NF DTU 55.2 - Revêtements muraux attachés en pierre mince
Le NF DTU 55.2 P1-1 (P 65-202-1-1, décembre 2014, amendement A1 d'octobre 2016) propose les clauses techniques types des revêtements muraux en plaques de pierre mince fixées par attaches à un support en maçonnerie ou en béton, en face vue intérieure ou extérieure de parois verticales. Il distingue trois systèmes — agrafes métalliques et polochons, attaches métalliques sans polochon, fixation sur ossature intermédiaire — et fixe pour chacun les limites d'emploi, le nombre et le dimensionnement des attaches, la géométrie des trous, les largeurs de joints et le maillage des joints souples de fractionnement. Les revêtements scellés en plein, coffrants, les façades inclinées et courbes en sont exclus.
Domaine d'application
Clauses types de spécifications de mise en œuvre des revêtements muraux en plaques de pierre mince, fixées par des attaches à un support en maçonnerie ou en béton dont la stabilité est assurée par ailleurs, destinés à constituer la face vue de parois verticales de bâtiments. Tous bâtiments neufs ou en réhabilitation, quelle que soit leur destination, dans toutes les zones climatiques ou naturelles françaises, DOM compris. Ne vise pas les ouvrages de génie civil, les revêtements scellés en plein, les revêtements coffrants in situ ou en fond de moule de panneaux préfabriqués, les façades inclinées ni les façades courbes
Règles principales
Domaine, systèmes et exclusions
Le document propose des clauses types de mise en œuvre pour les revêtements muraux en plaques de pierre mince fixées par des attaches à un support en maçonnerie ou en béton dont la stabilité est assurée par ailleurs, en face vue de parois verticales, pour tous bâtiments neufs ou en réhabilitation, dans toutes les zones climatiques françaises DOM compris.
Trois systèmes : agrafes métalliques et polochons, attaches métalliques sans polochon, fixation sur ossature intermédiaire. Ne sont pas visés : les ouvrages de génie civil, les revêtements scellés en plein, les revêtements coffrants in situ ou en fond de moule de panneaux préfabriqués, les façades inclinées et les façades courbes.
Exceptions :
- • Zone sismique: Les dispositions du document doivent être complétées par les dispositions réglementaires correspondantes ; le système par agrafes et polochons n'est pas utilisable lorsque le revêtement est soumis à des sollicitations parallèles au plan de la façade
- • Revêtements coffrants et fixations à verrouillage de forme: Ils peuvent relever d'un Avis Technique ou d'un Document Technique d'Application et ne sont pas visés par le présent document
Limites d'emploi du système agrafes et polochons
Ce système n'est admis que si toutes les conditions suivantes sont respectées simultanément : absence d'une couche d'isolation côté extérieur du mur support ; joints entre pierres remplis au mortier ; bâtiments en situation a, b ou c sur support en maçonnerie, en situation a, b, c ou d sur support béton (au sens de la partie 3 du NF DTU 20.1) ; hauteur limite 28 m ; surface maximale des plaques ≤ 1 m² ; plus grande dimension des plaques 1,40 m ; épaisseur des plaques ≤ 60 mm ; distance entre la face arrière de la plaque et le support de 2 cm à 5 cm
Exceptions :
- • Atmosphères de catégories de corrosivité C4 et C5: L'emploi de la technique du polochon avec un fil zintane et une cheville zamak n'est pas utilisable en atmosphère marine ou industrielle corrosive (amendement A1, tableau 1 du NF DTU 55.2 P1-2)
Limites d'emploi des attaches sans polochon
Les pierres doivent respecter en partie courante : surface maximale ≤ 1 m², plus grande dimension ≤ 1,40 m, épaisseur < 80 mm. Une lame d'air ventilée d'au moins 2 cm d'épaisseur doit être ménagée entre le dos de la pierre et le support ou l'isolant fixé sur le support. Les joints entre plaques, ouverts ou calfeutrés au mastic souple, permettent la reprise des déformations au droit de chaque plaque.
Nombre et diamètre des agrafes et attaches
En partie courante, le nombre de points de fixation et le nombre d'agrafes — ou d'attaches — doit être de quatre par plaque, fixées dans les chants horizontaux ou verticaux. Les agrafes fixées dans le chant horizontal supérieur ne peuvent assurer qu'une fonction de retenue ; celles fixées dans le chant horizontal inférieur ont une fonction porteuse.
Le diamètre des fils d'agrafe ne doit pas être inférieur à 4 mm ; on utilise généralement 4 mm pour e = 20 mm, 5 mm pour 20 mm < e ≤ 50 mm et 6 mm pour 50 mm < e ≤ 60 mm.
Scellement et fixation mécanique des agrafes
Fixation par scellement dans les bétons armés ou non armés : profondeur des trous de scellement d'au moins 6 cm afin d'assurer un ancrage de l'agrafe d'au moins 5 cm ; diamètre permettant un enrobage supérieur à 1 cm (perçage de l'ordre de 4 cm) ; mortier de ciment dosé à 400 kg/m³ en revêtement extérieur ; plâtre à mouler gâché serré et filasse admis en revêtement intérieur.
Les trous sont nettoyés et humidifiés avant remplissage et le calepinage doit garantir que les attaches d'une même plaque sont scellées dans un support de même nature.
Exceptions :
- • Zones à forte densité d'armatures: Là où il ne peut être exécuté de trous de scellement, des dispositifs de fixation des agrafes (douilles, etc.) doivent être mis en place avant le coulage du béton
- • Cheville commune à deux plaques voisines: Une même cheville à expansion peut être associée à deux agrafes intéressant deux plaques voisines, sauf au droit des joints de fractionnement
Exécution des polochons
Les polochons entourent complètement les attaches et doivent recouvrir complètement les scellements lorsqu'ils existent. Leur diamètre est de l'ordre de 10 cm et leur épaisseur est égale à celle du vide entre la pierre et le support.
Le mortier — ou plâtre — de composition identique à celle du mortier de scellement a une consistance ferme pour se maintenir en place pendant la pose des plaques, en évitant la chute de déchets dans la lame d'air.
Géométrie des trous de fixation dans la pierre
Fixation par pénétration de l'agrafe sur une longueur minimale de 25 mm dans un trou réservé sur le chant.
En partie courante : axe du trou à mi-épaisseur de la plaque (± 2 mm) ; diamètre supérieur de 0,5 mm à 3 mm à celui de l'agrafe ; épaisseur de pierre restante entre le bord du trou et chacune des deux faces d'au moins 10 mm (± 1 mm) pour les plaques d'épaisseur nominale ≥ 30 mm et d'au moins 6 mm (± 1 mm) pour les plaques d'épaisseur nominale 20 mm ; profondeur de percement de 30 mm au minimum et supérieure de 5 mm à la longueur de pénétration.
Trous dépoussiérés après perçage et implantés à l'aide d'un gabarit.
Exceptions :
- • Diamètre du trou supérieur de plus de 1 mm à celui de l'agrafe: Les trous sont garnis par le produit de scellement (coulis de ciment, mortier-colle) ; en revêtement intérieur, coulis de plâtre lorsque les scellements dans le support sont au plâtre
- • Agrafage dans les chants impossible: Ponctuellement, des trous borgnes inclinés (agrafage « en culotte ») peuvent être exécutés sur la face arrière
Ergots et liaison ergot / plaque
Un ergot est une tige cylindrique métallique de même nature que l'attache, de 4 mm à 8 mm de diamètre, dont la longueur permet une pénétration minimale de 25 mm dans le chant d'une plaque : 4 mm pour e = 20 mm, 5 mm pour 20 mm < e ≤ 50 mm, 6 mm pour 50 mm < e ≤ 80 mm.
L'ergot simple doit être rendu solidaire de l'attache, l'ergot double peut être amovible ; un dispositif de maintien de positionnement (épaulement, pincement) doit y être incorporé. En partie courante, les plaques sont fixées en quatre points par ergots introduits dans les chants verticaux ou horizontaux.
Exceptions :
- • Largeur de joint supérieure à 10 mm: Des dispositions particulières telles que le doublement des pattes ou un ergot plus gros et/ou plus long doivent être prises
- • Chants vus ou ne pouvant recevoir de fixation: Les attaches sont placées « en culotte » au dos des plaques ; la fixation par tiges traversantes est réservée au traitement de points singuliers et nécessite une étude justificative
Largeurs des joints courants entre plaques
Revêtements par agrafes et polochons : joints courants remplis au mortier, épaisseur ≥ 5 mm sans dépasser 10 mm ; mortier à faible retrait ne tachant pas la pierre ; jointoiement après pose de toute la hauteur de la travée entre deux joints souples ou arrêts du revêtement ; retrait de toutes les cales de réglage avant jointoiement. Revêtements par attaches sans polochon : joints ouverts de largeur minimale 6 mm (réductible localement à 3 mm au niveau de l'attache) et maximale 15 mm ; mêmes largeurs pour les joints calfeutrés au mastic souple ; joints garnis au mortier de ciment, de chaux hydraulique ou bâtard d'épaisseur comprise entre 5 mm et 15 mm, limitant alors la hauteur de pose à 28 m
Exceptions :
- • Attache trop épaisse pour garantir 3 mm de largeur locale: La pierre est engravée au niveau de l'attache
- • Ossature intermédiaire librement dilatable: La largeur des joints doit tenir compte de la dilatation de cette ossature (article 9)
Joints souples de fractionnement : largeurs et maillage
La largeur des joints souples est supérieure ou égale à 10 mm pour les joints horizontaux et 8 mm pour les joints verticaux, réductible localement au niveau des attaches respectivement à 7 mm et 5 mm ; ils intéressent toute l'épaisseur des plaques de pierre.
Les joints souples horizontaux sont à prévoir tous les 3 m environ (ou tous les niveaux) en extérieur et tous les 6 m environ en intérieur. Les joints souples verticaux sont à prévoir tous les 8 m environ, aux angles des façades et à moins de 3 m des extrémités. Le joint horizontal placé sous la première assise est laissé vide pour assurer la ventilation de la lame d'air.
Exceptions :
- • Joints de fractionnement horizontaux en système à polochons: L'attache porteuse est obligatoirement métallique sans polochon, et le polochon d'enrobage de l'attache de retenue ne doit ni dépasser le joint de fractionnement ni l'obturer même partiellement
- • Joints de fractionnement verticaux en système à polochons: Deux agrafes intéressant des plaques voisines ne doivent pas être enrobées dans un même polochon
Reprise des joints de structure et saillies
Les joints du support, de dilatation ou de fractionnement, doivent être repris dans le revêtement (y compris dans les polochons) sensiblement aux mêmes emplacements et dans la même largeur, la garniture ne devant pas affecter leur liberté de mouvement. Les attaches ou agrafes d'une plaque ne peuvent être fixées de part et d'autre d'un joint de support.
Dans le cas de pierre chevauchant un joint de structure ou de dilatation, il est impératif de fixer la pierre sur une seule partie du bâtiment.
Exceptions :
- • Joint du revêtement décalé par rapport au joint de support: On utilise une patte déportée
Lame d'air ventilée
Une lame d'air ventilée est ménagée entre le revêtement et le support, ou entre le revêtement et la couche intermédiaire d'isolation. En présence d'isolation extérieure, l'isolant est fixé sur le support en maintenant une lame d'air d'épaisseur supérieure ou égale à 2 cm entre l'isolant et le revêtement.
Pour les attaches sans polochon, la lame d'air ventilée entre le dos de la pierre et le support ou l'isolant est d'au moins 2 cm ; pour les agrafes et polochons, la distance entre la face arrière de la plaque et le support est comprise entre 2 cm et 5 cm.
Isolation extérieure et fixation des panneaux isolants
Le document ne vise que le cas où l'isolant est placé sur la face extérieure du support, derrière le revêtement. 2 P1-2. La fixation, destinée à éviter le fluage, est réalisée mécaniquement par chevilles à rosace ou étoile, les panneaux étant posés jointifs et plaqués contre le support sans laisser d'espace d'air entre celui-ci et l'isolant.
Panneaux de laine minérale : au minimum deux fixations par panneau, dont au moins une traversante s'il s'agit de chevilles-étoiles, et une densité minimale de deux fixations par mètre carré.
Exceptions :
- • Points singuliers, éléments découpés, bâtiments de plus de 40 m: La densité des fixations est augmentée ; dans les zones d'action en rives de bâtiment définies en A.1.2, le nombre de fixations est porté à quatre par panneau ou plaque
Dossier technique et plans de pose
Un dossier technique et des plans doivent être établis par l'entreprise de pose et avoir l'accord du maître d'ouvrage ou de son représentant. Il doit indiquer : la conformité de la pierre aux prescriptions du NF DTU 55.2 P1-2 ; la conformité du dossier d'évaluation des dispositifs de fixation ; les plans de pose et de calepinage des plaques avec l'emplacement des joints souples ; les notes de calcul pour la justification de la pierre, des attaches, des pattes ou de l'ossature intermédiaire ; les caractéristiques et emplacements des agrafes ou attaches ; les détails et prescriptions du dispositif d'ancrage, en particulier dans le cas de chevilles ; les dispositifs d'accrochage au droit des points singuliers
Canalisations, enseignes et éléments rapportés
Les fourreaux destinés au passage de fluides (plomberie, fourreaux électriques, eaux pluviales) sont prévus et mis en place avant la pose du revêtement ; les canalisations devant rester apparentes sont normalement posées après le revêtement, et sont fixées sur le support. Les enseignes et les éléments divers rapportés ne doivent pas être fixés sur le revêtement mais directement sur le support ou sur une ossature intermédiaire
Caractéristiques et tolérances du support
Les caractéristiques et tolérances admises pour les supports en maçonnerie sont celles du NF DTU 20.1 — les écarts sur la verticalité d'un parement destiné à rester apparent devant être inférieurs à 1,5 cm sur une hauteur d'étage — et, pour les supports en béton, celles des NF DTU 21 et NF DTU 23.1, où les écarts sur la verticalité d'une face de poteau sur une hauteur d'étage doivent être au plus égaux à 2 cm et la qualité du parement au moins celle du « parement soigné ». Les types de fixation autorisés en fonction du support, avec ou sans couche d'isolation extérieure, sont donnés par les tableaux 1 et 2
Tolérances applicables aux ouvrages finis
Sauf indications contraires des documents particuliers du marché : planéité générale — une règle de 2,00 m équipée de deux cales, appliquée sur le parement et promenée en tous sens, ne doit pas faire apparaître entre le point le plus saillant et le point le plus en retrait un désaffleur supérieur à 5 mm ; les flèches mesurées sous un cordeau de longueur au plus égale à 10,00 m ne doivent pas dépasser 10 mm.
Verticalité — l'écart mesuré sur la hauteur d'un étage courant (≤ 3,00 m) ne doit pas dépasser 5 mm ; pour les bâtiments de hauteur inférieure à 28 m, l'écart sur la hauteur totale ne doit pas dépasser 40 mm ; au-delà de 28 m, la tolérance est celle indiquée par les DPM.
Fixation sur ossature intermédiaire
Le troisième système de fixation fait l'objet de l'article 9, qui impose une conception documentée de l'ossature intermédiaire, la définition des données de l'étude, son dimensionnement et ses justifications, avant la mise en œuvre des plaques de pierre sur l'ossature. Les calculs s'appuient sur la NF EN 1991-1-4 pour les actions du vent, la NF EN 1993-1-1 pour les ossatures acier et la NF EN 1999 pour les ossatures aluminium.
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Planéité générale du parement fini | Désaffleur ≤ 5 mm sous une règle de 2,00 m | Règle équipée de deux cales, promenée en tous sens (§ 11.1) |
| Flèche sous cordeau | ≤ 10 mm | Cordeau de longueur au plus égale à 10,00 m (§ 11.1) |
| Verticalité sur un étage courant | ≤ 5 mm | Hauteur d'étage inférieure ou égale à 3,00 m (§ 11.2) |
| Verticalité sur la hauteur totale du bâtiment | ≤ 40 mm | Bâtiments de hauteur inférieure à 28 m ; au-delà, tolérance fixée par les DPM (§ 11.2) |
| Position de l'axe du trou d'agrafe | ± 2 mm par rapport à la mi-épaisseur de la plaque | Trous cylindriques percés dans les chants (§ 6.7) |
| Épaisseur de pierre restante autour du trou | ≥ 10 mm (± 1 mm) si e ≥ 30 mm ; ≥ 6 mm (± 1 mm) si e = 20 mm | Entre le bord du trou et chacune des deux faces (§ 6.7) |
| Distance de l'axe des trous aux angles | l/4 (± 2 cm) si l ≤ 60 cm ; l/5 si 60 < l ≤ 100 cm ; l/6 si l > 100 cm | Comprise entre 10 cm et 20 cm ; l = longueur du chant (§ 6.7) |
| Excentricité de l'accrochage agrafe / fixation | ≤ 40 mm | Transmission des efforts la plus directe possible (§ 6.5.2) |
| Verticalité du support en maçonnerie | < 1,5 cm sur une hauteur d'étage | Parement destiné à rester apparent, selon le NF DTU 20.1 (note du § 5.1.1) |
| Verticalité du support en béton | ≤ 2 cm sur une hauteur d'étage | Face de poteau, selon le NF DTU 21 ; qualité de parement au moins « parement soigné » (§ 5.1.1.2) |
Dimensions réglementaires
Surface maximale d'une plaque
Partie courante, systèmes à polochons et sans polochon (§ 6.2 et 7.2)
Plus grande dimension d'une plaque
Partie courante, systèmes à polochons et sans polochon
Épaisseur maximale des plaques
Le diamètre d'ergot ou de fil d'agrafe suit l'épaisseur de la pierre
Hauteur limite de pose
Système à polochons ; également pour les joints au mortier ou de largeur réduite sans polochon (§ 6.2 et 7.6.3)
Nombre d'agrafes ou d'attaches par plaque
En partie courante, dans les chants horizontaux ou verticaux (§ 6.4.2 et 7.4.2)
Diamètre des fils d'agrafe
Le diamètre ne doit pas être inférieur à 4 mm (§ 6.4.1)
Diamètre des ergots
Tige cylindrique de même nature que l'attache (§ 7.5.1.1)
Pénétration de l'agrafe ou de l'ergot dans le chant
Profondeur de percement ≥ 30 mm et supérieure de 5 mm à la pénétration (§ 6.7 et 7.5.1.2)
Trous de scellement des agrafes dans le béton
Enrobage de l'agrafe supérieur à 1 cm ; mortier de ciment dosé à 400 kg/m³ en extérieur (§ 6.5.1)
Trous de scellement des attaches sans polochon
Trous placés en oblique au voisinage des arêtes du support (§ 7.7.1.1)
Diamètre du polochon
Épaisseur égale à celle du vide entre la pierre et le support (§ 6.6)
Distance face arrière de plaque / support (système à polochons)
Condition d'emploi du système agrafes et polochons (§ 6.2)
Lame d'air ventilée
Entre l'isolant et le revêtement (§ 5.3.2 amendé) et entre le dos de la pierre et le support ou l'isolant (§ 7.2)
Joints courants au mortier (système à polochons)
Mortier à faible retrait ne tachant pas la pierre (§ 6.8.2)
Joints ouverts ou calfeutrés au mastic (attaches sans polochon)
Joints au mortier : 5 mm à 15 mm, limitant la hauteur de pose à 28 m (§ 7.6)
Joints souples de fractionnement
Intéressent toute l'épaisseur des plaques (§ 8.2.1)
Maillage des joints souples
Verticaux également aux angles de façade et à moins de 3 m des extrémités (§ 6.8.3)
Fixations des panneaux isolants en laine minérale
4 fixations par panneau en zones d'action de rives de bâtiment (§ 5.3.3.1 et 5.3.3.2)
Comprendre NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202)
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202), le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202) couvre : Clauses types de spécifications de mise en œuvre des revêtements muraux en plaques de pierre mince, fixées par des attaches à un support en maçonnerie ou en béton dont la stabilité est assurée par ailleurs, destinés à constituer la face vue de parois verticales de bâtiments. Tous bâtiments neufs ou en réhabilitation, quelle que soit leur destination, dans toutes les zones climatiques ou naturelles françaises, DOM compris. Ne vise pas les ouvrages de génie civil, les revêtements scellés en plein, les revêtements coffrants in situ ou en fond de moule de panneaux préfabriqués, les façades inclinées ni les façades courbes. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202)
Le NF DTU 55.2 « Travaux de bâtiment — Revêtements muraux attachés en pierre mince » comporte une partie P1-1 (cahier des clauses techniques types, indice de classement P 65-202-1-1), une partie P1-2 (critères généraux de choix des matériaux, P 65-202-1-2) et une partie P2 (cahier des clauses spéciales). La partie P1-1 est datée du 12 décembre 2014 ; avec la partie P1-2 de décembre 2014, elle remplace la norme homologuée NF P 65-202-1 (DTU 55.2) d'octobre 2000. Elle inclut l'amendement A1 d'octobre 2016, qui modifie les paragraphes 5.3.2, 6.2, 6.6, 6.8.3 et 10.1.
Le document ne traite qu'une chose : la fixation mécanique de plaques de pierre sur un support dont la stabilité est assurée par ailleurs. Trois familles sont distinguées et chacune a ses limites d'emploi propres : les revêtements attachés par agrafes métalliques et polochons, les revêtements fixés par attaches métalliques sans polochon, et les revêtements fixés sur une ossature intermédiaire. Confondre ces trois systèmes dans un CCTP conduit à appliquer les mauvaises limites de hauteur, de surface de plaque et de largeur de joint.
Le champ d'exclusion est net : ouvrages de génie civil, revêtements scellés en plein, revêtements coffrants in situ ou en fond de moule de panneaux préfabriqués — qui peuvent faire l'objet d'un Avis Technique ou d'un Document Technique d'Application —, façades inclinées et façades courbes. En zone sismique, les dispositions du document doivent être complétées par les dispositions réglementaires correspondantes, et le système agrafes-polochons n'est pas utilisable lorsque le revêtement est soumis à des sollicitations parallèles au plan de la façade.
Pour la maîtrise d'œuvre, la pièce contractuelle la plus importante est le dossier technique. Le paragraphe 5.6 impose qu'un dossier technique et des plans soient établis par l'entreprise de pose et aient l'accord du maître d'ouvrage ou de son représentant : conformité de la pierre au P1-2, conformité du dossier d'évaluation des dispositifs de fixation, plans de pose et de calepinage avec l'emplacement des joints souples, notes de calcul justifiant la pierre, les attaches, les pattes ou l'ossature intermédiaire, caractéristiques et emplacements des agrafes ou attaches, détails du dispositif d'ancrage et dispositifs d'accrochage au droit des points singuliers.
Comprendre en détail NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202)
Trois systèmes d'attache, trois jeux de limites
Les revêtements attachés par agrafes métalliques et polochons sont fixés au support par des agrafes — fils métalliques scellés au mortier ou fixés mécaniquement dans une cheville ancrée dans le support — enrobées dans un polochon, plot d'un diamètre d'environ 10 cm comblant le vide entre la pierre et le support. Les polochons sont à base de mortier en revêtement extérieur, de plâtre ou de mortier en revêtement intérieur à l'abri de l'humidité.
Ce système n'est admis que si plusieurs conditions sont respectées simultanément : absence de couche d'isolation côté extérieur du mur support ; joints entre pierres remplis au mortier ; bâtiments en situation a, b ou c sur support en maçonnerie et en situation a, b, c ou d sur support béton, au sens de la partie 3 du NF DTU 20.1 ; hauteur limite de 28 m ; surface maximale des plaques inférieure ou égale à 1 m² ; plus grande dimension des plaques de 1,40 m ; épaisseur des plaques inférieure ou égale à 60 mm ; distance entre la face arrière de la plaque et le support comprise entre 2 cm et 5 cm. L'amendement A1 ajoute que l'emploi de la technique du polochon avec un fil zintane et une cheville zamak n'est pas utilisable dans le cas des expositions de catégories de corrosivité C4 et C5, atmosphère marine ou industrielle corrosive.
Les revêtements fixés par attaches métalliques sans polochon reposent sur des dispositifs qui doivent supporter le poids du revêtement, empêcher le déversement sous les efforts horizontaux — le vent notamment —, absorber les déformations différentielles entre revêtement et support et intervenir dans le comportement aux chocs en situation d'accessibilité. Les limites de partie courante sont : surface maximale des plaques inférieure ou égale à 1 m², plus grande dimension inférieure ou égale à 1,40 m, épaisseur inférieure à 80 mm, et une lame d'air ventilée d'au moins 2 cm entre le dos de la pierre et le support ou l'isolant fixé sur le support.
Le troisième système, la fixation sur ossature intermédiaire, fait l'objet de l'article 9 et exige une étude complète : conception, données de l'étude, dimensionnement et justifications de l'ossature. Dans tous les cas, une lame d'air ventilée est ménagée entre le revêtement et le support ou entre le revêtement et la couche intermédiaire d'isolation.
Nombre, diamètre et fixation des agrafes
Le nombre est le même dans les deux premiers systèmes : en partie courante, le nombre de points de fixation et le nombre d'agrafes — ou d'attaches — doit être de quatre par plaque. Elles sont fixées dans les chants horizontaux ou verticaux des plaques. Pour les agrafes, celles fixées dans le chant horizontal supérieur ne peuvent assurer qu'une fonction de retenue, celles fixées dans le chant horizontal inférieur ont une fonction porteuse.
Le diamètre des fils d'agrafe ne doit pas être inférieur à 4 mm. Une note donne les diamètres généralement utilisés en fonction de l'épaisseur de la pierre : 4 mm pour les pierres d'épaisseur e = 20 mm, 5 mm pour 20 mm < e ≤ 50 mm, 6 mm pour 50 mm < e ≤ 60 mm. Le texte prévient par ailleurs que le dimensionnement de ce type d'attache par le calcul n'est pas possible : le respect des dispositions constructives a valeur de justification.
Pour la fixation par scellement dans les bétons armés ou non armés, la profondeur des trous de scellement doit être d'au moins 6 cm afin d'assurer un ancrage de l'agrafe d'au moins 5 cm. Le diamètre des trous doit permettre un enrobage des agrafes supérieur à 1 cm, un diamètre de perçage de l'ordre de 4 cm convenant généralement. En revêtement extérieur, le scellement des attaches est réalisé avec un mortier de ciment dosé à 400 kg/m³ ; en revêtement intérieur, il peut être exécuté au plâtre à mouler gâché serré et filasse. Avant remplissage, les trous de scellement sont nettoyés et humidifiés, et le calepinage doit être étudié pour que les attaches d'une même plaque soient scellées dans un support de même nature.
Pour la fixation mécanique, les chevilles à expansion sont admises dans les supports en maçonnerie ou béton, sous réserve de justification de la résistance aux efforts de traction et de durabilité, une évaluation technique européenne en cours de validité pouvant constituer le mode de preuve. Une même cheville à expansion peut être associée à deux agrafes intéressant deux plaques voisines, sauf au droit des joints de fractionnement. L'agrafe est accrochée sur la fixation de telle sorte que la transmission des efforts soit la plus directe possible, avec une excentricité de 40 mm au maximum. Pour les attaches sans polochon scellées, le diamètre des trous est de l'ordre de 4 cm et leur profondeur usuellement d'au moins 8 cm.
Trous de fixation : la géométrie qui protège la pierre
La fixation des plaques aux agrafes se fait par pénétration de l'agrafe sur une longueur minimale de 25 mm dans un trou réservé sur le chant de la plaque, généralement échancré dans la partie arrière. Les tolérances sur l'emplacement, la profondeur et le diamètre des trous d'agrafe sont données par la norme NF EN 1469.
En partie courante, les trous cylindriques sont percés dans les chants de telle manière que leur axe soit à mi-épaisseur de la plaque à ± 2 mm près, que leur diamètre soit supérieur de 0,5 mm à 3 mm à celui de l'agrafe, et que leur profondeur de percement soit de 30 mm au minimum et supérieure de 5 mm à la longueur de pénétration de l'agrafe. Les trous doivent être dépoussiérés après perçage.
L'épaisseur de pierre restante entre le bord du trou et chacune des deux faces est chiffrée : au moins 10 mm, à ± 1 mm près, pour les plaques d'épaisseur nominale supérieure ou égale à 30 mm ; au moins 6 mm, à ± 1 mm près, pour les plaques d'épaisseur nominale 20 mm. C'est cette cote qui conditionne la résistance de la pierre à l'arrachement au droit de l'ergot, mesurée selon la NF EN 13364.
L'implantation des trous est également normée. Ils sont implantés à l'aide d'un gabarit garantissant leur position par rapport au parement de la plaque. La distance de l'axe aux angles, comprise entre 10 cm et 20 cm, est fonction de la longueur l du chant : l/4 à ± 2 cm si l ≤ 60 cm, l/5 à ± 2 cm si 60 cm < l ≤ 100 cm, l/6 à ± 2 cm si l > 100 cm. Lorsque le diamètre des trous est supérieur de plus de 1 mm à celui de l'agrafe, les trous sont garnis par le produit de scellement (coulis de ciment, mortier-colle).
Ergots et attaches sans polochon
Dans le cas général, la fixation des plaques aux attaches doit être si possible invisible et se fait par ergots cylindriques placés dans les chants des plaques. Un ergot est une tige cylindrique métallique de même nature que l'attache, de 4 mm à 8 mm de diamètre, dont la longueur doit permettre une pénétration minimale de 25 mm dans le chant d'une plaque. Le diamètre de l'ergot suit l'épaisseur de la pierre : 4 mm pour e = 20 mm, 5 mm pour 20 mm < e ≤ 50 mm, 6 mm pour 50 mm < e ≤ 80 mm.
L'ergot est dit simple s'il ne pénètre que dans une seule plaque, double s'il est commun à deux plaques contiguës ; l'ergot simple doit être rendu solidaire de l'attache alors que l'ergot double peut être amovible. Un dispositif de maintien de positionnement de l'ergot — épaulement, pincement — doit être incorporé à celui-ci. Des dispositions particulières telles que le doublement des pattes ou un ergot plus gros et/ou plus long doivent être prises lorsque les largeurs des joints sont importantes, c'est-à-dire supérieures à 10 mm.
Les trous de fixation par ergots suivent les règles des trous d'agrafe, avec deux conditions supplémentaires : leur diamètre doit être supérieur de 0,5 mm à 1 mm à celui de l'ergot dans le cas de coulissement direct, ou supérieur de 0,5 mm à 1 mm à celui du manchon de coulissement et de 0,5 mm à 3 mm à celui de l'ergot côté scellement ; leur profondeur de percement est de 30 mm au minimum et supérieure de 5 mm à la longueur de pénétration de l'ergot.
La liaison ergot/plaque est différenciée selon la position : dans le cas de fixations placées dans un joint horizontal, les ergots placés dans le chant supérieur d'une plaque doivent pouvoir coulisser pour permettre les déformations différentielles entre le revêtement et le support, tandis que les ergots placés dans le chant inférieur sont fixes. Lorsque les chants sont vus ou ne peuvent recevoir de dispositif de fixation, les attaches sont placées « en culotte » au dos des plaques. La fixation par tiges traversant la plaque de part en part est réservée au traitement de points singuliers et nécessite une étude justifiant les limites de déformation et de contrainte dans la pierre et la fixation.
Joints courants et joints souples de fractionnement
Les largeurs de joints diffèrent selon le système et le mode de garnissage. Pour les revêtements attachés par agrafes et polochons, les joints courants entre plaques sont remplis au mortier : leur épaisseur doit être supérieure ou égale à 5 mm sans dépasser 10 mm. Le mortier de joint doit avoir un faible retrait et ne pas tacher la pierre ; le jointoiement se fait après pose de toute la hauteur de la travée de façade entre deux joints souples ou arrêts du revêtement, et toutes les cales de réglage utilisées pour la pose doivent être retirées avant le jointoiement d'une travée.
Pour les revêtements fixés par attaches sans polochon, les joints ouverts doivent avoir une largeur minimale de 6 mm, pouvant être réduite localement à 3 mm au niveau de l'attache, et une largeur maximale de 15 mm ; lorsque les attaches sont trop épaisses pour garantir cette largeur minimale de 3 mm, la pierre est engravée au niveau de l'attache. Les joints calfeutrés au mastic souple obéissent aux mêmes largeurs. Les joints garnis au mortier de ciment, de chaux hydraulique ou au mortier bâtard, ou de largeur inférieure aux valeurs précédentes, ont une épaisseur comprise entre 5 mm et 15 mm et conduisent à limiter la hauteur de pose à 28 m.
Les joints souples de fractionnement sont le second maillage, indépendant des joints courants. Leur largeur est supérieure ou égale à 10 mm pour les joints horizontaux et 8 mm pour les joints verticaux, ces largeurs pouvant être réduites localement au niveau des attaches respectivement à 7 mm et 5 mm. Ils intéressent toute l'épaisseur des plaques de pierre. Lorsqu'ils sont calfeutrés, le dispositif comporte un fond de joint limitant la quantité de mastic et un produit de calfeutrement ne tachant pas la pierre, qui suit les mouvements du joint sans les contrarier et sans se dégrader dans le temps.
Le maillage est chiffré : les joints souples de fractionnement horizontaux sont à prévoir tous les 3 m environ, ou tous les niveaux, en extérieur, et tous les 6 m environ en intérieur. Les joints souples de fractionnement verticaux sont à prévoir tous les 8 m environ, aux angles des façades des bâtiments et à moins de 3 m des extrémités. Le joint horizontal placé sous la première assise est laissé vide, disposition prévue pour assurer la ventilation de la lame d'air.
Joints de structure, isolation extérieure et lame d'air
Les joints du support, de dilatation ou de fractionnement, doivent être repris dans le revêtement — y compris dans les polochons — sensiblement aux mêmes emplacements et dans la même largeur, la garniture éventuelle ne devant pas affecter leur liberté de mouvement. Les attaches ou agrafes d'une plaque de revêtement ne peuvent être fixées de part et d'autre d'un joint de support, et les polochons ne doivent pas être exécutés à cheval sur les joints de support mais de part et d'autre. Dans le cas d'une pierre chevauchant un joint de structure ou de dilatation, il est impératif de fixer la pierre sur une seule partie du bâtiment.
Des joints souples doivent également être prévus autour de toutes les saillies de façade — appuis, balcons, bandeaux, linteaux —, en particulier au départ des revêtements sur le plancher ou le sol et sous plafond dans le cas des revêtements intérieurs, ainsi qu'en cas de changement de support risquant d'entraîner des mouvements différentiels sensibles. Si le joint du revêtement est décalé par rapport au joint de support, on utilise une patte déportée.
L'isolation thermique n'est visée que dans le cas où l'isolant est placé sur la face extérieure du support, derrière le revêtement. Dans la rédaction issue de l'amendement A1, l'isolation est constituée d'éléments isolants préfabriqués rigides ou semi-rigides décrits dans le NF DTU 55.2 P1-2, fixés sur le support en maintenant une lame d'air d'épaisseur supérieure ou égale à 2 cm entre l'isolant et le revêtement. La fixation, destinée à éviter le fluage de l'isolant, est réalisée mécaniquement par chevilles à rosace ou étoile, les panneaux étant posés jointifs et plaqués contre le support sans laisser d'espace d'air entre celui-ci et l'isolant.
Pour les panneaux de laine minérale, il faut prévoir au minimum deux fixations par panneau, dont au moins une traversante s'il s'agit de chevilles-étoiles, et une densité minimale de deux fixations par mètre carré ; une seule fixation peut être admise pour les éléments découpés dont la plus grande dimension n'excède pas 35 cm. Aux points singuliers, pour les éléments découpés et pour les bâtiments de hauteur supérieure à 40 m, la densité des fixations est augmentée, et dans les zones d'action en rives de bâtiment le nombre de fixations est porté à quatre par panneau ou plaque. Enfin, les enseignes et éléments divers rapportés ne doivent pas être fixés sur le revêtement mais directement sur le support ou sur une ossature intermédiaire.
Tolérances applicables aux ouvrages finis
Sauf indications contraires dans les documents particuliers du marché, deux familles de tolérances s'appliquent. Pour la planéité générale, une règle de 2,00 m équipée de deux cales, appliquée sur le parement et promenée en tous sens, ne doit pas faire apparaître entre le point le plus saillant et le point le plus en retrait un désaffleur supérieur à 5 mm. Les flèches mesurées sous un cordeau de longueur au plus égale à 10,00 m ne doivent pas dépasser 10 mm.
Pour la verticalité, l'écart mesuré sur la hauteur d'un étage courant, inférieur ou égal à 3,00 m, ne doit pas dépasser 5 mm. Pour les bâtiments de hauteur inférieure à 28 m, l'écart de verticalité mesuré sur la hauteur totale du bâtiment ne doit pas dépasser 40 mm ; au-delà de 28 m de hauteur, la tolérance correspondante est celle indiquée par les documents particuliers du marché.
Une note essentielle accompagne ces valeurs : les tolérances de l'article 11 ne peuvent être respectées que dans la mesure où le gros œuvre support est conforme aux indications du paragraphe 5.1.1. Le NF DTU 20.1 est rappelé pour les supports en maçonnerie — les écarts sur la verticalité d'un parement destiné à rester apparent doivent être inférieurs à 1,5 cm sur une hauteur d'étage — et le NF DTU 21 pour les supports en béton, où les écarts sur la verticalité d'une face de poteau sur une hauteur d'étage doivent être au plus égaux à 2 cm, la qualité du parement devant être au moins celle du « parement soigné ».
Le classement de la façade vis-à-vis de l'étanchéité à l'eau et à l'air fait l'objet d'une règle propre : le volume situé à l'arrière du revêtement en pierre mince, en vis-à-vis de la paroi intérieure lourde, étant généralement ventilé, le revêtement n'a pas nécessairement à satisfaire aux performances de perméabilité à l'air ou d'étanchéité à l'eau. La lame d'air ventilée, qui constitue une coupure de capillarité, améliore sensiblement la résistance de la façade à la pénétration des eaux de pluie. L'annexe B guide le choix du type de mur en fonction du site, et le tableau 3 donne les hauteurs réalisables selon le type d'attaches et de mur support.
Erreurs fréquentes sur les revêtements en pierre attachée
La première erreur est de limiter le format des plaques à « 0,5 m² pour 30 mm d'épaisseur ». Le NF DTU 55.2 P1-1 fixe une surface maximale de 1 m² et une plus grande dimension de 1,40 m, dans les deux systèmes agrafes/polochons et attaches sans polochon ; c'est l'épaisseur admissible qui diffère : au plus 60 mm avec polochons, moins de 80 mm sans polochon.
La deuxième erreur porte sur le diamètre des agrafes. Prescrire « Ø 6 à 8 mm, minimum Ø 5 mm » ne correspond pas au texte : le diamètre des fils d'agrafe ne doit pas être inférieur à 4 mm, et les diamètres généralement utilisés sont 4 mm pour une pierre de 20 mm, 5 mm pour 20 à 50 mm et 6 mm pour 50 à 60 mm. Les ergots des attaches sans polochon vont de 4 mm à 8 mm de diamètre, selon la même logique d'épaisseur de pierre.
La troisième erreur consiste à ne prévoir qu'un seul type de joint. Le DTU superpose deux maillages : des joints courants entre plaques — 5 à 10 mm au mortier avec polochons, 6 à 15 mm ouverts ou calfeutrés au mastic sans polochon — et des joints souples de fractionnement, larges d'au moins 10 mm en horizontal et 8 mm en vertical, à prévoir tous les 3 m environ ou à chaque niveau en extérieur, tous les 6 m environ en intérieur, et tous les 8 m environ en vertical, aux angles de façade et à moins de 3 m des extrémités.
La quatrième erreur est de prescrire un système à polochons sur une façade isolée par l'extérieur : ce système n'est admis qu'en l'absence d'une couche d'isolation côté extérieur du mur support. La cinquième est de retenir des tolérances de « désaffleurement entre dalles de ± 2 mm » ou de « largeur de joint à ± 2 mm », qui ne figurent pas dans le texte : les tolérances de l'article 11 portent sur un désaffleur de 5 mm sous la règle de 2 m, une flèche de 10 mm sous cordeau de 10 m, et une verticalité de 5 mm par étage courant et 40 mm sur la hauteur totale pour un bâtiment de moins de 28 m.
Sources officielles et documents liés
Textes de référence : NF DTU 55.2 P1-1 (P 65-202-1-1, décembre 2014, incluant l'amendement A1 d'octobre 2016), NF DTU 55.2 P1-2 (P 65-202-1-2, critères généraux de choix des matériaux) et NF DTU 55.2 P2 (cahier des clauses spéciales), distribués par le CSTB avec l'autorisation de l'AFNOR. Texte remplacé : NF P 65-202-1 (DTU 55.2) d'octobre 2000.
Normes produit et d'essai : NF EN 1469 (produits en pierre naturelle — revêtement mural — exigences, et tolérances sur les trous d'agrafe), NF EN 12372 (résistance à la flexion sous charge centrée), NF EN 13364 (effort de rupture au niveau du goujon de l'agrafe), NF EN 10204 (types de documents de contrôle des produits métalliques).
Textes de calcul : NF EN 1991-1-4 (Eurocode 1, actions du vent) avec son annexe nationale, NF EN 1993-1-1 (Eurocode 3, structures en acier), NF EN 1999 (Eurocode 9, structures en aluminium). Cahiers CSTB cités : n° 1661 (résistance à l'état limite ultime d'une fixation mécanique sur supports de bardage rapporté), n° 1833 (conditions générales d'emploi des systèmes d'isolation thermique par l'extérieur sous Avis Technique), n° 3517 (essais de résistance à la charge due au vent sur bardages rapportés, vêtures et vêtages).
DTU liés : NF DTU 20.1 P1-1, P1-2 et P3 pour les supports en maçonnerie et le classement des situations a, b, c et d, NF DTU 21 pour l'exécution des travaux en béton et la qualité de parement, NF DTU 23.1 pour les murs en béton banché, NF DTU 25.42 pour les doublages et habillages en complexes plaque de plâtre-isolant. L'annexe A normative donne les critères de choix d'un revêtement en pierre et de son système d'attache, et l'annexe B guide le choix du type de mur de façade en fonction du site.
Glossaire NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202)
- Revêtement mural attaché en pierre mince
- Revêtement en plaques de pierre fixées à un support dont la stabilité est assurée par ailleurs. Trois types : attaché par agrafes métalliques et polochons, fixé par attaches métalliques sans polochon, fixé sur une ossature intermédiaire.
- Agrafe
- Fil métallique, fixé par cheville ou scellé dans le support, enrobé dans un polochon et destiné à la fixation de plaques de pierre mince. Diamètre au moins égal à 4 mm ; pénétration minimale de 25 mm dans le chant de la plaque.
- Attache
- Accessoire tel que patte métallique ou goujon, fixé mécaniquement ou scellé dans le support, destiné à la fixation de plaques de pierre mince sans polochon. Elle doit supporter le poids, empêcher le déversement, absorber les déformations différentielles et intervenir dans le comportement aux chocs.
- Polochon
- Plot d'un diamètre d'environ 10 cm, comblant le vide entre la pierre et le support et qui enrobe complètement l'agrafe. Son épaisseur est égale à celle du vide entre la pierre et le support ; il doit recouvrir complètement les scellements lorsqu'ils existent.
- Ergot
- Tige cylindrique métallique de même nature que l'attache, de 4 mm à 8 mm de diamètre, dont la longueur permet une pénétration minimale de 25 mm dans le chant d'une plaque. Simple s'il ne pénètre que dans une plaque, double s'il est commun à deux plaques contiguës.
- Attache en culotte
- Attache placée au dos des plaques, dans des trous borgnes inclinés, lorsque les chants sont vus ou ne peuvent recevoir de dispositif de fixation. Utilisée ponctuellement lorsque l'agrafage dans les chants est impossible.
- Joint souple de fractionnement
- Joint laissé vide ou rempli de mastic, intéressant toute l'épaisseur des plaques, destiné à absorber les déformations différentielles lorsque les joints courants ne le permettent pas. Largeur ≥ 10 mm en horizontal et ≥ 8 mm en vertical, réductible localement à 7 mm et 5 mm au niveau des attaches.
- Situations a, b, c, d
- Classement d'exposition des parois à la pluie et au vent défini, à la date de publication du DTU, dans la partie 3 du NF DTU 20.1. Il conditionne l'admissibilité du système agrafes-polochons et les hauteurs réalisables selon le type d'attache et de mur support (tableau 3).
Questions fréquentes sur NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202)
Qu'est-ce que NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202) ?
NF DTU 55.2 - Revêtements muraux attachés en pierre mince. Le NF DTU 55.2 P1-1 (P 65-202-1-1, décembre 2014, amendement A1 d'octobre 2016) propose les clauses techniques types des revêtements muraux en plaques de pierre mince fixées par attaches à un support en maçonnerie ou en béton, en face vue intérieure ou extérieure de parois verticales. Il distingue trois systèmes — agrafes métalliques et polochons, attaches métalliques sans polochon, fixation sur ossature intermédiaire — et fixe pour chacun les limites d'emploi, le nombre et le dimensionnement des attaches, la géométrie des trous, les largeurs de joints et le maillage des joints souples de fractionnement. Les revêtements scellés en plein, coffrants, les façades inclinées et courbes en sont exclus. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202) ?
Le domaine d'application couvre : Clauses types de spécifications de mise en œuvre des revêtements muraux en plaques de pierre mince, fixées par des attaches à un support en maçonnerie ou en béton dont la stabilité est assurée par ailleurs, destinés à constituer la face vue de parois verticales de bâtiments. Tous bâtiments neufs ou en réhabilitation, quelle que soit leur destination, dans toutes les zones climatiques ou naturelles françaises, DOM compris. Ne vise pas les ouvrages de génie civil, les revêtements scellés en plein, les revêtements coffrants in situ ou en fond de moule de panneaux préfabriqués, les façades inclinées ni les façades courbes. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202) sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Quelle surface et quelle épaisseur maximales pour une plaque de pierre attachée ?
Dans les deux systèmes, la surface maximale des plaques est inférieure ou égale à 1 m² et la plus grande dimension est de 1,40 m. L'épaisseur diffère : inférieure ou égale à 60 mm pour les revêtements attachés par agrafes et polochons, inférieure à 80 mm pour les revêtements fixés par attaches métalliques sans polochon.
Combien d'agrafes ou d'attaches par plaque ?
Quatre. En partie courante, le nombre de points de fixation et le nombre d'agrafes — ou d'attaches — doit être de quatre par plaque, fixées dans les chants horizontaux ou verticaux. Pour les agrafes, celles du chant horizontal supérieur n'assurent qu'une fonction de retenue et celles du chant horizontal inférieur ont une fonction porteuse.
Quel diamètre pour les fils d'agrafe ?
Le diamètre des fils d'agrafe ne doit pas être inférieur à 4 mm. Les diamètres généralement utilisés sont 4 mm pour les pierres d'épaisseur e = 20 mm, 5 mm pour 20 mm < e ≤ 50 mm et 6 mm pour 50 mm < e ≤ 60 mm. Pour les ergots des attaches sans polochon : 4 mm (e = 20 mm), 5 mm (20 < e ≤ 50 mm) et 6 mm (50 < e ≤ 80 mm), la plage générale étant de 4 à 8 mm.
Quelle épaisseur de pierre restante autour d'un trou d'agrafe ?
Au moins 10 mm à ± 1 mm près entre le bord du trou et chacune des deux faces pour les plaques d'épaisseur nominale supérieure ou égale à 30 mm, et au moins 6 mm à ± 1 mm près pour les plaques d'épaisseur nominale 20 mm. L'axe du trou est à mi-épaisseur de la plaque à ± 2 mm, la profondeur de percement est de 30 mm au minimum et supérieure de 5 mm à la longueur de pénétration de l'agrafe.
À quelle distance des angles percer les trous d'agrafe ?
La distance de l'axe aux angles est comprise entre 10 cm et 20 cm et dépend de la longueur l du chant : l/4 à ± 2 cm si l ≤ 60 cm, l/5 à ± 2 cm si 60 cm < l ≤ 100 cm, l/6 à ± 2 cm si l > 100 cm. Les trous sont implantés à l'aide d'un gabarit garantissant leur position par rapport au parement de la plaque.
Quel maillage pour les joints souples de fractionnement ?
Les joints souples horizontaux sont à prévoir tous les 3 m environ, ou tous les niveaux, en extérieur, et tous les 6 m environ en intérieur. Les joints souples verticaux sont à prévoir tous les 8 m environ, aux angles des façades des bâtiments et à moins de 3 m des extrémités. Leur largeur est d'au moins 10 mm en horizontal et 8 mm en vertical, réductible localement à 7 mm et 5 mm au niveau des attaches.
Peut-on poser un revêtement à polochons sur une façade isolée par l'extérieur ?
Non. Le système par agrafes métalliques et polochons n'est admis que si les conditions suivantes sont respectées simultanément, dont l'absence d'une couche d'isolation côté extérieur du mur support, des joints entre pierres remplis au mortier, une hauteur limite de 28 m, une surface de plaque ≤ 1 m², une plus grande dimension de 1,40 m, une épaisseur ≤ 60 mm et une distance de 2 à 5 cm entre la face arrière de la plaque et le support.
Quelle lame d'air derrière un revêtement en pierre attachée ?
Une lame d'air ventilée est ménagée entre le revêtement et le support ou entre le revêtement et la couche intermédiaire. En présence d'isolation extérieure, l'isolant est fixé sur le support en maintenant une lame d'air d'épaisseur supérieure ou égale à 2 cm entre l'isolant et le revêtement. Pour les attaches sans polochon, une lame d'air ventilée d'au moins 2 cm est ménagée entre le dos de la pierre et le support ou l'isolant. Pour les agrafes et polochons, la distance entre la face arrière de la plaque et le support est comprise entre 2 cm et 5 cm.
Quelles sont les tolérances de l'ouvrage fini ?
Planéité générale : une règle de 2,00 m équipée de deux cales, promenée en tous sens sur le parement, ne doit pas faire apparaître un désaffleur supérieur à 5 mm entre le point le plus saillant et le point le plus en retrait ; les flèches sous un cordeau de longueur au plus égale à 10,00 m ne doivent pas dépasser 10 mm. Verticalité : écart ≤ 5 mm sur la hauteur d'un étage courant (≤ 3,00 m) et ≤ 40 mm sur la hauteur totale pour les bâtiments de moins de 28 m ; au-delà, la tolérance est celle des DPM.
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Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024
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NF DTU 55.2 P1-1 / P1-2 / P2 (P 65-202) - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. pierre, revêtement mural, pierre mince, agrafe, polochon, attache, ergot, façade, lame d'air, joint souple, P 65-202, NF EN 1469.