NF DTU 32.2 - Construction métallique - Charpente en alliages d'aluminium
Le DTU 32.2 « Construction métallique — Charpente en alliages d'aluminium » (NF P 22-202-1) date de mai 1993 et n'est plus en vigueur : la norme est annulée et a été remplacée par la NF EN 1090-3 de février 2009. La liste des DTU en vigueur du CSTB ne comporte plus, pour la série 32, que le NF DTU 32.1 (charpentes et ossatures en acier) et le NF DTU 32.3 (ossatures acier pour maisons et bâtiments résidentiels). Une ossature aluminium se conçoit aujourd'hui selon l'Eurocode 9 (NF EN 1999) et s'exécute selon la NF EN 1090-3, avec marquage CE des composants au titre de la NF EN 1090-1. Le point de vigilance permanent reste le contact entre l'aluminium et les autres métaux, en particulier le cuivre et ses alliages, où le simple ruissellement suffit à déclencher la corrosion.
Domaine d'application
Charpentes, ossatures et structures porteuses en alliages d'aluminium : choix des produits, assemblages soudés, boulonnés et rivetés, protection contre la corrosion et compatibilité au contact des autres métaux. Domaine désormais couvert par la NF EN 1090-3 (exécution), la NF EN 1090-1 (marquage CE) et la NF EN 1999 / Eurocode 9 (calcul), le DTU 32.2 de mai 1993 étant annulé
Règles principales
Statut du DTU 32.2 : norme annulée
La NF P 22-202-1 (DTU 32.2) de mai 1993 est annulée et remplacée par la NF EN 1090-3 de février 2009. Éditions antérieures : avril 1967, novembre 1971, septembre 1973. La série 32 des DTU en vigueur (CSTB, 9 juillet 2025) ne comporte plus que NF DTU 32.1 (novembre 2020) et NF DTU 32.3 (septembre 2015). Un CCTP visant le DTU 32.2 renvoie à un texte sans valeur normative
Produits structuraux et marquage CE
Les composants de structure en aluminium relèvent du marquage CE au titre de la NF EN 1090-1. Le CCTP doit exiger la déclaration de performance et les certificats matière correspondants, et préciser les nuances et états métallurgiques retenus ainsi que les tolérances de fabrication applicables
Exceptions :
- • Éléments non structuraux (habillage, parement, capotage): Ils ne relèvent pas du marquage CE au titre de la NF EN 1090-1 mais des textes propres à leur famille d'ouvrage (bardage rapporté, façade légère)
Classe d'exécution EXC à fixer au CCTP
Quatre classes de la moins à la plus contraignante : EXC1 (fabrications simples — bâtiments de stockage, abris), EXC2 (bâtiments et passerelles), EXC3 (façades de bâtiments de grande hauteur, travaux publics), EXC4 (conséquences extrêmes). La classe conditionne les niveaux de qualité de soudure, l'étendue des contrôles et le niveau de coordination du soudage
Exceptions :
- • Classe non spécifiée dans les documents du marché: L'EXC2 s'applique par défaut — ce qui peut être insuffisant pour une façade de grande hauteur, où l'EXC3 est attendue
Assemblages soudés : niveaux de qualité et qualifications
Les niveaux de qualité des assemblages en aluminium soudés à l'arc sont définis par l'ISO 10042 (niveaux B, C et D, pour épaisseurs > 0,5 mm, soudures bout à bout à pleine pénétration et toutes soudures d'angle). Coordination du soudage selon NF EN ISO 14731 obligatoire à partir d'EXC2 ; soudeurs et opérateurs qualifiés par essai approprié (série NF EN ISO 9606)
Exceptions :
- • Prescription rédigée selon EN ISO 5817: L'EN ISO 5817 vise les assemblages en acier : pour l'aluminium, c'est l'ISO 10042 qui s'applique. La prescription doit être corrigée, faute de quoi le contrôle est inapplicable
Contact avec les autres métaux : couples admis et proscrits
Acier non allié non protégé : corrosion très superficielle de l'aluminium, limitée à la zone de contact, conséquences essentiellement esthétiques (coulures de rouille). Zinc, acier zingué, cadmié ou chromé : contact direct possible, potentiels voisins. Acier inoxydable : pas de corrosion galvanique constatée en pratique. Cuivre, laiton, bronze : contact direct à proscrire, corrosion importante même sur aluminium anodisé ou thermolaqué.
Exceptions :
- • Ambiance intérieure agressive ou atmosphère extérieure agressive (NF P 24-351): Tout contact direct entre l'aluminium et un autre métal doit être interdit, y compris avec l'acier inoxydable et l'acier galvanisé — front de mer, embruns, aspersions corrosives, abrasion, température élevée
- • Atmosphère toujours parfaitement sèche: Le contact aluminium / cuivre reste proscrit sauf si l'on est certain d'être dans une atmosphère toujours parfaitement sèche
Interdiction du ruissellement en provenance du cuivre
Le simple ruissellement d'eau sur de l'aluminium ayant préalablement été en contact avec du cuivre ou l'un de ses alliages provoque une corrosion : les sels de cuivre attaquent chimiquement l'aluminium. Ne jamais implanter un ouvrage aluminium en aval hydraulique d'un ouvrage en cuivre. Sur toiture ou bardage cuivre, prévoir un dispositif empêchant tout ruissellement sur l'aluminium et maintenir ce dispositif fonctionnel
Exceptions :
- • Configuration imposée par le projet: Privilégier alors l'aluminium thermolaqué, la couche de peinture protégeant extérieurement l'aluminium, tout en respectant les dispositifs anti-ruissellement
Traitement de surface : anodisation ou thermolaquage
L'anodisation produit une couche isolante d'oxyde d'aluminium, spécifiée par la NF EN ISO 7599 (propriétés caractéristiques, méthodes d'essai, exigences minimales de performance). Le thermolaquage constitue l'alternative. Le CCTP doit fixer la classe d'épaisseur en fonction de l'exposition et exiger le certificat de label en cours de validité : QUALANOD pour l'anodisation, QUALICOAT pour le thermolaquage
Exceptions :
- • Aluminium anodisé ou thermolaqué au contact du cuivre: Le traitement de surface ne protège pas : la corrosion galvanique se produit même sur aluminium anodisé ou thermolaqué
Justification par calcul selon l'Eurocode 9
Note de calcul selon la NF EN 1999 : partie 1-1 pour les règles générales et les règles pour les bâtiments, 1-2 pour le calcul au feu, 1-3 pour les structures sensibles à la fatigue, 1-4 pour les tôles minces formées à froid, 1-5 pour les coques. La NF EN 1999-1-1 traite notamment la réduction de résistance en zone affectée thermiquement (HAZ) au voisinage des soudures, par méthode des contraintes réduites ou méthode des sections réduites
Exceptions :
- • Structures en alliages de fonderie: La NF EN 1999-1-1 fixe les règles pour les alliages corroyés et ne donne que des recommandations limitées pour les alliages de fonderie
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Classe d'exécution par défaut | EXC2 | Appliquée si le marché ne spécifie rien |
| Niveaux de qualité de soudure aluminium | B, C ou D (ISO 10042) | Épaisseurs de matériau > 0,5 mm |
| Coordination du soudage | Obligatoire à partir d'EXC2 | Coordinateurs qualifiés selon NF EN ISO 14731 |
| Essai de corrosion aluminium anodisé | 1 000 h de brouillard salin acétique | Méthodes de l'ISO 9227 |
| Tolérances dimensionnelles de fabrication et de montage | Selon NF EN 1090-3 | Le DTU 32.2 étant annulé, ses tolérances ne sont plus opposables |
Dimensions réglementaires
Épaisseur minimale visée par l'ISO 10042
En deçà, la norme de niveaux de qualité ne s'applique pas
Classes d'exécution
EXC3 attendue pour les façades de bâtiments de grande hauteur
Épaisseur de couche anodique
Désignation selon NF EN ISO 7599 ; label QUALANOD exigé
Contact aluminium / cuivre et alliages cuivreux
Y compris ruissellement en provenance du cuivre
Comprendre NF DTU 32.2
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF DTU 32.2, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF DTU 32.2 couvre : Charpentes, ossatures et structures porteuses en alliages d'aluminium : choix des produits, assemblages soudés, boulonnés et rivetés, protection contre la corrosion et compatibilité au contact des autres métaux. Domaine désormais couvert par la NF EN 1090-3 (exécution), la NF EN 1090-1 (marquage CE) et la NF EN 1999 / Eurocode 9 (calcul), le DTU 32.2 de mai 1993 étant annulé. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF DTU 32.2
Le DTU 32.2 « Travaux de bâtiment — Construction métallique — Charpente en alliages d'aluminium » a connu plusieurs éditions successives — avril 1967, novembre 1971, septembre 1973 — avant sa dernière version de mai 1993 sous l'indice NF P 22-202-1. Il proposait des clauses techniques à insérer dans les marchés de charpente en alliages d'aluminium et traitait les assemblages soudés, boulonnés et rivetés ainsi que leur protection.
La fiche AFNOR de la NF P 22-202-1 indique aujourd'hui un statut de norme annulée, remplacée par la NF EN 1090-3 de février 2009 « Exécution des structures en acier et des structures en aluminium — Partie 3 : exigences techniques pour les structures en aluminium ». La liste des DTU en vigueur diffusée par le CSTB au 9 juillet 2025 confirme cette disparition : la série 32 n'y comporte plus que le NF DTU 32.1 « Charpentes et ossatures en acier » de novembre 2020 et le NF DTU 32.3 de septembre 2015.
Le référentiel applicable aujourd'hui à une ossature aluminium se lit donc sur trois niveaux. Le calcul relève de l'Eurocode 9 (NF EN 1999), dont la partie 1-1 fixe les règles générales et les règles pour les bâtiments. L'exécution relève de la NF EN 1090-3, qui définit les exigences techniques de fabrication et de montage. La mise sur le marché des composants de structure relève enfin de la NF EN 1090-1, qui porte le marquage CE.
Ce déplacement du référentiel n'est pas qu'une question de références bibliographiques. Il change la nature de l'exigence : la NF EN 1090 introduit la notion de classe d'exécution (EXC1 à EXC4), qui doit être choisie et écrite au CCTP. Un marché d'ossature aluminium qui ne fixe pas la classe d'exécution laisse le fabricant appliquer le niveau minimal, avec des conséquences directes sur les contrôles de soudure et la traçabilité.
Comprendre en détail NF DTU 32.2
Classes d'exécution EXC1 à EXC4 : la décision structurante du CCTP
La NF EN 1090 catégorise les ouvrages en quatre classes d'exécution, de la moins à la plus contraignante : EXC1, EXC2, EXC3 et EXC4. EXC1 correspond à des fabrications simples telles que des bâtiments de stockage ou des abris. EXC2 vise les constructions plus complexes comme les bâtiments et les passerelles ; lorsque rien n'est spécifié, c'est la classe qui s'applique par défaut. EXC3 est retenue pour les façades des bâtiments de grande hauteur et pour les travaux publics. EXC4 vise les ouvrages à conséquences extrêmes en cas de défaillance.
Le choix de la classe se répercute directement sur les niveaux de qualité des soudures exigés, sur l'étendue des contrôles non destructifs, sur la traçabilité des produits et sur le niveau de qualification requis pour la coordination du soudage. C'est une décision de conception, pas une décision d'atelier : elle appartient au maître d'œuvre et doit figurer dans les pièces écrites.
L'omission est fréquente. Un CCTP qui se contente d'exiger « conformité NF EN 1090 » sans préciser la classe revient à accepter l'EXC2 par défaut, ce qui peut être insuffisant pour une façade de bâtiment de grande hauteur ou une structure exposée à la fatigue.
Soudage de l'aluminium : niveaux de qualité et qualifications
Les niveaux de qualité des assemblages soudés en aluminium sont définis par l'ISO 10042 « Soudage — Assemblages en aluminium et ses alliages soudés à l'arc — Niveaux de qualité par rapport aux défauts ». Elle spécifie trois niveaux de qualité — B, C et D — pour les épaisseurs de matériau supérieures à 0,5 mm, en couvrant les soudures bout à bout à pleine pénétration et toutes les soudures d'angle, avec des limites dimensionnelles propres à chaque classe de défaut.
Attention à ne pas confondre ce texte avec l'EN ISO 5817, qui traite des assemblages soudés en acier : l'aluminium relève de l'ISO 10042. C'est une confusion courante dans les CCTP rédigés par recopie d'un lot charpente métallique acier.
La coordination du soudage doit être organisée dans l'entreprise par des coordinateurs qualifiés et expérimentés selon l'EN ISO 14731 à partir de la classe d'exécution EXC2. Les soudeurs et opérateurs soudeurs doivent être qualifiés par un essai approprié — pour l'aluminium, la référence de la série est la NF EN ISO 9606-2. Ces exigences sont contractuelles : elles se vérifient sur pièces (certificats en cours de validité) au stade de l'acceptation du fabricant, pas à la réception de l'ouvrage.
Contact aluminium / autres métaux : les couples admis et proscrits
La fiche technique n° 39 du COPREC, indice A, d'octobre 2008 — établie avec le CSTB, le CEBTP, Bureau Veritas, l'APAVE, SOCOTEC, Qualiconsult et le SNFA — décrit le comportement de l'aluminium et de ses alliages utilisés dans le bâtiment au contact des principaux métaux. C'est le document de référence le plus clair sur le sujet.
Au contact d'un acier non allié et non protégé, l'expérience montre que l'aluminium ne subit qu'une corrosion très superficielle, limitée à la zone de contact ; les coulures de rouille imprègnent la couche d'alumine et en maculent la surface, avec des conséquences de nature esthétique. Le zinc, le cadmium et le chrome ayant des potentiels voisins de celui de l'aluminium, l'acier zingué, cadmié ou chromé, ainsi que le zinc, peuvent être mis en contact direct sans provoquer de corrosion de l'aluminium. Pour l'acier inoxydable, malgré une différence de potentiel importante, on ne constate pas en pratique de corrosion galvanique, sauf en atmosphère particulière.
Le cuivre et ses alliages sont le cas critique. Le contact direct de l'aluminium avec du cuivre, du laiton ou du bronze est toujours très dangereux car il peut provoquer une corrosion galvanique importante de l'aluminium, même anodisé ou thermolaqué : il doit être proscrit. Pire, le simple ruissellement d'eau sur de l'aluminium ayant préalablement été en contact avec du cuivre suffit à provoquer la corrosion, les sels de cuivre attaquant chimiquement l'aluminium.
Les conséquences en conception sont explicites : ne pas implanter de cuivre à proximité rapprochée de l'aluminium (habillages de tableaux de fenêtre par exemple) ; sur une toiture ou un bardage en cuivre, prévoir un dispositif empêchant tout ruissellement sur les ouvrages en aluminium et veiller à ce qu'il reste fonctionnel ; ne pas faire cohabiter une gouttière en cuivre avec une façade habillée d'aluminium. Pour le plomb et l'étain, aucune corrosion n'a été constatée mais il est préférable d'éviter le contact direct, et de ne pas utiliser de peintures chargées de plomb ou d'étain au contact de l'aluminium.
Atmosphères agressives : la règle change complètement
Tout ce qui précède ne vaut que pour les ambiances intérieures et les atmosphères extérieures non agressives au sens de la NF P 24-351. Une ambiance intérieure agressive est une ambiance présentant une corrosivité importante, même de façon intermittente (corrosion chimique, aspersions corrosives). Une atmosphère extérieure agressive est un milieu où la sévérité d'exposition est accrue par une corrosivité très importante, l'abrasion, une température élevée, les embruns en front de mer ou l'attaque directe par l'eau de mer.
Dans ces ambiances ou atmosphères, la fiche COPREC est catégorique : il faut interdire les contacts directs entre l'aluminium et tout autre métal. La règle n'est plus « éviter le cuivre » mais « isoler systématiquement », y compris vis-à-vis de l'acier inoxydable et de l'acier galvanisé.
C'est la situation d'un très grand nombre d'opérations en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où les façades en front de mer cumulent embruns salins et rayonnement. Le classement de l'atmosphère au sens de la NF P 24-351 doit donc être écrit au CCTP avant tout choix de fixation ou de traitement de surface.
Protection de surface : anodisation et thermolaquage
La protection de l'aluminium en bâtiment relève de deux familles. L'anodisation est un traitement électrolytique produisant une couche isolante d'oxyde d'aluminium en surface, dont la spécification est normalisée par la NF EN ISO 7599 « Anodisation de l'aluminium et de ses alliages — Spécifications générales pour couches anodiques » ; elle définit les propriétés caractéristiques, les méthodes d'essai permettant de les vérifier et les exigences minimales de performance. Le thermolaquage constitue la seconde famille.
Deux labels de qualité encadrent ces traitements pour les profilés destinés à l'architecture : QUALANOD pour l'anodisation par acide sulfurique et QUALICOAT pour le thermolaquage. Ils définissent des exigences détaillées et contrôlent la conformité des installations certifiées. La résistance à la corrosion d'un aluminium anodisé se vérifie par les méthodes de l'ISO 9227, avec un essai au brouillard salin acétique de 1 000 heures.
Le CCTP doit fixer explicitement la classe d'épaisseur de la couche (désignation selon la NF EN ISO 7599) en fonction de l'exposition réelle du bâtiment, et exiger le certificat du label en cours de validité. Une mention « aluminium anodisé » sans classe ni label n'engage à rien : c'est l'épaisseur de couche, contrôlée, qui fait la durabilité.
Erreurs fréquentes sur une ossature aluminium
La première erreur est de prescrire « conformité DTU 32.2 » : la norme est annulée depuis le remplacement par la NF EN 1090-3 en février 2009 et ne figure plus dans la liste des DTU en vigueur du CSTB. Le CCTP doit viser NF EN 1090-1, NF EN 1090-3 et NF EN 1999.
La deuxième erreur est de ne pas fixer la classe d'exécution EXC. Le fabricant appliquera alors l'EXC2 par défaut, ce qui peut être insuffisant pour une façade de grande hauteur, où l'EXC3 est attendue.
La troisième erreur est de spécifier les niveaux de qualité de soudure selon l'EN ISO 5817, qui vise l'acier, au lieu de l'ISO 10042, qui vise l'aluminium. Le contrôle devient alors formellement inapplicable.
La quatrième erreur, et la plus coûteuse en exploitation, est de laisser cohabiter du cuivre et de l'aluminium sur une même façade — gouttière cuivre au-dessus d'un bardage aluminium, habillage de tableau en cuivre, descente d'eau pluviale en cuivre traversant une casquette aluminium. La corrosion ne se déclare qu'après plusieurs saisons de pluie et la reprise impose la dépose des éléments concernés. La cinquième erreur est de raisonner en atmosphère courante sur une opération en front de mer : dans une atmosphère extérieure agressive au sens de la NF P 24-351, tout contact direct entre aluminium et autre métal doit être interdit, sans exception.
Sources officielles et documents liés
Statut de la norme : fiche NF P 22-202-1 (DTU 32.2), mai 1993, norme annulée, remplacée par NF EN 1090-3 de février 2009 (boutique.afnor.org). Liste des DTU en vigueur, CSTB Éditions, 9 juillet 2025 (cstb.fr) — la série 32 n'y comporte que NF DTU 32.1 de novembre 2020 et NF DTU 32.3 de septembre 2015.
Exécution et marquage CE : NF EN 1090-1 (évaluation de la conformité des composants structuraux) et NF EN 1090-3 (exigences techniques pour les structures en aluminium). Calcul : NF EN 1999-1-1 (règles générales et règles pour les bâtiments), NF EN 1999-1-2 (feu), NF EN 1999-1-3 (fatigue), NF EN 1999-1-4 (tôles minces formées à froid), NF EN 1999-1-5 (coques). L'annexe D de la NF EN 1999-1-1 traite la corrosion.
Soudage : ISO 10042 (niveaux de qualité des assemblages soudés en aluminium), NF EN ISO 14731 (coordination du soudage), série NF EN ISO 9606 pour la qualification des soudeurs. Compatibilité des métaux : fiche technique COPREC n° 39, indice A, octobre 2008. Traitements de surface : NF EN ISO 7599, labels QUALANOD et QUALICOAT, essai de corrosion ISO 9227.
Glossaire NF DTU 32.2
- Classe d'exécution (EXC)
- Niveau d'exigence de fabrication et de contrôle défini par la série NF EN 1090, de EXC1 (fabrications simples : stockage, abris) à EXC4 (conséquences extrêmes). EXC2 s'applique par défaut si rien n'est spécifié ; EXC3 est retenue pour les façades de bâtiments de grande hauteur et les travaux publics.
- ISO 10042
- Norme fixant les niveaux de qualité B, C et D des assemblages en aluminium soudés à l'arc, pour les épaisseurs supérieures à 0,5 mm. Équivalent aluminium de l'EN ISO 5817, qui vise l'acier — les deux ne sont pas interchangeables.
- NF EN 1090-1 / NF EN 1090-3
- 1090-1 : évaluation de la conformité et marquage CE des composants structuraux. 1090-3 : exigences techniques d'exécution des structures en aluminium, texte qui a remplacé le DTU 32.2 en février 2009.
- Eurocode 9 (NF EN 1999)
- Norme européenne de calcul des structures en alliages d'aluminium. La partie 1-1 donne les règles générales et les règles pour les bâtiments ; son annexe D traite la corrosion.
- Corrosion galvanique
- Corrosion du métal le plus électronégatif lorsque deux métaux différents sont en contact dans un milieu conducteur. En pratique, la formation d'une couche d'oxyde isolante d'alumine peut s'opposer à la formation de la pile — sauf face au cuivre et à ses alliages.
- Atmosphère extérieure agressive (NF P 24-351)
- Milieu où la sévérité d'exposition est accrue par une corrosivité très importante, l'abrasion, une température élevée, les embruns en front de mer ou l'attaque directe par l'eau de mer. Dans ce cas, tout contact direct aluminium / autre métal doit être interdit.
- QUALANOD / QUALICOAT
- Labels de qualité encadrant respectivement l'anodisation par acide sulfurique et le thermolaquage des profilés aluminium destinés à l'architecture. Ils définissent les exigences et contrôlent la conformité des installations certifiées.
- NF EN ISO 7599
- Norme spécifiant les couches anodiques décoratives et protectrices sur aluminium : propriétés caractéristiques, méthodes d'essai de vérification et exigences minimales de performance.
Questions fréquentes sur NF DTU 32.2
Qu'est-ce que NF DTU 32.2 ?
NF DTU 32.2 - Construction métallique - Charpente en alliages d'aluminium. Le DTU 32.2 « Construction métallique — Charpente en alliages d'aluminium » (NF P 22-202-1) date de mai 1993 et n'est plus en vigueur : la norme est annulée et a été remplacée par la NF EN 1090-3 de février 2009. La liste des DTU en vigueur du CSTB ne comporte plus, pour la série 32, que le NF DTU 32.1 (charpentes et ossatures en acier) et le NF DTU 32.3 (ossatures acier pour maisons et bâtiments résidentiels). Une ossature aluminium se conçoit aujourd'hui selon l'Eurocode 9 (NF EN 1999) et s'exécute selon la NF EN 1090-3, avec marquage CE des composants au titre de la NF EN 1090-1. Le point de vigilance permanent reste le contact entre l'aluminium et les autres métaux, en particulier le cuivre et ses alliages, où le simple ruissellement suffit à déclencher la corrosion. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF DTU 32.2 ?
Le domaine d'application couvre : Charpentes, ossatures et structures porteuses en alliages d'aluminium : choix des produits, assemblages soudés, boulonnés et rivetés, protection contre la corrosion et compatibilité au contact des autres métaux. Domaine désormais couvert par la NF EN 1090-3 (exécution), la NF EN 1090-1 (marquage CE) et la NF EN 1999 / Eurocode 9 (calcul), le DTU 32.2 de mai 1993 étant annulé. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF DTU 32.2 sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Le DTU 32.2 est-il toujours applicable ?
Non. La NF P 22-202-1 (DTU 32.2) de mai 1993 est une norme annulée, remplacée par la NF EN 1090-3 de février 2009. La liste des DTU en vigueur du CSTB au 9 juillet 2025 ne comporte plus, pour la série 32, que le NF DTU 32.1 (charpentes et ossatures en acier, novembre 2020) et le NF DTU 32.3 (ossatures acier pour maisons et bâtiments résidentiels, septembre 2015).
Quel référentiel viser au CCTP pour une ossature aluminium ?
Trois textes : NF EN 1999 (Eurocode 9) pour le calcul, NF EN 1090-3 pour l'exécution, NF EN 1090-1 pour le marquage CE des composants structuraux. Le CCTP doit en outre fixer explicitement la classe d'exécution EXC retenue et le niveau de qualité de soudure exigé.
Quelle classe d'exécution retenir ?
EXC1 pour des fabrications simples (bâtiments de stockage, abris), EXC2 pour les bâtiments et passerelles — c'est la classe appliquée par défaut si rien n'est spécifié —, EXC3 pour les façades de bâtiments de grande hauteur et les travaux publics, EXC4 pour les ouvrages à conséquences extrêmes. Ne rien écrire revient à accepter l'EXC2.
Peut-on mettre de l'aluminium en contact avec de l'acier inoxydable ?
Oui en ambiance courante : malgré une différence de potentiel importante, la fiche technique COPREC n° 39 indique qu'on ne constate pas en pratique de corrosion galvanique lors du contact. En atmosphère particulière — ambiance intérieure agressive ou atmosphère extérieure agressive au sens de la NF P 24-351 — tout contact direct entre l'aluminium et un autre métal doit en revanche être interdit.
Pourquoi le cuivre est-il proscrit près de l'aluminium ?
Le contact direct de l'aluminium avec le cuivre, le laiton ou le bronze provoque une corrosion galvanique importante de l'aluminium, même anodisé ou thermolaqué. De plus, le simple ruissellement d'eau ayant circulé sur du cuivre avant d'atteindre l'aluminium suffit : les sels de cuivre attaquent chimiquement l'aluminium. Il ne faut donc jamais implanter un ouvrage aluminium en aval d'un ouvrage en cuivre.
Quelle norme pour les niveaux de qualité de soudure de l'aluminium ?
L'ISO 10042, qui définit les niveaux B, C et D pour les assemblages en aluminium soudés à l'arc d'épaisseur supérieure à 0,5 mm. L'EN ISO 5817 vise l'acier et ne s'applique pas à l'aluminium : c'est une confusion fréquente dans les CCTP recopiés d'un lot charpente acier.
La coordination du soudage est-elle obligatoire ?
À partir de la classe d'exécution EXC2, le soudage doit être coordonné dans l'entreprise par des coordinateurs qualifiés et expérimentés selon la NF EN ISO 14731. Les soudeurs et opérateurs doivent par ailleurs être qualifiés par un essai approprié (série NF EN ISO 9606). Ces certificats se vérifient au stade de l'acceptation du fabricant.
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Le NF DTU 31.4 (P 21-206) propose les clauses types de mise en oeuvre des facades a ossature bois rapportees sur une structure primaire neuve ou existante, en beton, en maconnerie, en bois lamelle croise ou en poteaux-poutres. Il ne vise que les facades qui ne contribuent pas a la stabilite du batiment. Il fixe l'entraxe maximal des montants, l'humidite d'assemblage des bois, les classes d'emploi, la garde au sol de 200 mm, la valeur sd de la barriere a la diffusion de vapeur d'eau et la regle dite du facteur 5, les recouvrements de pare-pluie, les tolerances attendues du support et les tolerances de fabrication et de mise en oeuvre.
NF DTU 33.1 - Façades rideaux, semi-rideaux et façades panneaux à ossature métallique
Le NF DTU 33.1 P1-1 (mai 2008, indice de classement P 28-002-1-1) fixe les clauses techniques types de mise en œuvre des façades rideaux, semi-rideaux et façades panneaux dont les ossatures, bâtis et cadres sont métalliques. Il traite la justification au vent, le drainage obligatoire des feuillures, la perméabilité à l'air et l'étanchéité à l'eau exprimées en pourcentage de la pression de vent caractéristique, les calfeutrements périphériques et les tolérances de pose. Les façades à ossature bois ou en matériaux de synthèse, les bardages rapportés, vêtages, vêtures, revêtements attachés en pierre mince et les vitrages extérieurs attachés (VEA) sont hors de son domaine d'application.
NF DTU 31.3 - Charpentes en bois assemblées par connecteurs métalliques ou goussets
Le DTU 31.3 encadre les charpentes industrialisées à fermettes assemblées par connecteurs métalliques à dents. Il précise les classes mécaniques du bois, le serrage des connecteurs, le contreventement triangulé et la stabilité au vent. Un défaut de contreventement diagonal ou des fermettes mal stabilisées en phase de levage provoque effondrement par flambement ou déversement de toiture.
NF DTU 33.2 - Tolérances dimensionnelles du gros œuvre destiné à recevoir des façades légères
Le DTU 33.2 est la norme expérimentale XP P 28-003 de décembre 1996. Elle ne fixe pas des tolérances forfaitaires en millimètres par étage : elle définit deux grandeurs, la tolérance d'ensemble Δe et la tolérance de bosses, de creux et de ressauts Δp, toutes deux lues sur des courbes en fonction de la dimension caractéristique de la façade et de la distance entre points, et déclinées en classe A (façades rideaux) et classe B (façades semi-rideaux ou panneaux). Elle impose aussi des conditions climatiques de relevé. Cette fiche restitue le contenu réel du texte, corrige les valeurs forfaitaires qui y étaient auparavant attribuées à tort, et explique comment organiser la réception géométrique du gros œuvre avant pose d'une façade légère.
Informations
Dernière mise à jour
Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024
Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.
NF DTU 32.2 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. aluminium, charpente, structure, assemblage, légèreté, Eurocode 9, NF EN 1090-3, corrosion galvanique, classe d'exécution, DTU annulé.