NF DTU 26.2 - Chapes et dalles à base de liants hydrauliques
Le NF DTU 26.2 P1-1 (avril 2008, indice de classement P 14-201-1-1, Amendement A1 de mai 2015 inclus) fixe les clauses techniques d'exécution des chapes et dalles non structurelles à base de liants hydrauliques dans les locaux intérieurs, posées soit directement sur le support, soit avec interposition d'une couche de désolidarisation ou d'une sous-couche isolante. Il classe les supports admissibles par âge minimal et par type de planéité (I à IV), fixe les épaisseurs — 3 cm minimum pour une chape adhérente, 5 cm pour une dalle adhérente, 5 ou 6 cm nominaux en pose désolidarisée ou flottante selon la sollicitation du local —, les règles de fractionnement (25, 40 ou 60 m² selon le cas, et au plus tous les 8 m linéaires), les tolérances de l'ouvrage fini (5 mm sous la règle de 2 m, 2 mm sous le réglet de 0,20 m) et les délais de livraison aux autres corps d'état. Une épaisseur locale insuffisante, une bande périphérique oubliée ou un fractionnement absent produisent tuilage, fissuration et décollement du revêtement de sol.
Domaine d'application
Chapes (couches de mortier) et dalles non structurelles (couches de béton) à base de liants hydrauliques exécutées dans les locaux intérieurs, sur supports neufs ou anciens remis à nu : pose adhérente, désolidarisée ou flottante en locaux à faibles sollicitations (P2-P3 UPEC) ; pose adhérente et désolidarisée, à l'exclusion de la pose flottante, en locaux à sollicitations modérées (P4) et en locaux à fortes sollicitations limités aux cuisines collectives. Hors domaine : les chapes fluides quelle que soit la nature du liant, et les locaux industriels. Ne pas confondre avec le dallage, qui relève du NF DTU 13.3
Règles principales
Domaine d'application et classement des locaux
2 P1-1 définit les clauses techniques pour l'exécution de chapes et dalles non structurelles à base de liants hydrauliques dans les locaux intérieurs, sur supports neufs ou anciens remis à nu.
Sont visées : les poses adhérente, désolidarisée ou flottante dans les locaux à faibles sollicitations (assimilés P2 ou P3 UPEC) ; les poses adhérente et désolidarisée, à l'exclusion de la pose flottante, dans les locaux à sollicitations modérées (assimilés P4) et dans les locaux à fortes sollicitations limités aux cuisines collectives. Le document ne vise ni les chapes fluides quelle que soit la nature du liant, ni les locaux industriels.
Il est applicable dans toutes les zones climatiques françaises, y compris en climat tropical humide (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion). 3.
Données essentielles à définir dans les DPM
Les documents particuliers du marché doivent préciser : la position et la nature des joints de fractionnement et de dilatation ; la définition et la position des points singuliers (siphon, etc.) ; les pentes éventuelles à respecter avec leurs valeurs, sous forme de plans uniquement ; les sujétions particulières d'une étanchéité éventuelle ; le choix entre une chape ou une dalle selon les conditions d'exploitation des locaux et le type de revêtement sus-jacent ; en cas de sous-couches isolantes, leurs caractéristiques conformément au NF DTU 52.10, l'efficacité ΔLw si une isolation phonique est recherchée et la performance thermique si une isolation thermique est recherchée ; la réservation globale intégrant les épaisseurs nécessaires à chaque corps d'état (ravoirage, sous-couches, ouvrages sus-jacents, revêtements et produits de mise en œuvre) ; et, depuis l'Amendement A1, le choix entre chape ou dalle adhérente, désolidarisée ou flottante.
Âge minimal du support selon le mode de pose
L'âge minimal du support dépend de la nature des sollicitations du local et du mode de pose prévu (tableaux 1 et 2), la pose adhérente étant réalisée sur des supports plus âgés que ceux admis en pose désolidarisée. 3.
Plancher-dalle avec continuité sur appuis (dalle pleine en béton armé coulée in situ, dalle pleine sur prédalles BA ou BP), plancher en béton coulé sur bacs acier collaborants avec continuité, plancher en dalles alvéolées avec dalle collaborante rapportée, plancher nervuré à poutrelles avec dalle de répartition complète coulée en œuvre : 1 mois en pose désolidarisée ou flottante, 6 mois en pose adhérente.
14 P1 : 2 semaines en pose désolidarisée ou flottante, pose adhérente sans objet ; autres planchers chauffants : 1 mois, ou 6 mois et après première mise en chauffe en pose adhérente. 6 : 1 semaine, en pose adhérente uniquement. Ravoirages : 24 heures.
Types de planéité du support et planéité admissible
Quatre types de supports sont définis par leur tolérance de planéité, mesurée à la règle ou au moyen d'un appareil de mesure électronique conforme à l'annexe A sur une distance de 2 m. Type I : 5 mm sous une règle de 2 m et 2 mm sous une règle de 0,20 m. 3. Type III : 10 mm sous 2 m et 3 mm sous 0,20 m.
Type IV : 3 mm sous 2 m et 2 mm sous 0,20 m. 10, avec support de type II au plus pour les sous-couches acoustiques minces de moins de 5 mm d'épaisseur et de type IV pour les sous-couches d'épaisseur supérieure à 5 mm ou en cas de superposition.
Si le support ne présente pas la planéité requise, l'entrepreneur en avertit le maître d'ouvrage pour qu'il commande la mise en œuvre d'un ouvrage intermédiaire préparatoire.
État et préparation du support
Le support doit présenter les qualités requises par la norme DTU ou le CPT de mise en œuvre le concernant. 2 — à défaut, un ouvrage intermédiaire doit être réalisé ; la propreté, le support devant avoir été préalablement débarrassé de tous dépôts, déchets, traces de peinture, pellicules de plâtre ou laitance.
En pose adhérente, après nettoyage, la surface doit être rendue rugueuse si nécessaire par des moyens manuels ou mécaniques et à nouveau soigneusement aspirée ; si un produit de cure a été utilisé, celui-ci doit être systématiquement éliminé par grenaillage ; pour les cuisines collectives et lorsque la chape ou la dalle est support d'étanchéité, le grenaillage ou le rabotage est systématique.
Le support doit ensuite être humidifié ou traité avec une barbotine pure ou adjuvantée d'une résine d'adhérence. La capacité portante du support est supposée avoir été vérifiée par le maître d'ouvrage pour prendre en compte le poids propre de la chape, du ravoirage et du revêtement éventuel.
Ravoirage : interdiction de noyer les canalisations et épaisseurs par type
L'incorporation dans le mortier de la chape ou dans le béton de la dalle d'une canalisation ou d'un fourreau horizontal n'est pas admise. Il est donc nécessaire d'exécuter en supplément un ravoirage pour obtenir un nouveau support plan, dont l'épaisseur doit être telle que la génératrice supérieure de la canalisation ou du fourreau du plus grand diamètre incorporé tangente le nu du ravoirage.
Le ravoirage peut également être mis en œuvre pour obtenir un niveau imposé ; il n'assure que le transfert vertical des charges. Les épaisseurs maximales par type sont : type A, 2 cm ; type B, 3 cm ; type C, 4 cm ; type D, 6 cm ; type E, 5 cm.
Pour les locaux à faibles sollicitations, les ravoirages de types A à E conviennent ; pour les locaux à sollicitations modérées, les types C à E ; pour les cuisines collectives non étanchées, le ravoirage doit être de type E. Seuls les types C, D et E sont admis sous une sous-couche isolante. 2 P1-2 (CGM).
Épaisseurs des chapes et dalles
2). En pose désolidarisée ou sur ravoirage en locaux à faibles sollicitations, l'épaisseur nominale doit être supérieure ou égale à 5 cm sans être localement inférieure à 4 cm, le treillis soudé ou les fibres n'étant pas nécessaires (tableau 5).
En locaux à sollicitations modérées et en cuisines collectives, l'épaisseur nominale doit être supérieure ou égale à 6 cm sans être localement inférieure à 4,5 cm, sans armature nécessaire (tableau 6).
Sur sous-couche isolante en locaux à faibles sollicitations, l'épaisseur dépend de la classe de l'isolant : SC1, épaisseur nominale ≥ 5 cm sans être localement inférieure à 4 cm ; SC2, épaisseur nominale ≥ 6 cm sans être localement inférieure à 4,5 cm ; treillis soudé ou fibres non nécessaires dans les deux cas (tableau 7).
En forme de pente de cuisine collective sous carrelage collé, l'épaisseur minimale est de 3 cm pour une chape et 5 cm pour une dalle ; sous revêtement de sol résine, la forme de pente est constituée uniquement par une dalle d'épaisseur minimale 5 cm.
Désolidarisation périphérique et traitement des éléments verticaux
). 2 P1-2 (CGM), doit être mise en place en périphérie. Cette bande périphérique doit partir du support et dépasser d'au moins 2 cm la surface finie, avant d'être arasée. 10.
Couches de désolidarisation et sous-couches isolantes admises
Les couches de désolidarisation admises dépendent de la sollicitation du local (tableau 3). Le lit de sable n'est admis qu'en locaux à faibles sollicitations, avec 2 cm maxi d'épaisseur ; il n'est admis ni en sollicitations modérées ni en cuisines collectives non étanchées. Le film de polyéthylène est admis dans les trois catégories de locaux.
Le feutre bitumé type 36 S et le non-tissé synthétique ne sont admis qu'en locaux à faibles sollicitations. Les produits en lés sont déroulés sur l'ensemble de la surface avec un recouvrement entre lés d'au moins 10 cm. 10. La couche de désolidarisation est indispensable pour tous les supports récents et facultative pour les autres supports.
Pente minimale vers les dispositifs d'évacuation
). Il est entendu que, par suite des tolérances de planéité, les pentes inférieures à 2 cm/m peuvent conduire à de légères retenues d'eau sur le revêtement fini ; la pente des parties courantes est celle de la ligne de plus grande pente. Certains documents peuvent imposer des pentes supérieures.
Afin de créer des formes de pente, les épaisseurs varient d'un point à un autre tout en gardant un nivellement plan de la surface de la chape.
Joints de fractionnement : surfaces et longueurs maximales
Les joints de fractionnement sont exécutés à sec, par sciage mécanique ou par profilé plastique, et réalisés au moins sur les 2/3 de la hauteur de la dalle ou de la chape.
Des joints de fractionnement sont ménagés aux reprises de coulage — ce sont des joints secs — et en fonction de la configuration géométrique des ouvrages ; lors du fractionnement, il faut se rapprocher le plus possible de la forme carrée ; lorsque la chape se poursuit d'une pièce à l'autre, un joint est placé à mi-feuillure du seuil.
Pour les chapes ou dalles rapportées adhérentes, des joints de fractionnement supplémentaires sont à exécuter tous les 25 m² et au plus tous les 8 m linéaires si la surface est destinée à rester nue ou à recevoir un film de peinture, et tous les 60 m² et au plus tous les 8 m linéaires dans les autres cas.
Pour les chapes ou dalles désolidarisées ou flottantes, des joints de fractionnement supplémentaires sont à exécuter tous les 40 m² et au plus tous les 8 m linéaires. Sauf indication contraire des DPM, les joints exécutés par sciage mécanique sont laissés vides.
Joints de dilatation et joints de retrait du gros œuvre
Les joints de dilatation du gros œuvre doivent être respectés dans toute l'épaisseur du ravoirage éventuel, de la chape ou de la dalle et du revêtement le cas échéant ; leur largeur doit être approximativement celle du joint du support.
Dans le cas de chapes ou dalles en locaux à sollicitations modérées ou en cuisines collectives destinées à recevoir un carreau céramique ou analogue, des cornières métalliques sont fixées sur les supports ; un décaissé du support est indispensable pour fixer mécaniquement ces cornières, et la hauteur de l'aile perpendiculaire à la fixation au sol doit être calculée pour qu'une fois la chape ou la dalle réalisée et le carrelage posé, celui-ci affleure le haut de l'aile.
Les joints de retrait et de construction du gros œuvre (arrêts de coulage) sont traités, en pose adhérente, dans la chape ou la dalle comme un joint de fractionnement ; en pose désolidarisée, ils peuvent être recouverts sans inconvénient, sous réserve de respecter les prescriptions de fractionnement applicables. 2 P1-2 (CGM).
Exécution et état de surface
Le mortier ou le béton est étalé sur la surface du support, sur la couche de désolidarisation ou sur la sous-couche isolante, damé puis réglé et taloché et éventuellement lissé suivant l'état de surface désiré. L'état de surface des chapes ou dalles, obtenu après dressage à la règle, talochage manuel ou mécanique et lissage, doit être fin et régulier.
Délais de livraison aux autres corps d'état et de mise en service
Le tableau 8 fixe les interdictions de circulation en nombre de jours après la mise en œuvre de la chape ou de la dalle.
En locaux à faibles sollicitations : la circulation piétonne de chantier, objets lourds et échafaudages roulants exclus, est interdite pendant les trois premiers jours et n'est donc admise qu'à partir du quatrième jour ; la mise en service normale est interdite pendant les cinq premiers jours et n'est admise qu'à partir du sixième jour.
En locaux à sollicitations modérées et en cuisines collectives : la circulation piétonne de chantier zone après zone, objets lourds, nacelles et échafaudages roulants exclus, est interdite pendant les huit premiers jours et n'est admise qu'à partir du neuvième ; la circulation lourde de chantier ou la mise en service normale, zone après zone, est interdite pendant les quinze premiers jours et n'est admise qu'à partir du seizième.
Exceptions :
- • Chapes fluides: Les chapes fluides, quelle que soit la nature du liant, sont expressément exclues du domaine d'application du NF DTU 26.2 (article 1) ; leurs délais de circulation et de séchage relèvent du Document Technique d'Application ou de l'Avis Technique du procédé.
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Planéité de l'ouvrage fini — règle de 2 m | ≤ 5 mm | Flèche maximale sous la règle posée librement sur la chape ou la dalle, ou mesure électronique conforme à l'annexe A sur 2 m (article 9.2.1, Amendement A1) |
| Planéité de l'ouvrage fini — réglet de 0,20 m | ≤ 2 mm | Flèche maximale sous le réglet posé librement (article 9.2.1, Amendement A1) |
| Nivellement (planimétrie générale) | ± (0,005 + 0,001 × d) en mètres | d = distance en mètres au point de référence le plus proche : ± 10 mm à 5 m, ± 15 mm à 10 m (article 9.2.3) |
| Planéité du support — type I | 5 mm sous la règle de 2 m et 2 mm sous la règle de 0,20 m | Article 6.2.1 (Amendement A1) |
| Planéité du support — type II | 7 mm sous la règle de 2 m et 2 mm sous la règle de 0,20 m | Correspond à l'état de surface d'un béton lissé (NF DTU 21 et NF DTU 13.3). Exigé au plus en pose désolidarisée (articles 6.2.1 et 6.2.2) |
| Planéité du support — type III | 10 mm sous la règle de 2 m et 3 mm sous la règle de 0,20 m | Admis en pose adhérente (articles 6.2.1 et 6.2.2) |
| Planéité du support — type IV | 3 mm sous la règle de 2 m et 2 mm sous la règle de 0,20 m | Exigé pour les sous-couches isolantes d'épaisseur supérieure à 5 mm ou en cas de superposition (articles 6.2.1 et 6.2.2) |
| Épaisseur locale minimale — pose désolidarisée ou flottante | ≥ 4 cm (locaux à faibles sollicitations et isolant SC1) ; ≥ 4,5 cm (sollicitations modérées, cuisines collectives et isolant SC2) | Pour une épaisseur nominale de 5 cm ou 6 cm respectivement (tableaux 5, 6 et 7) |
| Recouvrement entre lés de couche de désolidarisation | ≥ 10 cm | Produits en lés déroulés sur l'ensemble de la surface (article 7.4.3) |
| Profondeur des joints de fractionnement | ≥ 2/3 de la hauteur de la chape ou de la dalle | Joints à sec, sciés mécaniquement ou par profilé plastique (article 8.4.1, Amendement A1) |
Dimensions réglementaires
Épaisseur minimale — chape rapportée adhérente
Article 7.3.2
Épaisseur minimale — dalle rapportée adhérente
Article 7.3.2
Épaisseur — chape ou dalle sur couche de désolidarisation ou ravoirage, locaux à faibles sollicitations
Treillis soudé ou fibres non nécessaires (tableau 5)
Épaisseur — chape ou dalle sur couche de désolidarisation ou ravoirage, sollicitations modérées et cuisines collectives
Treillis soudé ou fibres non nécessaires (tableau 6)
Épaisseur — chape ou dalle sur sous-couche isolante SC1
Locaux à faibles sollicitations uniquement (tableau 7)
Épaisseur — chape ou dalle sur sous-couche isolante SC2
Locaux à faibles sollicitations uniquement (tableau 7)
Bande périphérique compressible
Doit partir du support et dépasser d'au moins 2 cm la surface finie avant arasement (article 7.4.2)
Épaisseurs maximales des ravoirages
Types A à E en faibles sollicitations, C à E en sollicitations modérées, type E en cuisines collectives non étanchées ; seuls C, D et E sous sous-couche isolante (article 6.3.2)
Lit de sable en couche de désolidarisation
Admis uniquement en locaux à faibles sollicitations (tableau 3)
Fractionnement — chape ou dalle adhérente laissée nue ou peinte
Article 8.4.2
Fractionnement — chape ou dalle adhérente sous revêtement
Article 8.4.2
Fractionnement — chape ou dalle désolidarisée ou flottante
Article 8.4.3
Pente minimale vers évacuation
Locaux intérieurs avec siphon ou caniveau ; les pentes < 2 cm/m peuvent conduire à de légères retenues d'eau (article 7.2)
Dosage du sable stabilisé (ravoirage)
Définition de l'article 3.1.15 ; les dosages des mortiers de chape relèvent du NF DTU 26.2 P1-2 (CGM)
Délai avant circulation piétonne de chantier — faibles sollicitations
Objets lourds et échafaudages roulants exclus ; mise en service normale à partir du 6e jour (tableau 8)
Délai avant circulation — sollicitations modérées et cuisines collectives
Circulation lourde de chantier ou mise en service normale à partir du 16e jour, zone après zone (tableau 8)
Préparation du support en cuisine collective sous carrelage collé
Épaisseur minimale 3 cm pour une chape, 5 cm pour une dalle (article 7.2.1.2)
Comprendre NF DTU 26.2
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF DTU 26.2, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF DTU 26.2 couvre : Chapes (couches de mortier) et dalles non structurelles (couches de béton) à base de liants hydrauliques exécutées dans les locaux intérieurs, sur supports neufs ou anciens remis à nu : pose adhérente, désolidarisée ou flottante en locaux à faibles sollicitations (P2-P3 UPEC) ; pose adhérente et désolidarisée, à l'exclusion de la pose flottante, en locaux à sollicitations modérées (P4) et en locaux à fortes sollicitations limités aux cuisines collectives. Hors domaine : les chapes fluides quelle que soit la nature du liant, et les locaux industriels. Ne pas confondre avec le dallage, qui relève du NF DTU 13.3. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF DTU 26.2
Le NF DTU 26.2 est la norme française des chapes et dalles à base de liants hydrauliques. Sa partie 1-1, cahier des clauses techniques types d'indice de classement P 14-201-1-1, a été homologuée par décision du Directeur Général d'AFNOR le 12 mars 2008 pour prendre effet le 12 avril 2008 ; avec le NF DTU 26.2 P1-2 (CGM), elle remplace la norme NF P 14-201-1 de mai 1993. Le texte se présente comme une révision technique et une refonte du document remplacé, et il intègre l'Amendement A1 de mai 2015 qui a notamment redéfini les types de planéité des supports, les épaisseurs de ravoirage et les tolérances de l'ouvrage fini.
Le domaine d'application est plus restreint que ne le laisse entendre l'usage courant du mot « chape ». Le NF DTU 26.2 vise les mortiers qui, lors de leur exécution, sont damés puis réglés et éventuellement lissés — la chape — ou les bétons — la dalle non structurelle. Il ne vise pas les chapes fluides, quelle que soit la nature du liant, ni les locaux industriels. Il ne vise pas non plus le dallage, qui relève du NF DTU 13.3 : la distinction est explicite dans les définitions, une dalle non structurelle à base de liants hydrauliques étant une couche de béton avec ou sans treillis rapportée sur un support, et non un ouvrage porteur.
Trois familles de locaux structurent tout le document, au moyen du classement UPEC. Les locaux à faibles sollicitations sont assimilés aux locaux P2 ou P3 : usage pédestre et activités humaines usuelles, logements, bureaux, boutiques, salles de classe. Les locaux à sollicitations modérées sont assimilés aux locaux P4 : usage pédestre avec sollicitations mécaniques de roulage, mails et galeries. Les locaux à fortes sollicitations ne sont visés que pour les cuisines collectives. Ce classement commande le mode de pose admis, l'épaisseur, le type de ravoirage, la couche de désolidarisation admissible et les délais de remise aux autres corps d'état.
Comprendre en détail NF DTU 26.2
Le support avant tout : âge minimal et type de planéité
L'article 6.1 conditionne le démarrage au vieillissement du support, et les valeurs du tableau 1 sont opposables. Sur dallage sur terre-plein, l'âge minimal est de 2 semaines en pose désolidarisée ou flottante et de 1 mois en pose adhérente, cette dernière étant réservée au dallage armé au sens du NF DTU 13.3. Sur plancher-dalle avec continuité sur appuis — dalle pleine en béton armé coulée in situ, dalle pleine coulée sur prédalles en béton armé ou précontraint —, comme sur plancher en béton coulé sur bacs acier collaborants, sur dalles alvéolées avec dalle collaborante rapportée ou sur plancher nervuré à poutrelles avec dalle de répartition complète coulée en œuvre, l'âge minimal est de 1 mois en pose désolidarisée ou flottante et de 6 mois en pose adhérente.
Les planchers chauffants font l'objet de deux lignes distinctes : plancher de type C au sens du NF DTU 65.14 P1, 2 semaines en pose désolidarisée ou flottante, la pose adhérente étant sans objet ; autres cas, 1 mois en pose désolidarisée ou flottante et 6 mois plus la première mise en chauffe en pose adhérente. Sur protection lourde d'étanchéité au sens du NF DTU 43.6, seule la pose adhérente est visée, avec un délai de 1 semaine. Sur ravoirage, le délai tombe à 24 heures dans les deux modes de pose. La note du texte résume la logique : la pose adhérente est réalisée sur des supports plus âgés que ceux admis en pose désolidarisée.
La planéité admissible du support est ensuite décrite par quatre types (article 6.2.1, Amendement A1). Le type I tolère 5 mm sous une règle de 2 m et 2 mm sous une règle de 0,20 m ; le type II, 7 mm sous 2 m et 2 mm sous 0,20 m — ce qui correspond à l'état de surface d'un béton lissé au sens des NF DTU 21 et 13.3 ; le type III, 10 mm sous 2 m et 3 mm sous 0,20 m ; le type IV, 3 mm sous 2 m et 2 mm sous 0,20 m. La mesure peut être faite à la règle ou au moyen d'un appareil de mesure électronique conforme à l'annexe A, sur une distance de 2 m. Le type requis dépend du mode de pose : type III admis en pose adhérente, type II au plus en pose désolidarisée, type II au plus pour les sous-couches acoustiques minces de moins de 5 mm et type IV pour les sous-couches isolantes d'épaisseur supérieure à 5 mm ou en cas de superposition.
Le ravoirage : la seule façon d'enrober une canalisation
L'article 6.3.2 pose une interdiction nette et fréquemment ignorée : l'incorporation, dans le mortier de la chape ou dans le béton de la dalle, d'une canalisation ou d'un fourreau horizontal n'est pas admise. Il est donc nécessaire d'exécuter en supplément un ravoirage pour obtenir un nouveau support plan. L'épaisseur du ravoirage doit être telle que la génératrice supérieure de la canalisation ou du fourreau de plus grand diamètre incorporé tangente le nu du ravoirage. Le ravoirage peut également être mis en œuvre pour obtenir un niveau imposé, et il n'assure que le transfert vertical des charges.
L'Amendement A1 a chiffré cinq types de ravoirage par épaisseur maximale : type A, 2 cm ; type B, 3 cm ; type C, 4 cm ; type D, 6 cm ; type E, 5 cm. Leur composition et leurs dosages relèvent du NF DTU 26.2 P1-2 (CGM). L'admissibilité dépend du local : pour les locaux à faibles sollicitations, les ravoirages de types A à E conviennent ; pour les locaux à sollicitations modérées, seuls les types C à E conviennent ; pour les cuisines collectives non étanchées, le ravoirage doit être de type E. Sous une sous-couche isolante, seuls les types C, D et E sont admis, conformément au NF DTU 52.10.
Le vocabulaire du DTU définit précisément les composants : le ravoirage est un ouvrage en sable, en sable stabilisé, en mortier ou en béton maigre réalisé sur le support ; le sable stabilisé est un sable stabilisé par 100 à 150 kg de liant hydraulique par mètre cube de sable sec (article 3.1.15) ; la barbotine est un mélange composé uniquement de liant hydraulique et d'eau, sans aucun granulat, pouvant être adjuvanté ou non. Le NF DTU 26.2 P1-1 ne fixe aucun dosage de ciment pour le mortier de chape lui-même : cette prescription relève du NF DTU 26.2 P1-2 (CGM).
Chapes et dalles adhérentes : préparation et épaisseurs
La pose adhérente est celle qui exige le plus de préparation. Après nettoyage, la surface doit être rendue rugueuse si nécessaire par des moyens manuels ou mécaniques puis à nouveau soigneusement aspirée. Si un produit de cure a été utilisé sur le support, celui-ci doit être systématiquement éliminé par grenaillage. L'Amendement A1 a ajouté une clause spécifique : pour les cuisines collectives et lorsque la chape ou la dalle est support d'étanchéité, le grenaillage ou le rabotage est systématique. Le support doit ensuite être humidifié ou traité avec une barbotine pure ou adjuvantée d'une résine d'adhérence (article 7.3.1).
Les épaisseurs minimales de l'article 7.3.2 sont sans ambiguïté : l'épaisseur minimale des chapes rapportées adhérentes est de 3 cm et celle des dalles rapportées adhérentes de 5 cm. Ce sont les seules épaisseurs prescrites en pose adhérente, et elles ne sont pas assorties d'une tolérance en moins. L'Amendement A1 précise que les chapes et dalles adhérentes peuvent être réalisées dans les locaux à sollicitations faibles, modérées et dans les cuisines collectives, et que dans le cas d'ouvrages supports d'étanchéité en locaux intérieurs, les chapes et dalles rapportées ne peuvent être qu'adhérentes.
Les formes de pente en cuisine collective sont traitées à part (article 7.2.1). Sous carrelage scellé, une chape telle que définie par le DTU convient pour réaliser une forme de pente. Sous carrelage collé, la forme de pente peut être constituée par une chape ou une dalle après préparation adéquate du support — balayage frais sur frais du béton, rabotage ou lavage à l'eau très haute pression au-delà de 500 bars avant chape ; grenaillage avant dalle — avec une épaisseur minimale de 3 cm pour une chape et de 5 cm pour une dalle. Sous revêtement de sol résine, la forme de pente est constituée uniquement par une dalle, après ouverture du support par grenaillage, avec une épaisseur minimale de 5 cm.
Chapes désolidarisées et flottantes : bande périphérique et épaisseurs nominales
L'article 7.4.2, réécrit par l'Amendement A1, impose une désolidarisation totale : la chape ou la dalle doit être impérativement désolidarisée de toutes les parois verticales, y compris en pieds d'huisserie et en seuil, et de toute émergence — fourreaux de canalisations, poteaux, murets. Pour cela une bande compressible doit être mise en place en périphérie, d'épaisseur minimale 5 mm en cas de plancher chauffant et de 3 mm minimum dans tous les autres cas, telle que décrite dans le NF DTU 26.2 P1-2. Cette bande périphérique doit partir du support et dépasser d'au moins 2 cm la surface finie, avant d'être arasée.
Les couches de désolidarisation admises dépendent du local (tableau 3). Le lit de sable n'est admis qu'en locaux à faibles sollicitations, avec 2 cm maxi d'épaisseur ; le film de polyéthylène est admis en faibles sollicitations, en sollicitations modérées et en cuisines collectives non étanchées ; le feutre bitumé type 36 S et le non-tissé synthétique ne sont admis qu'en locaux à faibles sollicitations. Les produits en lés sont déroulés sur l'ensemble de la surface avec un recouvrement entre lés d'au moins 10 cm. Les sous-couches isolantes de classe SC1 ou SC2 ne sont admises que dans les locaux à faibles sollicitations (tableau 4), et leur mise en œuvre doit être conforme au NF DTU 52.10.
Les épaisseurs, elles, s'expriment en épaisseur nominale assortie d'un minimum local. Sur couche de désolidarisation ou ravoirage en locaux à faibles sollicitations (tableau 5) : épaisseur nominale ≥ 5 cm sans être localement inférieure à 4 cm, treillis soudé ou fibres non nécessaires. En locaux à sollicitations modérées et en cuisines collectives (tableau 6) : épaisseur nominale ≥ 6 cm sans être localement inférieure à 4,5 cm, armature non nécessaire. Sur sous-couche isolante en locaux à faibles sollicitations (tableau 7) : ≥ 5 cm sans être localement inférieure à 4 cm sur isolant de classe SC1, ≥ 6 cm sans être localement inférieure à 4,5 cm sur isolant de classe SC2, armature non nécessaire dans les deux cas.
Joints : dilatation, retrait, périphériques et fractionnement
Les joints de dilatation du gros œuvre doivent être respectés dans toute l'épaisseur du ravoirage éventuel, de la chape ou de la dalle et du revêtement le cas échéant, leur largeur devant être approximativement celle du joint du support (article 8.1). Dans le cas de chapes ou dalles en locaux à sollicitations modérées ou en cuisines collectives destinées à recevoir un carreau céramique ou analogue, des cornières métalliques sont fixées sur les supports ; un décaissé du support est indispensable pour les fixer mécaniquement, et la hauteur de l'aile perpendiculaire à la fixation au sol doit être calculée pour que, une fois la chape et le carrelage posés, celui-ci affleure le haut de l'aile.
Les joints de retrait et de construction du gros œuvre, c'est-à-dire les arrêts de coulage, sont traités différemment selon le mode de pose : en pose adhérente ils sont traités dans la chape ou la dalle comme un joint de fractionnement ; en pose désolidarisée ils peuvent être recouverts sans inconvénient, sous réserve de respecter les prescriptions applicables au fractionnement de la chape désolidarisée (article 8.2). Les joints périphériques renvoient aux dispositions de désolidarisation de l'article 7.4.2.
Le fractionnement proprement dit (article 8.4) est le point le plus souvent mal appliqué. Les joints de fractionnement sont exécutés à sec, par sciage mécanique ou par profilé plastique, et l'Amendement A1 précise qu'ils sont réalisés au moins sur les 2/3 de la hauteur de la dalle ou de la chape. Des joints sont ménagés aux reprises de coulage — ce sont alors des joints secs — et en fonction de la configuration géométrique des ouvrages ; lors du fractionnement, il faut se rapprocher le plus possible de la forme carrée ; lorsque la chape se poursuit d'une pièce à l'autre, un joint de fractionnement est placé à mi-feuillure du seuil. Sauf indication contraire des DPM, les joints exécutés par sciage mécanique sont laissés vides.
Les surfaces maximales de fractionnement, chiffre par chiffre
Pour les chapes ou dalles rapportées adhérentes (article 8.4.2), des joints de fractionnement supplémentaires — c'est-à-dire en plus des joints de retrait et de construction du support — sont à exécuter tous les 25 m² et au plus tous les 8 m linéaires si la surface est destinée à rester nue ou à recevoir un film de peinture, et tous les 60 m² et au plus tous les 8 m linéaires dans les autres cas. La distinction n'est pas anecdotique : une chape laissée brute ou peinte subit un retrait de séchage visible en surface, alors qu'une chape recouverte par un revêtement collé ou scellé est en partie bridée par ce revêtement.
Pour les chapes ou dalles désolidarisées ou flottantes (article 8.4.3), la règle est unique : des joints de fractionnement supplémentaires sont à exécuter tous les 40 m² et au plus tous les 8 m linéaires. C'est la seule occurrence du chiffre de 40 m² dans le document — l'appliquer indistinctement à une chape adhérente conduit à un fractionnement soit excessif, soit insuffisant selon le cas.
Le NF DTU 26.2 P1-1 ne fixe en revanche ni largeur de joint de fractionnement, ni rapport maximal entre longueur et largeur des panneaux : il demande seulement de se rapprocher le plus possible de la forme carrée. La nature des matériaux de remplissage des joints de dilatation est indiquée dans le NF DTU 26.2 P1-2 (CGM), et si les DPM demandent le remplissage des joints sciés, ils doivent préciser la nature du produit en fonction du revêtement.
Réception : état de surface, planéité, nivellement
L'état de surface est décrit à l'article 9.1 en termes qualitatifs : l'état de surface des chapes ou dalles, obtenu après dressage à la règle, talochage manuel ou mécanique et lissage, doit être fin et régulier. L'exécution proprement dite est décrite à l'article 7.5 : le mortier ou le béton est étalé sur la surface du support, sur la couche de désolidarisation ou sur la sous-couche isolante, damé puis réglé et taloché et éventuellement lissé suivant l'état de surface désiré.
Les tolérances de l'ouvrage fini ont été réécrites par l'Amendement A1 (article 9.2.1) et sont désormais uniques, quel que soit le revêtement prévu : les tolérances maximales admissibles correspondent à une flèche maximale de 5 mm sous la règle de 2 m et de 2 mm sous le réglet de 0,20 m, la règle étant posée librement sur la chape ou la dalle, ou à une mesure équivalente au moyen d'un appareil de mesure électronique conforme à l'annexe A sur une distance de 2 m. Le paragraphe 9.2.2 qui traitait le cas particulier des sols souples a été supprimé par ce même amendement.
Le nivellement, ou planimétrie générale, obéit à une formule et non à une valeur fixe (article 9.2.3) : l'écart de niveau se mesure par la différence entre la position de la surface finie et le niveau prévu, matérialisé par un trait ou des points de référence existants ; d étant la distance en mètres au point de référence le plus proche, la tolérance admissible est de ± (0,005 + 0,001 × d), exprimée en mètres. À 5 m d'un point de référence, cela donne ± 10 mm ; à 10 m, ± 15 mm. La note rappelle que la planimétrie générale peut ne pas être horizontale, notamment en présence d'une forme de pente ou d'un raccordement à des ouvrages existants.
Pentes et délais de remise aux autres corps d'état
Pour l'écoulement des eaux, la chape ou la dalle réalisée doit présenter une pente minimale de 1 cm/m dans les locaux intérieurs équipés d'un dispositif d'évacuation d'eau — siphon, caniveau (article 7.2). Une note importante nuance ce minimum : par suite des tolérances de planéité, les pentes inférieures à 2 cm/m peuvent conduire à de légères retenues d'eau sur le revêtement fini. Sur une douche à l'italienne ou un local technique lavé au jet, retenir 1 cm/m sans le dire au maître d'ouvrage revient à accepter des flaches. La pente des parties courantes est celle de la ligne de plus grande pente, et les épaisseurs varient d'un point à l'autre pour créer la forme de pente tout en gardant un nivellement plan de la surface.
Le tableau 8 de l'article 10 fixe les délais de livraison aux autres corps d'état ou de mise en service, exprimés en nombre de jours après la mise en œuvre. En locaux à faibles sollicitations, la circulation piétonne de chantier — objets lourds et échafaudages roulants exclus — est interdite pendant les trois premiers jours et n'est donc admise qu'à partir du quatrième jour ; la mise en service normale est interdite pendant les cinq premiers jours et n'est admise qu'à partir du sixième jour.
En locaux à sollicitations modérées et en cuisines collectives, les délais doublent ou triplent : la circulation piétonne de chantier zone après zone — objets lourds, nacelles et échafaudages roulants exclus — est interdite pendant les huit premiers jours et n'est admise qu'à partir du neuvième ; la circulation lourde de chantier ou la mise en service normale, zone après zone, est interdite pendant les quinze premiers jours et n'est admise qu'à partir du seizième. Ces délais sont des interdictions de circulation, pas des recommandations : ils engagent l'ordonnancement du chantier et doivent figurer au planning.
Erreurs fréquentes et points à trancher au CCTP
Confondre chape et chape fluide. Les chapes fluides, quelle que soit la nature du liant, sont expressément exclues du domaine d'application du NF DTU 26.2 (article 1). Prescrire « une chape conforme au NF DTU 26.2 » puis livrer une chape fluide anhydrite ou ciment est une non-conformité de fond : ces produits relèvent d'un Document Technique d'Application ou d'un Avis Technique, avec leurs propres épaisseurs, délais de séchage et conditions de ponçage.
Noyer un fourreau dans la chape. L'article 6.3.2 l'interdit sans exception : l'incorporation dans le mortier de la chape ou dans le béton de la dalle d'une canalisation ou d'un fourreau horizontal n'est pas admise. La solution est un ravoirage dont l'épaisseur amène le nu supérieur à tangenter la génératrice supérieure du plus gros diamètre, puis la chape par-dessus. C'est cette contrainte, et non un choix esthétique, qui commande la réservation globale d'épaisseur à demander au gros œuvre.
Prendre la tolérance du support pour celle de l'ouvrage fini. Les 7 mm sous la règle de 2 m correspondent à la définition d'un support de type II, c'est-à-dire l'état de surface d'un béton lissé. La chape finie, elle, est reçue à 5 mm sous la règle de 2 m et 2 mm sous le réglet de 0,20 m. Confondre les deux revient à réceptionner une chape hors tolérance.
Ne pas définir ce que les DPM doivent définir. L'article 5 liste les données essentielles à l'exécution du marché : position et nature des joints de fractionnement et de dilatation ; définition et position des points singuliers (siphon, etc.) ; pentes éventuelles avec leurs valeurs, sous forme de plans uniquement ; sujétions particulières d'une étanchéité éventuelle ; choix entre une chape ou une dalle selon les conditions d'exploitation et le type de revêtement sus-jacent ; caractéristiques des sous-couches isolantes conformément au NF DTU 52.10, avec l'efficacité ΔLw si une isolation phonique est recherchée ; réservation globale intégrant les épaisseurs nécessaires à chaque corps d'état ; et, depuis l'Amendement A1, le choix entre une chape ou dalle adhérente, désolidarisée ou flottante.
Glossaire NF DTU 26.2
- Chape
- Couche de mortier, avec ou sans treillis, rapportée sur un support (article 3.1.3).
- Dalle non structurelle à base de liants hydrauliques
- Couche de béton, avec ou sans treillis, rapportée sur un support. À ne pas confondre avec le dallage, qui relève du NF DTU 13.3 (article 3.1.4).
- Chape ou dalle rapportée adhérente
- Ouvrage adhérent au support, exécuté au plus tôt après que le béton du support a commencé son durcissement, puis dressé à la règle, taloché et éventuellement lissé (article 3.1.5).
- Chape ou dalle désolidarisée
- Ouvrage appliqué sur une couche de désolidarisation, c'est-à-dire une couche permettant d'éviter le contact et l'adhérence entre l'ouvrage et le support (articles 3.1.6 et 3.1.8).
- Chape ou dalle flottante
- Ouvrage appliqué sur une sous-couche isolante, dont la mise en œuvre relève du NF DTU 52.10 (article 3.1.7).
- Ravoirage
- Ouvrage en sable, sable stabilisé, mortier ou béton maigre réalisé sur le support pour obtenir un niveau imposé ou y noyer des canalisations de plomberie, de chauffage ou d'électricité. Il n'assure que le transfert vertical des charges (article 3.1.14).
- Sable stabilisé
- Sable stabilisé par 100 à 150 kg de liant hydraulique par mètre cube de sable sec (article 3.1.15).
- Barbotine
- Mélange composé uniquement de liant hydraulique et d'eau, sans aucun granulat, pouvant être adjuvanté ou non ; utilisée en traitement d'adhérence du support en pose adhérente (articles 3.1.1 et 7.3.1).
- Forme de pente
- Ouvrage en mortier ou en béton destiné à réaliser une pente. Lorsque l'ouvrage présente une étanchéité, la forme de pente est toujours exécutée sous l'étanchéité (article 3.1.9).
- Supports de type I à IV
- Classement des supports par tolérance de planéité (article 6.2.1, Amendement A1) : type I, 5 mm sous la règle de 2 m et 2 mm sous 0,20 m ; type II, 7 mm et 2 mm (béton lissé) ; type III, 10 mm et 3 mm ; type IV, 3 mm et 2 mm.
- Locaux à faibles sollicitations
- Locaux assimilés aux locaux P2 ou P3 du classement UPEC : usage pédestre et activités humaines usuelles — logements, bureaux, boutiques, salles de classe (article 3.2.1).
- Locaux à sollicitations modérées
- Locaux assimilés aux locaux P4 du classement UPEC : usage pédestre subissant des sollicitations mécaniques de roulage, tels que mails ou galeries (article 3.2.2).
- Sous-couche isolante SC1 / SC2
- Classes de sous-couches isolantes définies dans le NF DTU 52.10 ; elles ne sont admises que dans les locaux à faibles sollicitations (tableau 4) et commandent l'épaisseur de la chape flottante (tableau 7).
Questions fréquentes sur NF DTU 26.2
Qu'est-ce que NF DTU 26.2 ?
NF DTU 26.2 - Chapes et dalles à base de liants hydrauliques. Le NF DTU 26.2 P1-1 (avril 2008, indice de classement P 14-201-1-1, Amendement A1 de mai 2015 inclus) fixe les clauses techniques d'exécution des chapes et dalles non structurelles à base de liants hydrauliques dans les locaux intérieurs, posées soit directement sur le support, soit avec interposition d'une couche de désolidarisation ou d'une sous-couche isolante. Il classe les supports admissibles par âge minimal et par type de planéité (I à IV), fixe les épaisseurs — 3 cm minimum pour une chape adhérente, 5 cm pour une dalle adhérente, 5 ou 6 cm nominaux en pose désolidarisée ou flottante selon la sollicitation du local —, les règles de fractionnement (25, 40 ou 60 m² selon le cas, et au plus tous les 8 m linéaires), les tolérances de l'ouvrage fini (5 mm sous la règle de 2 m, 2 mm sous le réglet de 0,20 m) et les délais de livraison aux autres corps d'état. Une épaisseur locale insuffisante, une bande périphérique oubliée ou un fractionnement absent produisent tuilage, fissuration et décollement du revêtement de sol. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF DTU 26.2 ?
Le domaine d'application couvre : Chapes (couches de mortier) et dalles non structurelles (couches de béton) à base de liants hydrauliques exécutées dans les locaux intérieurs, sur supports neufs ou anciens remis à nu : pose adhérente, désolidarisée ou flottante en locaux à faibles sollicitations (P2-P3 UPEC) ; pose adhérente et désolidarisée, à l'exclusion de la pose flottante, en locaux à sollicitations modérées (P4) et en locaux à fortes sollicitations limités aux cuisines collectives. Hors domaine : les chapes fluides quelle que soit la nature du liant, et les locaux industriels. Ne pas confondre avec le dallage, qui relève du NF DTU 13.3. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF DTU 26.2 sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Quelle est l'épaisseur minimale d'une chape adhérente ?
3 cm. L'article 7.3.2 du NF DTU 26.2 P1-1 fixe l'épaisseur minimale des chapes rapportées adhérentes à 3 cm et celle des dalles rapportées adhérentes à 5 cm. Ces valeurs ne sont pas assorties d'une tolérance en moins : la valeur de 2 cm parfois citée sur chantier ne provient pas de ce DTU.
Quelle épaisseur pour une chape désolidarisée ou flottante ?
Sur couche de désolidarisation ou ravoirage en locaux à faibles sollicitations, l'épaisseur nominale doit être ≥ 5 cm sans être localement inférieure à 4 cm (tableau 5). En locaux à sollicitations modérées et en cuisines collectives, elle passe à ≥ 6 cm sans être localement inférieure à 4,5 cm (tableau 6). Sur sous-couche isolante, l'épaisseur dépend de la classe : ≥ 5 cm sans descendre localement sous 4 cm sur SC1, ≥ 6 cm sans descendre localement sous 4,5 cm sur SC2 (tableau 7). Dans tous ces cas, le DTU indique que le treillis soudé ou les fibres ne sont pas nécessaires.
Tous les combien faut-il fractionner une chape ?
Cela dépend du mode de pose. Chape ou dalle adhérente : joints supplémentaires tous les 25 m² et au plus tous les 8 m linéaires si la surface reste nue ou reçoit un film de peinture, tous les 60 m² et au plus tous les 8 m linéaires dans les autres cas (article 8.4.2). Chape ou dalle désolidarisée ou flottante : tous les 40 m² et au plus tous les 8 m linéaires (article 8.4.3). Les joints sont réalisés au moins sur les 2/3 de la hauteur et l'on doit se rapprocher le plus possible de la forme carrée.
Quelle épaisseur de bande périphérique autour d'une chape désolidarisée ?
Une bande compressible d'épaisseur minimale 5 mm en cas de plancher chauffant et de 3 mm minimum dans tous les autres cas (article 7.4.2, Amendement A1). Elle doit partir du support et dépasser d'au moins 2 cm la surface finie avant d'être arasée, et la désolidarisation doit être totale : toutes les parois verticales, y compris les pieds d'huisserie et les seuils, et toute émergence (fourreaux, poteaux, murets).
Quelle planéité peut-on exiger d'une chape en réception ?
5 mm sous la règle de 2 m et 2 mm sous le réglet de 0,20 m, la règle étant posée librement sur la chape ou la dalle, ou une mesure équivalente au moyen d'un appareil de mesure électronique sur une distance de 2 m (article 9.2.1, Amendement A1). Le cas particulier des sols souples, qui figurait au 9.2.2, a été supprimé par l'amendement. Attention à ne pas confondre ces valeurs avec les tolérances de planéité du support (types I à IV, de 3 à 10 mm sous la règle de 2 m).
Quelle tolérance de nivellement pour une chape ?
Elle dépend de la distance au point de référence. L'article 9.2.3 donne la formule ± (0,005 + 0,001 × d), exprimée en mètres, où d est la distance en mètres au point de référence le plus proche : soit ± 10 mm à 5 m et ± 15 mm à 10 m. La note rappelle que la planimétrie générale peut ne pas être horizontale, par exemple en présence d'une forme de pente.
Peut-on noyer des gaines ou des fourreaux dans une chape ?
Non. L'article 6.3.2 précise que l'incorporation dans le mortier de la chape ou dans le béton de la dalle d'une canalisation ou d'un fourreau horizontal n'est pas admise. Il faut exécuter un ravoirage dont l'épaisseur est telle que la génératrice supérieure de la canalisation de plus grand diamètre tangente le nu du ravoirage, puis réaliser la chape par-dessus.
Quand peut-on circuler sur une chape fraîchement coulée ?
Selon le tableau 8 de l'article 10. En locaux à faibles sollicitations, la circulation piétonne de chantier (objets lourds et échafaudages roulants exclus) est interdite les trois premiers jours, donc admise à partir du quatrième ; la mise en service normale est interdite les cinq premiers jours, donc admise à partir du sixième. En locaux à sollicitations modérées et en cuisines collectives, la circulation piétonne de chantier zone après zone est interdite les huit premiers jours et la circulation lourde ou la mise en service normale les quinze premiers jours.
Quelle pente minimale pour une chape avec siphon de sol ?
1 cm/m dans les locaux intérieurs équipés d'un dispositif d'évacuation d'eau (article 7.2). Le DTU ajoute toutefois une note décisive en conception : par suite des tolérances de planéité, les pentes inférieures à 2 cm/m peuvent conduire à de légères retenues d'eau sur le revêtement fini. Certains documents peuvent imposer des pentes supérieures.
Le NF DTU 26.2 s'applique-t-il aux chapes fluides ?
Non. L'article 1 exclut expressément du domaine d'application les chapes fluides, quelle que soit la nature du liant, ainsi que les locaux industriels. Les chapes fluides relèvent d'un Document Technique d'Application ou d'un Avis Technique, avec leurs propres prescriptions d'épaisseur, de séchage et de préparation avant revêtement.
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