NF DTU 40.22 — Couverture en tuiles canal de terre cuite
Le NF DTU 40.22 (NF P 31-201-1 pour le cahier des clauses techniques) définit les conditions d'exécution des couvertures en tuiles canal de terre cuite, posées sur support continu ou sur support discontinu, en France métropolitaine hors climat de montagne au-delà de 900 m d'altitude. Il proscrit l'emploi du mortier de ciment courant, impose un calage des tuiles discontinu, fixe un espacement latéral de 2 à 5 cm entre éléments et limite les pentes des tableaux à des rampants dont la projection horizontale n'excède pas 12 m. Il ne traite pas des tuiles canal à recouvrement fixe, qui relèvent de l'Avis Technique.
Domaine d'application
Couvertures en tuiles canal de terre cuite sur support continu (bois massif, panneaux dérivés du bois, maçonnerie) ou discontinu (chevronnage selon la pente, liteaux pour tuiles à tenons), France métropolitaine hors climat de montagne (> 900 m)
Règles principales
Domaine d'application et exclusions
22 partie 1 (NF P 31-201-1) a pour objet de définir les conditions d'exécution des travaux de couverture en tuiles canal de terre cuite. 22 d'avril 1990 et intègre les amendements A1 de décembre 1996, A2 de janvier 1999, A3 de septembre 2001 et A4 d'octobre 2010.
Il traite de la mise en œuvre des couvertures dont les tuiles de courant sont posées soit sur support continu, soit sur support discontinu — dans ce dernier cas, chevrons disposés selon la ligne de plus grande pente ou, pour les tuiles à tenons, liteaux disposés perpendiculairement au sens de la pente.
Il ne traite pas des couvertures utilisant des tuiles canal dont la conception entraîne un recouvrement fixe (tuiles dites « à butée »), qui relèvent de la procédure d'Avis Technique. 2). Les annexes 1, 2 et 3 sont contractuelles.
Pentes, recouvrements minimaux et réductions admises
Les pentes et recouvrements minimaux admissibles sont indiqués dans le tableau I en fonction de la zone d'application et de la situation dans lesquelles est implantée la construction, l'annexe 1 définissant ces zones et situations. Les pentes du tableau I sont valables pour des rampants dont la longueur de projection horizontale n'excède pas 12 m.
Des recouvrements moins importants que ceux du tableau I peuvent être admis en fonction de dispositions particulières de solidarisation des tuiles — pose à bain de mortier des tuiles de courant et de couvert — et de l'expérience locale acquise dans ces conditions, mais uniquement dans les cas et pour les valeurs suivantes : 10 cm en zones 1 et 2 en situation protégée, et 12 cm en zones 1 et 2 en situation normale.
Pour les tuiles à tenons, l'écartement de face amont à face amont des liteaux est au maximum égal à la longueur de la tuile diminuée de la valeur du recouvrement indiquée dans le tableau I pour les zone et situation considérées.
Exceptions :
- • Zones 1 et 2 en situation protégée : recouvrement réductible à 10 cm sous réserve d'une solidarisation par pose à bain de mortier et d'une expérience locale acquise
- • Zones 1 et 2 en situation normale : recouvrement réductible à 12 cm dans les mêmes conditions
Mortiers : le ciment courant n'est pas admis
L'emploi de mortier de ciment courant n'est pas admis : il conduit à une rigidité trop importante des assemblages et à des risques de fissuration. Deux catégories de mortier sont retenues, le mortier de chaux ou de ciment à maçonner et le mortier bâtard, destinés soit aux hourdages, soit aux filets ou aux solins.
Dosages conseillés — hourdages en partie courante : mortier de chaux ou de ciment à maçonner à 250 kg à 350 kg par mètre cube de sable sec, ou mortier bâtard à 150 kg de ciment courant et 175 kg à 225 kg de chaux par mètre cube de sable sec ; filets et solins : mortier bâtard aux mêmes dosages.
Constituants : ciments courants de classe 32,5 ou 42,5, ciments à maçonner de classe 160 ou 250, chaux hydrauliques naturelles NHL 5 ou NHL-Z 5 ou chaux hydrauliques artificielles XHA de classe 60 ou 100, liants conformes aux NF P 15-301, NF P 15-307, NF P 15-311 et NF P 15-312, sable conforme à la XP P 18-540 de granularité 0,1/3,15 (sable 0/3).
Colorants compatibles avec les liants, dosage n'excédant pas 5 % à 7 % de la masse du liant. Adjuvants sans action de dégradation sur les matériaux environnants. Pour les tuiles siliconées, le scellement est effectué à partir d'un mortier adjuvanté selon la notice technique du fabricant de tuiles. L'utilisation de mortiers spécifiques implique des précautions particulières de mise en œuvre pour éviter que des coulures ne tachent la toiture.
Mise en œuvre des tuiles et calage discontinu
Les tuiles sont posées avec un chevauchement de la tuile du rang supérieur sur celle du rang inférieur selon les valeurs du tableau I et avec un espacement latéral de 2 à 5 cm entre les éléments à leur partie la plus large.
La pose commence par les tuiles de courant formant canaux d'évacuation des eaux ; sur les supports continus plans en bois massif, la pose s'effectue au cordeau ou au tracé et requiert un calage des tuiles ; sur support discontinu selon la ligne de plus grande pente, les tuiles de courant sont simplement posées, partie évasée vers le haut, dans le berceau créé par deux pièces de bois voisines, en partant du bas du versant.
Les tuiles de couvert sont ensuite posées à cheval sur deux rangs consécutifs, partie large vers le bas du versant. À la pose, les rangs sont normalement alignés. 4, soit à sec au moyen de cassons, soit au moyen de pièces de bois parallèles à la ligne de plus grande pente.
Sur support continu en panneaux dérivés du bois, le calage est obligatoirement constitué par des pièces de bois parallèles à la ligne de plus grande pente. Sur les supports comportant un berceau d'assise, les tuiles de courant sont posées à sec dans ce berceau ou scellées par un tampon de mortier.
Lorsqu'elles comportent un ou des tenons, leur bon positionnement doit résulter de l'appui du ou des tenons sur la face amont des liteaux.
Fixation des tuiles : principes et modes admis
La fixation des tuiles peut être rendue nécessaire soit pour éviter le glissement des tuiles, soit pour s'opposer à leur soulèvement sous l'effet des actions du vent.
4 — avec mortier adjuvanté pour les tuiles siliconées —, à l'aide de crochets, de clous ou de pannetons, ou à l'aide de mastic conforme à la NF P 85-523 pour fixer les tuiles entre elles, la fixation des tuiles au support à l'aide de mastic n'étant pas visée par le DTU.
La nécessité ou non de fixation en fonction de la pente est indiquée au tableau V, en fonction de l'exposition au vent au tableau VI, et les modalités et la répartition des fixations aux tableaux VII a (pose sur support continu) et VII b (pose sur liteaux).
Le cas particulier des couvertures présentant une pente supérieure à 60 % nécessite des dispositions spécifiques de fixation qui ne sont pas traitées par le document. Dans les zones à fortes vibrations (trafic routier très dense, aéroport), toutes les tuiles doivent être fixées.
Le principe de pose dit « à point lacé », admis uniquement pour des pentes comprises entre 31 et 40 %, permet de ne pas recourir à une fixation rapportée lorsque le tableau V l'exigerait.
La pose à bain de mortier des tuiles de courant et de couvert introduit une diminution de la ventilation et n'est admise que dans les conditions locales (régions peu sujettes au gel) où elle s'est avérée sans conséquence sur la durabilité.
Exceptions :
- • Pose dite « à point lacé » pour les pentes comprises entre 31 et 40 % : dispense de fixation rapportée lorsque le tableau V l'exige
Nature et dimensions des crochets et des clous
Les crochets S et les crochets longs à œil sont en fil cylindrique de diamètre 3 mm, en acier galvanisé, en acier inoxydable ou en cuivre. 12. 09 ; les diamètres minimaux de tige sont de 3 mm pour les clous en acier galvanisé et en cuivre, et de 2,7 mm pour les clous en acier inoxydable.
Supports continus en bois massif
Les voliges, frises et planches sont posées avec une pose dite « jointive », l'écartement à la pose étant de 5 à 10 mm environ, et clouées sur les appuis. L'écartement d'axe en axe des appuis ne peut dépasser 1,20 m et chaque volige, frise ou planche doit reposer, en partie courante, sur au moins trois appuis.
La largeur minimale de repos sur les appuis est de 40 mm en partie courante et de 20 mm en about.
Les tableaux II et III donnent les entraxes maximaux des appuis en fonction des charges descendantes équivalentes réparties, respectivement pour les voliges, frises et planches jointives et pour les planchers rainés-bouvetés ; ils sont applicables aux supports en bois résineux (sapin, épicéa, pin sylvestre), d'autres épaisseurs pouvant être justifiées par le calcul, et en pose en diagonale on tient compte des portées réelles dans le sens du fil du bois.
Les lames à plancher et planches pour pose bouvetée ont une largeur maximale de 200 mm, les lames à plancher en bois massif devant être conformes à la NF B 54-000 et les planches bouvetées en bois massif ayant une épaisseur au moins égale à 23 mm.
Fixation sur chevrons, pannes ou fourrures bois : clouage ou agrafage, l'agrafage étant limité aux pièces d'épaisseur inférieure ou égale à 25 mm, avec 2 fixations pour les largeurs de support inférieures ou égales à 105 mm et 3 pour les largeurs supérieures.
Fixation sur pannes ou fourrures métalliques : vis autotaraudeuses ou autoperceuses-taraudeuses de diamètre supérieur ou égal à 6 mm, à raison de deux par appui, la longueur des vis devant permettre un dépassement d'environ 5 mm sous l'aile du profilé.
Supports en panneaux dérivés du bois : pose directe interdite
La pose directe des tuiles sur les supports en panneaux dérivés du bois n'est pas admise.
On utilise dans ce cas des liteaux disposés parallèlement à la pente et sur lesquels sont posées les tuiles de courant ; les dimensions de ces liteaux sont choisies de façon à ce que, compte tenu de la géométrie des tuiles, il subsiste un espace minimal de 2 cm entre la tuile et le panneau support. Les entraxes de pose des panneaux et leur fixation sont déterminés par le calcul.
Les panneaux contreplaqués doivent satisfaire aux normes NF B 54-155, NF B 54-160 et NF B 54-161, l'apposition de la marque « NF extérieur CTB-X » dispensant de la vérification des critères exigés ; leur format maximal en toiture est de 315 × 155 cm et leur épaisseur minimale de 12 mm.
Les panneaux de particules doivent satisfaire aux NF B 54-100 et NF B 54-110 et présenter des caractéristiques au moins égales à celles exigées pour la marque CTB-H, dont l'apposition dispense de la vérification des critères ; leur format maximal en toiture est de 370 × 125 cm et leur épaisseur minimale de 18 mm.
Les supports en maçonnerie sont des supports traditionnels dont la stabilité est vérifiée suivant les règles de calcul en vigueur ; les autres types de support ne sont pas visés et peuvent faire l'objet d'un Avis Technique.
Supports discontinus et litonnage pour tuiles à tenons
1. Les modes de fixation des tuiles utilisés sur ce seul chevronnage ne sont pas traités par le document.
Pour les tuiles à tenons, les tuiles de courant reposent sur un litonnage bois dont les éléments, reposant sur trois appuis au moins, sont fixés à l'aide de pointes ou d'agrafes à chaque intersection d'un chevron et d'un liteau ; les pointes torsadées ou crantées présentent un meilleur accrochage que les pointes lisses et l'agrafage n'est utilisé que pour les pièces d'épaisseur inférieure ou égale à 25 mm.
Les agrafes sont en acier, d'épaisseur ou diamètre minimal 1,83 mm et de longueur minimale de branche 63,5 mm, protégées par galvanisation de classe B de la NF A 91-131 lorsqu'elles ne sont pas en inox.
Le tableau IV donne la section des liteaux en fonction de l'écartement maximal entre appuis, de l'entraxe de pose et de la charge équivalente répartie ; il est applicable aux liteaux en résineux (sapin, épicéa) et au dimensionnement des liteaux en chêne ou châtaignier, mais ne doit pas être utilisé pour le peuplier, et le sens de pose des liteaux rectangulaires doit être respecté.
En liteaux métalliques, les tuiles sont posées sur des cornières ou profilés angulaires en acier de construction d'usage général, dont les dimensions sont déterminées en fonction de la charge et de l'écartement des supports, avec une hauteur d'accrochage au moins égale à 20 mm ; les liteaux acier doivent être protégés de la corrosion avant mise en œuvre, cette protection n'étant pas assurée par l'entreprise de couverture sauf prescriptions des documents particuliers du marché.
Égout, génoise et rives
En égout droit, le premier rang de tuiles de courant est fixé ; si la fixation est réalisée au mortier, une surépaisseur de mortier est nécessaire pour éviter le basculement, et si les tuiles sont posées à sec on recourt à des pièces de bois d'épaisseur appropriée.
La saillie du premier rang peut être soutenue par une corniche dite génoise, réalisée par 1 à 4 rangs de tuiles canal, chaque rang débordant par rapport au rang inférieur ; l'emploi des génoises dans des régions où elles sont inhabituelles peut entraîner un risque de dégradation sous les effets du gel des tuiles ainsi maçonnées.
En égout biais, selon l'angle de raccordement, les tuiles sont soit non tranchées mais décalées d'une ligne à l'autre avec garniture complémentaire, soit tranchées. Rives de tête avec dépassement du mur : garnissage au mortier protégé par une garniture métallique et une bande-solin — solution qui permet de se prémunir des risques de fissuration des autres procédés —, ou bardelis et bande-solin, ou solin en mortier grillagé ou non.
Rives de tête sans dépassement : dernier rang recouvert à l'aide de tuiles du même modèle ou d'un modèle plus grand, scellées au mortier, éventuellement avec languette, ou tuiles en débord avec calfeutrement au mortier.
Rives latérales sans dépassement du mur : la dernière travée de tuiles de courant ou de tuiles de dessus est scellée au mortier, un parement raccordant les tuiles de rives au nu du mur ; on peut protéger le mortier par un bardelis formé d'une travée de tuiles canal ou de tuiles plates déversées vers l'extérieur et obligatoirement recouvertes par une tuile de couvert.
Rives latérales biaises : traitées comme un égout biais si l'eau afflue, comme un arêtier si elle s'en écarte.
Faîtage, arêtiers et noues
Au faîtage maçonné, la ligne de faîtage est recouverte soit avec des tuiles de même modèle que celles de la couverture, soit avec des tuiles de plus grand modèle, le recouvrement des faîtières se faisant dans le sens défavorable à la pénétration de l'eau sous les vents de pluie habituels ; on peut interposer une languette (morceau de tuile plate ou de tuile canal) entre la faîtière et la tuile pour faciliter le renvoi de l'eau sur le versant.
4, soit par mortier et clouage, le clouage étant réalisé dans la zone de recouvrement et nécessitant au faîtage la présence d'une lisse de rehausse en bois fixée à la charpente. Le joint entre faîtières est réalisé par un recouvrement de 10 cm au minimum avec joint de mortier, et les abouts de faîtage doivent être obturés.
Le joint entre faîtières et tuiles est calfeutré au mortier, dans lequel on incorpore des fragments de tuiles (cassons) pour éviter la fissuration des masses de mortier importantes. Les faîtages à sec relèvent de l'Avis Technique. Le faîtage biais est traité comme une rive de tête si la toiture est mono-pente, comme un arêtier si elle est à double pente.
Pour les arêtiers, les tuiles des versants sont tranchées biaises et la ligne d'arêtier est recouverte par des tuiles de même modèle que celles de la couverture ou du faîtage, fixées et calfeutrées dans les conditions du faîtage.
La noue est généralement constituée par un revêtement métallique posé sur voligeage dont le développement et le profil sont fonction de sa pente et de la quantité d'eau à évacuer ; en rive, les tuiles sont tranchées biaises suivant l'axe de la noue, le recouvrement terre cuite sur métal étant au moins de 8 cm, et la distance entre les extrémités tranchées doit permettre le nettoyage de la noue.
La charpente doit être prévue et aménagée pour recevoir la noue.
Pénétrations continues et discontinues
Par pénétration continue, on entend des ouvrages qui limitent la surface de la couverture sur tout un côté de celle-ci — mur mitoyen, tête de pignon. 4, ou un bardelis constitué soit avec des éléments plats en terre cuite encastrés et scellés dans le mur, soit par une bande métallique, soit en tuiles canal tranchées. 11 chapitre 2 article 2.
Obliquement, l'ouvrage est traité comme une rive de tête ou comme un chéneau selon que l'eau a tendance à fuir ou à rejoindre la ligne d'intersection.
Les pénétrations discontinues — souches, lanterneaux, cages d'ascenseur — sont traitées principalement par raccordement à l'aide de façonnés métalliques sur les quatre côtés, le plomb étant le plus couramment utilisé compte tenu de sa bonne adaptabilité ; elles peuvent également être traitées par raccordement métallique en amont et au mortier sur les trois autres côtés.
La partie arrière de l'ouvrage, située en amont de la pénétration, est traitée selon sa longueur soit en besace, soit en chéneau. Lorsqu'il s'agit d'une souche de cheminée, la distance entre les bois et la face intérieure du conduit (écart de feu) doit respecter le minimum prescrit par la réglementation en vigueur dans la région considérée.
Les raccords des fenêtres de toit sont traités dans les Avis Techniques relatifs à ces systèmes. Les bandes en plomb doivent répondre aux spécifications de la NF A 55-401 et leur épaisseur doit être au moins de 1,5 mm.
Écran souple, isolation thermique et ventilation
Les écrans souples utilisables relèvent de l'Avis Technique, celui-ci précisant le mode d'emploi en fonction des performances de l'écran ; l'interposition éventuelle d'un écran, non imposée par ailleurs, doit être précisée dans les documents particuliers du marché.
Dans le cas des tuiles posées sur liteaux, l'écran est fixé tendu sur les chevrons et le niveau d'appui des liteaux est relevé par une contre-latte d'épaisseur 20 mm minimum fixée sur la face supérieure du chevron, afin d'assurer la circulation de l'air entre la surface de l'écran et les tuiles.
En égout, l'écran doit être raccordé de façon que les eaux de fonte des éventuelles pénétrations de neige poudreuse soient reconduites à l'extérieur du bâtiment.
mmHg, et en isolation sous rampant l'isolant ne doit pas être en contact avec la sous-face du support des tuiles : on réserve toujours un vide tel qu'il subsiste un espace continu de 20 mm minimum sur supports discontinus, ou de 40 mm sur supports continus.
Pour les couvertures posées sur support continu en panneaux dérivés du bois ou en maçonnerie, l'espace minimal entre la face supérieure de l'isolant et la sous-face du support continu ou de l'écran est de 40 mm. Pour les couvertures posées sur liteaux avec écran, cet espace minimal est de 20 mm entre l'isolant et la sous-face de l'écran, et il doit être ventilé.
Ventilation : la conception des couvertures sur supports en bois massif ou sur support continu assure une ventilation suffisante de la sous-face des tuiles lorsque celles-ci ne sont pas entièrement maçonnées ; lorsqu'elles le sont, la réduction de ventilation qui en résulte n'est admissible qu'en fonction de l'expérience locale.
Protection contre la neige poudreuse
Dans le cas d'une couverture en éléments discontinus telle que celle faisant l'objet du cahier des clauses techniques, la protection contre la neige poudreuse ne peut être assurée par le seul assemblage de ces éléments. Lorsqu'une telle protection est souhaitée au niveau du rampant, le DTU distingue trois cas. 6. En pose sur support maçonné, aucune disposition particulière n'est nécessaire.
Dans les autres types de pose, on peut avoir recours à l'emploi d'un écran moyennant l'adaptation de la ventilation et compte tenu de la perméance à la vapeur d'eau de la paroi plafond, ces dernières dispositions n'étant pas visées par le document.
Qualité des tuiles, des bois et conditions d'entretien
Les tuiles canal de terre cuite doivent satisfaire aux prescriptions de la NF EN 1304 et de l'annexe 5, et répondre au niveau 1 d'imperméabilité au sens de la NF EN 1304 ; les tuiles siliconées doivent être annoncées comme telles par le fabricant.
La marque de qualité NF certifie la conformité et dispense de la vérification des critères exigés ; en son absence, il faut justifier des performances du lot livré par référence à l'annexe 6. L'amendement A4 d'octobre 2010 a substitué à l'essai de gel méthode C l'essai méthode E, niveau 150 cycles, au sens de la NF EN 539-2:2009.
Les bardelis sont réalisés soit à partir de tuiles plates, soit à partir d'éléments spéciaux présentant les mêmes caractéristiques de résistance au gel.
Annexe 2 (contractuelle) : lors de leur emploi, les bois de couverture doivent avoir une humidité inférieure à 22 % ; par référence au classement d'aspect NF B 53-520, ils ne doivent pas présenter d'altérations biologiques (bleuissement et piqûres noires acceptés), de nœuds, flaches ou poches de résine réduisant de plus d'un quart la section considérée, ni de pentes de fil supérieures à 12 %.
Pour les portées entre appuis supérieures à 1,20 m ou les bois de section plus importante, on se réfère au classement technologique de la NF B 52-001, catégorie 1 ; la protection fongicide et insecticide, lorsqu'elle est demandée, retient la classe 2 du tableau 1 de la NF B 50-100. 8 n'ont pas été prises.
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Longueur de projection horizontale du rampant | ≤ 12 m | Art. 3.1 — limite de validité des pentes du tableau I |
| Espacement latéral entre tuiles à leur partie la plus large | 2 à 5 cm | Art. 3.3.1 — conditionne aussi la distance entre bords des supports discontinus |
| Recouvrement réduit admissible | ≥ 10 cm en zones 1 et 2 situation protégée / ≥ 12 cm en zones 1 et 2 situation normale | Art. 3.1 — uniquement avec solidarisation par pose à bain de mortier et expérience locale acquise ; aucune réduction en zone 3 ni en situation exposée |
| Pente de couverture couverte par le DTU | ≤ 60 % | Art. 3.3.3.3 — au-delà, dispositions spécifiques de fixation non traitées par le cahier des clauses techniques |
| Écartement à la pose des voliges, frises et planches | 5 à 10 mm environ | Art. 3.2.1.1.1 — pose dite « jointive » clouée sur les appuis |
| Entraxe d'axe en axe des appuis de support continu | ≤ 1,20 m | Art. 3.2.1.1.1 — chaque élément repose en partie courante sur au moins trois appuis |
| Humidité des bois de couverture à l'emploi | < 22 % | Annexe 2 contractuelle — liteaux, voliges et bois de petites sections |
| Pente de fil des bois de couverture | ≤ 12 % | Annexe 2 — par référence au classement d'aspect NF B 53-520 |
| Nœuds, flaches et poches de résine | Réduction ≤ 1/4 de la section considérée | Annexe 2 — isolément ou par regroupement en une même section |
| Épaisseur des pièces fixées par agrafage | ≤ 25 mm | Art. 3.2.1.1.3 et 3.2.3.1 — au-delà, fixation par pointes |
| Dosage des colorants dans les mortiers | ≤ 5 % à 7 % de la masse du liant | Art. 2.4.3 — colorants compatibles avec les liants (oxydes spécifiques par exemple) |
| Perméance à la vapeur d'eau de la paroi isolée | ≤ 0,3 g/m².h.mmHg | Art. 3.6.1 — couvertures sur supports discontinus ou continus en bois massif, sans écran ni chape ; à la charge de l'entreprise posant l'isolant ou le plafonnage |
Dimensions réglementaires
Espacement latéral entre tuiles canal
Art. 3.3.1 : commande le nombre de tuiles au mètre carré et la distance entre bords des supports discontinus.
Recouvrement réduit admissible
Art. 3.1 : uniquement en cas de solidarisation par pose à bain de mortier des tuiles de courant et de couvert, et d'expérience locale acquise.
Crochets S et crochets longs à œil
Art. 2.3.2.2.1 : acier galvanisé, acier inoxydable ou cuivre, avec cinq natures de métal admises.
Clous de fixation des tuiles
Art. 2.3.2.3 : acier galvanisé après fabrication, cuivre, ou inox Z8 C17 / Z6 CN 18.09.
Agrafes de fixation du support
Art. 2.3.1.1.2 : galvanisation classe B de la NF A 91-131 si non inox ; agrafage limité aux pièces d'épaisseur ≤ 25 mm.
Vis autotaraudeuses sur charpente métallique
Art. 2.3.1.2 : acier cémenté de 115 kg/mm² minimum de limite élastique, ou acier inoxydable Z 12 CN 17-08.
Largeur de repos des voliges et planches sur appuis
Art. 3.2.1.1.1 : entraxe d'axe en axe des appuis limité à 1,20 m, trois appuis minimum.
Planches bouvetées en bois massif
Art. 2.2.1.1.2 : rainure et languette dimensionnées comme celles des lames à plancher de la NF B 54-000.
Panneaux contreplaqués en support continu
Art. 2.2.1.2 : conformes aux NF B 54-155, NF B 54-160 et NF B 54-161 ; marque « NF extérieur CTB-X » dispensant de la vérification.
Panneaux de particules en support continu
Art. 2.2.1.3 : conformes aux NF B 54-100 et NF B 54-110, caractéristiques au moins égales à celles de la marque CTB-H.
Espace entre tuile et panneau support
Art. 3.2.1.2 : la pose directe des tuiles sur panneaux dérivés du bois n'est pas admise.
Liteaux métalliques
Art. 2.2.3.2.1 : cornières ou profilés angulaires en acier de construction d'usage général, dimensions déterminées selon charge et écartement des supports.
Contre-latte au-dessus d'un écran souple
Art. 3.5 : fixée sur la face supérieure du chevron, elle assure la circulation d'air entre l'écran et les tuiles.
Espace libre entre isolant et support (isolation sous rampant)
Art. 3.6.1 à 3.6.3 : l'isolant ne doit jamais être en contact avec la sous-face du support des tuiles ; l'espace sous écran doit être ventilé.
Recouvrement terre cuite sur métal en noue
Art. 3.4.5 : la distance entre les extrémités tranchées des tuiles doit permettre le nettoyage de la noue.
Joint entre faîtières
Art. 3.4.2.1.2 : les abouts de faîtage doivent être obturés.
Génoise
Art. 3.4.1.1 : chaque rang déborde par rapport au rang inférieur ; risque de dégradation par le gel dans les régions où la génoise est inhabituelle.
Bandes en plomb
Art. 2.6.2 : conformes à la NF A 55-401. Les bandes façonnées relèvent de la NF P 34-402.
Pose à point lacé
Art. 3.3.3.3 note 2 : permet de ne pas recourir à une fixation rapportée lorsque le tableau V l'exige.
Comprendre NF DTU 40.22
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF DTU 40.22, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF DTU 40.22 couvre : Couvertures en tuiles canal de terre cuite sur support continu (bois massif, panneaux dérivés du bois, maçonnerie) ou discontinu (chevronnage selon la pente, liteaux pour tuiles à tenons), France métropolitaine hors climat de montagne (> 900 m). Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF DTU 40.22
Le NF DTU 40.22 est la norme française des couvertures en tuiles canal de terre cuite. Sa partie 1, cahier des clauses techniques (indice de classement NF P 31-201-1), a été homologuée par décision du Directeur Général de l'AFNOR le 5 avril 1993 pour prendre effet le 5 mai 1993, en reprenant sans modification le DTU 40.22 d'avril 1990. Le texte consolidé intègre quatre amendements : A1 de décembre 1996 (Cahier du CSTB n° 2919), A2 de janvier 1999 (Cahier n° 3111), A3 de septembre 2001 (Cahier n° 3367) et A4 d'octobre 2010, ce dernier modifiant le paragraphe 2 de l'annexe 5 et le paragraphe 6.4.4.1 de l'annexe 6 pour tenir compte de l'évolution de la NF EN 539-2:2009 : l'essai de résistance au gel à réaliser n'est plus l'essai méthode C, mais l'essai méthode E, niveau 150 cycles. Les annexes 1, 2 et 3 sont contractuelles, donc normatives ; l'annexe 4 est informative.
L'avertissement du document rappelle qu'il constitue la révision et le développement du chapitre consacré aux tuiles canal dans le DTU 40.2 de 1966, et il énumère ses apports : la distinction entre les deux grandes familles de couvertures selon que les tuiles de courant comportent ou non des tenons d'accrochage destinés à la pose sur support discontinu ; la détermination des pentes et recouvrements par référence à des zones d'application et à des situations définies en annexe, en harmonie avec celles du DTU 40.21 ; le développement du chapitre sur la fixation des tuiles, qui distingue les principes destinés à éviter le glissement selon la pente et ceux destinés à s'opposer au soulèvement sous l'action du vent ; et le détail du traitement des points singuliers.
Une exclusion importante borne le domaine : le document ne traite pas des couvertures utilisant des tuiles canal dont la conception entraîne un recouvrement fixe, dites tuiles « à butée ». Ces tuiles et leurs conditions d'emploi relèvent de la procédure d'Avis Technique. Pour le reste, les couvertures en tuiles canal de terre cuite sont aptes à couvrir tous les types de bâtiments quelle que soit leur destination, le document étant applicable aux bâtiments réalisés en France métropolitaine, hors climat de montagne conventionnellement caractérisé par une implantation à plus de 900 m d'altitude, sur des structures porteuses établies en conformité avec les règles et cahiers des clauses techniques en vigueur — Règles CB 71, DTU 31.1, 31.2, 32.1 et 32.2 sont cités en exemple.
Comprendre en détail NF DTU 40.22
Pentes, recouvrements et réductions admises
L'article 3.1 renvoie au tableau I pour les pentes et recouvrements minimaux admissibles, en fonction de la zone d'application et de la situation dans lesquelles est implantée la construction, l'annexe 1 définissant ces zones et situations. Comme pour les autres DTU de couverture en petits éléments, les pentes indiquées ne sont valables que pour des rampants dont la longueur de projection horizontale n'excède pas 12 m.
Le DTU ouvre toutefois une porte, encadrée et chiffrée, à des recouvrements plus faibles que ceux du tableau I : des recouvrements moins importants peuvent être admis en fonction de dispositions particulières de solidarisation des tuiles — pose à bain de mortier des tuiles de courant et de couvert — et de l'expérience locale acquise dans ces conditions. Ces recouvrements ne peuvent toutefois être diminués que dans deux cas et pour deux valeurs précises : 10 cm en zones 1 et 2 en situation protégée, et 12 cm en zones 1 et 2 en situation normale. Aucune réduction n'est donc possible en zone 3 ni en situation exposée.
L'article 3.2.3.3 relie recouvrement et litonnage pour les tuiles à tenons : l'écartement de face amont à face amont des liteaux est au maximum égal à la longueur de la tuile diminuée de la valeur du recouvrement indiquée dans le tableau I pour les zone et situation considérées. C'est cette relation qui doit être vérifiée sur chantier avant approvisionnement, et non un pureau catalogue.
Le mortier de ciment courant n'est pas admis
L'article 2.4 est explicite : l'emploi de mortier de ciment courant n'étant pas admis, on distingue deux catégories de mortier, le mortier de chaux ou de ciment à maçonner et le mortier bâtard, destinés soit aux hourdages, soit aux filets ou aux solins. La note explicative en donne la raison : le mortier de ciment courant conduit à une rigidité trop importante des assemblages et à des risques de fissuration. Le DTU précise que les ciments courants comprennent les ciments Portland (CPA-CEM I), Portland composés (CPJ-CEM II A ou B), de haut-fourneau (CHF-CEM III, CLK-CEM III/C) et les ciments au laitier et aux cendres (CLC-CEM V/A ou B), tandis que les ciments à maçonner (CM) contiennent en proportion moindre les mêmes éléments actifs et conduisent à des mortiers aux caractéristiques similaires à celles des mortiers de chaux.
Les dosages sont chiffrés. Pour les hourdages en partie courante : mortier de chaux ou de ciment à maçonner dosé à 250 kg à 350 kg de chaux ou de ciment à maçonner par mètre cube de sable sec, ou mortier bâtard dosé à 150 kg de ciment courant et 175 kg à 225 kg de chaux par mètre cube de sable sec. Pour les filets et solins : mortier bâtard aux mêmes dosages, soit 150 kg de ciment courant et 175 à 225 kg de chaux par mètre cube de sable sec.
Les constituants sont eux aussi encadrés (article 2.4.3) : les ciments courants doivent être des classes 32,5 ou 42,5 ; les ciments à maçonner des classes 160 ou 250 ; les chaux doivent être soit des chaux hydrauliques naturelles NHL 5 ou NHL-Z 5, soit des chaux hydrauliques artificielles XHA des classes 60 ou 100 ; le sable doit être conforme à la XP P 18-540 et de granularité 0,1/3,15, c'est-à-dire un sable 0/3 en termes de chantier. Les colorants doivent être compatibles avec les liants — oxydes spécifiques par exemple — et leur dosage ne doit pas dépasser 5 % à 7 % de la masse du liant. Les adjuvants utilisés pour améliorer la plasticité, l'adhérence ou réduire les risques de fissuration ne doivent pas avoir d'action de dégradation sur les matériaux environnants. Pour les tuiles siliconées, le scellement est effectué à partir d'un mortier adjuvanté, en se référant à la notice technique du fabricant de tuiles.
Calage des tuiles : discontinu, pas en lit continu
L'article 3.3.2 pose une règle contre-intuitive mais essentielle : le calage au mortier des tuiles contribue à leur maintien en place, et il doit être discontinu. Ce n'est donc pas un lit de mortier continu qui reçoit les tuiles de courant, mais des points de calage. Ce calage peut être réalisé soit avec un mortier répondant aux spécifications de l'article 2.4, soit à sec au moyen de cassons (fragments de tuiles), soit au moyen de pièces de bois parallèles à la ligne de plus grande pente de la couverture.
Le DTU explicite les conséquences d'une pose entièrement maçonnée. La note 2 de l'article 3.3.3.2 indique que le principe de solidarisation des tuiles par pose à bain de mortier des tuiles de courant et de couvert introduit une diminution de la ventilation de ces tuiles, et qu'en conséquence cette technique n'est admise que dans les conditions locales — régions peu sujettes au gel — où elle s'est avérée sans conséquence sur la durabilité des tuiles ainsi posées. L'article 3.7.1 le confirme côté ventilation : la conception de ce type de couverture assure une ventilation suffisante de la sous-face des tuiles et de leur support en bois massif lorsque les tuiles ne sont pas entièrement maçonnées ; lorsqu'elles le sont, cette disposition entraîne une réduction de la ventilation, admissible en fonction de la seule expérience locale.
Sur les supports continus plans en panneaux dérivés du bois, le calage des tuiles est obligatoirement constitué par des pièces de bois parallèles à la ligne de plus grande pente. Sur les supports comportant un berceau d'assise, les tuiles de courant sont posées à sec dans ce berceau qui les cale, ou scellées par un tampon de mortier. Lorsque les tuiles de courant comportent un ou des tenons, elles sont placées sur les liteaux et leur bon positionnement doit résulter de l'appui du ou des tenons prévus à cet effet sur la face amont des liteaux.
Mise en œuvre des tuiles : courant, couvert et espacement latéral
L'article 3.3.1 fixe les dispositions générales. Les tuiles sont posées avec un chevauchement de la tuile du rang supérieur sur celle du rang inférieur selon les valeurs précisées par le tableau I, et avec un espacement latéral de 2 à 5 cm entre les éléments à leur partie la plus large. Cet espacement latéral est un paramètre de métré autant qu'un paramètre technique : il conditionne le nombre de tuiles au mètre carré.
La pose commence par les tuiles de courant, qui forment les canaux d'évacuation des eaux. Sur les supports continus plans en bois massif, la pose s'effectue au cordeau ou au tracé et requiert un calage des tuiles. Sur les supports discontinus disposés selon la ligne de plus grande pente, les tuiles de courant sont simplement posées, partie évasée vers le haut, dans le berceau créé par deux pièces de bois voisines, en partant du bas du versant.
Lorsque les tuiles de courant sont en place, les tuiles de dessus, ou tuiles de couvert, sont posées à cheval sur deux rangs consécutifs. La partie large de la tuile de dessus est disposée vers le bas du versant, à l'inverse de ce qui est fait pour les tuiles de dessous. À la pose, les rangs sont normalement alignés.
Fixation des tuiles : glissement, vent et modes admis
L'article 3.3.3.1 distingue deux motifs de fixation : éviter le glissement des tuiles, ou s'opposer à leur soulèvement sous l'effet des actions du vent. Le tableau V donne la nécessité ou non de fixation en fonction de la pente de couverture, le tableau VI en fonction de l'exposition au vent, et les tableaux VII a et VII b les modalités et la répartition des fixations, respectivement en pose sur support continu et en pose sur liteaux.
Le DTU pose une limite haute rarement citée : le cas particulier des couvertures présentant une pente supérieure à 60 % nécessite des dispositions spécifiques de fixation qui ne sont pas traitées par le cahier des clauses techniques. Il ajoute deux notes utiles : dans le cas des zones à fortes vibrations — trafic routier très dense, aéroport —, toutes les tuiles doivent être fixées par l'un des modes décrits ; et le principe particulier de pose des tuiles dit « à point lacé », qui n'est admis que pour des pentes de couverture comprises entre 31 et 40 %, permet de ne pas recourir à une fixation rapportée lorsque celle-ci est requise par le tableau V.
Les modes de fixation admis sont au nombre de trois. Le scellement au mortier décrit à l'article 2.4, avec mortier adjuvanté pour les tuiles siliconées. Les crochets, clous ou pannetons : les crochets S relient chaque tuile à celle qui la précède et à celle qui la suit, et sont destinés à la solidarisation des rangs de tuiles de courant et de couvert ; les crochets longs à œil servent à solidariser les tuiles à leur support, la version cambrée étant destinée aux tuiles de couvert en partie courante. Enfin le mastic, conforme à la NF P 85-523, pour fixer les tuiles entre elles — la fixation des tuiles au support à l'aide de mastic n'étant pas visée par le DTU, et la fixation par collage des tuiles siliconées nécessitant un mastic spécifique.
Nature des crochets et des clous
Les crochets S et les crochets longs à œil sont en fil cylindrique de diamètre 3 mm, en acier galvanisé, en acier inoxydable ou en cuivre (article 2.3.2.2.1). Le DTU détaille ensuite cinq natures de métal admises, avec leurs exigences propres.
Fil en acier galvanisé avant formage du crochet : le revêtement du fil doit répondre au moins aux critères de la classe C de la NF A 91-131, cette nature de protection étant réservée aux constructions en atmosphères autres que marine ou industrielle. Fil en acier galvanisé après formage : le revêtement doit présenter une masse de zinc minimale de 5 g/dm² selon la NF A 91-121. Fil en cuivre : type Cu/b conforme à la NF A 51-050, écroui, état de livraison 1/4 dur. Fil en acier inoxydable ferritique de nuance Z8 C17, le DTU précisant que cet acier peut subir une oxydation à l'air ambiant lui conférant une teinte rouille, sans incidence sur la tenue du crochet. Fil en acier inoxydable austénitique de nuance minimale Z6 CN 18.09 ou Z8 CND 17.12.
Les clous utilisés pour la fixation des tuiles sont du type dit à tête large et doivent être soit en acier galvanisé après fabrication, soit en cuivre, soit en acier inoxydable Z8 C17 ou Z6 CN 18.09. Les diamètres minimaux de tige sont de 3 mm pour les clous en acier galvanisé et en cuivre, et de 2,7 mm pour les clous en acier inoxydable. En bord de mer, ce choix n'est pas cosmétique : il conditionne la durée de vie de la couverture bien avant celle des tuiles.
Supports continus : bois massif, panneaux et maçonnerie
En support continu en bois massif (article 3.2.1.1), les voliges, frises et planches sont posées avec une pose dite « jointive » — l'écartement à la pose est de 5 à 10 mm environ — et clouées sur les appuis. L'écartement d'axe en axe des appuis ne peut dépasser 1,20 m et chaque volige, frise ou planche doit reposer, en partie courante, sur au moins trois appuis. La largeur minimale de repos sur les appuis est de 40 mm en partie courante et de 20 mm en about. Les tableaux II et III donnent les entraxes maximaux d'appuis en fonction des charges descendantes équivalentes réparties, respectivement pour les voliges, frises et planches jointives et pour les planchers rainés-bouvetés ; ils sont applicables aux supports en bois résineux — sapin, épicéa, pin sylvestre —, d'autres épaisseurs pouvant être justifiées par le calcul.
La fixation des supports en bois massif est chiffrée : sur chevrons, pannes ou fourrures bois, les éléments sont fixés par clouage ou par agrafage, l'agrafage n'étant utilisé que pour la fixation de pièces d'épaisseur inférieure ou égale à 25 mm ; les fixations sont disposées à raison de 2 pour des largeurs de support inférieures ou égales à 105 mm et de 3 pour les largeurs supérieures. Sur pannes ou fourrures métalliques, les éléments sont fixés par vis autotaraudeuses ou autoperceuses-taraudeuses de diamètre supérieur ou égal à 6 mm, à raison de deux par appui, la longueur des vis devant permettre un dépassement d'environ 5 mm sous l'aile du profilé. Les lames à plancher et planches bouvetées ont une largeur maximale de 200 mm et les planches en bois massif bouvetées une épaisseur au moins égale à 23 mm.
Sur supports continus en panneaux dérivés du bois (article 3.2.1.2), le DTU pose une interdiction nette : la pose directe des tuiles sur ces supports n'est pas admise. On utilise dans ce cas des liteaux disposés parallèlement à la pente et sur lesquels sont posées les tuiles de courant, leurs dimensions étant choisies de façon à ce que, compte tenu de la géométrie des tuiles, il subsiste un espace minimal de 2 cm entre la tuile et le panneau support. Les panneaux contreplaqués doivent satisfaire aux NF B 54-155, NF B 54-160 et NF B 54-161, leur format maximal en toiture étant de 315 × 155 cm et leur épaisseur minimale de 12 mm ; les panneaux de particules doivent satisfaire aux NF B 54-100 et NF B 54-110, avec un format maximal de 370 × 125 cm et une épaisseur minimale de 18 mm, et des caractéristiques au moins égales à celles exigées pour la marque CTB-H.
Supports discontinus et liteaux pour tuiles à tenons
Le support discontinu posé selon la ligne de pente (article 3.2.2) est constitué par un chevronnage, généralement de section triangulaire, carrée ou rectangulaire, établi parallèlement à la ligne de plus grande pente et sur lequel reposent les tuiles de courant. La distance entre bords des éléments supports doit être telle qu'elle permette de respecter l'espacement latéral de 2 à 5 cm défini à l'article 3.3.1. Le DTU précise que les modes de fixation des tuiles utilisés sur ce seul chevronnage ne sont pas traités par le document.
Le support discontinu posé perpendiculairement à la ligne de pente est destiné à la pose des tuiles de courant à tenons. En liteaux bois (article 3.2.3.1), les tuiles de dessous reposent sur un litonnage dont les éléments, reposant sur trois appuis au moins, sont fixés à l'aide de pointes ou d'agrafes à chaque intersection d'un chevron et d'un liteau ; les pointes torsadées ou crantées présentent un meilleur accrochage dans le bois que les pointes lisses, et l'agrafage n'est utilisé que pour la fixation de pièces d'épaisseur inférieure ou égale à 25 mm. Le tableau IV donne la section des liteaux à utiliser en fonction de l'écartement maximal entre appuis des supports, de l'entraxe de pose des liteaux et de la charge équivalente répartie ; il est applicable aux liteaux en résineux (sapin, épicéa) et au dimensionnement des liteaux en chêne ou châtaignier, mais il ne doit pas être utilisé pour le peuplier. Pour les liteaux rectangulaires, le sens de pose doit être respecté.
En liteaux métalliques (article 2.2.3.2), les tuiles sont posées sur des cornières ou autres profilés angulaires en acier de construction d'usage général, dont les dimensions sont déterminées en fonction de la charge et de l'écartement des supports, avec une hauteur d'accrochage au moins égale à 20 mm. Avant mise en œuvre, les liteaux en acier doivent être protégés de la corrosion ; sauf prescriptions indiquées aux documents particuliers du marché, cette protection n'est pas assurée par l'entreprise de couverture — un point de limite de prestation à trancher explicitement au CCTP.
Égout, génoise et faîtage maçonné
En égout droit (article 3.4.1.1), le premier rang de tuiles de courant est fixé. Si cette fixation est réalisée au mortier, une surépaisseur de mortier est nécessaire pour éviter le basculement ; si les tuiles sont posées à sec, on recourt à des pièces de bois d'épaisseur appropriée. La saillie du premier rang peut être soutenue par une corniche, dite génoise, réalisée par 1 à 4 rangs de tuiles canal, chaque rang débordant par rapport au rang inférieur. Le DTU met en garde : l'emploi des génoises dans des régions où elles sont inhabituelles peut entraîner un risque de dégradation sous les effets du gel des tuiles ainsi maçonnées. Il existe par ailleurs des produits spéciaux appelés « génoises » permettant d'exécuter sur place ou en préfabrication la corniche de soutien de l'égout.
Au faîtage maçonné (article 3.4.2), la ligne de faîtage est recouverte soit avec des tuiles de même modèle que celles de la couverture, soit avec des tuiles de plus grand modèle, le recouvrement des faîtières se faisant dans le sens défavorable à la pénétration de l'eau sous les vents de pluie habituels. On peut interposer une languette — morceau de tuile plate ou de tuile canal — entre la faîtière et la tuile pour faciliter le renvoi de l'eau sur le versant. La fixation des faîtières est réalisée soit au mortier de l'article 2.4, soit par mortier et clouage, le clouage étant réalisé dans la zone de recouvrement et nécessitant au faîtage la présence d'une lisse de rehausse en bois fixée à la charpente.
Le joint entre faîtières est réalisé par un recouvrement de 10 cm au minimum avec joint de mortier, et les abouts de faîtage doivent être obturés. Le joint entre faîtières et tuiles est calfeutré au mortier ; de manière à éviter la fissuration des masses de mortier importantes, on y incorpore des fragments de tuiles, ou cassons. Les faîtages à sec, eux, relèvent de l'Avis Technique et ne sont pas traités par le DTU. Le faîtage biais est traité comme une rive de tête si la toiture est mono-pente, comme un arêtier si elle est à double pente.
Arêtiers, noues, rives et pénétrations
Pour les arêtiers (article 3.4.4), les tuiles des versants sont tranchées biaises et la ligne d'arêtier est recouverte par des tuiles de même modèle que celles de la couverture ou du faîtage, fixées et calfeutrées dans les conditions du faîtage, c'est-à-dire au mortier avec incorporation de cassons.
La noue (article 3.4.5) est généralement constituée par un revêtement métallique posé sur voligeage, dont le développement et le profil sont fonction de sa pente et de la quantité d'eau à évacuer. En rive, les tuiles sont tranchées biaises suivant l'axe de la noue, et le recouvrement terre cuite sur métal est au moins de 8 cm. La distance entre les extrémités tranchées des tuiles doit permettre le nettoyage de la noue, et la charpente doit être prévue et aménagée pour recevoir la noue. Pour des rampants et des noues de faible longueur, dans le cas de travaux de réfection, on peut recourir à des éléments de terre cuite formant noues.
Les rives de tête avec dépassement du mur sont recouvertes soit par un garnissage au mortier protégé par une garniture métallique et une bande solin — solution qui, note le DTU, permet de se prémunir des risques de fissuration des autres procédés —, soit par un bardelis et une bande-solin, soit par un solin en mortier grillagé ou non. Sans dépassement, le dernier rang est recouvert à l'aide de tuiles du même modèle ou d'un modèle plus grand, scellées au mortier. En rives latérales sans dépassement du mur, la dernière travée de tuiles de courant ou de tuiles de dessus est scellée au mortier, un parement raccordant les tuiles de rives avec le nu du mur ; on peut être amené à protéger le mortier par un bardelis formé par une travée de tuiles canal ou de tuiles plates déversées vers l'extérieur et obligatoirement recouvertes par une tuile de couvert. Les pénétrations discontinues sont traitées principalement par raccordement à l'aide de façonnés métalliques sur les quatre côtés, le plomb étant le plus couramment utilisé compte tenu de sa bonne adaptabilité ; la partie arrière située en amont est traitée, selon sa longueur, soit en besace, soit en chéneau.
Écran souple, isolation et lames d'air
L'article 2.5 précise que les écrans souples utilisables relèvent de l'Avis Technique, celui-ci précisant le mode d'emploi en fonction des performances de l'écran. L'article 3.5 en donne les dispositions de pose dans le cas des tuiles posées sur liteaux : l'écran est fixé tendu sur les chevrons et le niveau d'appui des liteaux est relevé par une contre-latte d'épaisseur 20 mm minimum fixée sur la face supérieure du chevron, cette disposition répondant au caractère nécessaire de la circulation de l'air entre la surface de l'écran et les tuiles. En égout, l'écran doit être raccordé de façon que les eaux de fonte des éventuelles pénétrations de neige poudreuse soient reconduites à l'extérieur du bâtiment, dans la gouttière ou les chéneaux. Les Avis Techniques précisent l'écartement maximal admissible des chevrons supports et la valeur du recouvrement minimal des lés en fonction de la pente. L'interposition éventuelle d'un écran, non imposée par ailleurs, doit être précisée dans les documents particuliers du marché.
L'article 3.6 traite l'isolation thermique des combles avec une distinction que l'on retrouve peu ailleurs, parce qu'elle est propre à la tuile canal. Dans le cas des couvertures posées sur supports discontinus ou continus en bois massif, sans écran ni chape, la perméance à la vapeur d'eau de la paroi isolée — à la charge de l'entreprise qui met en œuvre l'isolant ou le plafonnage — doit être au plus égale à 0,3 g/m².h.mmHg. En isolation sous rampant, l'isolant ne doit pas être en contact avec la sous-face du support des tuiles : on réserve toujours un vide tel que, compte tenu des variations éventuelles du volume de l'isolant, il subsiste toujours un espace continu de 20 mm minimum dans le cas des supports discontinus, ou de 40 mm dans le cas des supports continus, destiné à assurer le libre passage de l'air.
Dans le cas des couvertures posées sur support continu en panneaux dérivés du bois ou en maçonnerie, l'isolant doit être disposé de façon à ce qu'il subsiste un espace minimal de 40 mm entre sa face supérieure et la sous-face du support continu ou de l'écran. Dans le cas des couvertures posées sur liteaux avec écran, cet espace minimal est de 20 mm entre la face supérieure de l'isolant et la sous-face de l'écran, cet espace devant être ventilé. Ces trois valeurs — 20 mm sur support discontinu, 40 mm sur support continu, 20 mm sous écran — se substituent aux 20 mm uniformes des DTU de couverture plus récents.
Zones d'application, situations et neige poudreuse
L'annexe 1, contractuelle, divise la France en trois zones d'application eu égard à la concomitance vent-pluie. La zone 1 couvre tout l'intérieur du pays ainsi que la côte méditerranéenne, pour les altitudes inférieures à 200 m. La zone 2 couvre la côte Atlantique sur 20 km de profondeur de Lorient à la frontière espagnole, la bande située entre 20 et 40 km de la côte de Lorient à la frontière belge, et les altitudes comprises entre 200 et 500 m. La zone 3 couvre les côtes de l'Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord sur une profondeur de 20 km de Lorient à la frontière belge, ainsi que les altitudes supérieures à 500 m.
Trois situations se superposent à ces zones. La situation protégée vise un fond de cuvette entouré de collines sur tout son pourtour, ou un terrain bordé de collines sur une partie de son pourtour correspondant à la direction des vents les plus violents. La situation normale vise une plaine ou un plateau pouvant présenter des dénivellations peu importantes. La situation exposée vise, au voisinage de la mer, le littoral sur une profondeur d'environ 5 km, le sommet des falaises, les îles ou presqu'îles étroites, les estuaires ou baies encaissées et profondément découpées dans les terres ; et, à l'intérieur du pays, les vallées étroites où le vent s'engouffre, les montagnes isolées et élevées — le DTU citant nommément le Mont-Aigoual et le Mont-Ventoux — et certains cols.
L'article 3.8 traite la neige poudreuse : dans une couverture en éléments discontinus, la protection ne peut être assurée par le seul assemblage de ces éléments. Le DTU distingue alors trois cas. En pose sur liteaux, on peut recourir à l'interposition d'un écran souple, mis en œuvre selon les articles 2.5, 3.5 et éventuellement 3.6. En pose sur support maçonné, aucune disposition particulière n'est nécessaire. Dans les autres types de pose, on peut là encore avoir recours à un écran, moyennant l'adaptation de la ventilation et compte tenu de la perméance à la vapeur d'eau de la paroi plafond, ces dernières dispositions n'étant pas visées par le document.
Qualité des tuiles, des bois et conditions d'entretien
Les tuiles canal de terre cuite doivent satisfaire aux prescriptions de la NF EN 1304 et de l'annexe 5, et répondre au niveau 1 d'imperméabilité au sens de la NF EN 1304 ; dans le cas de tuiles siliconées, elles doivent être annoncées comme telles par le fabricant. La marque de qualité NF apposée sur les tuiles certifie la conformité et dispense de la vérification des critères exigés ; en son absence, il faut justifier des performances du lot livré par référence à l'annexe 6. L'amendement A4 d'octobre 2010 a actualisé l'essai de résistance au gel : ce n'est plus l'essai méthode C, mais l'essai méthode E, niveau 150 cycles, au sens de la NF EN 539-2:2009. Les bardelis sont réalisés soit à partir de tuiles plates, soit à partir d'éléments spéciaux présentant les mêmes caractéristiques de résistance au gel que les tuiles plates.
L'annexe 2, contractuelle, définit la qualité des bois de petites sections utilisés comme supports. Première exigence, souvent négligée à la livraison : lors de leur emploi, les bois de couverture doivent avoir une humidité inférieure à 22 %. Toutes les essences admises en charpente sont utilisables. Par référence au classement d'aspect des sciages de bois résineux de la NF B 53-520, les bois de couverture — liteaux, voliges — ne doivent pas présenter d'altérations biologiques dues aux champignons ou aux insectes, le bleuissement et les piqûres noires étant acceptés, ni de nœuds, flaches ou poches de résine qui, isolément ou par leur regroupement en une même section, réduiraient de plus d'un quart la section de la surface considérée, ni des pentes de fil supérieures à 12 %. Pour les portées entre appuis supérieures à 1,20 m ou les bois de section plus importante, on se réfère au classement technologique de qualité de la NF B 52-001, catégorie 1. La protection fongicide et insecticide, quand elle est demandée, retient la classe 2 conformément au tableau 1 de la NF B 50-100.
L'annexe 3, contractuelle également, définit les conditions d'usage et d'entretien. L'entretien est à la charge du maître de l'ouvrage et comporte notamment l'enlèvement des mousses et de la végétation, le maintien en bon état de fonctionnement des évacuations d'eaux pluviales, le maintien en bon état des ouvrages accessoires (solins, souches de cheminée), le maintien en bon état des éléments de support, le maintien d'une ventilation suffisante de la sous-face des tuiles dans les conditions du CCT en fonction du principe de pose, et l'enlèvement de la neige poudreuse dans les combles lorsque les précautions de l'article 3.8 n'ont pas été prises. Lorsque des équipements techniques nécessitant des visites périodiques sont situés sur la couverture, il convient de prendre des dispositions pour ne pas détériorer les tuiles : interposition d'échelles plates ou de planches, usage de chaussures spéciales. Lorsque l'accès à la couverture ne peut se faire de l'extérieur, il y a lieu de mentionner aux documents particuliers du marché la fourniture et la pose de trappes d'accès.
Glossaire NF DTU 40.22
- Tuile de courant
- Tuile canal posée partie évasée vers le haut, formant les canaux d'évacuation des eaux. La pose commence toujours par elle (art. 3.3.1).
- Tuile de couvert
- Tuile canal posée à cheval sur deux rangs consécutifs de tuiles de courant, partie large disposée vers le bas du versant, à l'inverse des tuiles de dessous (art. 3.3.1).
- Tuile à tenon
- Tuile canal comportant un ou des tenons d'accrochage destinés à la pose sur support discontinu perpendiculaire à la ligne de pente (liteaux). Leurs caractéristiques ont été introduites en 1985 dans la norme NF P 31-305.
- Tuile à butée
- Tuile canal dont la conception entraîne un recouvrement fixe. Ces tuiles et leurs conditions d'emploi ne sont pas traitées par le NF DTU 40.22 et relèvent de la procédure d'Avis Technique (art. 1.1).
- Génoise
- Corniche soutenant la saillie du premier rang d'égout, réalisée par 1 à 4 rangs de tuiles canal, chaque rang débordant par rapport au rang inférieur (art. 3.4.1.1). Des produits spéciaux préfabriqués existent également.
- Bardelis
- Ouvrage réalisé soit à partir de tuiles plates, soit à partir d'éléments spéciaux présentant les mêmes caractéristiques de résistance au gel que les tuiles plates (art. 2.1.2). Utilisé en rive de tête, en rive latérale et en pénétration continue.
- Crochet S
- Crochet en fil cylindrique de 3 mm reliant chaque tuile à celle qui la précède et à celle qui la suit ; destiné à la solidarisation des rangs de tuiles de courant et de couvert (art. 2.3.2.2.1).
- Crochet long à œil
- Crochet en fil cylindrique de 3 mm servant à solidariser les tuiles à leur support ; la version cambrée est destinée à la fixation des tuiles de couvert en partie courante (art. 2.3.2.2.1).
- Casson
- Fragment de tuile utilisé soit pour le calage à sec des tuiles (art. 3.3.2), soit incorporé au mortier des joints entre faîtières et tuiles pour éviter la fissuration des masses de mortier importantes (art. 3.4.2.1.3).
- Pose à point lacé
- Principe particulier de pose admis uniquement pour des pentes de couverture comprises entre 31 et 40 %, permettant de ne pas recourir à une fixation rapportée des tuiles lorsque celle-ci est requise par le tableau V (art. 3.3.3.3).
- Berceau d'assise
- Creux formé par deux pièces de bois voisines d'un support discontinu disposé selon la ligne de plus grande pente, dans lequel les tuiles de courant sont posées à sec ou scellées par un tampon de mortier (art. 3.3.2).
- Mortier bâtard
- Mortier associant ciment et chaux, dosé à 150 kg de ciment courant et 175 à 225 kg de chaux par mètre cube de sable sec. Il est utilisé pour les hourdages comme pour les filets et solins (art. 2.4.1 et 2.4.2).
- Perméance de la paroi isolée
- Grandeur limitée à 0,3 g/m².h.mmHg au plus pour les couvertures posées sur supports discontinus ou continus en bois massif, sans écran ni chape, l'exigence étant à la charge de l'entreprise qui met en œuvre l'isolant ou le plafonnage (art. 3.6.1).
- Zones d'application (annexe 1)
- Découpage contractuel en trois zones eu égard à la concomitance vent-pluie. Zone 1 : tout l'intérieur du pays et la côte méditerranéenne sous 200 m. Zone 2 : côte Atlantique sur 20 km de Lorient à l'Espagne, bande 20-40 km de Lorient à la Belgique, altitudes 200-500 m. Zone 3 : côtes Atlantique / Manche / mer du Nord sur 20 km de Lorient à la Belgique, altitudes supérieures à 500 m.
Questions fréquentes sur NF DTU 40.22
Qu'est-ce que NF DTU 40.22 ?
NF DTU 40.22 — Couverture en tuiles canal de terre cuite. Le NF DTU 40.22 (NF P 31-201-1 pour le cahier des clauses techniques) définit les conditions d'exécution des couvertures en tuiles canal de terre cuite, posées sur support continu ou sur support discontinu, en France métropolitaine hors climat de montagne au-delà de 900 m d'altitude. Il proscrit l'emploi du mortier de ciment courant, impose un calage des tuiles discontinu, fixe un espacement latéral de 2 à 5 cm entre éléments et limite les pentes des tableaux à des rampants dont la projection horizontale n'excède pas 12 m. Il ne traite pas des tuiles canal à recouvrement fixe, qui relèvent de l'Avis Technique. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF DTU 40.22 ?
Le domaine d'application couvre : Couvertures en tuiles canal de terre cuite sur support continu (bois massif, panneaux dérivés du bois, maçonnerie) ou discontinu (chevronnage selon la pente, liteaux pour tuiles à tenons), France métropolitaine hors climat de montagne (> 900 m). Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF DTU 40.22 sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Quelle est la version applicable du NF DTU 40.22 ?
La partie 1 (NF P 31-201-1) date de mai 1993 : homologuée le 5 avril 1993 pour prendre effet le 5 mai 1993, elle reprend sans modification le DTU 40.22 d'avril 1990. Le texte consolidé intègre les amendements A1 de décembre 1996 (Cahier du CSTB n° 2919), A2 de janvier 1999 (Cahier n° 3111), A3 de septembre 2001 (Cahier n° 3367) et A4 d'octobre 2010. Les annexes 1, 2 et 3 sont contractuelles ; l'annexe 4 est informative.
Peut-on poser les tuiles canal sur un lit de mortier continu ?
Non. L'article 3.3.2 précise que le calage au mortier des tuiles contribue à leur maintien en place et qu'il doit être discontinu. Le calage peut être réalisé au mortier de l'article 2.4, à sec au moyen de cassons (fragments de tuiles), ou au moyen de pièces de bois parallèles à la ligne de plus grande pente. La pose à bain de mortier des tuiles de courant et de couvert reste possible, mais elle diminue la ventilation des tuiles et n'est admise que dans les régions peu sujettes au gel où l'expérience locale l'a validée.
Quel mortier utiliser en couverture tuile canal ?
L'emploi de mortier de ciment courant n'est pas admis (art. 2.4), car il conduit à une rigidité trop importante des assemblages et à des risques de fissuration. Deux catégories sont retenues : mortier de chaux ou de ciment à maçonner dosé à 250 à 350 kg par mètre cube de sable sec, et mortier bâtard dosé à 150 kg de ciment courant et 175 à 225 kg de chaux par mètre cube de sable sec. Les filets et solins sont réalisés au mortier bâtard aux mêmes dosages.
Quels constituants pour les mortiers du DTU 40.22 ?
Article 2.4.3 : ciments courants de classe 32,5 ou 42,5 ; ciments à maçonner de classe 160 ou 250 ; chaux hydrauliques naturelles NHL 5 ou NHL-Z 5, ou chaux hydrauliques artificielles XHA des classes 60 ou 100 ; sable conforme à la XP P 18-540, de granularité 0,1/3,15 (sable 0/3 en termes de chantier). Les colorants doivent être compatibles avec les liants et leur dosage ne doit pas dépasser 5 % à 7 % de la masse du liant.
Quel espacement latéral entre tuiles canal ?
Article 3.3.1 : les tuiles sont posées avec un chevauchement selon le tableau I et un espacement latéral de 2 à 5 cm entre les éléments à leur partie la plus large. Sur support discontinu selon la ligne de pente, la distance entre bords des éléments supports doit permettre de respecter cet espacement.
Peut-on réduire les recouvrements du tableau I ?
Oui, mais dans deux cas seulement et pour deux valeurs précises. L'article 3.1 admet des recouvrements moins importants en fonction de dispositions particulières de solidarisation des tuiles (pose à bain de mortier des tuiles de courant et de couvert) et de l'expérience locale : 10 cm en zones 1 et 2 en situation protégée, et 12 cm en zones 1 et 2 en situation normale. Aucune réduction n'est admise en zone 3 ni en situation exposée.
Jusqu'à quelle pente le DTU 40.22 s'applique-t-il ?
Le cas particulier des couvertures présentant une pente supérieure à 60 % nécessite des dispositions spécifiques de fixation qui ne sont pas traitées par le cahier des clauses techniques (art. 3.3.3.3). Par ailleurs, le principe de pose dit « à point lacé » n'est admis que pour des pentes de couverture comprises entre 31 et 40 % et permet, dans cette plage, de ne pas recourir à une fixation rapportée lorsque le tableau V l'exigerait.
Quel diamètre pour les crochets et les clous ?
Article 2.3.2.2.1 : les crochets S et les crochets longs à œil sont en fil cylindrique de diamètre 3 mm, en acier galvanisé, en acier inoxydable ou en cuivre. Article 2.3.2.3 : les clous sont du type à tête large, en acier galvanisé après fabrication, en cuivre ou en acier inoxydable Z8 C17 ou Z6 CN 18.09, avec un diamètre minimal de tige de 3 mm pour l'acier galvanisé et le cuivre, et de 2,7 mm pour l'acier inoxydable.
Peut-on poser des tuiles canal directement sur des panneaux dérivés du bois ?
Non. L'article 3.2.1.2 précise que la pose directe des tuiles sur ces supports n'est pas admise. On utilise dans ce cas des liteaux disposés parallèlement à la pente et sur lesquels sont posées les tuiles de courant, leurs dimensions étant choisies pour qu'il subsiste un espace minimal de 2 cm entre la tuile et le panneau support.
Quelle lame d'air entre l'isolant et la couverture en tuiles canal ?
L'article 3.6 distingue trois cas. Supports discontinus ou continus en bois massif sans écran ni chape : espace continu de 20 mm minimum entre la sous-face du support et l'isolant. Support continu en panneaux dérivés du bois ou en maçonnerie : espace minimal de 40 mm entre la face supérieure de l'isolant et la sous-face du support continu ou de l'écran. Couvertures sur liteaux avec écran : espace minimal de 20 mm entre l'isolant et la sous-face de l'écran, cet espace devant être ventilé. La perméance à la vapeur d'eau de la paroi isolée doit être au plus égale à 0,3 g/m².h.mmHg dans le premier cas.
Quelle épaisseur de contre-latte au-dessus d'un écran souple ?
Article 3.5 : l'écran est fixé tendu sur les chevrons et le niveau d'appui des liteaux est relevé par une contre-latte d'épaisseur 20 mm minimum fixée sur la face supérieure du chevron, disposition qui répond au caractère nécessaire de la circulation de l'air entre la surface de l'écran et les tuiles. Les écrans souples utilisables relèvent de l'Avis Technique (art. 2.5).
Combien de rangs pour une génoise ?
Article 3.4.1.1 : la saillie du premier rang peut être soutenue par une corniche dite génoise, réalisée par 1 à 4 rangs de tuiles canal, chaque rang débordant par rapport au rang inférieur. Le DTU met en garde : l'emploi des génoises dans des régions où elles sont inhabituelles peut entraîner un risque de dégradation des tuiles ainsi maçonnées sous les effets du gel.
Quel recouvrement en noue et entre faîtières ?
En noue (art. 3.4.5), les tuiles sont tranchées biaises suivant l'axe et le recouvrement terre cuite sur métal est au moins de 8 cm ; la distance entre les extrémités tranchées doit permettre le nettoyage de la noue. Au faîtage (art. 3.4.2.1.2), le joint entre faîtières est réalisé par un recouvrement de 10 cm au minimum avec joint de mortier, et les abouts de faîtage doivent être obturés.
Quelle humidité maximale pour les liteaux et voliges ?
L'annexe 2 contractuelle impose que, lors de leur emploi, les bois de couverture aient une humidité inférieure à 22 %. Ils ne doivent pas non plus présenter d'altérations biologiques (le bleuissement et les piqûres noires étant acceptés), de nœuds, flaches ou poches de résine réduisant de plus d'un quart la section considérée, ni de pentes de fil supérieures à 12 %.
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Informations
Dernière mise à jour
Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024
Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.
NF DTU 40.22 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. tuile canal, terre cuite, courant et couvert, génoise, mortier de chaux, mortier bâtard, crochet S, crochet long à œil, tuile à tenon, bardelis, NF EN 1304, NF P 31-201-1, DTU 40.22.