NF DTU 40.23 - Couverture en tuiles plates de terre cuite
Le NF DTU 40.23 (NF P 31-204-1 pour le CCT, NF P 31-204-2 pour le CCS) définit les conditions d'exécution des travaux de couverture en tuiles plates de terre cuite, en France métropolitaine et hors climat de montagne conventionnellement caractérisé par une implantation à plus de 900 m d'altitude. Il impose des tuiles conformes à la NF EN 1304 répondant au niveau 1 d'imperméabilité, un recouvrement minimal de 0,07 m en zones 1 et 2 et de 0,08 m en zone 3, des pentes minimales lues aux tableaux 1 et 2 valables jusqu'à 8,00 m de projection de rampant, et proscrit l'emploi du mortier de ciment en couverture.
Domaine d'application
Tuiles plates de terre cuite, France métropolitaine hors climat de montagne (> 900 m)
Règles principales
Domaine d'application et statut du document
23 partie 1 (NF P 31-204-1) définit les conditions d'exécution des travaux de couverture en tuiles plates de terre cuite.
Homologué le 5 août 1996 pour prendre effet le 5 septembre 1996, il remplace le document P 31-204 d'avril 1977 (refonte complète des articles 3 « Matériaux » et 4 « Mise en œuvre des tuiles ») et intègre les amendements A1 de septembre 2001 (Cahier du CSTB n° 3368) et A2 de septembre 2007.
Les couvertures en tuiles plates de terre cuite sont aptes à couvrir tous les bâtiments quelle que soit leur destination, mais le document n'est applicable qu'aux bâtiments réalisés en France métropolitaine, hors climat de montagne conventionnellement caractérisé par une implantation du bâtiment à plus de 900 m d'altitude. 2, Règles CB 71). Les cinq annexes A à E sont normatives.
Planitude du support de liteaux
En l'absence de dispositions figurant dans les cahiers des clauses techniques de mise en œuvre de charpente, le défaut de planitude h doit être inférieur, en tous points du support de la couverture, à 1/100 de la portée des liteaux (article 1, figure 1). Le DTU précise qu'il appartient au maître d'œuvre de prévoir, aux Documents Particuliers du Marché, les dispositions nécessaires au respect de cette prescription.
La planitude relève donc du lot charpente et se vérifie avant approvisionnement des tuiles.
Pentes minimales et limite de rampant
1, en fonction des conditions locales — zones d'application et situations de l'annexe A normative. Ces pentes sont exprimées en mètres par mètre de projection horizontale et sont celles du support, non celle de la tuile en œuvre. Elles ne sont valables que pour des rampants dont la longueur de projection n'excède pas 8,00 m ; au-delà, des dispositions particulières sont nécessaires et ne sont pas traitées par le DTU.
Pour les coyaulures, lucarnes ou parties d'ouvrages ponctuelles conduisant à des pentes inférieures au minimum exigé en partie courante, une étanchéité complémentaire doit être mise en place, conçue pour se substituer aux tuiles et reconduire les eaux d'infiltration éventuelles à l'égout, sans compromettre la ventilation de sous-face.
En travaux de restauration, le recours à des pentes plus faibles avec un recouvrement plus important peut être considéré moyennant une étude appropriée, en accord avec le fabricant.
Exceptions :
- • Travaux de restauration : pentes plus faibles avec recouvrement plus important, sous réserve d'une étude appropriée en accord avec le fabricant
Recouvrement minimal, pureau et écartement des liteaux
Le pureau est la longueur, suivant la ligne de plus grande pente, de la partie vue de la tuile pour un observateur placé au-dessus de la couverture. L'écartement de face amont à face amont des liteaux est égal au pureau.
Cet écartement doit être tel que la longueur de la partie haute de la tuile qui ne reçoit pas d'eau directement (longueur de recouvrement) soit au moins égale aux recouvrements minimaux du DTU : 0,07 m en zones 1 et 2 et 0,08 m en zone 3. 3 (figure 2). En Provence-Alpes-Côte d'Azur, classée zone 3 par l'annexe A, c'est la valeur de 0,08 m qui s'applique.
Règles générales de pose
Les tuiles sont posées à joints croisés, ce qui nécessite des demi-tuiles ou des tuiles et demie en rive. Le bon positionnement de la tuile doit résulter de l'accrochage du ou des tenons prévus à cet effet sur la face amont du liteau, la partie inférieure de chaque tuile prenant place sur les tuiles du rang inférieur. 3.
Au départ de l'égout comme en arrivée en faîtage, il est habituel d'employer des tuiles « courtes », qui peuvent être des éléments courants raccourcis sur place. Les tuiles gauches (incurvées sur une partie de leur largeur) ou gambardières (concaves dans le sens de la largeur) sont réservées à l'exécution de certains ouvrages de raccords.
Il y a lieu d'éviter de bloquer latéralement les tuiles les unes contre les autres — certains modèles comportent un filet d'épaisseur permettant de réserver un intervalle entre tuiles.
Fixation des tuiles : clouage ou crochet
La fixation des tuiles au support est effectuée soit par clouage, soit au moyen d'un crochet par tuile. 3). 09 ; diamètre minimal de tige 3 mm pour l'acier galvanisé et le cuivre, 2,7 mm pour l'acier inoxydable. 12. Lorsque les saillies d'égout et de rives ne sont pas fermées à la face inférieure par un habillage, chaque tuile et demi-tuile des rangs en saillie doit être fixée.
Litonnage bois et liteaux métalliques
Pose sur liteaux bois (art. 1) : les éléments reposent sur trois appuis au moins et sont fixés à l'aide d'une pointe ou d'une agrafe à chaque intersection d'un chevron et d'un liteau, la longueur des pointes étant donnée au tableau 3. Les pointes torsadées ou crantées présentent un meilleur accrochage que les pointes lisses.
L'agrafage n'est utilisé que pour la fixation de pièces d'épaisseur inférieure ou égale à 25 mm ; les agrafes sont en acier, d'épaisseur ou diamètre minimal 1,83 mm et de longueur minimale de branche 63,5 mm, protégées par galvanisation classe B de la NF A 91-131 si elles ne sont pas en inox.
Le tableau 4 donne la section des liteaux en fonction de l'écartement maximal entre appuis, de l'entraxe de pose et de la charge équivalente, définie comme (poids propre des éléments de couverture × 1,5) + charge climatique normale ; le poids de la couverture varie de 55 daN/m² à 90 daN/m² suivant le modèle de tuiles.
Le tableau 4 vise les résineux (sapin, épicéa) et peut être appliqué au chêne ou au châtaignier ; pour les liteaux rectangulaires, le sens de pose doit être respecté. Pose sur liteaux métalliques (art.
2) : cornières NF A 45-009 et NF A 45-010 aux dimensions L 30 × 30 × 3, L 35 × 35 × 3,5 ou L 40 × 40 × 4, ou autres profilés de hauteur d'accrochage ≥ 20 mm ; épaisseur et largeur des ailes déterminées par calcul en fonction de la portée et des charges ; protection anticorrosion préalable obligatoire, non assurée par l'entreprise de couverture sauf prescription des DPM.
Qualité des tuiles et justification du lot livré
Les tuiles plates de terre cuite doivent satisfaire aux prescriptions de la norme NF EN 1304 et de l'annexe D (aspect et structure, résistance au gel), et répondre au niveau 1 d'imperméabilité au sens de la NF EN 1304. Les tuiles siliconées doivent être annoncées comme telles par le fabricant. Les tuiles dont les dimensions excèdent les dimensions maximales indiquées par la norme relèvent de l'Avis Technique.
La marque de qualité NF apposée sur les tuiles certifie la conformité et dispense de la vérification des critères exigés ; en l'absence de marque NF, il faut justifier des performances du lot livré par référence à l'annexe E (conditions de réception, caractéristiques contrôlées, date et lieu de réception, choix du laboratoire, frais, échantillonnage selon NF X 06022).
Essais de référence : NF EN 538 (résistance à la rupture par flexion), NF EN 539-1 (imperméabilité), NF EN 539-2 (résistance au gel), NF EN 1024 (caractéristiques géométriques).
Qualité des bois supports de couverture
Les bois massifs de couverture doivent être secs à l'air. 2) sont utilisables, le sapin et l'épicéa étant préférables à toutes autres pour l'exécution des voligeages et tasseautages.
Pour les portées présentant un espace libre entre appuis ≤ 1,20 m, on se réfère à l'annexe B ; pour les portées entre appuis > 1,20 m ou les bois de section plus importante (planches, chevrons), on applique le classement technologique de la NF B 52-001 partie 4, classe C 22.
Les bois utilisés sont de classe 2 conformément au tableau 1 de la NF EN 335-2, à défaut de quoi une protection fongicide est nécessaire.
Annexe B (normative) : lors de leur emploi, les bois de couverture doivent avoir une humidité inférieure à 22 % ; par référence au classement d'aspect NF B 53-520, ils ne doivent pas présenter d'altérations biologiques (bleuissement et piqûres noires acceptés), de nœuds, flaches ou poches de résine réduisant de plus d'un quart la section considérée, ni de pentes de fil supérieures à 12 %.
Mortiers de couverture : ciment non admis
4) : il conduit à une rigidité trop importante des assemblages et à des risques de fissuration. Deux catégories sont retenues, le mortier de chaux et le mortier bâtard, destinés soit aux hourdages, soit aux filets ou aux solins.
Dosages conseillés — hourdages en partie courante : mortier de chaux 250 à 350 kg de chaux par mètre cube de sable sec, ou mortier bâtard 150 kg de ciment et 175 à 225 kg de chaux par mètre cube de sable sec ; filets et solins : mortier bâtard aux mêmes dosages.
Constituants : ciments de classe 32,5 ou 42,5, chaux hydrauliques des classes 60 et 100 naturelles XHN ou artificielles XHA, liants conformes aux NF P 15-301, NF P 15-310 et NF P 15-312, sable conforme à la XP P 18-101 de granularité 0,1/3,15 (sable 0/3). Colorants compatibles avec les liants, dosage ≤ 5 à 7 % de la masse du liant. Adjuvants sans action de dégradation sur les matériaux environnants.
Tuiles siliconées : scellement au mortier adjuvanté. Précautions de mise en œuvre obligatoires pour éviter que des coulures ne tachent la toiture.
Égout, faîtage, arêtiers, noues et pénétrations
Égout droit : les tuiles doivent présenter la même inclinaison que les autres ; le premier rang est accroché en partie haute sur un liteau, sa partie basse reposant sur un dispositif évitant le basculement (chanlatte, liteau surélevé, planche de rive d'égout), et est généralement constitué de tuiles courtes entièrement recouvertes par le second rang.
Égout biais : tuiles tranchées parallèlement à la ligne d'égout, rangs non décalés, bande métallique en complément.
3 ; recouvrement des faîtières à emboîtement ou à glissement dans le sens opposé aux vents de pluie dominants ; joint entre faîtières par recouvrement de 10 cm au minimum avec joint de mortier, ou recouvrement plus faible avec complément d'étanchéité conforme à la NF P 30-303, ou bourrelet de mortier pour faîtières jointives ; fixation au mortier, par clouage, pannetonnage, crochetage ou tire-fond, avec complément d'étanchéité si la tête reste apparente et lisse de rehausse en bois en cas de clouage ou tirefonnage.
Arêtiers et faîtages biais : arêtiers corniers ou fermés en terre cuite cloués sur tasseau sapin ou scellés, filet de mortier à trois arêtes, double tranchis avec approche et contre-approche et noquets cachés, ou éléments spéciaux en terre cuite — utilisables uniquement si les deux versants ont la même pente.
Noues : traitées comme des égouts biais, noue encaissée si les pentes des versants sont très différentes ; systèmes admis : éléments spéciaux en terre cuite (même pente des deux versants), double tranchis en noue encaissée avec revêtement métallique (la distance entre extrémités tranchées doit permettre le nettoyage), ou noquets cachés. 5). Pénétrations discontinues : besace ou chéneau en amont, goussets soudés aux angles.
Bande à rabattre avec calfeutrement au mastic élastomère en raccord sur ouvrages en bois ou fibre-ciment.
Écrans, isolation et ventilation de sous-face
Écran souple (art. 1) : fixé tendu sur les chevrons, le niveau d'appui des liteaux étant relevé par une contre-latte d'épaisseur minimale 20 mm fixée sur la face supérieure du chevron ; en égout, l'écran doit être raccordé de façon que les eaux de fonte des éventuelles pénétrations de neige poudreuse soient reconduites à l'extérieur du bâtiment (gouttière ou chéneau).
Les Avis Techniques des écrans souples précisent l'écartement maximal admissible des chevrons supports et le recouvrement minimal des lés en fonction de la pente. Écran rigide (art. 2) : plan d'appui des liteaux relevé par un contre-liteau tel qu'un espace de 20 mm minimum soit réservé sous les liteaux. Isolation (art.
6) : l'isolant ne doit jamais être en contact avec la sous-face des tuiles ou de l'écran ; espace ventilé d'au moins 20 mm entre sous-face des liteaux et isolant sans écran, et d'au moins 20 mm entre sous-face de l'écran et isolant avec écran, compte tenu des variations éventuelles d'épaisseur de l'isolant. Ventilation (art.
7) : sections totales des orifices au tableau 6 en fonction de la surface projetée, avec S (entre isolant et éléments de couverture), S1 (entre écran et éléments de couverture) et S2 (entre isolant et écran), réparties par moitié entre partie basse des versants et voisinage du faîtage. En égout, fentes de plus petite dimension ≥ 1 cm, grillage à mailles fines obligatoire au-delà de 2 cm.
En faîtage, chatières, tuiles de ventilation ou dispositif de ventilation continue ; grilles en partie haute des pignons admises uniquement en comble non aménagé et si les pignons ne sont pas distants de plus de 12 m. Neige poudreuse (art.
8) : la protection ne peut être assurée par le seul assemblage des éléments — un écran souple ou rigide est nécessaire, les exigences devant être précisées aux DPM ; si le comble n'est pas utilisé, la protection peut être reportée au niveau du plancher du comble.
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Défaut de planitude du support de liteaux | < 1/100 de la portée des liteaux | Art. 1 — en tous points du support de la couverture ; dispositions à prévoir aux DPM par le maître d'œuvre |
| Longueur de projection horizontale du rampant | ≤ 8,00 m | Art. 4.1 — limite de validité des pentes minimales des tableaux 1 et 2 ; au-delà, dispositions particulières non traitées par le DTU |
| Longueur de recouvrement des tuiles | ≥ 0,07 m en zones 1 et 2 / ≥ 0,08 m en zone 3 | Art. 4.2.1.3 — commande l'écartement de face amont à face amont des liteaux |
| Humidité des bois de couverture à l'emploi | < 22 % | Annexe B normative — liteaux, voliges et bois de petites sections |
| Pente de fil des bois de couverture | ≤ 12 % | Annexe B — par référence au classement d'aspect NF B 53-520 |
| Nœuds, flaches et poches de résine | Réduction ≤ 1/4 de la section considérée | Annexe B — isolément ou par regroupement en une même section |
| Épaisseur des pièces fixées par agrafage | ≤ 25 mm | Art. 4.2.1.1 — au-delà, fixation par pointes |
| Dosage des colorants dans les mortiers | ≤ 5 % à 7 % de la masse du liant | Art. 3.4.3 — colorants compatibles avec les liants (oxydes spécifiques) |
Dimensions réglementaires
Recouvrement minimal des tuiles
Art. 4.2.1.3 : détermine l'écartement des liteaux, égal au pureau. Zone 3 = Provence, Languedoc-Roussillon, Corse, vallée du Rhône, altitudes > 500 m (annexe A).
Diamètre minimal de tige des clous de fixation des tuiles
Art. 3.3.2.1 : acier galvanisé après fabrication, cuivre, ou inox Z8C17 / Z6CN 18.09.
Agrafes de fixation du support
Art. 3.3.1.1.2 : galvanisation classe B de la NF A 91-131 si non inox ; agrafage limité aux pièces d'épaisseur ≤ 25 mm.
Vis autotaraudeuses sur charpente métallique
Art. 3.3.1.2 : acier cémenté de 1 150 MPa minimum de limite élastique, ou acier inoxydable Z12CN 17.08.
Cornières support (liteaux métalliques)
Art. 3.2.2.1 : également L 35 × 35 × 3,5 ; autres profilés admis si hauteur d'accrochage ≥ 20 mm. Épaisseur et largeur des ailes déterminées par calcul (NF A 45-009, NF A 45-010).
Tables et bandes en plomb
Art. 3.5.2 : conformes à la NF A 55-401.
Contre-latte sur écran souple
Art. 4.5.1 : fixée sur la face supérieure du chevron, elle assure la circulation d'air entre l'écran et les tuiles.
Espace libre sous liteaux avec écran rigide
Art. 4.5.2 : assure le passage de l'air.
Espace ventilé entre isolant et couverture
Art. 4.6 : entre sous-face des liteaux et isolant sans écran, ou entre sous-face de l'écran (souple tendu ou rigide) et isolant avec écran. L'isolant ne doit jamais toucher la sous-face des tuiles ou de l'écran.
Orifices de ventilation en égout (fentes)
Art. 4.7.3.1 : grillage destiné à s'opposer à l'intrusion des petits animaux.
Ventilation par grilles en pignons
Art. 4.7.3.2 : admise uniquement en comble non aménagé en locaux occupés.
Joint entre faîtières sans emboîtement
Art. 4.4.3.1.2 : recouvrement plus faible admis avec complément d'étanchéité conforme à la NF P 30-303 ; bourrelet de mortier pour faîtières jointives.
Poids propre de la couverture (ordre de grandeur)
Art. 4.2.1.1 : varie suivant le modèle de tuiles. Charge équivalente répartie = (poids propre × 1,5) + charge climatique normale, entrée du tableau 4 de dimensionnement des liteaux.
Portée entre appuis des bois de couverture
Art. 3.2.1.2 : les liteaux reposent sur trois appuis au moins (art. 4.2.1.1).
Comprendre NF DTU 40.23
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF DTU 40.23, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF DTU 40.23 couvre : Tuiles plates de terre cuite, France métropolitaine hors climat de montagne (> 900 m). Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF DTU 40.23
Le NF DTU 40.23 est la norme française des couvertures en tuiles plates de terre cuite. Sa partie 1 (cahier des clauses techniques, indice de classement NF P 31-204-1) a été homologuée par décision du Directeur Général de l'AFNOR le 5 août 1996 pour prendre effet le 5 septembre 1996 ; elle remplace le document de référence P 31-204 d'avril 1977 et constitue une refonte complète, en particulier des articles 3 « Matériaux » et 4 « Mise en œuvre des tuiles ». Le texte consolidé intègre l'amendement A1 de septembre 2001, paru dans le Cahier du CSTB n° 3368, et l'amendement A2 de septembre 2007. La partie 2 (NF P 31-204-2) est le cahier des clauses spéciales.
Le domaine d'application est large mais borné : les couvertures en tuiles plates de terre cuite sont aptes à couvrir tous les bâtiments quelle que soit leur destination, mais le document n'est applicable qu'aux bâtiments réalisés en France métropolitaine, hors climat de montagne conventionnellement caractérisé par une implantation du bâtiment à plus de 900 m d'altitude. Les travaux sont prévus pour être exécutés sur des structures porteuses conformes aux règles et normes en vigueur — NF DTU 31.1, 31.2, 31.3 en charpente bois, NF DTU 32.1 et 32.2 en charpente métallique, Règles CB 71.
C'est le DTU de la tuile plate traditionnelle : petit élément posé à joints croisés, à recouvrement, sur litonnage. Il ne doit pas être confondu avec le NF DTU 40.211, qui vise la tuile de terre cuite à emboîtement à pureau plat, produit industriel moderne à double emboîtement longitudinal. Sur une opération de restauration en tuile plate, le NF DTU 40.23 est le document de référence du CCTP couverture, et sa lecture croisée avec l'annexe A (zones d'application) conditionne le recouvrement retenu et donc le pureau.
Comprendre en détail NF DTU 40.23
Structure et statut normatif du NF DTU 40.23
Le NF DTU 40.23 partie 1 (NF P 31-204-1) est organisé en quatre chapitres principaux — domaine d'application, références normatives, matériaux, mise en œuvre — complétés de cinq annexes toutes normatives : annexe A (zones d'application), annexe B (qualité et caractéristiques mécaniques en flexion des bois supports de couverture), annexe C (conditions d'usage et d'entretien), annexe D (spécifications complémentaires pour les tuiles plates de terre cuite : aspect et structure, résistance au gel) et annexe E (conditions de réception applicables aux fournitures de tuiles plates de terre cuite).
Le fait que les annexes soient normatives a une conséquence directe en marché : les critères de réception des lots de tuiles de l'annexe E sont opposables lorsque les tuiles ne portent pas la marque NF. Le texte prévoit en effet que la marque de qualité NF apposée sur les tuiles certifie la conformité et dispense de la vérification des critères exigés ; en l'absence de marque NF, il faut justifier des performances du lot livré par référence à l'annexe E, avec échantillonnage selon NF X 06022, choix du laboratoire, date et lieu de réception, et prise en charge des frais.
Le document renvoie par ailleurs à un corpus de normes produit qu'il est utile de citer au CCTP : NF EN 1304 (définitions et spécifications des tuiles de terre cuite pour pose en discontinu), NF EN 538 (résistance à la rupture par flexion), NF EN 539-1 (essai d'imperméabilité), NF EN 539-2 (essai de résistance au gel) et NF EN 1024 (caractéristiques géométriques). Les tuiles dont les dimensions excèdent les dimensions maximales indiquées par la norme relèvent de l'Avis Technique.
Planitude du support et conditions préalables
Le NF DTU 40.23 pose une exigence de planitude dès son article 1, en l'absence de dispositions figurant dans les cahiers des clauses techniques de mise en œuvre de charpente : le défaut de planitude h doit être inférieur, en tous points du support de la couverture, à 1/100 de la portée des liteaux. Le texte précise explicitement qu'il appartient au maître d'œuvre de prévoir, aux documents particuliers du marché, les dispositions nécessaires au respect de cette prescription.
C'est un point de méthode qui distingue le rôle de la maîtrise d'œuvre de celui du couvreur. La planitude n'est pas une tolérance de couverture : c'est une condition de réception de la charpente, qui doit être écrite au CCTP charpente et vérifiée en réunion de chantier avant approvisionnement des tuiles. Une charpente livrée hors tolérance transforme un litonnage régulier en litonnage compensé, avec des pureaux non constants et des files de tuiles qui « ondulent » — un désordre esthétique irrattrapable après pose.
Le DTU rappelle également que les travaux sont prévus pour être exécutés sur des structures porteuses établies en conformité avec les règles et normes en vigueur, en citant en exemple les DTU 31.1, 31.2, 31.3, 32.1 et 32.2 ainsi que les Règles CB 71. En rénovation d'une charpente ancienne, l'avant-propos des NF DTU rappelle qu'ils ne sont généralement pas en mesure de proposer des dispositions techniques pour des bâtiments construits avec des techniques anciennes : les clauses relèvent alors d'une réflexion des concepteurs, appuyée sur le contenu du DTU mais aussi sur les connaissances acquises par la pratique.
Pentes minimales et limite des 8,00 m de rampant
L'article 4.1 renvoie aux tableaux 1 (pentes minimales sans écran) et 2 (pentes minimales avec écran), en fonction des conditions locales — zones d'application et situations définies à l'annexe A normative. Trois précisions du texte structurent la lecture : les pentes sont données en mètres par mètre de projection horizontale ; ce sont celles du support, et non celle de la tuile en œuvre ; et elles ne sont valables que pour des rampants dont la longueur de projection n'excède pas 8,00 m.
Cette limite de 8,00 m est plus contraignante que celle du NF DTU 40.211, fixée à 12,00 m. Le DTU 40.23 indique expressément que les rampants dont la longueur de projection est supérieure à 8,00 m, qui nécessitent des dispositions particulières, ne sont pas traités dans le présent document. Sur une maison de plain-pied à grande profondeur ou une grange réhabilitée, cette limite est atteinte plus vite qu'on ne l'imagine : c'est un point à vérifier en phase APS, avant d'arrêter la géométrie de la toiture.
Les pentes des tableaux 1 et 2 s'appliquent à l'ensemble de la couverture. Toutefois, pour les coyaulures, les lucarnes ou les parties d'ouvrages ponctuelles conduisant à des pentes inférieures au minimum exigé en partie courante, une étanchéité complémentaire doit être mise en place. Cette étanchéité doit être conçue de telle sorte qu'elle soit de nature à se substituer aux tuiles pour reconduire les eaux d'infiltration éventuelles à l'égout, toutes précautions étant prises par ailleurs pour maintenir la bonne ventilation de la sous-face des tuiles. Le DTU ajoute, pour les travaux de restauration, que le recours à des pentes plus faibles avec un recouvrement plus important peut être considéré moyennant une étude appropriée, en accord avec le fabricant.
Recouvrement, pureau et écartement des liteaux
L'article 4.2.1.3 définit le pureau comme la longueur, suivant la ligne de plus grande pente de la couverture, de la partie vue de la tuile pour un observateur placé au-dessus de la couverture. L'écartement de face amont à face amont des liteaux est égal au pureau. Cet écartement doit être tel que la longueur de la partie haute de la tuile qui ne reçoit pas d'eau directement — dite « longueur de recouvrement » — soit au moins égale aux recouvrements minimaux du DTU.
Ces recouvrements minimaux sont chiffrés : 0,07 m en zones 1 et 2, et 0,08 m en zone 3. C'est la valeur qui, croisée avec la longueur de la tuile retenue, détermine l'écartement des liteaux par la formule donnée au paragraphe 4.2.1.3, où r est la valeur de recouvrement adoptée et L la longueur de la tuile. Toute réduction du recouvrement pour « gagner des rangs » se paie en infiltrations sous vent de pluie.
L'article 4 pose plusieurs règles générales de mise en œuvre : les tuiles sont posées à joints croisés, ce qui nécessite des demi-tuiles ou des tuiles et demie en rive ; le bon positionnement de la tuile doit résulter de l'accrochage du ou des tenons prévus à cet effet sur la face amont du liteau ; la partie inférieure de chaque tuile prend place sur les tuiles du rang inférieur ; au départ de l'égout comme en arrivée en faîtage, il est habituel d'employer des tuiles « courtes », qui peuvent être des éléments courants raccourcis sur place. Le DTU met enfin en garde : il y a lieu d'éviter de bloquer latéralement les tuiles les unes contre les autres, certains modèles comportant un filet d'épaisseur destiné à réserver l'intervalle.
Support : liteaux bois, liteaux métalliques et charges
En pose sur liteaux bois (article 4.2.1.1), les tuiles reposent sur un litonnage dont les éléments, reposant sur trois appuis au moins, sont fixés à l'aide d'une pointe ou d'une agrafe à chaque intersection d'un chevron et d'un liteau. La longueur des pointes est donnée au tableau 3, le DTU notant que les pointes torsadées ou crantées présentent un meilleur accrochage dans le bois que les pointes lisses. L'agrafage n'est utilisé que pour la fixation de pièces d'épaisseur inférieure ou égale à 25 mm.
Le tableau 4 donne la section des liteaux à utiliser en fonction de l'écartement maximal entre appuis des supports, de l'entraxe de pose des liteaux et de la charge équivalente. Le DTU définit cette charge équivalente répartie comme le poids propre des éléments de couverture multiplié par 1,5, augmenté de la charge climatique normale, et donne un ordre de grandeur utile en phase conception : le poids de la couverture varie de 55 daN/m² à 90 daN/m² suivant le modèle des tuiles. Le tableau 4 est applicable aux liteaux en résineux (sapin, épicéa) et peut être appliqué au dimensionnement des liteaux en chêne ou châtaignier. Pour les liteaux rectangulaires, le sens de pose doit être respecté.
En pose sur liteaux métalliques (articles 3.2.2 et 4.2.1.2), les tuiles sont posées sur des cornières définies par les normes NF A 45-009 et NF A 45-010, aux dimensions L 30 × 30 × 3, L 35 × 35 × 3,5 ou L 40 × 40 × 4 ; si d'autres profilés sont utilisés, ils doivent avoir une hauteur d'accrochage au moins égale à 20 mm. L'épaisseur et la largeur des ailes sont fonction de la portée et des charges et sont déterminées par calcul. Avant mise en œuvre, les liteaux en acier doivent être protégés de la corrosion, normalement par une ou deux couches de peinture antirouille sur surfaces dégraissées et débarrassées de la rouille ; sauf prescription des Documents Particuliers du Marché, cette protection n'est pas assurée par l'entreprise de couverture — un point de limite de prestation à trancher au CCTP.
Fixation des tuiles : clou ou crochet, et qualité du métal
L'article 4.3 est bref mais structurant : la fixation des tuiles au support est effectuée soit par clouage, soit au moyen d'un crochet par tuile, et elle doit être réalisée en tenant compte de la pente de la couverture et de l'exposition au vent, dans les conditions précisées par le tableau 5. Il n'y a donc pas de règle forfaitaire « une tuile sur trois » applicable partout : la densité de fixation se lit au tableau, croisée avec la pente et la situation.
Le DTU encadre précisément la nature du métal. Les clous utilisés pour la fixation des tuiles sont du type à tête large et doivent être soit en acier galvanisé après fabrication, soit en cuivre, soit en acier inoxydable Z8C17 ou Z6CN 18.09. Les diamètres minimaux de tige sont de 3 mm pour les clous en acier galvanisé et en cuivre, et de 2,7 mm pour les clous en acier inoxydable.
Pour les crochets, cinq natures sont admises. Fil en acier galvanisé avant formage : le revêtement doit répondre au moins aux critères de la classe C de la NF A 91-131, cette protection étant réservée aux constructions en atmosphères autres que marine ou industrielle. Fil en acier galvanisé après formage : masse de zinc minimale de 5 g/dm² selon NF A 91-121. Fil en cuivre de type Cu/b conforme à la NF A 51-050, écroui, état de livraison 1/4 dur. Fil en acier inoxydable ferritique de nuance Z8C17 — le DTU précise que cet acier peut subir une oxydation à l'air ambiant lui conférant une teinte rouille, sans incidence sur la tenue du crochet. Fil en acier inoxydable austénitique de nuance minimale Z6CN 18.09 ou CND 17.12. En bord de mer, ce choix n'est pas cosmétique : il conditionne la durée de vie de la couverture.
Mortiers de couverture : le ciment est proscrit
L'article 3.4 est catégorique : l'emploi de mortier de ciment n'est pas admis. La note explicative du DTU en donne la raison technique : le mortier de ciment conduit à une rigidité trop importante des assemblages et à des risques de fissuration. Deux catégories seulement sont retenues, le mortier de chaux et le mortier bâtard, destinés soit aux hourdages, soit aux filets ou aux solins.
Les dosages conseillés sont chiffrés. Pour les hourdages en partie courante : mortier de chaux dosé à 250 à 350 kg de chaux par mètre cube de sable sec, ou mortier bâtard dosé à 150 kg de ciment et 175 à 225 kg de chaux par mètre cube de sable sec. Pour les filets et solins : mortier bâtard, aux mêmes dosages. Les ciments doivent être de la classe 32,5 ou 42,5 ; les chaux doivent être des chaux hydrauliques des classes 60 et 100, soit naturelles XHN, soit artificielles XHA. Le sable doit être de granularité 0,1/3,15 — sable 0/3 en termes de chantier.
Les colorants éventuellement utilisés doivent être compatibles avec les liants (oxydes spécifiques par exemple) et leur dosage ne doit pas dépasser 5 à 7 % de la masse du liant. Les adjuvants ne doivent pas avoir d'action de dégradation sur les matériaux environnants. Pour les tuiles siliconées, le scellement est effectué à partir d'un mortier adjuvanté, en se référant à la notice technique du fabricant. Le DTU alerte enfin sur les coulures : l'utilisation de mortiers spécifiques implique des précautions particulières de mise en œuvre pour éviter que des coulures ne tachent la toiture, précautions identiques à observer avec certains ciments dont les couleurs peuvent tacher la couverture.
Égout, faîtage et rives : les prescriptions du chapitre 4.4
À l'égout droit, les tuiles doivent présenter la même inclinaison que les autres tuiles : le premier rang est accroché en partie haute sur un liteau tandis que sa partie basse repose sur un dispositif évitant le basculement — chanlatte, liteau surélevé, planche de rive d'égout. Le premier rang est généralement constitué de tuiles courtes, entièrement recouvertes par les tuiles du second rang. Si l'extrémité des chevrons se trouve en retrait du mur de façade, sur un entablement faisant saillie, il faut assurer la mise hors d'eau de l'entablement, par exemple en scellant autant de rangs de tuiles que nécessaire, au besoin sur une forme en pente. En égout biais, les tuiles sont tranchées parallèlement à la ligne d'égout et les rangs ne sont pas décalés, une bande métallique complétant généralement l'ouvrage.
L'article 4.4.2 impose une règle de sécurité au vent : lorsque les saillies d'égout et de rives ne sont pas fermées à la face inférieure par un habillage, il est nécessaire de fixer chaque tuile et demi-tuile des rangs en saillie. L'habillage, quand il existe, peut être constitué par des voliges jointives ou des panneaux pouvant comporter des orifices de ventilation.
Au faîtage, les abouts doivent être obturés, ce qui peut être réalisé par des pièces spéciales dites « abouts de faîtage ». La faîtière doit recouvrir la tuile de sous-faîtage et l'avant-dernière tuile de la valeur du recouvrement défini au paragraphe 4.2.1.3. Dans le cas des faîtières à emboîtement ou à glissement, leur recouvrement s'effectue dans le sens opposé aux vents de pluie dominants. Le joint entre faîtières, s'il n'est pas réalisé par emboîtement, est réalisé soit par un recouvrement de 10 cm au minimum avec joint de mortier, soit par un recouvrement plus faible avec interposition d'un complément d'étanchéité conforme à la NF P 30-303, soit, pour des faîtières jointives, par un bourrelet de mortier. La fixation est réalisée au mortier, par clouage, pannetonnage, crochetage ou tire-fond, avec complément d'étanchéité si la tête demeure apparente ; le clouage ou le tirefonnage nécessite au faîtage la présence d'une lisse de rehausse en bois fixée à la charpente.
Arêtiers, noues et pénétrations en tuile plate
L'article 4.4.4 admet quatre procédés d'exécution des arêtiers et faîtages biais. Par arêtiers corniers ou fermés en terre cuite, angulaires ou demi-ronds, cloués sur un tasseau en sapin ou scellés au mortier. Par un filet en mortier à trois arêtes commun aux deux versants — le DTU note que cette mise en œuvre requiert une attention et des soins particuliers, notamment sur le dosage du mortier, la préparation du support et le garnissage entre les tuiles, ce qui ne la justifie que dans des cas spéciaux. Par double tranchis des tuiles avec approche et contre-approche, laissant le cas échéant une arête nette avec noquets cachés entre la superposition des tuiles. Par éléments spéciaux en terre cuite, dont l'utilisation n'est possible que si les deux versants ont la même pente.
Les noues sont, d'une façon générale, traitées comme des égouts biais. Lorsque les pentes des deux versants sont très différentes, il convient de recourir à la noue encaissée et de prendre toutes dispositions pour éviter les infiltrations d'eau sur le versant dont la pente est la plus faible. Le DTU rappelle que la noue se trouve dans des conditions particulièrement défavorables — sa pente est inférieure à celle du rampant de plus faible pente, et elle reçoit une grande quantité d'eau. Trois systèmes sont admis : éléments spéciaux en terre cuite (seulement si les deux versants ont la même pente), double tranchis de tuiles en noue encaissée avec revêtement métallique — la distance entre les extrémités tranchées des tuiles devant permettre le nettoyage de la noue —, ou noquets cachés entre la superposition des tuiles.
Pour les pénétrations continues suivant la ligne de plus grande pente, on utilise principalement des noquets métalliques, ou à défaut un solin de mortier recouvert d'une garniture métallique et d'une bande de solin. Lorsque l'intersection perpendiculaire a lieu au point haut de la couverture, l'ouvrage est traité comme une rive de tête ; au point bas, il est traité en chéneau, dont les dimensions doivent permettre l'évacuation des eaux recueillies selon la XP P 36-201 (DTU 40.5). Pour les pénétrations discontinues — souches, lanterneaux — on opère sur les côtés comme pour une pénétration continue, sur le devant comme pour une rive de tête, et sur la partie amont on réalise un derrière indépendant en métal sur forme de pente (besace) ou un chéneau, les raccordements aux angles se faisant par goussets soudés. En raccord avec des pénétrations en bois ou en fibre-ciment, la bande de solin est remplacée par une bande à rabattre avec calfeutrement au mastic élastomère adapté.
Écrans, isolation et ventilation : les 20 mm incontournables
Le DTU 40.23 définit l'écran comme un élément continu, souple ou rigide, interposé entre le comble et la face interne des tuiles, et précise que les documents particuliers du marché précisent, ou non, son interposition. En écran souple (article 4.5.1), l'écran est fixé tendu sur les chevrons et le niveau d'appui des liteaux est relevé par une contre-latte d'épaisseur minimale 20 mm, fixée sur la face supérieure du chevron — disposition qui répond au caractère nécessaire de la circulation de l'air entre la surface de l'écran et les tuiles. En égout, l'écran doit être raccordé de façon que les eaux de fonte des éventuelles pénétrations de neige poudreuse soient reconduites à l'extérieur du bâtiment, dans la gouttière ou le chéneau. En écran rigide (article 4.5.2), le plan d'appui des liteaux est relevé par un contre-liteau d'épaisseur telle qu'un espace de 20 mm minimum soit réservé sous les liteaux.
L'article 4.6 traite l'interface avec l'isolation thermique des combles, en rappelant que les travaux d'isolation relèvent de l'entreprise chargée de ce lot. La règle est nette : l'isolant ne doit jamais être en contact avec la sous-face des tuiles ou de l'écran de sous-toiture, compte tenu des variations éventuelles de l'épaisseur de l'isolant. Il doit subsister un espace ventilé d'au moins 20 mm entre la sous-face des liteaux et la face supérieure de l'isolant dans le cas des couvertures sans écran, et d'au moins 20 mm entre la sous-face de l'écran souple tendu ou de l'écran rigide et la face supérieure de l'isolant dans le cas des couvertures avec écran.
La ventilation de la sous-face des tuiles et de leur support doit être assurée (article 4.7.1). Complémentairement, lors de la mise en œuvre d'un écran, la sous-face de celui-ci doit être également ventilée. Les sections totales des orifices sont données au tableau 6 en fonction de la surface projetée de la couverture, avec trois grandeurs distinctes : S caractérise la section des orifices en relation avec le volume à ventiler entre isolant et éléments de couverture, S1 entre écran et éléments de couverture, S2 entre isolant et écran. Ces sections doivent être réparties par moitié entre partie basse du ou des versants et, pour l'autre moitié, au voisinage du faîtage.
Orifices de ventilation et protection contre la neige poudreuse
Les jeux entre les tuiles ne permettant pas la ventilation nécessaire, celle-ci doit être assurée par une entrée d'air en partie basse et une sortie d'air en partie haute de la couverture, au moyen de tuiles de ventilation — chatières ou autres — disposées en quinconce sur une ligne haute et une ligne basse (article 4.7.3).
En égout, les orifices sont constitués dans le plan de la couverture par des chatières ou des tuiles de ventilation, et en façade ou en avancée de toit par des grilles ou fentes continues. Dans le cas de fente, la plus petite dimension des orifices est au minimum de 1 cm ; si cette dimension est supérieure à 2 cm, il doit être disposé un grillage à mailles fines destiné à s'opposer à l'intrusion des petits animaux. En faîtage, les orifices peuvent être constitués par des chatières, des tuiles de ventilation, ou un dispositif de ventilation continue. Dans le cas de comble non aménagé en locaux occupés, les orifices peuvent être constitués de grilles disposées en partie haute des pignons, si ceux-ci ne sont pas distants de plus de 12 m.
L'article 4.8 traite la neige poudreuse sans détour : dans une couverture en éléments discontinus, la protection contre la neige poudreuse ne peut être assurée par le seul assemblage des éléments entre eux. Il est en conséquence nécessaire de recourir à l'emploi d'un écran, souple ou rigide, en respectant les dispositions des articles 4.5 et 4.6 si cet écran est disposé au-dessus d'un isolant thermique ; cela requiert une étude préalable de conception, notamment pour les ouvrages particuliers de couverture. Les exigences vis-à-vis de la protection contre la neige poudreuse doivent être précisées dans les documents particuliers du marché. Si le comble n'est pas utilisé, la protection peut être reportée au niveau du plancher du comble, sa nature étant fonction de la nature de ce plancher.
Zones d'application de l'annexe A : la Provence en zone 3
L'annexe A du NF DTU 40.23 est normative et divise la France en trois zones d'application eu égard à la concomitance vent-pluie. La zone 1 couvre tout l'intérieur du pays, pour les altitudes inférieures à 200 m. La zone 2 couvre la côte Atlantique sur 20 km de profondeur de Lorient à la frontière espagnole, la bande située entre 20 km et 40 km de la côte de Lorient à la frontière belge, et les altitudes comprises entre 200 m et 500 m.
La zone 3 couvre les côtes de l'Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord sur une profondeur de 20 km de Lorient à la frontière belge, la vallée du Rhône jusqu'à la pointe des trois départements Isère, Drôme et Ardèche, ainsi que la Provence, le Languedoc-Roussillon, la Corse, et toutes les altitudes supérieures à 500 m. Pour une couverture en tuiles plates en Provence-Alpes-Côte d'Azur, le recouvrement minimal applicable est donc celui de la zone 3, soit 0,08 m, et non les 0,07 m des zones 1 et 2. C'est une différence de 10 mm par rang qui se répercute sur le pureau, sur le nombre de rangs et sur le métré du lot couverture : elle doit être arrêtée avant consultation des entreprises, pas en cours de chantier.
Ce zonage diffère de celui du NF DTU 40.211, plus récent, qui classe au contraire la côte méditerranéenne en zone I pour les altitudes inférieures à 200 m. Chaque DTU porte son propre découpage : il faut lire l'annexe du document applicable et ne jamais transposer. À ces zones se superposent trois situations : situation protégée (fond de cuvette entouré de collines, ou terrain bordé de collines du côté des vents les plus violents), situation normale (plaine ou plateau à dénivellations peu importantes) et situation exposée — au voisinage de la mer, le littoral sur une profondeur d'environ 5 km, le sommet des falaises, les îles ou presqu'îles étroites, les estuaires ou baies encaissées ; à l'intérieur du pays, les vallées étroites où le vent s'engouffre, les montagnes isolées et élevées, le DTU citant nommément le Mont-Aigoual et le Mont-Ventoux, ainsi que certains cols.
Qualité des bois supports (annexe B) et durabilité
L'annexe B, normative, définit la qualité des bois de petites sections utilisés en support de couverture en tuiles plates. Première exigence, souvent négligée à la livraison : lors de leur emploi, les bois de couverture doivent avoir une humidité inférieure à 22 %. Un liteau posé humide se vrille en séchant et déforme les files de tuiles.
Toutes les essences admises en charpente sont utilisables pour les supports de couverture, le DTU notant que le sapin et l'épicéa sont préférables à toutes autres essences pour l'exécution des voligeages et tasseautages. Par référence au classement d'aspect des sciages de bois résineux de la norme NF B 53-520, les bois de couverture — liteaux, voliges — ne doivent pas présenter d'altérations biologiques dues aux champignons ou aux insectes (le bleuissement et les piqûres noires étant acceptés), ni de nœuds, flaches ou poches de résine qui, isolément ou par leur regroupement en une même section, réduiraient de plus d'un quart la section de la surface considérée, ni des pentes de fil supérieures à 12 %.
Côté caractéristiques mécaniques, l'article 3.2.1.2 distingue deux cas. Pour les bois de couverture utilisés sur des portées présentant un espace libre entre appuis inférieur ou égal à 1,20 m, on se réfère à l'annexe B. Pour les bois utilisés sur des portées entre appuis supérieures à 1,20 m, ou pour les bois de section plus importante (planches, chevrons), on applique le classement technologique de qualité de la norme NF B 52-001 partie 4, classe C 22. Les bois utilisés doivent être de classe 2 conformément au tableau 1 de la NF EN 335-2 ; à défaut, une protection fongicide est nécessaire.
Glossaire NF DTU 40.23
- Tuile plate
- Petit élément de terre cuite posé à joints croisés et à recouvrement, sans emboîtement longitudinal. Visée par le NF DTU 40.23, à ne pas confondre avec la tuile à emboîtement à pureau plat du NF DTU 40.211.
- Pureau
- Longueur, suivant la ligne de plus grande pente, de la partie vue de la tuile pour un observateur placé au-dessus de la couverture. L'écartement de face amont à face amont des liteaux est égal au pureau (art. 4.2.1.3).
- Longueur de recouvrement
- Longueur de la partie haute de la tuile qui ne reçoit pas d'eau directement. Minimum 0,07 m en zones 1 et 2, 0,08 m en zone 3.
- Tuile courte
- Tuile raccourcie employée au départ de l'égout et en arrivée au faîtage ; il peut s'agir d'éléments courants raccourcis sur place (art. 4).
- Tuile gauche / gambardière
- Tuile incurvée sur une partie de sa largeur (gauche) ou concave dans le sens de la largeur (gambardière), réservée à l'exécution de certains ouvrages de raccords.
- Noquet
- Pièce de raccordement métallique intercalée entre les tuiles, apparente seulement en relevé vertical. Utilisée en rive latérale, en arêtier à noquets cachés, en noue et en pénétration continue.
- Double tranchis (approche et contre-approche)
- Procédé d'arêtier ou de noue où les tuiles sont tranchées latéralement de façon à obtenir un raccordement progressif entre les tuiles courantes et la ligne d'arêtier, laissant le cas échéant une arête nette avec noquets cachés.
- Filet de mortier
- Procédé d'arêtier à trois arêtes commun aux deux versants. Le DTU 40.23 précise qu'il requiert des soins particuliers (dosage, préparation du support, garnissage) et ne se justifie que dans des cas spéciaux.
- Besace
- Derrière indépendant en métal sur forme de pente, réalisé sur la partie amont d'une pénétration discontinue (souche, lanterneau), avec raccordements d'angle par goussets soudés.
- Chanlatte
- Dispositif de rattrapage placé en bas de versant pour que les tuiles du premier rang d'égout présentent la même inclinaison que les autres et ne basculent pas. Alternatives admises : liteau surélevé, planche de rive d'égout.
- Lisse de rehausse
- Pièce complémentaire en bois fixée à la charpente au faîtage, rendue nécessaire par la fixation des faîtières par clouage ou tirefonnage (art. 4.4.3.1.1).
- Contre-latte
- Tasseau d'épaisseur minimale 20 mm fixé sur la face supérieure du chevron pour relever le niveau d'appui des liteaux au-dessus d'un écran souple tendu et assurer la circulation d'air entre l'écran et les tuiles.
- Charge équivalente répartie
- Grandeur d'entrée du tableau 4 de dimensionnement des liteaux : poids propre des éléments de couverture multiplié par 1,5, augmenté de la charge climatique normale. Le poids de la couverture varie de 55 à 90 daN/m² selon le modèle de tuiles.
- Zones d'application (annexe A)
- Découpage normatif en 3 zones eu égard à la concomitance vent-pluie. Zone 1 : intérieur du pays sous 200 m. Zone 2 : côte Atlantique sur 20 km de Lorient à l'Espagne, bande 20-40 km de Lorient à la Belgique, altitudes 200-500 m. Zone 3 : côtes Atlantique/Manche/mer du Nord sur 20 km, vallée du Rhône jusqu'à la pointe des trois départements Isère/Drôme/Ardèche, Provence, Languedoc-Roussillon, Corse, altitudes > 500 m.
- Niveau 1 d'imperméabilité
- Performance exigée des tuiles plates par l'article 3.1 du DTU 40.23, au sens de la NF EN 1304, mesurée selon l'essai d'imperméabilité NF EN 539-1.
Questions fréquentes sur NF DTU 40.23
Qu'est-ce que NF DTU 40.23 ?
NF DTU 40.23 - Couverture en tuiles plates de terre cuite. Le NF DTU 40.23 (NF P 31-204-1 pour le CCT, NF P 31-204-2 pour le CCS) définit les conditions d'exécution des travaux de couverture en tuiles plates de terre cuite, en France métropolitaine et hors climat de montagne conventionnellement caractérisé par une implantation à plus de 900 m d'altitude. Il impose des tuiles conformes à la NF EN 1304 répondant au niveau 1 d'imperméabilité, un recouvrement minimal de 0,07 m en zones 1 et 2 et de 0,08 m en zone 3, des pentes minimales lues aux tableaux 1 et 2 valables jusqu'à 8,00 m de projection de rampant, et proscrit l'emploi du mortier de ciment en couverture. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF DTU 40.23 ?
Le domaine d'application couvre : Tuiles plates de terre cuite, France métropolitaine hors climat de montagne (> 900 m). Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF DTU 40.23 sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Quelle est la version applicable du NF DTU 40.23 ?
La partie 1 (NF P 31-204-1) date de septembre 1996 : homologuée le 5 août 1996 pour prendre effet le 5 septembre 1996, elle remplace le document P 31-204 d'avril 1977 et constitue une refonte complète, en particulier des articles 3 « Matériaux » et 4 « Mise en œuvre des tuiles ». Le texte consolidé intègre l'amendement A1 de septembre 2001 (Cahier du CSTB n° 3368) et l'amendement A2 de septembre 2007. La partie 2 (NF P 31-204-2) est le cahier des clauses spéciales.
Quel recouvrement minimal pour une couverture en tuiles plates ?
L'article 4.2.1.3 fixe une longueur de recouvrement d'au moins 0,07 m en zones 1 et 2 et 0,08 m en zone 3, au sens de l'annexe A normative. C'est cette valeur, croisée avec la longueur de la tuile, qui détermine l'écartement de face amont à face amont des liteaux, lequel est égal au pureau.
Quelle pente minimale impose le DTU 40.23 ?
Les pentes minimales figurent au tableau 1 (sans écran) et au tableau 2 (avec écran) de l'article 4.1, en fonction de la zone d'application et de la situation définies à l'annexe A. Elles sont exprimées en mètres par mètre de projection horizontale, sont celles du support et non celle de la tuile en œuvre, et ne sont valables que pour des rampants dont la longueur de projection n'excède pas 8,00 m.
Que se passe-t-il si le rampant dépasse 8 m de projection ?
Le DTU 40.23 indique expressément que les rampants dont la longueur de projection est supérieure à 8,00 m nécessitent des dispositions particulières et ne sont pas traités dans le document. Le marché doit alors définir ces dispositions, ce qui relève d'une étude spécifique de la maîtrise d'œuvre, éventuellement en accord avec le fabricant de tuiles.
Faut-il fixer toutes les tuiles plates ?
Non : l'article 4.3 prévoit que la fixation est effectuée soit par clouage, soit au moyen d'un crochet par tuile, en tenant compte de la pente de la couverture et de l'exposition au vent, dans les conditions du tableau 5. En revanche, lorsque les saillies d'égout et de rives ne sont pas fermées à la face inférieure par un habillage, il est nécessaire de fixer chaque tuile et demi-tuile des rangs en saillie (article 4.4.2).
Quels clous et crochets pour fixer des tuiles plates ?
Les clous sont du type à tête large, en acier galvanisé après fabrication, en cuivre, ou en acier inoxydable Z8C17 ou Z6CN 18.09 ; diamètre minimal de tige 3 mm pour l'acier galvanisé et le cuivre, 2,7 mm pour l'inox. Les crochets peuvent être en fil d'acier galvanisé avant formage (classe C de la NF A 91-131, hors atmosphère marine ou industrielle), galvanisé après formage (masse de zinc ≥ 5 g/dm² selon NF A 91-121), en cuivre Cu/b écroui 1/4 dur, en inox ferritique Z8C17, ou en inox austénitique Z6CN 18.09 ou CND 17.12.
Peut-on utiliser du mortier de ciment en couverture tuile plate ?
Non. L'article 3.4 précise que l'emploi de mortier de ciment n'est pas admis, car il conduit à une rigidité trop importante des assemblages et à des risques de fissuration. Seuls sont retenus le mortier de chaux (250 à 350 kg de chaux par m³ de sable sec) et le mortier bâtard (150 kg de ciment et 175 à 225 kg de chaux par m³ de sable sec), pour les hourdages comme pour les filets et solins.
Quelle lame d'air entre l'isolant et la couverture en tuiles plates ?
L'article 4.6 impose que l'isolant ne soit jamais en contact avec la sous-face des tuiles ou de l'écran, et qu'il subsiste un espace ventilé d'au moins 20 mm entre la sous-face des liteaux et la face supérieure de l'isolant sans écran, ou d'au moins 20 mm entre la sous-face de l'écran (souple tendu ou rigide) et la face supérieure de l'isolant avec écran. La contre-latte relevant le plan d'appui des liteaux au-dessus d'un écran souple a elle aussi une épaisseur minimale de 20 mm.
Quelles dimensions pour les orifices de ventilation en égout ?
Dans le cas de fente, la plus petite dimension des orifices est au minimum de 1 cm ; si cette dimension est supérieure à 2 cm, un grillage à mailles fines destiné à s'opposer à l'intrusion des petits animaux doit être disposé (article 4.7.3.1). En faîtage, la ventilation par grilles en partie haute des pignons n'est admise que pour un comble non aménagé et si les pignons ne sont pas distants de plus de 12 m.
Le DTU 40.23 s'applique-t-il en zone de montagne ?
Non. Le document est applicable aux bâtiments réalisés en France métropolitaine, hors climat de montagne conventionnellement caractérisé par une implantation du bâtiment à plus de 900 m d'altitude. Au-delà, les dispositions du DTU ne suffisent pas et le marché doit prévoir des clauses techniques adaptées.
Comment justifier la qualité des tuiles livrées sur chantier ?
Les tuiles plates de terre cuite doivent satisfaire aux prescriptions de la NF EN 1304 et de l'annexe D, et répondre au niveau 1 d'imperméabilité au sens de la NF EN 1304. La marque de qualité NF apposée sur les tuiles certifie la conformité et dispense de la vérification des critères exigés ; en son absence, il faut justifier des performances du lot livré par référence à l'annexe E (conditions de réception, échantillonnage selon NF X 06022, choix du laboratoire, frais de réception).
En PACA, quel zonage retenir pour une couverture en tuiles plates ?
L'annexe A normative du DTU 40.23 classe la Provence, le Languedoc-Roussillon, la Corse, la vallée du Rhône jusqu'à la pointe des départements Isère, Drôme et Ardèche, ainsi que toutes les altitudes supérieures à 500 m, en zone 3. Le recouvrement minimal applicable est donc de 0,08 m. Attention à ne pas transposer le zonage du NF DTU 40.211, plus récent, qui place au contraire la côte méditerranéenne en zone I sous 200 m d'altitude.
Quelle humidité maximale pour les liteaux et voliges ?
L'annexe B normative impose que, lors de leur emploi, les bois de couverture aient une humidité inférieure à 22 %. Ils ne doivent pas non plus présenter d'altérations biologiques (bleuissement et piqûres noires acceptés), de nœuds, flaches ou poches de résine réduisant de plus d'un quart la section, ni de pentes de fil supérieures à 12 %.
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Le NF DTU 40.11 P1-1 (décembre 2020, indice de classement P 32-201-1-1) propose les clauses types de mise en œuvre pour les marchés de travaux d'ouvrages de couverture en ardoises naturelles. Il traite quatre systèmes — pureau entier, pureau développé, modèles carrés posés en diagonale dits losangés, et claire-voie ordinaire — ainsi que les habillages de parties verticales appelés essentages. Il ne fixe pas une pente minimale unique : il donne, dans des tableaux croisant la pente, la zone climatique de concomitance vent-pluie, la situation et le mode de fixation, un recouvrement minimal dont découle ensuite le format d'ardoise admissible. Il chiffre également la planéité du support, les sections de liteaux et voliges, la ventilation en sous-face (lame d'air de 2 cm minimum) et les limitations de hauteur de bâtiment par zone de vent.
NF DTU 40.2 / 40.21 - Couvertures en tuiles de terre cuite à emboîtement ou à glissement à relief
La référence historique « DTU 40.2 » désigne aujourd'hui le NF DTU 40.21, dont la partie 1-1 (18 octobre 2013, indice de classement P 31-202-1-1) propose les clauses types de mise en œuvre des couvertures en tuiles de terre cuite à emboîtement ou à glissement à relief. Ce texte ne fixe pas trois pentes forfaitaires : il donne, aux tableaux 1 (sans écran) et 2 (avec écran), des pentes minimales du support fonction de la zone climatique de concomitance vent-pluie et de la situation, valables pour des rampants dont la projection horizontale n'excède pas 12,00 m. Il chiffre également la planéité du support de liteaux, les entraxes maximaux de liteaux bois et métalliques par zone de neige et altitude, le nombre de tuiles à fixer par région de vent, la ventilation en sous-face et le traitement des points singuliers.
Couvertures par éléments métalliques en feuilles et longues feuilles (série NF DTU 40.4)
Il n'existe pas de norme portant la référence « NF DTU 40.1 » : les couvertures par éléments métalliques en feuilles et longues feuilles relèvent d'une série de quatre documents distincts, un par métal — NF DTU 40.41 pour le zinc (NF P 34-211-1, septembre 2004), NF DTU 40.44 pour l'acier inoxydable, NF DTU 40.45 pour le cuivre et NF DTU 40.46 pour le plomb sur support continu. Cette fiche présente les principes communs à la famille et les valeurs chiffrées du NF DTU 40.41, qui sert de référence de rédaction aux autres textes : tolérance de planéité de la charpente, épaisseurs et entraxes de voligeage, dimensions des feuilles et longues feuilles, pentes minimales par zone de concomitance vent-pluie, agrafures transversales, points fixes de dilatation, ventilation en sous-face et compatibilités galvaniques. Les valeurs propres à l'inox, au cuivre et au plomb doivent être lues dans le DTU du métal concerné.
NF DTU 40.44 - Couverture en acier inoxydable
Le DTU 40.44 régit les couvertures en feuilles d'acier inoxydable — toitures architecturales, monumentales, joints debout ou tasseaux. Il définit les nuances 1.4404 ou 1.4571, les pattes coulissantes, les joints de dilatation et les ferrures. Une pose en zone littorale sans nuance austénitique adaptée provoque piqûres de corrosion par les chlorures et taches de rouille en surface visible.
NF DTU 40.45 - Couverture en cuivre
Le NF DTU 40.45 (NF P 34-215-1 pour le CCT, NF P 34-215-2 pour le CCS) encadre les couvertures par éléments métalliques en feuilles et longues feuilles en cuivre, exécutées sur support continu selon deux techniques seulement : la couverture à tasseaux et la couverture à joint debout. Il impose la nuance Cu-DHP (NF EN 1172) à l'état R 240 (NF EN 1173), une épaisseur minimale de 0,5 mm en feuilles et longues feuilles, des largeurs normalisées de 0,500 m et 0,670 m, et interdit tout contact — y compris hydraulique en aval — avec le zinc, l'acier galvanisé ou non et l'aluminium. Une couverture cuivre déversant dans une gouttière zinc est non conforme au DTU et perfore le métal aval.
NF DTU 40.46 — Travaux de couverture en plomb sur support continu
Le NF DTU 40.46 (NF P 34-216-1 pour le cahier des clauses techniques) définit les conditions d'exécution des couvertures en plomb sur support continu : couverture à tasseaux, à baguettes roulées, à ourlets roulés et par agrafage rabattu. Il fixe une épaisseur minimale de plomb de 2,5 mm en couverture et de 3 mm en balcons et chéneaux, impose la soudure autogène comme seul mode d'assemblage des tables, interdit le contact direct du plomb avec l'aluminium, l'acier ordinaire ou galvanisé, le ciment, la chaux hydraulique et le béton, et exige un défaut de planéité du support inférieur à 1 cm.
Informations
Dernière mise à jour
Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024
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NF DTU 40.23 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. tuile plate, terre cuite, clouage, traditionnel, patrimoine, crochet, pureau, recouvrement, noquet, arêtier, NF EN 1304, NF P 31-204-1, DTU 40.23.