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Document Technique Unifié
NF DTU 45.2

NF DTU 45.2 - Isolation thermique des circuits, appareils et accessoires (- 80 °C à + 650 °C)

Le NF DTU 45.2 « Travaux d'isolation — Isolation thermique des circuits, appareils et accessoires de - 80 °C à + 650 °C » (indice de classement P 75-402) est le référentiel de calorifugeage des réseaux du bâtiment et de l'industrie. Sa partie 1-1, cahier des clauses techniques types, a été homologuée le 14 avril 2018 et remplace la norme homologuée NF DTU 45.2 P1-1 de mai 2006. Par rapport au document remplacé, il a été réorganisé avec un chapitre par plage de température — donc par type de marché —, a introduit les conduits aérauliques, a pris en compte les nouvelles normes européennes des produits et propose de nouveaux tableaux de calculs. Il définit les données essentielles avant mise en œuvre (réservations, supports, système isolant), puis les règles de pose pour les circuits frigorifiques de 0 °C à - 80 °C, pour les installations d'eau glacée entre 0 °C et la température ambiante, et pour les circuits entre la température ambiante et 650 °C — chauffage, ECS, vapeur, fumées. Attention : le DTU ne fixe pas les épaisseurs d'isolant, qui relèvent des documents particuliers du marché et de la réglementation applicable.

Domaine d'application

Travaux d'isolation thermique des circuits, appareils et accessoires pour les installations de procédés de production, de transfert ou de stockage dans lesquelles le fluide est d'une manière permanente à une température nécessitant une isolation thermique. Trois plages sont visées : température inférieure ou égale à 0 °C jusqu'à - 80 °C ; température supérieure à 0 °C et inférieure à la température ambiante (installations d'eau glacée, et par extension eau de ville, eau industrielle, descentes d'eaux pluviales intérieures aux bâtiments, éventuellement air comprimé) ; température supérieure à la température ambiante et jusqu'à + 650 °C. Applicable en France métropolitaine.

Mis à jour le 26 août 2026
Applicable depuis le 14 avril 2018
isolation
chauffage
ECS
calorifuge
pertes
NF DTU 45.2
P 75-402
eau glacée
frigorifique
pare-vapeur
coquille
mousse élastomère
verre cellulaire
conduit aéraulique

Règles principales

Domaine d'application et plages de température

Obligatoire

2 propose des clauses types de mise en œuvre pour les travaux d'exécution d'isolation thermique des installations de procédés de production, de transfert ou de stockage dans lesquelles le fluide est d'une manière permanente à une température nécessitant une isolation thermique. Il définit les travaux d'isolation thermique des circuits, appareils et accessoires et donne les règles de mise en œuvre et d'entretien correspondantes.

Trois plages sont visées et donnent chacune lieu à un chapitre distinct : température inférieure ou égale à 0 °C jusqu'à - 80 °C ; température supérieure à 0 °C et inférieure à la température ambiante, dites installations d'eau glacée — ces circuits véhiculant en général des fluides de climatisation et, par extension, l'eau de ville, l'eau industrielle, les descentes d'eaux pluviales ou d'eau de pluie intérieures aux bâtiments et éventuellement les circuits d'air comprimé ; et température supérieure à la température ambiante et jusqu'à + 650 °C.

2 P1-1 de mai 2006 ; par rapport au document remplacé, elle réorganise le document par plage de température, introduit les conduits aérauliques, prend en compte les nouvelles normes européennes des produits et propose de nouveaux tableaux de calculs.

Exceptions :

  • • Les installations dont la température est inférieure ou égale à 0 °C mais variable dans le temps ne sont pas visées
  • • Ne sont pas visés : l'isolation par injection, les installations à températures cycliques, les installations inférieures à la température ambiante tracées électriquement, les installations soumises aux vibrations et les équipements mobiles
  • • Le traçage électrique est en revanche visé pour les températures comprises entre la température ambiante et + 650 °C
Références : NF DTU 45.2 P1-1 §1, NF DTU 45.2 P1-2, NF DTU 45.2 P2

Choix des matériaux : renvoi au cahier des critères généraux (P1-2)

Obligatoire

2 P1-2 (cahier des critères généraux de choix des matériaux, indice P 75-402-1-2). Le cahier des clauses techniques types ne porte donc aucune exigence produit : il renvoie intégralement à la partie 1-2, qui doit être visée au marché en même temps que la partie 1-1.

La détermination de la conductivité thermique utile des produits isolants thermiques pour l'équipement du bâtiment et les installations industrielles relève de la norme NF EN ISO 23993, référence normative du document.

Exceptions :

  • • L'avant-propos commun aux NF DTU permet au titulaire du marché de proposer des produits bénéficiant de modes de preuve en vigueur dans d'autres États membres de l'Espace économique européen, à charge pour lui d'apporter les éléments d'appréciation de l'équivalence
Références : NF DTU 45.2 P1-1 §4, NF DTU 45.2 P1-2, NF EN ISO 23993

Le NF DTU 45.2 ne fixe pas les épaisseurs d'isolant

Obligatoire

Les épaisseurs et la nature du système isolant sont transmises à l'isoleur : elles font partie des données techniques essentielles relevant des documents particuliers du marché, au même titre que les informations, plans ou croquis nécessaires à l'exécution des travaux.

L'annexe B du document, informative, ne comporte pas de tableau d'épaisseurs mais renvoie à des tableaux à télécharger sur le site professionnel du syndicat national de l'isolation, couvrant les températures de - 80 °C à - 1 °C et de + 100 °C à + 650 °C.

11 P1-2 : les parties maintenues en température sont calorifugées par une isolation dont le coefficient de perte, exprimé en W/(m·K), est au plus égal à 3,3·d + 0,22, où d est le diamètre extérieur du tube sans isolant exprimé en mètres.

Exceptions :

  • • Les tableaux de l'annexe B sont donnés à titre indicatif et ne constituent pas une prescription du DTU
  • • Progineer ne publie pas ici de tableau générique d'épaisseurs : aucune valeur ne doit être reprise sans vérification de la version du texte réglementaire ou contractuel applicable au projet
Références : NF DTU 45.2 P1-1 §5.5, NF DTU 45.2 P1-1 Annexe B (informative), NF DTU 60.11 P1-2 §4.2

Réservations, état des supports et entretoises

Obligatoire

L'espace libre autour des parties à isoler doit permettre l'intervention de l'isoleur.

Les écartements minimaux entre les parties à isoler et les parois, entre les parties à isoler et le sol, ainsi qu'entre elles, isolation finie, sont de 100 mm pour les circuits — correspondant au passage d'une main —, de 1 m pour les appareils lorsque la mise en place d'un échafaudage est nécessaire et de 0,50 m dans le cas contraire ; pour les traversées de parois, la trémie doit être dimensionnée aux dimensions extérieures du circuit isolé augmentées de 200 mm.

La mise à disposition par le maître d'ouvrage sous-entend que les parties à isoler sont propres, dégraissées, séchées, qu'elles ont reçu un traitement anticorrosion compatible avec le système d'isolation mis en œuvre si elles ne sont pas protégées par nature, et que l'installation est étanche, la justification de compatibilité du système étant apportée par le fournisseur.

Les supports de tuyauterie et de conduits aérauliques sont préalablement installés, la tuyauterie ou le conduit étant séparé du support par une entretoise isolante dont la nature et les caractéristiques sont définies dans les documents particuliers du marché.

Exceptions :

  • • Si la conductivité thermique de l'entretoise isolante est supérieure à celle de la partie courante, il est nécessaire d'obtenir une étude d'anti-condensation du support
  • • Les prescriptions du document sont subordonnées au fait que l'entrepreneur a eu connaissance des informations indiquées à l'article 3 « Consistance des travaux » du NF DTU 45.2 P2
Références : NF DTU 45.2 P1-1 §5.1, NF DTU 45.2 P1-1 §5.2, NF DTU 45.2 P1-1 §5.3, NF DTU 45.2 P1-1 §5.4, NF DTU 45.2 P2 art. 3

Pose de l'isolant sur circuits chauds (ambiante à 650 °C)

Obligatoire

Chaque tuyauterie est isolée individuellement ou par groupe de tuyauteries à même régime de températures. Sur les tuyauteries verticales, des entretoises sont mises en place tous les 5 m pour empêcher le glissement du matériau isolant. Pour les installations situées en extérieur, le revêtement pare-vapeur est étanche aux intempéries.

En isolation par coquilles, douelles ou nappes : les isolants sont posés jointifs ; chaque couche est fixée au moyen de feuillards métalliques ou plastiques, de rubans adhésifs armés ou de toute autre ligature n'endommageant pas l'isolant et compatible avec la température de service ; l'écartement maximal entre chaque ligature est limité à 0,50 m ; les éléments de longueur strictement inférieure à 1 m sont maintenus par deux fixations et ceux de 1 m ou 1,20 m par trois fixations ; en multicouches, les joints longitudinaux et circonférentiels sont décalés ; le feuillard métallique est galvanisé, inoxydable ou en aluminium selon le système d'isolation ; le joint longitudinal ne doit pas coïncider avec la génératrice supérieure des tuyauteries horizontales ; pour les nappes grillagées, les joints longitudinaux sont soit cousus avec du fil métallique de même nature que les grillages, soit crochetés.

En mousse élastomère flexible, les manchons sont enfilés avant montage ou fendus longitudinalement, assemblés bout à bout, les joints étant recouverts d'une bande adhésive de minimum 40 mm, les jointoiements circonférentiels s'effectuant avec une colle compatible dont le temps de cure doit impérativement être respecté.

Exceptions :

  • • En pose multicouches de mousse élastomère, la mise en œuvre des couches suivantes est identique à celle de la première
  • • Les tuyauteries tracées sont isolées par coquille, douelle, manchon ou nappe : le diamètre des coquilles ou douelles doit permettre d'inclure sans déformation la tuyauterie et son traceur ; en cas d'emploi de nappes, une feuille d'aluminium est enroulée autour de l'ensemble avant pose de l'isolant afin d'empêcher la présence d'isolant entre la tuyauterie et son traceur
Références : NF DTU 45.2 P1-1 §8.1.1, NF DTU 45.2 P1-1 §8.1.2.1, NF DTU 45.2 P1-1 §8.1.4

Revêtements de protection métalliques et non métalliques

Obligatoire

Une protection mécanique de l'isolant est mise en œuvre sur les circuits extérieurs ou dans les zones où l'isolant peut être détérioré ; le revêtement n'est utilisé que dans les cas où la température de surface de l'isolation est compatible avec ce matériau.

En revêtement métallique, les tôles sont découpées aux dimensions voulues, percées, formées puis moulurées ; le joint longitudinal est assemblé soit par vis ou rivets au nombre minimal de 5 par mètre, soit par cerclage au moyen de feuillards et chapes métalliques au nombre de 3 minimum par mètre, et de 2 pour les parties inférieures à 1 m.

Les recouvrements sont disposés de façon à empêcher les entrées d'eau : le recouvrement longitudinal minimal est de 15 mm et le recouvrement circonférentiel de 15 mm, ce dernier pouvant s'effectuer moulure dans moulure jusqu'à un développement de 800 mm, un rétreint étant réalisé au-delà. Sur les tuyauteries, le recouvrement supérieur est placé à l'opposé de la direction des vents dominants.

En revêtement non métallique, quatre familles sont admises : enduit plastique ou bitumineux armé d'une toile de verre ou polyester, avec protection des arrêts d'isolation ; membrane composite résine/tissu ou mat de verre revêtu d'un gel coat ; autres revêtements souples ou semi-rigides dont les recouvrements longitudinaux et circonférentiels sont au minimum de 20 mm ; enduit ciment armé d'un grillage triple torsion et lissé, avec amorces de rupture pour absorber les variations dimensionnelles.

Exceptions :

  • • La résistance mécanique du revêtement n'est pas prévue pour supporter une charge : circulation des personnes, chemins de câbles, autres tuyauteries
  • • Sur la longueur minimale du rétreint au-delà de 800 mm de développement, le texte des parties droites mentionne successivement 30 mm puis 50 mm, tandis que le paragraphe relatif aux coudes retient 30 mm : la valeur doit être précisée au marché, à défaut de quoi la plus contraignante est à retenir
  • • En revêtement de coude, le montage des segments doit être effectué dans le sens de la goutte d'eau et des vents dominants, les fixations étant adaptées au nombre de segments pour obtenir une rigidité équivalente à celle des parties droites
Références : NF DTU 45.2 P1-1 §8.1.2.2, NF DTU 45.2 P1-1 §8.1.3.2

Traitement des points singuliers : arrêts, dilatation, pénétrations, traversées

Obligatoire

Les arrêts d'isolation : l'isolant et son revêtement sont arrêtés à une distance telle que le démontage et le remontage de la boulonnerie puissent s'effectuer normalement, et des collerettes coniques ou plates sont disposées à chaque arrêt.

Les joints de dilatation : selon la longueur à traiter et la température de service de la tuyauterie, il convient de prévoir un ou plusieurs joints de dilatation au droit de l'isolant et du revêtement, l'assemblage du revêtement étant réalisé par recouvrement d'une moulure mâle d'une longueur minimale de 40 mm, les vis ou rivets d'assemblage étant situés à l'extérieur de la partie coulissante.

Les pénétrations : toutes les pénétrations telles que supports ou piquages sont traitées par une étanchéité adaptée à la température. Les traversées de parois : le système isolant de la tuyauterie est continu dans les traversées de parois.

Exceptions :

  • • Le nombre et l'implantation des joints de dilatation dépendent de la longueur à traiter et de la température de service : le DTU ne fixe pas d'espacement forfaitaire
Références : NF DTU 45.2 P1-1 §8.1.2.3, NF DTU 45.2 P1-1 §8.1.3

Circuits d'eau glacée et circuits frigorifiques : maîtrise de la vapeur d'eau

Obligatoire

Pour les installations dont la température de service est comprise entre 0 °C et la température ambiante, chaque tuyauterie est isolée individuellement ou par groupe de tuyauteries à même régime de températures, et des entretoises sont mises en place tous les 5 m sur les tuyauteries verticales pour empêcher le glissement de l'isolant.

En isolant rigide cellulaire, les joints longitudinaux et circonférentiels sont systématiquement traités par application d'un mastic permanent, soit par enduction du subjectile — collage, enduction et jointoiement assurés par un mastic ou une colle compatible avec la température de fonctionnement, le traitement anticorrosion et la nature de l'isolant —, soit par pose par enduction segmentée avec un cordon de mastic en tête d'une extrémité, en contact avec le subjectile.

Le jointoiement par cordon obéit à une règle chiffrée : pour toute épaisseur d'isolant inférieure ou égale à 50 mm, un joint type cordon de 5 à 10 mm de diamètre est réalisé le plus près possible du pare-vapeur ; pour toute épaisseur supérieure à 50 mm, deux joints identiques sont réalisés, l'un le plus près possible du subjectile et l'autre le plus près possible du pare-vapeur.

Le maintien des éléments isolants nus est assuré par des bandes adhésives armées ou par des cerclages de feuillard en plastique, celui des éléments pré-revêtus par des bandes adhésives respectant l'intégrité du produit.

Exceptions :

  • • L'application d'une bande grasse ne nécessite pas d'enduction de la coquille sur le subjectile
  • • Le jointoiement peut être effectué sur la surface totale de l'épaisseur de l'isolant en lieu et place du jointoiement par cordon
  • • Pour une isolation réalisée en panneaux ou en rouleaux, les techniques de collage et de recouvrement restent les mêmes, la découpe se faisant selon les surfaces à isoler
  • • Le temps de cure de la colle doit impérativement être respecté avant tout recouvrement éventuel des joints et avant toute mise en service de l'installation
Références : NF DTU 45.2 P1-1 §6, NF DTU 45.2 P1-1 §7.1.1, NF DTU 45.2 P1-1 §7.1.2

Mise en service, entretien et suivi du système d'isolation

2 P1-1 renvoie, pour la mise en service et l'entretien, à un exemple de clauses pouvant être introduites dans la notice de mise en service et de maintenance donné en annexe C (informative). Cette notice rappelle deux principes structurants.

D'abord, l'isolation réalisée correspond à une conception du processus de fonctionnement : toute modification apportée aux conditions initiales nécessite un examen du système d'isolation pour s'assurer de son adéquation aux nouvelles conditions. Ensuite, l'isolant, pour remplir pleinement sa fonction, doit rester dans son état initial, c'est-à-dire non déformé et sec ; toute détérioration du revêtement de protection est un symptôme de dégradation de l'isolant et présente un risque d'humidification.

Exceptions :

  • • L'annexe C est informative : elle propose un exemple de clauses de notice de mise en service et de maintenance, à adapter aux documents particuliers du marché
Références : NF DTU 45.2 P1-1 §9, NF DTU 45.2 P1-1 Annexe C (informative)

Tolérances d'exécution

Paramètre Tolérance Conditions
Écartement maximal entre ligatures de maintien de l'isolant 0,50 m Feuillards métalliques ou plastiques, rubans adhésifs armés ou ligature équivalente
Nombre de fixations selon la longueur de l'élément isolant 2 fixations si < 1 m — 3 fixations pour 1 m ou 1,20 m Isolation par coquilles, douelles ou nappes
Espacement des entretoises sur tuyauterie verticale 5 m Empêche le glissement du matériau isolant
Jointoiement par cordon d'un isolant rigide cellulaire Cordon de 5 à 10 mm de diamètre — 1 joint si épaisseur ≤ 50 mm, 2 joints si > 50 mm Le plus près possible du pare-vapeur (et du subjectile pour le second joint)
Collage des manchons de mousse élastomère en extrémité ≥ 25 mm de longueur Installations entre 0 °C et la température ambiante
Bande adhésive de recouvrement des joints de mousse élastomère (chaud) ≥ 40 mm Manchons assemblés bout à bout
Languette isolante de recouvrement sur joints externes en eau glacée ≥ 40 mm de largeur Réseaux d'eau glacée — joints externes
Feuillard de maintien du verre cellulaire ≥ 0,5 mm d'épaisseur et ≥ 12,7 mm de largeur Acier ou aluminium
Fixation du joint longitudinal d'un revêtement métallique ≥ 5 vis ou rivets par mètre, ou ≥ 3 feuillards et chapes par mètre 2 feuillards pour les parties inférieures à 1 m
Recouvrements d'un revêtement métallique 15 mm longitudinal et 15 mm circonférentiel Moulure dans moulure jusqu'à 800 mm de développement, rétreint au-delà
Recouvrements des revêtements souples ou semi-rigides non métalliques ≥ 20 mm Recouvrements ou bandes de recouvrement longitudinaux et circonférentiels
Moulure mâle d'un joint de dilatation de revêtement ≥ 40 mm de longueur Vis ou rivets d'assemblage à l'extérieur de la partie coulissante
Coefficient de perte du calorifuge d'un réseau d'ECS bouclé ≤ 3,3·d + 0,22 W/(m·K) Exigence portée par le NF DTU 60.11 P1-2 — d = diamètre extérieur du tube nu en mètres

Dimensions réglementaires

Écartement libre autour d'un circuit isolé

Dimension : 100 mm
Minimum : 100 mm

Isolation finie — correspond au passage d'une main

Écartement libre autour d'un appareil isolé

Dimension : 1 m avec échafaudage — 0,50 m sans
Minimum : 0,50 m

Isolation finie

Trémie de traversée de paroi

Dimension : Dimensions extérieures du circuit isolé + 200 mm
Minimum : -

Le système isolant doit être continu dans la traversée

Développement maximal admettant un recouvrement moulure dans moulure

Dimension : 800 mm
Maximum : 800 mm

Au-delà, un rétreint est réalisé

Épaisseur d'isolant déclenchant le double cordon de jointoiement

Dimension : > 50 mm
Minimum : -

Un seul cordon pour une épaisseur ≤ 50 mm

Épaisseurs d'isolant à mettre en œuvre

Dimension : Transmises à l'isoleur par les documents particuliers du marché
Minimum : -

Le NF DTU 45.2 ne fixe pas d'épaisseur ; annexe B informative renvoyant à des tableaux externes

Comprendre NF DTU 45.2

Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.

Pour NF DTU 45.2, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.

Qui est concerné ?

Le domaine d'application de NF DTU 45.2 couvre : Travaux d'isolation thermique des circuits, appareils et accessoires pour les installations de procédés de production, de transfert ou de stockage dans lesquelles le fluide est d'une manière permanente à une température nécessitant une isolation thermique. Trois plages sont visées : température inférieure ou égale à 0 °C jusqu'à - 80 °C ; température supérieure à 0 °C et inférieure à la température ambiante (installations d'eau glacée, et par extension eau de ville, eau industrielle, descentes d'eaux pluviales intérieures aux bâtiments, éventuellement air comprimé) ; température supérieure à la température ambiante et jusqu'à + 650 °C. Applicable en France métropolitaine.. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.

Progineer et la conformité document technique unifié

Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.

Tout savoir sur NF DTU 45.2

Le NF DTU 45.2 est le document qui dit comment poser un calorifuge — pas quelle épaisseur poser. C'est la première chose à comprendre pour l'utiliser correctement. Son titre exact, « Travaux d'isolation — Isolation thermique des circuits, appareils et accessoires de - 80 °C à + 650 °C », annonce un champ large : de l'azote liquide à la vapeur surchauffée, en passant par l'eau glacée de climatisation, l'eau de ville, l'eau chaude sanitaire, le chauffage et, depuis 2018, les conduits aérauliques.

La partie 1-1, cahier des clauses techniques types, porte l'indice de classement P 75-402-1-1 et a été homologuée le 14 avril 2018 ; elle remplace la norme homologuée NF DTU 45.2 P1-1 de mai 2006. Le document est complété par la partie 1-2, critères généraux de choix des matériaux (P 75-402-1-2), et par la partie 2, cahier des clauses spéciales (P 75-402-2). Les matériaux sont choisis parmi ceux répondant aux prescriptions de la partie 1-2 : c'est là, et non dans le CCT, que se trouvent les exigences produits.

La révision de 2018 a apporté cinq changements structurants par rapport à l'édition de 2006 : la réorganisation du document avec un chapitre par plage de température — et donc par type de marché —, l'introduction des conduits aérauliques, la prise en compte des nouvelles normes européennes de produits, de nouveaux tableaux de calculs reposant sur le retour d'expérience et destinés à faciliter la conception, et des corrections éditoriales. Cette organisation par plage de température est ce qui rend le document lisible : on ouvre le chapitre 6 pour du frigorifique, le chapitre 7 pour de l'eau glacée, le chapitre 8 pour du chaud.

Pour un maître d'œuvre, le NF DTU 45.2 sert principalement à deux choses. D'abord à écrire correctement l'article « calorifugeage » d'un CCTP de lot CVC ou plomberie, en distinguant la nature de l'isolant, le mode de fixation, le revêtement de protection, le traitement des points singuliers et les réservations à demander au gros œuvre. Ensuite à contrôler la pose : un calorifuge se juge sur ses arrêts, ses points singuliers et son revêtement, pas sur sa partie courante.

Comprendre en détail NF DTU 45.2

Trois plages de température, trois chapitres — et cinq exclusions

Le document vise les installations dont la température est inférieure ou égale à 0 °C jusqu'à - 80 °C, à l'exclusion de celles dont la température est variable dans le temps ; les installations dont la température est supérieure à 0 °C et inférieure à la température ambiante, dites installations d'eau glacée — ces circuits véhiculant en général des fluides de climatisation, et par extension l'eau de ville, l'eau industrielle, les descentes d'eaux pluviales ou d'eau de pluie intérieures aux bâtiments et éventuellement les circuits d'air comprimé ; et les installations dont la température est supérieure à la température ambiante et jusqu'à + 650 °C.

Cinq familles d'ouvrages ne sont pas visées : l'isolation par injection ; les installations à températures cycliques ; les installations inférieures à la température ambiante tracées électriquement — le traçage électrique étant en revanche visé pour les températures entre la température ambiante et + 650 °C ; les installations soumises aux vibrations ; et les équipements mobiles. Le présent document est applicable en France métropolitaine.

La conséquence pratique de cette délimitation est simple : un réseau d'eau chaude sanitaire, un réseau de chauffage, une descente d'eaux pluviales intérieure et un réseau d'eau glacée relèvent tous du NF DTU 45.2, mais pas du même chapitre. Un CCTP qui écrit « calorifugeage selon NF DTU 45.2 » sans préciser la plage de température et le chapitre applicable laisse à l'entreprise le choix des dispositions.

Le DTU ne fixe pas les épaisseurs — et c'est essentiel

Le paragraphe 5.5 est explicite : les épaisseurs et la nature du système isolant sont transmises à l'isoleur. Elles font partie des données techniques essentielles qui relèvent des documents particuliers du marché, au même titre que les informations, plans ou croquis nécessaires à l'exécution. L'annexe B du document, informative, ne contient pas de tableau d'épaisseurs : elle renvoie à des tableaux téléchargeables sur le site professionnel du syndicat national de l'isolation, tableaux réalisés à l'aide d'un logiciel de calcul et couvrant les températures de - 80 °C à - 1 °C et de + 100 °C à + 650 °C.

Il faut donc chercher les épaisseurs ailleurs. Pour les réseaux d'eau chaude sanitaire bouclés, le NF DTU 60.11 P1-2 impose que les parties maintenues en température soient calorifugées par une isolation dont le coefficient de perte, exprimé en W/(m·K), est au plus égal à 3,3·d + 0,22, où d est le diamètre extérieur du tube sans isolant exprimé en mètres. Pour les bâtiments neufs, la réglementation environnementale et thermique en vigueur porte ses propres exigences d'isolation des réseaux ; elles se lisent dans le texte réglementaire applicable à la date du dépôt du permis, et Progineer ne publie pas ici de valeur générique faute de pouvoir garantir sa version.

La conductivité thermique utile des produits, elle, se détermine selon la NF EN ISO 23993, « Produits isolants thermiques pour l'équipement du bâtiment et les installations industrielles — Détermination de la conductivité thermique utile », référence normative du NF DTU 45.2. C'est cette valeur utile, et non le lambda déclaré à 10 °C, qui doit servir au calcul d'une épaisseur.

Données essentielles avant la mise en œuvre : réservations et supports

Le NF DTU 45.2 pose des exigences d'espace qui doivent être demandées au gros œuvre et aux autres lots dès la phase d'exécution, sous peine d'un calorifuge impossible à poser correctement. L'espace libre autour des parties à isoler doit permettre l'intervention de l'isoleur. Les écartements minimaux, isolation finie, sont de 100 mm pour les circuits — correspondant au passage d'une main —, de 1 m pour les appareils lorsqu'un échafaudage est nécessaire et de 0,50 m dans le cas contraire. Pour les traversées de parois, la trémie doit être dimensionnée aux dimensions extérieures du circuit isolé augmentées de 200 mm.

La mise à disposition par le maître d'ouvrage sous-entend que les parties à isoler sont propres, dégraissées, séchées, qu'elles ont reçu un traitement anticorrosion compatible avec le système d'isolation mis en œuvre si elles ne sont pas protégées par nature, et que l'installation est étanche. La justification de la compatibilité du système d'isolation est apportée par le fournisseur. Un calorifuge posé sur une tuyauterie humide ou non traitée piège la corrosion sous isolant, pathologie invisible et coûteuse.

Les supports doivent être préalablement installés. La tuyauterie ou le conduit aéraulique est séparé du support par une entretoise isolante, dont la nature et les caractéristiques techniques sont définies dans les documents particuliers du marché. Si la conductivité thermique de l'entretoise est supérieure à celle de la partie courante, il est nécessaire d'obtenir une étude d'anti-condensation du support : c'est le point singulier par lequel la condensation apparaît en premier sur un réseau d'eau glacée.

Mise en œuvre en chaud : fixations, feuillards et revêtements

Pour les circuits dont la température de service est comprise entre la température ambiante et 650 °C, chaque tuyauterie est isolée individuellement ou par groupe de tuyauteries à même régime de températures. Sur les tuyauteries verticales, des entretoises sont mises en place tous les 5 m pour empêcher le glissement du matériau isolant. Pour les installations situées en extérieur, le revêtement pare-vapeur doit être étanche aux intempéries.

En isolation par coquilles, douelles ou nappes, les isolants sont posés jointifs et chaque couche est fixée au moyen de feuillards métalliques ou plastiques, de rubans adhésifs armés ou de toute autre ligature n'endommageant pas l'isolant et compatible avec la température de service. L'écartement maximal entre chaque ligature est limité à 0,50 m. Les éléments de longueur strictement inférieure à 1 m sont maintenus par deux fixations ; ceux de 1 m ou 1,20 m par trois fixations. En multicouches, les joints longitudinaux et circonférentiels sont décalés. Le feuillard métallique est galvanisé, inoxydable ou en aluminium selon le système d'isolation. Enfin, le joint longitudinal ne doit pas coïncider avec la génératrice supérieure des tuyauteries horizontales — règle simple qui évite l'infiltration d'eau par le joint.

En isolation par mousses élastomères flexibles, les manchons sont soit enfilés avant le montage des tuyauteries, soit fendus longitudinalement ; ils sont assemblés bout à bout et les joints sont recouverts d'une bande adhésive de minimum 40 mm. Les jointoiements circonférentiels s'effectuent avec une colle compatible avec la température de fonctionnement, et le temps de cure de la colle doit impérativement être respecté avant tout recouvrement éventuel du joint et avant toute mise en service. En isolation par verre cellulaire, lors d'une pose sans collage, une couche d'anti-abrasif ou d'anti-choc thermique doit être appliquée sur la face interne en contact avec le subjectile et être sèche à la mise en œuvre ; le maintien est réalisé par un feuillard acier ou aluminium de 0,5 mm minimum d'épaisseur et de 12,7 mm minimum de largeur.

Côté revêtement métallique, le joint longitudinal est assemblé soit par vis ou rivets au nombre minimal de 5 par mètre, soit par cerclage au moyen de feuillards et chapes métalliques au nombre de 3 minimum par mètre — et de 2 pour les parties inférieures à 1 m. Les recouvrements sont disposés de façon à empêcher les entrées d'eau : le recouvrement longitudinal minimal est de 15 mm, le recouvrement circonférentiel de 15 mm, et il peut s'effectuer moulure dans moulure jusqu'à un développement de 800 mm ; au-delà de 800 mm, un rétreint est réalisé — le texte de la partie courante mentionne successivement une longueur minimale de 30 mm puis de 50 mm, tandis que le paragraphe relatif aux coudes retient 30 mm ; en l'absence de levée d'ambiguïté, il convient de retenir la valeur la plus contraignante du marché ou de la faire préciser. Sur les tuyauteries, le recouvrement supérieur est placé à l'opposé de la direction des vents dominants.

Pour les revêtements non métalliques, quatre familles sont admises : enduit plastique ou bitumineux armé d'une toile de verre ou polyester, avec protection des arrêts d'isolation ; membrane composite résine/tissu ou mat de verre revêtu d'un gel coat ; autres revêtements souples ou semi-rigides, dont les recouvrements ou bandes de recouvrement longitudinaux et circonférentiels sont au minimum de 20 mm ; et enduit ciment armé d'un grillage triple torsion et lissé, avec amorces de rupture pour absorber les variations dimensionnelles. Les matériaux isolants pré-revêtus doivent répondre aux caractéristiques attendues de l'un de ces revêtements.

Points singuliers : là où se joue la performance réelle

Les arrêts d'isolation : l'isolant et son revêtement sont arrêtés à une distance telle que le démontage et le remontage de la boulonnerie puissent s'effectuer normalement, et des collerettes coniques ou plates sont disposées à chaque arrêt. C'est la disposition qui empêche l'eau et l'humidité de pénétrer sous le calorifuge à chaque bride.

Les joints de dilatation : selon la longueur à traiter et la température de service, il convient de prévoir un ou plusieurs joints de dilatation au droit de l'isolant et du revêtement. L'assemblage du revêtement est réalisé par recouvrement d'une moulure mâle d'une longueur minimale de 40 mm, les vis ou rivets d'assemblage étant situés à l'extérieur de la partie coulissante — faute de quoi le joint se bloque à la première dilatation.

Les pénétrations et les traversées de parois : toutes les pénétrations telles que supports ou piquages sont traitées par une étanchéité adaptée à la température, et le système isolant de la tuyauterie doit être continu dans les traversées de parois. Un calorifuge interrompu à la traversée crée un pont thermique et, sur circuit froid, un point de condensation garanti.

Les coudes : les parties coudées sont isolées par coquilles, manchons, douelles curvilignes ou trapézoïdales, ou par pièces préformées, moulées ou façonnées dans l'isolant, la mise en œuvre étant assurée comme pour les parties droites. En revêtement métallique, l'assemblage longitudinal s'effectue par vis ou rivets, le recouvrement circonférentiel est de 15 mm avec la même règle de moulure dans moulure jusqu'à 800 mm de développement puis rétreint de 30 mm minimum, le montage des segments de coude doit être effectué dans le sens de la goutte d'eau et des vents dominants, et les fixations sont adaptées au nombre de segments pour obtenir une rigidité équivalente à celle des parties droites.

Spécificités de l'eau glacée et du frigorifique

Entre 0 °C et la température ambiante, comme en chaud, chaque tuyauterie est isolée individuellement ou par groupe à même régime de températures, et des entretoises sont mises en place tous les 5 m sur les tuyauteries verticales pour empêcher le glissement de l'isolant. La différence tient au traitement de la vapeur d'eau : sur un circuit froid, l'isolant doit rester sec, et tout défaut de pare-vapeur se traduit par une condensation interne qui détruit progressivement la performance.

En isolant rigide cellulaire, les joints longitudinaux et circonférentiels sont systématiquement traités par application d'un mastic permanent, selon deux solutions : l'enduction du subjectile, où collage, enduction et jointoiement sont assurés par un mastic ou une colle compatible avec la température de fonctionnement, le traitement anticorrosion et la nature de l'isolant ; ou la pose par enduction segmentée, avec un cordon de mastic en tête d'une extrémité en contact avec le subjectile. Le jointoiement par cordon obéit à une règle chiffrée : pour toute épaisseur d'isolant inférieure ou égale à 50 mm, un joint type cordon de 5 à 10 mm de diamètre est réalisé le plus près possible du pare-vapeur ; pour toute épaisseur supérieure à 50 mm, deux joints identiques sont réalisés, l'un le plus près possible du subjectile et l'autre le plus près possible du pare-vapeur.

En mousse élastomère flexible sur eau glacée, les manchons sont soit fendus et collés longitudinalement sur site, soit pré-adhésivés longitudinalement en usine ; à chacune de leurs extrémités, ils sont collés sur la tuyauterie sur une longueur minimale de 25 mm, et collés bout à bout pour le jointoiement circonférentiel. Le temps de cure de la colle doit impérativement être respecté avant tout recouvrement des joints et avant toute mise en service. Sur les réseaux d'eau glacée, une languette ou bande isolante longitudinale de recouvrement, d'une largeur minimale de 40 mm, doit être mise en place sur les joints externes.

Le chapitre 6, consacré aux circuits frigorifiques de 0 °C à - 80 °C, reprend la même logique en la durcissant : pare-vapeur, revêtement, points singuliers, joints de contraction et isolation des boîtes froides y font l'objet de paragraphes dédiés. La règle transversale reste celle que rappelle l'annexe C : l'isolant, pour remplir pleinement sa fonction, doit rester dans son état initial, c'est-à-dire non déformé et sec.

Erreurs fréquentes sur un calorifugeage

La première erreur est structurelle : ne pas demander les réservations. Sans les 100 mm autour d'un circuit, les 0,50 m ou 1 m autour d'un appareil et la trémie aux dimensions extérieures du circuit isolé + 200 mm, l'isoleur pose ce qu'il peut, où il peut. Le calorifuge est alors comprimé, discontinu, et sa performance réelle sans rapport avec le calcul.

La deuxième erreur est le support non traité. Une entretoise isolante doit séparer la tuyauterie ou le conduit du support ; si sa conductivité est supérieure à celle de la partie courante, une étude d'anti-condensation du support est nécessaire. Un collier métallique en contact direct avec un tube d'eau glacée est un condensateur.

La troisième erreur est le non-respect des fixations : écartement supérieur à 0,50 m entre ligatures, deux fixations sur un élément de 1,20 m au lieu de trois, joints longitudinaux non décalés en multicouches, ou joint longitudinal posé sur la génératrice supérieure d'une tuyauterie horizontale. La quatrième, sur mousse élastomère, est de ne pas respecter le temps de cure de la colle avant mise en service, ou d'omettre le collage sur 25 mm aux extrémités et la bande de recouvrement de 40 mm de largeur sur les joints externes en eau glacée.

La cinquième erreur concerne les points singuliers : arrêts d'isolation sans collerette, joint de dilatation dont les vis traversent la partie coulissante, calorifuge interrompu à la traversée de paroi, pénétration de support ou de piquage non étanchée. La sixième, enfin, est la plus fréquente en exploitation : laisser en l'état une dégradation du revêtement de protection. L'annexe C du DTU le formule sans ambiguïté — toute détérioration du revêtement est un symptôme de dégradation de l'isolant et présente un risque d'humidification, et le propriétaire de l'installation doit contrôler régulièrement la qualité du système d'isolation.

Glossaire NF DTU 45.2

Subjectile
Surface à isoler — tuyauterie, appareil, réservoir ou conduit — sur laquelle est appliqué le système d'isolation. Elle doit être propre, dégraissée, séchée et traitée anticorrosion si elle n'est pas protégée par nature.
Coquille
Élément d'isolant préformé cylindrique enveloppant une tuyauterie. En pose par enduction segmentée, son diamètre intérieur doit être égal (ou au moins égal, selon la plage de température) au diamètre extérieur du subjectile.
Douelle
Élément d'isolant en secteur de cylindre, utilisé seul ou associé pour envelopper une tuyauterie ou un appareil cylindrique, y compris en parties coudées sous forme curviligne ou trapézoïdale.
Entretoise isolante
Pièce séparant la tuyauterie ou le conduit aéraulique de son support. Sur les tuyauteries verticales, des entretoises sont mises en place tous les 5 m pour empêcher le glissement de l'isolant.
Ligature
Moyen de maintien d'une couche d'isolant : feuillard métallique ou plastique, ruban adhésif armé ou tout dispositif n'endommageant pas l'isolant. L'écartement maximal entre ligatures est de 0,50 m.
Feuillard
Bande métallique de cerclage. En verre cellulaire, le maintien est réalisé par un feuillard acier ou aluminium d'au moins 0,5 mm d'épaisseur et 12,7 mm de largeur ; en revêtement métallique, le cerclage compte au moins 3 feuillards et chapes par mètre.
Moulure
Nervure formée en bord de tôle permettant l'emboîtement moulure dans moulure des recouvrements circonférentiels, admis jusqu'à un développement de 800 mm.
Rétreint
Réduction de section réalisée en extrémité de tôle pour assurer le recouvrement circonférentiel au-delà d'un développement de 800 mm.
Arrêt d'isolation
Extrémité du calorifuge, arrêtée à une distance telle que le démontage et le remontage de la boulonnerie puissent s'effectuer normalement, et protégée par une collerette conique ou plate.
Pare-vapeur
Barrière à la diffusion de vapeur d'eau, essentielle sur les circuits froids. Pour les installations situées en extérieur, le revêtement pare-vapeur doit être étanche aux intempéries.
Tuyauterie tracée
Tuyauterie accompagnée d'un traceur (vapeur, fluide thermique ou traçage électrique) maintenant sa température. Les coquilles ou douelles sont choisies pour inclure sans déformation la tuyauterie et son traceur.
Conductivité thermique utile
Valeur de conductivité déterminée selon la NF EN ISO 23993, qui doit servir au calcul d'épaisseur — et non le lambda déclaré dans des conditions d'essai.
Corrosion sous isolant
Pathologie apparaissant lorsque l'isolant s'humidifie au contact d'un subjectile mal préparé ou d'un revêtement dégradé. C'est la raison des exigences de propreté, de traitement anticorrosion et de contrôle régulier du revêtement.

Questions fréquentes sur NF DTU 45.2

Qu'est-ce que NF DTU 45.2 ?

NF DTU 45.2 - Isolation thermique des circuits, appareils et accessoires (- 80 °C à + 650 °C). Le NF DTU 45.2 « Travaux d'isolation — Isolation thermique des circuits, appareils et accessoires de - 80 °C à + 650 °C » (indice de classement P 75-402) est le référentiel de calorifugeage des réseaux du bâtiment et de l'industrie. Sa partie 1-1, cahier des clauses techniques types, a été homologuée le 14 avril 2018 et remplace la norme homologuée NF DTU 45.2 P1-1 de mai 2006. Par rapport au document remplacé, il a été réorganisé avec un chapitre par plage de température — donc par type de marché —, a introduit les conduits aérauliques, a pris en compte les nouvelles normes européennes des produits et propose de nouveaux tableaux de calculs. Il définit les données essentielles avant mise en œuvre (réservations, supports, système isolant), puis les règles de pose pour les circuits frigorifiques de 0 °C à - 80 °C, pour les installations d'eau glacée entre 0 °C et la température ambiante, et pour les circuits entre la température ambiante et 650 °C — chauffage, ECS, vapeur, fumées. Attention : le DTU ne fixe pas les épaisseurs d'isolant, qui relèvent des documents particuliers du marché et de la réglementation applicable. Ce document relève de documents techniques unifiés.

Quels projets sont concernés par NF DTU 45.2 ?

Le domaine d'application couvre : Travaux d'isolation thermique des circuits, appareils et accessoires pour les installations de procédés de production, de transfert ou de stockage dans lesquelles le fluide est d'une manière permanente à une température nécessitant une isolation thermique. Trois plages sont visées : température inférieure ou égale à 0 °C jusqu'à - 80 °C ; température supérieure à 0 °C et inférieure à la température ambiante (installations d'eau glacée, et par extension eau de ville, eau industrielle, descentes d'eaux pluviales intérieures aux bâtiments, éventuellement air comprimé) ; température supérieure à la température ambiante et jusqu'à + 650 °C. Applicable en France métropolitaine.. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.

Comment garantir la conformité à NF DTU 45.2 sur un projet ?

En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.

Quelle est la version en vigueur du NF DTU 45.2 ?

La partie 1-1, cahier des clauses techniques types (indice P 75-402-1-1), a été homologuée le 14 avril 2018 et remplace la norme homologuée NF DTU 45.2 P1-1 de mai 2006. Le document comprend également une partie 1-2 (critères généraux de choix des matériaux, P 75-402-1-2) et une partie 2 (cahier des clauses spéciales, P 75-402-2).

Qu'a changé la révision de 2018 ?

Cinq évolutions par rapport à l'édition de mai 2006 : la réorganisation du document avec un chapitre par plage de température, et donc par type de marché ; l'introduction des conduits aérauliques ; la prise en compte des nouvelles normes européennes des produits ; de nouveaux tableaux de calculs fondés sur le retour d'expérience et destinés à faciliter la conception ; et des corrections éditoriales.

Quelles installations le NF DTU 45.2 vise-t-il ?

Les installations de procédés de production, de transfert ou de stockage dans lesquelles le fluide est d'une manière permanente à une température nécessitant une isolation, dans trois plages : de 0 °C à - 80 °C ; entre 0 °C et la température ambiante (eau glacée, et par extension eau de ville, eau industrielle, descentes d'eaux pluviales intérieures aux bâtiments, éventuellement air comprimé) ; et de la température ambiante à + 650 °C.

Que ne vise pas le NF DTU 45.2 ?

L'isolation par injection, les installations à températures cycliques, les installations inférieures à la température ambiante tracées électriquement — le traçage électrique restant visé entre la température ambiante et + 650 °C —, les installations soumises aux vibrations, et les équipements mobiles. Le document est applicable en France métropolitaine.

Le NF DTU 45.2 fixe-t-il des épaisseurs d'isolant ?

Non. Le paragraphe 5.5 indique que les épaisseurs et la nature du système isolant sont transmises à l'isoleur : elles relèvent des documents particuliers du marché. L'annexe B, informative, ne contient pas de tableau mais renvoie à des tableaux téléchargeables sur le site professionnel du syndicat national de l'isolation, couvrant les températures de - 80 °C à - 1 °C et de + 100 °C à + 650 °C.

Où trouver alors l'épaisseur d'isolant à prescrire ?

Dans le texte applicable au projet. Pour les réseaux d'ECS bouclés, le NF DTU 60.11 P1-2 impose une isolation dont le coefficient de perte, en W/(m·K), est au plus égal à 3,3·d + 0,22, d étant le diamètre extérieur du tube sans isolant en mètres. Pour les bâtiments neufs, la réglementation thermique et environnementale en vigueur porte ses propres exigences, à lire dans sa version applicable à la date du projet. La conductivité thermique utile des produits se détermine selon la NF EN ISO 23993.

Quelles réservations demander au gros œuvre pour un calorifugeage ?

Isolation finie, les écartements minimaux sont de 100 mm pour les circuits — correspondant au passage d'une main —, de 1 m pour les appareils lorsqu'un échafaudage est nécessaire et de 0,50 m dans le cas contraire. Pour les traversées de parois, la trémie doit être dimensionnée aux dimensions extérieures du circuit isolé augmentées de 200 mm.

Dans quel état doivent être les tuyauteries avant calorifugeage ?

Propres, dégraissées, séchées, avec un traitement anticorrosion compatible avec le système d'isolation mis en œuvre si elles ne sont pas protégées par nature, et l'installation doit être étanche. La justification de la compatibilité du système d'isolation est apportée par le fournisseur.

Comment traiter le contact entre la tuyauterie et son support ?

La tuyauterie ou le conduit aéraulique est séparé du support par une entretoise isolante, dont la nature et les caractéristiques techniques sont définies dans les documents particuliers du marché. Si la conductivité thermique de l'entretoise est supérieure à celle de la partie courante, il est nécessaire d'obtenir une étude d'anti-condensation du support.

Quel écartement entre les fixations d'un calorifuge ?

L'écartement maximal entre chaque ligature est limité à 0,50 m. Les éléments de longueur strictement inférieure à 1 m sont maintenus par deux fixations, ceux de 1 m ou 1,20 m par trois fixations. Chaque couche est fixée par feuillards métalliques ou plastiques, rubans adhésifs armés ou toute autre ligature n'endommageant pas l'isolant et compatible avec la température de service.

Tous les 5 m sur une colonne verticale, à quoi servent les entretoises ?

À empêcher le glissement du matériau isolant. Le NF DTU 45.2 impose la mise en place d'entretoises tous les 5 m sur les tuyauteries verticales, aussi bien pour les installations entre 0 °C et la température ambiante que pour celles entre la température ambiante et 650 °C.

Où placer le joint longitudinal d'une coquille sur une tuyauterie horizontale ?

Jamais sur la génératrice supérieure. Le NF DTU 45.2 dispose que le joint longitudinal ne doit pas coïncider avec la génératrice supérieure des tuyauteries horizontales, afin d'éviter les entrées d'eau par le joint. En multicouches, les joints longitudinaux et circonférentiels doivent en outre être décalés.

Comment jointoyer un isolant rigide cellulaire ?

Les joints longitudinaux et circonférentiels sont systématiquement traités par application d'un mastic permanent. En jointoiement par cordon, pour toute épaisseur d'isolant inférieure ou égale à 50 mm, un joint type cordon de 5 à 10 mm de diamètre est réalisé le plus près possible du pare-vapeur ; pour toute épaisseur supérieure à 50 mm, deux joints identiques sont réalisés, l'un le plus près possible du subjectile et l'autre le plus près possible du pare-vapeur. Le jointoiement peut aussi être effectué sur la surface totale de l'épaisseur de l'isolant.

Comment poser une mousse élastomère sur un réseau d'eau glacée ?

Les manchons sont soit fendus et collés longitudinalement sur site, soit pré-adhésivés longitudinalement en usine ; à chacune de leurs extrémités, ils sont collés sur la tuyauterie sur une longueur minimale de 25 mm, et collés bout à bout pour le jointoiement circonférentiel. Le temps de cure de la colle doit impérativement être respecté avant tout recouvrement des joints et avant toute mise en service. Sur les réseaux d'eau glacée, une languette isolante longitudinale de recouvrement d'une largeur minimale de 40 mm doit être mise en place sur les joints externes.

Quelles fixations pour un revêtement métallique de calorifuge ?

Le joint longitudinal est assemblé soit par vis ou rivets au nombre minimal de 5 par mètre, soit par cerclage au moyen de feuillards et chapes métalliques au nombre de 3 minimum par mètre, et de 2 pour les parties inférieures à 1 m. Le recouvrement longitudinal minimal est de 15 mm et le recouvrement circonférentiel de 15 mm.

Quel recouvrement circonférentiel sur une tôle de calorifuge ?

15 mm. Il peut s'effectuer moulure dans moulure jusqu'à un développement de 800 mm ; au-delà de 800 mm, un rétreint doit être réalisé. Le texte relatif aux parties droites mentionne successivement une longueur minimale de 30 mm puis de 50 mm pour ce rétreint, tandis que le paragraphe relatif aux coudes retient 30 mm : en l'absence de levée d'ambiguïté, il convient de faire préciser la valeur au marché ou de retenir la plus contraignante.

Quel maintien pour un isolant en verre cellulaire ?

Par feuillard acier ou aluminium de 0,5 mm minimum d'épaisseur et de 12,7 mm minimum de largeur. Lors d'une pose sans collage, une couche d'anti-abrasif ou d'anti-choc thermique doit être appliquée sur la face interne du verre cellulaire en contact avec le subjectile, et cette enduction doit être sèche lors de la mise en œuvre.

Comment traiter un joint de dilatation dans un calorifuge ?

Selon la longueur à traiter et la température de service, un ou plusieurs joints de dilatation sont prévus au droit de l'isolant et du revêtement. L'assemblage du revêtement est réalisé par recouvrement d'une moulure mâle d'une longueur minimale de 40 mm, les vis ou les rivets d'assemblage étant situés à l'extérieur de la partie coulissante.

Que faire d'un revêtement de calorifuge endommagé ?

Le réparer sans attendre. L'annexe C du NF DTU 45.2 rappelle que l'isolant, pour remplir pleinement sa fonction, doit rester dans son état initial, c'est-à-dire non déformé et sec, et que toute détérioration du revêtement de protection est un symptôme de dégradation de l'isolant présentant un risque d'humidification. Le propriétaire de l'installation veille à contrôler régulièrement la qualité du système d'isolation.

Faut-il réexaminer le calorifuge si l'on modifie l'installation ?

Oui. L'annexe C précise que l'isolation réalisée correspond à une conception du processus de fonctionnement, et que toute modification apportée aux conditions initiales nécessite un examen du système d'isolation pour s'assurer de son adéquation aux nouvelles conditions.

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Informations

Référence NF DTU 45.2
Type Document Technique Unifié
Catégorie Documents Techniques Unifiés
Accès Gratuit
En vigueur depuis 14 avril 2018

Dernière mise à jour

Ce document a été mis à jour le 26 août 2026

Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.

NF DTU 45.2 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. isolation, chauffage, ECS, calorifuge, pertes, NF DTU 45.2, P 75-402, eau glacée, frigorifique, pare-vapeur, coquille, mousse élastomère, verre cellulaire, conduit aéraulique.

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