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Document Technique Unifié
NF DTU 25.42

NF DTU 25.42 - Ouvrages de doublage et habillage en complexes et sandwiches plaques de parement en plâtre et isolant

Le NF DTU 25.42, publié le 20 décembre 2012 et amendé en avril 2026, encadre la pose des doublages isolants intérieurs — complexes plaque de parement en plâtre + isolant, collés ou sur ossature — et des panneaux sandwiches, en isolation thermique et/ou acoustique par l'intérieur. Il fixe les produits admis, les épaisseurs maximales d'isolant, le traitement de la perméabilité à l'air, les points singuliers en pied de mur et en tableau de baie, et les tolérances de planéité et d'aplomb. Un plot de collage mal réparti, une lame d'air en communication avec le volume chauffé ou un pied de doublage non calfeutré provoquent condensation, moisissures et déperditions accrues en façade.

Domaine d'application

Ouvrages intérieurs fixes de doublage de murs et d'habillage vertical, horizontal ou incliné en complexes et sandwiches plaque de parement en plâtre + isolant — bâtiments d'habitation, ERP et immeubles de bureaux, locaux classés EA, EB et EB+ privatifs

Mis à jour le 15 janvier 2024
Applicable depuis le 20 décembre 2012
doublage
isolation
plaque de plâtre
complexe
collé
sandwich
ITI
NF DTU 25.42
perméabilité à l'air
EB+ privatif

Règles principales

Complexe certifié ACERMI

Obligatoire

Plaque BA13 + isolant PSE ou laine minérale. R thermique certifié. Classement ISOLE. Pose selon Avis Technique

Références : Article 4.1

Support conforme au collage

Obligatoire

Mur plan (± 10 mm/2m), propre, non friable. Pas de remontées capillaires. Traitement anti-humidité si nécessaire

Références : Article 5.1

Collage par plots MAP

Obligatoire

Plots Ø 10-15 cm, entraxe 40 cm maxi. 1 plot/0,12 m² minimum. Épaisseur 10-30 mm selon planéité. Réglage avant prise

Références : Article 5.3

Traitement des jonctions

Obligatoire

Joint vertical entre complexes (laine ou mousse). Retour d'isolation aux tableaux. Liaison avec plancher et plafond

Références : Article 5.4

Tolérances d'exécution

Paramètre Tolérance Conditions
Planéité support ± 10 mm sous règle 2 m Pour collage direct
Planéité finie ± 5 mm sous règle 2 m Après pose complexe
Entraxe plots ≤ 40 cm Vertical et horizontal

Dimensions réglementaires

Épaisseur isolant PSE

Dimension : 40-120 mm
Minimum : 40 mm

Selon R visé

R thermique mini — critère CEE BAR-EN-102

Dimension : ≥ 3,7 m².K/W
Minimum : 3,7

Isolation des murs par l'intérieur (fiche CEE, hors DTU)

Épaisseur colle plots

Dimension : 10-30 mm
Minimum : 10 mm

Selon planéité

Hauteur max sans renfort

Dimension : 3,00 m
Minimum : -

Épaisseur ≤ 100 mm

Comprendre NF DTU 25.42

Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.

Pour NF DTU 25.42, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.

Qui est concerné ?

Le domaine d'application de NF DTU 25.42 couvre : Ouvrages intérieurs fixes de doublage de murs et d'habillage vertical, horizontal ou incliné en complexes et sandwiches plaque de parement en plâtre + isolant — bâtiments d'habitation, ERP et immeubles de bureaux, locaux classés EA, EB et EB+ privatifs. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.

Progineer et la conformité document technique unifié

Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.

Tout savoir sur NF DTU 25.42

Le NF DTU 25.42 « Travaux de bâtiment — Ouvrages de doublage et habillage en complexes et sandwiches plaques de parement en plâtre et isolant » est le document technique unifié qui régit l'isolation thermique par l'intérieur réalisée avec des complexes de doublage. Ses parties 1-1 et 1-2 ont été publiées le 20 décembre 2012 et ont remplacé la norme NF P 72-204-1 (DTU 25.42) de mai 1993 et son amendement A1 de février 2003. L'édition courante diffusée par le CSTB intègre les amendements A1 d'avril 2026 aux parties P1-1 et P1-2.

Un complexe de doublage est un produit industriel : une plaque de parement en plâtre contrecollée en usine sur un isolant (polystyrène expansé, polystyrène extrudé, mousse de polyuréthane ou laine minérale). Il se pose soit par collage au mortier adhésif directement sur le mur support, soit par fixation mécanique sur une ossature métallique ou bois. Le panneau sandwich, également visé par le DTU, comporte quant à lui un parement sur chacune de ses faces.

Le domaine du NF DTU 25.42 couvre les bâtiments d'habitation, les établissements recevant du public et les immeubles de bureaux, pour les locaux classés EA, EB et EB+ privatifs au sens du Cahier du CSTB n° 3567. Il ne vise que des ouvrages intérieurs fixes, verticaux, horizontaux ou inclinés, destinés à l'isolation thermique et/ou acoustique de l'enveloppe.

C'est un DTU stratégique en rénovation énergétique : le doublage collé est la solution d'ITI la plus répandue en logement, et c'est aussi la source la plus fréquente de désordres invisibles à la réception — lame d'air en communication avec le volume chauffé, pied de doublage humide, pont thermique en tableau de baie. Sa lecture est indispensable au maître d'œuvre, au plaquiste, au bureau d'études thermique et au diagnostiqueur d'étanchéité à l'air.

Comprendre en détail NF DTU 25.42

Les trois parties du NF DTU 25.42 et l'amendement A1 d'avril 2026

Le NF DTU 25.42 se compose de trois documents. La partie 1-1 (CCT — Cahier des Clauses Techniques types) fixe les conditions d'exécution : réception du support, mise en œuvre par collage ou sur ossature, traitement des joints, points singuliers et tolérances. La partie 1-2 (CGM — Critères Généraux de choix des Matériaux) définit les produits utilisables : plaques de parement, isolants, mortiers adhésifs, enduits et bandes. La partie 2 (CCS) fixe les clauses administratives spéciales des marchés privés.

Les parties P1-1 et P1-2 de décembre 2012 ont fait l'objet d'amendements A1 publiés en avril 2026. Ces amendements élargissent le domaine d'application aux zones très froides et aux départements et régions d'outre-mer, à l'exception des zones situées au-dessus de 400 m d'altitude à La Réunion, et relèvent les épaisseurs maximales d'isolant admises.

L'amendement introduit également une évolution de mise en œuvre au droit des baies vitrées : l'isolant doit désormais être chanfreiné pour faciliter sa mise en place à la jonction avec les menuiseries. Cette disposition répond directement au défaut le plus courant du doublage collé — le retour d'isolation en tableau bâclé, qui crée un pont thermique linéique et un point de condensation en angle de baie.

Classement des locaux EA, EB et EB+ privatifs (Cahier CSTB 3567)

Le NF DTU 25.42 ne s'applique qu'aux locaux classés EA, EB et EB+ privatifs selon le Cahier du CSTB n° 3567. Le classement EA correspond aux locaux secs (séjour, chambre, bureau, circulation). Le classement EB correspond aux locaux à hygrométrie faible ou moyenne présentant des projections d'eau limitées, typiquement une cuisine domestique ou un cellier.

Le classement EB+ privatif correspond aux locaux humides à usage privatif : salle de bains et salle d'eau de logement. Dans ces locaux, le parement des complexes doit être hydrofugé H1. Cette exigence vaut pour la totalité du parement du doublage concerné, pas seulement pour la zone d'aspersion.

Les locaux EB+ collectifs et EC (locaux très humides, cuisines collectives, sanitaires publics, locaux industriels humides) sont hors du domaine du NF DTU 25.42 : ils relèvent d'autres solutions constructives, généralement sous Avis Technique. Vérifier le classement du local avant de prescrire un doublage collé est la première étape de tout CCTP de plâtrerie.

Produits admis, plaques de parement et certifications

Le NF DTU 25.42 vise quatre familles de produits : les complexes de doublage (isolant contrecollé sur une plaque de plâtre), les mortiers colles, les enduits et bandes papier, et les panneaux sandwiches. Les plaques de parement retenues sont des plaques de types A (standard), H1 (hydrofugée) et I (haute dureté), d'épaisseurs comprises entre 9,5 et 18 mm.

Les isolants sont classés en deux familles : la classe 1 regroupe le polystyrène expansé, la mousse de polyuréthane et le polystyrène extrudé ; la classe 2 regroupe les laines minérales. Cette distinction n'est pas anodine : elle commande le mode d'encollage, la possibilité de découpe pour incorporation et la réaction au feu du système.

Côté qualité produit, il convient d'employer exclusivement des produits certifiés conformes au CGM du DTU : marque NF pour les plaques de plâtre et les ossatures métalliques, certification ACERMI pour les isolants, certification CSTBat pour les bandes, les enduits et les complexes de doublage — ou toute certification équivalente. En phase ACT, c'est le certificat en cours de validité qui est demandé, pas la simple mention « conforme NF » sur un devis.

Le NF DTU 25.42 impose enfin une contrainte de calendrier de chantier souvent négligée : les travaux ne doivent être entrepris que si les locaux sont clos et couverts, si les menuiseries sont posées et vitrées, si les enduits extérieurs sont réalisés et si les accès sont sécurisés. Poser un doublage dans un bâtiment non hors d'eau expose à un piégeage d'humidité entre le mur et l'isolant, irréversible une fois le parement fermé.

Épaisseurs d'isolant admises : avant et après l'amendement A1

Dans la version de décembre 2012, les épaisseurs maximales d'isolant en complexe de doublage sont de 140 mm pour le polystyrène expansé standard et le polystyrène expansé élastifié, et de 120 mm pour la mousse de polyuréthane, le polystyrène extrudé et les laines minérales. Ces plafonds sont des limites de domaine d'application : au-delà, le complexe sort du DTU et relève d'un Avis Technique.

L'amendement A1 d'avril 2026 relève ces plafonds pour répondre aux exigences thermiques de la RE2020 : l'épaisseur maximale admise passe de 140 à 160 mm pour le polystyrène expansé, et de 120 à 140 mm pour la mousse de polyuréthane. C'est la première évolution de fond de ce DTU depuis 2012.

En pratique, c'est l'épaisseur qui pilote la résistance thermique R du doublage, et donc l'atteinte de la performance visée sur le poste « murs en contact avec l'extérieur ». Le maître d'œuvre doit donc arbitrer très tôt entre performance thermique et perte de surface habitable : passer de 100 à 160 mm d'isolant sur les murs de façade d'un T3 représente plusieurs mètres carrés perdus, ce qui doit être annoncé et validé par le maître d'ouvrage avant le dépôt du dossier.

Pose collée : réception du support et répartition des plots

La pose collée concerne les complexes dont l'isolant est compatible avec le collage au mortier adhésif. Le support doit être sain, dépoussiéré, dégraissé, exempt d'huile de décoffrage et sans ressuage d'humidité. Sa géométrie conditionne la faisabilité du collage : les irrégularités et désaffleurements du support ne doivent pas excéder 1,5 cm sous la règle de 2 m. Au-delà, le doublage collé est proscrit et la pose sur ossature s'impose.

La disposition des plots de mortier adhésif est décrite par les fiches techniques des fabricants de mortier colle, qui déclarent leur produit conforme aux NF DTU 25.41 et 25.42. Sur isolants alvéolaires de type polystyrène expansé, la règle courante est celle de plots de 15 cm de diamètre espacés de 30 cm horizontalement et de 40 cm verticalement, soit environ 28 plots pour une plaque de 250 × 120 cm — les guides de mise en œuvre retenant un minimum de l'ordre de 10 plots par mètre carré.

Le mode d'encollage varie selon l'isolant. Sur polyuréthane ou polystyrène extrudé, une scarification préalable à l'endroit des plots est nécessaire pour assurer l'accrochage. Sur isolants fibreux (laine de verre, laine de roche), on réalise d'abord une passe d'imprégnation au mortier dilué appliquée en bandes d'environ 10 cm de large, puis on dispose les plots comme sur le polystyrène expansé. Le panneau est ensuite appliqué contre le mur et dressé à la règle avant prise du mortier.

Sur supports anciens, un décapage complet ou l'emploi d'un gabarit à l'endroit des plots est prévu avant application du mortier, et la cohésion du support doit être vérifiée : un doublage collé sur une peinture écaillée ou un enduit non cohésif se décolle en bloc quelques mois plus tard, généralement en pied de mur.

Pose sur ossature : quand le collage n'est pas possible

Lorsque le support ne satisfait pas aux exigences de planéité, qu'il présente des remontées d'humidité ou que l'épaisseur du complexe l'impose, la mise en œuvre se fait par fixation mécanique sur ossature. Le DTU vise cette technique pour les complexes jusqu'à 8 cm d'épaisseur, l'ossature métallique ou bois étant disposée perpendiculairement ou parallèlement au support selon la configuration.

L'ossature crée une lame d'air continue entre le mur et le complexe. Cette lame d'air est un avantage sur un mur ancien à comportement hygroscopique — elle permet le séchage du support — mais elle devient un défaut majeur si elle communique avec le volume chauffé : elle génère alors un flux d'air parasite, un déclassement de la perméabilité à l'air du bâtiment et un risque de condensation en tête de doublage.

Le choix entre collage et ossature n'est donc pas seulement économique : sur mur ancien en pierre ou en pisé, la pose sur ossature avec lame d'air ventilée sur l'extérieur est souvent la seule solution acceptable, tandis que le doublage collé étanche à un mur perspirant conduit à des désordres d'humidité. Ce choix se tranche au stade de la conception, après diagnostic du mur, pas sur le chantier.

Étanchéité à l'air : le point le plus critique du doublage

Le NF DTU 25.42 précise les dispositions de traitement de la perméabilité à l'air permettant d'empêcher les échanges entre la lame d'air due aux plots de collage et le volume chauffé. C'est LA prescription structurante du doublage collé : entre les plots de mortier, il subsiste une lame d'air continue derrière le complexe. Si cette lame communique avec l'intérieur — au droit d'une boîte électrique, d'une saignée, d'un pied de doublage ou d'un raccord au plafond — le doublage devient une gaine de circulation d'air non maîtrisée.

Les conséquences sont doubles. Sur le plan énergétique, elle dégrade la valeur Q4Pa-surf mesurée au test d'infiltrométrie et peut faire échouer la vérification exigée en RE2020. Sur le plan pathologique, l'air intérieur chaud et humide circulant derrière l'isolant condense au contact du mur froid, ce qui produit des moisissures qui n'apparaissent qu'à la dépose du doublage, plusieurs années après.

Le traitement se joue sur quatre points : le raccord au plancher bas, le raccord au plafond, les tableaux de baie, et toutes les incorporations électriques. Une attention particulière est requise lors de la mise en œuvre pour préserver la continuité de l'étanchéité à l'air et à l'eau, notamment au raccordement du complexe avec les menuiseries extérieures, dont la stabilité doit être assurée indépendamment du doublage.

Incorporations et traversées : trois solutions seulement

Afin de ne pas détériorer l'isolation thermique et acoustique et d'éviter l'augmentation de la perméabilité à l'air, le NF DTU 25.42 n'admet que trois solutions pour les incorporations et traversées. La première est le passage en encastré dans la paroi support, sans en endommager la structure — c'est-à-dire une saignée réalisée dans le mur, pas dans l'isolant. La deuxième est le passage en apparent, sur le parement fini.

La troisième est le passage des gaines verticales dans l'isolant côté chaud, au moyen d'un thermo-furet passé entre la plaque et l'isolant, côté plaque. Cette technique préserve la continuité de l'isolant et ne crée pas de communication entre la lame d'air et le volume chauffé.

Lorsqu'aucune de ces solutions n'est praticable, le DTU tolère une découpe de l'isolant limitée à 16 mm pour les laines minérales et le polyuréthane. Pour le polystyrène expansé, la découpe doit être réalisée avec un appareil spécifique (fil chaud). La pratique de chantier consistant à creuser l'isolant au couteau sur toute son épaisseur pour y loger une gaine ou une boîte d'encastrement est donc explicitement hors DTU.

Points singuliers : pied de mur, locaux humides et ERP

En pied de doublage, sur sol brut comme sur sol fini, un joint souple après calfeutrement doit être mis en place en périphérie du local dans les locaux EB+ privatifs. Cette disposition remplit deux fonctions : elle coupe le chemin d'air entre la lame d'air du doublage et le volume habité, et elle évite la remontée capillaire de l'eau de lavage dans le bas de l'isolant et du parement.

Dans les locaux humides, la protection à l'humidité du bas du doublage doit remonter au moins 2 cm au-dessus du niveau du sol fini. C'est un point à vérifier avant la pose du revêtement de sol : une fois la plinthe et le carrelage posés, la reprise est impossible sans dépose.

Dans les établissements recevant du public, le NF DTU 25.42 admet les parements BA10 avec les isolants en laine minérale, et les parements BA13 avec les autres isolants. Cette distinction, liée au comportement au feu du système complet, est régulièrement ignorée sur les chantiers tertiaires où le BA10 est parfois généralisé pour des raisons de coût.

Tolérances de planéité et d'aplomb à la réception

Les tolérances géométriques du doublage sont alignées sur celles des cloisons du NF DTU 25.41 : planéité locale de 1 mm sous la règle de 0,20 m, planéité générale de 5 mm sous la règle de 2 m, et faux aplomb inférieur à 5 mm sur une hauteur d'étage. Pour les ouvrages horizontaux, l'horizontalité est de 3 mm par mètre sans dépasser 2 cm au total.

La planéité locale de 1 mm sous 20 cm est le critère qui sanctionne les joints mal traités et les bourrelets d'enduit : c'est celui qui se voit en lumière rasante, et c'est presque toujours le motif des réserves formulées par les acquéreurs à la livraison d'un logement neuf. Le contrôle se fait en lumière rasante, avec règle et réglet, avant application du revêtement de finition.

L'application des revêtements de finition ne doit intervenir qu'après un séchage suffisant des joints — les guides professionnels retiennent un minimum de 7 jours de séchage en ambiance naturelle — et les produits d'enduit ne doivent pas être mis en œuvre à des températures inférieures à 5 °C. Peindre trop tôt sur un joint non sec produit des auréoles et des faïençages qui réapparaissent après chaque cycle de chauffe.

Erreurs fréquentes de chantier sur les doublages collés

La première erreur est le collage sur un support hors tolérance. Au-delà de 1,5 cm d'irrégularité sous la règle de 2 m, l'épaisseur de mortier nécessaire au rattrapage devient telle que le plot ne fait plus prise correctement : le doublage sonne creux et se décolle. La solution n'est pas d'ajouter du mortier mais de basculer sur une pose sur ossature.

La deuxième est le sous-dosage en plots. Réduire le nombre de plots pour aller plus vite est invisible à la réception et se paye par un manque de tenue aux chocs, un effet tambour acoustique et, à terme, un décollement. Le comptage des plots au mètre carré est un point de contrôle simple à réaliser avant fermeture d'un mur.

La troisième est l'entaille de l'isolant pour loger des gaines et des boîtes d'encastrement sur toute son épaisseur. Elle crée à la fois un pont thermique ponctuel, une amorce de condensation et une communication directe entre la lame d'air et le volume chauffé — le triptyque exact que le DTU cherche à empêcher.

La quatrième est le pied de doublage laissé ouvert sur le sol brut, sans joint souple ni calfeutrement, souvent parce que la chape n'était pas coulée au moment de la pose. C'est le défaut d'étanchéité à l'air le plus courant en logement neuf, et celui qui pèse le plus lourd au test d'infiltrométrie. La cinquième, enfin, est le retour d'isolation en tableau de baie absent ou réduit à quelques centimètres, que l'amendement A1 d'avril 2026 vient précisément traiter en imposant le chanfreinage de l'isolant à la jonction avec les menuiseries.

Sources officielles et documents liés au NF DTU 25.42

Le texte normatif de référence est le NF DTU 25.42 P1-1, P1-2 et P2, parties 1-1 et 1-2 publiées le 20 décembre 2012 (indice de classement P 72-204), avec amendements A1 d'avril 2026, diffusé par le CSTB et l'AFNOR (norminfo.afnor.org, boutique.cstb.fr). Il remplace la norme NF P 72-204-1 (DTU 25.42) de mai 1993 et son amendement A1 de février 2003.

Le classement des locaux selon l'exposition à l'humidité est défini par le Cahier du CSTB n° 3567. Les documents de synthèse professionnels utiles sont le guide NF DTU 25.41 et 25.42 publié par la CAPEB et Les Industries du Plâtre (lesindustriesduplatre.org) et les actualités techniques de la FFB Bâtiment (ffbatiment.fr) sur la révision du DTU. Les dispositions de collage par plots figurent dans les fiches techniques des fabricants de mortier adhésif, qui déclarent la conformité de leur produit aux NF DTU 25.41 et 25.42.

Les DTU connexes à mobiliser sur une opération d'isolation par l'intérieur sont le NF DTU 25.41 (ouvrages en plaques de parement en plâtre), le NF DTU 25.1 (enduits intérieurs en plâtre), le NF DTU 25.31 (ouvrages verticaux en carreaux de plâtre) et le NF DTU 59.1 (travaux de peinture) pour les conditions de réception du subjectile avant finition.

Glossaire NF DTU 25.42

Complexe de doublage
Produit industriel constitué d'une plaque de parement en plâtre contrecollée en usine sur un isolant (PSE, XPS, PU ou laine minérale). Il se pose par collage au mortier adhésif ou par fixation mécanique sur ossature.
Panneau sandwich
Ouvrage également visé par le NF DTU 25.42, comportant un parement en plaque de plâtre sur chacune de ses deux faces avec un isolant intermédiaire.
Locaux EA / EB / EB+ privatifs
Classement d'exposition à l'humidité selon le Cahier du CSTB n° 3567. EA : locaux secs. EB : hygrométrie faible ou moyenne avec projections limitées. EB+ privatif : locaux humides à usage privatif (salle de bains de logement), imposant un parement hydrofugé H1.
Plaque H1
Plaque de parement en plâtre hydrofugée, à absorption d'eau réduite. Obligatoire en parement de doublage dans les locaux EB+ privatifs selon le NF DTU 25.42.
Isolant de classe 1 / classe 2
Classe 1 : polystyrène expansé, mousse de polyuréthane, polystyrène extrudé. Classe 2 : laines minérales. Cette distinction commande le mode d'encollage et les possibilités de découpe pour incorporation.
Thermo-furet
Outil permettant de faire cheminer une gaine verticale entre la plaque et l'isolant, côté plaque et côté chaud, sans découper l'isolant. C'est la seule technique admise par le DTU pour un passage vertical dans l'épaisseur du doublage.
Lame d'air de collage
Espace résiduel entre le mur support et le complexe, subsistant entre les plots de mortier adhésif. Le NF DTU 25.42 impose de traiter la perméabilité à l'air pour empêcher tout échange entre cette lame d'air et le volume chauffé.
Planéité locale et générale
Deux critères de réception distincts : la planéité locale se mesure à la règle de 0,20 m (tolérance 1 mm) et sanctionne les défauts de joint ; la planéité générale se mesure à la règle de 2 m (tolérance 5 mm) et sanctionne la géométrie d'ensemble.
Certification CSTBat
Certification délivrée par le CSTB, applicable notamment aux bandes, aux enduits et aux complexes de doublage. Elle atteste la conformité aux critères du CGM du DTU, au même titre que la marque NF pour les plaques et ACERMI pour les isolants.

Questions fréquentes sur NF DTU 25.42

Qu'est-ce que NF DTU 25.42 ?

NF DTU 25.42 - Ouvrages de doublage et habillage en complexes et sandwiches plaques de parement en plâtre et isolant. Le NF DTU 25.42, publié le 20 décembre 2012 et amendé en avril 2026, encadre la pose des doublages isolants intérieurs — complexes plaque de parement en plâtre + isolant, collés ou sur ossature — et des panneaux sandwiches, en isolation thermique et/ou acoustique par l'intérieur. Il fixe les produits admis, les épaisseurs maximales d'isolant, le traitement de la perméabilité à l'air, les points singuliers en pied de mur et en tableau de baie, et les tolérances de planéité et d'aplomb. Un plot de collage mal réparti, une lame d'air en communication avec le volume chauffé ou un pied de doublage non calfeutré provoquent condensation, moisissures et déperditions accrues en façade. Ce document relève de documents techniques unifiés.

Quels projets sont concernés par NF DTU 25.42 ?

Le domaine d'application couvre : Ouvrages intérieurs fixes de doublage de murs et d'habillage vertical, horizontal ou incliné en complexes et sandwiches plaque de parement en plâtre + isolant — bâtiments d'habitation, ERP et immeubles de bureaux, locaux classés EA, EB et EB+ privatifs. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.

Comment garantir la conformité à NF DTU 25.42 sur un projet ?

En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.

Quelle est la version en vigueur du NF DTU 25.42 ?

Les parties P1-1 et P1-2 ont été publiées le 20 décembre 2012 (indice de classement P 72-204) et remplacent NF P 72-204-1 de mai 1993 et son amendement A1 de février 2003. Elles ont été complétées par des amendements A1 publiés en avril 2026, qui élargissent le domaine d'application et relèvent les épaisseurs maximales d'isolant.

Quelle épaisseur maximale d'isolant pour un complexe de doublage ?

Dans la version de décembre 2012 : 140 mm pour le polystyrène expansé standard et élastifié, 120 mm pour la mousse de polyuréthane, le polystyrène extrudé et les laines minérales. L'amendement A1 d'avril 2026 porte le polystyrène expansé à 160 mm et la mousse de polyuréthane à 140 mm. Au-delà de ces valeurs, le complexe sort du domaine du DTU et relève d'un Avis Technique.

Quelle planéité de support faut-il pour coller un doublage ?

Les irrégularités et désaffleurements du support ne doivent pas excéder 1,5 cm sous la règle de 2 m. Au-delà, le collage par plots est proscrit : l'épaisseur de mortier nécessaire au rattrapage empêche une prise correcte du plot. La solution est alors la pose sur ossature métallique ou bois.

Peut-on entailler l'isolant du doublage pour passer une gaine électrique ?

Non, pas sur toute son épaisseur. Le NF DTU 25.42 n'admet que trois solutions : le passage encastré dans la paroi support, le passage en apparent, ou le passage des gaines verticales dans l'isolant côté chaud au moyen d'un thermo-furet entre plaque et isolant. À défaut d'autre solution, une découpe limitée à 16 mm est tolérée pour les laines minérales et le polyuréthane ; pour le polystyrène expansé, la découpe se fait avec un appareil spécifique.

Quelles tolérances de planéité pour un doublage réceptionné ?

Planéité locale : 1 mm sous la règle de 0,20 m. Planéité générale : 5 mm sous la règle de 2 m. Faux aplomb : moins de 5 mm sur une hauteur d'étage. Pour les ouvrages horizontaux, l'horizontalité est de 3 mm par mètre sans dépasser 2 cm. Le contrôle se fait en lumière rasante avant application du revêtement de finition.

Le NF DTU 25.42 s'applique-t-il à une salle de bains ?

Oui, pour une salle de bains de logement, classée EB+ privatif au sens du Cahier du CSTB n° 3567. Le parement des complexes doit alors être hydrofugé H1, un joint souple après calfeutrement doit être mis en place en périphérie du local sur sol brut ou fini, et la protection à l'humidité du bas du doublage doit remonter au moins 2 cm au-dessus du sol fini. Les locaux EB+ collectifs et EC sont hors domaine.

Pourquoi un doublage collé peut-il faire échouer un test d'infiltrométrie ?

Parce qu'entre les plots de mortier subsiste une lame d'air continue derrière le complexe. Si elle communique avec le volume chauffé — pied de doublage non calfeutré, boîte électrique encastrée dans l'isolant, raccord au plafond ouvert — elle devient un chemin de fuite. Le NF DTU 25.42 impose précisément de traiter cette perméabilité à l'air pour empêcher les échanges entre la lame d'air de collage et le volume chauffé.

Quels parements sont admis en ERP selon le NF DTU 25.42 ?

Dans les établissements recevant du public, sont admis les parements BA10 avec les isolants en laines minérales, et les parements BA13 avec les autres isolants. Cette distinction est liée au comportement au feu du système complet et doit être reprise explicitement au CCTP d'un chantier tertiaire ou ERP.

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NF DTU 25.41 - Ouvrages en plaques de plâtre à faces cartonnées

Le NF DTU 25.41 P1-1 (février 2022, indice de classement P 72-203-1-1) fixe les clauses types de mise en œuvre des ouvrages verticaux et horizontaux en plaques de plâtre à faces cartonnées : cloisons de distribution, contre-cloisons, habillages, plafonds, parois de gaines techniques et cloisons alvéolaires. Il encadre le dimensionnement (stabilité, résistance aux chocs de 60 à 240 J, résistance au vent), les entraxes d'ossature (0,30 / 0,40 / 0,60 m pour les plaques de 1,20 m), la longueur et l'implantation des vis, le traitement des joints, les dispositions particulières en locaux humides EB et EB+, et les caractéristiques de l'ouvrage fini (planéité locale 1 mm sous la règle de 0,20 m, planéité générale 5 mm sous la règle de 2 m, faux aplomb 5 mm par étage). Un entraxe d'ossature non tenu, une vis trop courte, un jeu de pied supprimé ou un calfeutrement de rail bas oublié en salle d'eau produisent fissuration des joints, épaufrures et dégradation des plaques par remontée d'eau.

NF DTU 25.1 - Travaux d'enduits intérieurs en plâtre

Le NF DTU 25.1 P1-1 (novembre 2010, indice de classement P 71-201-1-1) propose les clauses de spécifications de mise en œuvre types pour les marchés d'enduits en plâtre réalisés manuellement ou par projection mécanique, à l'intérieur des bâtiments. Il ne s'applique qu'aux locaux fermés classés EA, EB et EB+ privatifs au sens du cahier CSTB 3567 de mai 2006. Il fixe l'état des supports admissibles, les travaux préparatoires (surcharges locales, dégrossi, armatures), les rapports de gâchage, les épaisseurs théoriques (8 mm sans nu ni repère, 12 mm sur nus et repères), les tolérances de planéité et de verticalité, et surtout la dureté Shore C de l'enduit fini, seul critère mécanique opposable de la norme. Une application sur support gelé, un plâtre rebattu après prise ou un enduit trop mince sur une jonction de matériaux différents produisent fissuration, faïençage et duretés hors spécification.

NF DTU 59.1 - Revêtements de peinture en feuil mince, semi-épais ou épais

Le NF DTU 59.1 (juin 2013, indices P 74-201-1-1, P 74-201-1-2 et P 74-201-2) est la norme des travaux de revêtements de peinture, intérieurs et extérieurs, sur supports neufs comme sur anciens fonds. Il définit trois états de finition — C, B et A — la finition B étant retenue par défaut en l'absence de précision aux Documents Particuliers du Marché. Il fixe les conditions minimales d'intervention (5 à 35 °C et ≤ 80 % HR en extérieur, 8 à 35 °C et < 70 % HR en intérieur), les seuils d'humidité, de dureté SHORE C et de pH par nature de subjectile, et les méthodes de contrôle en réception.

NF DTU 26.1 — Travaux d'enduits de mortiers

Le NF DTU 26.1 (P1-1 cahier des clauses techniques, indice de classement P 15-201-1-1, avril 2008 ; P1-2 critères généraux de choix des matériaux ; P2 cahier des clauses spéciales) définit les règles de préparation et d'exécution des enduits épais en mortier de ciments, de chaux hydrauliques, de chaux aérienne et de mélange plâtre-chaux aérienne. Il couvre les maçonneries neuves et anciennes, le béton, le béton cellulaire autoclavé, les lattis métalliques et les maçonneries à pierres vues, et fixe les conditions climatiques d'application (+5 à +30 °C avec liant hydraulique, +8 à +30 °C pour les mortiers exclusivement à la chaux), les délais entre couches, les dosages de recette, les épaisseurs d'imperméabilisation et les tolérances de réception. Il ne traite ni les enduits minces de ragréage ou de lissage d'épaisseur inférieure ou égale à 5 mm, ni les enduits d'étanchéité et de cuvelage. Un dosage trop riche en liant hydraulique sur un support peu résistant, ou une finition plus dosée que le corps d'enduit, provoquent faïençage, décollement et sonnage creux.

NF DTU 26.2 - Chapes et dalles à base de liants hydrauliques

Le NF DTU 26.2 P1-1 (avril 2008, indice de classement P 14-201-1-1, Amendement A1 de mai 2015 inclus) fixe les clauses techniques d'exécution des chapes et dalles non structurelles à base de liants hydrauliques dans les locaux intérieurs, posées soit directement sur le support, soit avec interposition d'une couche de désolidarisation ou d'une sous-couche isolante. Il classe les supports admissibles par âge minimal et par type de planéité (I à IV), fixe les épaisseurs — 3 cm minimum pour une chape adhérente, 5 cm pour une dalle adhérente, 5 ou 6 cm nominaux en pose désolidarisée ou flottante selon la sollicitation du local —, les règles de fractionnement (25, 40 ou 60 m² selon le cas, et au plus tous les 8 m linéaires), les tolérances de l'ouvrage fini (5 mm sous la règle de 2 m, 2 mm sous le réglet de 0,20 m) et les délais de livraison aux autres corps d'état. Une épaisseur locale insuffisante, une bande périphérique oubliée ou un fractionnement absent produisent tuilage, fissuration et décollement du revêtement de sol.

NF DTU 24.2 — Travaux d'âtrerie : âtres, appareils à foyer ouvert et inserts

Le NF DTU 24.2 (P 51-202-1-1 pour le cahier des clauses techniques, P 51-202-1-2 pour les critères généraux de choix des matériaux) définit les conditions d'exécution des travaux d'âtrerie : âtres construits sur site, appareils à foyers ouverts industrialisés et inserts. Il impose une amenée d'air comburant d'au moins le quart de la section du conduit de fumée avec un minimum de 200 cm², un conduit de fumée individuel dont la plus petite dimension nominale ne descend pas sous 180 mm sauf note de calcul NF EN 13384-1, une protection des parois d'adossement d'une résistance thermique minimale de 0,7 m².K/W à 50 °C, et il proscrit tout clapet de tirage sur le conduit de raccordement.

Informations

Référence NF DTU 25.42
Type Document Technique Unifié
Catégorie Documents Techniques Unifiés
Accès Gratuit
En vigueur depuis 20 décembre 2012

Dernière mise à jour

Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024

Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.

NF DTU 25.42 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. doublage, isolation, plaque de plâtre, complexe, collé, sandwich, ITI, NF DTU 25.42, perméabilité à l'air, EB+ privatif.

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