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Document Technique Unifié
NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213

NF DTU 13.3 — Dallages : conception, calcul et exécution

Le NF DTU 13.3, révisé en décembre 2021, fixe les règles de conception, de calcul et d'exécution des dallages en béton à base de liants hydrauliques. Il se décline en deux cahiers des clauses techniques distincts : la partie 1-1-1 pour tous types d'ouvrages hors maisons individuelles, et la partie 1-1-2 pour les dallages de maisons individuelles. Il encadre la reconnaissance géotechnique, la forme et l'interface, l'épaisseur nominale, les armatures, le calepinage des joints, les conditions climatiques de bétonnage, les tolérances d'épaisseur, d'altitude, de planéité et de désaffleurement, et les délais de mise en service. Le DTU annonce explicitement viser à maîtriser la fissuration du béton, sans prétendre en éviter la formation.

Domaine d'application

Dallages en béton à base de liants hydrauliques reposant uniformément sur leur support : dallages désolidarisés en béton armé, non armé ou additionné de fibres pour tous types d'ouvrages (P1-1-1), et dallages de maisons individuelles, de leurs garages de véhicules légers attenants et de leurs sous-sols pour des charges d'exploitation n'excédant pas 2,5 kN/m² (P1-1-2)

Mis à jour le 28 août 2026
Applicable depuis le 1 décembre 2021
dallage
dalle béton
terre-plein
tolérance planéité
joint de retrait
couche de forme
couche de glissement
reconnaissance géotechnique
couche d'usure
dallage industriel
armatures de dallage

Règles principales

Une norme, deux cahiers des clauses techniques distincts

Obligatoire

3 précise que la norme est composée de deux cahiers des clauses techniques types : la partie 1-1-1 pour les dallages réalisés pour tous types d'ouvrages hors maisons individuelles, et la partie 1-1-2 pour les dallages de maisons individuelles, complétés par une partie 1-2 (critères généraux de choix des matériaux) et une partie 2 (clauses administratives spéciales), toutes deux communes aux deux CCT.

La version en vigueur date de décembre 2021, homologuée par décision du directeur général de l'AFNOR en novembre 2021 ; elle remplace les normes NF P 11-213-1, NF P 11-213-2 et NF P 11-213-3 de mars 2005 et leurs amendements A1 de mai 2007.

La partie 1-1-2 n'a pas fait l'objet des travaux de révision : les modifications qui lui ont été apportées sont d'ordre éditorial, pour sa mise en conformité de présentation avec les autres parties. Confondre les deux CCT est la première source d'erreur de prescription : une valeur du P1-1-1 ne s'applique pas à une maison individuelle, et réciproquement.

Références : NF DTU 13.3 — avant-propos particulier, NF DTU 13.3 P1-1-1, NF DTU 13.3 P1-1-2, NF DTU 13.3 P1-2

Domaine d'application et exclusions

Obligatoire

La partie 1-1-1 vise les dallages désolidarisés, qui ne participent pas à la reprise ou au transfert des efforts horizontaux, en béton armé ou non armé, ne jouant pas le rôle de diaphragme et ne participant pas à la stabilité du bâtiment sauf fonction de butonnage d'un mur enterré ; elle vise également les dallages additionnés de fibres et les dallages extérieurs à usage autre que voirie.

Elle ne vise pas les ouvrages de fondation ni les radiers, les revêtements scellés, coulés ou collés sur le béton durci, les dallages préfabriqués ou précontraints, les dallages de type routier, aéroportuaire ou de patinoire, les ouvrages pour lesquels une fonction d'étanchéité est nécessaire, ni les dallages soumis à des charges mobiles exerçant des pressions supérieures à 7,5 MPa.

Elle exclut en outre les dallages en béton non armé supportant une pression due aux platines supérieure à 5 MPa, une charge uniformément répartie supérieure à 80 kN/m², ou un ensemble de charges concentrées créant sur l'aire enveloppante, à une distance de 4 fois l'épaisseur du dallage, une charge moyenne supérieure à 80 kN/m².

La partie 1-1-2 vise les maisons individuelles, leurs garages de véhicules légers attenants et leurs sous-sols, à condition que les charges d'exploitation ne dépassent pas 2,5 kN/m², ce qui exclut les murs porteurs.

Exceptions :

  • • Dallages participant à la stabilité de la structure : se reporter aux Eurocodes
  • • Ouvrages étanches : NF DTU 14.1 (cuvelages)
  • • Chambres froides à températures négatives : Annexe D normative du P1-1-1
Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 art. 1, NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 1, NF EN 15620, NF P 05-011

Reconnaissance géotechnique et enquête sur le sol

Obligatoire

Pour les maisons individuelles, l'article 6 du P1-1-2 rend la reconnaissance géotechnique indispensable pour les maisons jumelées ou en bande et pour les réalisations comportant plusieurs maisons. L'étude préliminaire, qui détermine si un dallage est possible sans fournir de prédimensionnement, correspond à la mission G11 de la NF P 94-500 ; l'étude de faisabilité, qui comporte investigations et rapport donnant les hypothèses de justification, correspond à la mission G12.

Le nombre minimal de points de reconnaissance est de 2, plus 1 point tous les 500 m² de dallage, les sondages établis pour les fondations pouvant être utilisés pour le dallage. La reconnaissance doit être menée jusqu'à la profondeur où la compressibilité du substratum peut être considérée comme négligeable.

Dans les autres cas, l'article 7 impose à l'entrepreneur de réaliser, avant la remise de son offre, une enquête sur le sol portant sur l'absence d'anomalies liées au contexte régional et local, l'horizontalité ou la faible pente du terrain, l'absence de risque d'inondation et de source, le niveau de la nappe phréatique plus bas que le dallage quelle que soit la saison, l'absence de sols référencés sensibles au retrait-gonflement, l'homogénéité du sol sans point dur, l'absence de remblais récents ou évolutifs, et l'éloignement de la végétation de plus de 1 à 1,5 fois la hauteur de l'arbre adulte.

Références : NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 6, NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 7, NF DTU 13.3 P1-1-2 annexe A (informative), NF DTU 13.3 P1-1-1 annexe A (normative), NF P 94-500

Propriétés du support et couche de forme

Obligatoire

Pour les maisons individuelles, l'article 9 du P1-1-2 impose que le module de déformation du support, avec ou sans forme, déterminé en surface par essai à la plaque, soit au moins égal à Kw = 30 MPa/m pour une plaque de diamètre 75 cm, en notant que les caractéristiques de la forme ne peuvent pas être à elles seules garantes du bon comportement du support et du dallage.

L'article 10 précise que la forme, lorsqu'elle s'impose, constitue la fondation du dallage et doit avoir une épaisseur minimale de 20 cm. Les matériaux constituant la forme ne doivent être ni plastiques ni sensibles à l'eau, doivent être chimiquement neutres et ne comporter ni gravois ni matières organiques ; afin d'éviter les remontées capillaires, le diamètre du plus petit granulat doit être au moins de 4 mm.

La mise en oeuvre s'opère par répandage et compactage en couches régulières dont l'épaisseur est adaptée au matériel utilisé, sans dépasser 20 cm par couche, le compactage devant s'effectuer sur toute la surface, y compris le long des murs et poteaux fondés et au droit des canalisations.

La préparation du sol comporte décapage de la terre végétale, nivellement, drainage si nécessaire, incorporation éventuelle d'un matériau d'amélioration, et compactage faisant l'objet d'un contrôle des résultats.

Références : NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 8, NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 9, NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 10, NF DTU 13.3 P1-1-1 annexe A (normative), NF DTU 20.1

Interface, couche de glissement et rôle réel du film polyéthylène

Obligatoire

3 du P1-1-1 précise que l'interface, non impérative, peut être constituée d'une couche de fermeture destinée à combler les vides des parties sous-jacentes, d'une couche de glissement, de films, ou d'une isolation thermique.

La couche de glissement peut être constituée soit d'une couche de sable 0/4 de 5 à 20 mm d'épaisseur toutes tolérances épuisées, soit d'un film en polyéthylène macroperforé de 150 µm sur un isolant reposant sur une couche de sable, soit de toute autre solution dûment justifiée ; le DTU précise expressément que l'interposition d'un film en polyéthylène macroperforé ne constitue pas à elle seule une couche de glissement.

3 énonce un point capital et fréquemment méconnu : les films en polyéthylène, nécessairement macroperforés, d'une épaisseur minimale de 150 µm, les géotextiles et les géosynthétiques n'assurent pas de rôle anti-capillarité et ne permettent pas de maîtriser la siccité du béton de dallage. Prescrire un film polyéthylène « anti-remontées capillaires » sous dallage est donc contraire à la lettre du DTU.

Pour les maisons individuelles, l'article 11 du P1-1-2 prévoit un lit de sable de 5 cm environ d'épaisseur moyenne ou un lit de mortier maigre de 3 cm pour préserver l'intégrité de la couche de glissement ou de l'isolant, et n'admet un film anticapillaire ou pare-vapeur que lorsqu'il subsiste un risque de remontées capillaires ou de diffusion d'humidité, le film étant alors disposé sur l'isolant.

Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.3.1, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.3.2, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.3.3, NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 11, NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 15, NF DTU 14.1

Isolation thermique sous dallage : déformabilité et module

Obligatoire

4 du P1-1-1 impose de vérifier la résistance mécanique des isolants et de prendre en compte leur déformabilité dans le calcul du dallage. Le module d'élasticité de service en compression Eis est pris égal à 0,6 × Rcs/ds, où Rcs est la résistance de service en compression et ds la déformation de service en pourcentage, et l'épaisseur Hi de l'isolant doit respecter Hi ≤ Eis/50.

Aucun isolant ne doit se déformer de plus de 2 % ni avoir un module Eis inférieur à 3,5 MPa.

Pour les bâtiments d'habitation collective ou d'hébergement, les bâtiments administratifs ou bureaux, les locaux de santé, hôpitaux, cliniques ou dispensaires et les locaux scolaires ou universitaires dont la charge d'exploitation est inférieure ou égale à 5 kN/m², sans charges ponctuelles ni charges roulantes, l'épaisseur respecte Hi ≤ Eis/30 et l'isolant doit présenter une résistance à la compression à 10 % selon la NF EN 826 d'au moins 100 kPa, soit CS(10/Y)100.

Les dallages sur isolant général avec des charges réparties supérieures à 20 kN/m², des charges concentrées fixes supérieures à 20 kN ou des charges concentrées mobiles supérieures à 20 kN par roue sont dimensionnés en dallage en béton armé, à l'exception des chambres froides à températures négatives. L'isolant doit être posé sur toute la surface du dallage, pour éviter tout point singulier pouvant entraîner une fissuration.

Pour les maisons individuelles, l'article 14 du P1-1-2 retient une déformation maximale de 2 % et un module élastique Es d'au moins 2,1 MPa.

Exceptions :

  • • Bâtiments tertiaires listés au § 5.3.4, charge ≤ 5 kN/m² sans charges ponctuelles ni roulantes : Hi ≤ Eis/30 avec CS(10/Y)100
Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.3.4, NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 14, NF EN 826, NF DTU 45.1

Épaisseur nominale minimale et armatures

Obligatoire

1 du P1-1-2 impose une épaisseur minimale de 120 mm et distingue deux types de dallages : désolidarisé et solidaire. 3 impose en partie courante des armatures représentant 0,2 % de la section de béton du dallage dans chaque sens — pour un dallage de 120 mm, cela conduit par exemple à un treillis soudé à maille carrée de 150 mm et de diamètre de fil de 7 mm.

Les rives des dallages solidarisés doivent comporter en plus des armatures de renfort en chapeaux de rive correspondant à une section minimale de 2,5 cm²/ml, réalisables par exemple par des U de fermeture en acier HA de Ø 8 mm tous les 200 mm et de longueur développée de 1,50 m, ou par des chapeaux en treillis soudé à maille carrée de Ø 7 mm tous les 150 mm.

1 impose, pour les locaux dont l'épaisseur nominale minimale est de 130 mm, une section minimale d'armatures de 5 cm²/m dans les deux directions perpendiculaires ; au-delà de cette épaisseur, la section d'armatures est au moins égale à 0,4 % de la section du béton dans les deux directions, quelle que soit la classe de résistance du béton.

Le diamètre des armatures doit être inférieur ou égal au quinzième de l'épaisseur du dallage et l'entraxe maximal entre armatures ne doit pas dépasser 2 fois l'épaisseur du dallage.

Pour les dallages d'épaisseur nominale comprise entre 130 et 150 mm, les armatures sont disposées en deux nappes calées et écartées, une nappe unique calée à mi-épaisseur n'étant admise que si le calcul le justifie ; au-delà de 150 mm, les deux nappes calées et écartées sont obligatoires.

Références : NF DTU 13.3 P1-1-2 § 5.1, NF DTU 13.3 P1-1-2 § 5.3, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.5.1, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.5.2.1, NF EN 1992-1-1

Désolidarisation, cloisons et dalles de transition

Obligatoire

5 du P1-1-1 impose que les dallages soient désolidarisés de tous les éléments de structure — tirants, chaînages, poteaux, murs de refend et autres éléments de liaison — susceptibles d'entraver les déformations de dilatation et de retrait. 1 du P1-1-2 rappelle qu'en aucun cas les dallages ne peuvent servir d'assise à des éléments porteurs.

Les dallages peuvent néanmoins être liaisonnés aux seuils, quais ou ouvrages similaires, sous réserve d'être calculés en dalle de transition avec une section d'armatures au moins égale à 0,2 % de la section du béton dans les deux directions perpendiculaires, ces armatures étant disposées en nappe inférieure et sur la totalité du panneau concerné.

Les cloisons peuvent être posées sur un dallage sous réserve que la charge linéaire induite soit inférieure ou égale à 15 kN/m ; au-delà, une fondation est indispensable, et les joints du dallage doivent dans tous les cas être prolongés par des joints ménagés dans les cloisons.

La largeur de la zone de transition autour des quais ou fosses doit être adaptée aux zones de terrassement autour du génie civil — un minimum de 2,40 m étant recommandé pour les quais niveleurs et les fosses —, comprendre au moins 0,2 % d'armatures dans les deux directions, et être délimitée par un joint de construction dans le cas de dallages sans joints sciés.

Exceptions :

  • • Charge linéaire de cloison > 15 kN/m : fondation indispensable
Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.5, NF DTU 13.3 P1-1-2 § 5.2.1

Joints : typologie, espacement et conjugaison

Obligatoire

6 du P1-1-1 distingue l'arrêt de coulage (ou joint de construction), le joint de retrait qui permet le libre retrait du béton des panneaux, le joint de dilatation qui règne sur toute l'épaisseur et dont l'ouverture à l'exécution est au moins égale à la dilatation maximale à autoriser, et le joint d'isolement destiné à désolidariser le dallage de certains éléments de construction — poteaux, longrines, murs, massifs — constitué d'une mousse compressible de polyéthylène d'épaisseur minimale de 10 mm.

Sauf dans le cas de point singulier, les joints en quinconce ne sont pas admis.

6 fixe l'espacement des joints des dallages en béton non armé de manière à délimiter des panneaux dont la dimension du plus grand côté est au plus égale à 5 m ± 10 % pour les dallages soumis aux intempéries et 6 m ± 10 % pour les dallages sous abri, ces valeurs étant à diviser par 2 en cas de solidarisation sur un côté de panneau ; le rapport des côtés des panneaux doit être compris entre 1 et 1,5, sauf en périphérie de l'ouvrage.

3 (3) de l'Annexe Nationale à la NF EN 1992-1-1. 4 du P1-1-2 impose un fractionnement du dallage pour les surfaces supérieures à 240 m² et en cas d'angle rentrant, la surface devant être divisée de façon à ne pas comporter d'angle rentrant ni de point fixe.

Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.6.1 à 5.6.4, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.6.6, NF DTU 13.3 P1-1-2 § 5.4, NF EN 1992-1-1/NA § 2.3.3 (3)

Conjugaison des panneaux adjacents et protection des bords de joints

Obligatoire

5 du P1-1-1 impose que, lorsque le dallage est destiné à recevoir un revêtement de sol autre qu'une peinture, adhérent ou non, tous les joints, circulés ou non, soient conjugués ; il en va de même pour toutes les zones soumises au passage de charges roulantes.

La conjugaison peut être obtenue par des clavetages béton sur béton de forme appropriée — redent de pente inférieure à 3 % et de profondeur égale ou supérieure à 4 × 10⁻⁴ D majorée de 10 mm, D étant la distance entre deux joints en mètres —, par des clavetages munis de profilés de performance équivalente, par goujonnage avec goujons lisses dont l'un des deux côtés au moins doit être non adhérent et disposés orthogonalement aux joints, ou par toute autre solution dûment justifiée.

Pour les panneaux délimités par des joints de type 4 ou 5, la conjugaison se fait par un treillis soudé général dans tout le dallage, situé au droit des joints dans le tiers inférieur de la hauteur, représentant 0,06 % de la section du béton, avec un diamètre minimal des aciers de 6 mm et un espacement maximal de 20 cm.

7 impose que tous les joints traversants de type 1, 2 ou 3 soumis à circulation soient protégés par des profilés permettant la protection des bords de joints rectilignes, ou tout autre dispositif supprimant les effets de bord. 9 impose enfin d'obturer les joints circulés pour prévenir l'intrusion de corps durs, en notant que cette obturation ne peut pas avoir de caractère définitif compte tenu des retraits différés du béton.

Exceptions :

  • • Joints situés dans les zones définies par les DPM comme non circulées : protection des bords non exigée
Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.6.5, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.6.7, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.6.9

Canalisations, câbles et fourreaux

Obligatoire

1 du P1-1-1 impose, dans le cas de dallages en béton non armé, que les canalisations, câbles et fourreaux non caloporteurs soient placés sous le dallage, la distance entre leur génératrice supérieure et la sous-face du dallage étant au moins égale à leur diamètre majoré de 50 mm.

2 admet leur incorporation dans les dallages en béton armé sous cinq conditions cumulatives : leur diamètre ne doit pas excéder le cinquième de l'épaisseur du dallage dans la zone considérée ; ils doivent présenter, sauf localement, une distance horizontale entre eux au moins égale à leur diamètre avec un minimum de 50 mm ; leur enrobage en partie supérieure doit être au minimum de 2 fois leur diamètre sans être inférieur à 50 mm ; au droit des croisements ou empilages localisés ils ne doivent pas occuper plus de la demi-épaisseur du béton coulé en place ; et ils doivent être situés sous la nappe d'armatures dans le cas d'une nappe unique, ou entre deux nappes.

Les canalisations et câbles caloporteurs ne peuvent être incorporés que dans les dallages en béton armé, avec les mêmes limites de diamètre et d'enrobage, et la coexistence de toute autre canalisation, câble ou fourreau avec eux est prohibée, les liaisons froides et les collecteurs devant être disposés sous le dallage.

Pour les maisons individuelles, l'article 13 du P1-1-2 retient une distance génératrice supérieure / sous-face au moins égale au diamètre majoré de 5 cm, et pour les éléments incorporés un diamètre n'excédant pas le cinquième de l'épaisseur avec un enrobage et une distance horizontale au minimum d'une fois leur diamètre sans être inférieurs à 5 cm. Les traversées verticales du dallage sont autorisées avec fourreaux.

Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.2.1.1, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.2.1.2, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 5.2.2, NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 13

Conditions climatiques de bétonnage et de finition

Obligatoire

2 du P1-1-1 distingue la température ambiante sur chantier et la température interne du béton frais, et fixe des seuils précis. Sauf dispositions contraires des DPM, la phase de bétonnage n'est pas autorisée lorsque la température ambiante sur chantier est inférieure à −5 °C ou supérieure à 40 °C.

Lorsque la température ambiante prévisible est comprise entre −5 °C et +5 °C, des dispositions décrites dans les spécifications d'exécution doivent être prises pour la mise en place du béton jusqu'à ce que la zone exposée au gel atteigne une résistance suffisante — par exemple chauffage du béton, chauffage du local en évitant l'air pulsé, ou formulation adaptée avec accélérateur de prise.

Pour les périodes où la température ambiante prévisible est comprise entre 32 °C et 40 °C, des dispositions complémentaires à celles relatives à la cure sont prises : formulation adaptée, eau refroidie, horaires de bétonnage adaptés.

Les phases de surfaçage et de finition ne sont pas autorisées lorsque la température ambiante sur chantier est inférieure à 3 °C ou supérieure à 40 °C, et ce pendant une période minimale de 48 h à partir du coulage du béton, l'exécution du bétonnage devant alors être décalée. Le sciage des joints de retrait requiert des températures positives.

Un dallage avec couche d'usure lissée doit être réalisé à l'abri des intempéries, hors d'eau et hors d'air, afin de limiter le tuilage et le retrait ; dans le cas d'un dallage extérieur, la finition est surfacée et non lissée, le lissage mécanique fermant la surface et empêchant la migration de l'air occlus.

La mise en oeuvre d'un dallage est interdite quand le support a été gelé, celui-ci devant alors être recompacté après dégel.

Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 § 7.3.1, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 7.3.2, NF DTU 13.3 P1-1-2 § 16.3, NF DTU 21

Mise en oeuvre du béton, enrobage et cure

Obligatoire

4N de la NF EN 1992-1-1, sans descendre au-dessous de 30 mm.

4 précise que le béton est vibré par tout moyen mécanique ou bien, s'il est de consistance fluide — classe de consistance minimale S4 au regard de la NF EN 206/CN —, damé par exemple à l'aide d'une lissarde ; cette consistance fluide est obtenue par une adjuvantation adaptée à la fabrication ou à la livraison et en aucun cas par ajout d'eau.

L'utilisation des bétons autoplaçants est interdite dans le cas d'une couche d'usure. La plus grande attention est apportée à la compacité du béton le long des joints de construction ou des profilés incorporés, notamment lorsqu'ils comportent des méplats horizontaux, le béton y étant alors vibré.

Une note importante pour la conception des pentes : par suite des tolérances de planéité, les pentes inférieures à 20 mm/m, y compris dans les noues, peuvent conduire à des retenues d'eau sur le dallage. 5 impose que la face supérieure du dallage fasse l'objet d'une cure par application d'un produit de cure, par arrosage ou par tout autre moyen de maintien de l'humidité en surface. 6).

Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 § 7.3.3, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 7.3.4, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 7.3.5, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 7.3.6, NF EN 1992-1-1 tableau 4.4N, NF EN 206/CN

Tolérances d'exécution : le délai de vérification est une clause opposable

Obligatoire

L'article 8 du P1-1-1 et l'article 17 du P1-1-2 imposent la même règle de procédure : compte tenu des déformations du dallage dues aux retraits linéaire et différentiel, la conformité du dallage aux prescriptions doit être vérifiée au plus tard deux semaines après mise en place du béton et avant chargement du dallage.

Une réception de dallage réalisée plusieurs mois après coulage, ou après mise en charge, n'est donc pas opposable au titre du DTU.

Pour les tolérances d'épaisseur, lorsqu'elles sont demandées dans les DPM, les mesures s'effectuent sur des panneaux ou, en l'absence de joint, sur des surfaces de test ne pouvant excéder 50 m², à raison de six mesures au minimum par panneau sur un maillage orthogonal dont le pas est au moins égal à dix fois l'épaisseur nominale ; le panneau est conforme lorsque la moyenne arithmétique des épaisseurs mesurées est égale ou supérieure à 0,90 fois l'épaisseur nominale et que l'écart-type sur ces mesures est inférieur ou égal à 15 mm, les épaisseurs mesurées supérieures à la valeur nominale étant ramenées à cette dernière dans les deux calculs.

Pour les tolérances d'altitude, le nombre de points de contrôle uniformément répartis est d'un point par 100 m² avec un minimum de 5 points, et la tolérance exprimée en millimètres est égale à 10 L^(1/3), L étant la longueur en mètres entre deux points de mesure et devant être supérieure à 2 m.

Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 art. 8, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 8.1, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 8.2, NF DTU 13.3 P1-1-2 art. 17

Tolérances de planéité locale et de désaffleurement

Obligatoire

3 du P1-1-1 fixe, à défaut d'autres précisions dans les DPM, un nombre de points de contrôle d'un par 100 m² avec un minimum de 10 points, une mesure au moyen d'une règle de 2 m et d'un réglet de 0,20 m posés à leurs extrémités sur deux cales, et des tolérances définies au Tableau 4 en fonction de l'état de surface retenu — brut de règle, surfacé ou lissé.

Dans le cas d'un dallage avec couche d'usure incorporée, les tolérances de planéité sont celles d'un béton lissé. Ces tolérances sont à vérifier en dehors des zones situées à proximité des arrêts de coulage et à au moins 0,20 m de tout obstacle et de tout bord non conjugué.

1 du P1-1-2 retient un minimum de 10 points de contrôle, la même méthode de mesure, et le Tableau 1 pour les tolérances selon l'état de surface ; il fixe en outre explicitement, lorsque le dallage est destiné à recevoir un revêtement de sol collé ou scellé désolidarisé ou sur sous-couche isolante, des tolérances de planéité de 7 mm sous la règle de 2 m et de 2 mm sous le réglet de 0,20 m.

4 du P1-1-1 fixe enfin le désaffleurement admissible mesuré entre deux points contigus situés de part et d'autre d'un joint du dallage : inférieur ou égal à 2 mm lorsque les joints sont conjugués et non chargés, et à 5 mm dans les autres cas. 3.

Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 § 8.3, NF DTU 13.3 P1-1-1 § 8.4, NF DTU 13.3 P1-1-2 § 17.1, NF DTU 13.3 P1-1-2 § 17.2

Essais, contrôles et délais de mise en service

Obligatoire

L'article 9 du P1-1-1 impose des contrôles sur chantier de consistance, de résistance et de température du béton respectant ceux du NF DTU 21, les contrôles de température étant réalisés à la livraison du béton frais avec la même fréquence que les contrôles de résistance ; dans le cas de la prise en compte de la traction par fendage du béton dans le calcul, les quantités d'éprouvettes pour les essais de fendage sont doublées.

Les contrôles de la teneur en air du béton sont réalisés sur chantier avec la même fréquence que les contrôles de résistance.

Le contrôle de niveau du support est effectué par un relevé altimétrique à la maille maximale de 10 × 10 m, dont les résultats doivent être conservés, le niveau du support étant celui du dallage fini diminué de son épaisseur nominale avec une tolérance de ± 10 mm ; les épaisseurs de dallage mesurées sont notées sur un plan avant l'intervention, et les valeurs de planéité mesurées sont également notées sur un plan.

L'article 10 fixe les délais de mise en service : pour la couche d'usure, 48 heures pour le trafic piéton et 10 jours pour les autres charges admissibles par le dallage à cet âge ; pour le corps du dallage, 28 jours sauf justifications particulières.

L'ensemble des dispositifs d'exploitation doit être conçu et mis en place de manière à ne pas gêner le retrait du béton, la fixation des rayonnages de part et d'autre des joints devant laisser libre ce retrait, par exemple au moyen de trous oblongs.

Références : NF DTU 13.3 P1-1-1 § 7.1, NF DTU 13.3 P1-1-1 art. 9, NF DTU 13.3 P1-1-1 art. 10, NF DTU 13.3 P1-1-1 art. 11, NF DTU 21

Tolérances d'exécution

Paramètre Tolérance Conditions
Délai de vérification de la conformité du dallage Au plus tard deux semaines après mise en place du béton P1-1-1 art. 8 et P1-1-2 art. 17 : et avant chargement du dallage, compte tenu des retraits linéaire et différentiel
Niveau du support du dallage ± 10 mm P1-1-1 § 7.1 et P1-1-2 § 16.1 : niveau du dallage fini diminué de son épaisseur nominale ; relevé altimétrique à la maille maximale de 10 × 10 m
Tolérance d'épaisseur — moyenne des mesures ≥ 0,90 fois l'épaisseur nominale P1-1-1 § 8.1 : au moins 6 mesures par panneau ou surface de test ≤ 50 m², maillage de pas ≥ 10 fois l'épaisseur nominale
Tolérance d'épaisseur — écart-type ≤ 15 mm P1-1-1 § 8.1, épaisseurs mesurées supérieures à la nominale ramenées à cette dernière
Tolérance d'altitude 10 × L^(1/3) mm P1-1-1 § 8.2 : L en mètres entre deux points de mesure, > 2 m ; un point de contrôle par 100 m², minimum 5 points
Tolérance d'horizontalité ou de pente (maison individuelle) 10 × L^(1/3) mm P1-1-2 § 17.2 : L en mètres, longueur sur laquelle la mesure est effectuée
Planéité locale — dallage recevant un revêtement collé, scellé désolidarisé ou sur sous-couche isolante 7 mm sous la règle de 2 m et 2 mm sous le réglet de 0,20 m P1-1-2 § 17.1 ; valeur explicitement énoncée dans le texte de la partie maisons individuelles
Planéité locale — autres cas Selon le Tableau 4 du P1-1-1 (ou le Tableau 1 du P1-1-2), en fonction de l'état de surface États de surface : brut de règle, surfacé, lissé. Dallage avec couche d'usure incorporée : tolérances d'un béton lissé
Zone de mesure de la planéité Hors zones proches des arrêts de coulage et à ≥ 0,20 m de tout obstacle et bord non conjugué P1-1-1 § 8.3 ; un point de contrôle par 100 m², minimum 10 points
Désaffleurement à la construction — joints conjugués et non chargés ≤ 2 mm P1-1-1 § 8.4, entre 2 points contigus situés de part et d'autre d'un joint
Désaffleurement à la construction — autres cas ≤ 5 mm P1-1-1 § 8.4
Recouvrement des lés du film polyéthylène ≥ 50 mm (P1-1-1) / ≥ 20 cm (P1-1-2) P1-1-1 § 7.2 et P1-1-2 § 16.2 : la valeur diffère entre les deux cahiers des clauses techniques, il faut retenir celle du CCT applicable à l'ouvrage
Déformation admissible des isolants sous dallage ≤ 2 % P1-1-1 § 5.3.4 (module Eis ≥ 3,5 MPa) et P1-1-2 art. 14 (module Es ≥ 2,1 MPa)
Rapport des côtés des panneaux de dallage en béton non armé Compris entre 1 et 1,5 P1-1-1 § 5.6.6, sauf en périphérie de l'ouvrage
Redent de clavetage de conjugaison Pente < 3 %, profondeur ≥ 4 × 10⁻⁴ D majorée de 10 mm P1-1-1 § 5.6.5, D = distance entre deux joints en mètres ; des redents trop profonds fragilisent le clavetage

Dimensions réglementaires

Épaisseur minimale du dallage de maison individuelle

Dimension : 120 mm
Minimum : 120 mm

P1-1-2 § 5.1 ; charges d'exploitation ≤ 2,5 kN/m²

Épaisseur nominale minimale du dallage (autres ouvrages)

Dimension : Selon le Tableau 1 du P1-1-1, en fonction de l'usage des locaux

P1-1-1 § 5.5.1 ; le § 5.5.2.1 traite explicitement le cas des locaux dont l'épaisseur nominale minimale est de 130 mm

Armatures du dallage de maison individuelle

Dimension : 0,2 % de la section de béton dans chaque sens
Minimum : 0,2 %

P1-1-2 § 5.3 ; exemple pour 120 mm : treillis soudé maille carrée 150 mm, fil Ø 7 mm

Chapeaux de rive des dallages solidarisés (maison individuelle)

Dimension : ≥ 2,5 cm²/ml
Minimum : 2,5 cm²/ml

P1-1-2 § 5.3 ; exemples : U HA Ø 8 mm tous les 200 mm de longueur développée 1,50 m, ou chapeaux TS Ø 7 mm tous les 150 mm

Armatures des dallages en béton armé d'épaisseur nominale minimale 130 mm

Dimension : 5 cm²/m dans les deux directions perpendiculaires
Minimum : 5 cm²/m

P1-1-1 § 5.5.2.1

Armatures des dallages en béton armé au-delà de 130 mm

Dimension : ≥ 0,4 % de la section du béton dans les deux directions
Minimum : 0,4 %

P1-1-1 § 5.5.2.1, quelle que soit la classe de résistance du béton

Diamètre maximal des armatures

Dimension : ≤ 1/15 de l'épaisseur du dallage

P1-1-1 § 5.5.2.1 ; entraxe maximal entre armatures ≤ 2 fois l'épaisseur du dallage

Enrobage nominal des armatures

Dimension : ≥ 30 mm
Minimum : 30 mm

P1-1-1 § 7.3.3 : cnom déterminé par le Tableau 4.4N de la NF EN 1992-1-1 sans descendre sous 30 mm

Épaisseur minimale de la couche de forme (maison individuelle)

Dimension : 20 cm
Minimum : 20 cm

P1-1-2 art. 10 ; mise en oeuvre par couches de 20 cm maximum, plus petit granulat ≥ 4 mm

Module de déformation du support (maison individuelle)

Dimension : Kw ≥ 30 MPa/m
Minimum : 30 MPa/m

P1-1-2 art. 9, essai à la plaque de diamètre 75 cm

Couche de glissement en sable 0/4

Dimension : 5 à 20 mm d'épaisseur, toutes tolérances épuisées

P1-1-1 § 5.3.2 ; l'interposition d'un film polyéthylène macroperforé ne constitue pas à elle seule une couche de glissement

Épaisseur minimale du film polyéthylène

Dimension : 150 µm, nécessairement macroperforé
Minimum : 150 µm

P1-1-1 § 5.3.3 : n'assure pas de rôle anti-capillarité et ne permet pas de maîtriser la siccité du béton

Lit de sable ou de mortier maigre sous couche de glissement ou isolant (maison individuelle)

Dimension : 5 cm environ de sable ou 3 cm de mortier maigre

P1-1-2 art. 11

Épaisseur maximale de l'isolant

Dimension : Hi ≤ Eis/50

P1-1-1 § 5.3.4 ; Hi ≤ Eis/30 pour les bâtiments tertiaires listés à charge ≤ 5 kN/m² sans charges ponctuelles ni roulantes, avec CS(10/Y)100

Espacement maximal des joints — dallage en béton non armé soumis aux intempéries

Dimension : 5 m ± 10 % (plus grand côté du panneau)
Maximum : 5 m ± 10 %

P1-1-1 § 5.6.6 ; valeur divisée par 2 en cas de solidarisation sur un côté de panneau

Espacement maximal des joints — dallage en béton non armé sous abri

Dimension : 6 m ± 10 % (plus grand côté du panneau)
Maximum : 6 m ± 10 %

P1-1-1 § 5.6.6 ; joints sciés non nécessaires pour les dallages en béton armé

Seuil de fractionnement du dallage de maison individuelle

Dimension : 240 m²
Maximum : 240 m²

P1-1-2 § 5.4 ; fractionnement également imposé en cas d'angle rentrant

Épaisseur minimale de la mousse de polyéthylène des joints d'isolement

Dimension : 10 mm
Minimum : 10 mm

P1-1-1 § 5.6.4, disposée contre longrines, poteaux de charpente, etc.

Treillis soudé de conjugaison des joints de type 4 ou 5

Dimension : 0,06 % de la section du béton, Ø ≥ 6 mm, espacement ≤ 20 cm

P1-1-1 § 5.6.5 ; général dans tout le dallage, situé au droit des joints dans le tiers inférieur de la hauteur

Charge linéaire maximale d'une cloison posée sur dallage

Dimension : 15 kN/m
Maximum : 15 kN/m

P1-1-1 § 5.5 ; au-delà, une fondation est indispensable. Les joints du dallage doivent être prolongés dans les cloisons

Armatures des dalles de transition et des liaisons aux seuils et quais

Dimension : ≥ 0,2 % de la section du béton dans les deux directions
Minimum : 0,2 %

P1-1-1 § 5.5 ; nappe inférieure, sur la totalité du panneau. Largeur recommandée de 2,40 m pour les quais niveleurs et fosses

Canalisations incorporées dans un dallage en béton armé

Dimension : Ø ≤ 1/5 de l'épaisseur, enrobage supérieur ≥ 2 Ø sans être < 50 mm

P1-1-1 § 5.2.1.2 ; distance horizontale entre éléments ≥ 1 Ø avec un minimum de 50 mm

Canalisations placées sous un dallage en béton non armé

Dimension : Distance génératrice supérieure / sous-face ≥ Ø + 50 mm

P1-1-1 § 5.2.1.1 ; P1-1-2 art. 13 : ≥ Ø + 5 cm

Température ambiante admissible en phase de bétonnage

Dimension : De −5 °C à 40 °C

P1-1-1 § 7.3.2.1 ; dispositions spécifiques entre −5 °C et +5 °C et entre 32 °C et 40 °C

Température ambiante admissible en phases de surfaçage et de finition

Dimension : De 3 °C à 40 °C

P1-1-1 § 7.3.2.2, pendant une période minimale de 48 h à partir du coulage ; sciage des joints à températures positives

Classe de consistance minimale du béton fluide

Dimension : S4 au regard de la NF EN 206/CN

P1-1-1 § 7.3.4 ; fluidité obtenue par adjuvantation et en aucun cas par ajout d'eau. BAP interdits en cas de couche d'usure

Délai de mise en service de la couche d'usure

Dimension : 48 h pour le trafic piéton, 10 jours pour les autres charges

P1-1-1 § 5.1.3.3.1 et art. 10.1

Délai de mise en service du corps du dallage

Dimension : 28 jours

P1-1-1 § 10.2, sauf justifications particulières

Points de reconnaissance géotechnique (maison individuelle)

Dimension : 2 points, plus 1 point tous les 500 m² de dallage
Minimum : 2 points

P1-1-2 § 6.3 ; les sondages établis pour les fondations peuvent être utilisés pour le dallage

Éloignement de la végétation

Dimension : > 1 à 1,5 fois la hauteur de l'arbre adulte

P1-1-2 art. 7 et annexe A ; le retrait provoqué par l'action de succion des racines se fait sentir jusqu'à cette distance

Comprendre NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213

Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.

Pour NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.

Qui est concerné ?

Le domaine d'application de NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213 couvre : Dallages en béton à base de liants hydrauliques reposant uniformément sur leur support : dallages désolidarisés en béton armé, non armé ou additionné de fibres pour tous types d'ouvrages (P1-1-1), et dallages de maisons individuelles, de leurs garages de véhicules légers attenants et de leurs sous-sols pour des charges d'exploitation n'excédant pas 2,5 kN/m² (P1-1-2). Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.

Progineer et la conformité document technique unifié

Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.

Tout savoir sur NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213

Le NF DTU 13.3, dans sa version de décembre 2021 homologuée en novembre 2021, est l'un des DTU les plus techniques du gros oeuvre. Il ne se contente pas de décrire une mise en oeuvre : il porte une méthode de calcul complète, articulée aux Eurocodes, avec des états-limites de service propres au dallage — déformation verticale absolue, déformation verticale différentielle, variation du désaffleur, contrainte de compression, contrainte de traction pour le béton non armé, ouverture des fissures pour le béton armé. C'est un texte de conception autant que d'exécution, et c'est pour cette raison qu'il est structuré en deux cahiers des clauses techniques distincts.

La partie 1-1-1 traite les dallages réalisés pour tous types d'ouvrages hors maisons individuelles : bâtiments industriels, logistiques, commerciaux, tertiaires, parkings, dallages extérieurs à usage autre que voirie. La partie 1-1-2 traite les dallages de maisons individuelles, de leurs garages de véhicules légers attenants et de leurs sous-sols, sous réserve que les charges d'exploitation n'excèdent pas 2,5 kN/m². Les deux CCT partagent une partie 1-2 pour les critères généraux de choix des matériaux et une partie 2 pour les clauses administratives. Une valeur lue dans le P1-1-1 ne s'applique pas mécaniquement à une maison individuelle : les épaisseurs, les pourcentages d'armatures, les seuils de fractionnement et jusqu'au recouvrement des lés de film diffèrent entre les deux textes.

Le DTU pose d'emblée un principe qui devrait figurer dans tous les CCTP : la fissuration du béton, armé ou non, est un phénomène inhérent à la nature du matériau, et le document vise à maîtriser la fissuration sans prétendre éviter sa formation. Une réception de dallage qui exige l'absence totale de fissures va au-delà de ce que le référentiel promet. Corollaire opérationnel : le DTU impose que la conformité du dallage soit vérifiée au plus tard deux semaines après mise en place du béton et avant chargement — un contrôle réalisé six mois plus tard, sur un dallage exploité, ne mesure plus les tolérances d'exécution mais le comportement en service.

Trois familles de sujets concentrent les litiges. D'abord le support : reconnaissance géotechnique proportionnée, module de déformation, épaisseur et nature de la couche de forme, compactage contrôlé. Ensuite l'interface, où une confusion tenace persiste sur le rôle du film polyéthylène — le DTU énonce explicitement qu'il n'assure pas de rôle anti-capillarité. Enfin le calepinage des joints et leur conjugaison, qui conditionnent à la fois la fissuration et le comportement sous charges roulantes.

Comprendre en détail NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213

Deux cahiers des clauses techniques, deux jeux de valeurs

Le NF DTU 13.3 est composé de deux CCT : la partie 1-1-1 pour tous types d'ouvrages hors maisons individuelles, et la partie 1-1-2 pour les dallages de maisons individuelles, complétés par une partie 1-2 (critères généraux de choix des matériaux) et une partie 2 (clauses administratives spéciales), communes aux deux. La partie 1-1-1 remplace les anciennes NF P 11-213-1 et NF P 11-213-2 de mars 2005 et leurs amendements de 2007 ; la partie 1-1-2 remplace la NF P 11-213-3 de mars 2005 et son amendement A1.

Un préambule particulier du P1-1-2 précise que cette partie n'a pas fait l'objet des travaux de révision et que les modifications apportées sont d'ordre éditorial, pour sa mise en conformité de présentation avec les autres parties. Autrement dit, le contenu technique de la partie maisons individuelles est resté celui de 2005-2007, tandis que la partie 1-1-1 a été substantiellement révisée. Cela explique certaines divergences de valeurs entre les deux textes.

Les divergences les plus notables portent sur le module minimal des isolants — Eis ≥ 3,5 MPa au P1-1-1 contre Es ≥ 2,1 MPa au P1-1-2 —, sur le recouvrement des lés de film polyéthylène — au moins 50 mm au P1-1-1 contre au moins 20 cm au P1-1-2 — et sur la formulation des dispositions relatives aux canalisations incorporées. Il ne s'agit pas d'incohérences à arbitrer, mais de deux référentiels distincts : c'est le CCT applicable à l'ouvrage qui fait foi.

En pratique, un CCTP doit nommer explicitement le CCT applicable : « NF DTU 13.3 P1-1-2 » pour une maison individuelle, « NF DTU 13.3 P1-1-1 » pour tout le reste. Écrire simplement « NF DTU 13.3 » laisse l'ambiguïté ouverte et, en cas de litige, l'entreprise pourra se prévaloir du texte le moins contraignant applicable à son ouvrage.

Domaine d'application : ce que le DTU ne couvre pas

La partie 1-1-1 vise les dallages désolidarisés, qui ne participent pas à la reprise ou au transfert des efforts horizontaux, en béton armé ou non armé, ne jouant pas le rôle de diaphragme et ne participant pas à la stabilité du bâtiment — sauf fonction de butonnage d'un mur enterré. Elle vise aussi les dallages additionnés de fibres et les dallages extérieurs à usage autre que voirie. Elle est applicable à toutes les zones climatiques, y compris les zones de climat tropical ou équatorial.

Les exclusions sont nombreuses et méritent d'être connues : ouvrages de fondation et radiers ; revêtements scellés, coulés ou collés sur le béton durci ; dallages préfabriqués, précontraints, de types routiers, de zones de circulation extérieures aéroportuaires ou de patinoires ; parties de dallages supportant des équipements industriels générateurs de vibrations ou de chocs ; dallages soumis à des charges mobiles exerçant des pressions supérieures à 7,5 MPa, notamment dans le cas de roues à bandage métallique ; ouvrages pour lesquels une fonction d'étanchéité est nécessaire ; dallages quasi-rigides au sens de la NF EN 15620.

Trois seuils excluent en outre le béton non armé du domaine : une pression due aux platines supérieure à 5 MPa, une charge uniformément répartie supérieure à 80 kN/m², ou un ensemble de charges concentrées fixes ou mobiles créant, sur l'aire enveloppant les centres d'application de chaque charge à une distance de 4 fois l'épaisseur du dallage, une charge moyenne supérieure à 80 kN/m². Dans le cas de charges ponctuelles telles que des rayonnages, le cas le plus défavorable est recherché entre trois configurations d'aire enveloppante.

Le DTU signale enfin trois situations exigeant une attention particulière sans être exclues : les dallages exposés à des températures supérieures à 50 °C, qui appellent un béton réfractaire, la prise en compte d'un gradient thermique dans le calcul et un calepinage de joints adapté ; les dallages devant posséder une résistance électrique limitée, avec mise à la terre des armatures, siphons de sol et couche d'usure antistatique ; et les dallages ayant un critère antidérapant à respecter, la NF P 05-011 définissant le classement des locaux en fonction de leur résistance à la glissance.

Reconnaissance du sol : de l'enquête à la mission G12

Pour les maisons individuelles, la reconnaissance géotechnique est indispensable dès qu'il s'agit de maisons jumelées ou en bande, ou de réalisations comportant plusieurs maisons. L'étude préliminaire, qui détermine seulement si un dallage est possible sans fournir d'élément de prédimensionnement, correspond à la mission G11 de la NF P 94-500. L'étude de faisabilité comporte une mission d'investigations et un rapport donnant les hypothèses à prendre en compte pour la justification du projet — nature et épaisseur des couches, modules de déformation, principes généraux de construction, évaluation des risques liés aux déformations — et correspond à la phase 1 de la mission G12, la phase 2 apportant des exemples de prédimensionnement et de tassements prévisibles.

Le nombre minimal de points de reconnaissance est de 2, plus 1 point tous les 500 m² de dallage, un point de reconnaissance étant un emplacement où sont effectués un sondage et/ou des essais adaptés au sol. Les sondages établis pour les fondations de la structure peuvent être utilisés pour le dallage, et l'enquête peut conduire à augmenter ce nombre. La reconnaissance doit être menée jusqu'à la profondeur où la compressibilité du substratum peut être considérée comme négligeable.

Hors de ces cas, et lorsque la reconnaissance géotechnique n'est pas fournie à l'entrepreneur, celui-ci doit avant la remise de son offre réaliser une enquête portant sur huit points : absence d'anomalies liées au contexte régional et local telles qu'anciennes carrières ou risque karstique ; terrain horizontal ou en faible pente sans risque notoire de glissement ; terrain non inondable et absence de source ; niveaux de la nappe phréatique plus bas que le dallage quelle que soit la saison et les années ; sols non référencés comme sensibles au retrait-gonflement ; sols de nature homogène sans point dur ; absence de remblais récents ou évolutifs ; absence de végétation à proximité, avec un éloignement supérieur à 1 à 1,5 fois la hauteur de l'arbre adulte.

Si, lors de ses travaux, l'entrepreneur constate une anomalie non détectable par cette enquête et compromettant l'exécution du dallage, il doit avertir le maître d'ouvrage de l'impossibilité de réaliser les travaux convenus au contrat et lui demander de revoir les termes du marché. Cette clause est la protection contractuelle de l'entreprise : elle suppose que l'enquête préalable ait effectivement été menée et tracée.

Le film polyéthylène ne coupe pas les remontées capillaires

C'est le point du NF DTU 13.3 le plus systématiquement mal restitué dans les CCTP et les fiches techniques. Le § 5.3.3 du P1-1-1 énonce que les films en polyéthylène, nécessairement macroperforés, d'une épaisseur minimale de 150 µm, les géotextiles et les géosynthétiques n'assurent pas de rôle anti-capillarité et ne permettent pas de maîtriser la siccité du béton de dallage. Prescrire « un film polyane de 150 µm anti-remontées capillaires » sous un dallage est donc doublement contraire au texte : le film doit être macroperforé, et il n'a pas cette fonction.

Le DTU précise également que l'interposition d'un film en polyéthylène macroperforé ne constitue pas à elle seule une couche de glissement. La couche de glissement est constituée soit d'une couche de sable 0/4 de 5 à 20 mm d'épaisseur toutes tolérances épuisées, soit d'un film en polyéthylène macroperforé de 150 µm posé sur un isolant reposant lui-même sur une couche de sable, soit de toute autre solution dûment justifiée. Sa prise en compte dans le calcul impose que son maintien en état soit assuré et qu'elle soit appliquée sur une plateforme parfaitement fermée, sans risque de poinçonnement.

Le DTU ajoute une note qui évite bien des expertises inutiles : lors des premières années de vie du dallage, il est fréquent d'observer de la condensation à sa surface, en partie liée à l'évaporation de l'humidité encore présente dans le béton et plus généralement à un problème d'équilibre thermique du bâtiment, favorisée par la température du sol support, la température du local et son taux d'hygrométrie. Ce phénomène de point de rosée ne doit pas être confondu avec d'éventuelles remontées d'humidité.

Pour les maisons individuelles, l'article 11 du P1-1-2 est formulé différemment : l'état de surface du support doit être aménagé pour préserver l'intégrité de la couche de glissement ou de l'isolant, au moyen soit d'un lit de sable de 5 cm environ d'épaisseur moyenne, soit d'un lit de mortier maigre de 3 cm. Un film anticapillaire ou pare-vapeur n'est admis que lorsqu'il subsiste un risque de remontées capillaires ou de diffusion d'humidité, et lorsqu'une couche isolante est prévue, le film est disposé sur l'isolant. La réalisation d'ouvrages étanches n'est pas couverte par le NF DTU 13.3 : il faut alors se reporter au NF DTU 14.1 relatif aux cuvelages.

Épaisseur et armatures : les pourcentages réellement exigés

Pour les maisons individuelles, l'épaisseur minimale est de 120 mm, et il existe deux types de dallages : désolidarisé, s'il n'est lié ni avec les porteurs verticaux ni aux fondations, et solidaire. Les armatures représentent en partie courante 0,2 % de la section de béton du dallage dans chaque sens, ce qui, pour un dallage de 120 mm, conduit par exemple à un treillis soudé à maille carrée de 150 mm et de diamètre de fil de 7 mm. Le DTU précise qu'il est possible d'additionner des fibres au béton sans justification particulière, mais qu'il ne vise pas les cas où il serait tenu compte des propriétés mécaniques de ces fibres.

Les rives des dallages solidarisés doivent comporter en plus des armatures de renfort en chapeaux de rive correspondant à une section minimale de 2,5 cm²/ml. Le DTU en donne deux exemples : des U de fermeture en acier HA de Ø 8 mm tous les 200 mm et de longueur développée de 1,50 m, ou des chapeaux en treillis soudé à maille carrée de Ø 7 mm tous les 150 mm, l'ancrage des aciers de la nappe principale étant alors assuré par une longueur au moins égale au tiers de leur longueur d'ancrage total, ou par une soudure dans le cas d'un treillis soudé.

Pour les autres ouvrages, l'épaisseur nominale minimale est donnée au Tableau 1 du P1-1-1 en fonction de l'usage des locaux. Le § 5.5.2.1 fixe pour les dallages en béton armé dont l'épaisseur nominale minimale est de 130 mm une section minimale d'armatures de 5 cm²/m dans les deux directions perpendiculaires ; au-delà de cette épaisseur, la section d'armatures est au moins égale à 0,4 % de la section du béton dans les deux directions, quelle que soit la classe de résistance du béton.

Trois règles de disposition complètent ces pourcentages : le diamètre des armatures doit être inférieur ou égal au quinzième de l'épaisseur du dallage ; l'entraxe maximal entre armatures ne doit pas dépasser 2 fois l'épaisseur du dallage ; l'ensemble du panneau doit être armé. Pour les dallages d'épaisseur nominale comprise entre 130 et 150 mm, les armatures sont disposées en deux nappes calées et écartées, une nappe unique calée à mi-épaisseur n'étant admise que si le calcul le justifie. Au-delà de 150 mm, les deux nappes calées et écartées sont obligatoires. L'enrobage nominal est déterminé par le Tableau 4.4N de la NF EN 1992-1-1 sans jamais descendre au-dessous de 30 mm.

Calepinage des joints et conjugaison des panneaux

Le DTU distingue quatre objets qu'il ne faut pas confondre. L'arrêt de coulage, également dénommé joint de construction, coïncide généralement avec un joint de retrait, de dilatation ou d'isolement ; si tel n'est pas le cas, le monolithisme du dallage doit être assuré par des armatures de couture ou tout autre dispositif adapté. Le joint de retrait permet le libre retrait du béton des panneaux. Le joint de dilatation règne sur toute l'épaisseur du dallage et son ouverture à l'exécution est au moins égale à la dilatation maximale qu'il doit autoriser ; il doit être prévu pour les dallages de locaux non couverts ou non clos. Le joint d'isolement désolidarise le dallage de certains éléments de construction, et est constitué d'une mousse compressible de polyéthylène d'épaisseur minimale de 10 mm.

Pour les dallages en béton non armé, les joints sont disposés de manière à délimiter des panneaux dont la dimension du plus grand côté est au plus égale à 5 m ± 10 % pour les dallages soumis aux intempéries et 6 m ± 10 % pour les dallages sous abri ; en cas de solidarisation sur un côté de panneau, ces valeurs sont à diviser par 2. Le rapport des côtés des panneaux doit être compris entre 1 et 1,5, sauf en périphérie de l'ouvrage. Les joints en quinconce ne sont pas admis, sauf dans le cas de point singulier.

Les joints sciés ne sont pas nécessaires pour les dallages en béton armé, dont l'espacement entre arrêts de coulage respecte les exigences du § 2.3.3 (3) de l'Annexe Nationale à la NF EN 1992-1-1. Des joints peuvent cependant y être exécutés pour isoler des points singuliers, modifier des géométries de coulage inadaptées ou maîtriser le retrait dans le cas de charges ponctuelles importantes. Pour les maisons individuelles, le fractionnement s'impose pour les surfaces supérieures à 240 m² et en cas d'angle rentrant.

Lorsque le dallage est destiné à recevoir un revêtement de sol autre qu'une peinture, ou dans les zones soumises au passage de charges roulantes, tous les joints doivent être conjugués. La conjugaison peut se faire par clavetages béton sur béton — redent de pente inférieure à 3 % et de profondeur égale ou supérieure à 4 × 10⁻⁴ D majorée de 10 mm, D étant la distance entre deux joints en mètres, des redents trop profonds fragilisant le clavetage —, par clavetages munis de profilés, par goujonnage avec goujons lisses dont l'un des côtés au moins est non adhérent et disposés orthogonalement aux joints, ou par toute autre solution justifiée. Le DTU avertit qu'un seul chargement fixe ou mobile au-delà des données de calcul peut détruire la conjugaison des panneaux adjacents et induire des pianotages générateurs de dégradations des lèvres des joints.

Bétonnage : températures, consistance, cure et couche d'usure

Le NF DTU 13.3 est l'un des rares DTU à fixer des seuils de température aussi précis, et à distinguer les phases. La phase de bétonnage n'est pas autorisée lorsque la température ambiante sur chantier est inférieure à −5 °C ou supérieure à 40 °C. Entre −5 °C et +5 °C, des dispositions doivent être prises pour la mise en place du béton jusqu'à ce que la zone exposée au gel atteigne une résistance suffisante : chauffage du béton, chauffage du local en évitant l'air pulsé source de courant d'air, formulation adaptée avec accélérateur de prise. Entre 32 °C et 40 °C, il faut recourir à une formulation adaptée, à de l'eau refroidie ou à des horaires de bétonnage adaptés.

Les phases de surfaçage et de finition sont plus contraignantes encore : elles ne sont pas autorisées lorsque la température ambiante est inférieure à 3 °C ou supérieure à 40 °C, et ce pendant une période minimale de 48 h à partir du coulage du béton, l'exécution du bétonnage devant alors être décalée. Le sciage des joints de retrait requiert des températures positives. Un dallage avec couche d'usure lissée doit être réalisé à l'abri des intempéries, hors d'eau et hors d'air, afin de limiter le tuilage et le retrait ; en extérieur, la finition est surfacée et non lissée, le lissage mécanique fermant la surface et empêchant la migration de l'air occlus avec un risque de décollement.

Le béton est vibré par tout moyen mécanique, ou bien, s'il est de consistance fluide — classe de consistance minimale S4 au regard de la NF EN 206/CN —, damé par exemple à l'aide d'une lissarde. Cette consistance fluide doit être obtenue par adjuvantation adaptée à la fabrication ou à la livraison et en aucun cas par ajout d'eau. L'utilisation des bétons autoplaçants est interdite dans le cas d'une couche d'usure. La face supérieure du dallage doit faire l'objet d'une cure par application d'un produit de cure, par arrosage ou par tout autre moyen de maintien de l'humidité en surface.

La couche d'usure est mise en oeuvre par saupoudrage, par épandage mécanique ou par coulis étalé et réglé sur le béton frais préalablement traité par balayage, la finition étant réalisée par talochage et lissage généralement mécaniques en plusieurs passes successives. Le début et la durée de ces opérations, de quelques heures par forte chaleur à 10 h après la fin du coulage par temps froid et humide, dépendent de la nature du ciment, des adjuvants et des conditions climatiques. Le DTU précise que les variations de teinte et de texture sur les sols industriels à base de liant hydraulique sont inévitables et qu'en aucun cas cette technique ne peut répondre à des critères esthétiques — clause à rappeler au maître d'ouvrage avant travaux.

Tolérances et réception : la fenêtre de deux semaines

La règle procédurale la plus importante du NF DTU 13.3 est commune aux deux CCT : compte tenu des déformations du dallage dues aux retraits linéaire et différentiel, la conformité du dallage aux prescriptions doit être vérifiée au plus tard deux semaines après mise en place du béton et avant chargement du dallage. Passé ce délai, les écarts mesurés ne relèvent plus des tolérances d'exécution mais du comportement en service, sur lequel le DTU ne s'engage pas de la même manière.

Les tolérances d'épaisseur ne s'appliquent que lorsqu'elles sont demandées dans les DPM. Les mesures s'effectuent sur des panneaux de dallage ou, en l'absence de joint, sur des surfaces de test ne pouvant excéder 50 m², à raison de six mesures au minimum par panneau sur un maillage orthogonal dont le pas est au moins égal à dix fois l'épaisseur nominale. Le panneau est conforme lorsque deux conditions sont satisfaites : la moyenne arithmétique des épaisseurs mesurées est égale ou supérieure à 0,90 fois l'épaisseur nominale, et l'écart-type sur ces mesures est inférieur ou égal à 15 mm — les épaisseurs supérieures à la valeur nominale étant, dans les deux calculs, ramenées à cette valeur nominale.

Pour les tolérances d'altitude, le nombre de points de contrôle uniformément répartis est d'un point par 100 m² avec un minimum de 5 points, et la tolérance exprimée en millimètres est égale à 10 L^(1/3), L étant la longueur en mètres entre deux points de mesure et devant être supérieure à 2 m. La même formule sert de tolérance d'horizontalité ou de pente pour les maisons individuelles. Pour la planéité locale, le nombre de points est d'un par 100 m² avec un minimum de 10 points, la mesure se fait au moyen d'une règle de 2 m et d'un réglet de 0,20 m posés à leurs extrémités sur deux cales, et les valeurs sont données au Tableau 4 du P1-1-1 selon l'état de surface retenu.

Le P1-1-2 fournit une valeur chiffrée directement dans son texte : lorsque le dallage est destiné à recevoir un revêtement de sol collé, scellé désolidarisé ou sur sous-couche isolante, les tolérances de planéité sous règle de 2 m et sous réglet de 0,20 m sont respectivement de 7 mm et 2 mm. Les tolérances de planéité sont à vérifier en dehors des zones proches des arrêts de coulage et à au moins 0,20 m de tout obstacle et de tout bord non conjugué. Enfin, le désaffleurement admissible entre deux points contigus de part et d'autre d'un joint est inférieur ou égal à 2 mm lorsque les joints sont conjugués et non chargés, et à 5 mm dans les autres cas.

Mise en service, exploitation et maintenance

Les délais de mise en service sont explicites et souvent négligés sur les chantiers tendus. Pour la couche d'usure, le délai minimal avant circulation de la surface est de 48 heures pour le trafic piéton et de 10 jours pour les autres charges admissibles par le dallage à cet âge. Pour le corps du dallage, le délai de mise en service est de 28 jours, sauf justifications particulières.

Le DTU explique pourquoi : le chargement du dallage avant que le retrait ne soit terminé engendre des contraintes dues aux retraits gênés qui entraînent une fissuration ultérieure, avec un cas typique cité — les fissures dans les allées de circulation entre rayonnages. L'ensemble des dispositifs d'exploitation du dallage doit être conçu et mis en place de manière à ne pas gêner le retrait du béton, et la fixation des rayonnages de part et d'autre des joints doit laisser libre ce retrait, par exemple au moyen de trous oblongs.

Côté contrôles, le contrôle de niveau du support est effectué par un relevé altimétrique à la maille maximale de 10 × 10 m, dont les résultats doivent être conservés ; le niveau du support est celui du dallage fini diminué de son épaisseur nominale, avec une tolérance de ± 10 mm. Les épaisseurs de dallage mesurées sont notées sur un plan avant l'intervention, et les valeurs de planéité mesurées sont également notées sur un plan. Les contrôles de consistance, de résistance et de température du béton respectent ceux du NF DTU 21, les contrôles de température étant réalisés à la livraison du béton frais avec la même fréquence que ceux de résistance, tout comme les contrôles de teneur en air.

L'article 11 du P1-1-1 rappelle enfin qu'un dallage étant un ouvrage soumis à la fatigue et à l'usure, il doit faire l'objet d'une maintenance régulière, avec traçabilité dans un registre de maintenance, un reportage photographique annuel des points singuliers et un suivi des techniques et des produits utilisés. Ces opérations ne font pas partie du marché de travaux, mais la maintenance est un critère essentiel pour assurer la pérennité du dallage : l'Annexe E informative apporte des conseils à destination du maître d'ouvrage. Prévoir cette information dans le dossier d'ouvrage exécuté relève de la bonne mission de maîtrise d'oeuvre.

Erreurs fréquentes sur les dallages

Prescrire un film polyéthylène « anti-remontées capillaires » sous dallage. Le § 5.3.3 du P1-1-1 énonce que les films polyéthylène, nécessairement macroperforés, d'une épaisseur minimale de 150 µm, n'assurent pas de rôle anti-capillarité et ne permettent pas de maîtriser la siccité du béton.

Considérer qu'un film macroperforé posé seul constitue une couche de glissement. Le DTU le dément explicitement : la couche de glissement est un sable 0/4 de 5 à 20 mm, ou un film sur un isolant reposant sur une couche de sable, ou une autre solution justifiée.

Appliquer au dallage d'une maison individuelle les valeurs de la partie 1-1-1, ou l'inverse. Les épaisseurs, pourcentages d'armatures, seuils de fractionnement, modules d'isolants et recouvrements de film diffèrent entre les deux cahiers des clauses techniques.

Réceptionner un dallage plusieurs mois après coulage ou après mise en charge. Les deux CCT imposent que la conformité soit vérifiée au plus tard deux semaines après mise en place du béton et avant chargement.

Retenir une couche de forme de 10 cm en maison individuelle. L'article 10 du P1-1-2 impose une épaisseur minimale de 20 cm, mise en oeuvre par couches n'excédant pas 20 cm, avec un plus petit granulat d'au moins 4 mm pour éviter les remontées capillaires.

Fixer l'espacement des joints à une fraction de l'épaisseur du dallage. Le § 5.6.6 raisonne en dimension de panneau : 5 m ± 10 % en extérieur, 6 m ± 10 % sous abri pour le béton non armé, divisé par 2 en cas de solidarisation sur un côté, avec un rapport des côtés compris entre 1 et 1,5.

Omettre la conjugaison des joints alors que le dallage recevra un revêtement de sol ou supportera des charges roulantes. Le § 5.6.5 l'impose pour tous les joints, circulés ou non, dès qu'un revêtement autre qu'une peinture est prévu.

Réaliser des redents de clavetage trop profonds. Le DTU fixe une pente inférieure à 3 % et une profondeur égale ou supérieure à 4 × 10⁻⁴ D majorée de 10 mm, en avertissant que des redents trop profonds fragilisent le clavetage.

Bétonner ou surfacer hors des plages de température admises : bétonnage entre −5 °C et 40 °C, surfaçage et finition entre 3 °C et 40 °C pendant au moins 48 h à partir du coulage, sciage des joints à températures positives.

Utiliser un béton autoplaçant sous une couche d'usure, ce que le § 7.3.4 interdit expressément, ou obtenir la fluidité par ajout d'eau au lieu d'une adjuvantation.

Poser une isolation horizontale seulement en périphérie sous dallage. Le DTU signale que cette disposition est susceptible de générer des désordres par tassement différentiel et oriente vers une bêche verticale périphérique ou une isolation horizontale sur toute la surface.

Mettre en service le corps du dallage avant 28 jours, ou circuler sur la couche d'usure avant 48 heures pour les piétons et 10 jours pour les autres charges.

Incorporer une canalisation dans un dallage en béton non armé. Le § 5.2.1.1 impose qu'elle soit placée sous le dallage, à une distance de la sous-face au moins égale à son diamètre majoré de 50 mm.

Poser une cloison de plus de 15 kN/m de charge linéaire sur un dallage sans fondation, ou omettre de prolonger les joints du dallage par des joints ménagés dans les cloisons.

Glossaire NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213

Dallage
Ouvrage en béton de grandes dimensions par rapport à son épaisseur, éventuellement découpé par des joints, reposant uniformément sur son support, éventuellement par l'intermédiaire d'une interface. Il peut intégrer une couche d'usure ou recevoir un revêtement (P1-1-2 § 3.1.1).
Dallage désolidarisé
Dallage qui n'est lié ni avec les porteurs verticaux ni aux fondations (P1-1-2 § 3.1.3). Le P1-1-1 précise qu'il ne participe pas à la reprise ou au transfert des efforts horizontaux et ne joue pas le rôle de diaphragme.
Support du dallage
Ensemble constitué par le sol, naturel ou traité, et éventuellement par la forme et/ou l'interface sur lesquels repose le dallage (P1-1-2 § 3.2).
Forme
Traitement du sol en place ou matériaux d'apport servant d'assise au dallage. Lorsqu'elle s'impose, elle constitue la fondation du dallage : épaisseur minimale de 20 cm en maison individuelle, mise en oeuvre par couches de 20 cm maximum (P1-1-2 art. 10).
Interface
Couche disposée directement sous le dallage : couche de réglage, de fermeture ou de glissement, film, isolant. Elle n'est pas impérative (P1-1-1 § 5.3).
Couche de glissement
Interface destinée à permettre le libre retrait du dallage. Sable 0/4 de 5 à 20 mm, ou film polyéthylène macroperforé de 150 µm sur isolant reposant sur une couche de sable, ou solution justifiée. Un film seul n'en constitue pas une (P1-1-1 § 5.3.2).
Couche d'usure
Renforcement superficiel du dallage obtenu avant durcissement du béton (P1-1-2 § 3.4). Elle est déconseillée pour les bétons des classes d'exposition XF2, XF3, XF4 et, sauf ciment adapté, XA (P1-1-1 § 5.1.3.3.1).
Arrêt de coulage (joint de construction)
Interruption du coulage coïncidant généralement avec un joint de retrait, de dilatation ou d'isolement. À défaut, le monolithisme du dallage doit être assuré par des armatures de couture ou un dispositif adapté (P1-1-1 § 5.6.1).
Joint d'isolement
Joint désolidarisant le dallage de certains éléments de construction — poteaux, longrines, murs, massifs — dont les déformations diffèrent de celles du dallage. Il règne sur toute l'épaisseur et est constitué d'une mousse compressible de polyéthylène d'au moins 10 mm (P1-1-1 § 5.6.4).
Conjugaison des panneaux
Dispositif assurant le transfert d'effort vertical entre deux panneaux adjacents de part et d'autre d'un joint : clavetage béton sur béton, clavetage à profilé, goujonnage, ou treillis soudé pour les joints de type 4 ou 5 (P1-1-1 § 5.6.5).
Pianotage
Mouvement vertical différentiel des lèvres d'un joint sous passage de charge, consécutif à la perte de conjugaison des panneaux adjacents. Il génère la dégradation des lèvres de joint (P1-1-1 § 5.6.5, note 4).
Dalle de transition
Zone de dallage liaisonnée à un seuil, un quai ou un ouvrage similaire, calculée comme telle, avec au moins 0,2 % d'armatures dans les deux directions en nappe inférieure sur la totalité du panneau. Largeur recommandée de 2,40 m pour quais niveleurs et fosses (P1-1-1 § 5.5).
Module de déformation Kw
Module du support déterminé en surface par essai à la plaque. Le P1-1-2 art. 9 exige Kw ≥ 30 MPa/m pour une plaque de diamètre 75 cm en maison individuelle.
Module Eis des isolants
Module d'élasticité de service en compression d'un isolant sous dallage, pris égal à 0,6 × Rcs/ds. Il ne doit pas être inférieur à 3,5 MPa et l'épaisseur Hi doit respecter Hi ≤ Eis/50, ou Hi ≤ Eis/30 pour les bâtiments tertiaires listés (P1-1-1 § 5.3.4).
Faïençage
Réseau de microfissures superficielles du dallage. Il résulte du retrait différentiel entre la surface enrichie en ciment et le corps du béton, contraintes également à l'origine du cintrage périphérique (P1-1-1 § 3.5 et § 7.4).

Questions fréquentes sur NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213

Qu'est-ce que NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213 ?

NF DTU 13.3 — Dallages : conception, calcul et exécution. Le NF DTU 13.3, révisé en décembre 2021, fixe les règles de conception, de calcul et d'exécution des dallages en béton à base de liants hydrauliques. Il se décline en deux cahiers des clauses techniques distincts : la partie 1-1-1 pour tous types d'ouvrages hors maisons individuelles, et la partie 1-1-2 pour les dallages de maisons individuelles. Il encadre la reconnaissance géotechnique, la forme et l'interface, l'épaisseur nominale, les armatures, le calepinage des joints, les conditions climatiques de bétonnage, les tolérances d'épaisseur, d'altitude, de planéité et de désaffleurement, et les délais de mise en service. Le DTU annonce explicitement viser à maîtriser la fissuration du béton, sans prétendre en éviter la formation. Ce document relève de documents techniques unifiés.

Quels projets sont concernés par NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213 ?

Le domaine d'application couvre : Dallages en béton à base de liants hydrauliques reposant uniformément sur leur support : dallages désolidarisés en béton armé, non armé ou additionné de fibres pour tous types d'ouvrages (P1-1-1), et dallages de maisons individuelles, de leurs garages de véhicules légers attenants et de leurs sous-sols pour des charges d'exploitation n'excédant pas 2,5 kN/m² (P1-1-2). Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.

Comment garantir la conformité à NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213 sur un projet ?

En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.

Quelle est la tolérance de planéité d'une dalle béton selon le DTU 13.3 ?

Elle dépend de l'état de surface retenu — brut de règle, surfacé ou lissé — et figure au Tableau 4 du P1-1-1 (Tableau 1 du P1-1-2). Le texte du P1-1-2 donne explicitement une valeur : lorsque le dallage est destiné à recevoir un revêtement de sol collé, scellé désolidarisé ou sur sous-couche isolante, les tolérances sous règle de 2 m et sous réglet de 0,20 m sont respectivement de 7 mm et 2 mm. La mesure se fait règle et réglet posés à leurs extrémités sur deux cales, avec au moins 10 points de contrôle.

Quelle épaisseur minimale pour un dallage de maison individuelle ?

Le § 5.1 du NF DTU 13.3 P1-1-2 impose une épaisseur minimale de 120 mm, pour des charges d'exploitation n'excédant pas 2,5 kN/m². Pour les autres ouvrages, l'épaisseur nominale minimale figure au Tableau 1 du P1-1-1 en fonction de l'usage des locaux.

Quelles armatures minimales dans un dallage ?

En maison individuelle, 0,2 % de la section de béton dans chaque sens en partie courante — soit par exemple, pour 120 mm, un treillis soudé à maille carrée de 150 mm et de fil Ø 7 mm — plus des chapeaux de rive d'au moins 2,5 cm²/ml sur les dallages solidarisés. Pour les autres ouvrages en béton armé, 5 cm²/m dans les deux directions pour les locaux dont l'épaisseur nominale minimale est de 130 mm, et 0,4 % de la section du béton au-delà.

Le film polyane sous dallage coupe-t-il les remontées capillaires ?

Non. Le § 5.3.3 du P1-1-1 énonce que les films en polyéthylène, nécessairement macroperforés, d'une épaisseur minimale de 150 µm, les géotextiles et les géosynthétiques n'assurent pas de rôle anti-capillarité et ne permettent pas de maîtriser la siccité du béton de dallage. Une fonction d'étanchéité relève du NF DTU 14.1 (cuvelages), hors du domaine du NF DTU 13.3.

Quel espacement entre joints de retrait ?

Pour les dallages en béton non armé, le § 5.6.6 du P1-1-1 impose des panneaux dont le plus grand côté n'excède pas 5 m ± 10 % en extérieur et 6 m ± 10 % sous abri, ces valeurs étant divisées par 2 en cas de solidarisation sur un côté, avec un rapport des côtés compris entre 1 et 1,5. Les joints sciés ne sont pas nécessaires pour les dallages en béton armé. En maison individuelle, un fractionnement s'impose au-delà de 240 m² et en cas d'angle rentrant.

Quand faut-il scier les joints de retrait ?

Le § 7.3.6 du P1-1-1 impose de les réaliser le plus tôt possible, dès que le durcissement du béton permet le sciage sans épaufrure. Le § 7.3.2.2 précise que le sciage requiert des températures positives. Le DTU ne fixe pas de délai en heures : le critère est l'absence d'épaufrure.

Quelle épaisseur de couche de forme sous un dallage de maison individuelle ?

L'article 10 du P1-1-2 impose une épaisseur minimale de 20 cm lorsque la forme s'impose, mise en oeuvre par répandage et compactage en couches régulières n'excédant pas 20 cm. Les matériaux ne doivent être ni plastiques ni sensibles à l'eau, doivent être chimiquement neutres, et le diamètre du plus petit granulat doit être au moins de 4 mm afin d'éviter les remontées capillaires.

Quel module de déformation exiger pour le support ?

L'article 9 du P1-1-2 impose, pour les maisons individuelles, un module de déformation du support déterminé en surface par essai à la plaque au moins égal à Kw = 30 MPa/m pour une plaque de diamètre 75 cm. Le DTU note que les caractéristiques de la forme ne peuvent pas être à elles seules garantes du bon comportement du support et du dallage.

Combien de sondages géotechniques pour un dallage de maison individuelle ?

Le § 6.3 du P1-1-2 fixe un nombre minimal de 2 points de reconnaissance, plus 1 point tous les 500 m² de dallage. La reconnaissance géotechnique est indispensable pour les maisons jumelées ou en bande et pour les réalisations comportant plusieurs maisons ; les sondages établis pour les fondations peuvent être utilisés.

Quel enrobage pour les armatures d'un dallage ?

Le § 7.3.3 du P1-1-1 impose que l'enrobage nominal cnom soit déterminé par application du Tableau 4.4N de la NF EN 1992-1-1, sans jamais descendre au-dessous de 30 mm. Les armatures doivent être calées.

Peut-on incorporer des gaines dans un dallage ?

Uniquement dans les dallages en béton armé, sous cinq conditions du § 5.2.1.2 : diamètre ≤ 1/5 de l'épaisseur du dallage, distance horizontale entre éléments ≥ leur diamètre avec un minimum de 50 mm, enrobage supérieur ≥ 2 fois leur diamètre sans être inférieur à 50 mm, occupation ≤ demi-épaisseur au droit des croisements, et positionnement sous la nappe unique ou entre deux nappes. Dans un dallage en béton non armé, elles doivent être placées sous le dallage.

À quelle température peut-on couler un dallage ?

Le § 7.3.2 du P1-1-1 interdit la phase de bétonnage lorsque la température ambiante sur chantier est inférieure à −5 °C ou supérieure à 40 °C, avec des dispositions spécifiques entre −5 °C et +5 °C et entre 32 °C et 40 °C. Les phases de surfaçage et de finition ne sont pas autorisées sous 3 °C ou au-dessus de 40 °C, pendant une période minimale de 48 h à partir du coulage.

Quand peut-on circuler et mettre en charge un dallage ?

L'article 10 du P1-1-1 fixe, pour la couche d'usure, un délai minimal de 48 heures pour le trafic piéton et de 10 jours pour les autres charges admissibles à cet âge. Pour le corps du dallage, le délai de mise en service est de 28 jours sauf justifications particulières. Charger avant la fin du retrait engendre des contraintes de retrait gêné et une fissuration ultérieure.

Quel désaffleurement est admissible entre deux panneaux ?

Le § 8.4 du P1-1-1 fixe, sauf spécification particulière des DPM, un désaffleurement mesuré entre deux points contigus situés de part et d'autre d'un joint inférieur ou égal à 2 mm lorsque les joints sont conjugués et non chargés, et à 5 mm dans les autres cas.

Quand la vérification de conformité du dallage doit-elle avoir lieu ?

Au plus tard deux semaines après mise en place du béton et avant chargement du dallage, selon l'article 8 du P1-1-1 et l'article 17 du P1-1-2. Cette fenêtre s'explique par les déformations dues aux retraits linéaire et différentiel : au-delà, les écarts mesurés ne relèvent plus des tolérances d'exécution.

Le DTU 13.3 garantit-il un dallage sans fissures ?

Non, et il le dit explicitement : la fissuration du béton, armé ou non, est un phénomène inhérent à la nature du matériau, et le document vise à maîtriser la fissuration sans prétendre éviter sa formation. Lorsque les conditions d'exploitation imposent une limitation de l'ouverture des fissures, le dallage doit être réalisé en béton armé (P1-1-1 § 5.5).

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Informations

Référence NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213
Type Document Technique Unifié
Catégorie Documents Techniques Unifiés
Accès Gratuit
En vigueur depuis 1 décembre 2021

Documents remplacés

NF P 11-213-1 (mars 2005) et son amendement A1 (mai 2007)
NF P 11-213-2 (mars 2005) et son amendement A1 (mai 2007)
NF P 11-213-3 (mars 2005) et son amendement A1 (mai 2007)

Dernière mise à jour

Ce document a été mis à jour le 28 août 2026

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NF DTU 13.3 P1-1-1 et P1-1-2 (décembre 2021) — P 11-213 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. dallage, dalle béton, terre-plein, tolérance planéité, joint de retrait, couche de forme, couche de glissement, reconnaissance géotechnique, couche d'usure, dallage industriel, armatures de dallage.

Thématiques associées

Notre expertise couvre également ces thématiques connexes, sur lesquelles nous accompagnons régulièrement nos clients :

  • norme nf
  • travaux de dallage
  • mise en place
  • décembre 2021
  • maisons individuelles
  • béton non armé
  • prise en compte
  • dallage en béton armé
  • type de dallage
  • dallages à usages industriels
  • dallage de maisons individuelles
  • angle rentrant
  • 150 mm