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thermal 🔴 Avancé 15 min Mis à jour le 19 janvier 2025

Calcul puissance chauffage : Dimensionneur RE2020

Calcul de la puissance de chauffage nécessaire et dimensionnement du générateur selon RE2020 et NF EN 12831. À partir des déperditions, de la zone climatique et de la température intérieure, l'outil compare 13 systèmes (PAC air/eau, géothermie, chaudière gaz à condensation, granulés, électrique) et calcule investissement, consommation annuelle et TRI. Utilisé pour la maison individuelle, le logement collectif et la rénovation énergétique.

chauffage PAC chaudière dimensionnement RE2020 TRI
m²
m³
W

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Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Surface chauffée m² Surface chauffée
Volume chauffé m³ Volume chauffé
Déperditions calculées W Déperditions calculées
Zone climatique - Zone climatique
Type de système - Type de système

Comprendre cet outil

Les calculs thermiques évaluent la performance énergétique d'un bâtiment : besoin bioclimatique (Bbio), consommation conventionnelle (Cep), impact carbone (Ic) et déperditions, conformément à la RE2020 et aux réglementations thermiques antérieures.

Calcul puissance chauffage : Dimensionneur RE2020 apporte une estimation préliminaire utile en phase d'esquisse. L'étude thermique réglementaire complète, indispensable au dépôt de permis, doit être confiée à un bureau d'études certifié.

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Progineer pilote l'étude thermique réglementaire et oriente les choix d'enveloppe, d'équipements et de matériaux pour atteindre la performance visée.

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Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul puissance chauffage : Dimensionneur RE2020 » ?

Calcul de la puissance de chauffage nécessaire et dimensionnement du générateur selon RE2020 et NF EN 12831. À partir des déperditions, de la zone climatique et de la température intérieure, l'outil compare 13 systèmes (PAC air/eau, géothermie, chaudière gaz à condensation, granulés, électrique) et calcule investissement, consommation annuelle et TRI. Utilisé pour la maison individuelle, le logement collectif et la rénovation énergétique.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Dimensionner un générateur de chauffage, c'est déterminer la puissance nécessaire pour maintenir la température intérieure de consigne lorsque la température extérieure atteint sa valeur de base, c'est-à-dire dans les conditions les plus défavorables retenues conventionnellement, atteintes seulement quelques jours par an. La méthode de référence est la NF EN 12831, qui structure le calcul en déperditions par transmission, déperditions par renouvellement d'air et éventuelle surpuissance de relance. Cette page détaille cette structure et ses unités, trois dimensionnements chiffrés entièrement refaisables, le cadre normatif et réglementaire, les limites d'un calcul en régime permanent et les erreurs de dimensionnement les plus coûteuses, à commencer par le surdimensionnement, qui reste la faute la plus répandue.

Méthode de calcul : structure, variables et unités

Le calcul de puissance suit une logique en deux temps. On établit d'abord un coefficient de déperdition global du bâtiment, exprimé en watts par kelvin, qui ne dépend que de sa constitution. On le multiplie ensuite par l'écart de température de dimensionnement pour obtenir une puissance en watts. Cette séparation est essentielle : le premier terme caractérise le bâtiment, le second caractérise le climat et la consigne.

La formule générale de la NF EN 12831

La déperdition de base s'écrit Φ = (HT + HV) × (θint − θe), où HT est le coefficient de déperdition par transmission en W/K, HV le coefficient de déperdition par renouvellement d'air en W/K, θint la température intérieure de consigne et θe la température extérieure de base, toutes deux en degrés Celsius. Le résultat Φ s'exprime en watts.

La puissance à installer ajoute, le cas échéant, une surpuissance de relance destinée à permettre la remontée en température après une période de ralenti. Le principe posé par la norme est que la puissance totale correspond à la somme des déperditions par transmission, des déperditions par renouvellement d'air et de cette surpuissance. Le facteur de relance dépend de l'inertie du bâtiment, de l'abaissement pratiqué et de la durée de remontée souhaitée.

La norme raisonne pièce par pièce autant que globalement : elle traite le calcul de la charge thermique nominale pour les pièces individuelles, pour les entités de bâtiment et pour les bâtiments entiers. C'est cette approche par pièce qui permet ensuite de dimensionner les émetteurs, alors que l'approche globale ne dimensionne que le générateur.

Le coefficient de déperdition par transmission HT

HT agrège trois familles de termes. Les termes surfaciques Σ(U × A), avec U le coefficient de transmission thermique de chaque paroi en W/(m².K) et A sa surface en m². Les termes linéiques Σ(ψ × L), avec ψ le coefficient de transmission linéique des liaisons en W/(m.K) et L leur linéaire en mètres. Les termes ponctuels Σχ, en W/K.

Les parois ne donnant pas directement sur l'extérieur (mitoyennes d'un local non chauffé, planchers sur vide sanitaire, murs enterrés) reçoivent un facteur de réduction, souvent noté bu, qui traduit le fait que l'écart de température y est inférieur à l'écart avec l'air extérieur. Négliger ce facteur revient à surestimer les déperditions ; l'oublier là où il ne s'applique pas revient à les sous-estimer.

Les coefficients U doivent provenir d'un calcul selon la NF EN ISO 6946 pour les parois opaques et selon la NF EN ISO 10077-1 pour les menuiseries. Les coefficients ψ doivent provenir d'un calcul selon la NF EN ISO 10211, d'un Avis technique ou du catalogue de valeurs par défaut du fascicule Th-Bat Ponts thermiques.

Le coefficient de déperdition par renouvellement d'air HV

HV se calcule par HV = 0,34 × qv, où qv est le débit d'air neuf en m³/h et HV le coefficient en W/K. Le facteur 0,34 Wh/(m³.K) correspond à la capacité thermique volumique de l'air, c'est-à-dire au produit de sa masse volumique par sa chaleur massique ramené à l'heure.

Le débit à retenir est celui de la ventilation réglementaire, établi selon l'arrêté du 24 mars 1982, auquel s'ajoutent les infiltrations parasites de l'enveloppe. Sur un bâtiment neuf soumis à une exigence de perméabilité à l'air, la part d'infiltration est faible ; sur un bâtiment ancien non traité, elle peut dépasser le débit de ventilation lui-même.

Une ventilation double flux avec récupération réduit ce terme dans la proportion de son efficacité η : HV devient 0,34 × qv × (1 − η). L'efficacité à retenir est celle déclarée par le fabricant au point de fonctionnement considéré.

Les données climatiques et la consigne

La température extérieure de base n'est pas la température minimale historique du lieu : c'est une valeur conventionnelle de dimensionnement, atteinte seulement quelques jours par an. Elle est donnée par l'annexe nationale de la NF EN 12831 pour la France, en fonction du département et de l'altitude. Elle ne se devine pas et doit être relevée dans cette annexe pour le lieu exact du projet.

La température intérieure de consigne dépend de l'usage de la pièce : une pièce de vie, une chambre et une salle de bains n'ont pas la même consigne, et c'est précisément l'intérêt du calcul pièce par pièce. Pour un calcul global de maison individuelle, une consigne unique est souvent retenue en pièce principale.

Ces deux paramètres pèsent linéairement sur le résultat. Un écart de 5 kelvins sur ΔT, qu'il vienne d'une consigne mal choisie ou d'une température de base erronée, se traduit directement par une variation proportionnelle de la puissance calculée.

Enchaînement complet de la méthode

  • 1. Relever la température extérieure de base du lieu dans l'annexe nationale de la NF EN 12831, selon le département et l'altitude.
  • 2. Fixer les températures intérieures de consigne, pièce par pièce si l'on dimensionne les émetteurs.
  • 3. Calculer les coefficients U de toutes les parois selon la NF EN ISO 6946 et la NF EN ISO 10077-1.
  • 4. Métrer les surfaces déperditives et les linéaires de liaisons, et affecter les coefficients ψ et χ.
  • 5. Appliquer les facteurs de réduction aux parois donnant sur des locaux non chauffés ou sur le sol.
  • 6. Sommer pour obtenir HT, en W/K.
  • 7. Déterminer le débit d'air neuf réglementaire et les infiltrations, puis calculer HV = 0,34 × qv, en tenant compte le cas échéant de la récupération.
  • 8. Calculer Φ = (HT + HV) × (θint − θe).
  • 9. Ajouter la surpuissance de relance selon l'inertie du bâtiment et le mode d'exploitation.
  • 10. Sélectionner le générateur au plus près de la puissance calculée, sans marge de confort supplémentaire.

Trois dimensionnements chiffrés complets et vérifiables

Les caractéristiques du bâtiment et les températures utilisées ci-dessous sont des hypothèses de calcul explicites, choisies pour rendre chaque opération refaisable. Sur un projet réel, les coefficients U proviennent du calcul des parois prescrites et la température extérieure de base se relève dans l'annexe nationale de la NF EN 12831.

Exemple 1 : Puissance de base d'une maison individuelle

Hypothèses : maison de 120 m² chauffés, volume chauffé 300 m³. Murs 110 m² à U = 0,22 W/(m².K) ; toiture 120 m² à U = 0,16 ; plancher bas 120 m² à U = 0,25 ; baies 20 m² à Uw = 1,30. Ponts thermiques : Σ(ψ × L) = 30,00 W/K. Débit de ventilation 120 m³/h. Température intérieure de consigne 19 °C, température extérieure de base −7 °C.

Étape 1, Termes surfaciques : murs 110 × 0,22 = 24,20 ; toiture 120 × 0,16 = 19,20 ; plancher bas 120 × 0,25 = 30,00 ; baies 20 × 1,30 = 26,00. Somme : Σ(U × A) = 99,40 W/K.

Étape 2, Coefficient de transmission : HT = 99,40 + 30,00 = 129,40 W/K.

Étape 3 : Coefficient de renouvellement d'air : HV = 0,34 × 120 = 40,80 W/K.

Étape 4, Coefficient global : H = 129,40 + 40,80 = 170,20 W/K.

Étape 5, Écart de dimensionnement : ΔT = 19 − (−7) = 26 K.

Étape 6, Puissance : Φ = 170,20 × 26 = 4 425,2 W, soit 4,43 kW. Rapportée à la surface : 4 425,2 / 120 = 36,9 W/m².

Lecture du résultat : la ventilation représente 40,80 des 170,20 W/K, soit 24,0 % du total, et les ponts thermiques 30,00 sur 170,20, soit 17,6 %. Sur un bâtiment isolé, ces deux postes cumulent plus de 40 % de la déperdition : les traiter est plus efficace que de renforcer encore les parois courantes.

Exemple 2 : Effet de la relance et d'une ventilation double flux

Hypothèse de relance : le bâtiment est exploité avec un abaissement nocturne, ce qui conduit à retenir une surpuissance de 10 %, valeur d'hypothèse qui doit en pratique être déterminée selon l'inertie du bâtiment, l'abaissement pratiqué et la durée de remontée admise.

Étape 1, Puissance avec relance : 4 425,2 × 1,10 = 4 867,7 W, soit 4,87 kW. On retiendrait un générateur de 5 kW, sans marge supplémentaire.

Hypothèse double flux : ventilation avec récupération d'efficacité déclarée η = 0,85, à confirmer sur la documentation technique de l'équipement.

Étape 2 : Nouveau coefficient de renouvellement d'air : HV = 0,34 × 120 × (1 − 0,85) = 40,80 × 0,15 = 6,12 W/K.

Étape 3, Nouveau coefficient global : H = 129,40 + 6,12 = 135,52 W/K.

Étape 4, Nouvelle puissance de base : Φ = 135,52 × 26 = 3 523,5 W, soit 3,52 kW. Gain : 4 425,2 − 3 523,5 = 901,7 W, soit 20,4 % de la puissance initiale.

Lecture du résultat : la ventilation double flux ne fait pas qu'économiser de l'énergie, elle réduit la puissance à installer d'un cinquième. Sur un projet où le générateur est proche d'une frontière de gamme, cet effet peut faire changer de modèle. Il faut néanmoins en retrancher la consommation électrique permanente des ventilateurs et vérifier que le réseau de gaines est isolé et étanche.

Exemple 3 : Sensibilité à la température extérieure de base

On reprend le coefficient global de l'exemple 1, H = 170,20 W/K, avec une consigne de 19 °C, et on fait varier la seule température extérieure de base.

Cas A, θe = −2 °C : ΔT = 21 K, Φ = 170,20 × 21 = 3 574,2 W, soit 3,57 kW.

Cas B, θe = −7 °C : ΔT = 26 K, Φ = 170,20 × 26 = 4 425,2 W, soit 4,43 kW.

Cas C, θe = −12 °C : ΔT = 31 K, Φ = 170,20 × 31 = 5 276,2 W, soit 5,28 kW.

Cas D, θe = −15 °C : ΔT = 34 K, Φ = 170,20 × 34 = 5 786,8 W, soit 5,79 kW.

Lecture du résultat : entre le cas A et le cas D, la puissance passe de 3 574,2 à 5 786,8 W, soit une augmentation de 61,9 % pour un bâtiment strictement identique. La température extérieure de base est donc le paramètre le plus sensible du dimensionnement, avant même les caractéristiques de l'enveloppe. Elle ne se devine pas et se relève dans l'annexe nationale de la NF EN 12831 pour le département et l'altitude du projet, un point d'autant plus critique en zone de montagne, où l'altitude modifie la valeur à quelques kilomètres de distance.

Le cadre normatif et réglementaire du dimensionnement

Le calcul de puissance n'est pas en lui-même un calcul réglementaire au sens de la RE2020, mais il en est un préalable indispensable et il conditionne le respect de plusieurs exigences.

La norme de calcul

La NF EN 12831 traite des méthodes de calcul de la charge thermique nominale, définie comme l'apport de chaleur, donc la puissance, nécessaire pour maintenir la température intérieure requise dans les conditions extérieures de base. Elle couvre les pièces individuelles, les entités de bâtiment et les bâtiments entiers.

Son annexe nationale française fournit les données propres au territoire, notamment les températures extérieures de base par zone géographique et altitude. C'est cette annexe, et non un tableau générique, qui fait foi pour un projet situé en France.

Elle s'appuie sur d'autres normes pour ses données d'entrée : NF EN ISO 6946 pour les coefficients de transmission des parois opaques, NF EN ISO 10077-1 pour les menuiseries, NF EN ISO 10211 pour les ponts thermiques, NF EN ISO 13370 pour les échanges avec le sol.

L'articulation avec la RE2020

La puissance de chauffage n'est pas un indicateur de la RE2020. Les six indicateurs réglementaires (Bbio, Cep, Cep,nr, Ic énergie, Ic construction et DH) portent sur des besoins, des consommations, des impacts et un confort, pas sur une puissance installée.

Le lien existe néanmoins. Le guide RE2020 rappelle que les consommations réglementaires couvrent les cinq usages de la RT 2012, dont le chauffage, et que l'indicateur Ic énergie évalue l'impact carbone de ces consommations sur 50 ans. Un générateur mal dimensionné fonctionne hors de sa plage de rendement optimal, ce qui dégrade les consommations réelles sans que le calcul réglementaire, qui suppose des systèmes correctement dimensionnés, ne le reflète.

Le guide signale également qu'en habitation, les bâtiments doivent être équipés de systèmes permettant de mesurer ou d'estimer la consommation d'énergie par logement, à l'exception des systèmes individuels de chauffage au bois en maison individuelle, et que l'occupant doit recevoir cette information au moins mensuellement, par type d'énergie et par usage : chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, réseau de prises électriques et autres usages. Un surdimensionnement devient donc visible en exploitation.

Les données d'entrée réglementaires du calcul

  • Coefficients U des parois : NF EN ISO 6946, à partir des conductivités déclarées des produits prescrits.
  • Coefficient Uw des menuiseries : NF EN ISO 10077-1, pour la dimension de menuiserie effectivement posée.
  • Coefficients ψ et χ des liaisons : NF EN ISO 10211, Avis techniques, ou valeurs par défaut du fascicule Th-Bat Ponts thermiques.
  • Débits de ventilation, arrêté du 24 mars 1982, tableaux des articles 3 et 4 selon le nombre de pièces principales et les pièces de service.
  • Perméabilité à l'air de l'enveloppe, mesure selon la NF EN ISO 9972, exigence RE2020 de 0,6 m³/(h.m²) en maison individuelle et 1 m³/(h.m²) en logement collectif.
  • Température extérieure de base, annexe nationale de la NF EN 12831, selon le département et l'altitude.

Limites et hypothèses du calcul de puissance

Le calcul de charge thermique nominale est un calcul en régime permanent dans des conditions extrêmes conventionnelles. Il dimensionne un point de fonctionnement, pas un comportement annuel.

  • Régime permanent. Le calcul ignore l'inertie et les phénomènes transitoires, sauf par le biais forfaitaire de la surpuissance de relance.
  • Aucun apport gratuit n'est pris en compte. Ni les apports solaires, ni les apports internes des occupants et des équipements n'interviennent : le dimensionnement se place volontairement dans le cas où ils sont absents.
  • La température extérieure de base est conventionnelle. Elle n'est atteinte que quelques jours par an, et le générateur fonctionne l'essentiel de la saison très en dessous de sa puissance nominale.
  • Le résultat ne dit rien du besoin annuel de chauffage, exprimé en kWh, qui relève d'un calcul dynamique ou du calcul réglementaire.
  • Les ratios en watts par mètre carré sont trompeurs. Le résultat de l'exemple 1, 36,9 W/m², n'est transposable à aucun autre bâtiment : il dépend de la compacité, de l'enveloppe, du climat et du débit de ventilation.
  • La qualité du résultat dépend entièrement des coefficients U et ψ. Un métré approximatif ou des coefficients génériques produisent une puissance approximative.
  • Le calcul ne traite pas l'eau chaude sanitaire, qui relève d'un dimensionnement propre et peut, sur un logement très performant, représenter une part de puissance supérieure au chauffage lui-même.
  • Pour une pompe à chaleur, la puissance délivrée dépend de la température extérieure : le point de dimensionnement doit être vérifié aux conditions de base, et non à un point d'essai normalisé plus favorable.
  • Le calcul global dimensionne le générateur, pas les émetteurs. Ceux-ci exigent un calcul pièce par pièce, avec les consignes propres à chaque usage.

Erreurs fréquentes dans le dimensionnement du chauffage

  • Surdimensionner par précaution. Un générateur trop puissant fonctionne par cycles courts, ce qui dégrade son rendement, use les composants et détériore le confort. La marge de sécurité est déjà dans les hypothèses du calcul.
  • Utiliser un ratio en watts par mètre carré issu d'un autre projet au lieu de calculer les déperditions du bâtiment considéré.
  • Se tromper de température extérieure de base : entre −2 et −15 °C, la puissance calculée varie de près de 62 % pour un même bâtiment.
  • Oublier le poste ventilation, qui peut représenter près d'un quart du coefficient global sur un bâtiment bien isolé.
  • Oublier les ponts thermiques, dont la part relative augmente à mesure que les parois s'améliorent.
  • Négliger les facteurs de réduction sur les parois donnant sur des locaux non chauffés, sur un vide sanitaire ou sur le sol.
  • Confondre puissance et consommation : la première se mesure en kW au point de dimensionnement, la seconde en kWh sur une saison.
  • Dimensionner une pompe à chaleur sur ses performances à un point d'essai normalisé plutôt qu'aux conditions extérieures de base du lieu.
  • Dimensionner les émetteurs sur le calcul global au lieu d'un calcul pièce par pièce avec les consignes propres à chaque usage.
  • Omettre le besoin d'eau chaude sanitaire dans le choix du générateur, alors qu'il peut être dimensionnant sur un logement très performant.

Dimensionnement du chauffage et projet de maîtrise d'œuvre

Le dimensionnement du chauffage est le point où toutes les décisions d'enveloppe se convertissent en équipement. Il ne peut donc pas être traité avant que l'enveloppe soit arrêtée, ni délégué au seul fournisseur de l'équipement, dont l'intérêt commercial ne coïncide pas nécessairement avec le juste dimensionnement. Le surdimensionnement est la faute la plus fréquente et la plus durable : il coûte à l'investissement, il coûte à l'exploitation, et il ne se corrige qu'en remplaçant le matériel.

Progineer positionne donc ce calcul comme un livrable contractuel dans la chaîne du projet : exigence d'une note de calcul de déperditions conforme à la NF EN 12831 avant tout choix de matériel, vérification de la température extérieure de base retenue au regard de l'annexe nationale et de l'altitude réelle du terrain, contrôle de la cohérence entre les coefficients U de la note et ceux des produits effectivement prescrits, arbitrage sur la ventilation et sur son effet sur la puissance, puis vérification en phase VISA que la puissance du matériel proposé correspond bien au calcul et non à une gamme commerciale supérieure. Les écarts régionaux sont ici particulièrement marqués : en Provence-Alpes-Côte d'Azur littorale, la température de base est douce et la puissance modeste, ce qui rend le surdimensionnement d'autant plus pénalisant ; en Auvergne-Rhône-Alpes et en altitude, elle chute rapidement et un relevé approximatif conduit à sous-dimensionner l'installation.

FAQ technique : Calcul de la puissance de chauffage

Comment calcule-t-on la puissance de chauffage nécessaire ?

Par la formule de la NF EN 12831 : Φ = (HT + HV) × (θint − θe), où HT est le coefficient de déperdition par transmission en W/K, HV celui par renouvellement d'air, θint la température intérieure de consigne et θe la température extérieure de base. On ajoute ensuite, le cas échéant, une surpuissance de relance.

Que vaut le coefficient 0,34 dans le calcul de ventilation ?

C'est la capacité thermique volumique de l'air, exprimée en Wh/(m³.K), soit le produit de sa masse volumique par sa chaleur massique ramené à l'heure. Le coefficient de déperdition par renouvellement d'air s'écrit HV = 0,34 × qv, avec qv le débit en m³/h.

Où trouver la température extérieure de base ?

Dans l'annexe nationale française de la NF EN 12831, qui la donne en fonction du département et de l'altitude. Ce n'est pas la température minimale historique du lieu mais une valeur conventionnelle de dimensionnement, atteinte seulement quelques jours par an. Elle ne se devine pas et se relève pour le lieu exact du projet.

Pourquoi le surdimensionnement est-il un problème ?

Un générateur trop puissant fonctionne par cycles courts, ce qui dégrade son rendement saisonnier, use prématurément ses composants et provoque des oscillations de température inconfortables. Le calcul de la NF EN 12831 se place déjà dans des conditions extrêmes sans apports gratuits : ajouter une marge revient à empiler deux sécurités.

Une ventilation double flux réduit-elle la puissance à installer ?

Oui. Le coefficient de déperdition par renouvellement d'air devient HV = 0,34 × qv × (1 − η), avec η l'efficacité de récupération déclarée. Sur l'exemple chiffré de cette page, avec η = 0,85, la puissance de base passe de 4,43 à 3,52 kW, soit une réduction de 20,4 %.

Peut-on utiliser un ratio en watts par mètre carré ?

Pour un ordre de grandeur uniquement, et jamais pour un dimensionnement. Le ratio dépend de la compacité, de la qualité de l'enveloppe, du débit de ventilation et surtout de la température extérieure de base : entre −2 et −15 °C, la puissance d'un même bâtiment varie de près de 62 %.

Le calcul de puissance est-il un calcul réglementaire RE2020 ?

Non. La RE2020 porte sur six indicateurs (Bbio, Cep, Cep,nr, Ic énergie, Ic construction et DH) qui évaluent des besoins, des consommations, des impacts et un confort, pas une puissance installée. Le calcul de puissance relève de la NF EN 12831 et sert au dimensionnement des équipements.

Le résultat de ce calculateur a-t-il une valeur contractuelle ?

Non. Il fournit un ordre de grandeur de pré-dimensionnement utile pour cadrer un budget et comparer des solutions. Le choix du générateur doit reposer sur une note de calcul de déperditions établie selon la NF EN 12831, avec les coefficients réels des parois prescrites et la température extérieure de base du lieu.

Glossaire technique

Charge thermique nominale
Puissance nécessaire pour maintenir la température intérieure requise dans les conditions extérieures de base, au sens de la NF EN 12831.
HT, coefficient de déperdition par transmission
Somme des termes surfaciques Σ(U × A), linéiques Σ(ψ × L) et ponctuels Σχ, en W/K, corrigés des facteurs de réduction pour les parois sur locaux non chauffés.
HV, coefficient de déperdition par renouvellement d'air
Déperdition liée au réchauffement de l'air neuf, en W/K, égale à 0,34 × qv, ou 0,34 × qv × (1 − η) en présence d'une récupération d'efficacité η.
Température extérieure de base
Température conventionnelle de dimensionnement, donnée par l'annexe nationale de la NF EN 12831 selon le département et l'altitude. Atteinte seulement quelques jours par an.
Surpuissance de relance
Puissance additionnelle permettant la remontée en température après un abaissement. Dépend de l'inertie du bâtiment, de l'ampleur de l'abaissement et de la durée de remontée admise.
Facteur de réduction
Coefficient appliqué aux parois donnant sur un local non chauffé, un vide sanitaire ou le sol, pour tenir compte d'un écart de température inférieur à celui avec l'air extérieur.
ΔT de dimensionnement
Écart entre la température intérieure de consigne et la température extérieure de base, en kelvins. Il multiplie linéairement le coefficient de déperdition global.
Cycles courts
Fonctionnement en marches et arrêts rapprochés d'un générateur surdimensionné, dégradant le rendement saisonnier, usant les composants et détériorant le confort.
Point de dimensionnement d'une pompe à chaleur
Conditions extérieures de base auxquelles la puissance délivrée par la machine doit être vérifiée, à distinguer des points d'essai normalisés plus favorables.

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