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fluids 🔴 Avancé Premium 15 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul pression eau

Calcul des pressions disponibles et des pertes de charge dans un réseau d'eau sanitaire selon DTU 60.11 et formule de Hazen-Williams. Ce calcul permet de mesurer la pression à différents points du réseau et de vérifier la conformité. À partir du débit, du diamètre, du matériau (cuivre, multicouche, PER), de la longueur et du dénivelé, l'outil détermine la pression résiduelle au point d'usage et vérifie la conformité aux 3 bars minimum. Utilisé pour dimensionner les surpresseurs, réducteurs et choisir les diamètres en logement et tertiaire.

pression eau perte charge réseau hydraulique
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Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Débit L/min Débit
Diamètre de canalisation Diamètre de canalisation
Longueur de canalisation m Longueur de canalisation
Dénivelé m Dénivelé

Comprendre cet outil

Les calculs de fluides dimensionnent les réseaux de ventilation, d'eau et de chauffage : débits, pertes de charge, sections de gaines et puissances thermiques.

Calcul pression eau fournit un dimensionnement préliminaire. La conception finale d'une installation doit être validée par un bureau d'études fluides ou un installateur qualifié selon les normes en vigueur.

Progineer et votre projet

Progineer coordonne le dimensionnement des réseaux fluides avec l'enveloppe du bâtiment et le choix des équipements pour garantir performance et confort.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul pression eau » ?

Calcul des pressions disponibles et des pertes de charge dans un réseau d'eau sanitaire selon DTU 60.11 et formule de Hazen-Williams. Ce calcul permet de mesurer la pression à différents points du réseau et de vérifier la conformité. À partir du débit, du diamètre, du matériau (cuivre, multicouche, PER), de la longueur et du dénivelé, l'outil détermine la pression résiduelle au point d'usage et vérifie la conformité aux 3 bars minimum. Utilisé pour dimensionner les surpresseurs, réducteurs et choisir les diamètres en logement et tertiaire.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Vérifier la pression d'un réseau d'eau sanitaire, c'est établir un bilan : on part de la pression disponible en amont, on retire la hauteur à franchir, on retire les pertes de charge du réseau et de la robinetterie, et on compare ce qui reste à ce qu'exige l'appareil le plus défavorisé. Le résultat s'exprime indifféremment en bar, en pascals ou en mètres de colonne d'eau (mCE) — cette dernière unité étant la plus commode parce qu'elle met la hauteur d'immeuble et les pertes de charge sur la même échelle. Le NF DTU 60.11 P1-1 borne le résultat par le haut comme par le bas : moins de 4 bar de pression statique au point de puisage, au moins 1 bar à l'entrée de chaque logement en collectif. Cette page détaille le bilan terme par terme, trois cas chiffrés refaisables, le cadre réglementaire, les limites du calcul en régime établi et les erreurs qui font qu'un immeuble neuf sonne comme un chantier de sanitaires.

Méthode de calcul : le bilan de pression, terme par terme

Un réseau d'eau sanitaire n'a pas « une » pression : il a une pression en chaque point, qui dépend de l'altitude de ce point, du débit qui y transite à l'instant considéré et de tout ce qui se trouve en amont. Le calcul consiste à écrire une chaîne de soustractions depuis le point de livraison jusqu'au point le plus défavorisé — celui qui cumule la plus grande hauteur et la plus grande longueur de réseau.

L'équation de bilan et ses termes

La pression résiduelle au point de puisage s'écrit P_résiduelle = P_amont − ΔZ − ΔH_linéaire − ΔH_singulière − ΔH_appareils, tous les termes étant ramenés à la même unité. P_amont est la pression disponible au point de livraison (compteur, pied de colonne, sortie de surpresseur). ΔZ est la dénivelée entre ce point et le point de puisage, comptée positivement vers le haut : chaque mètre gagné en hauteur coûte exactement un mètre de colonne d'eau.

ΔH_linéaire regroupe les pertes par frottement dans les canalisations, proportionnelles à la longueur et fortement croissantes avec la vitesse. ΔH_singulière regroupe les pertes dans les coudes, tés, vannes, clapets et changements de section. ΔH_appareils regroupe les pertes des organes terminaux — compteur, filtre, adoucisseur, mitigeur thermostatique — dont les valeurs sont données par les fabricants et jamais par la norme.

Le calcul se fait toujours en régime de débit de pointe, c'est-à-dire au débit probable calculé selon le NF DTU 60.11 : c'est à ce moment-là que les pertes de charge sont maximales et la pression résiduelle minimale. Un réseau vérifié à faible débit ne prouve rien.

Unités et conversions : bar, pascal, mètre de colonne d'eau

La relation entre une pression et une hauteur de colonne d'eau est p = ρ g h, où ρ est la masse volumique de l'eau en kg/m³, g l'accélération de la pesanteur prise à 9,81 m/s² et h la hauteur en mètres. Avec ρ = 1 000 kg/m³, un mètre de colonne d'eau vaut 1 000 × 9,81 × 1 = 9 810 Pa, soit 0,0981 bar.

Réciproquement, 1 bar = 100 000 Pa correspond à h = 100 000 / (1 000 × 9,81) = 10,19 m de colonne d'eau. En pratique on retient 1 bar ≈ 10,2 mCE, et l'approximation courante « 1 bar = 10 m » introduit une erreur de 2 % qui reste acceptable en pré-dimensionnement mais qu'il faut abandonner dès que l'on frôle une borne réglementaire.

Conséquence directe et souvent sous-estimée : un immeuble de dix niveaux, soit environ 28 mètres, consomme à lui seul 2,7 bar de pression rien que pour monter l'eau, avant même toute perte de charge. C'est cette arithmétique qui impose surpresseurs et zonage de pression dans les immeubles de grande hauteur.

Pertes de charge linéaires : d'où vient le mCE par mètre

La perte de charge linéaire se calcule par la formule de Darcy-Weisbach, ΔH = λ × (L / D) × v² / (2 g), où λ est le coefficient de frottement sans dimension, L la longueur en mètres, D le diamètre intérieur en mètres, v la vitesse en m/s et g = 9,81 m/s². Le résultat est en mètres de colonne d'eau.

Pour les installations collectives, le NF DTU 60.11 P1-1 impose de déterminer λ par la formule de Colebrook, en retenant une rugosité de paroi de 0,0001 m indépendante du matériau, afin de tenir compte des dépôts formés après quelques mois d'utilisation. Ce choix est important : il interdit de dimensionner un réseau sur la rugosité d'un tube neuf, et il explique qu'un calcul de perte de charge réglementaire soit toujours plus pénalisant qu'un calcul de catalogue.

La dépendance en v² est la clé de lecture du bilan. Doubler la vitesse quadruple la perte de charge linéaire. C'est pourquoi un tronçon légèrement sous-dimensionné ne dégrade pas la pression un peu, mais beaucoup.

Pertes de charge singulières et pertes d'appareils

Les pertes singulières s'expriment par ΔH = ΣK × v² / (2 g), où ΣK est la somme des coefficients de perte des accidents rencontrés sur le tronçon : coudes, tés, réductions, vannes, clapets anti-retour, crépines. Ces coefficients sont des données de fournisseur ou de littérature technique ; ils ne figurent pas dans le NF DTU 60.11.

Les pertes des organes terminaux constituent une troisième famille, souvent la plus lourde en logement : compteur, filtre, adoucisseur, réducteur, mitigeur thermostatique. Elles sont données par le fabricant sous forme d'une courbe perte de charge / débit, et un mitigeur thermostatique de douche peut à lui seul consommer plusieurs dixièmes de bar au débit nominal. Les omettre du bilan est la cause la plus banale d'un écart entre calcul et ressenti.

Les bornes opposables du NF DTU 60.11

  • Pression statique inférieure à 4 bar au point de puisage — des réducteurs de pression sont à prévoir le cas échéant.
  • Pression minimale de 1 bar à l'entrée de chacun des logements dans un immeuble collectif d'habitation.
  • Hauteur piézométrique au moins égale à trois mètres en tout point de mise à disposition, à l'heure de pointe de consommation, en application de l'article R. 1321-58 du Code de la santé publique.
  • Vitesse de calcul de 2 m/s en sous-sol, vide sanitaire ou local technique, et de 1,5 m/s en colonne montante, la vitesse résultante devant rester inférieure à 2 m/s majorée de 10 %.
  • En production d'ECS individuelle, le réducteur est installé sur l'arrivée générale d'eau froide du logement ; en production collective, les pressions d'eau chaude et d'eau froide doivent être sensiblement égales aux différents points de puisage.
  • Certains équipements exigent une pression d'alimentation minimale supérieure aux minima réglementaires : les chaudières individuelles gaz produisant l'ECS et les mitigeurs thermostatiques en font partie, et c'est la préconisation du fabricant qui fait alors foi.

Enchaînement complet de la vérification

  • 1. Mesurer ou obtenir la pression disponible au point de livraison, en distinguant pression statique (débit nul) et pression dynamique (au débit de pointe).
  • 2. Identifier le point de puisage le plus défavorisé : plus haut, plus éloigné, ou le plus exigeant en pression d'alimentation.
  • 3. Convertir toutes les grandeurs dans la même unité, de préférence le mCE.
  • 4. Retirer la dénivelée ΔZ entre le point de livraison et ce point de puisage.
  • 5. Calculer la perte de charge linéaire au débit probable, par Darcy-Weisbach avec λ issu de Colebrook et une rugosité de 0,0001 m.
  • 6. Ajouter les pertes singulières ΣK × v² / (2 g) et les pertes des organes terminaux relevées sur les courbes fabricant.
  • 7. Comparer la pression résiduelle obtenue à l'exigence de l'appareil et aux minima réglementaires.
  • 8. Vérifier séparément la pression statique au point bas du réseau, qui ne doit pas dépasser 4 bar au point de puisage.
  • 9. Si les deux conditions ne peuvent être satisfaites simultanément, zoner le réseau : réducteur par étage ou par zone, voire surpresseur dédié aux niveaux hauts.

Trois exemples chiffrés complets et vérifiables

Les trois bilans ci-dessous sont refaisables à la calculatrice avec la conversion 1 bar = 10,19 mCE. Les pressions de réseau, les pertes de charge linéiques et les pertes de robinetterie sont des hypothèses de calcul explicites : sur un projet réel, la première se mesure, la deuxième se calcule par Colebrook et la troisième se lit sur la courbe du fabricant.

Exemple 1 — Maison individuelle : douche à l'étage

Hypothèses : pression mesurée au compteur 3,5 bar au débit de pointe ; dénivelée compteur / pomme de douche 5,0 m ; longueur développée d'alimentation 25 m ; perte de charge linéique retenue 0,10 mCE/m (hypothèse à confirmer par le calcul de Colebrook) ; mitigeur thermostatique consommant 0,50 bar au débit nominal, valeur relevée sur la courbe du fabricant.

Étape 1 — Conversion : 3,5 bar × 10,19 = 35,7 mCE disponibles.

Étape 2 — Dénivelée : − 5,0 mCE. Il reste 30,7 mCE.

Étape 3 — Pertes linéaires : 25 m × 0,10 = 2,5 mCE. Il reste 28,2 mCE.

Étape 4 — Mitigeur thermostatique : 0,50 bar × 10,19 = 5,1 mCE. Il reste 23,1 mCE.

Étape 5 — Conversion finale : 23,1 / 10,19 = 2,27 bar de pression résiduelle à la pomme de douche.

Lecture du résultat : le confort est assuré, mais l'analyse du bilan est plus instructive que le résultat. La robinetterie consomme à elle seule 5,1 mCE, soit deux fois la totalité des pertes du réseau. Sur un projet où la pression amont serait de 1,8 bar au lieu de 3,5, le bilan tomberait à 18,3 − 5,0 − 2,5 − 5,1 = 5,7 mCE, soit 0,56 bar : en dessous du seuil de fonctionnement de la plupart des mitigeurs thermostatiques.

Exemple 2 — Immeuble R+5 : l'arbitrage entre les deux bornes

Hypothèses : pression du réseau public 4,5 bar au pied de l'immeuble ; hauteur du dernier logement 16,0 m au-dessus du compteur général ; perte de charge de la colonne montante et de la distribution 3,5 mCE au débit probable.

Étape 1 — Vérification de la borne haute. La pression statique au point de puisage le plus bas vaut 4,5 bar, supérieure au maximum de 4 bar imposé par le NF DTU 60.11 P1-1. Un réducteur de pression est donc obligatoire en tête d'installation. On le règle à 3,5 bar.

Étape 2 — Vérification de la borne basse après réduction. 3,5 bar × 10,19 = 35,7 mCE. On retire la hauteur : 35,7 − 16,0 = 19,7 mCE. On retire les pertes de charge : 19,7 − 3,5 = 16,2 mCE.

Étape 3 — Conversion : 16,2 / 10,19 = 1,59 bar à l'entrée du dernier logement, au-dessus du minimum de 1 bar exigé par le DTU. Les deux bornes sont satisfaites simultanément : l'installation est conforme avec un simple réducteur général.

Lecture du résultat : la marge n'est que de 0,59 bar. Un étage supplémentaire (+ 2,8 m, soit − 0,27 bar) ou un adoucisseur non prévu au bilan suffirait à faire basculer l'installation sous le seuil. C'est pourquoi le réglage du réducteur est un paramètre de conception, pas un réglage de mise en service : le régler à 3,0 bar ferait tomber le dernier logement à 1,10 bar, à la limite.

Exemple 3 — Immeuble R+8 : dimensionner un surpresseur et découvrir le zonage

Hypothèses : pression du réseau public 2,0 bar au pied de l'immeuble ; hauteur du dernier logement 26,0 m ; pertes de charge du réseau 5,0 mCE au débit probable ; pression résiduelle cible à l'entrée du dernier logement 2,0 bar, pour couvrir une robinetterie thermostatique.

Étape 1 — Pression nécessaire au pied de l'immeuble : 2,0 bar de résiduelle (20,4 mCE) + 26,0 m de hauteur + 5,0 mCE de pertes = 51,4 mCE, soit 51,4 / 10,19 = 5,04 bar.

Étape 2 — Surpression à fournir : 51,4 − (2,0 × 10,19) = 51,4 − 20,4 = 31,0 mCE, soit 3,04 bar. C'est la hauteur manométrique que devra délivrer le surpresseur au débit probable de l'immeuble.

Étape 3 — Conséquence en pied d'immeuble. Après surpression, la pression statique au niveau le plus bas atteint 5,04 bar, très au-dessus de la limite de 4 bar au point de puisage. Le surpresseur seul rend l'installation non conforme en bas alors qu'il la rend conforme en haut.

Étape 4 — Résolution : zonage. On installe des réducteurs de pression d'étage ou de zone sur les niveaux bas, réglés de façon à ramener la pression statique sous 4 bar en tout point de puisage, tout en laissant la colonne monter à la pression requise pour les niveaux hauts.

Lecture du résultat : ce cas illustre le point le plus mal compris du dimensionnement hydraulique en immeuble. Les deux bornes du DTU — 4 bar maximum et 1 bar minimum — ne sont pas deux vérifications indépendantes, ce sont deux contraintes qui se contredisent dès que la hauteur dépasse environ 30 mètres. Le zonage n'est pas une option de confort, c'est la seule façon de satisfaire les deux.

Le cadre réglementaire et normatif

La pression d'une installation intérieure relève simultanément d'une norme de calcul, d'un code sanitaire et des préconisations des fabricants d'équipements. Les trois niveaux ne disent pas la même chose et se contrôlent séparément.

NF DTU 60.11 P1-1 : les bornes de dimensionnement

La version en vigueur est celle d'août 2013, la partie P1-1 ayant été homologuée le 10 août 2013 sous l'indice P 40-202-1-1 en remplacement du DTU 60.11 d'octobre 1988. Elle impose une pression statique inférieure à 4 bar au point de puisage, avec réducteurs à prévoir le cas échéant, et une pression minimale de 1 bar à l'entrée de chacun des logements dans les immeubles collectifs d'habitation.

Le document précise également les modalités d'implantation des organes de réduction : en production d'eau chaude individuelle, le réducteur est installé sur l'arrivée générale d'eau froide du logement ; en production collective, en cas d'utilisation de réducteurs ou de surpresseurs, les pressions d'eau chaude et d'eau froide doivent être sensiblement égales aux différents points de puisage — faute de quoi tout mitigeur devient impossible à régler.

Code de la santé publique : la hauteur piézométrique minimale

L'article R. 1321-58 du Code de la santé publique impose que la hauteur piézométrique de l'eau distribuée par les réseaux intérieurs soit, pour chaque réseau et en tout point de mise à disposition, au moins égale à trois mètres, à l'heure de pointe de consommation. Trois mètres de colonne d'eau correspondent à environ 0,29 bar : c'est un plancher sanitaire, pas un niveau de confort.

L'article R. 1321-55 encadre par ailleurs les dispositifs de mise sous pression — surpresseurs et réservoirs — qui peuvent être mis en œuvre lorsque la configuration du bâtiment l'exige. La conformité à ces articles se vérifie indépendamment de la conformité au DTU : un réseau peut respecter le minimum sanitaire de trois mètres et rester très en dessous du minimum de 1 bar exigé par le NF DTU 60.11 en collectif.

Pression statique et pression dynamique : deux vérifications distinctes

La pression statique est celle relevée au repos, tous les puisages fermés. C'est elle qui est bornée à 4 bar au point de puisage, parce que c'est elle qui sollicite en permanence les joints, les flexibles et les groupes de sécurité, et qu'elle est la première cause de fuites sur robinetterie.

La pression dynamique est celle relevée au débit de pointe, une fois retirées toutes les pertes de charge. C'est elle qui est bornée par le bas — 1 bar à l'entrée de logement, trois mètres piézométriques au point de mise à disposition — parce que c'est elle qui conditionne le débit réellement délivré. Une note de calcul qui n'affiche qu'une seule des deux n'a vérifié que la moitié du problème.

Limites et hypothèses du bilan de pression

Le bilan de pression est un calcul en régime permanent sur un réseau figé, alimenté par une pression amont supposée connue. Chacune de ces trois hypothèses peut être prise en défaut sur un chantier réel.

  • La pression amont n'est pas une constante. Elle varie au cours de la journée et de l'année sur le réseau public, et la valeur à retenir est la pression minimale garantie au point de livraison, pas la valeur relevée un mardi matin.
  • Le calcul ignore les transitoires. Les coups de bélier provoqués par la fermeture rapide d'une électrovanne de machine à laver ou d'un mitigeur monocommande produisent des surpressions instantanées bien supérieures à la pression statique, et relèvent d'une analyse séparée.
  • La rugosité conventionnelle de 0,0001 m retenue par le NF DTU 60.11 représente un réseau après quelques mois de service, pas un réseau entartré depuis vingt ans. Sur un existant, la perte de charge réelle peut être plusieurs fois supérieure au calcul.
  • Les pertes de charge des organes terminaux ne sont pas normalisées. Elles proviennent de courbes fabricant établies à un débit donné, et un changement de robinetterie en cours de chantier peut invalider le bilan sans que personne ne s'en aperçoive.
  • Le bilan est mené sur un point supposé le plus défavorisé. Sur un réseau maillé ou comportant plusieurs colonnes de longueurs différentes, ce point n'est pas toujours le plus haut : il peut être le plus éloigné.
  • La pression ne dit rien du débit délivré si le diamètre est insuffisant : les deux vérifications sont couplées mais distinctes, et un réseau peut être conforme en pression résiduelle et inconfortable en débit.
  • L'eau chaude et l'eau froide n'ont pas le même bilan. Les longueurs, les diamètres et les organes traversés diffèrent, et le DTU impose en production collective que les deux pressions soient sensiblement égales aux points de puisage — ce qui est une exigence de résultat, pas une conséquence automatique.

Erreurs fréquentes dans le calcul de pression d'un réseau d'eau

  • Confondre pression statique et pression dynamique, et déclarer conforme un réseau vérifié tous puisages fermés.
  • Retenir « 1 bar = 10 m » au lieu de 10,19 m lorsque le résultat frôle une borne réglementaire : l'erreur de 2 % suffit à faire basculer un avis de conformité.
  • Oublier la dénivelée dans le bilan, ou la compter en sens inverse sur un réseau descendant depuis une bâche en toiture.
  • Négliger les pertes de charge de la robinetterie terminale, du compteur, du filtre et de l'adoucisseur, qui dépassent souvent celles du réseau lui-même.
  • Mener le bilan au débit moyen au lieu du débit probable de pointe : les pertes de charge varient comme le carré de la vitesse, l'écart est considérable.
  • Installer un surpresseur pour résoudre un problème de pression en haut d'immeuble sans vérifier la pression statique en bas, et créer une non-conformité au point le plus bas.
  • Régler un réducteur de pression en mise en service sans revenir au bilan : chaque dixième de bar retiré en tête est un dixième de bar perdu au dernier étage.
  • Traiter la borne de 4 bar comme une recommandation de confort alors qu'elle est une valeur de dimensionnement du NF DTU 60.11, et la cause directe des fuites sur joints et flexibles.
  • Dimensionner sur la pression relevée un jour donné plutôt que sur la pression minimale garantie par le distributeur.
  • Vérifier le réseau d'eau froide et supposer que l'eau chaude suivra : en production collective, l'égalité sensible des pressions ECS/EF aux points de puisage est une exigence explicite du DTU.

Pression d'eau et projet de maîtrise d'œuvre

La pression est le point où le dimensionnement hydraulique cesse d'être un exercice de bureau d'études pour devenir un arbitrage de projet. Choisir entre un surpresseur unique avec zonage par réducteurs d'étage et une distribution par bâche en toiture engage la surface de local technique, la puissance électrique appelée, la maintenance et le coût d'exploitation sur vingt ans. Ce n'est pas une décision de lot plomberie, c'est une décision de programme.

En rénovation, le sujet commence toujours par une mesure. Relever la pression statique et la pression au débit de pointe au compteur, avant toute étude, coûte une demi-heure et évite des mois de discussion : c'est cette valeur, et non une hypothèse, qui décide de la faisabilité d'ajouter une salle de bains à l'étage ou de passer d'un chauffe-eau à une production instantanée. Progineer impose cette mesure en amont de toute étude de faisabilité sanitaire.

En phase d'exécution, le contrôle porte sur trois documents : la note de calcul du point le plus défavorisé, la fiche technique de la robinetterie retenue avec sa courbe de perte de charge, et le procès-verbal de réglage des réducteurs de pression. Sans ces trois pièces, le respect des bornes du NF DTU 60.11 n'est pas démontrable — et une non-conformité de pression se découvre en général le jour où les occupants emménagent.

FAQ technique — Bilan de pression d'un réseau d'eau sanitaire

Quelle pression minimale faut-il à l'entrée d'un logement ?

Le NF DTU 60.11 P1-1 impose que l'installation d'un immeuble collectif d'habitation soit conçue pour obtenir au moins 1 bar à l'entrée de chacun des logements. En parallèle, l'article R. 1321-58 du Code de la santé publique impose une hauteur piézométrique d'au moins trois mètres — soit environ 0,29 bar — en tout point de mise à disposition, à l'heure de pointe de consommation. Ce sont deux exigences distinctes qui se vérifient séparément.

Quelle est la pression maximale admissible dans un réseau sanitaire ?

Le NF DTU 60.11 P1-1 impose une pression statique inférieure à 4 bar au point de puisage, des réducteurs de pression étant à prévoir le cas échéant. Cette borne protège les joints, les flexibles et les groupes de sécurité : au-delà, les fuites sur robinetterie deviennent la règle plutôt que l'exception.

Combien de bar perd-on par étage ?

La perte est purement géométrique : un mètre de hauteur coûte un mètre de colonne d'eau. Avec 1 bar = 10,19 mCE, un étage de 2,8 m coûte 2,8 / 10,19 = 0,275 bar. Un immeuble R+5 dont le dernier logement est 16 m au-dessus du compteur consomme donc environ 1,57 bar rien que pour monter l'eau, avant toute perte de charge.

Comment convertir des bar en mètres de colonne d'eau ?

Par la relation p = ρ g h avec ρ = 1 000 kg/m³ et g = 9,81 m/s². Un mètre de colonne d'eau vaut 9 810 Pa, soit 0,0981 bar ; réciproquement 1 bar = 100 000 / 9 810 = 10,19 mCE. L'approximation « 1 bar = 10 m » introduit une erreur de 2 %, acceptable en pré-dimensionnement mais à proscrire dès qu'on approche une borne réglementaire.

Faut-il un réducteur de pression ou un surpresseur ?

Un réducteur s'impose lorsque la pression statique dépasse 4 bar au point de puisage. Un surpresseur s'impose lorsque la pression résiduelle calculée au point le plus défavorisé, hauteur et pertes de charge déduites, tombe sous l'exigence de l'appareil ou sous les minima réglementaires. Dans un immeuble de grande hauteur, les deux coexistent : le surpresseur alimente la colonne et des réducteurs de zone protègent les niveaux bas.

Pourquoi la pression chute-t-elle quand plusieurs robinets sont ouverts ?

Parce que les pertes de charge varient comme le carré de la vitesse d'écoulement. Doubler le débit dans un tronçon quadruple sa perte de charge linéaire. C'est pourquoi le bilan de pression se mène toujours au débit probable de pointe, calculé selon le NF DTU 60.11, et jamais au débit d'un seul appareil.

La pression du réseau public est-elle garantie ?

Elle varie dans la journée et dans l'année. La valeur à retenir pour un calcul n'est pas la pression relevée un jour donné mais la pression minimale garantie par le distributeur au point de livraison. Sur un projet, cette donnée se demande formellement au service des eaux et se consigne dans les hypothèses de la note de calcul.

Les pressions d'eau chaude et d'eau froide doivent-elles être identiques ?

En production d'eau chaude collective, le NF DTU 60.11 P1-1 impose qu'en cas d'utilisation de réducteurs de pression ou de surpresseurs, les pressions d'eau chaude et d'eau froide soient sensiblement égales aux différents points de puisage. À défaut, aucun mitigeur ne peut être réglé de façon stable. En production individuelle, le réducteur est placé sur l'arrivée générale d'eau froide du logement.

Le résultat de ce calculateur a-t-il une valeur réglementaire ?

Non. Il fournit un bilan de pré-dimensionnement à partir d'hypothèses saisies par l'utilisateur. La vérification opposable suppose une pression amont garantie par le distributeur, des pertes de charge calculées par Colebrook avec la rugosité conventionnelle du DTU, les courbes réelles de la robinetterie retenue, et une note établie par un bureau d'études fluides sous sa responsabilité.

Glossaire technique

Pression statique
Pression relevée au repos, tous puisages fermés. C'est elle qui est bornée à moins de 4 bar au point de puisage par le NF DTU 60.11 P1-1.
Pression dynamique
Pression relevée au débit de pointe, pertes de charge déduites. C'est elle qui conditionne le débit délivré et qui est bornée par le bas (1 bar à l'entrée de logement en collectif).
Pression résiduelle
Pression restant disponible au point de puisage après déduction de la dénivelée, des pertes linéaires, des pertes singulières et des pertes d'appareils.
mCE — mètre de colonne d'eau
Unité de pression égale à ρ g h avec h = 1 m, soit 9 810 Pa ou 0,0981 bar. Réciproquement 1 bar = 10,19 mCE.
Hauteur piézométrique
Hauteur de colonne d'eau équivalente à la pression disponible. L'article R. 1321-58 du Code de la santé publique en impose au moins trois mètres en tout point de mise à disposition, à l'heure de pointe.
Perte de charge linéaire
Perte par frottement dans une canalisation, ΔH = λ (L/D) v²/(2g). Elle varie comme le carré de la vitesse et est proportionnelle à la longueur.
Perte de charge singulière
Perte due à un accident de parcours (coude, té, vanne, clapet), ΔH = ΣK v²/(2g), où K est un coefficient sans dimension propre à l'accessoire.
Réducteur de pression
Organe abaissant la pression aval à une valeur de consigne. Imposé lorsque la pression statique dépasse 4 bar au point de puisage ; placé sur l'arrivée générale d'eau froide du logement en production d'ECS individuelle.
Surpresseur
Groupe de pompage relevant la pression d'un réseau intérieur lorsque la pression amont ne suffit plus. Sa mise en œuvre est encadrée par l'article R. 1321-55 du Code de la santé publique.
Zonage de pression
Découpage d'un réseau vertical en zones desservies à des pressions différentes, seul moyen de satisfaire simultanément le maximum de 4 bar en bas et le minimum de 1 bar en haut dans un immeuble de grande hauteur.

Sources et normes de référence

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Calcul dimensionnement tuyauterie — Diamètre canalisation

Dimensionnement du diamètre optimal des tuyauteries d'eau et fluides selon DTU 60.11 et NF EN 806. À partir du débit véhiculé, de la vitesse admissible (1 à 2 m/s en distribution sanitaire, 0,5 à 1 m/s en chauffage) et du matériau (cuivre, acier, PER, multicouche), l'outil calcule le diamètre intérieur minimal et la perte de charge linéique. Utilisé pour les réseaux d'alimentation, de bouclage ECS et de chauffage en logement et tertiaire.

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Calcul puissance électrique — Dimensionnement logement

Calcul de la puissance électrique totale et dimensionnement du tableau de répartition selon NF C 15-100 et guide UTE C 15-105. À partir de l'inventaire des circuits (éclairage, prises, plaque, chauffage, IRVE), l'outil applique les coefficients de simultanéité, restitue la puissance souscrite recommandée et propose la calibration du disjoncteur de branchement. Utilisé pour les logements neufs, rénovations et raccordements Enedis en monophasé ou triphasé.

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Calcul section câbles électriques — NF C 15-100

Calcul de la section minimale des conducteurs électriques selon NF C 15-100 et guide UTE C 15-105. Ce calculateur permet de calculer la section de cable pour votre installation électrique. À partir de l'intensité d'emploi, de la longueur de câble, du mode de pose (B1, B2, C, E, F), du matériau (cuivre, aluminium) et du type d'isolant (PVC, PR), l'outil applique les courants admissibles, vérifie la chute de tension (≤ 3 %) et le pouvoir de coupure. Utilisé en logement, tertiaire et installations photovoltaïques.

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Calcul débit ventilation — Renouvellement air

Calcul des débits de ventilation selon usage et réglementation

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Calcul hauteur manométrique HMT — Dimensionneur pompe

Calcul de la hauteur manométrique totale (HMT) d'un circuit hydraulique et dimensionnement de la pompe selon les règles de l'art en hydraulique industrielle. À partir du débit, du dénivelé géométrique, des pertes de charge linéaires et singulières, l'outil calcule la HMT, vérifie la marge anti-cavitation NPSH disponible et propose le point de fonctionnement. Utilisé pour les surpresseurs, circuits de chauffage, irrigation et stations de relevage.

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