Aller au contenu principal
Fond décoratif architecture et calculs professionnels BTP
thermal 🟡 Intermédiaire 12 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul ventilation VMC — Dimensionnement DTU 68.3

Calcul des débits réglementaires de ventilation et dimensionnement d'une VMC simple flux ou double flux selon DTU 68.3 et arrêté du 24 mars 1982. À partir du nombre de pièces principales et de services (cuisine, SDB, WC), l'outil détermine les débits extraits, le débit total et la classe de VMC. Utilisé pour les logements neufs RE2020, la rénovation BBC et les diagnostics qualité d'air intérieur.

VMC ventilation débit renouvellement air DTU 68.3

Remplissez les paramètres et cliquez sur "Calculer" pour voir les résultats

Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Nombre de pièces principales Nombre de pièces principales
Nombre de cuisines Nombre de cuisines
Nombre de salles de bain Nombre de salles de bain
Nombre de WC séparés Nombre de WC séparés

Comprendre cet outil

Les calculs thermiques évaluent la performance énergétique d'un bâtiment : besoin bioclimatique (Bbio), consommation conventionnelle (Cep), impact carbone (Ic) et déperditions, conformément à la RE2020 et aux réglementations thermiques antérieures.

Calcul ventilation VMC — Dimensionnement DTU 68.3 apporte une estimation préliminaire utile en phase d'esquisse. L'étude thermique réglementaire complète, indispensable au dépôt de permis, doit être confiée à un bureau d'études certifié.

Progineer et votre projet

Progineer pilote l'étude thermique réglementaire et oriente les choix d'enveloppe, d'équipements et de matériaux pour atteindre la performance visée.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul ventilation VMC — Dimensionnement DTU 68.3 » ?

Calcul des débits réglementaires de ventilation et dimensionnement d'une VMC simple flux ou double flux selon DTU 68.3 et arrêté du 24 mars 1982. À partir du nombre de pièces principales et de services (cuisine, SDB, WC), l'outil détermine les débits extraits, le débit total et la classe de VMC. Utilisé pour les logements neufs RE2020, la rénovation BBC et les diagnostics qualité d'air intérieur.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Dimensionner une ventilation de logement en France, c'est appliquer un texte réglementaire précis : l'arrêté du 24 mars 1982 relatif à l'aération des logements. Ce texte ne raisonne ni en volume du logement ni en nombre d'occupants, mais en nombre de pièces principales et en nature des pièces de service. Il impose un principe d'aération générale et permanente par balayage — l'air entre dans les pièces principales et s'extrait dans les pièces de service — et fixe des débits minimaux tabulés. Cette page détaille ce principe, reproduit les débits des articles 3 et 4, propose trois dimensionnements chiffrés dont un bilan de déperdition par renouvellement d'air, puis expose le cadre réglementaire, les limites et les erreurs les plus fréquentes.

Méthode de dimensionnement : principe de balayage et débits tabulés

La méthode réglementaire française n'est pas un calcul mais une lecture de tableau, encadrée par un principe de circulation d'air. C'est ce qui la rend à la fois simple à appliquer et facile à appliquer de travers : l'erreur ne porte presque jamais sur l'arithmétique, mais sur l'identification des pièces et sur le régime considéré.

Le principe d'aération générale et permanente par balayage

L'arrêté du 24 mars 1982 pose que l'aération des logements doit pouvoir être générale et permanente, au moins pendant la période où la température extérieure oblige à maintenir les fenêtres fermées. Le mouvement d'air s'établit par entrée d'air dans les pièces principales et par extraction dans les pièces de service : c'est le balayage.

Le texte prévoit deux régimes particuliers. Pour les bâtiments soumis à l'isolement acoustique renforcé au titre de l'arrêté du 6 octobre 1978, la ventilation doit fonctionner en permanence toute l'année. Il admet par ailleurs, dans certaines conditions détaillées à son chapitre II, une ventilation permanente limitée à certaines pièces.

Conséquence de conception souvent ignorée : le balayage suppose des passages de transit entre les pièces principales et les pièces de service. Un détalonnage de porte insuffisant, ou une porte à joint périphérique posée sans grille de transit, interrompt le circuit et rend inopérant un système par ailleurs correctement dimensionné.

Article 3 — les débits extraits par pièce de service

L'article 3 de l'arrêté fixe les débits à extraire dans les pièces de service, en conditions climatiques moyennes d'hiver, selon le nombre de pièces principales du logement. Ces valeurs, exprimées en m³/h, doivent pouvoir être atteintes simultanément.

  • 1 pièce principale : cuisine 75, salle de bains ou de douches 15, autre salle d'eau 15, cabinet d'aisances 15.
  • 2 pièces principales : cuisine 90, salle de bains 15, autre salle d'eau 15, cabinet d'aisances 15.
  • 3 pièces principales : cuisine 105, salle de bains 30, autre salle d'eau 15, cabinet d'aisances 15.
  • 4 pièces principales : cuisine 120, salle de bains 30, autre salle d'eau 15, cabinet d'aisances 30.
  • 5 pièces principales et plus : cuisine 135, salle de bains 30, autre salle d'eau 15, cabinet d'aisances 30.
  • Cas particulier des logements d'une pièce : la salle de bains et le cabinet d'aisances peuvent partager une bouche d'extraction commune, à 15 m³/h.
  • Cas des hottes : lorsqu'une hotte est installée, des débits d'extraction inférieurs sont admis en fonction de son efficacité.
  • Cas des cabinets d'aisances multiples : la présence de deux cabinets d'aisances ou plus déclenche des exigences d'extraction distinctes.

Article 4 — les débits en régime réduit

L'article 4 autorise l'abaissement des débits par des dispositifs individuels de réglage, à condition que le débit total extrait et le débit réduit en cuisine restent au moins égaux aux valeurs d'un premier tableau : pour 1 à 7 pièces principales, le débit total minimal vaut respectivement 35, 60, 75, 90, 105, 120 et 135 m³/h, et le débit minimal en cuisine 20, 30 puis 45 m³/h à partir de trois pièces principales.

Le même article prévoit un second régime pour les systèmes à modulation automatique du renouvellement d'air, capables d'éviter la pollution intérieure et les phénomènes de condensation. Ces systèmes peuvent descendre plus bas, sous réserve d'une autorisation ministérielle, avec des planchers absolus de débit total minimal de 10, 10, 15, 20, 25, 30 et 35 m³/h pour 1 à 7 pièces principales.

L'écart entre les deux régimes est considérable : pour un logement de quatre pièces principales, le plancher passe de 90 m³/h en réglage individuel à 20 m³/h en modulation automatique. C'est tout l'enjeu des systèmes hygroréglables, dont le bénéfice énergétique repose sur cette possibilité d'abaissement — bénéfice qui n'est acquis que si le procédé dispose bien de l'autorisation correspondante.

Du débit à la déperdition par renouvellement d'air

Le débit de ventilation a un coût thermique direct : l'air neuf entre à la température extérieure et doit être porté à la température intérieure. Ce coût s'exprime par un coefficient de déperdition par renouvellement d'air HV = 0,34 × qv, où qv est le débit en m³/h et HV en W/K. Le facteur 0,34 Wh/(m³.K) est la capacité thermique volumique de l'air, soit le produit de sa masse volumique par sa chaleur massique ramené à l'heure ; il est utilisé sous cette forme dans le calcul de déperditions de la NF EN 12831.

Une ventilation double flux avec récupération de chaleur réduit ce terme dans la proportion de son efficacité de récupération : HV devient 0,34 × qv × (1 − η), où η est l'efficacité de l'échangeur. Cette efficacité doit être celle déclarée par le fabricant pour le point de fonctionnement considéré, et le gain réel doit être diminué de la consommation électrique des ventilateurs, qui n'est pas négligeable.

Enchaînement complet de la méthode

  • 1. Compter les pièces principales du logement, au sens réglementaire.
  • 2. Inventorier les pièces de service : cuisine, salle de bains ou de douches, autres salles d'eau, cabinets d'aisances.
  • 3. Lire dans le tableau de l'article 3 le débit à extraire dans chaque pièce de service.
  • 4. Sommer ces débits pour obtenir le débit de pointe simultané que le système doit pouvoir assurer.
  • 5. Lire dans le tableau de l'article 4 le débit total minimal et le débit minimal en cuisine du régime réduit.
  • 6. Vérifier que la répartition retenue en régime réduit respecte ces deux planchers.
  • 7. Dimensionner les entrées d'air des pièces principales pour assurer le balayage, et prévoir les passages de transit.
  • 8. Calculer la déperdition par renouvellement d'air HV = 0,34 × qv pour alimenter le bilan thermique.
  • 9. Prévoir la mesure de performance du système, désormais obligatoire en habitation.

Trois dimensionnements chiffrés complets

Les trois cas ci-dessous appliquent directement les tableaux des articles 3 et 4 de l'arrêté du 24 mars 1982. Ils sont refaisables ligne à ligne.

Exemple 1 — Logement de 4 pièces principales, une cuisine, une salle de bains, un WC

Lecture de l'article 3 pour 4 pièces principales : cuisine 120 m³/h, salle de bains 30 m³/h, cabinet d'aisances 30 m³/h.

Débit de pointe simultané : 120 + 30 + 30 = 180 m³/h. C'est la capacité que l'installation doit pouvoir assurer.

Lecture de l'article 4 pour 4 pièces principales : débit total minimal 90 m³/h, débit minimal en cuisine 45 m³/h.

Vérification d'une répartition en régime réduit : cuisine 45, salle de bains 30, cabinet d'aisances 15, total 90 m³/h. Les deux planchers sont respectés — total exactement à 90 et cuisine exactement à 45.

Lecture du résultat : le rapport entre pointe et régime réduit est de 2 pour ce logement. Un système simple flux autoréglable devra assurer en permanence un débit proche de la pointe, alors qu'un système à réglage individuel peut moduler entre 90 et 180 m³/h. C'est de cet écart que provient l'essentiel du gain énergétique de la modulation.

Exemple 2 — Logement de 5 pièces principales avec deux salles d'eau

Composition retenue : une cuisine, une salle de bains, une autre salle d'eau, un cabinet d'aisances.

Lecture de l'article 3 pour 5 pièces principales et plus : cuisine 135 m³/h, salle de bains 30 m³/h, autre salle d'eau 15 m³/h, cabinet d'aisances 30 m³/h.

Débit de pointe simultané : 135 + 30 + 15 + 30 = 210 m³/h.

Lecture de l'article 4 pour 5 pièces principales : débit total minimal 105 m³/h, débit minimal en cuisine 45 m³/h.

Vérification d'une répartition en régime réduit : cuisine 45, salle de bains 30, autre salle d'eau 15, cabinet d'aisances 15, total 105 m³/h. Les planchers sont respectés.

Lecture du résultat : passer de quatre à cinq pièces principales fait progresser la pointe de 180 à 210 m³/h, soit 16,7 %. L'ajout d'une seconde salle d'eau y contribue pour 15 m³/h. Le dimensionnement des conduits et le choix du caisson doivent être faits sur la pointe, pas sur le régime réduit.

Exemple 3 — Coût thermique du renouvellement d'air et effet de la récupération

Hypothèses : le logement de l'exemple 1, en régime réduit à 90 m³/h ; température intérieure de 19 °C et température extérieure de base de −7 °C, soit ΔT = 26 K.

Étape 1 — Coefficient de déperdition par renouvellement d'air en simple flux : HV = 0,34 × 90 = 30,6 W/K.

Étape 2 — Puissance correspondante : Φ = 30,6 × 26 = 795,6 W. Près de 0,8 kW de la puissance de chauffage à installer sert uniquement à réchauffer l'air neuf.

Étape 3 — Effet d'une ventilation double flux dont l'efficacité de récupération déclarée serait de 0,85, valeur d'hypothèse à confirmer sur la documentation technique de l'équipement : HV = 0,34 × 90 × (1 − 0,85) = 30,6 × 0,15 = 4,59 W/K.

Étape 4 — Puissance résiduelle : Φ = 4,59 × 26 = 119,3 W. Gain apparent : 795,6 − 119,3 = 676,3 W.

Lecture du résultat : le gain brut est spectaculaire, mais il n'est pas net. Il faut en retrancher la consommation électrique permanente des deux ventilateurs, prendre en compte le fait que l'efficacité déclarée n'est atteinte qu'à un point de fonctionnement donné, et vérifier que le réseau de gaines est isolé et étanche — un double flux dont les gaines de soufflage traversent des combles non isolés perd une partie du bénéfice avant même la bouche.

Le cadre réglementaire de la ventilation des logements

La ventilation des logements relève d'un texte ancien mais toujours en vigueur, complété depuis par des exigences de mise en œuvre et, plus récemment, par une obligation de vérification de la performance réelle.

L'arrêté du 24 mars 1982 relatif à l'aération des logements

C'est le texte de référence. Il pose le principe de l'aération générale et permanente par balayage, fixe les débits extraits par pièce de service à l'article 3, et encadre les régimes réduits à l'article 4. Il a été modifié à plusieurs reprises depuis sa publication, notamment par l'arrêté du 28 octobre 1983 souvent cité avec lui.

Sa logique tabulaire mérite d'être comprise pour ce qu'elle est : un socle sanitaire minimal, calibré sur le nombre de pièces principales comme indicateur indirect du nombre d'occupants. Il ne prétend pas dimensionner finement une installation en fonction des usages réels, et rien n'interdit de retenir des débits supérieurs lorsque l'usage le justifie.

La mise en œuvre : le NF DTU 68.3

Le NF DTU 68.3 constitue le document technique unifié applicable aux installations de ventilation mécanique. Il traite des règles de conception et de mise en œuvre : tracé et dimensionnement des réseaux, matériaux, étanchéité des conduits, fixations, accessibilité pour l'entretien, et essais de réception.

Sa portée est contractuelle : dans un marché de travaux, un renvoi au NF DTU 68.3 rend les règles de l'art opposables à l'entreprise. Un réseau conforme aux débits réglementaires mais posé hors DTU — coudes excessifs, gaines écrasées, absence de trappes de visite — ne tiendra pas ses débits dans la durée.

La vérification obligatoire introduite par la RE2020

Le guide RE2020 publié par le ministère indique que deux vérifications de la performance après travaux sont désormais obligatoires pour l'habitation : la mesure de perméabilité à l'air de l'enveloppe, et la vérification du système de ventilation du bâtiment, avec notamment une mesure de ses performances pour l'habitation.

Cette vérification est reprise dans l'attestation établie à l'achèvement des travaux : le professionnel qui l'établit vérifie, pour les bâtiments à usage d'habitation, la perméabilité à l'air de l'enveloppe et le système de ventilation par exploitation du rapport de vérification et de mesure réalisé par un professionnel qualifié. Pour tous les bâtiments, le système de ventilation fait par ailleurs l'objet d'un contrôle visuel.

L'attestation établie au dépôt du permis de construire comporte de son côté un engagement du maître d'ouvrage à prendre en compte les exigences sur les systèmes de ventilation. Le sujet est donc suivi du début à la fin de l'opération.

Limites et hypothèses du dimensionnement réglementaire

Les débits de l'arrêté du 24 mars 1982 sont des minima sanitaires établis sur une convention. Ils garantissent un socle, pas une qualité d'air optimale dans tous les usages.

  • Le texte indexe les débits sur le nombre de pièces principales, pas sur le nombre réel d'occupants ni sur leurs usages. Un logement suroccupé reste réglementaire tout en étant sous-ventilé au regard de ses besoins.
  • Les débits sont définis en conditions climatiques moyennes d'hiver. Le comportement du système en été, ou lors d'épisodes de forte humidité, n'est pas encadré par ce tableau.
  • Le texte ne traite pas des polluants spécifiques : composés organiques volatils émis par les matériaux et le mobilier, radon dans les zones concernées, particules. Ces sujets relèvent d'autres dispositifs.
  • Le débit prescrit est un débit à assurer, pas un débit constaté. Un réseau mal conçu, écrasé ou encrassé délivre nettement moins que le débit nominal du caisson.
  • Le balayage suppose la continuité du circuit d'air. Détalonnage insuffisant, moquette épaisse, portes à joints, obturation d'entrées d'air par les occupants : autant de causes fréquentes d'inefficacité invisible sur le papier.
  • Les débits réduits autorisés pour les systèmes à modulation automatique supposent une autorisation ministérielle du procédé. Ce n'est pas une faculté générale ouverte à tout système hygroréglable.
  • Le coût thermique du renouvellement d'air, HV = 0,34 × qv, ne prend pas en compte les infiltrations parasites de l'enveloppe, qui s'y ajoutent et sont mesurées séparément par infiltrométrie.
  • L'efficacité de récupération d'un double flux est déclarée à un point de fonctionnement. En conditions réelles, elle varie avec le débit, l'écart de température et l'état d'encrassement des filtres.

Erreurs fréquentes dans le dimensionnement d'une VMC

  • Dimensionner le réseau et le caisson sur le régime réduit au lieu du débit de pointe simultané de l'article 3.
  • Compter les pièces de service parmi les pièces principales, ce qui décale toute la lecture des tableaux.
  • Oublier une pièce de service, typiquement un second cabinet d'aisances ou une salle d'eau secondaire.
  • Appliquer les débits réduits des systèmes à modulation automatique à un procédé qui ne dispose pas de l'autorisation correspondante.
  • Négliger les entrées d'air des pièces principales : sans elles, l'extraction met le logement en dépression et l'air entre par les défauts d'étanchéité, pas par le circuit prévu.
  • Ne pas prévoir les passages de transit : détalonnage de portes insuffisant ou absence de grilles, ce qui interrompt le balayage.
  • Croiser une enveloppe très étanche avec une ventilation non vérifiée : c'est la combinaison qui dégrade le plus rapidement la qualité de l'air intérieur.
  • Faire passer les gaines de soufflage d'un double flux hors du volume isolé sans les isoler ni les étanchéifier.
  • Omettre la mesure de performance du système de ventilation, désormais obligatoire en habitation et exigée à l'attestation d'achèvement.
  • Considérer l'entretien comme secondaire : filtres non remplacés, bouches encrassées et conduits non nettoyés font chuter les débits réels bien en dessous des valeurs réglementaires.

Ventilation et projet de maîtrise d'œuvre

La ventilation est le lot où le décalage entre le calcul et le résultat est le plus systématique, parce qu'il dépend d'une chaîne d'exécution longue : réservations dans le gros œuvre, tracé des gaines dans les faux plafonds, détalonnage des portes par le lot menuiserie, positionnement des entrées d'air par le lot menuiseries extérieures, réglage final par le lot ventilation. Chacun de ces intervenants peut, par une décision anodine, rendre inopérant l'ensemble.

Progineer traite ce lot comme un sujet de coordination et non comme une simple fourniture : dimensionnement réglementaire dès l'avant-projet pour figer les emprises de gaines, intégration du tracé aux plans de synthèse, prescription du NF DTU 68.3 et des débits par bouche dans les pièces écrites, mention explicite du détalonnage des portes dans le lot menuiseries intérieures, vérification en phase VISA des notes de calcul aérauliques de l'entreprise, puis organisation de la mesure de performance exigée à l'achèvement. Le principe est simple : ce qui n'est pas écrit dans le bon lot ne sera pas réalisé, et ce qui n'est pas mesuré n'est pas acquis.

FAQ technique — Dimensionnement d'une VMC de logement

Quels sont les débits de ventilation réglementaires en logement ?

L'article 3 de l'arrêté du 24 mars 1982 fixe les débits extraits par pièce de service selon le nombre de pièces principales. La cuisine passe de 75 m³/h pour une pièce principale à 135 m³/h à partir de cinq ; la salle de bains vaut 15 m³/h jusqu'à deux pièces principales puis 30 ; les autres salles d'eau 15 m³/h ; le cabinet d'aisances 15 m³/h jusqu'à trois pièces principales puis 30.

Comment calcule-t-on le débit total d'une VMC ?

On additionne les débits extraits de chaque pièce de service lus dans le tableau de l'article 3, ce qui donne le débit de pointe simultané que l'installation doit pouvoir assurer. Pour un logement de quatre pièces principales avec cuisine, salle de bains et cabinet d'aisances : 120 + 30 + 30 = 180 m³/h.

Peut-on réduire les débits en dehors des périodes d'usage ?

Oui, dans les limites de l'article 4. Avec des dispositifs individuels de réglage, le débit total ne peut descendre en dessous de 35, 60, 75, 90, 105, 120 et 135 m³/h pour 1 à 7 pièces principales, avec un minimum en cuisine de 20, 30 puis 45 m³/h à partir de trois pièces principales. Les systèmes à modulation automatique peuvent descendre plus bas, sous réserve d'autorisation ministérielle, jusqu'à des planchers de 10 à 35 m³/h.

Sur quel débit faut-il dimensionner le réseau ?

Sur le débit de pointe simultané de l'article 3, jamais sur le régime réduit. Le réseau et le caisson doivent pouvoir assurer la pointe ; la modulation ne fait ensuite que descendre en dessous.

Quelle est la différence entre simple flux et double flux ?

En simple flux, l'air neuf entre par des entrées d'air en façade dans les pièces principales et est extrait mécaniquement dans les pièces de service. En double flux, l'air neuf est soufflé mécaniquement après passage dans un échangeur qui récupère la chaleur de l'air extrait. Sur le plan thermique, HV = 0,34 × qv en simple flux devient 0,34 × qv × (1 − η) en double flux, η étant l'efficacité de récupération déclarée.

La ventilation doit-elle être vérifiée à la réception ?

Oui en habitation. Le guide RE2020 indique que la vérification du système de ventilation, avec mesure de ses performances pour l'habitation, fait partie des deux vérifications obligatoires après travaux, aux côtés de la mesure de perméabilité à l'air. Le rapport correspondant est exploité pour l'attestation de fin de travaux.

Que dit le NF DTU 68.3 ?

Il constitue le document technique unifié des installations de ventilation mécanique : conception et dimensionnement des réseaux, matériaux, étanchéité et fixation des conduits, accessibilité pour l'entretien, essais de réception. Son renvoi dans les pièces écrites rend ces règles de l'art contractuellement opposables à l'entreprise.

Le résultat de ce calculateur a-t-il une valeur réglementaire ?

Il applique directement les tableaux de l'arrêté du 24 mars 1982 et donne donc les débits réglementaires à assurer. Il ne remplace en revanche ni l'étude aéraulique du réseau — pertes de charge, sélection du caisson, équilibrage — ni la mesure de performance exigée à l'achèvement des travaux.

Glossaire technique

Balayage
Principe de circulation d'air imposé par l'arrêté du 24 mars 1982 : entrée d'air dans les pièces principales, extraction dans les pièces de service, transit par les passages entre les deux.
Pièce principale
Pièce destinée au séjour ou au sommeil. C'est leur nombre qui commande la lecture des tableaux de débits de l'arrêté du 24 mars 1982.
Pièce de service
Cuisine, salle de bains ou de douches, autre salle d'eau, cabinet d'aisances. Ce sont les locaux où s'effectue l'extraction.
Débit de pointe
Somme des débits extraits de l'article 3 devant pouvoir être assurés simultanément. C'est le débit de dimensionnement du réseau et du caisson.
Régime réduit
Abaissement des débits autorisé par l'article 4, sous réserve de respecter un débit total minimal et un débit minimal en cuisine.
Modulation automatique
Système capable d'ajuster le renouvellement d'air en évitant la pollution intérieure et les condensations, autorisé à descendre sous les planchers du régime réduit sous réserve d'autorisation ministérielle.
HV — coefficient de déperdition par renouvellement d'air
Déperdition liée au réchauffement de l'air neuf, en W/K, égale à 0,34 × qv, avec qv le débit en m³/h.
Efficacité de récupération η
Part de la chaleur de l'air extrait restituée à l'air neuf par l'échangeur d'une ventilation double flux. Valeur déclarée à un point de fonctionnement donné.
Passage de transit
Dispositif assurant la circulation de l'air entre pièces principales et pièces de service : détalonnage de porte ou grille de transit. Sa suppression interrompt le balayage.

Sources et normes de référence

Calculateurs associés

Calcul déperditions thermiques bâtiment (RE2020)

Calcul des déperditions thermiques totales d'un bâtiment selon méthode RE2020 et règles Th-BCE. Détermine les pertes par parois opaques, vitrages, ponts thermiques et renouvellement d'air, en fonction de la zone climatique et de la température de base. Résultat exprimé en W/K et W, utilisé pour dimensionner les générateurs de chauffage et vérifier le Ubat des maisons et logements collectifs neufs ou rénovés.

thermal

Calcul infiltrométrie — Test étanchéité air RE2020

Analyse des résultats d'un test d'infiltrométrie (porte soufflante ou blower door) selon la norme NF EN ISO 9972 et la norme NF EN 13829, conforme aux règles Th-BCE. Ce test d'étanchéité permet d'évaluer les performances énergétiques du bâtiment. L'outil prend en compte le type de bâtiment, la pression atmosphérique, et utilise un capteurs de pression pour convertir le débit mesuré à 50 Pa en valeurs réglementaires n50 et Q4Pa,surf. Une caméra thermique peut être utilisée en complément pour détecter les fuites. La conformité RE2020 est vérifiée (≤ 0,6 m³/h·m² maison, ≤ 1,0 m³/h·m² collectif). Utilisé en réception de chantier, autocontrôle d'étanchéité et diagnostic de pathologies sur logements neufs ou rénovés BBC.

thermal

Calcul résistance thermique (R) — Calculateur isolation RE2020

Calcul de la résistance thermique R d'un matériau ou d'une paroi selon les réglementations thermiques RE2020 et RT 2012. Application de la formule R = e/λ à partir de l'épaisseur et de la conductivité thermique lambda (λ) exprimée en watt par mètre (W/m.K). Ce calculateur d'isolation thermique permet de calculer la résistance et de dimensionner l'isolation des murs, planchers, toitures et combles. Compare les isolants (laine, PSE, polyuréthane, biosourcés) et vérifie la conformité Ubat des maisons individuelles, logements collectifs et bâtiments tertiaires neufs ou rénovés.

thermal

Calcul coefficient U (transmission thermique paroi)

Calcul du coefficient de transmission thermique U d'une paroi multicouche selon RE2020 et NF EN ISO 6946. Ce coefficient permet de quantifier les pertes de chaleur à travers la paroi. À partir des résistances thermiques de chaque couche et des résistances superficielles Rsi/Rse, l'outil calcule U = 1 / ΣR. Permet de vérifier la conformité Ubat des murs extérieurs, planchers bas, toitures et menuiseries. Utilisé en construction neuve et rénovation énergétique BBC/RE2020.

thermal

Calcul pont thermique RE2020

Calcul des ponts thermiques (linéiques et ponctuels) selon RE2020, fascicule Th-Bat et norme NF EN ISO 10211. Ce calcul des ponts thermiques utilise la méthode des éléments finis pour déterminer les flux thermiques à travers les liaisons (plancher/mur, refend, menuiseries, balcons). À partir du coefficient Ψ et du linéaire des liaisons, l'outil chiffre la perte en W/K. Permet d'optimiser l'isolation et de respecter la limite Ψmoyen ≤ 0,28 W/m·K. Utilisé en construction neuve, rénovation BBC et études thermiques réglementaires.

thermal

Calcul bilan énergétique RE2020 — Bbio Cep Ic en ligne

Calcul du bilan énergétique réglementaire RE2020 (successeur de la RT 2012) : Bbio (besoin bioclimatique), Cep,nr (consommation conventionnelle) et Ic énergie (impact carbone). Ce calcul évalue les besoins en chauffage, les besoins en refroidissement, les besoins d'éclairage et les apports solaires. À partir de la surface, de la compacité, de la zone climatique et du type de bâtiment, l'outil évalue la conformité aux seuils Bbio_max et Cep_max. Le Bbio se calcule indépendamment des systèmes (conception du bâti). Ce calculateur RE2020 permet de réduire le besoin en chauffage et d'optimiser la conception. Utilisé pour les études de faisabilité, le permis de construire et l'attestation RE2020 des maisons et logements collectifs neufs.

thermal

Besoin d'accompagnement sur votre projet ?

Nos experts sont à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner dans vos calculs et vos projets de construction.

Thématiques associées

Notre expertise couvre également ces thématiques connexes, sur lesquelles nous accompagnons régulièrement nos clients :

  • système de ventilation
  • débit d air
  • air intérieur
  • vmc simple flux
  • pertes de charge
  • performance énergétique
  • ventilation mécanique contrôlée
  • diamètre des gaines
  • vmc double flux
  • bouches d extraction
  • hauteur sous plafond
  • types de bâtiment
  • système de vmc
  • volume total
  • air extrait
  • assurer un renouvellement
  • volume d air