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thermal 🟡 Intermédiaire 15 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul confort d'été simple — RE2020

Évaluation simplifiée du confort d'été selon RE2020 pour un diagnostic rapide. À partir de l'orientation, du facteur solaire des vitrages, de la classe d'inertie et des protections (volets, casquettes), l'outil estime le risque de surchauffe et calcule une indication du DH attendu. Utile en phase esquisse pour orienter les choix architecturaux, dimensionner les brise-soleil et limiter le recours à la climatisation en maison individuelle.

confort été RE2020

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Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Surface de plancher Surface de plancher
Orientation principale Orientation principale
Type de paroi Type de paroi
Surface vitrée Surface vitrée

Comprendre cet outil

Les calculs thermiques évaluent la performance énergétique d'un bâtiment : besoin bioclimatique (Bbio), consommation conventionnelle (Cep), impact carbone (Ic) et déperditions, conformément à la RE2020 et aux réglementations thermiques antérieures.

Calcul confort d'été simple — RE2020 apporte une estimation préliminaire utile en phase d'esquisse. L'étude thermique réglementaire complète, indispensable au dépôt de permis, doit être confiée à un bureau d'études certifié.

Progineer et votre projet

Progineer pilote l'étude thermique réglementaire et oriente les choix d'enveloppe, d'équipements et de matériaux pour atteindre la performance visée.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul confort d'été simple — RE2020 » ?

Évaluation simplifiée du confort d'été selon RE2020 pour un diagnostic rapide. À partir de l'orientation, du facteur solaire des vitrages, de la classe d'inertie et des protections (volets, casquettes), l'outil estime le risque de surchauffe et calcule une indication du DH attendu. Utile en phase esquisse pour orienter les choix architecturaux, dimensionner les brise-soleil et limiter le recours à la climatisation en maison individuelle.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

La RE2020 a supprimé la température intérieure conventionnelle Tic de la RT 2012, jugée insuffisamment corrélée à l'inconfort réellement perçu, et l'a remplacée par les degrés-heures d'inconfort, notés DH et exprimés en °C.h. L'indicateur fonctionne comme un compteur : il cumule, sur la période estivale, chaque degré inconfortable de chaque heure, de jour comme de nuit. Le guide RE2020 précise que les degrés inconfortables sont conventionnellement ceux qui dépassent une température de confort variant généralement entre 26 et 28 °C selon les températures extérieures. Cette page détaille la construction de l'indicateur, ses deux seuils, les valeurs de DH_max par usage et par catégorie, trois calculs chiffrés, le cadre réglementaire et les leviers de conception qui déplacent réellement le résultat.

Méthode : construction de l'indicateur DH et lecture des seuils

Le DH n'est pas une température mais un cumul. Il ne répond pas à la question « quelle température atteindra le logement », mais à la question « combien de degrés d'inconfort, pendant combien d'heures, sur toute la saison ». Cette différence de nature explique pourquoi un bâtiment peut atteindre ponctuellement une température élevée sans être disqualifié, alors qu'un inconfort modéré mais permanent l'est.

Ce que compte l'indicateur, heure par heure

Le guide RE2020 décrit l'indicateur comme un compteur qui cumule, sur la période estivale, chaque degré inconfortable de chaque heure de la journée et de la nuit. Les degrés inconfortables sont conventionnellement ceux qui dépassent une température de confort qui varie généralement entre 26 et 28 °C suivant les températures extérieures.

L'unité, le °C.h, se lit littéralement : un dépassement de 1 °C pendant une heure vaut 1 °C.h, un dépassement de 3 °C pendant quatre heures vaut 12 °C.h. Le cumul se fait sur toute la saison chaude, ce qui signifie que la durée compte autant que l'intensité. Une pointe de chaleur brève pèse peu ; un inconfort de faible amplitude installé sur plusieurs semaines pèse lourd.

Le seuil de confort n'est pas fixe mais adaptatif : il suit les températures extérieures dans une plage comprise entre 26 et 28 °C. Cette approche reconnaît que la perception du confort dépend de l'acclimatation des occupants, ce qui rapproche l'indicateur du ressenti réel — objectif explicite de son introduction en remplacement de la Tic.

Deux seuils, trois zones de résultat

Le guide RE2020 met en place deux seuils d'inconfort. Le seuil bas est fixé à 350 °C.h : en deçà, le bâtiment est jugé confortable en période caniculaire et aucune pénalité n'est appliquée. Le seuil haut, DH_max, dépend de l'usage et de la catégorie : au-delà, le bâtiment est non réglementaire pour inconfort excessif.

Entre les deux seuils se situe une zone intermédiaire où le bâtiment respecte l'exigence réglementaire mais reçoit un forfait de refroidissement ajouté à ses consommations d'énergie. L'objectif affiché est d'inciter à travailler le confort estival par la conception bioclimatique et par des leviers passifs plutôt que par la climatisation.

Ce mécanisme est la clé de lecture de tout le sujet. Il crée un couplage entre confort d'été et consommations : un bâtiment qui laisse filer son DH voit ses indicateurs Cep et Cep,nr se dégrader mécaniquement, même s'il n'est pas climatisé. Améliorer le confort d'été n'est donc pas un supplément d'âme, c'est un levier direct sur deux autres indicateurs réglementaires.

Les valeurs de DH_max par usage

Pour les maisons individuelles ou accolées, le guide RE2020 fixe DH_max à 1 250 °C.h en catégorie 1, dite sans contrainte extérieure, et à 1 850 °C.h en catégorie 2, avec contrainte extérieure.

Pour les logements collectifs, la valeur dépend de la catégorie, du caractère climatisé et de la surface moyenne des logements, définie par Smoylgt = Sref divisée par le nombre de logements. En catégorie 1, sauf parties de bâtiments climatisées en zones H2d et H3, DH_max vaut 1 250 °C.h quelle que soit la surface moyenne. En catégorie 1 climatisée, cas spécifique du pourtour et de l'arrière-pays méditerranéens en zones H2d et H3, DH_max vaut 1 600 °C.h pour Smoylgt ≤ 20 m², puis 1 700 − 5 × Smoylgt entre 20 et 60 m², puis 1 400 °C.h au-delà de 60 m². En catégorie 2, DH_max vaut 2 600 °C.h pour Smoylgt ≤ 20 m², puis 2 850 − 12,5 × Smoylgt entre 20 et 60 m², puis 2 100 °C.h au-delà de 60 m².

Pour les bureaux, DH_max vaut 1 150 °C.h en catégorie 1 hors parties climatisées en zones H2d et H3, 2 400 °C.h en catégorie 1 climatisée dans ces zones, 2 600 °C.h en catégorie 2, et il n'existe pas de seuil en catégorie 3. Pour l'enseignement primaire et secondaire, les valeurs sont respectivement 900, 1 800 et 2 200 °C.h.

Le scénario météorologique et la séquence caniculaire

Le guide RE2020 précise que la nouvelle méthode de calcul du confort d'été prend en compte les effets du changement climatique sur les bâtiments : l'évolution des températures à venir, ainsi que des vagues de chaleur appelées à devenir plus fréquentes, plus intenses et plus longues. Uniquement pour le calcul du confort d'été, la mise à jour des scénarios météorologiques intègre l'insertion d'une séquence caniculaire dans les fichiers conventionnels.

Cette disposition est structurante : le calcul ne teste plus un été moyen mais un été moyen contenant un épisode caniculaire. Un bâtiment dimensionné sur des données historiques n'a donc aucune raison de tenir le seuil, et l'inertie comme les protections solaires y deviennent déterminantes.

Enchaînement complet de la méthode

  • 1. Identifier l'usage de la partie de bâtiment : maison individuelle ou accolée, logement collectif, bureaux, enseignement.
  • 2. Déterminer la catégorie de contraintes extérieures applicable, qui reformule les anciennes catégories CE1 et CE2 de la RT 2012.
  • 3. Pour un logement collectif, calculer Smoylgt = Sref / nombre de logements et vérifier si le bâtiment est climatisé et situé en zone H2d ou H3.
  • 4. Lire ou calculer DH_max selon la formule applicable à la ligne concernée.
  • 5. Faire produire par le bureau d'études thermiques la valeur de DH par la méthode réglementaire, sur le fichier météorologique conventionnel incluant la séquence caniculaire.
  • 6. Positionner le résultat par rapport aux deux seuils : sous 350 °C.h, entre 350 et DH_max, ou au-delà.
  • 7. Si le résultat dépasse 350 °C.h, mesurer l'effet du forfait de refroidissement sur Cep et Cep,nr.
  • 8. Le cas échéant, agir sur les leviers passifs et refaire tourner le calcul.

Trois calculs chiffrés complets et vérifiables

Les valeurs de DH utilisées ci-dessous sont des résultats de calcul supposés ; les seuils, en revanche, sont ceux publiés par le guide RE2020 du ministère et les formules d'interpolation sont reprises telles quelles.

Exemple 1 — Maison individuelle, positionnement par rapport aux deux seuils

Hypothèses : maison individuelle en catégorie 1, sans contrainte extérieure, donc DH_max = 1 250 °C.h.

Cas A — DH calculé à 280 °C.h : la valeur est inférieure au seuil bas de 350 °C.h. Le bâtiment est réglementaire et jugé confortable en période caniculaire ; aucun forfait de refroidissement n'est ajouté.

Cas B — DH calculé à 980 °C.h : la valeur se situe entre 350 et 1 250 °C.h. Le bâtiment respecte l'exigence réglementaire mais un forfait de refroidissement est ajouté à ses consommations d'énergie, ce qui dégrade Cep et Cep,nr.

Cas C — DH calculé à 1 410 °C.h : la valeur dépasse DH_max. Le bâtiment n'est pas réglementaire au titre du confort d'été et ne peut pas être autorisé en l'état.

Lecture du résultat : la marge entre le cas B et le cas C n'est que de 430 °C.h, soit 30,5 % du DH du cas B. Sur un projet exposé, cet écart se joue sur peu de chose : une casquette non réalisée, un volet supprimé en cours de chantier ou une baie agrandie à la demande du maître d'ouvrage peuvent suffire à faire basculer le résultat.

Exemple 2 — Logement collectif, DH_max par interpolation

Hypothèses : bâtiment de logements collectifs, surface de référence 2 700 m², 60 logements.

Étape 1 — Surface moyenne des logements : Smoylgt = 2 700 / 60 = 45,0 m². Elle se situe dans la plage 20 m² < Smoylgt ≤ 60 m², qui appelle une formule d'interpolation.

Étape 2 — En catégorie 1, sauf parties climatisées en zones H2d et H3 : DH_max = 1 250 °C.h, valeur constante quelle que soit la surface moyenne.

Étape 3 — En catégorie 1 climatisée, cas des zones H2d et H3 : DH_max = 1 700 − 5 × 45,0 = 1 700 − 225 = 1 475 °C.h.

Étape 4 — En catégorie 2 : DH_max = 2 850 − 12,5 × 45,0 = 2 850 − 562,5 = 2 287,5 °C.h.

Lecture du résultat : pour un même bâtiment, le seuil applicable varie de 1 250 à 2 287,5 °C.h selon la catégorie de contraintes extérieures, soit un rapport de 1,83. Déterminer correctement la catégorie n'est donc pas un détail administratif : c'est le paramètre le plus déterminant du sujet, avant même la conception. Un bâtiment classé à tort en catégorie 1 alors qu'il relève de la catégorie 2 se voit imposer une exigence presque deux fois plus sévère.

Exemple 3 — Ce que représente concrètement un cumul de degrés-heures

Le °C.h étant peu intuitif, il est utile de le traduire en scénarios simples. L'arithmétique est directe : DH = dépassement moyen en °C × nombre d'heures.

Scénario 1 — Un dépassement moyen de 2 °C au-dessus de la température de confort, pendant 10 heures par jour, sur 30 jours : 2 × 10 × 30 = 600 °C.h. Le bâtiment est réglementaire en maison individuelle de catégorie 1, mais au-dessus du seuil bas : il reçoit le forfait de refroidissement.

Scénario 2 — Un dépassement moyen de 3 °C, pendant 14 heures par jour, sur 30 jours : 3 × 14 × 30 = 1 260 °C.h. La valeur dépasse le seuil de 1 250 °C.h : le bâtiment n'est pas réglementaire en maison individuelle de catégorie 1.

Scénario 3 — Un dépassement moyen de 1 °C, pendant 6 heures par jour, sur 45 jours : 1 × 6 × 45 = 270 °C.h. La valeur est inférieure au seuil bas de 350 °C.h : le bâtiment est jugé confortable en période caniculaire.

Lecture du résultat : ces scénarios sont des illustrations arithmétiques et non des résultats de calcul réglementaire — le calcul réel est horaire, avec un seuil de confort adaptatif et une météo conventionnelle intégrant une séquence caniculaire. Ils montrent néanmoins l'essentiel : ce n'est pas la température de pointe qui disqualifie un bâtiment, c'est la durée pendant laquelle il reste inconfortable. Un logement qui ne redescend pas la nuit accumule des degrés-heures même quand la journée n'a pas été extrême.

Le cadre réglementaire du confort d'été

Le confort d'été est l'un des trois piliers affichés de la RE2020, aux côtés de la sobriété énergétique avec décarbonation de l'énergie et de la diminution de l'impact carbone de la construction. Il est vérifié à deux moments distincts de la vie du projet.

Du Tic au DH : une rupture assumée

Le guide RE2020 explique que la Tic, indicateur réglementaire de la RT 2012, est supprimée parce que les retours d'expérience indiquent qu'elle n'était pas assez corrélée avec l'inconfort perçu par les occupants. Le DH la remplace avec une nouvelle méthode de calcul intégrant les effets du changement climatique.

Cette rupture a une conséquence pratique : les repères issus de la RT 2012 ne sont pas transposables. Le guide précise d'ailleurs, de manière plus générale, que les niveaux de performance calculés en RE2020 ne sont pas directement comparables à ceux de la RT 2012.

Les points de contrôle réglementaires

L'attestation établie au dépôt de la demande de permis de construire atteste notamment du respect des seuils pour les indicateurs Bbio et degré-heure. Le confort d'été est donc vérifié dès l'autorisation d'urbanisme, ce qui en fait une contrainte de conception et non d'exécution.

L'attestation établie à l'achèvement des travaux atteste du respect de l'ensemble des indicateurs de résultat, dont le confort d'été. Le professionnel qui l'établit vérifie également, par contrôle visuel, l'isolation des parois opaques, les protections solaires et le système de ventilation. La présence effective des protections solaires prévues au projet fait donc l'objet d'une vérification sur site.

Le guide signale par ailleurs, dans le régime d'exigences alternatives applicable aux constructions et extensions de petite surface, que le respect du DH est requis notamment pour les surélévations climatisées situées dans certaines zones — le détail des cas relevant du tableau des exigences alternatives.

Les exigences de moyens connexes

  • Facteur solaire des baies : le guide RE2020 le cite parmi les principales exigences de moyens applicables notamment aux constructions et extensions de petite surface.
  • Accès à l'éclairage naturel en habitation : surface de baies représentant 1/6 de la surface de référence, ou 1/3 de la surface de façade disponible si la surface de référence est inférieure à 25 m². Cette exigence pousse dans le sens inverse du confort d'été et doit donc être arbitrée conjointement.
  • Modulation Mbbruit du Bbio : introduite par la RE2020 pour compenser les contraintes de bruit qui limitent les possibilités de ventilation naturelle par ouverture des fenêtres, particulièrement préjudiciables pour les constructions du pourtour et de l'arrière-pays méditerranéens en zones H2d et H3.
  • Modulation Mccat des consommations : compense les contraintes extérieures qui limitent la ventilation naturelle lorsque cela impose le recours à un système de climatisation dans ces mêmes zones.
  • Modulation Migéo du Ic construction : ajuste les exigences carbone pour tenir compte des moyens supplémentaires nécessaires au confort estival du pourtour et de l'arrière-pays méditerranéens.

Limites et hypothèses de l'évaluation du confort d'été

Le DH est un indicateur conventionnel calculé sur une météo conventionnelle. Il classe et compare des projets ; il ne prédit pas la température d'un logement un jour donné.

  • Le scénario météorologique est conventionnel, même s'il intègre une séquence caniculaire. Il ne correspond à aucune canicule réelle particulière.
  • Les scénarios d'occupation, d'ouverture des fenêtres et de manœuvre des protections solaires sont normalisés. Un occupant qui laisse ses volets ouverts en journée obtiendra un résultat très différent du calcul.
  • L'indicateur agrège l'ensemble du bâtiment. Une chambre sous rampant exposée à l'ouest peut être fortement inconfortable dans un bâtiment dont le DH global est correct.
  • Le DH ne dit rien de l'humidité ni de la vitesse d'air, qui interviennent pourtant fortement dans le confort perçu.
  • La catégorie de contraintes extérieures conditionne le seuil dans un rapport pouvant atteindre 1,83 sur un même bâtiment. Une erreur de classement fausse complètement la conclusion.
  • Un calculateur simplifié n'est pas une simulation thermique dynamique. Il oriente en esquisse ; il ne produit ni la valeur réglementaire ni une prévision de température.
  • Le seuil de confort est adaptatif entre 26 et 28 °C. Un occupant habitué à 24 °C jugera inconfortable un bâtiment parfaitement conforme.
  • La climatisation ne fait pas disparaître le sujet : elle déplace la contrainte vers les consommations, et les seuils applicables aux parties climatisées obéissent à des lignes spécifiques.

Erreurs fréquentes dans le traitement du confort d'été

  • Traiter le confort d'été après le permis de construire, alors que l'attestation déposée avec la demande atteste déjà du respect du seuil DH.
  • Confondre DH et température maximale atteinte : le DH est un cumul de degrés-heures, pas une pointe.
  • Transposer des repères issus de la Tic de la RT 2012, indicateur supprimé et non comparable.
  • Se tromper de catégorie de contraintes extérieures, ce qui peut faire varier le seuil de 1 250 à 2 287,5 °C.h sur un même logement collectif.
  • Oublier que le seuil bas de 350 °C.h déclenche un forfait de refroidissement ajouté au Cep, même sur un bâtiment non climatisé.
  • Compter sur la seule inertie sans protection solaire : l'inertie retarde et lisse, elle n'empêche pas l'apport solaire d'entrer.
  • Prévoir des protections solaires au calcul puis les supprimer en phase d'exécution pour des raisons budgétaires — leur présence est vérifiée par contrôle visuel à l'achèvement.
  • Négliger la surventilation nocturne, qui suppose des ouvrants manœuvrables en sécurité la nuit et un circuit d'air traversant.
  • Traiter le confort d'été isolément de l'exigence d'accès à l'éclairage naturel, qui pousse à augmenter les surfaces vitrées.
  • Considérer la climatisation comme la solution par défaut : elle déplace la contrainte sur Cep, Cep,nr et Ic énergie, et relève de lignes de seuils spécifiques.

Confort d'été et projet de maîtrise d'œuvre

Le confort d'été est le sujet qui se décide le plus tôt et qui se rattrape le moins. L'implantation sur la parcelle, l'orientation des pièces de vie, la répartition des surfaces vitrées par façade, la profondeur des débords et des loggias, le choix d'une structure lourde ou légère, la possibilité d'une ventilation traversante : tout cela est arrêté à l'esquisse. Après le dépôt du permis, il ne reste que des ajustements — facteur solaire des vitrages, type de protection mobile — dont l'effet est réel mais borné.

Progineer traite donc le sujet en amont, en le posant comme une contrainte de programme au même titre que la surface : arbitrage des orientations et du ratio de vitrage par façade dès l'esquisse, conception des protections solaires en cohérence avec l'expression architecturale plutôt qu'ajoutées après coup, vérification de la faisabilité d'une ventilation traversante ou nocturne, coordination du bureau d'études thermiques qui produit la valeur réglementaire de DH, puis prescription contractuelle des protections dans les pièces écrites et contrôle de leur présence effective à la réception. La pression n'est pas la même partout : en Provence-Alpes-Côte d'Azur et sur le pourtour méditerranéen, le DH est fréquemment l'indicateur dimensionnant du projet ; en Auvergne-Rhône-Alpes, il devient critique en fond de vallée et sur les opérations très vitrées, moins en altitude.

FAQ technique — Confort d'été et indicateur DH en RE2020

Qu'est-ce que l'indicateur DH de la RE2020 ?

C'est le cumul, sur la période estivale, des degrés inconfortables de chaque heure du jour et de la nuit, exprimé en °C.h. Le guide RE2020 précise que les degrés inconfortables sont conventionnellement ceux qui dépassent une température de confort variant généralement entre 26 et 28 °C selon les températures extérieures.

Quels sont les seuils de DH à respecter ?

Deux seuils. En dessous de 350 °C.h, le bâtiment est jugé confortable en période caniculaire. Entre 350 °C.h et DH_max, il reste réglementaire mais un forfait de refroidissement est ajouté à ses consommations d'énergie. Au-delà de DH_max, il n'est pas réglementaire. DH_max vaut 1 250 °C.h en maison individuelle de catégorie 1 et 1 850 °C.h en catégorie 2.

Comment se calcule le DH_max d'un logement collectif ?

Il dépend de la catégorie, du caractère climatisé et de la surface moyenne des logements Smoylgt = Sref / nombre de logements. En catégorie 1 hors parties climatisées en H2d et H3, il vaut 1 250 °C.h. En catégorie 1 climatisée en H2d et H3 : 1 600 °C.h pour Smoylgt ≤ 20 m², 1 700 − 5 × Smoylgt entre 20 et 60 m², 1 400 °C.h au-delà. En catégorie 2 : 2 600 °C.h, 2 850 − 12,5 × Smoylgt, puis 2 100 °C.h.

Pourquoi le DH a-t-il remplacé la Tic de la RT 2012 ?

Le guide RE2020 indique que les retours d'expérience montraient que la Tic n'était pas assez corrélée avec l'inconfort perçu par les occupants. Le DH la remplace avec une nouvelle méthode de calcul qui prend en compte les effets du changement climatique : évolution des températures et vagues de chaleur plus fréquentes, plus intenses et plus longues.

Qu'est-ce que le forfait de refroidissement ?

C'est une consommation conventionnelle ajoutée aux consommations d'énergie du bâtiment lorsque son DH dépasse le seuil bas de 350 °C.h. Son objectif est d'inciter à travailler le confort estival par la conception bioclimatique et des leviers passifs. Il dégrade mécaniquement Cep et Cep,nr, même sur un bâtiment non climatisé.

Le calcul intègre-t-il une canicule ?

Oui. Le guide RE2020 précise que, uniquement pour le calcul du confort d'été, la mise à jour des scénarios météorologiques intègre l'insertion d'une séquence caniculaire dans les fichiers conventionnels.

Quels sont les leviers pour réduire le DH ?

Ils sont principalement architecturaux : orientation et répartition des baies, protections solaires fixes ou mobiles adaptées à chaque façade, inertie thermique, possibilité de ventilation traversante et de surventilation nocturne, traitement des toitures et des pièces sous rampant. Le facteur solaire des baies figure d'ailleurs parmi les exigences de moyens citées par le guide RE2020, et la présence des protections solaires est vérifiée par contrôle visuel à l'achèvement des travaux.

Le résultat de ce calculateur a-t-il une valeur réglementaire ?

Non. Il fournit une orientation en phase esquisse pour comparer des partis architecturaux et hiérarchiser les leviers. La valeur réglementaire de DH ne peut être produite que par le calcul réglementaire réalisé avec un logiciel évalué, sur les fichiers météorologiques conventionnels incluant la séquence caniculaire.

Glossaire technique

DH — degrés-heures d'inconfort
Cumul, sur la période estivale, des degrés dépassant la température de confort, heure par heure, jour et nuit, en °C.h.
Seuil bas 350 °C.h
En deçà, le bâtiment est jugé confortable en période caniculaire et ne reçoit aucun forfait de refroidissement.
DH_max — seuil haut
Valeur au-delà de laquelle le bâtiment est non réglementaire pour inconfort excessif. Dépend de l'usage, de la catégorie, du caractère climatisé et, en collectif, de la surface moyenne des logements.
Forfait de refroidissement
Consommation conventionnelle ajoutée au Cep lorsque le DH se situe entre 350 °C.h et DH_max, destinée à inciter au traitement passif du confort d'été.
Catégorie de contraintes extérieures
Classement du bâtiment reformulant les anciennes catégories CE1 et CE2 de la RT 2012, selon les contraintes limitant la ventilation naturelle par ouverture des fenêtres.
Smoylgt
Surface moyenne des logements d'un bâtiment collectif, égale à la surface de référence divisée par le nombre de logements. Paramètre des formules d'interpolation de DH_max.
Tic
Température intérieure conventionnelle, indicateur de confort d'été de la RT 2012, supprimée par la RE2020 pour insuffisance de corrélation avec l'inconfort perçu.
Séquence caniculaire
Épisode de chaleur intense inséré dans les fichiers météorologiques conventionnels, uniquement pour le calcul du confort d'été.
Mbbruit
Coefficient de modulation du Bbio introduit par la RE2020 pour compenser les contraintes de bruit limitant la ventilation naturelle par ouverture des fenêtres.

Sources et normes de référence

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