couverture en ardoises naturelles sur support en bois massif (voligeage ou liteaunage) (poses à pureau entier, à pureau développé, en modèles carrés posés en diagonale (losangés) et à claire-voie ordinaire) et habillages en ardoises de parties verticales (essentages : côtés de lucarne, mur acrotère, mur pignon), pour tous types de bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne réalisés en France métropolitaine en climat de plaine (altitude ≤ 900 m), dont la structure porteuse respecte les NF DTU 31.1, 31.2, 31.3 (bois) ou 32.1 (acier), hors climats tropicaux et équatoriaux, hors ossatures de bardage et hors raccordement des fenêtres de toit

Mis à jour le 15 janvier 2024
Applicable depuis le 1 décembre 2020
ardoise
couverture
fixation
pente
recouvrement
pureau entier
pureau développé
pose losangée
claire-voie
essentage
crochet
doublis
noue
zone de concomitance vent-pluie
P 32-201-1-1

Règles principales

Domaine d'application et conditions sur la structure porteuse

Obligatoire

1 pour les charpentes acier. Il est applicable aux bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne réalisés en France métropolitaine et situés en climat de plaine, à une altitude inférieure ou égale à 900 m ; les climats tropicaux et équatoriaux ne sont pas visés.

Il vise également les habillages en ardoises de parties verticales de couverture (essentage) mais ne vise pas la réalisation des ossatures de bardage, et il ne traite pas du raccordement des fenêtres de toit.

Références : Article 1, Annexe A (informative)

Quatre systèmes de couverture et leurs limitations

Obligatoire

Le document traite quatre systèmes : couverture à pureau entier, à pureau développé, en modèles carrés posés en diagonale (dits losangés) et à claire-voie ordinaire.

Le choix dépend du lieu de la construction (zone, situation), de la pente ou des pentes du comble, des formes de la couverture et de la longueur des versants ; lorsque les documents particuliers du marché ne précisent pas la zone climatique et la situation, on se réfère à l'annexe B normative.

La couverture à pureau développé ne peut être réalisée que pour des pentes égales ou supérieures à 50 %, avec des modèles rectangulaires posés exclusivement au crochet et sans tranchis biais apparents, chaque rang étant constitué par l'épaisseur de deux ardoises.

La pose en modèles carrés en diagonale exige une pente minimale de 57 % en zone climatique 1, 73 % en zone 2 et 100 % en zone 3, des versants de projection horizontale inférieure ou égale à 8 m et des ardoises carrées à quatre pans coupés de 5 cm ; son emploi en zone climatique 3 situation exposée n'est pas visé.

La pose à claire-voie ordinaire n'est admise qu'en situation protégée ou normale, avec une longueur de versant limitée à 5,50 m en projection horizontale, des ardoises rectangulaires d'au moins 320 × 220 mm non épaulées ni arrondies, un recouvrement latéral d'au moins 70 mm et une fixation par 2 crochets.

Références : Article 4.1, Article 5.2.1, Article 5.3.1, Article 5.4.1, Annexe B (normative)

Recouvrement minimal en fonction de la pente, de la zone et de la situation

Obligatoire

Les prescriptions de recouvrement sont données au tableau 6 pour la pose aux clous et au tableau 7 pour la pose au crochet. La valeur minimale du recouvrement est fonction de la pente, de la zone et de la situation au sens de l'annexe B, de la projection horizontale du rampant et du mode de fixation.

Ces valeurs sont valables pour des projections horizontales de versant inférieures ou égales à 16,50 m. Le recouvrement doit être majoré de 10 mm en zone III situation exposée par rapport au recouvrement correspondant en situation normale. Pour la couverture à pureau développé, la valeur minimale du recouvrement est celle indiquée pour la couverture à pureau entier avec pose au crochet, avec les mêmes limitations.

En essentage, le recouvrement minimal est de 60 mm pour la pose à pureau entier ou développé et de 70 mm pour la pose à claire-voie.

Références : Article 5.1.1.2, Article 5.2.1.2, Article 6.2.2.1, Tableaux 6 et 7

Choix du format des ardoises

Obligatoire

Le choix du format dépend du recouvrement minimal : la longueur des ardoises doit être au moins égale à 3 fois la valeur du recouvrement minimal, et la largeur des ardoises au moins égale à 2 fois la valeur du recouvrement minimal, pour la pose à 2 clous comme pour la pose au crochet. En pose à pureau développé, les modèles doivent être rectangulaires.

En pose à claire-voie ordinaire, les modèles doivent être rectangulaires et avoir des dimensions au moins égales à 320 × 220 mm, sans être épaulés ni arrondis.

En pose en modèles carrés posés en diagonale, les ardoises sont de modèle carré avec des angles coupés (pans) de 5 cm pour faciliter la pose et le recouvrement latéral, et posées de façon que la diagonale de symétrie soit parallèle à la ligne de plus grande pente.

Références : Article 5.1.1.3, Article 5.2.1.3, Article 5.3.1.2, Article 5.4.1.4

Limitation de hauteur des bâtiments selon la zone de vent

Obligatoire

Les tableaux 4 (bâtiments fermés) et 5 (bâtiments ouverts) précisent les limites de hauteur pour lesquelles les dispositions de la pose à pureau entier sont applicables, en fonction du mode de fixation de l'ardoise et de la zone de vent par référence à la carte de l'annexe nationale de l'Eurocode 1 partie 1-4 (NF EN 1991-1-4/NA).

Les tableaux 10 et 11 remplissent la même fonction pour la pose en losange, les tableaux 13 et 14 pour la pose à claire-voie. Le choix du mode de fixation doit respecter ces tableaux. L'annexe D, normative, précise comment est comptée la hauteur H d'un bâtiment dans le cas de constructions situées sur un terrain présentant des dénivellations importantes.

En essentage, les limites d'emploi sont celles des tableaux 4, 5, 10, 11, 13 et 14.

Références : Article 5.1.1.1, Article 5.1.1.4, Article 5.3.1.1, Article 5.4.1.1, Article 6, Annexe D (normative)

Support en bois massif : planéité, sections et appuis

Obligatoire

Pour une couverture en ardoises, le défaut de planéité générale doit être inférieur ou égal à 1/100e de l'entraxe entre deux chevrons, mesuré sur trois chevrons successifs, sans excéder 5 mm d'un chevron par rapport aux deux chevrons adjacents. La hauteur du chevron doit permettre l'ancrage des pointes ou vis de fixation des supports de couverture et est au minimum de 6 cm.

Selon le mode de fixation de l'ardoise, le support est constitué d'un voligeage (pose aux clous ou aux crochets à pointe) ou d'un liteaunage (tous types de pose).

Le support est dit jointif lorsque, à la pose, l'écartement moyen des voliges est compris entre 5 et 10 mm ; au-delà de 20 mm d'écartement, l'emplacement des voliges est tracé au préalable sur les chevrons, et au-delà de 40 mm un tracé précis s'impose pour que l'ardoise porte bien en tête.

Les liteaux sont posés parallèlement à la ligne de niveau, leurs bords supérieurs régulièrement distants de la valeur d'un pureau.

Les sections de liteaux et voliges sont spécifiées par les tableaux 1 et 2 en fonction de l'écartement maximal entre appuis, de l'entraxe de pose, de la charge de neige normale et de la charge de vent normal ; ces tableaux sont applicables aux résineux (sapin, épicéa), peuvent être appliqués au chêne et au châtaignier, mais ne doivent pas être utilisés pour le peuplier.

Références : Article 4.2.1, Article 4.2.1.1, Article 4.2.1.2, Article 4.2.1.3, Tableaux 1 et 2

Fixation des supports en bois et saillies de toit

Obligatoire

Les supports en bois doivent reposer sur 3 appuis au moins. L'élément de plus de 0,05 m de largeur est fixé à l'aide de 2 pointes par chevron ; l'élément d'une largeur au plus égale à 0,05 m peut n'être fixé que par une pointe.

Les liteaux et voliges doivent reposer sur une largeur minimale sur appuis de 35 mm en partie courante, distance divisée par 2 pour les jonctions de liteaux lorsqu'elles sont décalées en quinconce ; pour les abouts de liteaux ou voliges sur rive, la largeur de repos minimale est de 30 mm.

Lorsque la largeur de l'élément de charpente ne répond pas à ces spécifications, l'entrepreneur en avertit le maître de l'ouvrage ou son représentant pour qu'il prenne les dispositions nécessaires, par exemple en faisant rajouter des fourrures bois.

Lorsqu'elles ne sont pas habillées en sous-face par des lambris, les saillies d'égout et de rives doivent être renforcées par un voligeage ou par des liteaunages intermédiaires, afin de limiter le risque d'arrachement des ardoises sous l'effet du vent.

Références : Article 4.2.1.4, Article 4.2.2

Fixation des ardoises : clous ou crochets

Obligatoire

Pour les ardoises posées aux clous, les trous de clou sont percés à une distance qui ne doit pas être inférieure à 30 mm des bords de l'ardoise ; un clou ne doit jamais percer deux ardoises, sauf celles constituant une rive de tête débordante.

Pour les ardoises posées au crochet, la longueur du crochet doit être égale au recouvrement augmenté de 3 mm et arrondie au centimètre supérieur, pour la pose à pureau entier et à claire-voie ordinaire ; pour les ardoises de modèle carré posées en diagonale, la longueur du crochet dépend de la géométrie de l'ardoise et est définie par le producteur.

En partie courante à pureau entier, les ardoises sont posées soit au crochet, soit avec 2 clous. En zone 2 site exposé, en zone 3 et en zone 4 de vent au sens de la carte de l'annexe nationale de l'Eurocode 1 partie 1-4, pour les formats supérieurs à 40 × 22 cm, le diamètre minimal du fil des crochets est de 3,0 mm.

Il est recommandé d'éviter les contacts cuivre–acier galvanisé, cuivre–zinc et cuivre–acier inoxydable ferritique, ainsi que les contacts abrasifs du métal des crochets avec les matériaux plastiques du type PVC.

Exceptions :

  • • Essentage (habillage de parties verticales): Les ardoises sont posées soit avec un ou deux crochets, soit avec deux clous, soit avec deux clous et un crochet ; la pose avec deux clous n'est pas admise pour les formats supérieurs à 40 × 22. L'usage de pointes lisses n'est pas visé pour ces ouvrages (articles 6.1 et 6.2.2.2).
Références : Article 4.3.1, Article 4.3.2, Article 5.1.1.4

Ventilation en sous-face de la couverture

Obligatoire

La ventilation de la sous-face des ardoises et de leur support doit être assurée dans tous les cas. La section des orifices de ventilation, donnée par le tableau 3, est fonction de la surface de transfert constituée par la paroi et de la présence ou non d'un écran.

La lame d'air de ventilation sous les supports des ardoises et au-dessus de l'écran ou de l'isolant est de 2 cm minimum ; certains isolants pouvant foisonner, il y a lieu d'en tenir compte dans le dimensionnement. La section totale doit être répartie pour moitié en partie basse du ou des versants et pour l'autre moitié en partie haute, au voisinage du faîtage.

En cas de pose avec écran interrompu en faîtage, la section des orifices en faîtage correspond à la somme des sections de ventilation sous les éléments de couverture et sous l'écran. La ventilation peut être assurée par des chatières réparties régulièrement, par un dispositif de ventilation continu (grilles, liteau de ventilation ou fentes à l'égout, ouvertures des closoirs de faîtage) ou par des ouvertures en pignons.

Dans le cas d'utilisation de grilles, la plus petite dimension des orifices est au minimum de 1 cm ; si elle dépasse 2 cm, un grillage à mailles fines doit être disposé pour s'opposer à l'intrusion des petits animaux.

Exceptions :

  • • Ventilation par ouvertures en pignons: Possible seulement si la distance entre les murs pignons est inférieure ou égale à 12 m et qu'aucun écran ne recoupe l'espace entre les deux murs ; en combles isolés, elle nécessite la création au faîtage d'un espace libre sous les chevrons de 50 cm minimum (article 4.5.3).
Références : Article 4.5.1, Article 4.5.2, Article 4.5.3

Écran souple de sous-toiture

Les écrans souples sont destinés à limiter les risques de pénétration de neige poudreuse et de poussière ; les documents particuliers du marché précisent l'interposition éventuelle d'un écran de sous-toiture. 29 ; en complément, pour la pose de voliges, la largeur de contrelatte est égale à la largeur du chevron.

La couverture en modèles carrés posés en diagonale et la couverture à claire-voie ordinaire n'assurent pas l'étanchéité à la neige poudreuse et à la poussière : dans le cas où une telle protection est recherchée, il faut mettre en place un écran de sous-toiture.

Références : Article 4.4, Article 5.3.1.1, Article 5.4.1.1

Exécution des égouts

Obligatoire

Le départ de la couverture à pureau entier s'effectue par un doublis posé sur voligeage ; à l'extrémité, le support de l'égout doit être surélevé de l'épaisseur d'une ardoise au moyen d'une chanlatte ou d'une fourrure en bois. La longueur du doublis est égale à la somme d'un pureau et d'un recouvrement, et le débordement de l'égout sur le support est au minimum de 50 mm.

En égout avec bande métallique, deux cas sont possibles : le doublis vient en débordement sur la bande métallique à larmier sur une longueur au moins égale à un recouvrement, ou il vient en saillie de 50 mm minimum sur le support ; le support est constitué par un voligeage jointif tant sous le doublis que sous la bande métallique, sa partie basse présentant une surépaisseur au moins égale à l'épaisseur de l'ardoise.

En pureau développé, la partie basse du support présente une surépaisseur au moins égale à celle de deux ardoises et toutes les ardoises de départ sont entières et débordent de 50 mm. En pose losangée, les ardoises de départ sont coupées selon la diagonale horizontale et placées en débordement de 0,05 m sur le support, et les ardoises d'égout sont toujours fixées à deux clous en plus du crochet.

Références : Article 5.1.2.1, Article 5.1.2.2, Article 5.2.2.1, Article 5.3.2.1

Dispositions générales relatives aux bandes métalliques

Obligatoire

Les bandes métalliques en zinc, en cuivre et en acier inoxydable à recouvrement sur l'ardoise comportent une pince en dessous et un biseau ; les bandes métalliques recouvertes par l'ardoise comportent une pince au-dessus. Les bandes métalliques sont posées par longueurs de 2 m maximum, longueur réduite à 1 m pour les bandes en plomb et pour les bandes d'un développé supérieur à 0,40 m.

La valeur de recouvrement entre ardoises et bandes métalliques doit être identique à celle du recouvrement des rangs d'ardoises. Le recouvrement latéral entre bandes métalliques consécutives est de 10 cm minimum.

Dans les rives de tête et faîtages métalliques, la bande d'astragale recouvre le dernier rang d'ardoises de la valeur d'un recouvrement et comporte, lorsqu'elle est distincte de la bande de rive, un relevé de 35 mm minimum fixé sur une planche de rive ou un tasseau. L'utilisation d'une bande de rive à cheval est limitée aux ouvrages de petite dimension (2 m maximum) et aux sites protégés.

Références : Article 5.1.1.5, Article 5.1.3.1.2, Article 5.1.3.1.2.2, Article 5.1.3.1.2.3

Rives et arêtiers : limites d'emploi selon l'angle et la zone

Obligatoire

La façon de traiter les rives dépend de l'angle α que fait la ligne de rive avec la ligne de niveau du versant : rive de tête pour 0° ≤ α ≤ 10°, rive biaise que l'eau fuit pour 10° < α ≤ 35°. Le dernier rang d'ardoises est toujours fixé par clouage à raison de 2 clous par ardoise au moins.

La rive de tête en ardoises et la rive biaise en ardoises que l'eau fuit ne peuvent être exécutées qu'en zone 1 situation protégée ; en rive biaise en ardoises, le rang de doublage déborde du mur ou du chevron de rive de 50 mm.

L'arêtier en ardoises biaises ne peut être exécuté que lorsque l'angle formé par la ligne d'arêtier avec la ligne de niveau, pour l'un quelconque des versants, est supérieur à 35° ; lorsque cette inclinaison est inférieure à 35°, l'arêtier comporte un rang de doublage. L'arêtier en ardoises biaises avec noquets métalliques ne peut être exécuté que pour des arêtiers de versants à pente sensiblement égale et à rangs consécutifs.

En pureau développé, les ardoises de bardelis recouvrent les ardoises du versant d'au moins 70 mm et se recouvrent entre elles d'au moins 70 mm, en se croisant alternativement d'un rang sur l'autre.

Références : Article 5.1.3, Article 5.1.3.1.1, Article 5.1.3.2.1, Article 5.1.5.1.1, Article 5.1.5.1.3, Article 5.2.5.1

Noues et renvers : géométrie et limites d'emploi

Obligatoire

Les supports sur chaque versant doivent être en voligeage jointif. Pour une noue en ardoises, une fourrure de 25 mm d'épaisseur et d'environ 100 mm de largeur est clouée dans l'axe, à cheval sur les deux versants.

Les fendis ont la même épaisseur que le modèle des ardoises de la couverture, une largeur de 60 à 80 mm et une hauteur de 3 pureaux et demi minimum ; ils sont posés à un clou de tête et les rangs sont constitués d'au moins 2 et 3 fendis alternativement.

Le pied de noue est exécuté à 3 rangs (sous-doublis, doublis, premier rang de fendis), les fendis de pied de noue étant fixés à 2 clous.

La noue à un tranchis est requise lorsque la différence entre les angles de pente des versants est supérieure à 15° ; la noue à 2 tranchis n'est admise que si cette différence est inférieure ou égale à 15° et, lorsque la pente propre de la noue est inférieure ou égale à 15°, que si sa longueur est inférieure à 8 m ; la noue ronde exige des versants d'au moins 60° de pente avec une différence de pentes inférieure à 15° ; la noue fermée à noquets n'est admise que pour des versants de pentes sensiblement égales et supérieures à 40 %, avec des noquets ajoutés tous les rangs d'ordre impair et fixés par 2 clous.

Les noues encaissées sont obligatoires pour une pente de noue inférieure à 15 %. Les ardoises de tranchis dépassent le bord de la noue de 60 mm perpendiculairement à l'axe, débordement réductible à 50 mm en noue encaissée avec un intervalle d'au moins 70 mm entre ardoises d'extrémité.

Le renvers est une noue dont l'un des versants est vertical : fendis d'une longueur égale à 3,5 fois le pureau du versant et d'une largeur de 60 mm, à un clou de tête, renvers à un tranchis si le versant est incliné à moins de 215 % (65°) et rond au-delà.

Références : Article 5.1.6.1, Article 5.1.6.1.1, Article 5.1.6.1.2, Article 5.1.6.1.3, Article 5.1.6.2, Article 5.1.6.3, Article 5.1.7

Habillage des parties verticales (essentage)

Obligatoire

Les habillages en ardoises assurent la protection de l'ossature porteuse : côtés de lucarne, mur acrotère, mur pignon. 2.

Une lame d'air ventilée d'épaisseur 2 cm minimum est ménagée entre les liteaux supports des ardoises et le mur support ou la face extérieure de l'isolant en cas d'isolation par l'extérieur ; sa ventilation est réalisée par 2 ouvertures, en rive basse et en rive haute, la rive haute étant protégée par un ouvrage saillant formant goutte d'eau.

Sur parois de constructions à ossature bois, les tasseaux ont une épaisseur minimale de 27 mm, sont fixés sur les montants au travers du pare-pluie éventuel par des pointes ou vis espacées de 30 cm au plus, pénétrant d'au moins 30 mm dans les bois d'ossature et disposées à 30 mm minimum de l'extrémité des tasseaux.

Un fractionnement entre tasseaux successifs est nécessaire lorsque l'ouvrage dépasse 12 mètres, avec une ouverture d'au moins 10 mm. Aucune ardoise ne doit être posée en recouvrement d'un joint de fractionnement de l'ossature : une bavette métallique couronnant la partie inférieure en formant larmier, ou en recouvrement d'au moins 6 cm sur le revêtement inférieur, est alors mise en place.

Les angles sortants et entrants sont traités à l'aide d'un profil d'angle ou de noquets métalliques disposés tous les deux rangs d'ardoises.

Références : Article 6.1, Article 6.2.1, Article 6.2.3.1, Article 6.2.3.2, Article 6.2.3.4

Distance de sécurité au droit des conduits de fumée

Obligatoire

Au droit des conduits de fumée, une distance de sécurité minimale entre la paroi extérieure du conduit et tous les matériaux combustibles doit être respectée selon les prescriptions du NF DTU 24.1 P1-1-1. Le voligeage est alors remplacé par un glacis d'affleurement en plâtre ou en mortier de liant hydraulique.

Références : Article 4.2.1.5, NF DTU 24.1 P1-1-1

Tolérances d'exécution

Paramètre Tolérance Conditions
Défaut de planéité générale du support ≤ 1/100e de l'entraxe entre deux chevrons Mesuré sur trois chevrons successifs, sans excéder 5 mm d'un chevron par rapport aux deux chevrons adjacents (article 4.2.1)
Écartement des voliges, support jointif 5 à 10 mm en écartement moyen à la pose Au-delà de 20 mm, tracé préalable sur chevrons ; au-delà de 40 mm, tracé précis obligatoire (article 4.2.1.1)
Largeur minimale d'appui des liteaux et voliges 35 mm en partie courante Divisée par 2 pour les jonctions décalées en quinconce ; 30 mm pour les abouts sur rive (article 4.2.1.4)
Majoration de recouvrement en zone III situation exposée + 10 mm Par rapport au recouvrement correspondant en situation normale (articles 5.1.1.2 et 5.2.1.2)
Projection horizontale maximale du versant ≤ 16,50 m à pureau entier et développé ≤ 8 m en pose losangée, ≤ 5,50 m en claire-voie ordinaire (articles 5.1.1.2, 5.3.1.1, 5.4.1.1)
Distance des trous de clou aux bords de l'ardoise ≥ 30 mm Un clou ne doit jamais percer deux ardoises, sauf rive de tête débordante (article 4.3.1)
Longueur du crochet Recouvrement + 3 mm, arrondi au centimètre supérieur Pose à pureau entier et à claire-voie ordinaire ; défini par le producteur pour les modèles carrés en diagonale (article 4.3.2)

Dimensions réglementaires

Longueur minimale de l'ardoise

Dimension : ≥ 3 × le recouvrement minimal

Largeur ≥ 2 × le recouvrement minimal, pose à 2 clous ou au crochet (article 5.1.1.3)

Format minimal en pose à claire-voie ordinaire

Dimension : 320 × 220 mm
Minimum : 320 × 220 mm, ardoises rectangulaires non épaulées ni arrondies

Recouvrement latéral d'au moins 70 mm (articles 5.4.1.3.2 et 5.4.1.4)

Hauteur minimale du chevron

Dimension : 6 cm
Minimum : 6 cm

Doit permettre l'ancrage des pointes ou vis de fixation des supports (article 4.2.1)

Lame d'air de ventilation en sous-face

Dimension : ≥ 2 cm
Minimum : 2 cm

Sous les supports des ardoises et au-dessus de l'écran ou de l'isolant ; tenir compte du foisonnement des isolants (article 4.5.2)

Débordement du doublis à l'égout

Dimension : ≥ 50 mm sur le support
Minimum : 50 mm

Longueur du doublis = un pureau + un recouvrement ; support surélevé de l'épaisseur d'une ardoise (article 5.1.2.1)

Longueur des bandes métalliques

Dimension : 2 m maximum
Maximum : 1 m pour les bandes en plomb et les développés > 0,40 m

Recouvrement latéral entre bandes consécutives ≥ 10 cm (article 5.1.1.5)

Fourrure de noue en ardoises

Dimension : 25 mm d'épaisseur, environ 100 mm de largeur

Clouée dans l'axe de la noue, à cheval sur les deux versants (article 5.1.6.1)

Fendis de noue

Dimension : Largeur 60 à 80 mm, hauteur ≥ 3 pureaux et demi

Même épaisseur que le modèle de la couverture, posés à un clou de tête, rangs de 2 et 3 fendis alternativement (article 5.1.6.1)

Fendis de renvers

Dimension : Longueur = 3,5 × le pureau du versant, largeur 60 mm

Pureau des fendis égal à celui du versant, pose à un clou de tête (article 5.1.7)

Débordement des ardoises de tranchis sur noue métallique

Dimension : 60 mm perpendiculairement à l'axe
Minimum : 50 mm en noue encaissée, avec intervalle ≥ 70 mm entre ardoises d'extrémité

Noues encaissées obligatoires pour une pente de noue < 15 % (article 5.1.6.3)

Recouvrement en essentage

Dimension : 60 mm en pureau entier ou développé, 70 mm en claire-voie
Minimum : 60 mm

Lame d'air ventilée de 2 cm minimum derrière les liteaux (articles 6.1 et 6.2.2.1)

Tasseaux d'ossature verticale en essentage

Dimension : Épaisseur minimale 27 mm
Minimum : Fixations espacées de 30 cm au plus, pénétration ≥ 30 mm, distance ≥ 30 mm de l'extrémité

Fractionnement d'au moins 10 mm au-delà de 12 m d'ouvrage (article 6.2.1)

Diamètre minimal du fil des crochets

Dimension : 3,0 mm

En zone 2 site exposé, zones 3 et 4 de vent, pour les formats supérieurs à 40 × 22 cm (article 5.1.1.4)

Ouvertures de grilles de ventilation

Dimension : Plus petite dimension ≥ 1 cm
Maximum : 2 cm au-delà desquels un grillage à mailles fines est requis

Protection contre l'intrusion des petits animaux (article 4.5.3)

Ventilation par ouvertures en pignons

Dimension : Distance entre murs pignons ≤ 12 m
Minimum : Espace libre de 50 cm sous chevrons au faîtage en combles isolés

Aucun écran ne doit recouper l'espace entre les deux murs (article 4.5.3)

Comprendre NF DTU 40.11

Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.

Pour NF DTU 40.11, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.

Qui est concerné ?

Le domaine d'application de NF DTU 40.11 couvre : Ouvrages de couverture en ardoises naturelles sur support en bois massif (voligeage ou liteaunage) (poses à pureau entier, à pureau développé, en modèles carrés posés en diagonale (losangés) et à claire-voie ordinaire) et habillages en ardoises de parties verticales (essentages : côtés de lucarne, mur acrotère, mur pignon), pour tous types de bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne réalisés en France métropolitaine en climat de plaine (altitude ≤ 900 m), dont la structure porteuse respecte les NF DTU 31.1, 31.2, 31.3 (bois) ou 32.1 (acier), hors climats tropicaux et équatoriaux, hors ossatures de bardage et hors raccordement des fenêtres de toit. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.

Progineer et la conformité document technique unifié

Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.

Tout savoir sur NF DTU 40.11

Le NF DTU 40.11 est la norme française des couvertures en ardoises naturelles. Sa partie 1-1, cahier des clauses techniques types d'indice de classement P 32-201-1-1, a été homologuée par décision du Directeur Général d'AFNOR en novembre 2020 et publiée en décembre 2020 ; avec la partie 1-2 (critères généraux de choix des matériaux), elle remplace la norme homologuée NF P 32-201-1 de mai 1993, dont elle constitue une révision. Elle est complétée par la partie 2, cahier des clauses administratives spéciales types.

Son domaine d'application est conditionné à la structure porteuse. Le texte vise tous les types de bâtiments quelle que soit leur destination, pour lesquels la structure a été conçue et mise en œuvre dans le respect de la NF EN 1995-1-1/NA avec les valeurs limites de flèche des éléments structuraux pour bâtiment courant, et des NF DTU 31.1, 31.2 et 31.3 pour les charpentes bois ; ou de la NF EN 1993-1-1/NA avec les valeurs limites de flèche verticale des toitures et du NF DTU 32.1 pour les charpentes acier. Le document est applicable aux bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne réalisés en France métropolitaine et situés en climat de plaine, c'est-à-dire à une altitude inférieure ou égale à 900 m : les climats tropicaux et équatoriaux ne sont pas visés.

Deux exclusions méritent d'être signalées en phase de conception : le NF DTU 40.11 vise les habillages en ardoises de parties verticales de couverture (côtés de lucarne, mur acrotère, mur pignon) également appelés essentage, mais il ne vise pas la réalisation des ossatures de bardage ; et il ne traite pas du raccordement des fenêtres de toit, qui relève des avis techniques des fabricants. Le choix du système de couverture, lui, dépend de quatre paramètres explicités à l'article 4.1 : le lieu de la construction (zone et situation), la pente ou les pentes du comble, les formes de la couverture et la longueur des versants.

Comprendre en détail NF DTU 40.11

Le recouvrement commande la pente, et le format découle du recouvrement

C'est la logique la plus souvent inversée sur chantier. Le NF DTU 40.11 ne fixe pas une pente minimale par format d'ardoise : il fixe, aux tableaux 6 (pose à deux clous) et 7 (pose au crochet), un recouvrement minimal en millimètres, fonction de la pente, de la zone et de la situation au sens de l'annexe B normative, de la projection horizontale du rampant et du mode de fixation. Ces valeurs sont valables pour des projections horizontales de versant inférieures ou égales à 16,50 m, et le recouvrement doit être majoré de 10 mm en zone III situation exposée par rapport au recouvrement correspondant en situation normale.

Le format se déduit ensuite de ce recouvrement, par la règle de l'article 5.1.1.3 : la longueur des ardoises doit être au moins égale à 3 fois la valeur du recouvrement minimal, et la largeur des ardoises au moins égale à 2 fois cette même valeur, pour la pose à deux clous comme pour la pose au crochet. Un projet qui impose un format d'ardoise avant d'avoir déterminé le recouvrement exigé par sa zone, sa situation et sa pente prend le problème à l'envers, et se retrouve fréquemment hors domaine d'emploi.

Les autres systèmes ont leurs propres seuils de pente, eux clairement chiffrés. La couverture à pureau développé ne peut être réalisée que pour des pentes égales ou supérieures à 50 % (article 5.2.1.1) et son recouvrement minimal est celui de la pose au crochet à pureau entier. La pose en modèles carrés en diagonale exige une pente minimale de 57 % en zone climatique 1, 73 % en zone 2 et 100 % en zone 3, avec des ardoises carrées à quatre pans coupés de 5 cm et des versants dont la projection horizontale n'excède pas 8 m (article 5.3.1). La pose à claire-voie ordinaire n'est admise qu'en situation protégée ou normale, avec une longueur de versant limitée à 5,50 m en projection horizontale, des ardoises rectangulaires d'au moins 320 × 220 mm, non épaulées ni arrondies, et un recouvrement latéral d'au moins 70 mm (article 5.4.1).

Zones, situations et limitation de hauteur : trois entrées, pas une

L'annexe B du NF DTU 40.11 est normative et définit les zones dites de concomitance vent-pluie (zones 1, 2 et 3) ainsi que les situations : protégée, normale, exposée. Lorsque les documents particuliers du marché ne précisent pas la zone climatique et la situation de l'ouvrage, on se réfère à cette annexe. Ces deux paramètres commandent directement le recouvrement minimal, et donc le format.

Une seconde entrée, indépendante, limite la hauteur du bâtiment. Les tableaux 4 et 5 précisent, pour la pose à pureau entier, les limites de hauteur pour lesquelles les dispositions sont applicables, en fonction du mode de fixation de l'ardoise et de la zone de vent au sens de la carte de l'annexe nationale de l'Eurocode 1 partie 1-4 (NF EN 1991-1-4/NA), bâtiments fermés au tableau 4, bâtiments ouverts au tableau 5. Les tableaux 10 et 11 font de même pour la pose en losange, les tableaux 13 et 14 pour la pose à claire-voie. L'annexe D, normative, précise comment est comptée la hauteur H d'un bâtiment dans le cas de constructions situées sur un terrain présentant des dénivellations importantes.

Il faut donc distinguer deux cartographies différentes qui portent le même mot « zone » : la zone de concomitance vent-pluie de l'annexe B, qui commande le recouvrement, et la zone de vent de l'Eurocode 1, qui commande la hauteur admissible et le diamètre des crochets. Les confondre conduit à des recouvrements sous-dimensionnés ou à des fixations sous-calibrées. En zone 2 site exposé, en zone 3 et en zone 4 de vent au sens de l'Eurocode, pour les formats supérieurs à 40 × 22 cm, le diamètre minimal du fil des crochets est de 3,0 mm (article 5.1.1.4).

Support en bois massif : planéité, sections et appuis

L'article 4.2.1 fixe une exigence de planéité peu connue mais opposable : pour une couverture en ardoises, le défaut de planéité générale doit être inférieur ou égal à 1/100e de l'entraxe entre deux chevrons, mesuré sur trois chevrons successifs, et sans excéder 5 mm d'un chevron par rapport aux deux chevrons adjacents. La hauteur du chevron doit par ailleurs permettre l'ancrage des pointes ou vis de fixation des supports de couverture : elle est au minimum de 6 cm.

Selon le mode de fixation de l'ardoise, le support est constitué soit d'un voligeage (pose aux clous ou aux crochets à pointe) soit d'un liteaunage, qui accepte tous les types de pose. Sur combles à surface plane, les voliges sont posées jointives ou non jointives, parallèlement à la ligne de niveau ; le support est dit jointif lorsque l'écartement moyen des voliges est compris entre 5 et 10 mm à la pose. Lorsque l'écartement dépasse 20 mm, l'emplacement des voliges est tracé au préalable sur les chevrons pour obtenir un espacement régulier ; au-delà de 40 mm, un tracé précis s'impose pour que l'ardoise porte bien en tête, ce tracé correspondant au pureau. Les liteaux, eux, sont posés parallèlement à la ligne de niveau, leurs bords supérieurs régulièrement distants de la valeur d'un pureau.

Les sections ne sont pas forfaitaires : les tableaux 1 (liteaux) et 2 (voliges) les spécifient en fonction de l'écartement maximal entre appuis, de l'entraxe de pose, de la charge de neige normale et de la charge de vent normal. Ces tableaux sont applicables aux liteaux et voliges en résineux (sapin, épicéa) et peuvent être appliqués au chêne ou au châtaignier, mais ils ne doivent pas être utilisés pour le peuplier. Les règles d'appui, elles, sont chiffrées : les supports en bois doivent reposer sur 3 appuis au moins ; l'élément de plus de 0,05 m de largeur est fixé à l'aide de 2 pointes par chevron, l'élément d'une largeur au plus égale à 0,05 m pouvant n'être fixé que par une pointe ; les liteaux et voliges doivent reposer sur une largeur minimale d'appui de 35 mm en partie courante, distance divisée par 2 pour les jonctions décalées en quinconce, et de 30 mm pour les abouts de liteaux ou voliges sur rive.

Fixation : clous ou crochets, et la longueur de crochet se calcule

L'article 4.3 ne connaît que deux modes de fixation. Pour les ardoises posées aux clous, les trous de clou sont percés à une distance qui ne doit pas être inférieure à 30 mm des bords de l'ardoise, et un clou ne doit jamais percer deux ardoises, sauf celles constituant une rive de tête débordante. Pour les ardoises posées au crochet, la longueur du crochet doit être égale au recouvrement augmenté de 3 mm et arrondie au centimètre supérieur, pour la pose à pureau entier et à claire-voie ordinaire ; pour les ardoises de modèle carré posées en diagonale, la longueur du crochet adapté dépend de la géométrie de l'ardoise et est définie par le producteur.

Une note du texte formule une règle de compatibilité galvanique qu'il est prudent de reprendre au CCTP : il est recommandé d'éviter les contacts cuivre–acier galvanisé, cuivre–zinc et cuivre–acier inoxydable ferritique, ainsi que les contacts abrasifs du métal des crochets avec les matériaux plastiques du type PVC.

En partie courante à pureau entier, les ardoises sont posées soit au crochet, soit avec deux clous, le choix devant respecter les tableaux 4 et 5 de limitation de hauteur. En pureau développé, la pose en partie courante se fait exclusivement au crochet et sans tranchis biais apparents, chaque rang étant constitué par l'épaisseur de deux ardoises. En claire-voie, les ardoises sont fixées par 2 crochets placés le long des chefs de côtés des ardoises du rang inférieur. En essentage, les ardoises sont posées soit avec un ou deux crochets, soit avec deux clous, soit avec deux clous et un crochet, la pose avec deux clous n'étant pas admise pour les formats supérieurs à 40 × 22.

Ventilation en sous-face : une obligation dans tous les cas

L'article 4.5.1 est catégorique : la ventilation de la sous-face des ardoises et de leur support doit être assurée dans tous les cas. La section des orifices de ventilation est fonction de la surface de transfert constituée par la paroi et de la présence ou non d'un écran, les valeurs étant données par le tableau 3. La lame d'air de ventilation sous les supports des ardoises et au-dessus de l'écran ou de l'isolant est de 2 cm minimum, une note rappelant que certains isolants peuvent foisonner et qu'il y a lieu d'en tenir compte dans le dimensionnement de cette lame d'air.

La répartition est imposée : la section totale des orifices doit être répartie pour moitié en partie basse du ou des versants et pour l'autre moitié en partie haute, au voisinage du faîtage. Dans le cas d'une pose avec écran interrompu en faîtage, la section des orifices en faîtage correspond à la somme des sections de ventilation sous les éléments de couverture et sous l'écran.

Trois moyens sont admis : chatières réparties régulièrement sur l'ensemble de la couverture ; dispositif de ventilation continu (grilles, liteau de ventilation ou fentes à l'égout, ouvertures résultant de la forme géométrique des closoirs de faîtage) ; ou ouvertures en pignons. Ce dernier cas n'est possible que si la distance entre les murs pignons est inférieure ou égale à 12 m, et à condition qu'aucun écran ne recoupe l'espace entre les deux murs ; dans le cas de combles isolés, la ventilation par ouvertures en pignon nécessite la création au faîtage d'un espace libre sous les chevrons de 50 cm minimum. En cas d'utilisation de grilles, la plus petite dimension des orifices est au minimum de 1 cm ; si cette dimension dépasse 2 cm, un grillage à mailles fines doit être disposé pour s'opposer à l'intrusion des petits animaux.

Écran de sous-toiture : ce que le DTU dit vraiment

Le NF DTU 40.11 ne rend pas l'écran souple obligatoire en partie courante à pureau entier. Une note de l'article 4.4 en énonce la fonction : les écrans souples sont destinés à limiter les risques de pénétration de neige poudreuse et de poussière, et ce sont les documents particuliers du marché qui précisent l'interposition éventuelle d'un écran de sous-toiture. La conséquence pratique est claire : si le maître d'œuvre veut un écran, il doit l'écrire au CCTP.

Deux systèmes le rendent en revanche nécessaire dès qu'une protection contre la neige poudreuse est recherchée, parce qu'ils ne l'assurent pas par eux-mêmes : la pose en modèles carrés posés en diagonale (article 5.3.1.1) et la pose à claire-voie ordinaire (article 5.4.1.1). Le texte l'indique explicitement pour chacun de ces deux systèmes.

Lorsqu'un écran est mis en œuvre, les liteaux ou les voliges reposent sur des contrelattes et les dispositions applicables sont celles du NF DTU 40.29 ; en complément, pour la pose de voliges, la largeur de contrelatte est égale à la largeur du chevron. Enfin, une exclusion d'emploi doit être retenue en amont : la pose en losange n'est pas visée en zone climatique 3 situation exposée.

Égouts, rives et faîtages : les valeurs opposables

Le départ de la couverture à pureau entier s'effectue par un doublis posé sur voligeage ; à l'extrémité, le support de l'égout doit être surélevé de l'épaisseur d'une ardoise au moyen d'une chanlatte ou d'une fourrure en bois. La longueur du doublis est égale à la somme d'un pureau et d'un recouvrement, et le débordement de l'égout sur le support est au minimum de 50 mm (article 5.1.2.1). En égout avec bande métallique, deux cas sont admis : le doublis vient en débordement sur la bande métallique à larmier sur une longueur au moins égale à un recouvrement, ou il vient en saillie de 50 mm minimum sur le support ; le support est alors constitué par un voligeage jointif tant sous le doublis que sous la bande métallique. En pureau développé, la partie basse du support présente une surépaisseur au moins égale à celle de deux ardoises, toutes les ardoises de départ sont entières et débordent de 50 mm.

Les rives se traitent selon l'angle α que fait la ligne de rive avec la ligne de niveau du versant, et le dernier rang d'ardoises est toujours fixé par clouage à raison de 2 clous par ardoise au moins. Rive de tête pour 0° ≤ α ≤ 10°, rive biaise que l'eau fuit pour 10° < α ≤ 35°, au-delà les dispositions d'arêtier. Deux ouvrages sont limités en emploi : la rive de tête en ardoises et la rive biaise en ardoises que l'eau fuit ne peuvent être exécutées qu'en zone 1 situation protégée. En rive biaise en ardoises, le rang de doublage déborde du mur ou du chevron de rive de 50 mm. En pose losangée, les ardoises de rive latérale droite débordent le mur ou le chevron de rive de 50 mm maximum, et la rive métallique est constituée par un tasseau de 40 mm avec un recouvrement d'au moins 70 mm.

Les dispositions générales relatives aux bandes métalliques (article 5.1.1.5) valent pour tous les points singuliers : les bandes en zinc, cuivre et acier inoxydable à recouvrement sur l'ardoise comportent une pince en dessous et un biseau, les bandes recouvertes par l'ardoise comportent une pince au-dessus ; les bandes sont posées par longueurs de 2 m maximum, réduites à 1 m pour les bandes en plomb et pour les bandes d'un développé supérieur à 0,40 m ; la valeur de recouvrement entre ardoises et bandes métalliques doit être identique à celle du recouvrement des rangs d'ardoises ; et le recouvrement latéral entre bandes métalliques consécutives est de 10 cm minimum. Les rives et faîtages métalliques se déclinent à 1, 2, 3, 4 ou 5 bandes, la bande d'astragale recouvrant le dernier rang d'ardoises de la valeur d'un recouvrement, avec un relevé de 35 mm minimum en tête lorsqu'elle est distincte de la bande de rive.

Noues et renvers : la partie la plus technique du métier

La noue est la rencontre de deux versants différents qui ont à leur intersection la même ligne de rive recevant l'eau ; les supports sur chaque versant doivent être en voligeage jointif. Pour une noue en ardoises, une fourrure de 25 mm d'épaisseur et d'environ 100 mm de largeur est clouée dans l'axe, à cheval sur les deux versants. Les ardoises couvrant la noue, appelées fendis, ont la même épaisseur que le modèle des ardoises de la couverture ; elles ont une largeur de 60 à 80 mm et une hauteur de 3 pureaux et demi minimum, sont posées à un clou de tête, et les rangs sont constitués d'au moins 2 et 3 fendis alternativement. Le pied de noue est exécuté à 3 rangs (un sous-doublis, un doublis et le premier rang de fendis) les fendis de pied de noue étant fixés à 2 clous.

Le choix du type de noue dépend de l'inclinaison des versants (tableau 9). La noue à un tranchis, ou demi-ronde, est requise lorsque la différence entre les angles de pente des versants est supérieure à 15°. La noue à deux tranchis ne peut être exécutée que lorsque cette différence est inférieure ou égale à 15°, et à condition que la longueur de la noue soit inférieure à 8 m dans le cas où sa propre pente est inférieure ou égale à 15°. La noue ronde exige que chaque versant ait une pente d'au moins 60° et que la différence des pentes soit inférieure à 15°, avec au moins 3 et 4 fendis en rangs alternés. La noue fermée à noquets ne peut être exécutée que pour des versants de pentes sensiblement égales et supérieures à 40 %, des noquets métalliques étant ajoutés tous les rangs d'ordre impair et toujours placés entre deux ardoises, chaque noquet étant fixé par 2 clous, un sur chaque aile.

Pour une noue métallique, exécutée conformément aux prescriptions des NF DTU 40.41 et 40.44, le texte rappelle que les noues encaissées sont obligatoires pour une pente de noue inférieure à 15 %, et que selon le profil adopté on exécute une pince de 15 à 40 mm ou un relevé contre une fourrure en bois. Les ardoises de tranchis dépassent le bord de la noue de 60 mm, mesure prise perpendiculairement à l'axe de la noue ; dans le cas d'une noue encaissée, ce débordement peut être réduit à 50 mm tout en laissant, entre les ardoises d'extrémité de chaque versant, un intervalle d'au moins 70 mm. Le renvers, qui est une noue dont l'un des versants est vertical, suit sa propre géométrie : longueur des fendis égale à 3,5 fois le pureau du versant, largeur 60 mm, pureau des fendis égal à celui du versant, pose à un clou de tête ; le renvers est à un tranchis lorsque le versant est incliné à moins de 215 % (65°), et rond au-delà lorsque versant et paroi verticale ont des rangs consécutifs.

Essentage : habiller une paroi verticale en ardoises

L'article 6 traite les habillages de parties verticales, appelés essentages dans certaines régions, qui assurent la protection de l'ossature porteuse, côtés de lucarne, mur acrotère, mur pignon. Une note précise leur portée réglementaire : ces habillages verticaux permettent de réaliser des murs de type IV au sens des NF DTU 20.1 et 23.1, et de type XIV au sens du cahier du CSTB 1833 de mars 1983. Le paragraphe s'applique aux parois en maçonnerie conformes au NF DTU 20.1, en béton conformes au NF DTU 23.1 et de constructions à ossature bois conformes au NF DTU 31.2. Pour ces ouvrages, l'usage de pointes lisses n'est pas visé.

Les valeurs propres à l'essentage sont chiffrées. Une lame d'air ventilée d'épaisseur 2 cm minimum est ménagée entre les liteaux supports des ardoises et le mur support (ou la face extérieure de l'isolant en cas d'isolation par l'extérieur), sa ventilation étant réalisée par deux ouvertures, en rive basse et en rive haute, la rive haute étant protégée par un ouvrage saillant formant goutte d'eau. Le recouvrement minimal est de 60 mm pour la pose à pureau entier ou développé et de 70 mm pour la pose à claire-voie. Sur ossature bois, les tasseaux ont une épaisseur minimale de 27 mm, sont fixés sur les montants au travers du pare-pluie éventuel par des pointes ou vis espacées de 30 cm au plus, ces fixations devant pénétrer d'au moins 30 mm dans les bois d'ossature et être disposées à 30 mm minimum de l'extrémité des tasseaux.

Deux règles de fractionnement complètent l'ensemble. Un fractionnement entre tasseaux successifs est nécessaire lorsque l'ouvrage de protection de la paroi verticale dépasse 12 mètres, l'ouverture de ce fractionnement étant d'au moins 10 mm. Et lorsque les chevrons ou tasseaux de l'ossature verticale sont raboutés avec un joint de fractionnement au droit des discontinuités, aucune ardoise ne doit être posée en recouvrement de ce joint : une bavette métallique couronnant la partie inférieure en formant larmier, ou en recouvrement d'au moins 6 cm sur le revêtement inférieur, est alors mise en place. Les angles sortants et entrants se traitent à l'aide d'un profil d'angle ou de noquets métalliques disposés tous les deux rangs d'ardoises.

Erreurs fréquentes en conception et en exécution

Fixer une pente minimale « d'usage » sans passer par les tableaux. Le NF DTU 40.11 ne donne pas de pente minimale universelle pour la pose à pureau entier : il donne un recouvrement minimal fonction de la pente, de la zone, de la situation et du mode de fixation, valable pour des projections horizontales de versant inférieures ou égales à 16,50 m. Un CCTP qui écrit « pente minimale 40 % » sans référence à la zone et à la situation ne prescrit rien d'opposable.

Choisir le format avant le recouvrement. La longueur de l'ardoise doit être au moins égale à 3 fois le recouvrement minimal et sa largeur au moins égale à 2 fois ce recouvrement. Sur un site exposé en zone III, où le recouvrement est majoré de 10 mm, un format retenu trop tôt peut devenir non conforme.

Négliger la planéité du support et les largeurs d'appui. Le défaut de planéité générale doit rester inférieur ou égal à 1/100e de l'entraxe entre deux chevrons mesuré sur trois chevrons successifs, sans excéder 5 mm d'un chevron par rapport aux deux adjacents ; les liteaux et voliges doivent reposer sur 35 mm au minimum en partie courante et 30 mm en about de rive. Lorsque la largeur de l'élément de charpente ne répond pas à ces spécifications, le DTU impose à l'entrepreneur d'en avertir le maître de l'ouvrage pour qu'il fasse mettre la charpente en conformité, par exemple en rajoutant des fourrures bois.

Oublier de renforcer les saillies de toit. Lorsqu'elles ne sont pas habillées en sous-face par des lambris, les saillies d'égout et de rives doivent être renforcées par un voligeage ou par des liteaunages intermédiaires, mesure destinée à limiter le risque d'arrachement des ardoises sous l'effet du vent (article 4.2.2). Enfin, au droit des conduits de fumée, une distance de sécurité minimale entre la paroi extérieure du conduit et tous les matériaux combustibles doit être respectée selon le NF DTU 24.1 P1-1-1, le voligeage étant alors remplacé par un glacis d'affleurement en plâtre ou en mortier de liant hydraulique.

Glossaire NF DTU 40.11

Pureau
Partie visible d'une ardoise entre deux rangs ; les liteaux sont posés parallèlement à la ligne de niveau, leurs bords supérieurs régulièrement distants de la valeur d'un pureau (article 4.2.1.2).
Recouvrement
Longueur de superposition entre rangs, dont la valeur minimale est donnée par les tableaux 6 (pose à 2 clous) et 7 (pose au crochet) en fonction de la pente, de la zone, de la situation et de la projection horizontale du rampant ; majorée de 10 mm en zone III situation exposée.
Doublis
Rang de départ de la couverture posé sur voligeage à l'égout, dont la longueur est égale à la somme d'un pureau et d'un recouvrement, avec un débordement d'au minimum 50 mm sur le support (article 5.1.2.1).
Fendis
Ardoise couvrant une noue ou un renvers, de même épaisseur que le modèle de la couverture ; en noue, largeur de 60 à 80 mm et hauteur de 3 pureaux et demi minimum, posée à un clou de tête (article 5.1.6.1).
Bardelis
Rang d'ardoises rectangulaires posé sur un liteau en surépaisseur le long d'une arête, recouvrant les ardoises du versant ; en pureau développé, recouvrement d'au moins 70 mm sur les ardoises du versant et entre bardelis (articles 5.1.5.1.3 et 5.2.5.1).
Noquet
Garniture métallique pliée intercalée entre deux ardoises pour assurer l'étanchéité d'une noue fermée, d'un arêtier, d'un renvers ou d'un angle d'essentage ; en noue fermée, ajouté tous les rangs d'ordre impair et fixé par 2 clous, un sur chaque aile (article 5.1.6.2).
Renvers
Noue dont l'un des versants est vertical ; fendis d'une longueur égale à 3,5 fois le pureau du versant et d'une largeur de 60 mm, posés à un clou de tête. Renvers à un tranchis en dessous de 215 % (65°) d'inclinaison du versant, renvers rond au-delà (article 5.1.7).
Essentage
Habillage en ardoises d'une partie verticale (côté de lucarne, mur acrotère, mur pignon) assurant la protection de l'ossature porteuse ; permet de réaliser des murs de type IV au sens des NF DTU 20.1 et 23.1 (article 6.1).
Bande d'astragale
Bande métallique recouvrant le dernier rang d'ardoises de la valeur d'un recouvrement, côté couverture, dans les rives de tête et faîtages métalliques ; comporte en tête un relevé de 35 mm minimum lorsqu'elle est distincte de la bande de rive (article 5.1.3.1.2).
Support jointif
Voligeage dont l'écartement moyen des voliges à la pose est compris entre 5 et 10 mm (note de l'article 4.2.1.1) ; il est exigé sous les doublis, les rives de tête, les faîtages, les arêtiers, les noues et les renvers.
Zone de concomitance vent-pluie
Zonage 1, 2 ou 3 défini par l'annexe B normative du NF DTU 40.11, croisé avec la situation (protégée, normale, exposée) ; il commande le recouvrement minimal. À ne pas confondre avec la zone de vent de l'Eurocode 1 partie 1-4, qui commande les limitations de hauteur et le diamètre des crochets.
Requêtes et approches
Ardoises d'extrémité des rangs de fendis : grandes et petites approches du côté du versant le plus plat, grandes et petites requêtes du côté du tranchis ; la largeur des chefs de base des grandes est égale à 1,5 fois le biais du fendis, celle des petites au biais du fendis (article 5.1.6.1.1).

Questions fréquentes sur NF DTU 40.11

Qu'est-ce que NF DTU 40.11 ?

NF DTU 40.11 - Couverture en ardoises. Le NF DTU 40.11 P1-1 (décembre 2020, indice de classement P 32-201-1-1) propose les clauses types de mise en œuvre pour les marchés de travaux d'ouvrages de couverture en ardoises naturelles. Il traite quatre systèmes (pureau entier, pureau développé, modèles carrés posés en diagonale dits losangés, et claire-voie ordinaire) ainsi que les habillages de parties verticales appelés essentages. Il ne fixe pas une pente minimale unique : il donne, dans des tableaux croisant la pente, la zone climatique de concomitance vent-pluie, la situation et le mode de fixation, un recouvrement minimal dont découle ensuite le format d'ardoise admissible. Il chiffre également la planéité du support, les sections de liteaux et voliges, la ventilation en sous-face (lame d'air de 2 cm minimum) et les limitations de hauteur de bâtiment par zone de vent. Ce document relève de documents techniques unifiés.

Quels projets sont concernés par NF DTU 40.11 ?

Le domaine d'application couvre : Ouvrages de couverture en ardoises naturelles sur support en bois massif (voligeage ou liteaunage) (poses à pureau entier, à pureau développé, en modèles carrés posés en diagonale (losangés) et à claire-voie ordinaire) et habillages en ardoises de parties verticales (essentages : côtés de lucarne, mur acrotère, mur pignon), pour tous types de bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne réalisés en France métropolitaine en climat de plaine (altitude ≤ 900 m), dont la structure porteuse respecte les NF DTU 31.1, 31.2, 31.3 (bois) ou 32.1 (acier), hors climats tropicaux et équatoriaux, hors ossatures de bardage et hors raccordement des fenêtres de toit. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.

Comment garantir la conformité à NF DTU 40.11 sur un projet ?

En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase (conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception) et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.

Quelle est la pente minimale d'une couverture en ardoises naturelles ?

Il n'y en a pas une seule. Pour la pose à pureau entier, le NF DTU 40.11 donne aux tableaux 6 et 7 un recouvrement minimal fonction de la pente, de la zone et de la situation (annexe B), de la projection horizontale du rampant et du mode de fixation, pour des projections horizontales de versant ≤ 16,50 m. Les autres systèmes ont des seuils chiffrés : pureau développé à partir de 50 % de pente, pose losangée à partir de 57 % en zone climatique 1, 73 % en zone 2 et 100 % en zone 3, et claire-voie ordinaire limitée aux pentes du tableau 15 en situation protégée ou normale.

Comment choisir le format des ardoises ?

À partir du recouvrement minimal, jamais l'inverse. L'article 5.1.1.3 impose une longueur d'ardoise au moins égale à 3 fois la valeur du recouvrement minimal et une largeur au moins égale à 2 fois cette valeur, pour la pose à deux clous comme au crochet. En pose à claire-voie ordinaire, les ardoises doivent en outre être rectangulaires et avoir des dimensions au moins égales à 320 × 220 mm, sans être épaulées ni arrondies.

Quelle longueur de crochet pour poser des ardoises ?

La longueur du crochet doit être égale au recouvrement augmenté de 3 mm, arrondie au centimètre supérieur, pour la pose à pureau entier et à claire-voie ordinaire (article 4.3.2). Pour les ardoises de modèle carré posées en diagonale, elle dépend de la géométrie de l'ardoise et est définie par le producteur. En zone 2 site exposé, en zones 3 et 4 de vent et pour les formats supérieurs à 40 × 22 cm, le diamètre minimal du fil des crochets est de 3,0 mm.

Quelle ventilation faut-il sous une couverture en ardoises ?

La ventilation de la sous-face des ardoises et de leur support doit être assurée dans tous les cas. La lame d'air sous les supports et au-dessus de l'écran ou de l'isolant est de 2 cm minimum, et la section totale des orifices (donnée par le tableau 3 en fonction de la surface de paroi et de la présence d'un écran) doit être répartie pour moitié en partie basse des versants et pour moitié en partie haute au voisinage du faîtage. La ventilation par ouvertures en pignons n'est possible que si la distance entre murs pignons est inférieure ou égale à 12 m, sans écran recoupant l'espace, avec un espace libre de 50 cm minimum sous chevrons au faîtage en combles isolés.

Un écran de sous-toiture est-il obligatoire sous une couverture en ardoises ?

Pas en partie courante à pureau entier : les écrans souples sont destinés à limiter les risques de pénétration de neige poudreuse et de poussière, et ce sont les documents particuliers du marché qui précisent leur interposition éventuelle (article 4.4). Il devient nécessaire dès qu'une protection contre la neige poudreuse et la poussière est recherchée avec la pose en modèles carrés posés en diagonale ou la pose à claire-voie ordinaire, qui ne l'assurent pas. Lorsqu'un écran est posé, les liteaux ou voliges reposent sur contrelattes et les dispositions du NF DTU 40.29 s'appliquent.

Quel débord d'ardoise à l'égout ?

Le départ s'effectue par un doublis dont la longueur est égale à la somme d'un pureau et d'un recouvrement, avec un débordement de l'égout sur le support d'au minimum 50 mm (article 5.1.2.1). Le support de l'égout doit être surélevé de l'épaisseur d'une ardoise au moyen d'une chanlatte ou d'une fourrure. En égout avec bande métallique, le doublis vient soit en débordement sur la bande à larmier sur une longueur au moins égale à un recouvrement, soit en saillie de 50 mm minimum sur le support.

Quelles tolérances de planéité pour le support d'une couverture en ardoises ?

Le défaut de planéité générale doit être inférieur ou égal à 1/100e de l'entraxe entre deux chevrons, mesuré sur trois chevrons successifs, et sans excéder 5 mm d'un chevron par rapport aux deux chevrons adjacents (article 4.2.1). La hauteur du chevron doit permettre l'ancrage des pointes ou vis et être au minimum de 6 cm. Les liteaux et voliges doivent reposer sur 35 mm au minimum en partie courante, 30 mm pour les abouts sur rive, et sur 3 appuis au moins.

Peut-on habiller un pignon ou une lucarne en ardoises ?

Oui : l'article 6 vise les habillages de parties verticales, appelés essentages, sur parois en maçonnerie (NF DTU 20.1), en béton (NF DTU 23.1) ou à ossature bois (NF DTU 31.2). Une lame d'air ventilée de 2 cm minimum est ménagée entre les liteaux supports et le mur ou l'isolant, ventilée par deux ouvertures en rive basse et haute. Le recouvrement minimal est de 60 mm en pureau entier ou développé et de 70 mm en claire-voie. Le NF DTU 40.11 ne traite en revanche pas la réalisation des ossatures de bardage ni l'incorporation des baies.

Quand une noue doit-elle être encaissée ?

Les noues encaissées sont obligatoires pour une pente de noue inférieure à 15 % (note de l'article 5.1.6.3). Les noues métalliques sont exécutées conformément aux prescriptions des NF DTU 40.41 et 40.44, avec selon le profil une pince de 15 à 40 mm ou un relevé contre une fourrure en bois. Les ardoises de tranchis dépassent le bord de la noue de 60 mm mesurés perpendiculairement à l'axe, débordement réductible à 50 mm en noue encaissée à condition de laisser un intervalle d'au moins 70 mm entre les ardoises d'extrémité de chaque versant.

Le NF DTU 40.11 s'applique-t-il en montagne ?

Non au-delà de 900 m : le document est applicable aux bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne réalisés en France métropolitaine et situés en climat de plaine, c'est-à-dire à une altitude inférieure ou égale à 900 m. Les climats tropicaux et équatoriaux ne sont pas visés non plus. Il ne traite pas davantage du raccordement des fenêtres de toit.

Export rapide

Documents liés

NF DTU 40.13 - Couverture en ardoises en fibres-ciment

Le NF DTU 40.13 P1-1 (décembre 2009, indice de classement P 32-202-1-1) fixe les clauses types de mise en œuvre des couvertures en ardoises de fibres-ciment, ainsi que des habillages de parties verticales dits essentage. Il traite trois systèmes (pureau entier, modèles carrés posés en diagonale dits losangés, claire-voie ordinaire) et quatre modes de fixation : au crochet, à deux clous, à deux clous et un crochet, à deux clous et un crampon-tempête. Le couple pente / recouvrement est donné par trois tableaux croisant la pente, la zone climatique et la situation : la pente minimale descend à 25 % en pose au crochet ou à deux clous et un crampon-tempête en zone I protégée ou normale, et le recouvrement minimal varie de 60 à 160 mm. Un recouvrement sous-évalué, un trou de clou trop près du bord ou une lame d'air ventilée absente produisent infiltrations par capillarité, ruptures d'ardoise et condensation en sous-face.

NF DTU 40.21 : Couverture en tuiles de terre cuite à emboîtement ou à glissement à relief

Le NF DTU 40.21 (NF P 31-202-1-1 pour le cahier des clauses techniques types) définit les conditions d'exécution des couvertures en tuiles de terre cuite à emboîtement ou à glissement à relief, dans les bâtiments d'hygrométrie faible ou moyenne situés en zones climatiques françaises de plaine (altitude inférieure ou égale à 900 m), hors zones tropicales. Il impose un défaut de planitude des supports de liteaux inférieur à 1/100 de la portée sans excéder 10 mm, des pentes minimales valables pour des rampants dont la projection horizontale n'excède pas 12,00 m, une hauteur de liteau bois d'au moins 22 mm, et une lame d'air ventilée de 20 mm minimum en sous-face de couverture.

NF DTU 40.41 - Couvertures par éléments métalliques en feuilles et longues feuilles en zinc

Le NF DTU 40.41 (NF P 34-211-1, septembre 2004) définit les travaux de couverture en zinc laminé relevant des deux techniques exécutées sur support continu : la couverture à tasseaux et couvre-joints et la couverture à joint debout, ainsi que la protection en zinc des parties indépendantes de la couverture. Il fixe les pentes minimales par système d'assemblage et par zone de concomitance vent-pluie, les dimensions de feuilles, l'espacement des pattes, les compatibilités de contact et les sections de ventilation. Il ne vise que le zinc : le cuivre relève du NF DTU 40.45, l'acier inoxydable du NF DTU 40.44 et le plomb du NF DTU 40.46.

NF DTU 40.44 - Couverture en acier inoxydable

Le DTU 40.44 régit les couvertures en feuilles d'acier inoxydable, toitures architecturales, monumentales, joints debout ou tasseaux. Il définit les nuances 1.4404 ou 1.4571, les pattes coulissantes, les joints de dilatation et les ferrures. Une pose en zone littorale sans nuance austénitique adaptée provoque piqûres de corrosion par les chlorures et taches de rouille en surface visible.

NF DTU 31.1 : Charpente en bois

Le NF DTU 31.1, dans sa version du 30 juin 2017, fixe les clauses types de calculs, de construction et de mise en oeuvre des marchés de charpente bois, de structure poteau-poutre, de solivage, de pans de bois, de colombage, de beffroi et de platelage. Il renvoie l'analyse de structure à l'Eurocode 5, encadre la durabilité par une méthode d'affectation des conceptions drainante, moyenne ou piégeante, et fixe les tolérances d'exécution et de pose. Contrairement à une idée répandue, il ne vise ni les charpentes assemblées par connecteurs métalliques (NF DTU 31.3), ni les escaliers en bois (NF DTU 36.3), ni les ossatures bois à voile travaillant (NF DTU 31.2), ni les planchers en bois (NF DTU 51.3).

NF DTU 40.5 : Travaux d'évacuation des eaux pluviales

Le DTU 40.5, publié sous forme de norme expérimentale XP P 36-201 en novembre 1993 et intégrant l'amendement A1 de décembre 1997, définit les travaux d'exécution des évacuations d'eaux pluviales sur les couvertures de bâtiments : gouttières et chéneaux métalliques, et tuyaux de descente extérieure. Il fixe les épaisseurs minimales des tôles et bandes selon le métal, les longueurs maximales de libre dilatation, la pente minimale des gouttières et chéneaux (au moins 5 mm par mètre), l'écartement des crochets, la compatibilité chimique entre le chéneau et son support, les types de jonctions et l'obligation de trop-plein. Le dimensionnement des sections est renvoyé au DTU 60.11, dont la partie 3 d'août 2013 retient une intensité pluviométrique minimale de 3 l/m²/min en France européenne. Un chéneau cloué, une descente sans crapaudine ou un trop-plein absent conduisent à des débordements en façade et à des infiltrations à l'intérieur du bâtiment.

Informations

Référence NF DTU 40.11
Type Document Technique Unifié
Catégorie Documents Techniques Unifiés
Accès Gratuit
En vigueur depuis 1 décembre 2020

Documents remplacés

NF P 32-201-1 (référence DTU 40.11) de mai 1993

Dernière mise à jour

Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024

Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.

Votre projet est concerné par ce texte ?

NF DTU 40.11 : Progineer conçoit et pilote vos travaux de construction, de rénovation et d'extension en maîtrise d'œuvre, et fait respecter les règles de l'art sur chaque ouvrage, de l'étude à la réception.

NF DTU 40.11 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. ardoise, couverture, fixation, pente, recouvrement, pureau entier, pureau développé, pose losangée, claire-voie, essentage, crochet, doublis, noue, zone de concomitance vent-pluie, P 32-201-1-1.

Thématiques associées

Notre expertise couvre également ces thématiques connexes, sur lesquelles nous accompagnons régulièrement nos clients :

  • travaux de bâtiment
  • mise en œuvre
  • pureau entier
  • type de couverture