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Document Technique Unifié
NF DTU 23.2

NF DTU 23.2 - Planchers à dalles alvéolaires préfabriquées en béton

Le DTU 23.2 régit la pose des planchers à dalles alvéolaires précontraintes en béton, éléments utilisés en logements collectifs, bureaux et bâtiments industriels. Il définit les appuis minimaux, les liaisons de continuité, les chapes de répartition et les charges admissibles. Un appui insuffisant ou une chape mal armée provoque fissuration des joints longitudinaux et désordres acoustiques entre logements.

Domaine d'application

Dalles alvéolaires précontraintes pour planchers

Mis à jour le 15 janvier 2024
dalle alvéolaire
précontraint
plancher
prémoulé

Règles principales

Repos des dalles sur appuis

Obligatoire

2 P1-1 ne fixe aucune valeur forfaitaire de longueur d'appui. 2 P3. 1). Toute valeur d'appui annoncée sans référence au plan de préconisation de pose est donc dépourvue de fondement normatif.

Références : NF DTU 23.2 P1-1 § 5.3.1.1, NF DTU 23.2 P3 annexe A

Conformité des dalles et limites dimensionnelles

Obligatoire

1 que les dalles alvéolées soient conformes à la norme NF EN 1168, dans les limites dimensionnelles suivantes : pour les dalles précontraintes, épaisseur comprise entre 0,12 m et 0,40 m bornes incluses et largeur inférieure ou égale à 1,20 m ; pour les dalles en béton armé, épaisseur comprise entre 0,12 m et 0,24 m bornes incluses et largeur inférieure ou égale à 0,60 m ; pour les dalles biaises, angle n'excédant pas 45°.

La certification « Marque NF » vaut preuve de conformité. 2 ne prescrit pas de classe de résistance pour le béton des dalles elles-mêmes : celle-ci relève de la norme produit NF EN 1168 et de la conception du fabricant.

Références : NF DTU 23.2 P1-2 § 3.1, NF EN 1168

Joints, chaînages et tables de compression

Obligatoire

1 impose que les joints entre dalles soient remplis, après humidification des faces latérales, de béton fin dont le gravillon n'excède pas 16 mm, avec une classe de résistance supérieure ou égale à C20/25. Longitudinalement, les joints ne doivent contenir aucune canalisation. 2 porte à C25/30 au minimum la classe de résistance du béton des chaînages et des tables de compression de poutres.

4 impose que l'entreprise de gros oeuvre s'assure avant bétonnage que les extrémités des alvéoles sont obturées conformément aux plans de préconisation de pose.

Références : NF DTU 23.2 P1-1 § 5.4.1, NF DTU 23.2 P1-1 § 5.4.2, NF DTU 21

Manutention, stockage et pose

Obligatoire

2 limite l'empilement des dalles stockées sur chantier à 1,50 m de hauteur, toute pile plus haute nécessitant l'accord préalable du fournisseur, et impose de prévenir le fournisseur lorsque le délai de stockage sur chantier des dalles précontraintes dépassera deux semaines.

3 conditionne le mode de pose à l'état de la surface d'appui : pose à sec lorsque l'appui est surfacé au sens du NF DTU 21, pose à bain de mortier ou sur lisse de rive dans le cas contraire ; pour des dalles à armatures non dépassantes posées sur lisse de rive, un espacement minimum de 30 mm doit être ménagé entre le support et la sous-face.

2 l'angle d'élinguage à 60° au maximum.

Références : NF DTU 23.2 P1-1 § 5.2, NF DTU 23.2 P1-1 § 5.3, NF DTU 23.2 P1-2 § 5.2

Dalle collaborante rapportée et évacuation d'eau

Obligatoire

3 impose que la dalle collaborante rapportée soit coulée en béton de classe de résistance supérieure ou égale à C25/30, sur une surface préalablement nettoyée et abondamment humidifiée, qu'elle soit armée d'un treillis soudé anti-retrait ancré dans les chaînages périphériques, et que son épaisseur nominale ne soit jamais inférieure à 50 mm.

5 rappelle que les dalles comportent en sous-face, au droit de chaque alvéole, des trous d'évacuation d'eau (au voisinage des abouts pour les dalles précontraintes, en partie centrale pour les dalles en béton armé) que l'entreprise de gros oeuvre doit déboucher après bétonnage lorsqu'ils ont été obturés par de la laitance.

Références : NF DTU 23.2 P1-1 § 5.4.3, NF DTU 23.2 P1-1 § 5.5

Percements, trémies et chevêtres

Obligatoire

1 impose que les réservations exécutées sur chantier le soient par des moyens n'altérant pas la résistance de l'élément, le sciage et le carottage étant à privilégier.

1 définit les percements comme des réservations de faibles dimensions transversales situées au droit des alvéoles, dont la largeur n'excède pas la largeur d'une alvéole et qui doivent respecter l'enrobage des armatures ; ils sont réalisés suivant les prescriptions du fournisseur ou après son approbation.

2 admet les trémies sans chevêtre lorsqu'elles n'affectent pas plus de 25 % des nervures de la dalle en position centrale et 20 % en rive, valeur arrondie à l'entier inférieur. 3 impose un chevêtre métallique ou en béton armé pour les autres trémies de largeur inférieure ou égale à 1,20 m, et un système porteur du plancher défini par le bureau d'études structures au-delà de 1,20 m.

Exceptions :

  • • Réservations réalisées en usine, prévues au projet
Références : NF DTU 23.2 P1-1 § 6.1.1, NF DTU 23.2 P1-1 § 6.1.2, NF DTU 23.2 P1-1 § 6.1.3

Appuis sans retombée et repos effectif insuffisant

Obligatoire

1 impose que les armatures sortant en attente aux extrémités des dalles passent au-dessus d'une armature longitudinale de l'élément porteur de diamètre minimal 12 mm, disposée le plus près possible de l'about, et que la distance de chaque armature ou groupe d'armatures à l'axe de l'armature transversale la plus proche n'excède pas 75 mm.

3 impose une longueur de dépassement des armatures d'au moins 200 mm dans le cas d'une console courte.

4 n'admet le renforcement par suspentes en cas d'appui inexistant que si l'about de la dalle n'est pas à plus de 50 mm du nu de l'appui et si la pénétration de l'armature sur l'appui est au moins égale à 50 mm ; dans le cas contraire, la conception de l'appui doit être réexaminée.

Références : NF DTU 23.2 P1-1 § 6.3.1, NF DTU 23.2 P1-1 § 6.3.3, NF DTU 23.2 P1-1 § 6.4

Passage des gaines et canalisations

Obligatoire

4 interdit de disposer des gaines dans les clavetages et impose, lorsqu'elles sont placées dans la dalle collaborante, un enrobage par le béton au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine avec un minimum de 20 mm, une distance horizontale entre gaines au moins égale à leur diamètre avec un minimum de 40 mm, et au droit des croisements ou empilages localisés une occupation n'excédant pas la demi-épaisseur de la dalle collaborante.

3 limite en outre la profondeur de perçage des fixations par chevillage en sous-face à l'enrobage des armatures diminué de 10 mm.

Références : NF DTU 23.2 P1-1 § 6.5.3, NF DTU 23.2 P1-1 § 6.5.4

Support d'étanchéité, sismique et sécurité au feu

Obligatoire

12 pour les éléments porteurs de type D, la pente pouvant être donnée par les dalles, par la dalle collaborante ou par une forme rapportée ; en toiture-terrasse ou plancher intérieur accessible aux véhicules, les revêtements auto-protégés ne peuvent être mis en oeuvre que sur une dalle collaborante rapportée. 2 P3. 3 rappelle que les percements et réservations doivent être traités pour conserver le degré coupe-feu requis du plancher.

Références : NF DTU 23.2 P1-1 § 7.1, NF DTU 23.2 P1-1 § 7.2, NF DTU 23.2 P1-1 § 7.3, NF DTU 20.12

Tolérances d'exécution

Paramètre Tolérance Conditions
Tolérances générales d'exécution Celles du NF DTU 21 Article 8 : sauf indications contraires des DPM ; un enduit de dressement ou un ragréage est un moyen de respecter les exigences de planéité
Distance libre entre les éléments support ± 20 mm Article 8 du NF DTU 23.2 P1-1
Épaisseur de la dalle collaborante rapportée - 10 mm (tolérance en moins) Article 8 ; épaisseur nominale jamais inférieure à 50 mm (§ 5.4.3)
Support d'étanchéité Tolérances du NF DTU 20.12 Article 8 : applicables lorsque les dalles alvéolées sont utilisées en support d'étanchéité

Dimensions réglementaires

Épaisseur des dalles alvéolées précontraintes

Dimension : 0,12 m à 0,40 m (bornes incluses)
Minimum : 0,12 m
Maximum : 0,40 m

NF DTU 23.2 P1-2 § 3.1, largeur ≤ 1,20 m

Épaisseur des dalles alvéolées en béton armé

Dimension : 0,12 m à 0,24 m (bornes incluses)
Minimum : 0,12 m
Maximum : 0,24 m

NF DTU 23.2 P1-2 § 3.1, largeur ≤ 0,60 m

Angle maximal des dalles biaises

Dimension : ≤ 45°

NF DTU 23.2 P1-2 § 3.1

Épaisseur de la dalle collaborante rapportée

Dimension : ≥ 50 mm
Minimum : 50 mm

§ 5.4.3, béton C25/30 minimum, treillis soudé anti-retrait ancré dans les chaînages

Béton de remplissage des joints

Dimension : ≥ C20/25, gravillon ≤ 16 mm

§ 5.4.1, après humidification des faces latérales des dalles

Béton des chaînages et tables de compression de poutres

Dimension : ≥ C25/30

§ 5.4.2

Trémies sans chevêtre

Dimension : ≤ 25 % des nervures en position centrale, 20 % en rive

§ 6.1.2, valeur arrondie à l'entier inférieur

Trémies avec chevêtre

Dimension : ≤ 1,20 m de largeur

§ 6.1.3 ; au-delà, système porteur défini par le bureau d'études structures

Hauteur maximale d'empilement au stockage

Dimension : 1,50 m

§ 5.2, au-delà accord préalable du fournisseur

Charges de construction pour le dimensionnement de l'étaiement

Dimension : 1,0 kN/m² sans béton rapporté
Maximum : 1,5 kN/m² avec béton rapporté

Annexe B (informative) du NF DTU 23.2 P1-1

Comprendre NF DTU 23.2

Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.

Pour NF DTU 23.2, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.

Qui est concerné ?

Le domaine d'application de NF DTU 23.2 couvre : Dalles alvéolaires précontraintes pour planchers. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.

Progineer et la conformité document technique unifié

Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.

Tout savoir sur NF DTU 23.2

Le NF DTU 23.2 régit l'exécution des planchers à dalles alvéolées préfabriquées en béton. Il se compose du cahier des clauses techniques types NF DTU 23.2 P1-1 (indice de classement P 19-201-1-1), des critères généraux de choix des matériaux NF DTU 23.2 P1-2, du cahier des clauses administratives spéciales NF DTU 23.2 P2 et des règles de calcul NF DTU 23.2 P3. La version en vigueur est celle d'août 2008, homologuée par décision du directeur général d'AFNOR le 16 juillet 2008.

Le domaine d'application couvre les ouvrages courants (logements, bâtiments scolaires et hospitaliers, immeubles de bureaux, bâtiments industriels, commerces et parkings) ainsi que certains ouvrages de génie civil comme les couvertures de stations d'épuration ou de bassins de rétention, situés ou non en zones sismiques. Il couvre les charges roulantes sans limitation particulière tant que la charge par essieu n'excède pas 30 kN, cette limitation ne s'appliquant pas aux véhicules des sapeurs-pompiers en raison du caractère exceptionnel de leurs interventions.

La caractéristique la plus déroutante de ce DTU, pour qui vient d'autres corps d'état, est qu'il ne donne presque aucune valeur forfaitaire. Il n'existe pas de longueur d'appui réglementaire, pas de portée maximale tabulée, pas de classe de béton pour les dalles elles-mêmes. Le texte renvoie systématiquement au plan de préconisation de pose du fournisseur et aux règles de calcul de la partie P3. C'est un choix cohérent : la dalle alvéolée est un produit industriel dont les performances sont attestées par la norme NF EN 1168 et par le marquage, et le DTU encadre la mise en oeuvre, pas le produit.

La conséquence pratique est que le plan de préconisation de pose est la pièce contractuelle centrale du lot. Il doit être établi par le fournisseur, validé et éventuellement complété par le bureau d'études chargé de l'étude générale d'exécution, et intégré aux plans d'exécution de l'entreprise de gros oeuvre. Un chantier de dalles alvéolées qui dérape est presque toujours un chantier où cette chaîne documentaire a été escamotée.

Comprendre en détail NF DTU 23.2

Domaine d'application et limites dimensionnelles

L'article 1 du NF DTU 23.2 P1-1 vise les planchers constitués de dalles alvéolées précontraintes dont l'épaisseur est comprise entre 0,12 m et 0,40 m bornes incluses et dont la largeur n'excède pas 1,20 m, et les planchers constitués de dalles alvéolées en béton armé dont l'épaisseur est comprise entre 0,12 m et 0,24 m bornes incluses et dont la largeur n'excède pas 0,60 m. Les dalles biaises sont admises jusqu'à un angle de 45°.

L'épaisseur de la dalle collaborante éventuelle ne doit pas excéder le tiers de la hauteur totale du montage. Cette limite est structurante en conception de plancher composite : elle empêche de compenser une dalle alvéolée sous-dimensionnée par une dalle rapportée surépaisse.

Le domaine exclut les charges donnant lieu à des chocs répétés ou dynamiques, ainsi que les charges variables d'exploitation dont la fraction 1 − ψ2 excède le double des charges permanentes. Il admet en revanche des charges permanentes lourdes, notamment des murs de façade ou de refend portés directement par le plancher, c'est un des atouts majeurs de la technique.

Le document ne vise ni le traitement de l'épiderme de la sous-face, ni l'exécution des joints en sous-face des planchers. Ces deux points doivent donc être traités dans les documents particuliers du marché lorsque la sous-face reste apparente.

Le repos sur appui : pourquoi il n'existe pas de valeur forfaitaire

L'article 3 définit trois notions distinctes qu'il ne faut jamais confondre : le repos sur appui, distance horizontale entre le nu de l'appui et le point le plus en retrait au niveau de la sous-face de la dalle ; le repos minimum, valeur en dessous de laquelle une lisse de rive est obligatoire ; et le repos nominal, valeur indiquée sur le plan de pose qui tient compte des tolérances de fabrication des dalles et des tolérances d'exécution des ouvrages.

Le paragraphe 5.3.1.1 impose que le repos constaté « u » soit supérieur ou au moins égal à la valeur minimale prescrite sur les plans de préconisation de pose du fournisseur, ces valeurs étant fonction de la portée des dalles et déterminées conformément à l'annexe A de la norme NF DTU 23.2 P3. Il n'existe donc aucune valeur forfaitaire opposable de type « 50 mm sur maçonnerie » : toute valeur de ce genre citée sans référence au plan de préconisation de pose est sans fondement normatif.

Lorsque le repos constaté est insuffisant, l'entreprise doit procéder immédiatement à la mise en place de lisses d'appui pour les dalles concernées, et avertir le bureau d'études structures ainsi que le bureau d'études du fournisseur afin de vérifier la compatibilité avec les hypothèses de calcul.

L'article 5 définit également l'espace d'appui : profondeur d'appui nominale devant être réservée sur la structure porteuse pour permettre la pose, compte tenu d'obstacles éventuels comme les cadres de poutre et des différentes tolérances. C'est cette cote, et non le repos, qu'il faut porter sur les plans de coffrage du gros oeuvre.

Pose, étaiement et stabilité en phases provisoires

Le paragraphe 5.3 conditionne le mode de pose à l'état de la surface d'appui. Lorsque celle-ci est surfacée au sens du NF DTU 21, la pose est réalisée à sec. Dans le cas contraire, elle doit être réalisée soit à bain de mortier, soit sur lisse de rive. Pour des dalles à armatures non dépassantes posées sur lisse de rive, un espacement minimum de 30 mm doit être ménagé entre le support et la sous-face des dalles.

En pose sur lisse d'appui, la totalité des charges (poids des dalles, poids de la dalle collaborante rapportée, charges de construction) est reportée sur la lisse jusqu'au durcissement du béton de chaînage. La lisse et ses étais doivent être dimensionnés pour la totalité de ces charges, et leur stabilité assurée par un contreventement efficace. La lisse doit être disposée proche de l'appui afin de ne pas créer de porte-à-faux.

L'annexe B, informative, fixe les charges de construction à retenir pour le dimensionnement de l'étaiement : 1,0 kN/m² pour des dalles sans béton rapporté et 1,5 kN/m² avec béton rapporté. Ces valeurs ont été déterminées dans l'hypothèse d'une faible accumulation de béton et d'un personnel en nombre limité ; lorsque ces conditions ne sont pas satisfaites, l'entreprise doit définir elle-même l'intensité à prendre en compte.

Le paragraphe 5.3.2 est catégorique sur un point souvent négligé : le plancher ne peut être exploité (stockage, mise en oeuvre du niveau supérieur) qu'une fois les clavetages des joints et les chaînages réalisés et efficaces. C'est la cause d'incident la plus fréquente sur ce type de plancher.

Joints, chaînages et dalle collaborante : les classes de béton

Le paragraphe 5.4.1 impose que les joints entre dalles soient remplis, après humidification des faces latérales, de béton fin dont le gravillon n'excède pas 16 mm, avec une classe de résistance supérieure ou égale à C20/25. Longitudinalement, les joints ne doivent contenir aucune canalisation, prescription absolue, et pourtant régulièrement méconnue par les lots techniques.

Le paragraphe 5.4.2 porte à C25/30 au minimum la classe de résistance du béton des chaînages et des tables de compression de poutres. Le paragraphe 5.4.3 impose la même classe C25/30 pour la dalle collaborante rapportée, coulée sur une surface préalablement nettoyée et abondamment humidifiée, armée d'un treillis soudé anti-retrait ancré dans les chaînages périphériques, d'une épaisseur nominale jamais inférieure à 50 mm.

Le seuil de 50 mm est celui qui est le plus souvent transgressé dans les projets où la hauteur d'étage est contrainte. Il n'est pas négociable : une dalle collaborante de 40 mm ne relève pas du DTU et ne peut pas être justifiée par un calcul de résistance seul, car l'épaisseur conditionne aussi l'enrobage du treillis et le comportement au retrait.

Lorsque les revêtements de sols sont fragiles, ou lorsqu'une fissure sur appui nuirait à l'exploitation, le paragraphe 5.4.3 impose de mettre en oeuvre des armatures en chapeaux selon le paragraphe 5.4.3 de la norme NF DTU 23.2 P3. C'est le point de jonction entre le lot gros oeuvre et le lot revêtements de sol, et il doit être arbitré au DCE, pas en cours de chantier.

Percements, trémies et porte-à-faux

Le paragraphe 6.1 impose que les réservations exécutées sur chantier le soient par des moyens n'altérant pas la résistance de l'élément, le sciage et le carottage étant les solutions à privilégier.

Les percements, définis au paragraphe 6.1.1 comme des réservations de faibles dimensions transversales situées au droit des alvéoles, doivent avoir une largeur n'excédant pas la largeur d'une alvéole et respecter l'enrobage des armatures. Ils sont réalisés suivant les prescriptions du fournisseur, ou après son approbation s'ils ne sont pas prévus au projet.

Le paragraphe 6.1.2 admet les trémies sans chevêtre lorsqu'elles n'affectent pas plus de 25 % des nervures de la dalle pour les trémies en position centrale et 20 % pour les trémies situées en rive, valeur arrondie à l'entier inférieur. Le paragraphe 6.1.3 impose un chevêtre métallique ou en béton armé pour les autres trémies de largeur inférieure ou égale à 1,20 m, et un système porteur du plancher défini par le bureau d'études structures de l'entreprise de gros oeuvre au-delà de 1,20 m.

Pour les porte-à-faux, le paragraphe 6.2 impose une classe de béton coulé en oeuvre au moins égale à C25/30 et, en prolongement des dalles sans dalle collaborante, l'ouverture d'au plus une alvéole sur deux en partie supérieure pour incorporer une armature par alvéole. Le porte-à-faux avec débord des dalles n'est pas admis en zone sismique (§ 6.2.3).

Gaines, fixations en sous-face et finitions

Le paragraphe 6.5.4 traite le passage des réseaux avec une précision qui mérite d'être suivie à la lettre. Les gaines placées au-dessus des dalles doivent être disposées en dehors des clavetages, soit dans la dalle collaborante rapportée, soit dans un ravoirage, soit dans les alvéoles.

Lorsqu'elles sont placées dans la dalle collaborante, elles doivent permettre un enrobage par le béton au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine avec un minimum de 20 mm, présenter entre elles une distance horizontale au moins égale à leur diamètre avec un minimum de 40 mm, et ne pas occuper plus de la demi-épaisseur de la dalle collaborante au droit des croisements ou empilages localisés.

Le paragraphe 6.5.3 encadre les fixations en sous-face. Le chevillage n'est possible qu'à condition de disposer d'un gabarit de repérage ne permettant le perçage qu'au droit des alvéoles, ou d'utiliser un matériel muni d'un limiteur de pénétration ; dans ce dernier cas, la profondeur de perçage ne doit pas dépasser l'enrobage des armatures diminué de 10 mm. Les systèmes de fixation par pistoscellement doivent faire l'objet d'un Avis Technique particulier autorisant leur emploi en sous-face de dalles alvéolées.

Le paragraphe 6.5.1 range la sous-face des dalles alvéolées parmi les parements de type courant au sens du NF DTU 21. Lorsque la sous-face doit rester apparente avec une exigence d'aspect supérieure, cela doit être spécifié dans les documents particuliers du marché, le DTU ne visant ni le traitement de l'épiderme ni l'exécution des joints en sous-face.

Support d'étanchéité, zones sismiques et sécurité au feu

Le paragraphe 7.1 admet l'emploi des planchers à dalles alvéolées en support d'étanchéité dans les conditions définies par le NF DTU 20.12 pour les éléments porteurs de type D. La pente peut être donnée directement par les dalles, par la dalle collaborante rapportée ou par une forme rapportée en béton.

En toiture-terrasse ou plancher intérieur accessible à la circulation de véhicules, les revêtements d'étanchéité auto-protégés ne peuvent être mis en oeuvre que sur une dalle collaborante rapportée. Lorsque l'étanchéité est appliquée directement sur le plancher, l'ouverture de la fissure sur appui est déterminée conformément à l'article 5.4.4 de la norme NF DTU 23.2 P3, et les zones d'appuis doivent être repérées et matérialisées. Dans le cas des planchers sans dalle collaborante, un ragréage local est nécessaire pour respecter les critères de planéité au droit du joint.

Le paragraphe 7.2 prévoit qu'en zone sismique, le plancher peut être réalisé soit avec une dalle collaborante rapportée en béton armé, soit sans dalle collaborante moyennant un système de crantage latéral ou la mise en place d'armatures de couture, les dispositions étant définies à l'article 9 de la norme NF DTU 23.2 P3.

Le paragraphe 7.3 rappelle que les dalles alvéolées sont constituées d'éléments incombustibles et ne présentent pas de risques spéciaux par dégagement de fumées ni par diffusion de gaz de distillation inflammables ou toxiques, mais que les percements et réservations doivent être traités pour conserver le degré coupe-feu requis du plancher.

Tolérances d'exécution et chaîne documentaire

L'article 8 renvoie aux tolérances du NF DTU 21, sauf indications contraires des documents particuliers du marché. Il ajoute deux valeurs propres : la tolérance sur la distance libre entre les éléments support est prise égale à ± 20 mm, et la tolérance en moins sur l'épaisseur de la dalle collaborante rapportée est de − 10 mm.

Lorsque les dalles alvéolées sont utilisées comme support d'étanchéité, ce sont les tolérances du NF DTU 20.12 qui s'appliquent, c'est-à-dire une planéité générale de 10 mm sous règle de 2 m, une planéité locale de 3 mm sous réglette de 0,20 m et un désaffleurement au droit des joints inférieur ou égal à 3 mm.

Le NF DTU 23.2 P1-2 définit au paragraphe 6 le contenu du plan de préconisation de pose : hypothèses de calcul, conditions d'appui, ancrages, liaisons et continuités, pente éventuelle, définition et poids théorique des dalles avec repérage et implantation, conditions de stockage, de manutention, de levage et de pose, et conditions d'étaiement éventuel.

Le paragraphe 7 impose que les plans d'exécution des ouvrages soient réalisés sous la responsabilité de l'entreprise de gros oeuvre à partir des plans de préconisation de pose, et que le plan de préconisation de pose soit validé et éventuellement complété par le bureau d'études chargé de l'étude générale d'exécution du bâtiment. Cette double validation est le verrou de qualité du lot : lorsqu'elle est escamotée, personne n'a vérifié la cohérence entre le produit du fabricant et la structure porteuse.

Erreurs fréquentes sur les planchers à dalles alvéolées

Prescrire une longueur d'appui forfaitaire au CCTP. Le NF DTU 23.2 n'en donne aucune : le repos minimum figure sur le plan de préconisation de pose du fournisseur et se détermine selon l'annexe A de la partie P3, en fonction de la portée.

Couler une dalle collaborante de moins de 50 mm d'épaisseur nominale, en méconnaissance du paragraphe 5.4.3.

Employer un béton de classe insuffisante : C20/25 minimum pour les joints avec un gravillon n'excédant pas 16 mm, C25/30 minimum pour les chaînages, les tables de compression de poutres et la dalle collaborante.

Faire passer une canalisation dans le joint longitudinal entre dalles, ce que le paragraphe 5.4.1 interdit expressément.

Exploiter le plancher (stockage de matériaux, étaiement du niveau supérieur) avant que les clavetages et les chaînages ne soient réalisés et efficaces (§ 5.3.2).

Réaliser une trémie sans chevêtre qui affecte plus de 25 % des nervures en position centrale ou 20 % en rive (§ 6.1.2), ou dépasser 1,20 m de largeur sans système porteur défini par le bureau d'études (§ 6.1.3).

Percer la sous-face au marteau ou hors gabarit : le paragraphe 6.5.3 impose un gabarit de repérage ou un limiteur de pénétration, la profondeur ne devant pas dépasser l'enrobage des armatures diminué de 10 mm.

Poser une étanchéité auto-protégée directement sur les dalles dans un plancher accessible aux véhicules, alors que le paragraphe 7.1 l'interdit en l'absence de dalle collaborante rapportée.

Oublier de déboucher les trous d'évacuation d'eau obturés par la laitance après bétonnage (§ 5.5), ce qui provoque des rétentions d'eau dans les alvéoles et des désordres en sous-face.

Réaliser un porte-à-faux avec débord des dalles en zone sismique : le paragraphe 6.2.3 ne l'admet pas.

Glossaire NF DTU 23.2

Dalle alvéolée
Élément de plancher préfabriqué en béton armé ou précontraint comportant des alvéoles longitudinales. Conforme à la norme NF EN 1168, dans les limites dimensionnelles du NF DTU 23.2 P1-2 § 3.1.
Repos sur appui
Distance horizontale entre le nu de l'appui et le point le plus en retrait au niveau de la sous-face de la dalle (§ 3.2). Sa valeur minimale figure sur le plan de préconisation de pose.
Repos minimum
Valeur de repos sur appui en dessous de laquelle une lisse de rive est obligatoire (§ 3.3).
Repos nominal
Valeur du repos indiquée sur le plan de pose, qui tient compte des tolérances de fabrication des dalles et des tolérances d'exécution des ouvrages (§ 3.4).
Espace d'appui
Profondeur d'appui nominale à réserver sur la structure porteuse pour permettre la pose, compte tenu des obstacles éventuels et des tolérances (§ 3.5).
Plan de préconisation de pose
Ensemble des plans et documents du fournisseur définissant les conditions de mise en oeuvre des dalles (§ 3.1). Pièce contractuelle centrale du lot, à valider par le bureau d'études d'exécution.
Clavetage
Remplissage en béton fin du joint entre deux dalles, assurant leur solidarisation. Gravillon ≤ 16 mm, classe ≥ C20/25 (§ 5.4.1).
Dalle collaborante rapportée
Dalle en béton armé coulée en place sur les dalles alvéolées et participant à la résistance du plancher. Épaisseur nominale ≥ 50 mm, béton ≥ C25/30, treillis soudé anti-retrait ancré dans les chaînages (§ 5.4.3).
Élément porteur de type D
Classification du NF DTU 20.12 visant les éléments préfabriqués posés jointifs et solidarisés par clefs continues, sans continuité sur appuis. C'est sous ce type que les planchers à dalles alvéolées sont admis en support d'étanchéité (§ 7.1).
Lisse de rive
Dispositif d'appui provisoire, supporté par des étais, obligatoire lorsque le repos constaté est inférieur au repos minimum. Elle reprend la totalité des charges jusqu'au durcissement du béton de chaînage (§ 5.3.1.2).

Questions fréquentes sur NF DTU 23.2

Qu'est-ce que NF DTU 23.2 ?

NF DTU 23.2 - Planchers à dalles alvéolaires préfabriquées en béton. Le DTU 23.2 régit la pose des planchers à dalles alvéolaires précontraintes en béton, éléments utilisés en logements collectifs, bureaux et bâtiments industriels. Il définit les appuis minimaux, les liaisons de continuité, les chapes de répartition et les charges admissibles. Un appui insuffisant ou une chape mal armée provoque fissuration des joints longitudinaux et désordres acoustiques entre logements. Ce document relève de documents techniques unifiés.

Quels projets sont concernés par NF DTU 23.2 ?

Le domaine d'application couvre : Dalles alvéolaires précontraintes pour planchers. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.

Comment garantir la conformité à NF DTU 23.2 sur un projet ?

En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase (conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception) et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.

Quelle est la longueur d'appui minimale d'une dalle alvéolée ?

Le NF DTU 23.2 n'en fixe aucune de manière forfaitaire. Le paragraphe 5.3.1.1 renvoie aux valeurs minimales portées sur les plans de préconisation de pose du fournisseur, déterminées en fonction de la portée conformément à l'annexe A de la norme NF DTU 23.2 P3.

Quelles épaisseurs de dalles alvéolées sont couvertes par le DTU ?

De 0,12 m à 0,40 m bornes incluses pour les dalles précontraintes (largeur ≤ 1,20 m), et de 0,12 m à 0,24 m bornes incluses pour les dalles en béton armé (largeur ≤ 0,60 m), selon le NF DTU 23.2 P1-2 § 3.1.

Quelle épaisseur minimale pour la dalle collaborante rapportée ?

Le paragraphe 5.4.3 impose une épaisseur nominale jamais inférieure à 50 mm, en béton de classe au moins égale à C25/30, armée d'un treillis soudé anti-retrait ancré dans les chaînages périphériques.

Quelle classe de béton pour le clavetage des joints ?

Le paragraphe 5.4.1 impose un béton fin de gravillon n'excédant pas 16 mm, de classe de résistance supérieure ou égale à C20/25, coulé après humidification des faces latérales des dalles.

Peut-on faire passer une gaine dans le joint entre deux dalles ?

Non. Le paragraphe 5.4.1 interdit toute canalisation dans les joints longitudinaux. Les gaines doivent être disposées en dehors des clavetages : dans la dalle collaborante, dans un ravoirage ou dans les alvéoles (§ 6.5.4).

Quelle taille de trémie peut-on faire sans chevêtre ?

Le paragraphe 6.1.2 admet les trémies sans chevêtre lorsqu'elles n'affectent pas plus de 25 % des nervures en position centrale et 20 % en rive, valeur arrondie à l'entier inférieur. Au-delà, un chevêtre est nécessaire jusqu'à 1,20 m de largeur.

Quand peut-on utiliser le plancher comme aire de stockage ?

Le paragraphe 5.3.2 impose que les clavetages des joints et les chaînages soient réalisés et efficaces avant toute exploitation du plancher, y compris le stockage et la mise en oeuvre du niveau supérieur.

Quelles charges de construction retenir pour l'étaiement ?

L'annexe B, informative, retient 1,0 kN/m² pour des dalles sans béton rapporté et 1,5 kN/m² avec béton rapporté, dans l'hypothèse d'une faible accumulation de béton et d'un personnel en nombre limité.

Un plancher à dalles alvéolées peut-il recevoir une étanchéité ?

Oui, dans les conditions du NF DTU 20.12 pour les éléments porteurs de type D (§ 7.1). En plancher accessible aux véhicules, les revêtements auto-protégés exigent une dalle collaborante rapportée. Les zones d'appuis doivent être repérées et matérialisées.

Comment fixer une suspente en sous-face d'une dalle alvéolée ?

Le paragraphe 6.5.3 admet les suspentes traversantes, le chevillage et le pistoscellement. Le chevillage suppose un gabarit de repérage limitant le perçage au droit des alvéoles ou un limiteur de pénétration, la profondeur ne dépassant pas l'enrobage des armatures diminué de 10 mm. Le pistoscellement exige un Avis Technique particulier.

Quelles tolérances d'exécution s'appliquent ?

L'article 8 renvoie aux tolérances du NF DTU 21, en ajoutant ± 20 mm sur la distance libre entre éléments support et − 10 mm sur l'épaisseur de la dalle collaborante. En support d'étanchéité, ce sont les tolérances du NF DTU 20.12 qui s'appliquent.

Quelles dispositions en zone sismique ?

Le paragraphe 7.2 admet soit une dalle collaborante rapportée en béton armé, soit l'absence de dalle collaborante moyennant un crantage latéral ou des armatures de couture, selon l'article 9 de la norme NF DTU 23.2 P3. Le porte-à-faux avec débord des dalles n'est pas admis (§ 6.2.3).

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Informations

Référence NF DTU 23.2
Type Document Technique Unifié
Catégorie Documents Techniques Unifiés
Accès Gratuit

Dernière mise à jour

Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024

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