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thermal 🔴 Avancé Premium 15 min Mis à jour le 15 février 2024

GES construction (Ic construction)

Calcul des émissions de gaz à effet de serre de la construction selon RE2020

GES carbone Ic construction RE2020 émissions ACV

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Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Surface habitable Surface habitable
Type de structure Type de structure
Type d'isolation Type d'isolation

Comprendre cet outil

Les calculs thermiques évaluent la performance énergétique d'un bâtiment : besoin bioclimatique (Bbio), consommation conventionnelle (Cep), impact carbone (Ic) et déperditions, conformément à la RE2020 et aux réglementations thermiques antérieures.

GES construction (Ic construction) apporte une estimation préliminaire utile en phase d'esquisse. L'étude thermique réglementaire complète, indispensable au dépôt de permis, doit être confiée à un bureau d'études certifié.

Progineer et votre projet

Progineer pilote l'étude thermique réglementaire et oriente les choix d'enveloppe, d'équipements et de matériaux pour atteindre la performance visée.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « GES construction (Ic construction) » ?

Calcul des émissions de gaz à effet de serre de la construction selon RE2020

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

L'indicateur Ic construction mesure l'impact sur le changement climatique des produits de construction et des équipements d'un bâtiment, ainsi que de leur mise en œuvre. Il correspond à la somme de deux contributions de l'analyse de cycle de vie réglementaire : la contribution Composants et la contribution Chantier. Il s'exprime en kilogrammes d'équivalent CO2 par mètre carré de surface habitable ou de surface utile, sur une période d'étude de référence de 50 ans. C'est l'indicateur le plus structurant de la RE2020, parce qu'il est décidé très tôt — par le système constructif et les matériaux principaux — et pratiquement irréversible ensuite. Cette page détaille la méthode d'évaluation, la hiérarchie des données, l'analyse de cycle de vie dynamique, trois exemples chiffrés dont un repris du guide ministériel, le cadre réglementaire, les limites et les erreurs fréquentes.

Méthode d'évaluation : contributions, données et unités

Le calcul de Ic construction n'est pas une formule mais une méthode d'inventaire. Le bâtiment est décomposé en contributions, chaque contribution en composants, chaque composant caractérisé par une donnée environnementale multicritère. La réglementation ne retient ensuite qu'un seul des impacts calculés — l'impact sur le changement climatique — et le rapporte à la surface réglementaire.

Les cinq contributions et le périmètre de Ic construction

Le guide RE2020 décompose le bâtiment en cinq contributions aux impacts environnementaux : les Composants, c'est-à-dire l'ensemble des produits de construction et équipements y compris les réseaux et espaces de parkings ; l'Énergie consommée en fonctionnement ; le Chantier de construction, qui couvre les consommations d'énergie du chantier, les consommations et rejets d'eau, l'évacuation et le traitement des déchets de terrassement et les ouvrages provisoires ; l'Eau en phase d'exploitation ; et la Parcelle, pour les aménagements hors bâtiment.

L'impact du bâtiment, noté Ic bâtiment, est la somme de quatre de ces contributions : Composants, Énergie, Chantier et Eau. Mais la réglementation ne plafonne pas Ic bâtiment : elle plafonne séparément Ic énergie, qui correspond à la contribution Énergie, et Ic construction, qui correspond à la somme des contributions Composants et Chantier. Les contributions Eau et Parcelle doivent être renseignées mais n'ont pas d'incidence sur les indicateurs réglementaires.

Le guide précise que les contributeurs Composants et Énergie ont les plus lourds impacts et représentent souvent, à eux deux, environ 90 % des impacts totaux d'une opération. C'est précisément pour activer des leviers d'action simultanés sur ces deux postes que la RE2020 réglemente deux indicateurs distincts plutôt qu'un total unique.

La hiérarchie des données environnementales

Chaque produit, équipement ou service est caractérisé par une donnée environnementale composée de 36 critères — potentiel de réchauffement climatique, consommation d'eau douce, rejets de déchets radioactifs, et ainsi de suite. Le calcul réglementaire les calcule tous simultanément, mais la RE2020 ne réglemente que le critère d'émission de gaz à effet de serre.

Les données spécifiques sont de deux types. Les FDES, fiches de déclaration environnementale et sanitaire, couvrent les produits de construction et sont régies par les normes NF EN 15804+A1 et NF EN 15804+A2 et leurs compléments nationaux. Les PEP, profils environnementaux produit, sont l'équivalent pour les équipements du bâtiment : chauffage, refroidissement, équipements électriques ou électroniques. Les unes comme les autres doivent, pour être publiées en France, être vérifiées par un tiers indépendant habilité et sont mises à disposition dans la base INIES, base de données nationale de référence pour l'évaluation environnementale des bâtiments.

À défaut de donnée spécifique, on utilise des données environnementales par défaut ou des valeurs forfaitaires, sécuritaires par construction. Leur usage n'est pas neutre : le guide RE2020 définit un indicateur Icded qui mesure la part d'impact associée à ces données par défaut, et un coefficient de modulation Mided qui ajuste le seuil pour en tenir compte. Autrement dit, plus un projet s'appuie sur des données par défaut, plus son résultat brut est pénalisé, et plus son seuil est relevé en compensation partielle.

Calcul détaillé ou calcul simplifié

Le guide RE2020 indique que le calcul des impacts environnementaux de chaque contributeur peut être réalisé soit par un calcul détaillé, soit par un calcul simplifié. Le calcul détaillé descend au niveau du composant et exige un métré fin ; le calcul simplifié s'appuie sur des ratios et des forfaits, plus rapides mais moins favorables.

En pratique, un projet ambitieux sur le plan carbone n'a pas intérêt au calcul simplifié : les forfaits sont calibrés du côté de la sécurité et effacent précisément les efforts de conception que l'on cherche à valoriser. Inversement, un calcul détaillé n'a de valeur que si le métré est fiable, ce qui suppose un niveau de définition du projet cohérent avec l'échéance du calcul.

L'analyse de cycle de vie dynamique, spécificité française

La RE2020 n'utilise pas une ACV statique classique mais une ACV dynamique. Dans l'approche statique, toutes les émissions et captations comptent également, quelle que soit leur date : un stockage temporaire de carbone n'a alors aucun effet sur le résultat. Dans l'approche dynamique, le moment de l'émission compte — plus une émission a lieu tôt, plus son impact est fort.

Le guide RE2020 précise le mécanisme : les émissions sont pondérées par un coefficient dépendant de la date, défini par deux fonctions au pas de temps annuel, fCO2(t) et ffluide_frigo(t). Une émission à l'année 0 est affectée du coefficient 1, tandis qu'une émission à la cinquantième année est affectée du coefficient 0,58, ou 0,88 s'il s'agit de fluides frigorigènes. Cette pondération ne s'applique qu'au calcul de l'impact sur le changement climatique.

La conséquence est directe et voulue : les matériaux biosourcés, qui captent du CO2 pendant leur croissance et n'en relâchent une partie qu'en fin de vie du bâtiment, voient leur bilan nettement amélioré. À l'inverse, pour les composants dont l'émission principale a lieu en début de vie — l'acier, le béton et tous les procédés de fabrication énergivores —, l'approche dynamique donne un résultat très proche de l'approche statique.

Enchaînement complet de la méthode

  • 1. Fixer la période d'étude de référence : 50 ans pour un bâtiment neuf en RE2020.
  • 2. Établir le métré des composants du bâtiment, y compris réseaux et parkings, au niveau de détail retenu.
  • 3. Associer à chaque composant une donnée environnementale : FDES pour les produits, PEP pour les équipements, à défaut donnée par défaut ou valeur forfaitaire.
  • 4. Évaluer la contribution Chantier : énergie, eau, déchets de terrassement, ouvrages provisoires.
  • 5. Appliquer la pondération dynamique sur l'impact changement climatique.
  • 6. Sommer les contributions Composants et Chantier et rapporter à la surface réglementaire pour obtenir Ic construction.
  • 7. Calculer le seuil du projet : Icconstruction_max = Icconstruction_maxmoyen × (1 + Micombles + Misurf_moy + Misurf_tot) + Miinfra + Mivrd + Migéo + Mipv + Mided.
  • 8. Comparer et, si nécessaire, réviser les choix constructifs — sachant qu'ils sont d'autant plus coûteux à modifier que le projet est avancé.

Trois exemples chiffrés complets et vérifiables

Le premier exemple est repris intégralement du guide RE2020 publié par le ministère : ses chiffres sont ceux du document officiel. Les deux suivants s'appuient sur les valeurs de seuils publiées dans ce même guide, complétées par des coefficients de modulation qui sont des hypothèses de calcul explicites — leurs valeurs réelles se lisent dans les tableaux de l'arrêté du 4 août 2021.

Exemple 1 — Effet de l'ACV dynamique sur une poutre en bois (exemple du guide RE2020)

Le guide RE2020 illustre l'écart entre ACV statique et ACV dynamique sur le cas fictif d'une poutre en bois. Données environnementales statiques : production −600 kg de CO2 éq., processus de construction +30, utilisation 0, fin de vie +700. Total statique : 130 kg de CO2 éq.

Application de la pondération dynamique : la production intervient à l'année 0, coefficient 1, soit 1 × (−600) = −600. Le processus de construction intervient à l'année 0, coefficient 1, soit 1 × 30 = 30. L'utilisation s'étale des années 1 à 49 avec des coefficients de 0,984 à 0,587, appliqués à une valeur nulle, soit 0. La fin de vie intervient à l'année 50, avec un coefficient de 0,578 appliqué à 700, soit 404,6.

Total dynamique : −600 + 30 + 0 + 404,6 = −165,4 kg de CO2 éq.

Lecture du résultat : le même composant passe d'un bilan positif de 130 kg de CO2 éq. en statique à un bilan bénéfique de −165,4 en dynamique. Le mécanisme est explicite : le carbone capté est compté à sa pleine valeur aujourd'hui, tandis que le relargage de fin de vie est actualisé. C'est le fondement du traitement favorable réservé aux matériaux biosourcés dans la RE2020, et la raison pour laquelle un raisonnement carbone mené avec des facteurs d'émission statiques ne prédit pas le résultat réglementaire.

Exemple 2 — Seuil Ic construction d'un logement collectif

Hypothèses : logement collectif dont le permis relève de la période où Icconstruction_maxmoyen vaut 650 kg éq. CO2/m² selon le guide RE2020. Coefficients de modulation supposés : Micombles = 0, Misurf_moy = 0 pour des logements de 65 m² en moyenne, Misurf_tot = 0,03. Termes additifs supposés : Miinfra = 25, Mivrd = 12, Migéo = 0, Mipv = 0, Mided = 8 kg éq. CO2/m².

Étape 1 — Terme multiplicatif : 650 × (1 + 0 + 0 + 0,03) = 650 × 1,03 = 669,5 kg éq. CO2/m².

Étape 2 — Ajout des termes additifs : 669,5 + 25 + 12 + 0 + 0 + 8 = 714,5 kg éq. CO2/m².

Étape 3 — Comparaison : un Ic construction calculé à 690 kg éq. CO2/m² passe avec une marge de 24,5 kg éq. CO2/m², soit 3,4 % du seuil.

Lecture du résultat : une marge de 3,4 % est faible. Elle sera consommée par les aléas de chantier, les substitutions de produits et les données par défaut qui remplaceront des FDES manquantes. Un projet qui n'a que quelques points de pourcentage de marge en phase d'étude est un projet exposé, d'autant que le seuil lui-même se resserre à chaque révision de la trajectoire.

Exemple 3 — Effet des modulations sur les petits logements et les petits immeubles

Le guide RE2020 explique que les coefficients Misurf_moy et Misurf_tot ont été introduits par l'arrêté du 30 décembre 2024, en remplacement du coefficient unique Misurf, pour corriger des difficultés à respecter le Ic construction sur certains immeubles collectifs.

Il chiffre lui-même les deux effets. Misurf_moy ajoute environ 50 kg CO2/m² au Ic construction max pour un bâtiment dont les logements ont une surface moyenne de 20 m² — cas des résidences étudiantes, en raison notamment de la quantité d'équipements sanitaires rapportée à la petite surface des logements. Misurf_tot ajoute environ 30 kg CO2/m² pour un bâtiment dont la surface totale est de 500 m², en raison notamment de l'impact carbone des ascenseurs, très important rapporté au mètre carré sur les petits immeubles.

Application cumulée : pour une petite résidence de 500 m² composée de logements de 20 m² en moyenne, les deux modulations relèvent le seuil d'environ 50 + 30 = 80 kg CO2/m² par rapport au même bâtiment avant révision.

Lecture du résultat : cet ajustement montre que le seuil réglementaire n'est pas une cible technique abstraite mais le produit d'un arbitrage entre exigence environnementale et faisabilité constructive. Il rappelle aussi une règle de méthode : sur un projet atypique par sa taille ou sa typologie, il faut vérifier les modulations applicables avant de conclure à une impasse carbone.

Le cadre réglementaire de Ic construction

Ic construction est l'un des six indicateurs de résultat de la RE2020. Sa trajectoire décroissante est programmée dans le temps, ce qui en fait le seul indicateur dont l'exigence dépend directement de la date de dépôt du permis de construire.

La trajectoire des seuils

Le guide RE2020 publie les valeurs de Icconstruction_maxmoyen par usage et par période. Pour les maisons individuelles ou accolées : 640 kg éq. CO2/m² sur 2022-2024, 530 sur la période suivante, 475 sur 2028-2030 et 415 à partir de 2031. Pour les logements collectifs : 740, puis 650, 580 et 490 kg éq. CO2/m². Pour les bureaux : 980, puis 810, 710 et 600 kg éq. CO2/m².

Le guide précise l'intention : faire évoluer les exigences de manière progressive afin de permettre à l'ensemble de la filière constructive de s'approprier la méthode d'analyse du cycle de vie et de diminuer les émissions de la construction. Concrètement, un projet dimensionné pour la période en cours peut se retrouver non conforme s'il glisse de quelques mois au-delà d'une échéance de resserrement — un risque de planning à intégrer dès le montage de l'opération.

Les modulations et leur logique

  • Micombles — surface de plancher de combles aménagés, pour tenir compte des surfaces construites non habitables de hauteur sous plafond inférieure à 1,80 m.
  • Misurf_moy — surface moyenne des logements, pour les bâtiments à usage d'habitation ; introduit en remplacement de Misurf au 1er janvier 2025.
  • Misurf_tot — surface de référence totale du bâtiment ; reprend l'ancien Misurf avec une formule modifiée.
  • Miinfra — impact des fondations et des espaces en sous-sol, pour les contraintes nécessitant d'importantes fondations ou des parkings enterrés.
  • Mivrd — impact de la voirie et des réseaux divers desservant le bâtiment.
  • Migéo — localisation géographique et altitude, pour tenir compte des moyens supplémentaires nécessaires au confort estival du pourtour et de l'arrière-pays méditerranéens.
  • Mipv — impact de l'installation de panneaux photovoltaïques, pour ne pas pénaliser les bâtiments soumis à l'obligation de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021.
  • Mided — impact des données environnementales par défaut et des valeurs forfaitaires utilisées dans l'évaluation.

Justification et contrôle

Le guide RE2020 précise l'articulation temporelle des justifications. À l'appui de la demande de permis de construire, le maître d'ouvrage s'engage à pouvoir, après la déclaration d'ouverture du chantier, justifier du respect des seuils pour l'indicateur Ic construction, c'est-à-dire d'avoir réalisé une analyse de cycle de vie du bâtiment conforme aux exigences de la RE2020. Il s'engage à en justifier à la demande des agents publics assurant le contrôle des règles de construction, avant le début des travaux.

À l'achèvement, l'attestation établie par un architecte, un diagnostiqueur de performance énergétique pour les maisons individuelles, un bureau de contrôle ou un organisme de certification, porte notamment sur l'impact sur le changement climatique associé aux composants du bâtiment y compris le chantier de construction. Un contrôle de cohérence de dix données environnementales utilisées dans l'analyse de cycle de vie y est intégré : le choix des données n'est donc pas laissé sans vérification.

Limites et hypothèses du calcul carbone

Ic construction est un indicateur robuste dans sa méthode et fragile dans ses données d'entrée. Sa précision dépend entièrement de la finesse du métré et de la disponibilité de données environnementales spécifiques pour les produits réellement prescrits.

  • Les coefficients par défaut affichés par un outil de pré-dimensionnement, exprimés en kg CO2/m² par type de structure ou d'isolant, sont des ordres de grandeur pédagogiques. Ils n'ont aucune valeur réglementaire : seules les FDES et PEP vérifiées de la base INIES, ou les données par défaut officielles, sont admissibles dans le calcul.
  • Le résultat dépend du niveau de définition du projet. Un calcul mené en avant-projet sommaire, sur un métré grossier, peut s'écarter sensiblement du calcul final.
  • Le recours aux données par défaut dégrade le résultat et déclenche le coefficient Mided. Un projet dont beaucoup de produits ne disposent pas de FDES est structurellement désavantagé.
  • L'ACV dynamique n'est pas transposable. Un raisonnement mené avec des facteurs d'émission statiques, comme ceux utilisés en bilan carbone d'entreprise, ne prédit pas le résultat réglementaire — l'exemple de la poutre en bois du guide en donne la mesure.
  • La période d'étude de référence est conventionnelle : 50 ans. Un bâtiment démoli plus tôt ou conservé beaucoup plus longtemps ne correspond pas à cette hypothèse.
  • L'indicateur est surfacique. Un bâtiment très compact et un bâtiment étalé ne se comparent pas directement, puisque le dénominateur est la surface réglementaire.
  • Ic construction ne mesure qu'un seul des 36 critères environnementaux calculés. Un projet performant en carbone peut être médiocre sur l'eau, les ressources ou la toxicité, sans que la réglementation le signale.
  • L'indicateur ne prend pas en compte la réversibilité, l'adaptabilité ni la démontabilité du bâtiment, qui conditionnent pourtant ses émissions futures.

Erreurs fréquentes dans l'évaluation carbone d'une construction

  • Confondre Ic construction et Ic bâtiment : le premier ne couvre que les contributions Composants et Chantier, le second y ajoute Énergie et Eau et n'est pas réglementé.
  • Confondre Ic construction et Ic énergie : ce sont deux indicateurs distincts, avec des seuils et des leviers différents.
  • Utiliser des facteurs d'émission statiques pour anticiper un résultat calculé en ACV dynamique.
  • Traiter le carbone en fin d'études : le système constructif et les matériaux principaux sont arrêtés bien avant, et les modifier ensuite coûte cher.
  • Appliquer un seuil d'une période à un projet relevant d'une autre : la trajectoire est décroissante et l'échéance dépend de la date de dépôt du permis.
  • Prendre la valeur moyenne publiée pour le seuil du projet, sans appliquer les modulations multiplicatives et additives.
  • Négliger la contribution Chantier, qui fait partie intégrante de Ic construction.
  • Oublier les équipements : les PEP couvrent le chauffage, le refroidissement et les équipements électriques, dont l'impact est loin d'être marginal, particulièrement les ascenseurs sur les petits immeubles.
  • Reprendre une valeur environnementale issue d'une documentation commerciale non vérifiée au lieu d'une FDES ou d'un PEP publié dans la base INIES.
  • Considérer qu'une structure bois garantit la conformité : le résultat dépend de l'ensemble des lots, des équipements, des fondations, des réseaux et de la qualité des données.

Ic construction et projet de maîtrise d'œuvre

L'impact carbone de la construction est le seul indicateur RE2020 qui se décide presque intégralement en amont. Le système porteur, le mode de fondation, la présence ou non d'un sous-sol, le choix des isolants et des équipements représentent l'essentiel du résultat, et ces décisions sont prises entre l'esquisse et l'avant-projet définitif. Une fois le permis déposé, les marges de manœuvre se réduisent à des substitutions de produits, qui pèsent peu au regard des choix structurels.

Progineer traite ce sujet comme une contrainte de programme et non comme une vérification finale : cadrage de la cible carbone avec le maître d'ouvrage dès le programme, comparaison chiffrée des partis constructifs en esquisse, coordination du bureau d'études qui réalise l'analyse de cycle de vie, prescription dans les CCTP des exigences de données environnementales exigées des entreprises — un produit sans FDES pénalise le projet et doit donc être identifié avant la consultation —, puis suivi des substitutions en cours de chantier pour éviter qu'un changement d'approvisionnement ne consomme la marge. Les contextes régionaux jouent aussi : en Auvergne-Rhône-Alpes, la disponibilité des filières bois locales facilite certains arbitrages ; en Provence-Alpes-Côte d'Azur, les moyens supplémentaires requis pour le confort estival sont partiellement compensés par le coefficient de modulation géographique.

FAQ technique — Ic construction et GES de la construction

Que couvre exactement l'indicateur Ic construction ?

Il couvre l'impact sur le changement climatique des produits de construction et des équipements du bâtiment ainsi que de leur mise en œuvre : c'est la somme des contributions Composants et Chantier de l'analyse de cycle de vie réglementaire, exprimée en kg éq. CO2/m² de surface habitable ou utile, sur une période d'étude de référence de 50 ans.

Quels sont les seuils Ic construction en RE2020 ?

Le guide RE2020 publie une trajectoire décroissante de Icconstruction_maxmoyen : maisons individuelles ou accolées, 640 kg éq. CO2/m² sur 2022-2024, 530 sur la période suivante, 475 sur 2028-2030 et 415 à partir de 2031 ; logements collectifs, 740 puis 650, 580 et 490 ; bureaux, 980 puis 810, 710 et 600. Ces valeurs moyennes sont ensuite modulées.

Comment se calcule le seuil applicable à mon projet ?

Par la formule Icconstruction_max = Icconstruction_maxmoyen × (1 + Micombles + Misurf_moy + Misurf_tot) + Miinfra + Mivrd + Migéo + Mipv + Mided. Les trois premiers coefficients sont multiplicatifs, les cinq suivants s'ajoutent en kg éq. CO2/m². Leurs valeurs se lisent dans les tableaux de l'arrêté du 4 août 2021.

Qu'est-ce que l'ACV dynamique et pourquoi favorise-t-elle le bois ?

Elle pondère chaque émission par un coefficient dépendant de sa date : coefficient 1 à l'année 0, 0,58 à la cinquantième année, 0,88 pour les fluides frigorigènes. Le carbone capté par un matériau biosourcé compte donc à pleine valeur aujourd'hui, tandis que son relargage en fin de vie est actualisé. Sur l'exemple de poutre en bois du guide RE2020, le bilan passe de +130 kg de CO2 éq. en statique à −165,4 en dynamique.

Quelle différence entre une FDES et un PEP ?

La FDES, fiche de déclaration environnementale et sanitaire, couvre les produits de construction et relève des normes NF EN 15804+A1 et +A2 et de leurs compléments nationaux. Le PEP, profil environnemental produit, est l'équivalent pour les équipements du bâtiment : chauffage, refroidissement, équipements électriques et électroniques. Les deux sont publiés dans la base INIES après vérification par un tiers indépendant.

Que se passe-t-il si un produit n'a pas de FDES ?

On utilise une donnée environnementale par défaut ou une valeur forfaitaire, sécuritaire donc défavorable. Le guide RE2020 définit l'indicateur Icded, qui mesure la part d'impact associée à ces données, et le coefficient de modulation Mided, qui ajuste le seuil en compensation partielle. Un projet reposant largement sur des données par défaut est structurellement désavantagé.

Les coefficients par type de structure affichés par ce calculateur ont-ils une valeur réglementaire ?

Non. Ce sont des ordres de grandeur destinés au pré-dimensionnement et à la comparaison de partis constructifs en phase amont. Le calcul réglementaire repose sur un métré détaillé et sur les données environnementales vérifiées de la base INIES, avec pondération dynamique.

Quand faut-il justifier du respect de Ic construction ?

Le maître d'ouvrage s'engage, à l'appui de la demande de permis de construire, à pouvoir justifier du respect du seuil après la déclaration d'ouverture de chantier, c'est-à-dire d'avoir réalisé une analyse de cycle de vie conforme. À l'achèvement, l'attestation porte sur l'indicateur et intègre un contrôle de cohérence de dix données environnementales.

Glossaire technique

Ic construction
Impact sur le changement climatique des produits de construction, équipements et de leur mise en œuvre : somme des contributions Composants et Chantier, en kg éq. CO2/m².
Ic bâtiment
Somme des quatre contributions Composants, Énergie, Chantier et Eau. Indicateur informatif, non soumis à exigence réglementaire.
Contribution Composants
Ensemble des produits de construction et équipements du bâtiment, y compris réseaux et espaces de parkings, sur les étapes 1 à 5 du cycle de vie.
Contribution Chantier
Consommations d'énergie et d'eau du chantier, évacuation et traitement des déchets de terrassement, ouvrages provisoires nécessaires au chantier.
FDES
Fiche de déclaration environnementale et sanitaire d'un produit de construction, régie par les normes NF EN 15804+A1 et +A2 et leurs compléments nationaux, vérifiée par tiers indépendant.
PEP
Profil environnemental produit : déclaration environnementale équivalente à la FDES, dédiée aux équipements du bâtiment (chauffage, refroidissement, équipements électriques ou électroniques).
Base INIES
Base de données nationale de référence des données environnementales et sanitaires des produits et équipements de construction, support du calcul RE2020.
ACV dynamique
Méthode de pondération des émissions selon leur date, par les fonctions fCO2(t) et ffluide_frigo(t). Coefficient 1 à l'année 0, 0,58 à la cinquantième année, 0,88 pour les fluides frigorigènes.
Icded / Mided
Indicateur mesurant la part d'impact associée aux données environnementales par défaut, et coefficient de modulation qui ajuste le seuil pour en tenir compte.
StockC
Carbone biogénique stocké dans le bâtiment, en kg C/m². Indicateur informatif, sans exigence réglementaire.

Sources et normes de référence

Calculateurs associés

Calcul bilan énergétique RE2020 — Bbio Cep Ic en ligne

Calcul du bilan énergétique réglementaire RE2020 (successeur de la RT 2012) : Bbio (besoin bioclimatique), Cep,nr (consommation conventionnelle) et Ic énergie (impact carbone). Ce calcul évalue les besoins en chauffage, les besoins en refroidissement, les besoins d'éclairage et les apports solaires. À partir de la surface, de la compacité, de la zone climatique et du type de bâtiment, l'outil évalue la conformité aux seuils Bbio_max et Cep_max. Le Bbio se calcule indépendamment des systèmes (conception du bâti). Ce calculateur RE2020 permet de réduire le besoin en chauffage et d'optimiser la conception. Utilisé pour les études de faisabilité, le permis de construire et l'attestation RE2020 des maisons et logements collectifs neufs.

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Calcul résistance thermique (R) — Calculateur isolation RE2020

Calcul de la résistance thermique R d'un matériau ou d'une paroi selon les réglementations thermiques RE2020 et RT 2012. Application de la formule R = e/λ à partir de l'épaisseur et de la conductivité thermique lambda (λ) exprimée en watt par mètre (W/m.K). Ce calculateur d'isolation thermique permet de calculer la résistance et de dimensionner l'isolation des murs, planchers, toitures et combles. Compare les isolants (laine, PSE, polyuréthane, biosourcés) et vérifie la conformité Ubat des maisons individuelles, logements collectifs et bâtiments tertiaires neufs ou rénovés.

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Calcul coefficient U (transmission thermique paroi)

Calcul du coefficient de transmission thermique U d'une paroi multicouche selon RE2020 et NF EN ISO 6946. Ce coefficient permet de quantifier les pertes de chaleur à travers la paroi. À partir des résistances thermiques de chaque couche et des résistances superficielles Rsi/Rse, l'outil calcule U = 1 / ΣR. Permet de vérifier la conformité Ubat des murs extérieurs, planchers bas, toitures et menuiseries. Utilisé en construction neuve et rénovation énergétique BBC/RE2020.

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Calcul déperditions thermiques bâtiment (RE2020)

Calcul des déperditions thermiques totales d'un bâtiment selon méthode RE2020 et règles Th-BCE. Détermine les pertes par parois opaques, vitrages, ponts thermiques et renouvellement d'air, en fonction de la zone climatique et de la température de base. Résultat exprimé en W/K et W, utilisé pour dimensionner les générateurs de chauffage et vérifier le Ubat des maisons et logements collectifs neufs ou rénovés.

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Calcul pont thermique RE2020

Calcul des ponts thermiques (linéiques et ponctuels) selon RE2020, fascicule Th-Bat et norme NF EN ISO 10211. Ce calcul des ponts thermiques utilise la méthode des éléments finis pour déterminer les flux thermiques à travers les liaisons (plancher/mur, refend, menuiseries, balcons). À partir du coefficient Ψ et du linéaire des liaisons, l'outil chiffre la perte en W/K. Permet d'optimiser l'isolation et de respecter la limite Ψmoyen ≤ 0,28 W/m·K. Utilisé en construction neuve, rénovation BBC et études thermiques réglementaires.

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Calcul infiltrométrie — Test étanchéité air RE2020

Analyse des résultats d'un test d'infiltrométrie (porte soufflante ou blower door) selon la norme NF EN ISO 9972 et la norme NF EN 13829, conforme aux règles Th-BCE. Ce test d'étanchéité permet d'évaluer les performances énergétiques du bâtiment. L'outil prend en compte le type de bâtiment, la pression atmosphérique, et utilise un capteurs de pression pour convertir le débit mesuré à 50 Pa en valeurs réglementaires n50 et Q4Pa,surf. Une caméra thermique peut être utilisée en complément pour détecter les fuites. La conformité RE2020 est vérifiée (≤ 0,6 m³/h·m² maison, ≤ 1,0 m³/h·m² collectif). Utilisé en réception de chantier, autocontrôle d'étanchéité et diagnostic de pathologies sur logements neufs ou rénovés BBC.

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