NF DTU 23.5 - Planchers à poutrelles en béton et entrevous
Le NF DTU 23.5 encadre l'exécution des planchers à poutrelles préfabriquées et entrevous, technique dominante en maison individuelle et en petit collectif. Il fixe les repos minimaux sur appuis, l'étaiement, l'épaisseur et la classe de béton de la dalle de répartition, les règles de percement et les dispositions parasismiques. Un repos d'appui insuffisant ou un étaiement retiré trop tôt provoque fissuration des nervures, flèches excessives et désordres irréversibles en sous-face.
Domaine d'application
Planchers à poutrelles précontraintes et entrevous
Règles principales
Repos des poutrelles sur appuis
2 impose que la pose respecte les valeurs minimales de repos indiquées sur les plans de préconisation de pose du fournisseur, et donne les valeurs minimales permettant d'assurer la sécurité à la mise en oeuvre : le repos sur appui « u » doit être au moins égal à 15 mm sur les éléments en béton armé et à 25 mm sur les éléments maçonnés.
Un noeud inférieur du treillis raidisseur doit se trouver au-dessus de l'appui, sinon à une distance du nu n'excédant pas 10 cm. Le dimensionnement vis-à-vis de l'ancrage se fait sur la base du repos nominal, égal au repos minimum retenu augmenté de 15 mm au titre des tolérances de produit et d'exécution. Lorsque ces longueurs d'appui ne sont pas vérifiées, une lisse de rive est obligatoire.
Dalle de répartition et table de compression
17 définit la dalle de répartition comme une dalle en béton armé monolithique d'épaisseur nominale au moins égale à 4 cm, portée à 5 cm pour les entrevous de coffrage simple, coulée en place sur toute la surface du plancher.
1 impose un béton de classe minimale C25/30 conforme à la NF EN 206/CN, avec une granulométrie limitée à 16 mm, réduite à 10 mm pour le jointoiement entre entrevous porteurs en terre cuite. 3 confirme la classe C25/30 pour la dalle de répartition et les nervures coulées en oeuvre, et impose que les faces des poutrelles soient nettoyées et humidifiées avant coulage.
1 impose un espacement maximal des armatures de la dalle de répartition de 20 cm perpendiculairement aux nervures et de 33 cm parallèlement aux nervures.
Pose et repos des entrevous
3 impose, compte tenu des tolérances de fabrication et de pose, une largeur minimale d'appui des entrevous de 15 mm au moins sur les poutrelles et de 20 mm au moins sur le mur ou sur le coffrage.
4 impose que les rehausses en polystyrène expansé prévues sur les entrevous de coffrage simple soient collées, emboîtées ou fixées mécaniquement par ancres plastiques, que la découpe latérale des entrevous n'affecte pas leur résistance, et qu'en travée démodulée la découpe reproduise le profil transversal de l'entrevous d'entraxe courant afin de conserver la forme et la section de clavetage.
2 exige la conformité des entrevous aux normes NF EN 15037-2 (béton), 15037-3 (terre cuite), 15037-4 (polystyrène expansé) et 15037-5 (entrevous légers de coffrage simple).
Étaiement provisoire et délais
1 impose des lisses d'appui parallèles aux supports, continues sous le plancher, disposées à moins de 30 cm de l'appui sauf justifications particulières et suffisamment rigides compte tenu de l'espacement des étais. L'annexe A, informative, retient une charge de construction de 2 kN/m² pour le dimensionnement du dispositif d'étaiement.
4 impose, pour les poutrelles dont la pose est prévue sans étai, un âge d'au moins sept jours au moment du coulage du béton. 2 retient sept jours pour l'accès à un plancher posé sans étai. 5 interdit toute exploitation du plancher avant que la dalle de compression et les chaînages n'aient atteint la résistance nécessaire.
Exceptions :
- • Poutrelles autoportantes dont la pose sans étai est prévue à l'étude
Chaînages, chapeaux et dispositions parasismiques
1 pour les bâtiments à murs porteurs maçonnés et au NF DTU 21 pour les murs en béton banché, en rappelant que la section des chaînages en toiture-terrasse est majorée.
8 impose, lorsque des chaînages transversaux intermédiaires armés sont nécessaires, une épaisseur de béton coulé en oeuvre au moins égale à 3 cm au-dessus des poutrelles et à 4 cm au-dessus des entrevous de coffrage au droit des chaînages, leurs armatures devant équilibrer le même effort que l'armature minimale d'une dalle de répartition de 4 cm d'épaisseur sur une largeur égale à l'entraxe des chaînages.
2 précise que lorsque l'ancrage des poutrelles est insuffisant, une épingle à plat en acier HA de classe B500, à branches longues d'au moins 50 cm, peut être disposée à mi-hauteur du chaînage, de diamètre 6 mm en zones de sismicité 2 et 3, 8 mm en zone 4 et 10 mm en zone 5. 1 impose que la petite maille du treillis soudé soit perpendiculaire aux poutrelles.
Percements, trémies et chevêtres
1 précise qu'un percement isolé de dimensions inférieures ou égales à 20 cm, en travée courante, hors zone de clavetage et hors zone de chapeau, ne nécessite pas l'approbation du fournisseur ; les autres percements sont réalisés suivant ses spécifications et après son approbation.
Les percements dans la zone de béton de clavetage de part et d'autre de la poutrelle doivent être évités, et le sciage ou le carottage sont à privilégier, le burinage au marteau piqueur n'étant pas souhaitable. 2 limite la largeur des trémies sans chevêtre, mesurée perpendiculairement à la portée, à l'espace libre entre deux poutrelles.
3 impose au-delà un chevêtre in situ en béton armé sur toute la hauteur du plancher, les aciers inférieurs de la poutre chevêtre étant relevés à 45° près des appuis.
Gaines et canalisations incorporées
1 interdit toute incorporation de gaines lorsque l'épaisseur de la dalle de compression est inférieure ou égale à 5 cm.
Lorsqu'elle est possible, l'incorporation impose que les gaines passent sous la nappe de treillis soudé, présentent un enrobage par rapport à la surface au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine avec un minimum de 4 cm pour les planchers à entrevous de coffrage résistants et de 5 cm pour les autres types, et une distance horizontale entre elles au moins égale à leur diamètre avec un minimum de 50 mm.
Aucune canalisation ni conducteur ne doit être placé dans le béton de clavetage de part et d'autre des poutrelles, et les canalisations placées au-dessus et parallèlement aux poutrelles doivent en être éloignées d'au moins la plus grande dimension du conducteur, sans descendre sous 2 cm. Toutes les incorporations non prévues à l'étude sont interdites.
Appuis sans retombée et repos insuffisant
3 traite les éléments porteurs sans soffite, poutres noyées ou extradossées, en imposant soit des barres relevées convenablement ancrées au-delà du plan de reprise et équilibrant la totalité de l'effort tranchant, soit des armatures de suspension.
Dans ce second cas, la face d'about des poutrelles précontraintes doit être rugueuse ou inclinée en surplomb avec un fruit au moins égal à 1 pour 6, les armatures longitudinales étant ancrées d'une longueur d'au moins 8 cm à partir de l'armature de suspension.
Les charges peuvent être relevées par deux cadres de l'élément porteur espacés au maximum de 15 cm, à condition que les aciers de la poutrelle appuient sur un acier longitudinal de diamètre au moins égal à 14 mm. 4 n'admet les dispositions correctives en cas de repos insuffisant que si l'about de la poutrelle n'est pas à plus de 2 cm du nu de l'appui.
Toitures avec étanchéité et sous-toitures
12, en distinguant les éléments porteurs de type A (dalle de répartition complète coulée en oeuvre) et de type C (entrevous porteurs béton ou terre cuite sans dalle de répartition rapportée). 12 exige une résistance thermique garantie au moins égale à 1 °C·m²/W au-dessus de l'élément porteur. 1 recommande, pour les sous-toitures dont la pente excède 100 %, de n'utiliser que des montages sans dalle de répartition.
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Tolérances générales d'exécution | Celles du NF DTU 21 | Article 8 : sauf indications contraires mentionnées dans les DPM |
| Distance libre entre les éléments support | ± 20 mm | Article 8 du NF DTU 23.5 P1-1 |
| Épaisseur de la dalle de répartition et de la table de compression | - 5 mm (tolérance en moins) | Article 8 ; épaisseur nominale ≥ 4 cm, ou 5 cm pour entrevous de coffrage simple |
| Écart entre deux niveaux de planchers consécutifs | ± 20 mm | Article 8, figure 51 du NF DTU 23.5 P1-1 |
| Position du noeud inférieur du treillis raidisseur par rapport au nu d'appui | ≤ 10 cm | § 5.3.2 : sinon le noeud doit se trouver au-dessus de l'appui |
Dimensions réglementaires
Hauteur totale des poutrelles en béton précontraint
NF DTU 23.5 P1-2 § 3.1, épaisseur d'âme ≥ 40 mm, armatures de précontrainte de diamètre < 9,3 mm
Hauteur totale des poutrelles en béton armé à treillis raidisseur
NF DTU 23.5 P1-2 § 3.1, diagonales du treillis de diamètre 4 à 9 mm
Entraxe maximal entre poutrelles voisines
Article 1 : au-delà, le plancher sort du domaine d'application du DTU
Repos minimal des poutrelles sur appui
§ 5.3.2 ; repos nominal = repos minimum retenu + 15 mm
Repos minimal des entrevous
§ 5.3.3
Épaisseur nominale de la dalle de répartition
§ 3.17, béton C25/30 minimum
Chaînages transversaux intermédiaires
§ 5.5.1.8
Percement isolé sans approbation du fournisseur
§ 6.1.1, en travée courante, hors zone de clavetage et hors zone de chapeau
Charge par essieu couverte par le domaine d'application
Article 1, en application des NF DTU 20.12 et NF DTU 43.1
Charge de construction pour le dimensionnement de l'étaiement
Annexe A (informative) du NF DTU 23.5 P1-1
Comprendre NF DTU 23.5
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF DTU 23.5, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF DTU 23.5 couvre : Planchers à poutrelles précontraintes et entrevous. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF DTU 23.5
Le NF DTU 23.5 régit l'exécution des planchers à poutrelles préfabriquées en béton et entrevous. Il se compose du cahier des clauses techniques types NF DTU 23.5 P1-1 (indice de classement P 19-204-1-1), des critères généraux de choix des matériaux NF DTU 23.5 P1-2 et du cahier des clauses administratives spéciales NF DTU 23.5 P2. Les règles de calcul relèvent de la norme NF P 19-205.
C'est la technique de plancher la plus répandue en maison individuelle et en petit collectif français. Sa banalité est trompeuse : le DTU comporte un domaine d'application précis, des repos d'appui très faibles en valeur absolue, et une chaîne de responsabilité entre le fournisseur de poutrelles, le bureau d'études et l'entreprise de gros oeuvre qui doit être respectée à la lettre.
Le document est applicable dans toutes les zones climatiques ou naturelles françaises et couvre les ouvrages courants — logements, bâtiments scolaires et hospitaliers, immeubles de bureaux, bâtiments industriels, commerces et parkings. Il couvre les charges roulantes de faible intensité, la charge par essieu ne devant pas excéder 30 kN, valeur ramenée à 20 kN pour les toitures-terrasses accessibles aux véhicules légers en application des NF DTU 20.12 et NF DTU 43.1.
Le point le plus contre-intuitif du texte est la valeur des repos minimaux : 15 mm sur les éléments en béton armé et 25 mm sur les éléments maçonnés. Ces valeurs, très inférieures à ce que l'intuition suggère, ne sont pas des longueurs d'appui de calcul mais des minima de sécurité à la mise en oeuvre ; le dimensionnement s'effectue sur le repos nominal, égal au repos minimum retenu augmenté de 15 mm au titre des tolérances.
Comprendre en détail NF DTU 23.5
Domaine d'application et limites du DTU
L'article 1 couvre les planchers constitués de poutrelles en béton précontraint dont la hauteur totale est comprise entre 90 et 220 mm et dont l'épaisseur de l'âme est supérieure ou égale à 4 cm, et les planchers constitués de poutrelles en béton armé à treillis raidisseur dont la hauteur totale est comprise entre 100 et 250 mm. Les planchers reposent sur deux appuis et peuvent comporter un porte-à-faux.
Le document ne vise pas les planchers dont l'entraxe entre poutrelles voisines excède 750 mm, ceux soumis à des chocs répétés ou importants et à des sollicitations de fatigue, ceux munis de rupteurs de pont thermique en périphérie coupant la table de compression sur toute sa hauteur, ni ceux non abrités des intempéries et exposés à des atmosphères agressives.
Une limitation particulière mérite d'être signalée : le DTU ne vise pas les planchers d'une hauteur totale qui excède 2,5 fois la hauteur des poutrelles en béton précontraint, sauf dans le cas de montages à entrevous résistants en béton ou en terre cuite dans lesquels la liaison entre poutrelles et béton complémentaire de nervure est réalisée par des armatures transversales de couture. Cette limitation forfaitaire vise à éviter des montages de proportions inhabituelles.
Les planchers utilisés en sous-toiture avec dalle de répartition sont exclus lorsque la pente est supérieure à 100 % et que les poutrelles sont posées perpendiculairement à la ligne de pente. Enfin, les poutrelles en béton armé dont la membrure basse ou les treillis sont réalisés en feuillard profilé à froid ne sont pas visées.
Repos sur appuis : les valeurs réelles du paragraphe 5.3.2
Le paragraphe 5.3.2 impose d'abord de respecter les valeurs minimales de repos indiquées sur les plans de préconisation de pose du fournisseur. Il donne ensuite les valeurs minimales permettant d'assurer la sécurité à la mise en oeuvre : le repos sur appui « u » doit être au moins égal à 15 mm sur les éléments en béton armé et à 25 mm sur les éléments maçonnés.
Ces deux valeurs sont fréquemment inversées ou surestimées dans les documents de chantier. Il faut noter que le repos exigé est plus élevé sur maçonnerie que sur béton armé, ce qui s'explique par la dispersion géométrique plus grande d'un mur en petits éléments et par la sensibilité de l'arête à l'épaufrure.
Le texte précise que le fournisseur peut retenir des repos minimaux supérieurs, qui seront portés sur le plan de préconisation de pose, et que le dimensionnement vis-à-vis de l'ancrage se fait sur la base du repos nominal, déduit du repos minimum retenu augmenté de 15 mm au titre des tolérances de produit et d'exécution.
Pour les poutrelles à treillis raidisseur, un noeud inférieur du treillis doit se trouver au-dessus de l'appui, sinon à une distance du nu n'excédant pas 10 cm. Pour les poutrelles à socle en bois, le repos des socles est identique à celui des talons en béton, et un distancier doit se trouver sur l'appui ou à une distance n'excédant pas 3 cm du nu. Lorsque ces conditions ne sont pas vérifiées, une lisse de rive est obligatoire.
Étaiement : lisses, charges et délais
Le paragraphe 5.3.4.1 impose des lisses d'appui parallèles aux supports et continues sous le plancher, disposées à moins de 30 cm de l'appui sauf justifications particulières, et suffisamment rigides compte tenu de l'espacement des étais. Jusqu'au durcissement du béton de clavetage, la réaction des charges appliquées est reportée sur la lisse d'appui.
Le paragraphe 5.3.4.2 impose que les lisses d'étaiement intermédiaires soient réglées de niveau avec les appuis pour les poutrelles ne présentant pas de contre-flèche, et mises au contact de la sous-face dans le cas contraire, sans soulever les poutrelles précontraintes. Des étais réglés trop bas entraîneraient dans les poutrelles des contraintes supplémentaires inacceptables.
L'annexe A, informative, retient une charge de construction de 2 kN/m² pour le dimensionnement du dispositif d'étaiement, déterminée dans l'hypothèse d'une faible accumulation de béton et d'un personnel en nombre limité. Cette charge ne doit pas être confondue avec la charge de chantier prise en compte pour la vérification des poutrelles en phases provisoires.
Sur les délais, le texte est prudent et indicatif. Le paragraphe 5.5.2.4.1 indique qu'un délai de quatorze jours est généralement suffisant, dans les cas courants et pour des conditions moyennes de température, avant enlèvement des étais, un délai plus court n'étant envisageable que sur justifications particulières. Le paragraphe 5.5.2.4.2 retient sept jours pour l'accès à un plancher posé sans étai. Le paragraphe 5.3.4.4 impose par ailleurs que les poutrelles dont la pose est prévue sans étai soient âgées d'au moins sept jours au moment du coulage.
Dalle de répartition, béton et treillis soudé
Le paragraphe 3.17 définit la dalle de répartition comme une dalle en béton armé monolithique d'épaisseur nominale au moins égale à 4 cm, portée à 5 cm pour les entrevous de coffrage simple, coulée en place sur toute la surface du plancher afin de répartir sur les nervures les charges concentrées ou d'assurer la résistance à la flexion de la dalle entre les nervures.
Le paragraphe 5.5.2.1 impose un béton de classe minimale C25/30 conforme à la NF EN 206/CN, avec une granulométrie limitée à 16 mm, réduite à 10 mm pour le jointoiement entre entrevous porteurs en terre cuite. La même classe C25/30 s'applique aux chaînages (§ 5.5.2.2) et à la dalle de répartition et aux nervures coulées en oeuvre (§ 5.5.2.3). Le texte note explicitement que cette exigence peut correspondre à une résistance supérieure à celle résultant de certaines classes d'exposition, dont la classe XC1.
Le paragraphe 5.5.2.3 impose que les faces des poutrelles — flanc et partie supérieure — soient préalablement nettoyées et humidifiées avant coulage, et rappelle la nécessité de vibrer les bétons non auto-plaçants. Le bétonnage des nervures ou clavetages et des dalles doit en règle générale être simultané ; un bétonnage fractionné n'est possible que s'il a été prévu à l'étude et si la couture des reprises est assurée.
Le paragraphe 5.5.1.1 impose que la petite maille du treillis soudé soit perpendiculaire aux poutrelles, que le ferraillage recouvre tout le plancher et pénètre dans les chaînages, et qu'il soit calé sans poinçonner les entrevous isolants. Le NF DTU 23.5 P1-2 § 3.3.1 fixe l'espacement maximal des armatures de la dalle de répartition à 20 cm perpendiculairement aux nervures et à 33 cm parallèlement aux nervures.
Chaînages, ancrages et dispositions parasismiques
Le paragraphe 5.5.1.7 renvoie au NF DTU 20.1 pour les bâtiments à murs porteurs maçonnés et au NF DTU 21 pour les murs en béton banché, en rappelant que la section des chaînages en toiture-terrasse est majorée. Le NF DTU 23.5 ne définit donc pas lui-même la section des chaînages périphériques : toute valeur de type « 4 HA 10 » citée comme prescription du DTU 23.5 est infondée.
Le paragraphe 5.5.1.8 impose, lorsque des chaînages transversaux intermédiaires armés sont nécessaires — cas des montages avec entrevous porteurs — une épaisseur de béton coulé en oeuvre au moins égale à 3 cm au-dessus des poutrelles et à 4 cm au-dessus des entrevous de coffrage au droit des chaînages. Leurs armatures doivent équilibrer le même effort que l'armature minimale d'une dalle de répartition de 4 cm d'épaisseur sur une largeur égale à l'entraxe des chaînages.
Le paragraphe 5.5.1.3.2 traite les armatures complémentaires de liaison. Lorsque l'ancrage des poutrelles est insuffisant, une épingle à plat peut être disposée à l'extrémité de chaque poutrelle, boucle approchée le plus possible du parement extérieur du chaînage, située à mi-hauteur du chaînage, à branches longues d'au moins 50 cm, constituée d'acier HA de classe B500 et de diamètre 6 mm en zones de sismicité 2 et 3, 8 mm en zone 4 et 10 mm en zone 5. Ces dispositions peuvent être utilisées pour répondre à la réglementation sismique.
Le paragraphe 5.5.1.2 rappelle que les armatures en chapeaux doivent être disposées au plus près de la face supérieure du plancher en respectant l'enrobage minimum, ligaturées au treillis soudé lorsque celui-ci est en position haute, et calées pour ne subir aucune déformation lors du bétonnage. Il exclut de réaliser une continuité par chapeaux rapportés dans les montages où la résistance est assurée par les poutrelles seules.
Percements, trémies et gaines incorporées
Le paragraphe 6.1.1 pose une règle pratique très utile : un percement isolé de dimensions inférieures ou égales à 20 cm, en travée courante, hors zone de clavetage et hors zone de chapeau, ne nécessite pas l'approbation du fournisseur. Tous les autres percements sont réalisés suivant ses spécifications et après son approbation.
Les percements dans la zone de béton de clavetage de part et d'autre de la poutrelle doivent être évités. Le sciage et le carottage sont à privilégier ; le burinage au marteau piqueur n'est pas souhaitable. Le paragraphe 6.1.2 limite la largeur des trémies sans chevêtre, mesurée perpendiculairement à la portée, à l'espace libre entre deux poutrelles. Au-delà, le paragraphe 6.1.3 impose un chevêtre in situ en béton armé sur toute la hauteur du plancher, les aciers inférieurs de la poutre chevêtre étant relevés à 45° près des appuis.
Le paragraphe 5.5.2.5.1 est catégorique sur les gaines : lorsque l'épaisseur de la dalle de compression est inférieure ou égale à 5 cm, toute incorporation de gaines électriques, d'eau ou de chauffage est interdite. C'est une contrainte de conception majeure, car la dalle de répartition courante est précisément de 4 ou 5 cm.
Lorsque l'incorporation est possible, les gaines doivent passer sous la nappe de treillis soudé, présenter un enrobage par rapport à la surface au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine avec un minimum de 4 cm pour les planchers à entrevous de coffrage résistants et de 5 cm pour les autres types, et une distance horizontale entre elles au moins égale à leur diamètre avec un minimum de 50 mm. Aucune canalisation ni conducteur ne doit être placé dans le béton de clavetage. Toutes les incorporations non prévues à l'étude sont interdites.
Appuis sans retombée et repos insuffisant (articles 6.3 et 6.4)
Le paragraphe 6.3 traite le cas des éléments porteurs sans soffite — poutres noyées ou extradossées — qui sont devenus courants en logement collectif pour dégager la hauteur sous plafond. Deux solutions sont admises.
La première consiste à utiliser des barres relevées : la poutrelle ne pénétrant pas dans l'élément porteur, ses armatures inférieures doivent être ancrées conformément au paragraphe 10.1 de la NF P 19-205 et des barres relevées, convenablement ancrées au-delà du plan de reprise, doivent équilibrer la totalité de l'effort tranchant.
La seconde consiste à utiliser des armatures de suspension. Dans ce cas, la face d'about des poutrelles précontraintes doit être rugueuse ou éventuellement présenter des indentations horizontales, ou être inclinée en surplomb sur l'appui avec un fruit au moins égal à 1 pour 6. Les armatures longitudinales des poutrelles doivent être ancrées d'une longueur d'au moins 8 cm à partir de l'armature de suspension. Les charges peuvent être relevées par deux cadres appartenant à l'élément porteur, espacés au maximum de 15 cm, à condition que les aciers de la poutrelle appuient sur un acier longitudinal de diamètre au moins égal à 14 mm.
Le paragraphe 6.4 encadre le cas d'un repos effectif insuffisant constaté sur chantier : l'entreprise doit procéder sans délai à la mise en place de lisses d'appui, et les dispositions correctives ne sont acceptables que si l'about de la poutrelle n'est pas à plus de 2 cm du nu de l'appui.
Toitures-terrasses, sous-toitures et tolérances
Le paragraphe 7.1 impose que les planchers utilisés en élément porteur de toiture avec étanchéité soient conçus en conformité avec le NF DTU 20.12. Il distingue les éléments porteurs de type A — planchers à poutrelles avec entrevous de coffrage et dalle de répartition complète coulée en oeuvre — et de type C — planchers à poutrelles et entrevous porteurs en béton ou terre cuite, sans dalle de répartition rapportée.
Compte tenu de la solidarisation du plancher à la structure porteuse, il impose de limiter l'amplitude des mouvements d'origine thermique en prévoyant une isolation thermique suffisante sur le plancher et en vérifiant que le point de rosée se situe au-dessus du pare-vapeur. Il rappelle que le paragraphe 5.4.1-b du NF DTU 20.12 exige, indépendamment de toute autre exigence réglementaire, une résistance thermique garantie au moins égale à 1 °C·m²/W au-dessus de l'élément porteur.
Le paragraphe 7.2 traite les sous-toitures et les planchers de combles non accessibles normalement. Il rappelle que la conception, le calcul et la mise en oeuvre sont indissociables dans le cas des structures inclinées, et recommande, lorsque la pente excède 100 %, de n'utiliser que des montages sans dalle de répartition. Ce paragraphe ne s'applique pas aux planchers de comble aménageable, qui sont traités comme des planchers courants.
L'article 8 renvoie aux tolérances du NF DTU 21, en ajoutant une tolérance de ± 20 mm sur la distance libre entre les éléments support, une tolérance en moins de − 5 mm sur l'épaisseur de la dalle de répartition et de la table de compression, et une tolérance de ± 20 mm entre deux niveaux de planchers consécutifs. Il attire l'attention sur le fait que, suivant le type de poutrelle et de montage, l'encombrement global du plancher peut être supérieur à l'épaisseur résistante prise en compte lors du dimensionnement.
Erreurs fréquentes sur les planchers à poutrelles et entrevous
Prescrire un repos d'appui de 40 mm sur maçonnerie et 50 mm sur béton armé. Le paragraphe 5.3.2 retient 25 mm sur les éléments maçonnés et 15 mm sur les éléments en béton armé, valeurs minimales de sécurité à la mise en oeuvre, le plan de préconisation de pose pouvant imposer davantage.
Couler la dalle de répartition en béton C20/25. Le paragraphe 5.5.2.1 impose la classe minimale C25/30, avec une granulométrie limitée à 16 mm.
Incorporer des gaines dans une dalle de compression de 4 ou 5 cm : le paragraphe 5.5.2.5.1 l'interdit dès que l'épaisseur est inférieure ou égale à 5 cm.
Placer une canalisation dans le béton de clavetage de part et d'autre des poutrelles, ce que le même paragraphe interdit expressément.
Retenir un entraxe supérieur à 750 mm, ce qui fait sortir le plancher du domaine d'application du DTU (article 1).
Attribuer au NF DTU 23.5 des prescriptions de chaînage périphérique qu'il ne contient pas : le paragraphe 5.5.1.7 renvoie au NF DTU 20.1 et au NF DTU 21.
Retirer les étais à 21 ou 28 jours par habitude, ou au contraire à sept jours : le paragraphe 5.5.2.4.1 retient quatorze jours à titre indicatif dans les cas courants, un délai plus court n'étant envisageable que sur justifications.
Poser sans étai des poutrelles âgées de moins de sept jours au moment du coulage, contrairement au paragraphe 5.3.4.4.
Régler les lisses d'étaiement trop bas sous des poutrelles précontraintes à contre-flèche, ce qui introduit des contraintes inacceptables (§ 5.3.4.2).
Réaliser une trémie sans chevêtre d'une largeur supérieure à l'espace libre entre deux poutrelles (§ 6.1.2).
Glossaire NF DTU 23.5
- Poutrelle
- Élément préfabriqué en béton précontraint (hauteur totale 90 à 220 mm, âme ≥ 40 mm) ou en béton armé à treillis raidisseur (hauteur totale 100 à 250 mm), conforme à la NF EN 15037-1.
- Entrevous
- Élément de remplissage entre poutrelles, en béton, terre cuite, polystyrène expansé ou matériau léger de coffrage simple, conforme aux normes NF EN 15037-2 à 15037-5.
- Dalle de répartition
- Dalle en béton armé monolithique d'épaisseur nominale ≥ 4 cm (5 cm pour les entrevous de coffrage simple), coulée en place sur toute la surface du plancher (§ 3.17).
- Table de compression
- Membrure supérieure comprimée d'une section de plancher porteur. Dite « complète » lorsqu'elle couvre la totalité de la surface, « partielle » sinon (§ 3.19).
- Dalle indépendante
- Dalle en béton armé monolithe d'au moins 5 cm coulée sur une couche de matériau, généralement isolant, qui la désolidarise du plancher (§ 3.18).
- Repos sur appui
- Longueur d'appui de la poutrelle. Minimum 15 mm sur éléments en béton armé et 25 mm sur éléments maçonnés (§ 5.3.2). Repos nominal = repos minimum retenu + 15 mm.
- Lisse de rive
- Lisse d'appui continue supportée par des étais, disposée à moins de 30 cm de l'appui, obligatoire lorsque le repos minimal n'est pas atteint (§ 5.3.4.1).
- Clavetage
- Béton coulé en oeuvre entre les entrevous, de part et d'autre de la poutrelle, assurant la liaison. Aucune canalisation ne peut y être placée (§ 5.5.2.5.1).
- Armature de couture
- Armature ancrée dans la poutrelle et dans le béton coulé en place, rétablissant le monolithisme de la nervure (§ 3.15).
- Élément porteur de type A / type C
- Classification du NF DTU 20.12 reprise au § 7.1 : type A pour les montages à dalle de répartition complète coulée en oeuvre, type C pour les montages à entrevous porteurs sans dalle rapportée.
Questions fréquentes sur NF DTU 23.5
Qu'est-ce que NF DTU 23.5 ?
NF DTU 23.5 - Planchers à poutrelles en béton et entrevous. Le NF DTU 23.5 encadre l'exécution des planchers à poutrelles préfabriquées et entrevous, technique dominante en maison individuelle et en petit collectif. Il fixe les repos minimaux sur appuis, l'étaiement, l'épaisseur et la classe de béton de la dalle de répartition, les règles de percement et les dispositions parasismiques. Un repos d'appui insuffisant ou un étaiement retiré trop tôt provoque fissuration des nervures, flèches excessives et désordres irréversibles en sous-face. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF DTU 23.5 ?
Le domaine d'application couvre : Planchers à poutrelles précontraintes et entrevous. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF DTU 23.5 sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Quel est le repos d'appui minimal d'une poutrelle ?
Le paragraphe 5.3.2 retient 15 mm sur les éléments en béton armé et 25 mm sur les éléments maçonnés, sous réserve des valeurs supérieures que le fournisseur peut porter sur le plan de préconisation de pose. Le dimensionnement de l'ancrage se fait sur le repos nominal, égal au repos minimum retenu augmenté de 15 mm.
Quelle épaisseur minimale pour la dalle de répartition ?
Le paragraphe 3.17 impose une épaisseur nominale au moins égale à 4 cm, portée à 5 cm pour les entrevous de coffrage simple.
Quelle classe de béton pour la dalle de compression ?
Le paragraphe 5.5.2.1 impose une classe minimale C25/30 conforme à la NF EN 206/CN, avec une granulométrie limitée à 16 mm, réduite à 10 mm pour le jointoiement entre entrevous porteurs en terre cuite.
Peut-on noyer des gaines électriques dans la dalle de compression ?
Non lorsque son épaisseur est inférieure ou égale à 5 cm : le paragraphe 5.5.2.5.1 l'interdit. Lorsque l'incorporation est possible, les gaines passent sous la nappe de treillis soudé, avec un enrobage minimal de 4 cm sur entrevous de coffrage résistants et de 5 cm dans les autres cas, et une distance horizontale entre elles d'au moins 50 mm.
Quel entraxe maximal entre poutrelles ?
L'article 1 exclut du domaine d'application les planchers dont l'entraxe entre poutrelles voisines excède 750 mm.
Quand peut-on retirer les étais d'un plancher à poutrelles ?
Lorsque la résistance nécessaire du béton est atteinte. Le paragraphe 5.5.2.4.1 indique qu'un délai de quatorze jours est généralement suffisant dans les cas courants et pour des conditions moyennes de température ; un délai plus court n'est envisageable que sur justifications particulières.
Quelle charge de construction retenir pour dimensionner l'étaiement ?
L'annexe A, informative, retient 2 kN/m², valeur déterminée dans l'hypothèse d'une faible accumulation de béton et d'un personnel en nombre limité.
Quelle taille de percement peut-on faire sans consulter le fournisseur ?
Le paragraphe 6.1.1 admet un percement isolé de dimensions inférieures ou égales à 20 cm, en travée courante, hors zone de clavetage et hors zone de chapeau, sans approbation du fournisseur.
Quel repos minimal pour les entrevous ?
Le paragraphe 5.3.3 impose une largeur minimale d'appui de 15 mm au moins sur les poutrelles et de 20 mm au moins sur le mur ou sur le coffrage.
Quelles dispositions parasismiques prévoit le DTU 23.5 ?
Le paragraphe 5.5.1.3.2 prévoit, en cas d'ancrage insuffisant, une épingle à plat en acier HA B500 à branches d'au moins 50 cm placée à mi-hauteur du chaînage, de diamètre 6 mm en zones de sismicité 2 et 3, 8 mm en zone 4 et 10 mm en zone 5.
Un plancher à poutrelles peut-il recevoir une étanchéité ?
Oui, à condition d'être conçu en conformité avec le NF DTU 20.12 (§ 7.1), en type A avec dalle de répartition complète coulée en oeuvre ou en type C avec entrevous porteurs. Une isolation thermique d'au moins 1 °C·m²/W au-dessus de l'élément porteur est exigée.
Quelles tolérances d'exécution s'appliquent ?
L'article 8 renvoie aux tolérances du NF DTU 21, en ajoutant ± 20 mm sur la distance libre entre éléments support, − 5 mm sur l'épaisseur de la dalle de répartition et de la table de compression, et ± 20 mm entre deux niveaux de planchers consécutifs.
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Informations
Dernière mise à jour
Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024
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NF DTU 23.5 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. poutrelle précontrainte, entrevous, plancher, table compression, planchers, corps creux, hourdis, nervures, béton.