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fluids 🟡 Intermédiaire 12 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul puissance électrique — Dimensionnement logement

Calcul de la puissance électrique totale et dimensionnement du tableau de répartition selon NF C 15-100 et guide UTE C 15-105. À partir de l'inventaire des circuits (éclairage, prises, plaque, chauffage, IRVE), l'outil applique les coefficients de simultanéité, restitue la puissance souscrite recommandée et propose la calibration du disjoncteur de branchement. Utilisé pour les logements neufs, rénovations et raccordements Enedis en monophasé ou triphasé.

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Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Surface du logement Surface du logement
Chauffage électrique Chauffage électrique
Eau chaude électrique Eau chaude électrique
Équipements spéciaux Équipements spéciaux

Comprendre cet outil

Les calculs de fluides dimensionnent les réseaux de ventilation, d'eau et de chauffage : débits, pertes de charge, sections de gaines et puissances thermiques.

Calcul puissance électrique — Dimensionnement logement fournit un dimensionnement préliminaire. La conception finale d'une installation doit être validée par un bureau d'études fluides ou un installateur qualifié selon les normes en vigueur.

Progineer et votre projet

Progineer coordonne le dimensionnement des réseaux fluides avec l'enveloppe du bâtiment et le choix des équipements pour garantir performance et confort.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul puissance électrique — Dimensionnement logement » ?

Calcul de la puissance électrique totale et dimensionnement du tableau de répartition selon NF C 15-100 et guide UTE C 15-105. À partir de l'inventaire des circuits (éclairage, prises, plaque, chauffage, IRVE), l'outil applique les coefficients de simultanéité, restitue la puissance souscrite recommandée et propose la calibration du disjoncteur de branchement. Utilisé pour les logements neufs, rénovations et raccordements Enedis en monophasé ou triphasé.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Déterminer la puissance électrique d'un logement, c'est répondre à deux questions différentes que l'on confond en permanence : quelle puissance l'installation doit-elle pouvoir distribuer, et quelle puissance faut-il faire venir du réseau. La première relève du bilan de puissance et du dimensionnement du tableau, encadré par la NF C 15-100. La seconde relève de la puissance de raccordement et de la puissance souscrite, qui appartiennent au gestionnaire de réseau et au fournisseur. Entre les deux se trouve le foisonnement : la puissance installée dépasse toujours, et de loin, la puissance simultanément appelée. Cette page détaille la chaîne de calcul, ses unités — le watt n'est pas le voltampère —, trois exemples chiffrés refaisables, le cadre normatif fortement remanié depuis la nouvelle série NF C 15-100, les limites de l'exercice et les erreurs qui font qu'un branchement neuf disjoncte le jour de l'emménagement.

Méthode de calcul : du bilan de puissance à la puissance de raccordement

Le calcul se mène en trois temps. On inventorie d'abord les puissances installées, circuit par circuit. On applique ensuite un foisonnement qui traduit la non-simultanéité des usages. On confronte enfin le résultat aux puissances de raccordement effectivement disponibles, qui ne forment pas un continuum mais une grille de valeurs discrètes.

Puissance active, puissance apparente et facteur de puissance

La puissance active P s'exprime en watts (W) : c'est l'énergie réellement convertie en chaleur, en lumière ou en mouvement par unité de temps. La puissance apparente S s'exprime en voltampères (VA) : c'est le produit de la tension par le courant, indépendamment du déphasage. Les deux sont reliées par le facteur de puissance : S = P / cos φ.

Cette distinction n'est pas académique : les abonnements et les disjoncteurs de branchement sont exprimés en kVA, jamais en kW, parce que c'est le courant qui échauffe les conducteurs et fait déclencher la protection. Pour des charges purement résistives — convecteurs, plaques de cuisson à résistance, chauffe-eau, éclairage incandescent — cos φ vaut sensiblement 1 et les deux grandeurs se confondent numériquement. Pour des charges à moteur ou à électronique de puissance — pompes à chaleur, ventilation, informatique, éclairage LED de mauvaise qualité —, cos φ est inférieur à 1 et la puissance apparente dépasse la puissance active.

Le calcul de la puissance à souscrire se fait donc toujours en kVA. Convertir 12 kW en 12 kVA revient à supposer cos φ = 1 sur l'ensemble de l'installation : c'est une hypothèse, elle doit être écrite comme telle.

Du kVA à l'ampère : monophasé et triphasé

En monophasé, l'intensité se déduit de la puissance apparente par I = S / U, où U est la tension nominale entre phase et neutre, soit 230 V. Une puissance apparente de 6 000 VA correspond ainsi à 6 000 / 230 = 26,1 A, et 12 000 VA à 12 000 / 230 = 52,2 A.

En triphasé, la relation devient I = S / (√3 × U), où U est la tension composée entre phases, soit 400 V. Une puissance apparente de 36 000 VA correspond à 36 000 / (1,7321 × 400) = 36 000 / 692,8 = 52,0 A par phase. On observe que 12 kVA en monophasé et 36 kVA en triphasé conduisent au même ordre d'intensité par conducteur : c'est précisément pourquoi ces deux puissances de raccordement correspondent au même réglage de disjoncteur de branchement, à 60 A.

Le triphasé n'apporte donc pas de la puissance « en plus » à intensité égale : il permet de tripler la puissance transmissible pour un même calibre par conducteur, en répartissant les charges sur trois phases. Encore faut-il que cette répartition soit effective — un tableau triphasé dont toutes les charges lourdes sont sur la même phase se comporte comme un monophasé mal dimensionné.

Le foisonnement : une méthode, pas une constante

La somme arithmétique des puissances installées d'un logement n'a aucune signification opérationnelle : personne ne fait fonctionner simultanément le four, les plaques, le lave-linge, le sèche-linge, le chauffe-eau, la pompe à chaleur et la borne de recharge. Le bilan de puissance applique donc à chaque catégorie d'usage un facteur de simultanéité, puis somme les contributions foisonnées.

Les valeurs de ces facteurs ne sont pas restituées ici. Elles figurent dans les tableaux du référentiel normatif et de son guide d'application, et leur détermination suppose, comme le rappelle le guide lui-même, une connaissance détaillée de l'installation considérée et une expérience des conditions d'exploitation — en particulier pour les moteurs et les prises de courant. Reproduire de mémoire un tableau de coefficients serait la meilleure façon de produire un bilan faux avec l'apparence de la rigueur : sur un projet, ces valeurs se lisent dans le document normatif.

Ce que l'on peut affirmer sans tableau, en revanche, c'est la structure du raisonnement : certains postes ne se foisonnent pas (le chauffage, qui fonctionne en même temps dans toutes les pièces par temps froid), certains se foisonnent fortement (les prises de courant), et certains sont soustraits du bilan par un dispositif technique plutôt que par une statistique — c'est le rôle du délestage.

Puissance de raccordement, puissance souscrite, puissance limitée

Trois notions se superposent et n'ont ni le même titulaire ni le même effet. La puissance de raccordement est la capacité maximale que l'ouvrage de branchement peut acheminer ; elle est fixée à la construction du branchement par le gestionnaire de réseau de distribution. La puissance souscrite est celle que le client choisit auprès de son fournisseur, dans la limite de la puissance de raccordement. Le disjoncteur de branchement, réglé en conséquence, matérialise cette limite.

Les branchements à puissance limitée couvrent les puissances inférieures ou égales à 36 kVA : ils ne permettent pas de dépassement et coupent l'alimentation en cas de franchissement. Pour l'habitat, l'usage est de raccorder en monophasé jusqu'à 12 kVA inclus, le triphasé devenant nécessaire au-delà. La grille résidentielle courante va de 3 à 36 kVA, les valeurs monophasées usuelles étant 3, 6, 9 et 12 kVA, et les valeurs triphasées 15, 18, 24, 30 et 36 kVA.

Conséquence de conception : la puissance n'est pas une variable continue. Un bilan qui aboutit à 13 kVA n'ouvre pas droit à un abonnement de 13 kVA ; il impose de passer en triphasé, avec les conséquences que cela emporte sur le tableau, sur les protections et parfois sur le coût du branchement. C'est un franchissement de seuil, pas un ajustement.

Enchaînement complet du bilan

  • 1. Inventorier tous les circuits du logement, en distinguant éclairage, prises de courant, circuits spécialisés et circuits de forte puissance (cuisson, chauffage, ECS, IRVE).
  • 2. Relever pour chaque poste la puissance active installée, en watts, à partir des plaques signalétiques ou des fiches techniques — jamais de valeurs de mémoire.
  • 3. Convertir en puissance apparente en divisant par le facteur de puissance de l'usage, ou expliciter l'hypothèse cos φ = 1 pour les charges résistives.
  • 4. Appliquer, poste par poste, le facteur de simultanéité issu du référentiel normatif applicable.
  • 5. Sommer les contributions foisonnées pour obtenir la puissance apparente maximale appelée, en kVA.
  • 6. Identifier les charges susceptibles d'être délestées ou pilotées (ECS, IRVE, sèche-linge) et recalculer le bilan avec cette gestion active.
  • 7. Comparer le résultat à la grille des puissances de raccordement disponibles et retenir la valeur immédiatement supérieure.
  • 8. Vérifier le régime : monophasé jusqu'à 12 kVA inclus, triphasé au-delà, avec équilibrage des charges entre phases.
  • 9. Calculer l'intensité correspondante — I = S / 230 en monophasé, I = S / (√3 × 400) en triphasé — pour dimensionner la liaison au tableau.
  • 10. Poursuivre par le dimensionnement des circuits, des sections de conducteurs et des protections, qui est un calcul distinct.

Trois exemples chiffrés complets et vérifiables

Les trois cas ci-dessous n'utilisent que des relations exactes — S = P / cos φ, I = S / U en monophasé, I = S / (√3 U) en triphasé — et des puissances installées données en hypothèse explicite. Aucun coefficient de simultanéité n'y est chiffré, pour la raison exposée plus haut : ces valeurs se lisent dans le référentiel normatif, elles ne s'inventent pas.

Exemple 1 — La grille des puissances et les intensités correspondantes

Hypothèse : facteur de puissance égal à 1, tension nominale 230 V en monophasé et 400 V entre phases en triphasé.

Monophasé, I = S / 230 : 3 kVA → 3 000 / 230 = 13,0 A ; 6 kVA → 26,1 A ; 9 kVA → 39,1 A ; 12 kVA → 52,2 A.

Triphasé, I = S / (√3 × 400) = S / 692,8 : 15 kVA → 21,7 A par phase ; 18 kVA → 26,0 A ; 24 kVA → 34,6 A ; 30 kVA → 43,3 A ; 36 kVA → 52,0 A.

Lecture du résultat : 12 kVA en monophasé et 36 kVA en triphasé donnent respectivement 52,2 A et 52,0 A par conducteur — des valeurs quasi identiques. C'est cette équivalence en courant, et non une équivalence en puissance, qui explique que ces deux puissances de raccordement correspondent au même réglage de disjoncteur de branchement, à 60 A. Passer en triphasé, c'est tripler la puissance sans changer le calibre par conducteur.

Exemple 2 — Maison tout électrique : pourquoi la somme brute n'a pas de sens

Hypothèses de puissances installées, à relever sur les plaques signalétiques d'un projet réel : pompe à chaleur air/eau 3,0 kW absorbés ; chauffe-eau électrique 2,4 kW ; plaque à induction 7,4 kW ; four 3,0 kW ; lave-linge 2,2 kW ; lave-vaisselle 2,2 kW ; sèche-linge 2,5 kW ; éclairage et prises diverses 2,0 kW ; borne de recharge de véhicule électrique 7,4 kW.

Étape 1 — Somme brute des puissances installées : 3,0 + 2,4 + 7,4 + 3,0 + 2,2 + 2,2 + 2,5 + 2,0 + 7,4 = 32,1 kW.

Étape 2 — Intensité correspondante en monophasé, sous l'hypothèse cos φ = 1 : I = 32 100 / 230 = 139,6 A. C'est plus du double du calibre maximal d'un branchement monophasé à puissance limitée (60 A pour 12 kVA).

Étape 3 — Poids relatif des postes lourds. La borne de recharge seule appelle 7 400 / 230 = 32,2 A, soit 62 % d'un abonnement de 12 kVA. La plaque à induction seule appelle 32,2 A également. Ces deux appareils, utilisés simultanément, saturent à eux seuls un branchement 12 kVA.

Lecture du résultat : la somme brute de 32,1 kW ne correspond à aucune puissance de raccordement existante et n'a aucune valeur de dimensionnement. Trois voies s'ouvrent, et le projet doit en choisir une explicitement : passer en triphasé et répartir les charges, mettre en place un gestionnaire d'énergie qui déleste le chauffe-eau et la borne de recharge lorsque les usages prioritaires fonctionnent, ou réduire la puissance des équipements les plus lourds. La troisième est souvent la moins coûteuse et la moins souvent envisagée.

Exemple 3 — Recharge de véhicule électrique : le poste qui change le bilan

Hypothèse : facteur de puissance égal à 1, tension 230 V en monophasé et 400 V en triphasé.

Borne monophasée 3,7 kW : I = 3 700 / 230 = 16,1 A. Borne monophasée 7,4 kW : I = 7 400 / 230 = 32,2 A.

Borne triphasée 11 kW : I = 11 000 / 692,8 = 15,9 A par phase. Borne triphasée 22 kW : I = 22 000 / 692,8 = 31,8 A par phase.

Lecture du résultat : une borne triphasée de 11 kW appelle moins de courant par conducteur (15,9 A) qu'une borne monophasée de 7,4 kW (32,2 A), tout en délivrant 50 % de puissance en plus. C'est l'argument technique central en faveur du triphasé dès qu'une IRVE est prévue, avant même la question de la puissance souscrite.

Conséquence de conception : l'infrastructure de recharge fait l'objet d'exigences spécifiques dans la nouvelle série NF C 15-100, qui traite explicitement de ce sujet — il ne s'agit donc plus d'un ajout de circuit spécialisé banal mais d'un domaine normatif à part entière. Anticiper la réservation d'un départ dédié et le passage en triphasé au moment du branchement coûte une fraction de ce que coûte la reprise ultérieure du branchement.

Le cadre normatif et réglementaire

Le dimensionnement électrique d'un logement se joue à l'articulation de trois responsabilités : celle du gestionnaire de réseau pour le branchement, celle du concepteur et de l'installateur pour l'installation intérieure, et celle de l'organisme de contrôle pour la mise sous tension.

NF C 15-100 : une norme profondément restructurée

La NF C 15-100 fixe les règles de conception, de réalisation, de vérification et d'entretien des installations électriques à basse tension. Le point à retenir en 2026 est qu'elle a changé de forme : la série a été publiée en août 2024 — officiellement le 13 septembre 2024 — et se compose désormais de 21 normes, avec une nouvelle structure comportant notamment des parties numérotées 1, 7, 8, 10 et 11. Elle remplace une version de 2002 qui avait connu cinq amendements en une vingtaine d'années.

Depuis septembre 2025, la série NF C 15-100 s'applique aux installations neuves ainsi qu'aux extensions et modifications d'installations. Parmi les évolutions annoncées figurent l'introduction de sujets nouveaux — efficacité énergétique, infrastructures de recharge de véhicules électriques, éclairage à très basse tension —, un renforcement des exigences de protection contre l'incendie fondé sur les euroclasses des conducteurs et câbles, et une modification des méthodes de calcul des sections de câbles pour tenir compte des harmoniques.

Cette dernière évolution est essentielle pour l'usage d'un calculateur : les méthodes de détermination des sections ont changé. Toute méthode ou tout tableau antérieur à cette révision doit être confronté à la partie applicable de la nouvelle série avant d'être utilisé sur un projet neuf.

Le branchement : ce qui relève du gestionnaire de réseau

La puissance de raccordement, la nature du branchement — monophasé ou triphasé — et le réglage du disjoncteur de branchement relèvent du gestionnaire du réseau public de distribution, dans le cadre de sa documentation technique de référence. Les branchements à puissance limitée couvrent les puissances inférieures ou égales à 36 kVA et ne permettent aucun dépassement : le franchissement de la puissance souscrite provoque la coupure.

Les procédures de raccordement distinguent d'ailleurs explicitement les installations de consommation de puissance inférieure ou égale à 36 kVA de celles de puissance supérieure ou raccordées en HTA, qui relèvent d'un processus différent. Franchir le seuil de 36 kVA n'est donc pas une simple augmentation d'abonnement : c'est un changement de régime de raccordement, avec ses délais et ses coûts propres.

La chaîne des vérifications avant mise sous tension

  • Conception : bilan de puissance, choix du régime monophasé ou triphasé, définition des circuits et de leurs protections selon la partie applicable de la NF C 15-100.
  • Réalisation : mise en œuvre par un installateur, dans le respect des règles de la série normative applicable à la date des travaux.
  • Attestation de conformité : établie pour toute installation neuve ou entièrement rénovée, elle conditionne la mise sous tension par le gestionnaire de réseau.
  • Raccordement : la demande auprès du gestionnaire de réseau fixe la puissance de raccordement, qui borne définitivement la puissance souscrite possible.
  • Exploitation : la puissance souscrite peut être ajustée auprès du fournisseur dans la limite de la puissance de raccordement, mais l'augmenter au-delà suppose de reprendre le branchement.

Limites et hypothèses du bilan de puissance

Un bilan de puissance est une projection d'usage. Il vaut ce que valent les hypothèses d'équipement et de comportement qu'on y met, et il vieillit vite.

  • Le bilan repose sur un inventaire d'équipements à un instant donné. L'arrivée ultérieure d'une borne de recharge, d'une climatisation ou d'une piscine peut à elle seule invalider le dimensionnement, sans qu'aucune erreur de calcul n'ait été commise.
  • Les facteurs de simultanéité sont statistiques. Ils décrivent un comportement moyen et ne garantissent pas l'absence de coïncidence : un soir d'hiver avec cuisson, sèche-linge et recharge simultanés est parfaitement possible, simplement peu probable.
  • L'hypothèse cos φ = 1 est fausse pour les charges à moteur et à électronique de puissance. Elle sous-estime la puissance apparente et donc l'intensité réellement appelée.
  • Les puissances de plaques signalétiques sont des puissances nominales maximales, pas des puissances de fonctionnement. Une pompe à chaleur n'appelle sa puissance maximale que par température extérieure de base.
  • Le bilan ne dit rien de l'énergie consommée. Puissance et consommation sont deux grandeurs distinctes : un abonnement surdimensionné coûte en abonnement, pas en kWh.
  • En triphasé, un bilan global équilibré ne garantit pas un tableau équilibré. Le déséquilibre entre phases se vérifie phase par phase, et il fait déclencher le disjoncteur bien avant que la puissance totale ne soit atteinte.
  • Les méthodes de calcul des sections de câbles ont été modifiées dans la nouvelle série NF C 15-100 pour tenir compte des harmoniques. Un bilan de puissance correct ne dispense donc pas de reprendre le dimensionnement des conducteurs selon le référentiel en vigueur.

Erreurs fréquentes dans le calcul de puissance électrique

  • Confondre kW et kVA : les abonnements et les disjoncteurs de branchement sont exprimés en puissance apparente, et S = P / cos φ.
  • Additionner les puissances installées sans foisonnement et conclure qu'il faut un raccordement hors de portée.
  • Appliquer un foisonnement à des postes qui n'en admettent pas, à commencer par le chauffage, qui fonctionne simultanément dans toutes les pièces par temps froid.
  • Utiliser des coefficients de simultanéité de mémoire ou trouvés sur un forum, au lieu de ceux du référentiel normatif applicable.
  • Calculer l'intensité triphasée par I = S / U au lieu de I = S / (√3 × U), ce qui surestime le courant d'un facteur 1,73.
  • Oublier que la puissance de raccordement est une grille de valeurs discrètes : un besoin de 13 kVA impose un passage en triphasé, pas un ajustement.
  • Dimensionner un logement sans réserver le départ d'une future borne de recharge, alors qu'elle appelle à elle seule plus de la moitié d'un abonnement de 12 kVA.
  • Répartir les charges au hasard sur les trois phases d'un tableau triphasé : le déséquilibre fait déclencher la protection avant l'atteinte de la puissance nominale.
  • Supposer cos φ = 1 sur une installation comportant pompe à chaleur, ventilation et éclairage LED bas de gamme, et sous-estimer la puissance apparente.
  • Réutiliser une méthode ou un tableau de calcul de sections antérieur à la révision de la série NF C 15-100, alors que les méthodes ont été modifiées pour intégrer les harmoniques.
  • Confondre puissance souscrite et puissance de raccordement, et promettre au client une augmentation d'abonnement que le branchement existant ne permet pas.

Puissance électrique et projet de maîtrise d'œuvre

Le bilan de puissance est l'un des rares calculs dont l'erreur ne se rattrape pas sans travaux. Une section de câble se recalcule sur plan, un tableau se réorganise, mais un branchement monophasé 12 kVA ne devient pas triphasé 36 kVA sans intervention du gestionnaire de réseau, avec ses délais et son coût. C'est pourquoi le régime de raccordement se décide au dépôt du permis, sur la base d'un bilan qui intègre les usages à dix ans — recharge de véhicule, climatisation, éventuelle production photovoltaïque avec autoconsommation — et non les seuls usages du jour de la livraison.

Sur les opérations qu'elle suit, Progineer exige un bilan de puissance écrit, avec la liste des équipements, leurs puissances relevées sur plaque signalétique, l'hypothèse de facteur de puissance et le régime de raccordement retenu. Ce document sert deux fois : à la demande de raccordement, où il justifie la puissance demandée, et au visa des plans du lot électricité, où il permet de vérifier que le tableau distribue bien ce que le branchement peut amener.

En rénovation, la question se pose différemment et plus tôt. Avant même de dessiner, il faut connaître la puissance de raccordement existante, la nature du branchement et l'état de l'installation intérieure. Un projet qui ajoute une pompe à chaleur et une borne de recharge sur un branchement monophasé 9 kVA n'est pas un projet électrique, c'est un projet de branchement — et ce point doit apparaître dans l'estimation initiale, pas en cours de chantier.

FAQ technique — Calcul de la puissance électrique d'un logement

Quelle est la différence entre kW et kVA ?

Le kilowatt mesure la puissance active réellement convertie en chaleur, lumière ou mouvement. Le kilovoltampère mesure la puissance apparente, produit de la tension par le courant. Les deux sont reliés par S = P / cos φ. Les abonnements et les disjoncteurs de branchement sont exprimés en kVA parce que c'est le courant qui échauffe les conducteurs. Pour des charges résistives, cos φ vaut sensiblement 1 et les deux valeurs se confondent.

Comment convertir une puissance en ampères ?

En monophasé, I = S / U avec U = 230 V : 6 kVA donnent 26,1 A, 9 kVA donnent 39,1 A, 12 kVA donnent 52,2 A. En triphasé, I = S / (√3 × U) avec U = 400 V : 36 kVA donnent 36 000 / 692,8 = 52,0 A par phase. Utiliser la formule monophasée en triphasé surestime le courant d'un facteur 1,73.

À partir de quelle puissance faut-il passer en triphasé ?

Pour l'habitat, l'usage est de raccorder en monophasé jusqu'à 12 kVA inclus, le triphasé devenant nécessaire au-delà. Les branchements à puissance limitée couvrent les puissances inférieures ou égales à 36 kVA ; au-delà, on change de régime de raccordement, avec une procédure et des délais différents. La décision appartient au gestionnaire du réseau public de distribution.

Pourquoi 12 kVA en monophasé et 36 kVA en triphasé donnent-ils le même disjoncteur ?

Parce que l'intensité par conducteur est la même : 12 000 / 230 = 52,2 A en monophasé et 36 000 / (√3 × 400) = 52,0 A par phase en triphasé. Ces deux puissances de raccordement correspondent au même réglage de disjoncteur de branchement, à 60 A. Le triphasé triple la puissance transmissible sans augmenter le calibre par conducteur.

Peut-on additionner les puissances de tous les appareils ?

Non, cela n'a aucune valeur de dimensionnement. Une maison tout électrique équipée d'une pompe à chaleur, d'un chauffe-eau, d'une plaque à induction, d'un four, de gros électroménager et d'une borne de recharge totalise facilement plus de 30 kW installés, soit près de 140 A en monophasé — une valeur qui ne correspond à aucun branchement résidentiel. Le bilan applique des facteurs de simultanéité, et le pilotage ou le délestage complètent le raisonnement.

Où trouver les facteurs de simultanéité à appliquer ?

Dans les tableaux du référentiel normatif applicable et de son guide d'application. Ils ne sont pas reproduits ici volontairement : leur détermination suppose, comme le rappelle le guide lui-même, une connaissance détaillée de l'installation et une expérience des conditions d'exploitation, en particulier pour les moteurs et les prises de courant. Un coefficient repris de mémoire produit un bilan faux avec l'apparence de la rigueur.

Quelle puissance appelle une borne de recharge de véhicule électrique ?

Une borne monophasée de 3,7 kW appelle 16,1 A et une borne monophasée de 7,4 kW appelle 32,2 A sous 230 V. Une borne triphasée de 11 kW n'appelle que 15,9 A par phase et une borne de 22 kW 31,8 A par phase sous 400 V. Une borne monophasée de 7,4 kW représente à elle seule 62 % d'un abonnement de 12 kVA.

La NF C 15-100 a-t-elle changé récemment ?

Oui, profondément. La série a été publiée en août 2024, officiellement le 13 septembre 2024, et comporte désormais 21 normes remplaçant la version de 2002 et ses cinq amendements. Depuis septembre 2025, elle s'applique aux installations neuves ainsi qu'aux extensions et modifications. Parmi les évolutions figurent l'efficacité énergétique, les infrastructures de recharge de véhicules électriques, des exigences incendie fondées sur les euroclasses et une modification des méthodes de calcul des sections de câbles pour tenir compte des harmoniques.

Le résultat de ce calculateur a-t-il une valeur réglementaire ?

Non. Il fournit un ordre de grandeur de pré-dimensionnement à partir d'hypothèses d'équipement. Le bilan de puissance opposable doit être établi par un professionnel avec les coefficients du référentiel normatif applicable, et la puissance de raccordement est fixée par le gestionnaire du réseau public de distribution au vu de la demande de raccordement.

Glossaire technique

Puissance active (P)
Puissance réellement convertie en chaleur, lumière ou mouvement, exprimée en watts. C'est elle qui détermine la consommation d'énergie.
Puissance apparente (S)
Produit de la tension par le courant, exprimé en voltampères. S = P / cos φ. C'est l'unité des abonnements et des disjoncteurs de branchement.
Facteur de puissance (cos φ)
Rapport de la puissance active à la puissance apparente. Voisin de 1 pour les charges résistives, inférieur à 1 pour les moteurs et l'électronique de puissance.
Facteur de simultanéité
Coefficient réducteur traduisant le fait que les usages ne fonctionnent pas tous en même temps. Ses valeurs figurent dans le référentiel normatif et supposent une connaissance des conditions d'exploitation.
Puissance de raccordement
Capacité maximale que l'ouvrage de branchement peut acheminer, fixée par le gestionnaire du réseau public de distribution. Elle borne la puissance souscrite possible.
Puissance souscrite
Puissance choisie par le client auprès de son fournisseur, dans la limite de la puissance de raccordement. Elle détermine le réglage du disjoncteur de branchement.
Branchement à puissance limitée
Branchement de puissance inférieure ou égale à 36 kVA, qui ne permet aucun dépassement et coupe l'alimentation en cas de franchissement.
Délestage
Coupure temporaire et automatique de charges non prioritaires (chauffe-eau, recharge de véhicule) pour éviter le dépassement de la puissance souscrite. C'est un moyen technique de réduire le bilan appelé.
IRVE
Infrastructure de recharge de véhicules électriques. Traitée comme un domaine à part entière dans la nouvelle série NF C 15-100, et non comme un simple circuit spécialisé.
Déséquilibre entre phases
Répartition inégale des charges sur les trois phases d'une installation triphasée. Il fait déclencher la protection avant l'atteinte de la puissance nominale globale.

Sources et normes de référence

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Calcul dimensionnement tuyauterie — Diamètre canalisation

Dimensionnement du diamètre optimal des tuyauteries d'eau et fluides selon DTU 60.11 et NF EN 806. À partir du débit véhiculé, de la vitesse admissible (1 à 2 m/s en distribution sanitaire, 0,5 à 1 m/s en chauffage) et du matériau (cuivre, acier, PER, multicouche), l'outil calcule le diamètre intérieur minimal et la perte de charge linéique. Utilisé pour les réseaux d'alimentation, de bouclage ECS et de chauffage en logement et tertiaire.

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Calcul débit ventilation — Renouvellement air

Calcul des débits de ventilation selon usage et réglementation

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Calcul hauteur manométrique HMT — Dimensionneur pompe

Calcul de la hauteur manométrique totale (HMT) d'un circuit hydraulique et dimensionnement de la pompe selon les règles de l'art en hydraulique industrielle. À partir du débit, du dénivelé géométrique, des pertes de charge linéaires et singulières, l'outil calcule la HMT, vérifie la marge anti-cavitation NPSH disponible et propose le point de fonctionnement. Utilisé pour les surpresseurs, circuits de chauffage, irrigation et stations de relevage.

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Thématiques associées

Notre expertise couvre également ces thématiques connexes, sur lesquelles nous accompagnons régulièrement nos clients :

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