Aller au contenu principal
Document Technique Unifié
NF DTU 14.1

NF DTU 14.1 — Travaux de cuvelage

Le NF DTU 14.1 P1-1 (novembre 2020, indice de classement P 11-221-1-1) définit les conditions d'exécution des travaux de cuvelage de la partie immergée des bâtiments, la structure résistante, ses retours et les ouvrages solidarisés étant réalisés en béton armé ou précontraint. Il distingue trois techniques — cuvelage avec revêtement d'imperméabilisation appliqué en intrados, cuvelage à structure relativement étanche sans revêtement, cuvelage avec revêtement d'étanchéité appliqué en extrados — et il chiffre pour chacune les niveaux d'eau de calcul (EB, EH, EE, EI), les limites de contrainte des aciers tendus, l'épaisseur minimale des voiles, les pourcentages minimaux d'armatures, les épaisseurs de revêtement et les modalités de contrôle. Un niveau d'eau non défini aux DPM, un support livré sans cohésion superficielle suffisante ou un compartimentage d'étanchéité absent conduisent à des venues d'eau que l'on ne sait plus localiser ni traiter.

Domaine d'application

Travaux de cuvelage de la partie immergée des bâtiments — structure résistante, retours et ouvrages solidarisés en béton armé ou précontraint de granulats courants — participant à la réalisation d'une barrière à l'eau stable et continue. Trois techniques visées : revêtement d'imperméabilisation (intrados), structure relativement étanche (sans revêtement), revêtement d'étanchéité (extrados). Hors domaine : dallages sur tapis drainant, techniques associant simultanément un revêtement d'étanchéité sous radier et un cuvelage par imperméabilisation ou structure relativement étanche en voile périphérique, structures en bétons de granulats lourds ou légers, bétons caverneux ou cellulaires, gros béton, maçonnerie d'éléments, et ouvrages spéciaux tels que cuves et réservoirs

Mis à jour le 15 janvier 2024
Applicable depuis le 1 novembre 2020
cuvelage
sous-sol enterré
partie immergée
revêtement d'imperméabilisation
structure relativement étanche
revêtement d'étanchéité
PVC-P
nappe phréatique
niveau EB EH EE
ouverture des fissures
bande d'arrêt d'eau
compartimentage
P 11-221-1-1
cuveleur

Règles principales

Domaine d'application et techniques visées

Obligatoire

1 P1-1 définit les conditions d'exécution des travaux de cuvelage de la partie immergée des bâtiments, la structure résistante, ses retours et les ouvrages solidarisés étant réalisés en béton armé ou précontraint de granulats courants. Les travaux de cuvelage sont ceux qui participent à la réalisation d'une barrière à l'eau, stable et continue.

Trois techniques sont visées : le cuvelage avec revêtement d'imperméabilisation (écran intérieur adhérant à son support), le cuvelage à structure relativement étanche (sans revêtement) et le cuvelage avec revêtement d'étanchéité (appliqué à l'extérieur de la structure).

Le document ne s'applique pas aux dallages sur tapis drainant, aux techniques associant simultanément un revêtement d'étanchéité sous radier et un cuvelage par imperméabilisation ou relativement étanche en voile périphérique, ni aux structures en bétons de granulats lourds ou légers, bétons caverneux ou cellulaires, gros béton et maçonnerie d'éléments, ni aux ouvrages spéciaux tels que cuves et réservoirs. 3).

Références : Article 1, Article 3.1

Niveaux d'eau de calcul et données à fournir par les DPM

Obligatoire

L'action de l'eau dépend de son niveau E retenu comme valeur de calcul.

Dans le cas d'une nappe, quatre niveaux sont distingués : le niveau quasi permanent ou niveau EB des basses eaux, susceptible d'être dépassé pendant la moitié du temps de référence de 50 ans ; le niveau caractéristique ou niveau EH des hautes eaux, correspondant en principe au niveau de période de retour 50 ans ; le niveau accidentel EE, exceptionnel et conventionnel, correspondant au niveau des plus hautes eaux connues et/ou prévisibles ; le niveau EI, défini lorsque les locaux sont inondables, correspondant au fil d'eau des orifices d'inondation.

Dans le cas des eaux en écoulement, ces eaux correspondent à des actions permanentes au niveau EB : fil d'eau des barbacanes ou du réseau de drainage lorsqu'il existe et qu'aucun revêtement n'est imposé ; ce même fil d'eau augmenté de 50 cm lorsque les DPM exigent un cuvelage avec revêtement ; ou niveau de l'exutoire naturel des couches perméables augmenté de 0,50 m en l'absence de drainage ou de barbacane, sans dépasser le niveau du sol fini extérieur.

Les DPM doivent préciser ces niveaux en cote NGF de l'IGN, le type de cuvelage retenu, la présence et la localisation des locaux nobles, l'agressivité des eaux et du sol, les plantations éventuelles, l'accessibilité pour l'entretien et la réparation, et l'emplacement et l'ordre de grandeur des déplacements des joints de fonctionnement.

Références : Article 3.3.1, Article 3.3.2, Article 4

Cuvelage à structure relativement étanche : débits admis

Obligatoire

Ce cuvelage ne comporte pas de revêtement de cuvelage et il est, de ce fait, admis un léger passage d'eau éventuellement récupérée, défini par des valeurs chiffrées. Pour la structure résistante dans son ensemble : moyenne annuelle de 0,5 l/m²/jour et moyenne hebdomadaire de 1,0 l/m²/jour.

Pour toute portion de structure résistante de 10 m² constituant un rectangle dont le rapport des côtés est compris entre 0,4 et 2,5 — cette portion pouvant, pour une paroi moulée, être centrée sur un joint : moyenne hebdomadaire de 2 l/m²/jour. Ces valeurs définissent la technique elle-même : les locaux desservis doivent accepter ce débit et l'ouvrage doit en prévoir la collecte.

Références : Article 3.1, Article 6.1

État du support livré et constat contradictoire

Obligatoire

Le support livré par le gros œuvre est conforme aux prescriptions concernant les parements courants ou les états de surface lissés du NF DTU 21, sauf dispositions plus restrictives dans les DPM. Sauf utilisation de bétons spéciaux étudiés pour minimiser les effets du retrait, la structure résistante et ses retours doivent avoir au moins 28 jours.

Les remblais contre les parois extérieures doivent être effectués avant mise en place du revêtement sauf impossibilité technique, et l'essentiel des charges permanentes gravitaires doit s'exercer avant mise en place du revêtement.

Un constat contradictoire de l'état de surface du support doit être effectué entre les parties pour : vérifier la conformité aux exigences de planéité et de texture ; vérifier la cohésion superficielle selon l'annexe D, qui doit être supérieure ou égale à 1 MPa jusqu'à une hauteur d'eau H' de 8 m et à 1,5 MPa au-delà, avec rupture de type A1 plein béton ; relever les liaisons et joints ; relever les fissures existantes, que le gros œuvre doit classer en inertes ou actives ; relever les venues d'eau et les travaux complémentaires d'assèchement nécessaires.

Les ragréages éventuels sont réalisés par le gros œuvre au mortier de réparation R3 ou R4 selon la NF EN 1504-3 (R4 au-delà de 8 m de hauteur d'eau), postérieurement au constat.

Références : Article 5.2.4, Annexe D, NF EN 1504-3

Mise hors d'eau et rabattement de nappe

Obligatoire

Il peut être nécessaire de procéder à des opérations de rabattement de nappe, ou de les poursuivre ; ce rabattement est nécessaire jusqu'à ce que le revêtement ait acquis ses caractéristiques spécifiques, l'équilibre statique de l'ouvrage devant en permanence être assuré. L'arrêt du pompage avant que le revêtement ait acquis ses caractéristiques peut le détériorer et affecter son adhérence au support.

1, et si le débit d'exhaure et la vitesse de remontée de la nappe entraînent un délavage du béton, une pièce de fontainerie doit être installée dans le radier. En rabattement par pointes filtrantes dans l'emprise du cuvelage, les puits sont de faible section (diamètre d'environ 150 mm). Dans tous les cas, un programme de fermeture doit être établi entre le gros œuvre et le cuveleur.

Pour éviter le délavage des matériaux, la zone à cuveler doit être hors d'eau : l'eau de pluie doit être provisoirement collectée et évacuée et les trémies provisoirement obturées.

Références : Article 5.2.5.1, Article 5.2.5.2

Conditions d'ambiance à la mise en œuvre du revêtement

Obligatoire

La mise en œuvre du revêtement d'imperméabilisation ne peut être réalisée que si quatre conditions sont simultanément satisfaites : température ambiante Ta comprise entre + 5 °C et 35 °C ; humidité relative HR inférieure ou égale à 85 % ; température du support Ts comprise entre + 5 °C et 35 °C ; température du point de rosée Td telle que Td + 3 °C ≤ Ts.

Le revêtement ne peut être appliqué que sur un support sec ou humide mat en surface, tout débit devant être bloqué ou canalisé par des drains de décharge.

La préparation du support par le cuveleur porte sur la totalité de la surface pour obtenir les cohésions requises, et vise également le chanfreinage des arêtes, le traitement des cueillies et des autres points singuliers ; les procédés chimiques ou thermiques de préparation ne sont pas visés. Les lèvres des joints et fissures sont préparées en vue de leur traitement spécifique ultérieur.

Références : Article 5.3.2, Article 5.3.3

Revêtement mince à base de mortier : composition minimale

Obligatoire

Ce type de revêtement est constitué par un mortier avec adjuvants, conditionné en usine et apte à être appliqué en couches minces. L'épaisseur minimale totale du revêtement doit être supérieure ou égale à trois fois le diamètre du plus gros granulat, avec un minimum de 4 mm en horizontal et 3 mm en vertical, couche d'accrochage comprise ; cette épaisseur ne comprend pas celle des finitions complémentaires éventuelles.

L'essai à la pression hydrostatique selon la NF P 18-855 détermine l'épaisseur en fonction de la hauteur d'eau. En vertical, le revêtement doit comprendre au minimum une couche d'accrochage et une couche continue d'imperméabilisation ; en horizontal, il peut ne comprendre qu'une couche. Les malaxages sont effectués par unités d'emballage non fractionnées et, lorsque plusieurs couches sont prévues, les reprises d'application de chaque couche sont décalées d'environ 0,20 m.

Références : Article 5.3.5.1, Article 5.3.5.2, NF P 18-855

Revêtement épais à base de mortier : épaisseurs et dosages

Obligatoire

L'épaisseur minimale totale du revêtement épais à base de mortier hydrofugé doit être de 30 mm pour les parties horizontales et de 24 mm pour les parties verticales, couche d'accrochage comprise.

Pour les mortiers préparés in situ, le revêtement doit comprendre au minimum une couche d'accrochage au dosage d'au moins 700 kg de ciment par m³ de sable sec et deux couches continues d'imperméabilisation : la première dosée à 700 kg/m³ et la deuxième, de finition, à 600 kg/m³. Entre 8 m et 15 m de hauteur d'eau, une couche supplémentaire de 15 mm dosée à 600 kg/m³ doit être ajoutée.

Les reprises d'application de chaque couche d'imperméabilisation sont décalées d'environ 0,20 m d'une couche sur l'autre. Pour les mortiers conditionnés en usine, l'essai à la pression hydrostatique selon la NF P 18-855 détermine l'épaisseur en fonction de la hauteur d'eau.

Références : Article 5.3.6, Article 5.3.6.1, Article 5.3.6.2

Minéralisation de surface, SIL et revêtements mixtes

Obligatoire

Le revêtement de minéralisation de surface est constitué de sels minéraux venant en addition à du ciment et à des matières inertes, mis en œuvre sous forme de barbotine ; les produits pénètrent dans les capillaires du béton pour y former par réaction chimique avec la chaux libre des cristaux insolubles.

Les consommations minimales en parties courantes, avant adjonction d'eau, sont de 1 kg/m² en surface horizontale et de 1,5 kg/m² en surface verticale en deux couches. L'application doit se faire sur support humide et, en atmosphère sèche, le revêtement doit être maintenu humide.

Le système d'imperméabilisation liquide (SIL) doit comprendre un débullage, un primaire d'imprégnation, un film d'imperméabilisation dont l'épaisseur de feuil sec mesurée selon la NF EN ISO 2808 est au minimum de 800 μm, et la finition prévue par le cahier des charges du fabricant.

En revêtement mixte, la longueur de recouvrement entre revêtements différents est au minimum de 0,20 m ; les revêtements hydrauliques minces et épais sont compatibles entre eux ; une minéralisation doit recevoir dans sa couche fraîche un gobetis de mortier non hydrofugé pour être recouverte par les revêtements hydrauliques ; le SIL peut recouvrir les revêtements hydrauliques et la minéralisation après ponçage du surplus, mais doit être saupoudré de silice pour recevoir les revêtements hydrauliques.

Références : Article 5.3.7.1, Article 5.3.7.2, Article 5.3.8.2, Article 5.3.9

Constat de bonne fin du cuvelage par imperméabilisation

Obligatoire

Le constat de la bonne réalisation du cuvelage avec revêtement d'imperméabilisation ne peut se faire qu'aux conditions cumulatives suivantes : le bâtiment est hors d'eau et les évacuations des eaux pluviales sont raccordées ; les réseaux d'eau enterrés sont raccordés ; au minimum un mois s'est écoulé après l'achèvement de l'ouvrage.

S'il s'avère nécessaire de procéder à un constat de bonne fin en vue de permettre à d'autres entreprises d'intervenir sur le revêtement, il convient que les autres causes d'humidité des locaux — eaux pluviales non raccordées, absence de ventilation — soient supprimées et, le cas échéant, que le rabattement de nappe soit arrêté afin de vérifier réellement la qualité des travaux d'imperméabilisation.

Références : Article 5.3.4

Revêtement d'étanchéité monocouche par membrane PVC-P

Obligatoire

Le revêtement doit comporter : un géotextile de 700 g/m² minimum en protection inférieure ; une membrane d'étanchéité en PVC-P d'épaisseur supérieure ou égale à 2 mm ; en partie verticale, une protection constituée par une membrane synthétique d'épaisseur nominale supérieure ou égale à 1,9 mm ; une chape de protection sur film de désolidarisation en partie horizontale ; des profilés de compartimentage compatibles avec la membrane et les dispositifs d'injection ; des bandes d'arrêt d'eau pour les joints de dilatation ; des plaquettes de fixation et/ou des tôles colaminées compatibles.

La limite d'emploi est double : contrainte normale de compression calculée sous sollicitation de service inférieure à 3 MPa, et hauteur d'eau au niveau EE limitée à 8 m en cas de présence d'un joint de dilatation. Seuls les pieux en compression sont admis ; les pieux en traction et les micropieux ne sont pas visés.

Sur surfaces horizontales, la protection inférieure est raccordée entre lés par simple recouvrement sur 0,20 m et la protection supérieure est une chape en mortier de ciment de 50 mm d'épaisseur minimale, arrêtée de part et d'autre des profils de compartimentage.

Références : Article 7.3.3.1, Article 7.3.3.2, Article 7.3.3.3

Recouvrement et soudure des lés de membrane PVC-P

Obligatoire

La membrane est posée en indépendance par rapport au support. Lors de la mise en œuvre, le recouvrement minimal doit être de 50 mm pour permettre l'assemblage entre lés par thermosoudure.

Si l'assemblage est réalisé avec un appareil automatique à double soudure avec canal central de contrôle, la largeur minimale de chaque bande de soudure est de 12 mm ; dans les autres cas, la largeur minimale de chaque bande de soudure est de 30 mm.

Les croisements de soudures en croix sont interdits, et tous les croisements de soudures font l'objet d'un renfort par pièce de pontage réalisée avec le même produit, de dimensions minimales 150 mm × 150 mm, rapportée et soudée en plein. Les soudures au solvant sont exclues.

En partie verticale, des lignes de fixation horizontales et provisoires peuvent être nécessaires pour maintenir la membrane en place jusqu'à réalisation de la structure résistante.

Exceptions :

  • • Assemblage par appareil automatique à double soudure avec canal central de contrôle: La largeur minimale de chaque bande de soudure est ramenée de 30 mm à 12 mm, la mise en pression du canal central servant de contrôle non destructif (articles 7.3.3.4 et 7.3.3.7).
Références : Article 7.3.3.4

Compartimentage obligatoire et dispositifs d'injection

Obligatoire

Les surfaces à étancher sont obligatoirement compartimentées. Le compartimentage consiste à mettre en place des profilés rendus continus par soudage et solidaires de la structure résistante, sur lesquels la membrane d'étanchéité est adhérente par soudage continu ; la liaison entre profilés — en plan, ou en liaison voile/dalle et voile/radier — doit être réalisée à l'aide de pièces de raccordement fabriquées en usine.

Le nombre d'ancrages minimal de profilés est de trois pour une pression hydrostatique inférieure à 0,1 MPa (correspondant à une hauteur d'eau de 10 m) et de quatre pour une pression supérieure ou égale à cette valeur.

Sauf prescriptions plus sévères des DPM, un compartimentage doit être exécuté sur tout ouvrage comportant une surface d'un seul tenant à étancher supérieure à 300 m² (surface horizontale plus verticale) ; au-delà, le compartimentage cloisonne des surfaces d'au plus 200 m².

Par élément de compartimentage, il doit être prévu cinq dispositifs d'injection au minimum, qui doivent rester accessibles durant toute la vie de l'ouvrage ; les points singuliers (joints de dilatation, fosses, pénétrations) sont compartimentés à leur pourtour avec au minimum deux dispositifs d'injection en partie horizontale et deux en partie verticale.

Références : Article 7.3.3.5, Article 7.3.3.6

Contrôle des soudures et traitement des joints

Obligatoire

Le contrôle des soudures est obligatoire sur tout le linéaire. Il peut être réalisé par une ou plusieurs techniques de contrôle non destructif : contrôle visuel pour les feuilles PVC-P translucides et contrôle tactile à la pointe sèche pour tous les PVC-P ; mise en pression du canal central dans le cas de doubles soudures ; mise en dépression à l'aide d'une cloche à vide pour certains points singuliers.

Le choix de la technique relève de la responsabilité de l'entreprise d'étanchéité. Les DPM peuvent prévoir des essais destructifs de contrôle des soudures et leur fréquence, réalisés selon la NF P 84-502-2 : la résistance moyenne au pelage doit alors être supérieure à 4 N/mm, avec un minimum de 2 N/mm pour chacune des éprouvettes.

Seuls les joints de fonctionnement ou de dilatation font l'objet d'un traitement ; le cas courant est celui des joints de largeur inférieure ou égale à 20 mm, les joints plus larges faisant l'objet de dispositions renforcées. Les joints sont à deux étages et compartimentés, le premier étage étant constitué par la membrane elle-même avec façon de lyre.

Références : Article 7.3.3.7, Article 7.3.3.8, NF P 84-502-2

État limite de service vis-à-vis de l'ouverture des fissures

Obligatoire

Dans le cas des sections droites tendues du côté recevant le revêtement d'imperméabilisation, l'action de l'eau étant définie par son niveau E, la contrainte de traction de l'acier tendu est limitée à Min [2/3 fyk ; 200 MPa] ; pour des barres de haute adhérence de diamètre au plus égal à 9 mm et d'espacement inférieur ou égal à 150 mm, la contrainte de 200 MPa est portée à 240 MPa.

Dans le cas des sections droites tendues du côté en contact avec l'eau : eau au niveau EB, Min [2/3 fyk ; 200 MPa] ; eau au niveau EH, Min [2/3 fyk ; 300 MPa] ; eau au niveau E, Min [2/3 fyk ; 400 MPa].

La vérification d'épaisseur minimale, très souvent déterminante pour le choix des épaisseurs, impose que la contrainte de traction du béton calculée en section homogénéisée n'excède pas 1,1 × (0,6 + 0,06 fck) × θ, avec θ = 1 en traction simple, θ = 1 + (4 e0 / 3 h0) en flexion plane composée avec traction lorsque l'excentricité est inférieure à la demi-épaisseur, et θ = 5/3 dans tous les autres cas.

Références : Article 8.3.1.1, Article 8.3.1.2, Article 8.4.1, NF EN 1992-1-1

Pourcentage minimal d'armatures et dispositions constructives

Obligatoire

2 de la NF EN 1992-1-1 et son annexe nationale ne s'appliquent pas ; elle est remplacée par un ferraillage minimal.

Pour les radiers ou parois coulés avec les précautions nécessaires en vue de limiter les phénomènes de variation dimensionnelle contraire (composition du béton, mise en œuvre, phases de coulage, zones de clavetage, reprises, procédés de cure, délais entre phases, précautions devant figurer sur les plans ou dans un document spécifique remis au maître d'œuvre) : 1 ‰ de la section droite résistante strictement nécessaire, plafonné à 4 cm²/m, avec un minimum de 1 cm²/m pour la face de la paroi recevant le revêtement d'imperméabilisation, dans chacune des deux directions dans le cas des dalles.

Pour les autres radiers ou parois : 2,5 ‰ de la section droite sur chaque face, dans chacune des deux directions.

Dans les zones armées et pour la face concernée, la distance libre entre armatures ne peut excéder, pour chaque lit, la plus petite des deux valeurs 0,33 m et 1,5 fois l'épaisseur de la paroi dans le sens principal porteur, et 0,45 m et 1,5 fois l'épaisseur dans le sens de la répartition ; en paroi moulée, la distance libre entre barres ne doit pas être inférieure à 0,10 m.

Le diamètre minimal des armatures à haute adhérence doit être au moins égal à 6 mm.

Références : Article 8.3.1.3, Article 8.3.1.4

Équilibre statique et sollicitations de calcul

Obligatoire

Pour chaque point porteur, les charges verticales descendantes nominales limitées aux actions permanentes doivent être au moins égales à 1/0,95 = 1,05 fois les charges ascendantes résultant de l'action de l'eau supposée au niveau E ; le niveau E est par définition le niveau le plus haut pouvant être atteint par la nappe autour du bâtiment, et c'est donc lui qui fixe le plafond de la poussée d'Archimède à considérer pour le soulèvement.

À l'état limite ultime de résistance, lorsque l'eau est l'action variable de base, le coefficient de pondération est égal à 1,35 pour sa partie variable comme pour sa partie permanente ; lorsque l'eau est une action d'accompagnement, le coefficient ψ0 associé est pris égal à 1/1,35 = 0,74. Les coefficients γM sont ceux de la NF EN 1992-1-1 et son annexe nationale (1,5 pour le béton et 1,15 pour l'acier).

Le poids volumique de l'eau est pris égal à 10 kN/m³ et les actions dues à l'eau sont traitées comme des actions permanentes. L'état limite ultime de résistance et l'état limite d'équilibre statique doivent également être justifiés durant les phases de construction.

Références : Article 8.2.1, Article 8.2.2, Article 8.2.3

Arase du cuvelage et protection extérieure de fondation

Obligatoire

1. Dans le cas contraire, l'eau de pluie peut pénétrer dans l'ouvrage par contournement du cuvelage. Le revêtement d'imperméabilisation est appliqué sur la structure résistante jusqu'au niveau d'arase minimale indiqué au tableau 1 de synthèse des niveaux d'eau en fonction de leur origine.

Références : Article 3.3.3, Article 5.1.1, Tableau 1

Tolérances d'exécution

Paramètre Tolérance Conditions
Cohésion superficielle du support avant revêtement ≥ 1 MPa jusqu'à 8 m de hauteur d'eau H' ; ≥ 1,5 MPa au-delà Essai de traction perpendiculaire de l'annexe D, avec rupture de type A1 plein béton (article 5.2.4)
Âge minimal de la structure résistante et de ses retours ≥ 28 jours Sauf utilisation de bétons spéciaux étudiés en vue de minimiser les effets du retrait (article 5.2.4)
Température ambiante à la mise en œuvre + 5 °C ≤ Ta ≤ 35 °C Condition simultanée avec HR, Ts et Td (article 5.3.3)
Humidité relative à la mise en œuvre HR ≤ 85 % Article 5.3.3
Température du support et point de rosée + 5 °C ≤ Ts ≤ 35 °C et Td + 3 °C ≤ Ts Support sec ou humide mat en surface, tout débit bloqué ou canalisé (article 5.3.3)
Passage d'eau admis — cuvelage à structure relativement étanche, ensemble de la structure 0,5 l/m²/jour en moyenne annuelle et 1,0 l/m²/jour en moyenne hebdomadaire Article 3.1
Passage d'eau admis — portion de 10 m² 2 l/m²/jour en moyenne hebdomadaire Rectangle dont le rapport des côtés est compris entre 0,4 et 2,5, pouvant être centré sur un joint de paroi moulée (article 3.1)
Contrainte de l'acier tendu côté revêtement d'imperméabilisation Min [2/3 fyk ; 200 MPa], porté à 240 MPa pour barres HA ≤ 9 mm espacées de ≤ 150 mm Eau définie par son niveau E (article 8.3.1.1)
Contrainte de l'acier tendu côté en contact avec l'eau Min [2/3 fyk ; 200 MPa] au niveau EB ; 300 MPa au niveau EH ; 400 MPa au niveau E Article 8.3.1.1
Contrainte de traction du béton (vérification d'épaisseur minimale) ≤ 1,1 × (0,6 + 0,06 fck) × θ θ = 1 en traction simple, 1 + (4 e0/3 h0) en flexion composée avec e0 < h0/2, 5/3 dans les autres cas (article 8.3.1.2)
Équilibre statique sous poussée d'Archimède Charges descendantes permanentes ≥ 1,05 fois les charges ascendantes au niveau E Vérification par point porteur (article 8.2.2)
Résistance au pelage des soudures PVC-P (essai destructif) > 4 N/mm en moyenne, avec un minimum de 2 N/mm par éprouvette Selon NF P 84-502-2, si les DPM le prévoient (article 7.3.3.7)
Contrainte normale de compression sur revêtement PVC-P < 3 MPa Calculée sous sollicitation de service (article 7.3.3.1)

Dimensions réglementaires

Épaisseur du revêtement mince à base de mortier

Dimension : ≥ 3 fois le diamètre du plus gros granulat
Minimum : 4 mm en horizontal, 3 mm en vertical, couche d'accrochage comprise

Hors finitions complémentaires ; épaisseur déterminée par l'essai NF P 18-855 selon la hauteur d'eau (article 5.3.5.1)

Épaisseur du revêtement épais à base de mortier

Dimension : 30 mm en parties horizontales, 24 mm en parties verticales
Minimum : 24 mm en vertical, couche d'accrochage comprise

Article 5.3.6

Dosages du revêtement épais préparé in situ

Dimension : Couche d'accrochage ≥ 700 kg de ciment/m³ de sable sec ; 1re couche 700 kg/m³ ; couche de finition 600 kg/m³

Entre 8 m et 15 m de hauteur d'eau, couche supplémentaire de 15 mm dosée à 600 kg/m³ (article 5.3.6.1)

Consommation du revêtement de minéralisation de surface

Dimension : ≥ 1 kg/m² en horizontal, ≥ 1,5 kg/m² en vertical en 2 couches

Avant adjonction d'eau ; application sur support humide (article 5.3.7.1)

Épaisseur du feuil sec d'un SIL

Dimension : ≥ 800 μm
Minimum : 800 μm

Mesure selon NF EN ISO 2808 ; avec débullage, primaire et finition (article 5.3.8.2)

Décalage des reprises d'application entre couches

Dimension : ≈ 0,20 m

Revêtements minces et épais à base de mortier (articles 5.3.5.2 et 5.3.6.2)

Recouvrement entre revêtements différents (revêtement mixte)

Dimension : ≥ 0,20 m
Minimum : 0,20 m

Article 5.3.9

Épaisseur de la membrane PVC-P

Dimension : ≥ 2 mm
Minimum : 2 mm

Protection verticale par membrane synthétique d'épaisseur nominale ≥ 1,9 mm (article 7.3.3.2)

Géotextile de protection inférieure

Dimension : ≥ 700 g/m²
Minimum : 700 g/m²

Recouvrement entre lés de 0,20 m en partie horizontale (articles 7.3.3.2 et 7.3.3.3)

Recouvrement entre lés de membrane PVC-P

Dimension : ≥ 50 mm
Minimum : 50 mm

Assemblage par thermosoudure ; soudures au solvant exclues (article 7.3.3.4)

Largeur des bandes de soudure PVC-P

Dimension : ≥ 12 mm en double soudure automatique avec canal de contrôle ; ≥ 30 mm dans les autres cas
Minimum : 12 mm

Croisements de soudures en croix interdits (article 7.3.3.4)

Pièce de pontage aux croisements de soudures

Dimension : 150 mm × 150 mm minimum
Minimum : 150 mm × 150 mm

Même produit que la membrane, rapportée et soudée en plein (article 7.3.3.4)

Chape de protection supérieure en partie horizontale

Dimension : 50 mm d'épaisseur minimale
Minimum : 50 mm

Mortier de ciment, arrêtée de part et d'autre des profils de compartimentage (article 7.3.3.3)

Surface maximale d'un compartiment d'étanchéité

Dimension : 200 m² au plus, compartimentage obligatoire au-delà de 300 m² d'un seul tenant
Maximum : 200 m²

Surface horizontale plus verticale ; au minimum 5 dispositifs d'injection par compartiment (article 7.3.3.5)

Ancrages des profilés de compartimentage

Dimension : 3 ancrages si pression hydrostatique < 0,1 MPa ; 4 au-delà
Minimum : 3

0,1 MPa correspond à une hauteur d'eau de 10 m (article 7.3.3.5)

Largeur courante des joints de dilatation traités par membrane

Dimension : ≤ 20 mm
Maximum : 20 mm au-delà desquels des dispositions renforcées s'appliquent

Joints à deux étages et compartimentés (article 7.3.3.8)

Pourcentage minimal d'armatures — parois coulées avec précautions anti-retrait

Dimension : 1 ‰ de la section droite résistante strictement nécessaire
Minimum : 1 cm²/m sur la face recevant le revêtement d'imperméabilisation
Maximum : Plafonné à 4 cm²/m

Dans chacune des deux directions dans le cas des dalles (article 8.3.1.3)

Pourcentage minimal d'armatures — autres radiers ou parois

Dimension : 2,5 ‰ de la section droite sur chaque face

Dans chacune des deux directions dans le cas des dalles (article 8.3.1.3)

Distance libre entre armatures

Dimension : Plus petite de 0,33 m et 1,5 × épaisseur de paroi (sens porteur) ; plus petite de 0,45 m et 1,5 × épaisseur (sens de répartition)
Minimum : 0,10 m en paroi moulée ; diamètre minimal des armatures HA de 6 mm

Article 8.3.1.4

Traitement des écarteurs de coffrage

Dimension : Retrait de 20 mm par rapport au nu du béton (écarteur récupérable et écarteur bois) ; destruction sur ≥ 50 mm de profondeur (écarteur PVC)

Vide comblé par le cuveleur au mortier hydrofuge (article 5.2.3.9)

Conversion hauteur d'eau / palier de pression

Dimension : 0,0625 MPa par mètre de hauteur d'eau

Coefficient de proportionnalité permettant de convertir H' en palier de pression selon NF P 18-855 (article 5.3.1)

Comprendre NF DTU 14.1

Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.

Pour NF DTU 14.1, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.

Qui est concerné ?

Le domaine d'application de NF DTU 14.1 couvre : Travaux de cuvelage de la partie immergée des bâtiments — structure résistante, retours et ouvrages solidarisés en béton armé ou précontraint de granulats courants — participant à la réalisation d'une barrière à l'eau stable et continue. Trois techniques visées : revêtement d'imperméabilisation (intrados), structure relativement étanche (sans revêtement), revêtement d'étanchéité (extrados). Hors domaine : dallages sur tapis drainant, techniques associant simultanément un revêtement d'étanchéité sous radier et un cuvelage par imperméabilisation ou structure relativement étanche en voile périphérique, structures en bétons de granulats lourds ou légers, bétons caverneux ou cellulaires, gros béton, maçonnerie d'éléments, et ouvrages spéciaux tels que cuves et réservoirs. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.

Progineer et la conformité document technique unifié

Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.

Tout savoir sur NF DTU 14.1

Le NF DTU 14.1 est la norme française des travaux de cuvelage. Sa partie 1-1, cahier des clauses techniques types d'indice de classement P 11-221-1-1, a été homologuée par décision du Directeur Général d'AFNOR en octobre 2020 pour une publication en novembre 2020 ; avec le NF DTU 14.1 P1-2 de novembre 2020, elle remplace la norme NF P 11-221-1 (DTU 14.1) de mai 2000. Le texte se présente comme une révision de la norme, et non comme un simple toilettage : les niveaux d'eau ont été redéfinis, les procédés d'imperméabilisation ont été reclassés par paliers de pression selon la NF P 18-855, et un chapitre complet a été consacré au revêtement d'étanchéité monocouche par membranes PVC-P.

Le vocabulaire commande la compréhension du document. La partie immergée du bâtiment est la partie réputée située sous le niveau de l'eau, celle-ci pouvant résulter d'une nappe phréatique perchée ou en écoulement, ou d'une crue ; elle comprend la périphérie soumise directement à l'action de l'eau, dite structure résistante, les parties intérieures adjacentes liées à elle, dites retours, et les autres parties intérieures. Le cuvelage comprend la structure résistante et les retours, et le plus souvent un revêtement de cuvelage. Les travaux de revêtement de cuvelage sont effectués par des entrepreneurs spécialisés, que le document désigne par le terme cuveleur.

Trois techniques, et trois niveaux de service différents. Le cuvelage avec revêtement d'imperméabilisation constitue un écran intérieur adhérant à son support, assurant l'imperméabilisation en association avec celui-ci mais ne résistant pas à une fissuration appréciable du support ; il est imperméable à l'eau liquide mais pas à la vapeur d'eau, et des taches d'humidité y sont admises. Le cuvelage à structure relativement étanche ne comporte pas de revêtement et admet un léger passage d'eau, chiffré à 0,5 l/m²/jour en moyenne annuelle et 1,0 l/m²/jour en moyenne hebdomadaire pour l'ensemble de la structure résistante. Le cuvelage avec revêtement d'étanchéité, réalisé à l'extérieur de la structure, est le seul étanche à l'eau liquide et à la vapeur.

Comprendre en détail NF DTU 14.1

Les niveaux d'eau : la première donnée du marché

L'action de l'eau dépend de son niveau E retenu comme valeur de calcul, et l'article 3.3.1 distingue quatre niveaux dans le cas d'une nappe. Le niveau quasi permanent, ou niveau EB des basses eaux, correspond à un niveau susceptible d'être dépassé pendant la moitié du temps de référence de 50 ans. Le niveau caractéristique, ou niveau EH des hautes eaux, correspond en principe au niveau de période de retour 50 ans. Le niveau accidentel EE, exceptionnel et conventionnel, correspond au niveau des plus hautes eaux connues ou prévisibles. Le niveau EI est défini lorsque les locaux sont inondables et correspond au fil d'eau des orifices d'inondation.

En zone inondable définie par arrêté préfectoral, le texte distingue deux cas : si l'inondation des locaux n'est pas admise — soit par construction avec tous les débouchés au-dessus des plus hautes eaux connues, soit par dispositifs amovibles de protection au droit des ouvertures — alors le niveau EE est égal au niveau PHEC ; si l'inondation par crue des locaux est admise, le niveau d'inondation est celui des ouvertures naturelles du bâtiment, et c'est le niveau EI qui s'applique.

Le cas des eaux en écoulement (article 3.3.2) est celui que l'on rencontre le plus souvent en maison individuelle sur terrain en pente. Ces eaux correspondent à des actions permanentes, au niveau EB, qui est défini par trois règles : le fil d'eau des barbacanes ou du réseau de drainage extérieur ou sous-jacent lorsqu'il existe, chaque fois qu'il n'y a pas d'imposition de revêtement d'imperméabilisation ou d'étanchéité ; ce même fil d'eau augmenté de 50 cm chaque fois que les DPM formulent l'exigence d'un cuvelage avec revêtement d'imperméabilisation ou d'étanchéité ; le niveau de l'exutoire naturel des couches perméables environnantes augmenté de 0,50 m lorsqu'il n'existe ni drainage ni barbacane, ce niveau ne pouvant dépasser le niveau du sol fini extérieur. L'article 4 impose enfin que les DPM précisent les niveaux EB, EH et EE — ou EB, EH et EI si les locaux sont inondables — exprimés en cote NGF de l'IGN.

Choisir la technique : ce que les DPM doivent trancher

L'article 3.2 dresse la liste des critères de choix entre les trois types de cuvelage : destination des locaux et leur aménagement, sensibilité des locaux et de leur équipement à la présence d'eau, conditions d'exploitation (ventilation, climatisation), conditions d'accessibilité et d'entretien du revêtement, possibilité de modification ultérieure, possibilité de réparation du revêtement, action de l'eau (permanente, cyclique, accidentelle, agressivité, inondation éventuelle), nature et agressivité des sols, pollutions éventuelles, présence de racines perforantes, action de la vapeur d'eau provenant du support, comportement de l'ouvrage et de ses fondations, adaptation au site, présence de pieux ou de poteaux préfondés, limites d'emploi des divers procédés, mode constructif, et risques engendrés par la phase de construction.

Le document introduit une notion qui pèse lourd en conception : le local noble, défini comme un local dont la destination ou l'usage n'accepte aucune trace d'humidité sur les faces intérieures de la structure résistante et des retours liés à celle-ci. L'article 4 impose aux DPM de préciser la présence ou non de locaux nobles et, le cas échéant, de les localiser. Comme le cuvelage avec revêtement d'imperméabilisation admet des taches d'humidité par définition, la présence d'un local noble oriente directement vers une autre technique.

Les DPM doivent en outre préciser l'agressivité des eaux et du sol, les plantations éventuelles, l'accessibilité pour l'entretien des revêtements d'imperméabilisation, l'accessibilité pour la réparation éventuelle des revêtements d'étanchéité ou d'imperméabilisation, et l'emplacement ainsi que l'ordre de grandeur des déplacements des joints de fonctionnement. Une annexe C informative propose un guide de choix à la conception et à la mise en œuvre.

Le support livré par le gros œuvre : constat contradictoire obligatoire

L'article 5.2.4 est le pivot du dialogue entre gros œuvre et cuveleur. Le support livré est conforme aux prescriptions concernant les parements courants ou les états de surface lissés du NF DTU 21, sauf dispositions plus restrictives des DPM. Il doit être considéré comme suffisamment stabilisé pour recevoir le procédé d'imperméabilisation retenu : sauf emploi de bétons spéciaux étudiés pour minimiser les effets du retrait, la structure résistante et ses retours doivent avoir au moins 28 jours. Les remblais contre les parois extérieures doivent être effectués avant mise en place du revêtement sauf impossibilité technique, et l'essentiel des charges permanentes gravitaires doit s'exercer avant mise en place du revêtement.

Un constat contradictoire de l'état de surface du support doit être procédé entre les parties concernées, avec cinq objets précis : vérifier la conformité aux exigences de planéité et de texture ; vérifier la valeur de cohésion superficielle selon l'annexe D, qui doit être supérieure ou égale à 1 MPa jusqu'à une hauteur d'eau H' de 8 m et à 1,5 MPa au-delà, avec une rupture de type A1 plein béton ; relever les liaisons et joints ; relever les fissures existantes en sus des joints, que l'entreprise de gros œuvre devra classer selon leur aptitude à évolution — inertes ou actives — de façon que leur traitement puisse être défini ; relever les éventuelles venues d'eau et les travaux complémentaires d'assèchement nécessaires. Ce constat sert de base aux travaux de revêtement à effectuer, et les travaux supplémentaires de préparation ou de reconstitution du parement font l'objet d'un règlement indépendant.

Les ragréages éventuels doivent être réalisés par l'entreprise de gros œuvre avec des matériaux compatibles avec le procédé prévu — mortier de réparation R3 ou R4 suivant la NF EN 1504-3 si la hauteur d'eau H' est inférieure ou égale à 8 m, et R4 au-delà —, et postérieurement au constat contradictoire. Le traitement des écarteurs de coffrage est également codifié : l'écarteur récupérable est chassé au décoffrage et remplacé par un cône en béton collé, l'extrémité du cône étant en retrait de 20 mm par rapport au nu du béton, le vide étant comblé par le cuveleur au mortier hydrofuge ; l'écarteur en PVC laissé au coulage est détruit sur au moins 50 mm de profondeur ; l'écarteur bois est complètement extrait de l'épaisseur du béton.

Mise hors d'eau et conditions d'application du revêtement

Le rabattement de nappe n'est pas une commodité de chantier mais une condition technique. L'article 5.2.5.1 précise qu'il peut être nécessaire de procéder à des opérations de rabattement, ou de les poursuivre, et que ce rabattement est nécessaire jusqu'à ce que le revêtement ait acquis ses caractéristiques spécifiques, l'équilibre statique de l'ouvrage devant en permanence être assuré. La note ajoute la conséquence : l'arrêt du pompage avant que le revêtement ait acquis ses caractéristiques peut le détériorer et affecter son adhérence au support. Les puits de pompage sont disposés de préférence à l'extérieur de l'emprise de l'ouvrage ; dans le cas contraire ils sont obturés avec du béton, et un programme de fermeture doit être établi entre le gros œuvre et le cuveleur.

Les conditions d'ambiance sont chiffrées à l'article 5.3.3, et ce sont quatre conditions simultanées : température ambiante Ta comprise entre + 5 °C et 35 °C ; humidité relative HR inférieure ou égale à 85 % ; température du support Ts comprise entre + 5 °C et 35 °C ; température du point de rosée Td telle que Td + 3 °C ≤ Ts. Le revêtement ne peut être appliqué que sur un support sec ou humide mat en surface, tout débit devant être bloqué ou canalisé par des drains de décharge.

Le constat de bonne fin ne peut pas être fait n'importe quand (article 5.3.4) : le constat de la bonne réalisation du cuvelage avec revêtement d'imperméabilisation ne peut se faire qu'aux conditions cumulatives suivantes — le bâtiment est hors d'eau et les évacuations des eaux pluviales sont raccordées ; les réseaux d'eau enterrés sont raccordés ; et au minimum un mois après l'achèvement de l'ouvrage. Si un constat doit permettre à d'autres entreprises d'intervenir sur le revêtement, il convient que les autres causes d'humidité des locaux soient supprimées et, le cas échéant, que le rabattement de nappe soit arrêté.

Les cinq familles de revêtements d'imperméabilisation

Un procédé d'imperméabilisation comprend au minimum le revêtement, le traitement des joints, liaisons et fissures, le traitement des traversées de parois et radiers par bagues étanches, et les travaux d'assèchement (article 5.3.1). Sa composition minimale doit lui permettre d'assurer l'imperméabilisation sous la hauteur d'eau H', la performance étant évaluée en fonction des paliers de pression de la NF P 18-855 ; le DTU donne le coefficient de conversion : 0,0625 MPa par mètre de hauteur d'eau.

Le revêtement mince à base de mortier (article 5.3.5) est constitué d'un mortier adjuvanté conditionné en usine, appliqué en couches minces. Son épaisseur minimale totale doit être supérieure ou égale à trois fois le diamètre du plus gros granulat, avec un minimum de 4 mm en horizontal et 3 mm en vertical, couche d'accrochage comprise. En vertical, le revêtement doit comprendre au minimum une couche d'accrochage et une couche continue d'imperméabilisation ; en horizontal, il peut ne comprendre qu'une couche. Les reprises d'application de chaque couche sont décalées d'environ 0,20 m.

Le revêtement épais à base de mortier (article 5.3.6) impose une épaisseur minimale totale de 30 mm en parties horizontales et de 24 mm en parties verticales, couche d'accrochage comprise. Pour les mortiers préparés in situ, la composition minimale est chiffrée : une couche d'accrochage dosée à au moins 700 kg de ciment par m³ de sable sec, puis deux couches continues d'imperméabilisation, la première dosée à 700 kg/m³ et la deuxième de finition à 600 kg/m³ ; entre 8 m et 15 m de hauteur d'eau, une couche supplémentaire de 15 mm dosée à 600 kg/m³ doit être ajoutée. Le revêtement de minéralisation de surface (article 5.3.7) est consommé à raison d'au moins 1 kg/m² en surface horizontale et 1,5 kg/m² en surface verticale en deux couches, avant adjonction d'eau. Le système d'imperméabilisation liquide ou SIL (article 5.3.8) comprend un débullage, un primaire d'imprégnation, un film d'imperméabilisation dont l'épaisseur de feuil sec mesurée selon la NF EN ISO 2808 est au minimum de 800 μm, et une finition prévue par le cahier des charges du fabricant.

Le cuvelage à structure relativement étanche : des débits chiffrés

C'est la seule technique du DTU qui admet explicitement un passage d'eau, et ce passage est borné par des valeurs opposables (article 3.1). Pour la structure résistante dans son ensemble : moyenne annuelle de 0,5 l/m²/jour et moyenne hebdomadaire de 1,0 l/m²/jour. Pour toute portion de structure résistante de 10 m² constituant un rectangle dont le rapport des côtés est compris entre 0,4 et 2,5 — cette portion pouvant, pour une paroi moulée, être centrée sur un joint : moyenne hebdomadaire de 2 l/m²/jour. L'eau est éventuellement récupérée.

Ces valeurs ne sont pas une tolérance de mauvaise exécution mais la définition même de la technique : un cuvelage à structure relativement étanche est un ouvrage sans revêtement de cuvelage, dont l'étanchéité repose entièrement sur la qualité du béton, la limitation de l'ouverture des fissures et le traitement des joints. Il faut donc que les locaux desservis acceptent ce débit et que l'ouvrage prévoie sa collecte.

Les prescriptions de calcul associées sont données à l'article 8.4. Les dispositions de l'article 8.3.1 s'appliquent, avec trois adaptations : la vérification de la limite de contrainte de l'armature tendue est à faire pour les deux faces de la paroi ; la vérification d'épaisseur minimale doit être faite pour les sections droites tendues sur la face opposée à celle en contact avec l'eau, et uniquement en traction simple ou en flexion composée avec traction lorsque l'excentricité est au plus égale à la demi-épaisseur ; la vérification de pourcentage minimum d'armatures suit la même restriction, le niveau d'eau étant défini par son niveau E.

Ouverture des fissures : les vraies valeurs de calcul

L'article 8.3.1.1 limite la contrainte de traction des aciers tendus, et les valeurs diffèrent selon la face considérée. Dans le cas des sections droites tendues du côté recevant le revêtement d'imperméabilisation, l'action de l'eau étant définie par son niveau E, la contrainte de traction de l'acier tendu est limitée à Min [2/3 fyk ; 200 MPa] ; pour des barres de haute adhérence de diamètre au plus égal à 9 mm et d'espacement inférieur ou égal à 150 mm, la valeur de 200 MPa est portée à 240 MPa. Dans le cas des sections droites tendues du côté en contact avec l'eau, trois cas sont distingués : eau au niveau EB, Min [2/3 fyk ; 200 MPa] ; eau au niveau EH, Min [2/3 fyk ; 300 MPa] ; eau au niveau E, Min [2/3 fyk ; 400 MPa].

La vérification d'épaisseur minimale (article 8.3.1.2) est décrite par le DTU lui-même comme très souvent déterminante pour le choix des épaisseurs. Elle n'est à effectuer que pour les sections droites tendues du côté recevant le revêtement d'imperméabilisation, l'eau étant définie par son niveau E : la contrainte de traction du béton calculée en section homogénéisée, sans tenir compte des sollicitations de déformation imposée telles que le retrait gêné ou la température, ne peut excéder 1,1 × (0,6 + 0,06 fck) × θ, avec θ = 1 en traction simple, θ = 1 + (4 e0 / 3 h0) en flexion plane composée avec traction lorsque l'excentricité e0 est inférieure à la demi-épaisseur h0/2 de la paroi, et θ = 5/3 dans tous les autres cas.

Le pourcentage minimal d'armatures (article 8.3.1.3) remplace expressément la clause 7.3.2 de la NF EN 1992-1-1 et son annexe nationale. Pour les radiers ou parois coulés avec les précautions nécessaires en vue de limiter les variations dimensionnelles contraires, il est de 1 ‰ de la section droite résistante strictement nécessaire, plafonné à 4 cm²/m, avec un minimum de 1 cm²/m pour la face recevant le revêtement d'imperméabilisation, dans chacune des deux directions dans le cas des dalles. Pour les autres radiers ou parois, il passe à 2,5 ‰ de la section droite sur chaque face, dans chacune des deux directions. Les dispositions constructives associées (article 8.3.1.4) bornent la distance libre entre armatures à la plus petite des deux valeurs 0,33 m et 1,5 fois l'épaisseur de la paroi dans le sens principal porteur, et 0,45 m et 1,5 fois l'épaisseur dans le sens de la répartition ; en paroi moulée, la distance libre entre barres ne doit pas être inférieure à 0,10 m, et le diamètre minimal des armatures haute adhérence est de 6 mm.

Cuvelage avec revêtement d'étanchéité par membrane PVC-P

L'article 7.3.3 décrit la solution monocouche en PVC-P, mise en œuvre à l'extérieur de la structure résistante. La composition du revêtement est imposée : un géotextile de 700 g/m² minimum placé en protection inférieure ; une membrane d'étanchéité en PVC-P d'épaisseur supérieure ou égale à 2 mm ; en partie verticale, une protection constituée par une membrane synthétique d'épaisseur nominale supérieure ou égale à 1,9 mm ; une chape de protection sur film de désolidarisation en partie horizontale ; des profilés de compartimentage compatibles avec la membrane et les dispositifs d'injection ; des bandes d'arrêt d'eau pour les joints de dilatation ; des plaquettes de fixation ou des tôles colaminées compatibles. La limite d'emploi tient en deux valeurs : la contrainte normale de compression calculée sous sollicitation de service doit être inférieure à 3 MPa, et la hauteur d'eau au niveau EE est limitée à 8 m en cas de présence d'un joint de dilatation.

La mise en œuvre est chiffrée (article 7.3.3.4). La membrane est posée en indépendance par rapport au support, avec un recouvrement minimal de 50 mm pour permettre l'assemblage entre lés par thermosoudure. Si l'assemblage est réalisé avec un appareil automatique à double soudure avec canal central de contrôle, la largeur minimale de chaque bande de soudure est de 12 mm ; dans les autres cas, elle est de 30 mm. Les croisements de soudures en croix sont interdits, et tous les croisements de soudures font l'objet d'un renfort par pièce de pontage du même produit, de dimensions minimales 150 mm × 150 mm, rapportée et soudée en plein. Les soudures au solvant sont exclues. Sur les surfaces horizontales, la protection inférieure est raccordée entre lés par simple recouvrement sur 0,20 m et la protection supérieure est une chape en mortier de ciment de 50 mm d'épaisseur minimale.

Le compartimentage est obligatoire (article 7.3.3.5) : les surfaces à étancher sont obligatoirement compartimentées au moyen de profilés rendus continus par soudage et solidaires de la structure résistante, sur lesquels la membrane est adhérente par soudage continu. Le nombre d'ancrages minimal de profilés est de trois pour une pression hydrostatique inférieure à 0,1 MPa — correspondant à 10 m de hauteur d'eau — et de quatre au-delà. Sauf prescriptions plus sévères des DPM, un compartimentage doit être exécuté sur tout ouvrage comportant une surface d'un seul tenant à étancher supérieure à 300 m², surface horizontale plus verticale, et au-delà le compartimentage cloisonne des surfaces d'au plus 200 m². Par élément de compartimentage, il doit être prévu cinq dispositifs d'injection au minimum, qui doivent rester accessibles durant toute la vie de l'ouvrage ; les points singuliers sont compartimentés à leur pourtour avec au minimum deux dispositifs d'injection en partie horizontale et deux en partie verticale.

Contrôles, joints et erreurs fréquentes

Le contrôle des soudures est obligatoire sur tout le linéaire (article 7.3.3.7) et peut être réalisé par contrôle visuel pour les feuilles PVC-P translucides, contrôle tactile à la pointe sèche pour tous les PVC-P, mise en pression du canal central dans le cas de doubles soudures, ou mise en dépression à l'aide d'une cloche à vide pour certains points singuliers ; le choix de la technique relève de la responsabilité de l'entreprise d'étanchéité. Les DPM peuvent prévoir des essais destructifs selon la NF P 84-502-2 : la résistance moyenne au pelage doit alors être supérieure à 4 N/mm, avec un minimum de 2 N/mm pour chacune des éprouvettes.

Seuls les joints de fonctionnement ou de dilatation font l'objet d'un traitement (article 7.3.3.8). Le cas courant est celui des joints de dilatation de largeur inférieure ou égale à 20 mm ; les joints plus larges font l'objet de dispositions renforcées. Les joints sont à deux étages et compartimentés : le premier étage est constitué par la membrane d'étanchéité elle-même avec façon de lyre ; le deuxième étage est réalisé, dans le cas courant, par une bande de compartimentage avec profil de dilatation compatible ancrée dans la structure résistante, les deux bords amincis de la bande étant soudés sur la membrane, et dans le cas des joints plus larges par deux bandes de compartimentage soudées sur la membrane et réunies par une bande de pontage en PVC-P.

Deux erreurs de conception reviennent constamment. La première consiste à confondre cuvelage et drainage : le NF DTU 14.1 ne prescrit pas de réseau de drainage périphérique ; il utilise l'existence éventuelle d'un drainage ou de barbacanes comme donnée d'entrée pour fixer le niveau EB, et il précise qu'en l'absence de drainage le niveau retenu est celui de l'exutoire naturel des couches perméables augmenté de 0,50 m. La seconde consiste à arrêter le revêtement de cuvelage sous le niveau fini des terres sans traiter la zone au-dessus : le texte impose alors que la zone enterrée non cuvelée reçoive une protection extérieure de fondation conforme au NF DTU 20.1, faute de quoi l'eau de pluie peut pénétrer dans l'ouvrage par contournement du cuvelage.

Une troisième erreur relève de l'ordonnancement : différer notablement la construction des superstructures après réalisation du revêtement. La note de l'article 5.2.4 avertit qu'une phase de construction notablement différée des superstructures surmontant la structure résistante et ses retours peut conduire à l'apparition de défauts d'imperméabilisation consécutifs à cette nouvelle phase — c'est la raison pour laquelle l'essentiel des charges permanentes gravitaires doit s'exercer avant mise en place du revêtement.

Glossaire NF DTU 14.1

Partie immergée du bâtiment
Partie réputée située sous le niveau de l'eau, celle-ci pouvant résulter d'une nappe phréatique perchée ou en écoulement, ou d'une crue. Elle comprend la structure résistante, les retours et les autres parties intérieures (article 3.1).
Cuvelage
Ensemble comprenant la structure résistante et les retours de la partie immergée du bâtiment et, le plus souvent, un revêtement de cuvelage d'étanchéité (extrados) ou d'imperméabilisation (intrados).
Cuveleur
Entrepreneur spécialisé chargé des travaux de revêtement de cuvelage ; le terme est employé comme tel dans tout le NF DTU 14.1.
Local noble
Local dont la destination ou l'usage n'accepte aucune trace d'humidité sur les faces intérieures de la structure résistante et des retours liés à celle-ci. Les DPM doivent préciser leur présence et les localiser (articles 3.1 et 4).
Niveaux EB, EH, EE, EI
Niveaux d'eau de calcul : EB, niveau quasi permanent des basses eaux, susceptible d'être dépassé pendant la moitié du temps de référence de 50 ans ; EH, niveau caractéristique des hautes eaux, de période de retour 50 ans ; EE, niveau accidentel correspondant aux plus hautes eaux connues ou prévisibles ; EI, niveau d'inondation défini par le fil d'eau des orifices, lorsque les locaux sont inondables (article 3.3.1).
PHEC
Plus Hautes Eaux Connues : hauteur d'eau atteinte par la crue de référence la plus forte connue, définie dans le cadre d'un Plan de Prévention des Risques d'Inondation.
Bande d'arrêt d'eau (BAE)
Profilé assurant la continuité de la barrière contre les venues d'eau. La BAE de continuité est incorporée au gros œuvre au droit d'un joint de structure ; la BAE de compartimentage est un profilé synthétique assurant l'ancrage et le raccordement ponctuel d'une géomembrane à l'ouvrage en béton.
Bague étanche
Joint annulaire engravé in situ autour d'une traversée, assurant le raccordement de l'insert avec la structure résistante ; constitué d'un mortier hydrofugé mis en œuvre par matage dans la rainure et recouvert par le revêtement d'imperméabilisation.
Bourre de colmatage
Mortier à prise rapide destiné à colmater provisoirement les arrivées d'eau, réalisé in situ à partir d'un ciment Portland CEM I et d'un accélérateur de prise, ou par produit prêt à l'emploi (couramment appelé plug).
Drain de décharge hydraulique
Tube souple formant collecteur, scellé en profondeur dans une zone présentant des infiltrations pour l'assécher provisoirement ou en dévier le flux, maintenu en place par une bourre de colmatage.
Gorge creuse
Drain créé en fond d'une saignée présentant des infiltrations, pour collecter l'eau et l'évacuer par le drain de décharge ; sa paroi supérieure est réalisée à l'aide de la bourre de colmatage.
Radier gêné
Radier coulé après coup dans l'emprise de parois périphériques existantes et/ou encerclant des éléments porteurs intérieurs préfondés (article 3.1) ; il justifie la prise en compte d'une action de retrait résiduel dans les calculs d'ELS de fissuration.
SIL
Système d'Imperméabilisation Liquide : revêtement constitué de résines synthétiques à plusieurs composants mélangées in situ et appliquées en couches minces, avec un film d'imperméabilisation d'épaisseur de feuil sec au minimum de 800 μm.
Chape de protection (au sens du NF DTU 14.1)
Ouvrage de protection réalisé à base de mortier de ciment mais ne relevant pas du NF DTU 26.2 (article 3.1).

Questions fréquentes sur NF DTU 14.1

Qu'est-ce que NF DTU 14.1 ?

NF DTU 14.1 — Travaux de cuvelage. Le NF DTU 14.1 P1-1 (novembre 2020, indice de classement P 11-221-1-1) définit les conditions d'exécution des travaux de cuvelage de la partie immergée des bâtiments, la structure résistante, ses retours et les ouvrages solidarisés étant réalisés en béton armé ou précontraint. Il distingue trois techniques — cuvelage avec revêtement d'imperméabilisation appliqué en intrados, cuvelage à structure relativement étanche sans revêtement, cuvelage avec revêtement d'étanchéité appliqué en extrados — et il chiffre pour chacune les niveaux d'eau de calcul (EB, EH, EE, EI), les limites de contrainte des aciers tendus, l'épaisseur minimale des voiles, les pourcentages minimaux d'armatures, les épaisseurs de revêtement et les modalités de contrôle. Un niveau d'eau non défini aux DPM, un support livré sans cohésion superficielle suffisante ou un compartimentage d'étanchéité absent conduisent à des venues d'eau que l'on ne sait plus localiser ni traiter. Ce document relève de documents techniques unifiés.

Quels projets sont concernés par NF DTU 14.1 ?

Le domaine d'application couvre : Travaux de cuvelage de la partie immergée des bâtiments — structure résistante, retours et ouvrages solidarisés en béton armé ou précontraint de granulats courants — participant à la réalisation d'une barrière à l'eau stable et continue. Trois techniques visées : revêtement d'imperméabilisation (intrados), structure relativement étanche (sans revêtement), revêtement d'étanchéité (extrados). Hors domaine : dallages sur tapis drainant, techniques associant simultanément un revêtement d'étanchéité sous radier et un cuvelage par imperméabilisation ou structure relativement étanche en voile périphérique, structures en bétons de granulats lourds ou légers, bétons caverneux ou cellulaires, gros béton, maçonnerie d'éléments, et ouvrages spéciaux tels que cuves et réservoirs. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.

Comment garantir la conformité à NF DTU 14.1 sur un projet ?

En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.

Quelle est la différence entre imperméabilisation, structure relativement étanche et étanchéité en cuvelage ?

Le revêtement d'imperméabilisation est un écran intérieur adhérant à son support, imperméable à l'eau liquide mais pas à la vapeur d'eau, qui ne résiste pas à une fissuration appréciable du support ; des taches d'humidité y sont admises. Le cuvelage à structure relativement étanche ne comporte aucun revêtement et admet un léger passage d'eau borné à 0,5 l/m²/jour en moyenne annuelle et 1,0 l/m²/jour en moyenne hebdomadaire. Le cuvelage avec revêtement d'étanchéité est appliqué à l'extérieur de la structure et il est le seul étanche à l'eau liquide et à la vapeur (article 3.1).

Quel débit d'eau est admis dans un cuvelage à structure relativement étanche ?

Pour la structure résistante dans son ensemble : 0,5 l/m²/jour en moyenne annuelle et 1,0 l/m²/jour en moyenne hebdomadaire. Pour toute portion de structure résistante de 10 m² constituant un rectangle dont le rapport des côtés est compris entre 0,4 et 2,5 — portion pouvant, en paroi moulée, être centrée sur un joint : 2 l/m²/jour en moyenne hebdomadaire (article 3.1).

Que doivent préciser les documents particuliers du marché pour un cuvelage ?

L'article 4 impose : dans le cas d'une nappe, les niveaux EB, EH et EE, ou EB, EH et EI si les locaux sont inondables ; dans le cas des eaux en écoulement, les niveaux EB, PHEC et EI le cas échéant, exprimés en cote NGF de l'IGN ; le type de cuvelage retenu ; la présence ou non de locaux nobles et leur localisation ; l'agressivité des eaux et du sol ; les plantations éventuelles ; l'accessibilité pour l'entretien et pour la réparation éventuelle des revêtements ; l'emplacement et l'ordre de grandeur des déplacements des joints de fonctionnement.

Quelle cohésion superficielle du béton faut-il avant application d'un revêtement d'imperméabilisation ?

Elle doit être supérieure ou égale à 1 MPa jusqu'à une hauteur d'eau H' de 8 m, et à 1,5 MPa au-delà, avec une rupture de type A1 plein béton. La mesure est effectuée selon l'essai de traction perpendiculaire décrit à l'annexe D et fait partie du constat contradictoire de l'état du support (article 5.2.4).

Quelles conditions de température et d'humidité pour appliquer un revêtement d'imperméabilisation ?

Quatre conditions simultanées à l'article 5.3.3 : température ambiante Ta comprise entre + 5 °C et 35 °C ; humidité relative HR inférieure ou égale à 85 % ; température du support Ts comprise entre + 5 °C et 35 °C ; température du point de rosée Td telle que Td + 3 °C ≤ Ts. Le support doit être sec ou humide mat en surface, tout débit d'eau devant être bloqué ou canalisé par des drains de décharge.

Quelle épaisseur minimale pour un revêtement d'imperméabilisation à base de mortier ?

Revêtement mince : épaisseur minimale totale ≥ 3 fois le diamètre du plus gros granulat, avec un minimum de 4 mm en horizontal et 3 mm en vertical, couche d'accrochage comprise (article 5.3.5.1). Revêtement épais : 30 mm en parties horizontales et 24 mm en parties verticales, couche d'accrochage comprise (article 5.3.6). Pour un SIL, l'épaisseur du feuil sec mesurée selon la NF EN ISO 2808 est au minimum de 800 μm (article 5.3.8.2).

Quelle épaisseur de membrane PVC-P pour un cuvelage avec revêtement d'étanchéité ?

La membrane d'étanchéité en PVC-P doit avoir une épaisseur supérieure ou égale à 2 mm, complétée en partie verticale par une protection en membrane synthétique d'épaisseur nominale supérieure ou égale à 1,9 mm, et en partie inférieure par un géotextile de 700 g/m² minimum (article 7.3.3.2). Le recouvrement minimal entre lés est de 50 mm pour permettre la thermosoudure, avec une largeur de soudure d'au moins 12 mm en double soudure automatique à canal de contrôle et d'au moins 30 mm dans les autres cas.

À partir de quelle surface faut-il compartimenter une étanchéité de cuvelage ?

Sauf prescriptions plus sévères des DPM, un compartimentage doit être exécuté sur tout ouvrage comportant une surface d'un seul tenant à étancher supérieure à 300 m², surface horizontale plus verticale ; au-delà, le compartimentage cloisonne des surfaces d'au plus 200 m². Chaque élément de compartimentage doit comporter au minimum cinq dispositifs d'injection, qui doivent rester accessibles durant toute la vie de l'ouvrage (article 7.3.3.5).

Le NF DTU 14.1 impose-t-il un drainage périphérique ?

Non. Le NF DTU 14.1 ne prescrit pas de réseau de drainage : il utilise l'existence éventuelle d'un drainage ou de barbacanes comme donnée d'entrée pour fixer le niveau EB des eaux en écoulement. En présence d'un drainage et lorsque les DPM exigent un cuvelage avec revêtement, le niveau EB est le fil d'eau des barbacanes ou du drain augmenté de 50 cm ; en l'absence de drainage, c'est le niveau de l'exutoire naturel des couches perméables augmenté de 0,50 m, sans dépasser le niveau du sol fini extérieur (article 3.3.2).

Quand peut-on constater la bonne fin d'un cuvelage par imperméabilisation ?

L'article 5.3.4 fixe trois conditions cumulatives : le bâtiment est hors d'eau et les évacuations des eaux pluviales sont raccordées ; les réseaux d'eau enterrés sont raccordés ; et au minimum un mois s'est écoulé après l'achèvement de l'ouvrage. Il convient en outre que les autres causes d'humidité des locaux soient supprimées et, le cas échéant, que le rabattement de nappe soit arrêté afin de vérifier réellement la qualité des travaux.

Export rapide

Documents liés

NF DTU 13.1 - Fondations superficielles et semi-profondes

Le NF DTU 13.1 (P 11-201), edition septembre 2019, propose les clauses types de mise en oeuvre des fondations superficielles et semi-profondes en beton ou en beton arme : semelles filantes, semelles isolees, radiers generaux et massifs semi-profonds appeles puits courts. Il remplace le NF DTU 13.11 de juin 1997 et son amendement A1 ainsi que le NF DTU 13.12 de mars 1988. Il fixe la largeur minimale des semelles, l'epaisseur du beton de proprete, l'enrobage des armatures, la classe de resistance minimale du beton, les tolerances d'execution des fouilles et la methode de determination de la profondeur hors gel. Il ne traite ni la conception ni le dimensionnement, qui relevent des Eurocodes et de la NF P 94-261.

NF DTU 13.2 - Travaux de fondations profondes

Le NF DTU 13.2 (P 94-253) fixe les prescriptions d'exécution des fondations profondes et des fondations composites : pieux fores et barrettes, pieux avec refoulement de sol, micropieux et puits. Il complete les normes d'execution NF EN 1536, NF EN 12699 et NF EN 14199 sans s'y substituer. Il encadre le dossier geotechnique fourni au DCE, le curage de fond de pieu, le betonnage a sec ou en condition immergee, le recepage et les controles d'integrite. Un curage insuffisant, un tube plongeur mal amorce ou un recepage trop court compromettent la portance et la durabilite.

NF DTU 13.3 — Dallages : conception, calcul et exécution

Le NF DTU 13.3, révisé en décembre 2021, fixe les règles de conception, de calcul et d'exécution des dallages en béton à base de liants hydrauliques. Il se décline en deux cahiers des clauses techniques distincts : la partie 1-1-1 pour tous types d'ouvrages hors maisons individuelles, et la partie 1-1-2 pour les dallages de maisons individuelles. Il encadre la reconnaissance géotechnique, la forme et l'interface, l'épaisseur nominale, les armatures, le calepinage des joints, les conditions climatiques de bétonnage, les tolérances d'épaisseur, d'altitude, de planéité et de désaffleurement, et les délais de mise en service. Le DTU annonce explicitement viser à maîtriser la fissuration du béton, sans prétendre en éviter la formation.

NF DTU 20.1 — Ouvrages en maçonnerie de petits éléments (parois et murs)

Le NF DTU 20.1 est le texte de référence de la maçonnerie de petits éléments : blocs de béton de granulats, briques de terre cuite, blocs de béton cellulaire autoclavé, pierre naturelle et blocs de coffrage. Sa partie 1-1 (juillet 2020) fixe l'appareillage, le hourdage à joints épais, minces ou semi-épais, les maçonneries de soubassement et la protection contre les remontées d'humidité, les chaînages horizontaux, verticaux et inclinés, les linteaux et appuis de baies, les jonctions d'angle et en Té, et les tolérances d'exécution. Un décalage de joints insuffisant, un chaînage sous-dimensionné ou une coupure de capillarité mal positionnée sont les trois désordres les plus fréquemment relevés en expertise sur ce lot.

NF DTU 21 - Execution des ouvrages en beton

Le NF DTU 21 (P 18-201) fixe l'execution des ouvrages en beton coule en place pour le batiment : coffrage et etaiement, faconnage et mise en oeuvre des armatures, betonnage, cure, decoffrage, controles et caracteristiques dimensionnelles. Il s'articule avec la NF EN 13670/CN pour l'execution et la NF EN 206/CN pour le beton, et introduit trois categories de chantiers A, B et C. Un enrobage insuffisant, une cure absente ou un betonnage hors plage de temperature autorisee entrainent corrosion des armatures, faiencage et chute de resistance en peau.

NF DTU 23.2 - Planchers à dalles alvéolaires préfabriquées en béton

Le DTU 23.2 régit la pose des planchers à dalles alvéolaires précontraintes en béton — éléments utilisés en logements collectifs, bureaux et bâtiments industriels. Il définit les appuis minimaux, les liaisons de continuité, les chapes de répartition et les charges admissibles. Un appui insuffisant ou une chape mal armée provoque fissuration des joints longitudinaux et désordres acoustiques entre logements.

Informations

Référence NF DTU 14.1
Type Document Technique Unifié
Catégorie Documents Techniques Unifiés
Accès Gratuit
En vigueur depuis 1 novembre 2020

Documents remplacés

NF P 11-221-1 (référence DTU 14.1) de mai 2000

Dernière mise à jour

Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024

Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.

NF DTU 14.1 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. cuvelage, sous-sol enterré, partie immergée, revêtement d'imperméabilisation, structure relativement étanche, revêtement d'étanchéité, PVC-P, nappe phréatique, niveau EB EH EE, ouverture des fissures, bande d'arrêt d'eau, compartimentage, P 11-221-1-1, cuveleur.

Thématiques associées

Notre expertise couvre également ces thématiques connexes, sur lesquelles nous accompagnons régulièrement nos clients :

  • dtu 20.1
  • réseaux de drainage
  • évacuation des eaux pluviales
  • eaux de ruissellement
  • structure résistante
  • revêtement d imperméabilisation
  • type de cuvelage
  • vapeur d eau
  • bicouches en feuilles de bitume modifié
  • liquide sil
  • minéralisation de surface
  • revêtement d étanchéité
  • période de retour 50 ans
  • temps de référence 50
  • référence 50 ans
  • niveau quasi permanent