NF DTU 23.1 (NF P18-210) — Murs en béton banché
Le NF DTU 23.1, publié sous la référence NF P18-210, fixe les clauses techniques d'exécution des murs en béton banché : ouvrages verticaux en béton coulés dans des coffrages à leur emplacement définitif — façades, pignons, refends. Il porte à la fois les conditions d'exécution (béton, coffrages, tolérances, incorporations, armatures, reprises de bétonnage, parements) et les règles de conception et de calcul, avec les dispositions constructives minimales de chaînage et d'armatures de peau et la justification du mur au flambement. C'est l'un des NF DTU les plus anciens encore en vigueur : sa partie calcul renvoie explicitement aux Règles BAEL et au DTU PS 69, ce qui impose de transposer sur les Eurocodes pour toute opération contemporaine.
Domaine d'application
Parois et murs en béton banché réalisés en béton ordinaire de granulats courants, coulés dans des coffrages à leur emplacement définitif dans la construction : façades, pignons, refends, murs de rive et murs intérieurs
Règles principales
Objet, domaine d'application et exclusions
1 définit les murs en béton banché comme des ouvrages en béton verticaux, coulés dans des coffrages à leur emplacement définitif dans la construction (façades, pignons, refends). Ces ouvrages comprennent habituellement des armatures de comportement fixées forfaitairement et des armatures prises en compte dans les calculs ; lorsqu'ils ne comprennent que des armatures de comportement, ils sont conventionnellement appelés murs non armés.
Le document ne traite pas des ouvrages réalisés à partir de granulats lourds ou légers, ni de ceux en béton caverneux, cellulaire ou en gros béton ; il ne traite pas non plus des ouvrages spéciaux tels que cheminées, cuves et réservoirs, ni des murs de bâtiments dans lesquels l'intégralité du chauffage est incorporée au plancher, ni des éléments préfabriqués non traditionnels et autres composants industriels.
2 précise que le domaine d'application est le même que celui de la partie B des Règles BAEL et du NF DTU 21.
Exceptions :
- • Éléments préfabriqués sous Avis Technique : emploi précisé dans l'Avis Technique
- • Absence d'Avis Technique : emploi subordonné à l'acceptation du maître d'ouvrage
- • Murs préfabriqués dont la préfabrication ne modifie pas sensiblement le comportement final : le texte reste applicable (art. 4.3.3)
Composition du béton : une exigence de compacité, pas une classe imposée
1 n'impose aucune classe de résistance forfaitaire — c'est une différence essentielle avec les fiches produits du commerce. Il prescrit que la composition du béton soit établie non seulement en vue de satisfaire les prescriptions de résistance mécanique prises en compte dans les calculs, mais aussi en vue d'obtenir une bonne compacité et une faible fissurabilité.
Une bonne façon d'atteindre ces objectifs est de rechercher un rapport eau/ciment minimal compte tenu de l'ouvrabilité nécessaire, ce qui peut conduire à l'utilisation de fluidifiant ; en cas de doute, la preuve peut être apportée par un essai de convenance.
En plus des prescriptions du NF DTU 21, la nature et le dosage en ciment doivent être choisis en fonction de la qualité des outils coffrants et des conditions d'exécution, notamment climatiques, en vue d'éviter la détérioration des parements lors du décoffrage. Pour les murs extérieurs, et sauf dispositions contraires des DPM, on adopte les dosages minimaux prescrits par le NF DTU 21 pour les ouvrages exposés.
La seule borne chiffrée sur le béton figure au domaine de validité du calcul (art. 1) : la résistance caractéristique du béton à 28 jours est au plus égale à 40 MPa.
Coffrages, produits de démoulage et sécurité
2 impose que le type et l'état des coffrages permettent d'obtenir les parements définis par les DPM. Dans le cas de bâtis incorporés pour ouvertures, le coffrage doit être équipé de tout dispositif assurant le bon remplissage du béton sous la traverse basse compte tenu de la mise en oeuvre — évents notamment.
L'entrepreneur doit examiner ses coffrages sous l'angle de la sécurité des personnes, et les éléments de coffrage de grandes dimensions doivent être équipés des dispositifs tels que passerelles et béquilles nécessaires à la sécurité de la main-d'oeuvre pendant les opérations de bétonnage ainsi que pendant les manutentions et le stockage entre les phases de bétonnage.
Sauf cas particuliers prévus dans les DPM ou arrêtés en accord avec le maître d'ouvrage (agents retardateurs de surface par exemple), les produits de démoulage utilisés ne doivent pas laisser, in fine, de trace notable sur les parements de béton ; lorsque les DPM indiquent les finitions qui seront appliquées (enduit, peinture), l'entrepreneur doit choisir des produits de démoulage compatibles avec ces finitions.
Écarts d'implantation et cumul sur la hauteur du mur
3 impose que les tolérances relatives à un niveau et les écarts d'implantation des parois comme des percements restent compatibles avec les hypothèses d'excentricité prises en compte dans le chapitre de calcul et répondent aux conditions d'assemblage et d'aspect. 1 s'appliquent.
Pour les parois à parements verticaux ayant même plan axial, l'écart e1 maximal mesuré horizontalement entre la trace des plans axiaux de deux murs superposés sur leur plancher commun ne doit pas dépasser le 1/15 de l'épaisseur du mur le moins épais avec un maximum de 3 cm, l'écart e2 mesuré horizontalement entre les traces des plans des parements des murs de part et d'autre d'un plancher ne devant pas dépasser 2 cm.
1 du NF DTU 21 pour une hauteur d'étage.
Planéité, désaffleurs entre banches et rectitude des arêtes
1 du NF DTU 21 soient respectées.
1 ajoute une prescription qui lui est propre et qui est le premier point de litige d'aspect sur un chantier de voiles : les désaffleurs entre panneaux constituant les banches ou entre banches ne devront pas dépasser 10 mm pour les parements ordinaires, 3 mm avec un linéaire inférieur à 1 m/m² pour les parements courants, et 3 mm avec un linéaire inférieur à 0,5 m/m² pour les parements soignés.
La notion de linéaire admissible par mètre carré est essentielle : un désaffleur de 3 mm n'est pas acceptable en quantité illimitée sur un parement soigné. 1 du NF DTU 21 relatives aux parements restent par ailleurs applicables (art. 6 du NF DTU 21 (art. 8).
Localisation des reprises de bétonnage et joints de préfissuration
6 impose qu'avant tout début de travaux, les emplacements de reprise de bétonnage et de joints de préfissuration, tant verticaux qu'horizontaux, soient définis dans tous les murs extérieurs dont les caractéristiques de résistance à la pénétration de l'eau peuvent être affectées par la fissuration du béton — c'est-à-dire les murs des types I, II et III du Guide de choix.
Lorsque les reprises et joints débouchent en façade, ils doivent être traversés par les armatures minimales prévues pour les murs extérieurs. Les joints de préfissuration font normalement partie des éléments inclus dans le dossier des plans d'exécution. Pour les murs intérieurs et les murs extérieurs de type IV, aucune prescription n'est formulée, mais le DTU conseille d'étudier leur emplacement de façon à réduire ou localiser les effets des variations linéaires.
Le traitement des surfaces de reprise et la façon de bloquer les coffrages pour la deuxième phase de coulage au droit d'une reprise doivent être tels que la reprise de bétonnage ne soit pas un chemin préférentiel de passage de l'eau au travers du mur : cela peut conduire à un nettoyage ou repiquage de la reprise, ou, en cas de talonnette, à définir ses caractéristiques.
Exceptions :
- • Murs intérieurs et murs extérieurs de type IV : aucune prescription formulée, étude conseillée
Chaînage au niveau des planchers
1 impose un chaînage au niveau de chaque plancher : au croisement de chaque mur avec un plancher, sauf exception — le cas du plancher bois de comble pouvant en constituer une —, et en ceinturage de façade lorsque la tranche du plancher est visible ou dans le cas de façade maçonnée.
Ce chaînage est constitué par les aciers qui se trouvent dans le volume commun au mur et au plancher ainsi que, dans le cas des dalles pleines, par ceux qui se trouvent dans une bande de plancher inférieure à 4 fois l'épaisseur du plancher, de part et d'autre du mur.
Les aciers pris en compte doivent être ancrés à partir des extrémités des murs et présenter sur la longueur du chaînage les recouvrements nécessaires.
La section minimale d'acier de chaînage est fixée à 1,5 cm² pour un chaînage entre un plancher et un mur de pignon, entre un plancher et un mur contre terre, entre un plancher et une façade maçonnée, et entre un plancher et une façade coulée sur place.
Dans les autres cas, la section A en cm² est fonction de la largeur L de plancher (en mètres) qui reporte ses charges verticales sur le mur, avec A ≥ 0,28 L.
Armatures minimales des murs intérieurs
2 considère conventionnellement comme murs intérieurs ceux qui ne sont pas directement exposés à la pluie : murs de refend, murs de part et d'autre d'un joint de dilatation, et murs extérieurs dont l'étanchéité à la pluie est assurée par un revêtement étanche situé à l'extérieur — sauf enduits d'étanchéité adhérents.
Dans les étages courants, des armatures verticales locales d'une section minimale de 0,85 cm² doivent être placées dans les angles des ouvertures (portes, châssis, baies) ; ces aciers doivent border l'ouverture sur au moins 0,40 m avec ancrage ou recouvrement à l'autre extrémité.
Les linteaux des ouvertures doivent comporter les aciers inférieurs résultant de l'application des règles de calcul du béton armé, ces aciers étant placés dans le plancher lorsqu'il n'existe pas de soffite.
Pour l'étage sous terrasse, la section minimale des aciers verticaux situés aux extrémités des murs est de 1,5 cm², ces aciers partant du plancher bas du dernier étage et étant ancrés par retour dans le plancher-terrasse ; des aciers horizontaux complémentaires de section au moins égale à 1,5 cm² doivent être placés dans la partie du mur au-dessus des ouvertures et à 0,50 m au plus sous le plancher, ou dans le plancher lui-même.
Épaisseurs minimales des murs extérieurs
3 fixe l'épaisseur minimale des murs dont les caractéristiques de résistance à la pénétration de l'eau peuvent être affectées par la fissuration du béton — murs de types I à III du Guide de choix — à au moins 15 cm dans les parties courantes.
Une épaisseur comprise entre 10 et 15 cm peut néanmoins être admise sur des surfaces limitées pour autant qu'elle reste compatible avec des dispositions de ferraillage normalement réalisables : une allège entre deux trumeaux peut le plus souvent être considérée comme une surface limitée, à condition de pouvoir justifier au droit du décalage d'épaisseur tant le recouvrement ou le croisement que l'enrobage des aciers.
Dans les parties courantes, l'épaisseur minimale des autres murs extérieurs — murs de type IV, ainsi que les murs recevant un système d'isolation thermique par l'extérieur ou tout autre procédé s'opposant pour partie à la pénétration de l'eau — doit être au moins égale à 12 cm. Au cas où le projet ne répond pas à ces dispositions, l'entrepreneur propose les modifications nécessaires à l'acceptation du maître d'ouvrage.
Exceptions :
- • Épaisseur de 10 à 15 cm admise sur surfaces limitées pour les murs de types I à III, sous réserve de faisabilité du ferraillage
Armature de peau des murs extérieurs
3, les murs extérieurs doivent comporter une armature de peau respectant des dispositions minimales précises. Section : 1,2 cm² d'acier horizontal par mètre linéaire et 0,6 cm² d'acier vertical par mètre linéaire.
Enrobage : 3 cm dans les cas d'exposition courante, 3 ou 5 cm dans les cas d'exposition aux embruns ou aux brouillards salins (bord de mer) ainsi que dans les autres cas d'exposition à des atmosphères très agressives, suivant qu'il existe ou non une protection complémentaire efficace de l'acier ou du béton.
Entre-axes : à adapter au projet sans pouvoir excéder, sauf justification particulière, 33 cm entre deux aciers horizontaux successifs et 50 cm entre deux aciers verticaux successifs. La continuité des armatures doit être assurée suivant les règles du béton armé, les aciers horizontaux étant considérés comme des aciers principaux et les aciers verticaux comme des aciers de répartition.
Enfin, il ne doit pas exister dans le mur de zone où l'application de ces règles conduirait à plus de quatre lits. Toutes ces valeurs sont données pour des aciers de limite d'élasticité 400 MPa : pour une autre limite d'élasticité, on procède par règle de trois.
Armatures complémentaires : ouvertures, avant-dernier plancher, étage sous terrasse
3 impose des armatures complémentaires dans trois situations. Pour les étages courants, les ouvertures des murs extérieurs sont bordées par des aciers de sections minimales 0,85 cm² pour les aciers verticaux et 1 cm² pour les aciers horizontaux, ces derniers pouvant résulter d'un calcul à la flexion du linteau surmontant l'ouverture.
Au niveau de l'avant-dernier plancher, la section d'acier verticale ancrée de part et d'autre du plancher, qui est de 0,6 cm² au titre des aciers de peau, doit être portée à 1 cm² ; les aciers complémentaires éventuellement nécessaires doivent s'insérer dans les quatre lits maximum admis pour les aciers de peau.
Pour l'étage sous terrasse, la section minimale des aciers verticaux situés aux extrémités des murs est de 1,5 cm², ces aciers partant du plancher bas de l'étage sous terrasse et étant ancrés par retour d'équerre dans le plancher-terrasse ; des aciers horizontaux complémentaires de section au moins égale à 2,35 cm² doivent être placés dans la partie du mur au-dessus des ouvertures et à 0,50 m au plus sous le plancher ou dans le plancher lui-même.
À la jonction entre murs extérieurs distincts ou entre deux phases de coulage distinctes d'un même mur, la continuité des aciers horizontaux de peau doit être assurée.
Domaine de validité des règles de calcul
1 borne strictement l'emploi de la méthode de justification simplifiée du DTU par cinq paramètres cumulatifs : longueur du mur au moins égale à 5 fois son épaisseur ; épaisseur du mur au moins égale à 10 cm ; élancement mécanique au plus égal à 80 ; dispositions constructives et méthodes d'exécution telles que l'excentricité initiale, géométrique et mécanique, reste inférieure à la valeur maximale de 2 cm et de la longueur de flambement divisée par 300 ; résistance caractéristique du béton à 28 jours au plus égale à 40 MPa.
Hors de ce domaine, les murs doivent être justifiés par application des règles de béton armé en vigueur, en particulier pour l'état limite ultime avec prise en compte des effets du second ordre ; dans le cas de murs non armés, la charge ultime limite est alors affectée d'un coefficient minorateur de 2/3 sauf justification particulière.
Les murs enterrés ne sont pas normalement visés, sauf si l'équilibre interne peut être justifié soit par des diagrammes de contrainte ne comportant que des compressions, soit par des diagrammes avec traction pour autant qu'il n'y ait pas de reprise de bétonnage, pour des hauteurs de terre inférieures à 2,50 m et lorsque la contrainte maximale de traction du béton calculée en service sur la section homogène reste inférieure à ft28/10.
Longueur de flambement, raidisseurs et bandes de calcul
1 détermine la longueur libre de flambement lf à partir de la hauteur libre du mur par examen de ses liaisons avec les planchers et fondations, un tableau de rapports lf/l étant fourni à défaut d'une approche plus rigoureuse par les méthodes de la résistance des matériaux.
Lorsqu'un mur est raidi latéralement par des murs en retour, la valeur obtenue est une valeur intermédiaire l'f à partir de laquelle lf est déduite : pour un mur raidi à ses deux extrémités, b est pris égal à la distance c entre nus intérieurs des raidisseurs ; pour un mur raidi à une seule extrémité, b vaut 2,5 c, c étant la distance entre le nu intérieur du raidisseur et le bord libre.
Pour qu'un raidisseur puisse être pris en compte, sa dimension transversale mesurée suivant la direction perpendiculaire au mur doit être au moins égale à 3 fois l'épaisseur a de ce mur. Pour la justification (art.
4), une charge concentrée est supposée se répartir à l'intérieur de la zone délimitée par deux droites partant du point d'application et inclinées sur la verticale de 1/3 pour les murs non armés et 2/3 pour les murs armés ; lorsque la distribution des contraintes est linéaire, le mur peut être découpé fictivement en bandes dont la largeur doit être inférieure à la plus petite de deux valeurs : la moitié de la hauteur de l'étage concerné, et les deux tiers de la zone d'action des contraintes de compression non nulles.
Armatures minimales des murs en béton armé et armatures transversales
5 distingue trois catégories d'armatures : verticales, horizontales parallèles aux faces du mur, et transversales. La distance entre axes des armatures verticales d'une même face ne doit pas dépasser deux fois l'épaisseur du mur sans pouvoir excéder 33 cm ; la distance entre axes des armatures horizontales d'une même face ne doit pas dépasser 33 cm.
Le pourcentage minimal ρv d'une bande verticale, rapporté au volume total de la bande, est déterminé par une formule faisant intervenir un coefficient θ égal à 1 pour un mur intermédiaire et 1,4 pour un mur de rive, la section correspondante devant être répartie par moitié sur chacune des faces.
Le pourcentage minimal des armatures horizontales, rapporté au volume total du mur ou de l'élément de mur limité par des ouvertures, ne peut en aucun cas prendre une valeur inférieure à 0,001, et se calcule à partir du pourcentage ρv de la bande la plus armée.
Les armatures horizontales doivent être retournées aux extrémités du mur et aux bords libres qui limitent les ouvertures sur l'épaisseur du mur, à défaut de toute autre disposition constructive équivalente.
Enfin, seuls les aciers verticaux pris en compte dans le calcul de Nu lim doivent être tenus par des armatures transversales : densité d'au moins 4 par m² lorsque le diamètre des aciers verticaux est inférieur ou égal à 12 mm, et maintien de toutes les barres avec un espacement d'au plus 15 fois le diamètre des aciers verticaux au-delà.
Ces armatures transversales peuvent être des épingles de diamètre 6 mm lorsque les barres longitudinales sont de diamètre au plus égal à 20 mm, et de diamètre 8 mm dans le cas contraire, la nuance de ces aciers étant indifférente.
Justification sous sollicitation tangente dans le plan du mur
3 pose un seuil de dispense explicite : il n'y a pas lieu de justifier un mur sous sollicitation tangente ultime tant que la contrainte tangente correspondante reste inférieure à 0,05 fc28, et pour autant que l'effort normal sollicitant le mur soit une compression. La sollicitation tangente ultime est donnée par les combinaisons d'actions des règles de béton armé en vigueur.
Dans le cas contraire, la justification sous sollicitation tangente et le calcul des aciers éventuellement nécessaires se font par application des règles de béton armé en vigueur, compte non tenu des dispositions constructives minimales prévues par ces règles pour ces aciers. 1 en lieu et place de celles concernant les poteaux.
Incorporations et faisabilité du ferraillage
4 impose que, durant la période de préparation, l'entrepreneur veille à ce que les éléments incorporés avant coulage — canalisations, attaches, calages, réservations pour passage de gaines — soient conçus et disposés de façon à permettre la mise en place correcte du béton, à ne pas affaiblir localement de manière significative la résistance de l'ouvrage fini, à ne pas être à l'origine de fissuration préjudiciable, à ne pas favoriser la corrosion, et à ce que les ouvrages finis puissent être conformes aux dispositions des DTU concernés.
5 ajoute une exigence de méthode trop souvent ignorée : les armatures doivent être convenablement conçues, raidies et calées de façon que, une fois mises en place conformément aux plans, l'enrobage minimal prescrit dans l'ouvrage fini puisse être obtenu compte tenu des opérations ultérieures de mise en oeuvre.
Le DTU attire explicitement l'attention sur le fait que les pourcentages minimaux d'armature prescrits ne préjugent pas de l'aptitude à mettre les armatures correspondantes en oeuvre pour qu'elles soient convenablement positionnées, ce qui suppose des dispositions constructives appropriées : cales à double effet en nombre suffisant, adjonction de raidisseurs.
Il recommande que, avant le démarrage des travaux et compte tenu du mode opératoire et du phasage prévus, les principaux cas-types de noeuds de ferraillage et de coupes-types soient analysés en détail en vue de s'assurer de leur faisabilité.
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Écart e1 entre plans axiaux de deux murs superposés (plancher commun) | ≤ 1/15 de l'épaisseur du mur le moins épais, avec un maximum de 3 cm | Art. 3.3, mesuré horizontalement, parois à parements verticaux ayant même plan axial |
| Écart e2 entre traces des plans des parements de part et d'autre d'un plancher | ≤ 2 cm | Art. 3.3, mesuré horizontalement |
| Cumul des écarts sur la hauteur d'un mur | ≤ 6 cm du tracé théorique | Art. 3.3 : aucun point du plan axial ne doit s'écarter de plus de 6 cm (mesuré horizontalement), tolérances de verticalité de l'art. 5.1.1 du NF DTU 21 restant à respecter par hauteur d'étage |
| Désaffleurs entre panneaux de banches — parement ordinaire | ≤ 10 mm | Art. 3.3 |
| Désaffleurs entre panneaux de banches — parement courant | ≤ 3 mm | Art. 3.3, avec un linéaire inférieur à 1 m/m² |
| Désaffleurs entre panneaux de banches — parement soigné | ≤ 3 mm | Art. 3.3, avec un linéaire inférieur à 0,5 m/m² |
| Planéité générale et locale, rectitude des arêtes | Celles de l'article 5.2.1 du NF DTU 21 | Art. 3.3 et art. 3.9 : les éléments de coffrage doivent être assemblés de façon à les respecter |
| Excentricité initiale admise (domaine de validité du calcul) | Inférieure à max(2 cm ; longueur de flambement / 300) | Art. 4.2.1, excentricité géométrique et mécanique cumulées |
| Bâtis incorporés destinés à rester en place | Compatibles avec les tolérances de l'ouvrage fini | Art. 3.3 : mode de fixation, conception et dimensionnement doivent le permettre |
Dimensions réglementaires
Épaisseur minimale des murs extérieurs de types I à III
Art. 4.1.3 ; 10 à 15 cm admis sur surfaces limitées (allège entre trumeaux) si le ferraillage reste réalisable
Épaisseur minimale des autres murs extérieurs (type IV, ITE)
Art. 4.1.3
Épaisseur minimale pour le domaine de validité du calcul
Art. 4.2.1, avec longueur du mur ≥ 5 fois son épaisseur et élancement mécanique ≤ 80
Armature de peau des murs extérieurs — acier horizontal
Art. 4.1.3, pour des aciers de limite d'élasticité 400 MPa
Armature de peau des murs extérieurs — acier vertical
Art. 4.1.3 ; porté à 1 cm² au droit de l'avant-dernier plancher
Enrobage de l'armature de peau
Art. 4.1.3, 5 cm en l'absence de protection complémentaire efficace de l'acier ou du béton
Entre-axes maximaux de l'armature de peau
Art. 4.1.3, sauf justification particulière ; jamais plus de quatre lits dans le mur
Distance entre axes des armatures verticales calculées (même face)
Art. 4.2.2.5
Distance entre axes des armatures horizontales calculées (même face)
Art. 4.2.2.5
Section minimale d'acier de chaînage
Art. 4.1.1 : pignon, mur contre terre, façade maçonnée, façade coulée sur place. Autres cas : A ≥ 0,28 L (L en m, A en cm²)
Armatures verticales locales aux angles d'ouvertures (murs intérieurs)
Art. 4.1.2, bordant l'ouverture sur au moins 0,40 m avec ancrage ou recouvrement
Aciers d'ouverture des murs extérieurs en étage courant
Art. 4.1.3 ; les aciers horizontaux peuvent résulter d'un calcul à la flexion du linteau
Aciers verticaux d'extrémité à l'étage sous terrasse
Art. 4.1.2 et 4.1.3, ancrés par retour dans le plancher-terrasse
Aciers horizontaux complémentaires à l'étage sous terrasse (murs extérieurs)
Art. 4.1.3, au-dessus des ouvertures et à 0,50 m au plus sous le plancher ou dans le plancher (1,5 cm² pour les murs intérieurs, art. 4.1.2)
Densité minimale des armatures transversales (aciers verticaux Ø ≤ 12 mm)
Art. 4.2.2.5 ; au-delà de Ø 12 mm, maintien de toutes les barres avec espacement ≤ 15 Ø
Diamètre des épingles transversales
Art. 4.2.2.5, nuance indifférente
Dimension minimale du raidisseur pour être pris en compte
Art. 4.2.2.1, dimension transversale mesurée perpendiculairement au mur
Résistance caractéristique du béton à 28 jours (domaine de validité)
Art. 4.2.1
Comprendre NF P18-210 (mai 1993) — DTU 23.1
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF P18-210 (mai 1993) — DTU 23.1, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF P18-210 (mai 1993) — DTU 23.1 couvre : Parois et murs en béton banché réalisés en béton ordinaire de granulats courants, coulés dans des coffrages à leur emplacement définitif dans la construction : façades, pignons, refends, murs de rive et murs intérieurs. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF P18-210 (mai 1993) — DTU 23.1
Le NF DTU 23.1 est publié sous la référence NF P18-210, norme française homologuée par décision du directeur général de l'AFNOR le 5 avril 1993 pour prendre effet le 5 mai 1993. Elle reprend sans modification le DTU 23.1 de février 1990, l'annexe de ce dernier n'étant pas reprise dans la norme. C'est l'un des plus anciens NF DTU encore en vigueur, et cette ancienneté n'est pas un détail : le texte renvoie explicitement à la partie B des Règles BAEL, dans sa rédaction dite BAEL 83, et aux Règles parasismiques DTU PS 69. Toute opération conçue aujourd'hui sous Eurocodes doit donc opérer une transposition raisonnée, ce qui suppose de distinguer soigneusement ce qui, dans le DTU, relève de l'exécution — toujours applicable — et ce qui relève du calcul — à transposer.
Le chapitre 1 définit les murs en béton banché comme des ouvrages en béton verticaux, coulés dans des coffrages à leur emplacement définitif dans la construction : façades, pignons, refends. Ces ouvrages comprennent habituellement des armatures de comportement fixées forfaitairement et des armatures prises en compte dans les calculs ; lorsqu'ils ne comportent que des armatures de comportement, ils sont conventionnellement appelés murs non armés. Le champ exclut les bétons de granulats lourds ou légers, les bétons caverneux et cellulaires, le gros béton, les ouvrages spéciaux comme les cheminées, cuves et réservoirs, les murs de bâtiments dont l'intégralité du chauffage est incorporée au plancher, et les éléments préfabriqués non traditionnels.
La grande particularité du NF DTU 23.1 par rapport aux DTU de gros oeuvre plus récents est qu'il ne prescrit aucune classe de béton, aucune hauteur de levée, aucun délai de décoffrage. Ce ne sont pas des oublis : la classe de béton résulte du calcul et des exigences du NF DTU 21 pour les ouvrages exposés, la hauteur de levée et la vitesse de coulage relèvent du dimensionnement des outils coffrants sous la poussée du béton frais — donc de l'entreprise et de son fournisseur de banches —, et le délai de décoffrage relève des conditions de résistance du NF DTU 21. Toute valeur chiffrée sur ces trois points citée comme « prescription du DTU 23.1 » est donc à considérer avec méfiance.
Ce que le NF DTU 23.1 apporte en propre et qui n'existe nulle part ailleurs, ce sont trois familles de prescriptions : les tolérances d'implantation et de désaffleurs entre banches, qui gouvernent l'aspect fini des voiles ; les dispositions constructives minimales de chaînage et d'armatures de peau, exprimées en centimètres carrés et non en pourcentages ; et une méthode de justification simplifiée du mur au flambement, bornée par un domaine de validité très précis. Ce sont ces trois familles qu'un maître d'oeuvre doit maîtriser pour rédiger un CCTP de gros oeuvre défendable et pour arbitrer un litige de parement en réception.
Comprendre en détail NF P18-210 (mai 1993) — DTU 23.1
Ce que le NF DTU 23.1 prescrit — et ce qu'il ne prescrit pas
L'article 3.1 traite du béton sans jamais imposer de classe de résistance. Il prescrit que la composition du béton soit établie non seulement en vue de satisfaire les prescriptions de résistance mécanique prises en compte dans les calculs, mais aussi en vue d'obtenir une bonne compacité et une faible fissurabilité. Le moyen recommandé est de rechercher un rapport eau/ciment minimal compte tenu de l'ouvrabilité nécessaire, ce qui peut conduire à l'utilisation de fluidifiant ; en cas de doute, la preuve peut être apportée par un essai de convenance.
Le texte ajoute une exigence propre au banché : il y a lieu de choisir la nature et le dosage en ciment en fonction de la qualité des outils coffrants utilisés et des autres conditions d'exécution, notamment les conditions climatiques, en vue d'éviter la détérioration des parements lors du décoffrage. C'est la seule articulation explicite entre la formulation du béton et l'outil coffrant, et elle est souvent oubliée au CCTP. Pour les murs extérieurs, et sauf dispositions contraires des DPM, on adopte les dosages minimaux prescrits par le NF DTU 21 pour les ouvrages exposés.
La seule borne chiffrée que le DTU pose sur le béton figure au domaine de validité du calcul (art. 4.2.1) : la résistance caractéristique du béton à 28 jours est au plus égale à 40 MPa. Au-delà, la méthode simplifiée du DTU cesse de s'appliquer et le mur doit être justifié par les règles de béton armé en vigueur.
Sur la mise en place du béton, l'article 3.6 se borne à une exigence de résultat : la mise en place, compte tenu de la composition du béton, en particulier de ses adjuvants, et du mode de serrage, doit conduire à un béton en place homogène, sans ségrégation notable. Il n'existe dans le NF DTU 23.1 ni hauteur de levée maximale, ni vitesse de coulage plafonnée, ni délai de décoffrage : ces paramètres relèvent du dimensionnement des banches sous poussée du béton frais et des conditions de résistance du NF DTU 21.
Tolérances d'implantation : les trois valeurs à contrôler
L'article 3.3 pose d'abord un principe : les tolérances relatives à un niveau et les écarts d'implantation des parois, de même que des percements, doivent rester compatibles avec les hypothèses d'excentricité prises en compte dans le chapitre des règles de calcul et répondre aux conditions d'assemblage et d'aspect. Ce n'est pas une formule de style : l'article 4.2.1 impose que l'excentricité initiale, géométrique et mécanique, reste inférieure à la valeur maximale de 2 cm et de la longueur de flambement divisée par 300. Un écart d'implantation excessif fait donc sortir le mur du domaine de validité du calcul.
Première valeur : l'écart e1 maximal, mesuré horizontalement entre la trace des plans axiaux de deux murs superposés sur leur plancher commun, ne doit pas dépasser le 1/15 de l'épaisseur du mur le moins épais avec un maximum de 3 cm. Pour un voile de 18 cm superposé à un voile de 20 cm, le seuil est donc de 12 mm — et non de 3 cm : le maximum de 3 cm n'est atteint qu'à partir d'une épaisseur de 45 cm.
Deuxième valeur : l'écart e2, mesuré horizontalement entre les traces des plans des parements des murs de part et d'autre d'un plancher, ne doit pas dépasser 2 cm. C'est cette valeur qui commande la reprise d'un décalage de nu en façade, et donc le calepinage des isolants ou des habillages qui viendront ensuite.
Troisième valeur : aucun point du plan axial d'un mur ne doit s'écarter de plus de 6 cm, distance mesurée horizontalement, de son tracé théorique sur plan, tout en respectant les tolérances de verticalité des parements fixées à l'article 5.1.1 du NF DTU 21 pour une hauteur d'étage. Ce cumul de 6 cm est le garde-fou sur toute la hauteur du bâtiment : il ne se substitue pas aux tolérances de verticalité par étage, il s'y ajoute.
Désaffleurs entre banches : la vraie règle d'aspect
Les éléments de coffrage doivent être assemblés entre eux de façon telle que les tolérances de planitude générale et locale ainsi que de rectitude fixées à l'article 5.2.1 du NF DTU 21 soient respectées. Le NF DTU 23.1 y ajoute une prescription qui lui est propre et qui est, en pratique, le premier point de litige d'aspect sur un chantier de voiles.
Les désaffleurs entre panneaux constituant les banches ou entre banches ne devront pas dépasser 10 mm pour les parements ordinaires, 3 mm avec un linéaire inférieur à 1 m/m² pour les parements courants, et 3 mm avec un linéaire inférieur à 0,5 m/m² pour les parements soignés.
La notion de linéaire admissible par mètre carré est la clé de lecture, et elle est presque systématiquement omise dans les CCTP. Un désaffleur de 3 mm n'est pas admissible en quantité illimitée sur un parement soigné : c'est le linéaire cumulé de désaffleurs par mètre carré de paroi qui est plafonné, à 1 m/m² en parement courant et 0,5 m/m² en parement soigné. Un CCTP qui prescrit « désaffleurs ≤ 3 mm » sans mentionner le linéaire ne reproduit pas la règle du DTU.
Le rebouchage et le ragréage relèvent de l'article 2.2.3.6 du NF DTU 21 (art. 3.8), et s'appliquent notamment aux trous laissés par les broches assurant l'écartement des coffrages. Les dispositions de l'article 5.2.1 du NF DTU 21 relatives aux parements demeurent applicables (art. 3.9). Enfin, sauf cas particuliers prévus aux DPM ou arrêtés en accord avec le maître d'ouvrage, les produits de démoulage ne doivent pas laisser in fine de trace notable sur les parements, et doivent être compatibles avec les finitions annoncées aux DPM.
Reprises de bétonnage et joints de préfissuration en façade
Avant tout début de travaux, les emplacements de reprise de bétonnage et de joints de préfissuration, tant verticaux qu'horizontaux, doivent être définis dans tous les murs extérieurs dont les caractéristiques de résistance à la pénétration de l'eau peuvent être affectées par la fissuration du béton. Le DTU renvoie ici à la typologie du Guide de choix : les murs visés sont ceux des types I, II et III.
Lorsque les reprises et joints débouchent en façade, ils doivent être traversés par les armatures minimales prévues pour les murs extérieurs — c'est-à-dire l'armature de peau de l'article 4.1.3, et non une armature réduite au droit du joint. Les joints de préfissuration font normalement partie des éléments inclus dans le dossier des plans d'exécution : ils ne s'improvisent pas au fur et à mesure de l'avancement des banches.
Le traitement des surfaces de reprise et la façon de bloquer les coffrages pour la deuxième phase de coulage au droit d'une reprise doivent être tels que la reprise de bétonnage ne soit pas un chemin préférentiel de passage de l'eau au travers du mur. Le DTU indique que l'application de cette prescription peut conduire par exemple à un nettoyage ou repiquage de la reprise ou, en cas de talonnette, à définir ses caractéristiques.
Les DPM peuvent prescrire en outre des traitements complémentaires des reprises et joints de préfissuration, par exemple pontages ou calfeutrements. Le DTU juge une telle prescription souhaitable dans le cas d'exposition aux embruns ou aux brouillards salins (bord de mer) ainsi que dans le cas d'exposition à des atmosphères très agressives telles que définies dans les Règles BAEL. Pour les murs intérieurs et les murs extérieurs de type IV, aucune prescription n'est formulée, mais il est conseillé d'étudier l'emplacement des reprises de façon à réduire ou localiser les effets des variations linéaires.
Chaînages : sections minimales et bande de plancher prise en compte
Un chaînage doit être prévu au niveau de chaque plancher : au croisement de chaque mur avec un plancher, sauf exception — le cas d'un plancher bois de comble pouvant constituer une telle exception —, et en ceinturage de façade lorsque la tranche du plancher est visible ou dans le cas de façade maçonnée.
Le chaînage est constitué par les aciers qui se trouvent dans le volume commun au mur (ou à la façade) et au plancher, ainsi que, dans le cas des dalles pleines, par ceux qui se trouvent dans une bande de plancher inférieure à 4 fois l'épaisseur du plancher, de part et d'autre du mur. Cette règle des quatre épaisseurs est ce qui permet, en dalle pleine, de comptabiliser les aciers de la dalle dans le chaînage au lieu d'ajouter systématiquement un ferraillage dédié. Les aciers pris en compte doivent être ancrés à partir des extrémités des murs et présenter sur la longueur du chaînage les recouvrements nécessaires.
La section minimale d'acier de chaînage est fixée à 1,5 cm² dans quatre cas : chaînage entre un plancher et un mur de pignon, entre un plancher et un mur contre terre, entre un plancher et une façade maçonnée, et entre un plancher et une façade coulée sur place.
Dans les autres cas, la section d'acier de chaînage est fonction de la largeur de plancher qui reporte ses charges verticales sur le mur : si L est cette largeur exprimée en mètres, la section A en cm² des aciers de chaînage doit être telle que A ≥ 0,28 L. Pour une portée reprise de 5 m, cela conduit à 1,4 cm², soit typiquement deux HA 10. Toutes ces valeurs sont données pour des aciers de limite d'élasticité 400 MPa, une règle de trois s'appliquant pour d'autres limites d'élasticité.
Armatures minimales : murs intérieurs, murs extérieurs, cas particuliers
Sont conventionnellement considérés comme murs intérieurs ceux qui ne sont pas directement exposés à la pluie : murs de refend, murs de part et d'autre d'un joint de dilatation, et murs extérieurs dont l'étanchéité à la pluie est assurée par un revêtement étanche situé à l'extérieur de ce mur, sauf dans le cas d'enduits d'étanchéité adhérents. Pour ces murs, dans les étages courants, des armatures verticales locales d'une section minimale de 0,85 cm² doivent être placées dans les angles des ouvertures — portes, châssis, baies — en bordant l'ouverture sur au moins 0,40 m avec ancrage ou recouvrement à l'autre extrémité.
Le DTU précise explicitement qu'il n'est pas demandé d'autres attentes ou chaînages verticaux pour les murs intérieurs, tout en attirant l'attention sur trois points : les attentes au niveau du plancher, qu'elles soient localisées en potelets ou réparties, peuvent éventuellement participer à la stabilité des murs en phase de construction ; les renforts verticaux d'extrémité de mur sont parfois nécessaires pour justifier l'accrochage des façades préfabriquées ; et il est souvent d'usage d'armer d'un treillis soudé le premier mur coulé au droit d'un joint lorsqu'il participe au coffrage du deuxième mur coulé contre lui.
Les murs extérieurs relèvent de l'article 4.1.3 et doivent comporter une armature de peau : 1,2 cm² d'acier horizontal par mètre linéaire et 0,6 cm² d'acier vertical par mètre linéaire, avec un enrobage de 3 cm en exposition courante et de 3 ou 5 cm en bord de mer ou en atmosphère très agressive selon qu'il existe ou non une protection complémentaire efficace de l'acier ou du béton. Les entre-axes sont à adapter au projet sans excéder, sauf justification particulière, 33 cm entre deux aciers horizontaux successifs et 50 cm entre deux aciers verticaux successifs. Les aciers horizontaux sont considérés comme des aciers principaux et les verticaux comme des aciers de répartition, et il ne doit exister dans le mur aucune zone où l'application de ces règles conduirait à plus de quatre lits.
Trois renforcements s'ajoutent. En étage courant, les ouvertures des murs extérieurs sont bordées par des aciers verticaux de 0,85 cm² et des aciers horizontaux de 1 cm², ces derniers pouvant résulter d'un calcul à la flexion du linteau. Au droit de l'avant-dernier plancher, la section d'acier verticale ancrée de part et d'autre, de 0,6 cm² au titre des aciers de peau, est portée à 1 cm². À l'étage sous terrasse, les aciers verticaux d'extrémité de mur atteignent 1,5 cm² et sont ancrés par retour d'équerre dans le plancher-terrasse, tandis que des aciers horizontaux complémentaires d'au moins 2,35 cm² sont placés au-dessus des ouvertures et à 0,50 m au plus sous le plancher ou dans le plancher lui-même. À la jonction entre murs extérieurs distincts ou entre deux phases de coulage distinctes d'un même mur, la continuité des aciers horizontaux de peau doit être assurée.
Justification de la résistance : domaine de validité et flambement
L'article 4.2.1 borne le domaine de validité de la méthode simplifiée par cinq conditions cumulatives : longueur du mur au moins égale à 5 fois son épaisseur ; épaisseur du mur au moins égale à 10 cm ; élancement mécanique au plus égal à 80 ; excentricité initiale géométrique et mécanique inférieure à la valeur maximale de 2 cm et de la longueur de flambement divisée par 300 ; résistance caractéristique du béton à 28 jours au plus égale à 40 MPa. Hors de ce domaine, les murs doivent être justifiés par application des règles de béton armé en vigueur, en particulier à l'état limite ultime avec prise en compte des effets du second ordre, et, pour les murs non armés, la charge ultime limite est affectée d'un coefficient minorateur de 2/3 sauf justification particulière.
Les justifications du DTU concernent des murs dont les sollicitations principales résultent de forces s'exerçant dans le plan de ces murs. Le cas où la résistance du mur à des forces horizontales perpendiculaires à son plan moyen est statiquement nécessaire n'est pas envisagé — exception faite des sollicitations de gradient thermique, de retrait, d'imperfections localisées et de vent entre deux niveaux consécutifs, habituellement négligées pour autant que leur importance reste limitée devant les sollicitations principales, ce qui est généralement le cas dans les bâtiments courants possédant au moins trois plans de contreventement non parallèles. Il est admis en outre que le mur est appuyé d'un bout à l'autre soit directement sur les fondations, soit sur une poutre horizontale de grande raideur et de résistance suffisante.
Les murs enterrés ne sont pas normalement visés, sauf si l'on s'assure que, sous les actions combinées de la charge verticale et de l'action latérale des terres, l'équilibre interne peut être justifié soit par des diagrammes de contrainte ne comportant que des compressions, soit par des diagrammes de contrainte avec traction, pour autant qu'il n'y ait pas de reprise de bétonnage, pour des hauteurs de terre inférieures à 2,50 m et lorsque la contrainte maximale de traction du béton calculée en service sur la section homogène reste inférieure à ft28/10. Le DTU indique que cette clause permet habituellement de ne pas tenir compte de l'effet latéral des terres pour les murs de vides sanitaires ou dans le cas d'un seul sous-sol.
Pour le flambement, la longueur libre lf se déduit de la hauteur libre du mur par examen de ses liaisons avec les planchers et fondations, un tableau de rapports lf/l étant donné à défaut d'une approche plus rigoureuse. Lorsqu'un mur est raidi latéralement par des murs en retour, on pose b égal à la distance c entre nus intérieurs des raidisseurs pour un mur raidi à ses deux extrémités, et b égal à 2,5 c pour un mur raidi à une seule extrémité, c étant alors la distance entre le nu intérieur du raidisseur et le bord libre. Pour qu'un raidisseur puisse être pris en compte, sa dimension transversale mesurée perpendiculairement au mur doit être au moins égale à 3 fois l'épaisseur a du mur.
Diffusion des charges, bandes de calcul et sections de vérification
L'effort limite ultime fait intervenir une section réduite Br : dans le cas d'un mur d'épaisseur a et de longueur d, la surface Br est égale à d (a − 2 cm). Cette réduction forfaitaire de 2 cm sur l'épaisseur est la signature du calcul de mur banché : elle traduit forfaitairement les défauts d'exécution admis par le chapitre 3. Les autres paramètres — fc28, γb, fe, γs — relèvent des Règles BAEL.
Les valeurs du coefficient α sont données pour le cas où plus de la moitié des charges est appliquée après 90 jours. Dans le cas contraire, elles sont divisées par un coefficient égal à 1,10 pour autant que la majeure partie des charges soit appliquée après 28 jours. Lorsque la majeure partie des charges est appliquée avant 28 jours, on remplace fc28 par fcj et α par α/1,2. Un phasage de chantier très tendu a donc un coût direct sur la capacité portante retenue en calcul.
Deux vérifications sont à mener. À la section I, située à mi-hauteur du mur, il faut vérifier que les contraintes σu déterminées en supposant la distribution des contraintes normales plane sont inférieures à la contrainte σu lim. Une charge concentrée est supposée se répartir à l'intérieur de la zone délimitée par les deux droites partant du point d'application et inclinées sur la verticale de 1/3 pour les murs non armés et de 2/3 pour les murs armés, à condition que la charge répartie ainsi trouvée ait une résultante portée par l'axe de la charge concentrée d'origine.
Lorsque la distribution des contraintes normales est linéaire, le mur peut être découpé fictivement en bandes, la valeur moyenne des contraintes de compression non nulles de chaque bande étant comparée à σu lim ; la largeur de chaque bande doit être inférieure à la plus petite de deux valeurs : la moitié de la hauteur de l'étage concerné, et les deux tiers de la zone d'action des contraintes de compression non nulles. À la section II, située immédiatement au-dessous d'un plancher, il faut vérifier que les contraintes extrêmes σu, prenant en compte les contraintes réparties augmentées des contraintes locales, restent au plus égales à la contrainte limite correspondante.
Ancienneté du texte : ce qu'il faut transposer sur les Eurocodes
Le NF DTU 23.1 date de mai 1993 et reprend le DTU de février 1990. Son article 1.2 indique que le domaine d'application est le même que celui de la partie B des Règles BAEL, la rédaction alors en vigueur étant celle dite BAEL 83, et que ces textes sont applicables sauf dispositions contraires. L'article 4.2.1 rappelle en outre que les constructions situées en zone sismique doivent satisfaire au document DTU PS 69 « Règles parasismiques ». Les combinaisons d'actions sont celles des règles de béton armé en vigueur, le texte renvoyant nommément au paragraphe B8 « Poteaux » du BAEL 83.
Ces renvois posent une difficulté pratique évidente sur une opération contemporaine, où le calcul de structure est mené selon les Eurocodes et où la conception parasismique relève de l'Eurocode 8 et de l'arrêté du 22 octobre 2010 modifié. La lecture qu'il faut en faire est fonctionnelle : le chapitre 3 (exécution des travaux) et les dispositions constructives minimales du 4.1 restent des clauses contractuelles de marché directement applicables, tandis que le chapitre 4.2 (justification de la résistance) doit être lu comme une méthode historique dont l'équivalent Eurocode est l'article 12 de l'EN 1992-1-1 pour les structures en béton non armé ou faiblement armé, et l'article 9.6 pour les dispositions constructives des voiles.
En pratique, un CCTP de gros oeuvre défendable prescrit le NF DTU 23.1 pour l'exécution — béton, coffrages, tolérances, désaffleurs, reprises, incorporations, armatures, parements — et renvoie explicitement l'étude de structure aux Eurocodes avec leurs annexes nationales. Prescrire le NF DTU 23.1 « y compris son chapitre 4 » sans plus de précision crée une ambiguïté contractuelle entre deux référentiels de calcul incompatibles, et c'est cette ambiguïté qui alimente la plupart des litiges de mission entre l'entreprise et le bureau d'études.
L'article 4.3.1 rappelle enfin que l'effet des variations dimensionnelles sur un ouvrage dont les éléments porteurs sont constitués de murs banchés est à envisager comme prévu dans les règles de béton armé en vigueur, et que lorsqu'on s'écarte des dimensions permettant de négliger cet effet, il y a lieu de faire une étude complète prenant en considération les dimensions du bâtiment et l'organisation de sa structure, les phases de construction, l'isolation thermique du bâtiment et son mode de chauffage, la nature des revêtements de façades et leurs expositions, et l'utilisation des locaux. C'est le point d'entrée du dimensionnement des joints de dilatation.
Erreurs fréquentes sur les murs en béton banché
Prescrire au CCTP une classe de béton « imposée par le DTU 23.1 ». Le texte n'en impose aucune : il exige une composition assurant compacité et faible fissurabilité, un rapport eau/ciment minimal, et les dosages minimaux du NF DTU 21 pour les ouvrages exposés en murs extérieurs. La seule borne est fc28 ≤ 40 MPa au titre du domaine de validité du calcul.
Attribuer au NF DTU 23.1 une hauteur maximale de levée, une vitesse de coulage ou un délai de décoffrage. Aucune de ces valeurs n'y figure : elles relèvent du dimensionnement des banches sous poussée du béton frais et des conditions de résistance du NF DTU 21.
Écrire « désaffleurs ≤ 3 mm » sans mentionner le linéaire admissible. La règle de l'article 3.3 associe la valeur de 3 mm à un linéaire inférieur à 1 m/m² en parement courant et à 0,5 m/m² en parement soigné ; sans cette seconde condition, la clause est inapplicable en réception.
Confondre l'écart e1 (entre plans axiaux de deux murs superposés, ≤ 1/15 de l'épaisseur du mur le moins épais avec un maximum de 3 cm) et l'écart e2 (entre traces des plans des parements de part et d'autre d'un plancher, ≤ 2 cm). Ce sont deux mesures différentes sur deux objets différents.
Retenir 3 cm comme tolérance e1 par défaut. Le maximum de 3 cm n'est atteint qu'à partir d'une épaisseur de mur de 45 cm : pour un voile de 18 cm, le seuil réel est de 12 mm.
Oublier le chaînage minimal de 1,5 cm² sur les murs de pignon et les murs contre terre, ou appliquer la formule A ≥ 0,28 L à ces cas alors qu'ils relèvent du minimum forfaitaire.
Descendre l'épaisseur d'un mur extérieur de type I à III sous 15 cm en partie courante. Le DTU n'admet 10 à 15 cm que sur des surfaces limitées, et à condition de pouvoir justifier au droit du décalage d'épaisseur le recouvrement, le croisement et l'enrobage des aciers.
Prévoir une armature de peau à cinq lits. L'article 4.1.3 interdit qu'il existe dans le mur une zone où l'application des règles d'armature de peau conduirait à plus de quatre lits.
Omettre de porter la section d'acier vertical de 0,6 à 1 cm² au droit de l'avant-dernier plancher, et de mettre en place les aciers horizontaux complémentaires de 2,35 cm² à l'étage sous terrasse au-dessus des ouvertures.
Utiliser les sections minimales telles quelles avec des aciers de nuance B500. Toutes les valeurs du chapitre 4.1 sont données pour des aciers de limite d'élasticité 400 MPa, une règle de trois s'appliquant pour une autre limite d'élasticité.
Négliger la faisabilité du ferraillage. L'article 3.5 avertit expressément que les pourcentages minimaux prescrits ne préjugent pas de l'aptitude à mettre les armatures en oeuvre correctement, et recommande d'analyser en détail les noeuds-types et coupes-types de ferraillage avant démarrage des travaux.
Laisser une reprise de bétonnage déboucher en façade sans que les armatures minimales des murs extérieurs la traversent, ou définir les reprises au fur et à mesure de l'avancement alors que l'article 3.6 impose de les définir avant tout début de travaux.
Glossaire NF P18-210 (mai 1993) — DTU 23.1
- Mur en béton banché
- Ouvrage en béton vertical coulé dans un coffrage à son emplacement définitif dans la construction : façade, pignon, refend (art. 1.1 du NF P18-210).
- Mur non armé (au sens du DTU 23.1)
- Mur banché ne comportant que des armatures de comportement fixées forfaitairement, à l'exclusion d'armatures prises en compte dans les calculs (art. 1.1). Hors domaine de validité, sa charge ultime limite est affectée d'un coefficient minorateur de 2/3.
- Armatures de comportement
- Armatures fixées forfaitairement par les dispositions constructives minimales du chapitre 4.1, par opposition aux armatures issues du calcul. Elles comprennent notamment l'armature de peau des murs extérieurs et les aciers de chaînage.
- Armature de peau
- Armature minimale des murs extérieurs : 1,2 cm²/ml horizontal, 0,6 cm²/ml vertical, enrobage 3 cm (3 ou 5 cm en atmosphère agressive), entre-axes ≤ 33 cm horizontaux et ≤ 50 cm verticaux, quatre lits maximum (art. 4.1.3).
- Écart e1
- Écart maximal mesuré horizontalement entre la trace des plans axiaux de deux murs superposés sur leur plancher commun : ≤ 1/15 de l'épaisseur du mur le moins épais, avec un maximum de 3 cm (art. 3.3).
- Écart e2
- Écart mesuré horizontalement entre les traces des plans des parements des murs de part et d'autre d'un plancher : ≤ 2 cm (art. 3.3).
- Désaffleur
- Décalage entre deux panneaux constituant les banches ou entre deux banches. Plafonné à 10 mm en parement ordinaire, 3 mm avec linéaire < 1 m/m² en parement courant, 3 mm avec linéaire < 0,5 m/m² en parement soigné (art. 3.3).
- Joint de préfissuration
- Amorce de fissuration volontairement ménagée dans un mur extérieur pour localiser les effets des variations dimensionnelles. Sa position doit être définie avant tout début de travaux et figure normalement au dossier des plans d'exécution (art. 3.6).
- Guide de choix (types I à IV)
- Classement des murs extérieurs selon leur résistance à la pénétration de l'eau, auquel le NF DTU 23.1 renvoie. Les types I à III commandent l'épaisseur minimale de 15 cm et la définition préalable des reprises ; le type IV relève de l'épaisseur minimale de 12 cm et est traité pour l'armature comme un mur intérieur (art. 3.6, 4.1.2 et 4.1.3).
- Section réduite Br
- Section prise en compte dans le calcul de l'effort normal limite ultime : pour un mur d'épaisseur a et de longueur d, Br = d (a − 2 cm). La réduction forfaitaire de 2 cm traduit les défauts d'exécution admis (art. 4.2.2.2).
- Élancement mécanique λ
- Grandeur déduite de la longueur libre de flambement, plafonnée à 80 dans le domaine de validité de la méthode simplifiée du DTU (art. 4.2.1 et 4.2.2.1).
- Raidisseur (mur en retour)
- Mur perpendiculaire venant raidir latéralement un mur banché. Il n'est pris en compte dans le calcul de la longueur de flambement que si sa dimension transversale perpendiculaire au mur est au moins égale à 3 fois l'épaisseur a de ce mur (art. 4.2.2.1).
- Excentricité initiale
- Somme des excentricités géométrique et mécanique, qui doit rester inférieure à la valeur maximale de 2 cm et de la longueur de flambement divisée par 300 pour que la méthode simplifiée du DTU reste applicable (art. 4.2.1).
- Bande verticale de calcul
- Découpage fictif du mur permettant de comparer la contrainte moyenne de compression à σu lim lorsque la distribution des contraintes est linéaire. Sa largeur doit être inférieure à la plus petite de la moitié de la hauteur d'étage et des deux tiers de la zone comprimée (art. 4.2.2.4).
Questions fréquentes sur NF P18-210 (mai 1993) — DTU 23.1
Qu'est-ce que NF P18-210 (mai 1993) — DTU 23.1 ?
NF DTU 23.1 (NF P18-210) — Murs en béton banché. Le NF DTU 23.1, publié sous la référence NF P18-210, fixe les clauses techniques d'exécution des murs en béton banché : ouvrages verticaux en béton coulés dans des coffrages à leur emplacement définitif — façades, pignons, refends. Il porte à la fois les conditions d'exécution (béton, coffrages, tolérances, incorporations, armatures, reprises de bétonnage, parements) et les règles de conception et de calcul, avec les dispositions constructives minimales de chaînage et d'armatures de peau et la justification du mur au flambement. C'est l'un des NF DTU les plus anciens encore en vigueur : sa partie calcul renvoie explicitement aux Règles BAEL et au DTU PS 69, ce qui impose de transposer sur les Eurocodes pour toute opération contemporaine. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF P18-210 (mai 1993) — DTU 23.1 ?
Le domaine d'application couvre : Parois et murs en béton banché réalisés en béton ordinaire de granulats courants, coulés dans des coffrages à leur emplacement définitif dans la construction : façades, pignons, refends, murs de rive et murs intérieurs. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF P18-210 (mai 1993) — DTU 23.1 sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Quelle épaisseur minimale pour un mur en béton banché extérieur ?
L'article 4.1.3 impose 15 cm en parties courantes pour les murs dont la résistance à la pénétration de l'eau peut être affectée par la fissuration — murs de types I à III du Guide de choix — avec une tolérance de 10 à 15 cm sur des surfaces limitées si le ferraillage reste réalisable. Les autres murs extérieurs, dont le type IV et ceux recevant une ITE, relèvent d'une épaisseur minimale de 12 cm.
Le NF DTU 23.1 impose-t-il une classe de béton ?
Non. L'article 3.1 exige une composition assurant les résistances mécaniques prises en compte dans les calculs, une bonne compacité et une faible fissurabilité, en recherchant un rapport eau/ciment minimal, et renvoie aux dosages minimaux du NF DTU 21 pour les ouvrages exposés en murs extérieurs. La seule borne chiffrée est fc28 ≤ 40 MPa, au titre du domaine de validité du calcul (art. 4.2.1).
Quelle hauteur de levée et quel délai de décoffrage prévoir ?
Le NF DTU 23.1 n'en fixe aucun. L'article 3.6 se borne à exiger un béton en place homogène et sans ségrégation notable ; l'article 3.7 ne traite du décoffrage que sous l'angle de la sécurité des personnes et de la stabilité des murs après décoffrage. Ces paramètres relèvent du dimensionnement des outils coffrants sous poussée du béton frais et des conditions de résistance du NF DTU 21.
Quels désaffleurs sont admis entre banches ?
L'article 3.3 admet 10 mm pour les parements ordinaires, 3 mm avec un linéaire inférieur à 1 m/m² pour les parements courants, et 3 mm avec un linéaire inférieur à 0,5 m/m² pour les parements soignés. La condition de linéaire par mètre carré fait partie intégrante de la règle : elle ne peut pas être omise dans un CCTP.
Quelle tolérance d'implantation entre deux voiles superposés ?
L'écart e1 entre les traces des plans axiaux de deux murs superposés sur leur plancher commun ne doit pas dépasser le 1/15 de l'épaisseur du mur le moins épais, avec un maximum de 3 cm (art. 3.3). Pour un voile de 18 cm, cela donne 12 mm. Le maximum de 3 cm n'est atteint qu'à partir de 45 cm d'épaisseur.
Quelle section minimale pour un chaînage de plancher sur mur banché ?
L'article 4.1.1 fixe 1,5 cm² pour un chaînage entre un plancher et un mur de pignon, un mur contre terre, une façade maçonnée ou une façade coulée sur place. Dans les autres cas, A ≥ 0,28 L, A étant la section en cm² et L la largeur de plancher en mètres qui reporte ses charges verticales sur le mur. Ces valeurs valent pour des aciers de 400 MPa.
Quelle armature minimale en périphérie des ouvertures ?
Pour les murs intérieurs en étage courant, des armatures verticales locales d'au moins 0,85 cm² dans les angles des ouvertures, bordant l'ouverture sur au moins 0,40 m avec ancrage ou recouvrement (art. 4.1.2). Pour les murs extérieurs en étage courant, les ouvertures sont bordées par 0,85 cm² d'aciers verticaux et 1 cm² d'aciers horizontaux, ces derniers pouvant résulter du calcul à la flexion du linteau (art. 4.1.3).
Quelles armatures spécifiques à l'étage sous terrasse ?
Pour les murs extérieurs : aciers verticaux d'extrémité d'au moins 1,5 cm², partant du plancher bas de l'étage sous terrasse et ancrés par retour d'équerre dans le plancher-terrasse, et aciers horizontaux complémentaires d'au moins 2,35 cm² placés au-dessus des ouvertures et à 0,50 m au plus sous le plancher ou dans le plancher (art. 4.1.3). Pour les murs intérieurs, les aciers horizontaux complémentaires sont d'au moins 1,5 cm² (art. 4.1.2).
Quel entre-axe maximal pour les armatures verticales et horizontales ?
Pour l'armature de peau des murs extérieurs : 33 cm entre deux aciers horizontaux successifs et 50 cm entre deux aciers verticaux successifs, sauf justification particulière (art. 4.1.3). Pour les armatures issues du calcul : la distance entre axes des armatures verticales d'une même face ne dépasse pas deux fois l'épaisseur du mur sans excéder 33 cm, et celle des armatures horizontales ne dépasse pas 33 cm (art. 4.2.2.5).
Quand faut-il des armatures transversales dans un voile banché ?
L'article 4.2.2.5 précise que seuls les aciers verticaux pris en compte dans le calcul de Nu lim doivent être tenus par des armatures transversales. Si leur diamètre est inférieur ou égal à 12 mm, une densité d'au moins 4 par m² suffit ; au-delà, les armatures transversales doivent tenir toutes les barres avec un espacement d'au plus 15 fois le diamètre des aciers verticaux. Épingles Ø 6 mm si les barres longitudinales sont ≤ Ø 20 mm, Ø 8 mm sinon.
Dans quel domaine la méthode de calcul du DTU 23.1 est-elle applicable ?
L'article 4.2.1 exige cinq conditions cumulatives : longueur du mur ≥ 5 fois son épaisseur, épaisseur ≥ 10 cm, élancement mécanique ≤ 80, excentricité initiale inférieure à max(2 cm ; longueur de flambement / 300), et fc28 ≤ 40 MPa. Hors de ce domaine, il faut justifier le mur par les règles de béton armé en vigueur avec prise en compte des effets du second ordre.
Un mur banché enterré relève-t-il du DTU 23.1 ?
Pas normalement. L'article 4.2.1 ne l'admet que si l'équilibre interne peut être justifié soit par des diagrammes de contrainte ne comportant que des compressions, soit par des diagrammes avec traction, en l'absence de reprise de bétonnage, pour des hauteurs de terre inférieures à 2,50 m et lorsque la contrainte maximale de traction du béton calculée en service sur la section homogène reste inférieure à ft28/10.
Faut-il justifier un voile sous sollicitation tangente ?
L'article 4.2.3 dispense de justification tant que la contrainte tangente ultime reste inférieure à 0,05 fc28 et pour autant que l'effort normal sollicitant le mur soit une compression. Au-delà, la justification et le calcul des aciers se font par les règles de béton armé en vigueur, sans tenir compte des dispositions constructives minimales prévues par ces règles pour ces aciers.
Le DTU 23.1 s'applique-t-il aux murs préfabriqués ?
L'article 4.3.3 admet l'application du texte aux murs préfabriqués dont la préfabrication ne modifie pas sensiblement le comportement final par rapport à celui qu'auraient les mêmes murs coulés in situ, la préfabrication pouvant conduire à des aménagements mineurs des dispositions constructives. En revanche, les éléments préfabriqués non traditionnels et autres composants industriels sont exclus du domaine (art. 1.1).
Le NF DTU 23.1 est-il compatible avec les Eurocodes ?
Le texte date de mai 1993 : son article 1.2 renvoie à la partie B des Règles BAEL (rédaction BAEL 83) et son article 4.2.1 aux Règles parasismiques DTU PS 69. Le chapitre 3 (exécution) et les dispositions constructives minimales du 4.1 restent directement applicables comme clauses de marché ; le chapitre 4.2 (justification de la résistance) doit être transposé sur l'EN 1992-1-1, dont l'article 12 traite du béton non armé ou faiblement armé et l'article 9.6 des dispositions constructives des voiles. Un CCTP doit expliciter cette articulation.
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Dernière mise à jour
Ce document a été mis à jour le 28 août 2026
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