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eurocodes 🟡 Intermédiaire 10 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul charges neige EC1 — Surcharges toiture

Calcul des charges de neige sur toiture selon Eurocode 1 (NF EN 1991-1-3/NA:2007 de mai 2007). Ce calcul intègre le coefficient de forme de la toiture, la zone climatique, l'altitude et la charge de neige caractéristique sk. Permet de dimensionner la structure porteuse et de vérifier la conformité aux exigences réglementaires.

Eurocode 1 EC1 neige charges toiture surcharges climatiques
m
°

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Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Zone de neige Zone de neige
Altitude du site m Altitude du site
Pente de toiture ° Pente de toiture
Forme de toiture Forme de toiture
Coefficient d'exposition Ce Coefficient d'exposition Ce

Comprendre cet outil

Les Eurocodes (EN 1990 à EN 1999) constituent le référentiel européen de dimensionnement des structures : actions, béton, acier, bois, géotechnique et parasismique.

Calcul charges neige EC1 — Surcharges toiture donne une approche dimensionnelle de premier ordre. Tout ouvrage doit être validé par un calcul complet d'un bureau d'études structure intégrant combinaisons d'actions, hypothèses de sol et zone sismique.

Progineer et votre projet

Progineer coordonne le bureau d'études structure et veille à la cohérence du dimensionnement avec les contraintes du site, en particulier sur le littoral PACA classé en zone sismique active.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul charges neige EC1 — Surcharges toiture » ?

Calcul des charges de neige sur toiture selon Eurocode 1 (NF EN 1991-1-3/NA:2007 de mai 2007). Ce calcul intègre le coefficient de forme de la toiture, la zone climatique, l'altitude et la charge de neige caractéristique sk. Permet de dimensionner la structure porteuse et de vérifier la conformité aux exigences réglementaires.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

La charge de neige sur une toiture ne se lit pas dans un tableau : elle se construit. La NF EN 1991-1-3 (avril 2004, indice de classement P 06-113-1) donne en clause 5.2(3)P l’équation qui la produit pour les situations de projet durables et transitoires : s = μi Ce Ct sk. Quatre termes, quatre origines différentes — un coefficient de forme lié à la géométrie de la toiture, un coefficient d’exposition lié à la topographie, un coefficient thermique lié à la déperdition de la couverture, et une charge caractéristique au sol qui, elle, est une donnée strictement nationale. C’est ce dernier terme qui bloque toute publication de valeur : la clause 4.1(1) précise en note que l’annexe nationale spécifie les valeurs caractéristiques à utiliser, et le document que nous avons ouvert est la norme européenne homologuée en France, sans son annexe nationale. Nous ne publions donc aucune valeur de sk, aucune zone de neige et aucune règle d’altitude. Ce calculateur est un outil de prédimensionnement ; il ne remplace pas la note de calcul d’un bureau d’études structure.

Méthode et formules : la chaîne de calcul de la charge de neige

La clause 5.1(2) de la NF EN 1991-1-3 énumère les facteurs qui gouvernent la distribution de la neige sur une toiture : la forme de la toiture, ses propriétés thermiques, la rugosité de sa surface, la quantité de chaleur générée en dessous, la proximité d’autres bâtiments, le terrain environnant et les conditions météorologiques locales — en particulier l’importance des vents, les variations de température et la fréquence des précipitations. L’équation de la clause 5.2(3)P condense ces facteurs en trois coefficients multiplicateurs appliqués à la charge au sol.

La clause 5.2(1)P impose de considérer deux dispositions de charge fondamentales : la charge de neige sur la toiture sans accumulation, et la charge de neige accumulée sur la toiture. Ce ne sont pas deux niveaux de sévérité mais deux configurations physiques distinctes, à examiner l’une et l’autre.

L’équation de base et ses variables

Pour les situations de projet durables et transitoires, la clause 5.2(3)P a) donne s = μi Ce Ct sk. Pour les situations accidentelles où l’action accidentelle est la charge de neige exceptionnelle, l’alinéa b) donne s = μi Ce Ct sAd. Pour les situations accidentelles où l’action accidentelle est l’accumulation exceptionnelle et où l’Annexe B s’applique, l’alinéa c) donne s = μi sk — sans Ce ni Ct.

Les variables sont définies à la suite de la même clause. μi est le coefficient de forme pour la charge de neige, sans dimension, donné par la clause 5.3 et l’Annexe B. sk est la valeur caractéristique de la charge de neige sur le sol, en kN/m². sAd est la valeur de calcul de la charge exceptionnelle de neige sur le sol pour un site donné, en kN/m², définie en 4.3. Ce est le coefficient d’exposition et Ct le coefficient thermique, tous deux sans dimension. La charge s résultante s’exprime en kN/m².

La clause 5.2(4) fixe une convention qu’il faut lire deux fois : il convient de considérer la charge comme s’exerçant verticalement, et de la rapporter à une projection horizontale de la surface de la toiture. La charge de neige ne s’applique donc pas au mètre carré de rampant mais au mètre carré de plan horizontal, contrairement au poids propre de la couverture.

sk : la donnée nationale, et ce que nous ne publions pas

La clause 4.1(1) renvoie la détermination de sk à l’EN 1990:2002, clause 4.1.2(7)P, et à la définition donnée en 1.6.1. Sa note 1 est sans ambiguïté : l’annexe nationale spécifie les valeurs caractéristiques à utiliser, et peut autoriser, pour un projet particulier en conditions locales inhabituelles, que le client et l’autorité correspondante s’entendent sur une autre valeur. Sa note 2 précise que l’Annexe C donne la carte européenne de charge de neige au sol.

La clause 4.1(2) admet d’affiner sk par une analyse statistique de relevés effectués sur longue période dans une zone bien protégée proche du site, sa note 2 avertissant qu’en raison de la variabilité considérable des maxima hivernaux, des relevés sur moins de 20 ans ne seront généralement pas appropriés. La clause 4.1(3) traite à part les valeurs exceptionnelles isolées, renvoyées à la clause 4.3.

Le document consulté est la norme européenne homologuée en France — NF EN 1991-1-3, homologuée par décision du Directeur Général de l’AFNOR le 5 mars 2004, d’effet au 5 avril 2004 — et non son annexe nationale. Nous n’avons donc lu aucune valeur de sk, aucune carte de zones de neige et aucune formule d’altitude, et nous n’en publions aucune. La variable sk reste ici littérale dans tous les exemples.

Ce et Ct : exposition du site et déperdition de la toiture

La clause 5.2(7) demande de tenir compte, dans le choix de Ce, des développements futurs relatifs au site — une haie qui pousse ou un bâtiment voisin qui disparaît changent l’exposition. Sa note renvoie au Tableau 5.1, qui donne les valeurs recommandées de Ce selon la topographie : 0,8 pour un site balayé par les vents, zone plate sans obstacles exposée de tous côtés ; 1,0 pour un site normal, sans balayage important de la neige par le vent ; 1,2 pour un site protégé, beaucoup plus bas que le terrain environnant ou entouré de grands arbres ou de constructions plus élevées. La même note précise que des valeurs différentes peuvent être spécifiées dans l’annexe nationale : ce sont donc des valeurs recommandées européennes, pas des valeurs françaises confirmées.

La clause 5.2(8) traite Ct : il convient d’utiliser une valeur inférieure à 1 lorsqu’il y a réduction des charges de neige sur les toitures — notamment certaines toitures vitrées — dotées d’une transmittance thermique élevée, supérieure à 1 W/m², en raison de la fonte de la neige sous l’effet de la chaleur. Pour tous les autres cas, Ct = 1,0. Sa note 1 ajoute qu’une valeur réduite de Ct, fondée sur les caractéristiques de transmission thermique du matériau de toiture et sur la forme de la construction, pourra être autorisée par l’annexe nationale ; sa note 2 renvoie à l’ISO 4355.

Conséquence directe pour un bâtiment isolé selon les standards actuels : la déperdition par la toiture est faible, la neige ne fond pas, et Ct = 1,0 s’impose. Le raisonnement inverse — « le bâtiment est chauffé, donc la neige fondra » — est exactement ce que la norme interdit hors du cas des toitures à forte transmittance.

μi : le coefficient de forme de la toiture

La clause 5.3.1(1) précise que l’article 5.3 donne les coefficients de forme pour les dispositions de charge sans accumulation et avec accumulation, pour tous les types de toiture de la norme, à l’exception des cas d’accumulation exceptionnelle définis à l’Annexe B. Son alinéa (2) demande une attention particulière aux géométries extérieures susceptibles de provoquer des augmentations significatives de charge par rapport à une toiture à profil linéaire.

Pour les toitures à un seul versant, la clause 5.3.2(1) renvoie au Tableau 5.2, avec α l’angle du toit sur l’horizontale : pour 0° ≤ α ≤ 30°, μ1 = 0,8 et μ2 = 0,8 + 0,8 α/30 ; pour 30° < α < 60°, μ1 = 0,8 (60 − α)/30 et μ2 = 1,6 ; pour α ≥ 60°, μ1 = 0,0 et μ2 n’est pas défini. Ces valeurs sont celles de la norme européenne ; l’annexe nationale peut définir d’autres dispositions de charge pour des conditions locales particulières, comme l’indique la note de la clause 5.3.3(4).

Une restriction majeure accompagne ce tableau, énoncée deux fois, en clauses 5.3.2(2) et 5.3.3(2) : les valeurs du Tableau 5.2 s’appliquent lorsque la neige n’est pas empêchée de glisser de la toiture ; lorsqu’il y a des barres à neige, d’autres obstacles au déplacement de la neige, ou encore un acrotère en rive basse de la toiture, il convient de ne pas prendre pour μ1 une valeur inférieure à 0,8. Pour les toitures à deux versants, la clause 5.3.3 renvoie à la Figure 5.3 : le cas (i) est la disposition sans accumulation, les cas (ii) et (iii) sont les deux dispositions avec accumulation, dans lesquelles un versant reçoit 0,5 μ1 et l’autre μ1.

Enchaînement de la méthode

  • 1. Relever le site du projet et lire dans l’annexe nationale française la valeur caractéristique sk applicable, en kN/m².
  • 2. Qualifier la topographie du site et retenir Ce, en intégrant les développements futurs prévisibles (clause 5.2(7)).
  • 3. Retenir Ct = 1,0, sauf toiture à transmittance thermique élevée relevant du cas particulier de la clause 5.2(8).
  • 4. Mesurer l’angle α de chaque versant et déterminer μ1, et le cas échéant μ2, selon le Tableau 5.2.
  • 5. Vérifier la présence de barres à neige, d’obstacles ou d’un acrotère en rive basse : dans ce cas, μ1 ne descend pas sous 0,8 (clauses 5.3.2(2) et 5.3.3(2)).
  • 6. Calculer s = μi Ce Ct sk et appliquer la charge sur la projection horizontale de la toiture (clause 5.2(4)).
  • 7. Examiner les deux dispositions fondamentales imposées par la clause 5.2(1)P : sans accumulation et avec accumulation, dont les cas (ii) et (iii) de la Figure 5.3 pour une toiture à deux versants.
  • 8. Traiter, si le site le justifie, la situation accidentelle de charge exceptionnelle avec sAd = Cesl sk (clause 4.3).
  • 9. Combiner la charge de neige avec les autres actions selon l’Eurocode 0, puis faire vérifier la structure par un bureau d’études structure.

Quatre exemples chiffrés, vérifiables sans donnée nationale

Dans tous les exemples qui suivent, sk reste littéral ou est posé à une valeur de travail explicitement arbitraire, sans portée réglementaire. Les coefficients μ, Ce et Ct utilisés sont ceux du Tableau 5.2 et du Tableau 5.1 de la norme européenne, dont la note rappelle qu’ils peuvent être modifiés par l’annexe nationale.

Exemple 1 — Effet de la pente, et effet d’un acrotère

Toiture à deux versants, site normal, disposition sans accumulation. Pour α = 25°, le Tableau 5.2 donne μ1 = 0,8 puisque 0° ≤ α ≤ 30°. Avec Ce = 1,0 et Ct = 1,0 : s = 0,8 × 1,0 × 1,0 × sk = 0,80 sk. Si l’on pose sk = 1,00 kN/m² comme valeur de travail arbitraire, s = 0,80 kN/m².

Pour α = 45°, le Tableau 5.2 donne μ1 = 0,8 (60 − 45)/30 = 0,8 × 15/30 = 0,8 × 0,5 = 0,40, donc s = 0,40 sk, soit exactement la moitié du cas précédent. Le gain apporté par une pente forte est donc réel, mais entièrement conditionné à une hypothèse : que la neige puisse glisser.

Ajoutons un acrotère en rive basse, ou des barres à neige. Les clauses 5.3.2(2) et 5.3.3(2) imposent alors de ne pas prendre μ1 inférieur à 0,8 : la charge repasse de 0,40 sk à 0,80 sk, soit un doublement. Un détail architectural de rive change ici la charge de toiture d’un facteur 2, sans que la structure ait été modifiée.

Exemple 2 — Effet de l’exposition du site

Reprenons μ1 = 0,8 et Ct = 1,0, et faisons varier le seul coefficient d’exposition selon les valeurs recommandées du Tableau 5.1. Site balayé par les vents, Ce = 0,8 : s = 0,8 × 0,8 × 1,0 × sk = 0,64 sk. Site normal, Ce = 1,0 : s = 0,80 sk. Site protégé, Ce = 1,2 : s = 0,8 × 1,2 × 1,0 × sk = 0,96 sk.

L’écart entre le site le plus favorable et le site le plus défavorable vaut 0,96 / 0,64 = 1,50, soit 50 % de charge en plus, à géométrie de toiture et à site géographique identiques. Avec sk posé à 1,00 kN/m², cela représente 0,32 kN/m² d’écart, soit 32 kg par mètre carré de projection horizontale.

C’est la raison pour laquelle la qualification du site ne peut pas être expédiée : elle pèse autant que la pente de toiture. Et parce que le Tableau 5.1 est un tableau de valeurs recommandées, sa transposition française doit être vérifiée dans l’annexe nationale avant tout calcul de projet.

Exemple 3 — Projection horizontale : l’erreur qui coûte 41 %

Versant à 45°, longueur de rampant 5,66 m. La projection horizontale de ce rampant vaut 5,66 × cos 45° = 5,66 × 0,7071 = 4,00 m. C’est sur cette longueur de 4,00 m, et non sur les 5,66 m de rampant, que la charge de neige doit être appliquée, conformément à la clause 5.2(4).

Avec μ1 = 0,40 (Tableau 5.2 pour α = 45°) et sk posé à 1,00 kN/m² : la charge correcte par mètre de largeur de bâtiment vaut 0,40 × 4,00 = 1,60 kN/m. Appliquée par erreur sur la longueur de rampant, elle donnerait 0,40 × 5,66 = 2,26 kN/m, soit 41,5 % de plus.

L’erreur symétrique est plus dangereuse : appliquer une charge de couverture, qui s’exprime au mètre carré de rampant, sur la projection horizontale sous-estime le poids propre, dans le même ordre de grandeur et en défaveur de la sécurité.

Exemple 4 — Charge exceptionnelle et valeurs de combinaison

La clause 4.3 donne sAd = Cesl sk, où Cesl est le coefficient pour les charges exceptionnelles de neige. Sa note indique que Cesl peut être défini par l’annexe nationale et que la valeur recommandée est 2,0. Avec cette valeur recommandée, sAd = 2,00 sk, et la charge sur toiture en situation accidentelle vaut s = μ1 Ce Ct sAd = 0,8 × 1,0 × 1,0 × 2,00 sk = 1,60 sk — soit exactement le double de la charge courante de l’exemple 1.

Côté combinaisons, la clause 4.2(1) rappelle que les autres valeurs représentatives de la charge de neige sur la toiture sont ψ0 s, ψ1 s et ψ2 s. Sa note renvoie au Tableau 4.1, qui donne les valeurs recommandées pour les bâtiments : pour les pays membres du CEN autres que la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède, ψ0 = 0,50, ψ1 = 0,20 et ψ2 = 0,00 pour les sites d’altitude inférieure ou égale à 1 000 mètres, et ψ0 = 0,70, ψ1 = 0,50 et ψ2 = 0,20 pour les sites d’altitude supérieure à 1 000 mètres. La même note précise que ces valeurs peuvent être établies par l’annexe nationale de l’EN 1990.

Lecture chiffrée avec ces valeurs recommandées et s = 0,80 sk : en combinaison quasi-permanente sous 1 000 mètres, la contribution de la neige vaut ψ2 s = 0,00 × 0,80 sk = 0, elle disparaît ; au-dessus de 1 000 mètres, elle vaut 0,20 × 0,80 sk = 0,16 sk. C’est ce qui explique qu’une charpente de montagne flue davantage sous neige qu’une charpente de plaine, à charge caractéristique identique.

Cadre normatif : ce qui est européen, ce qui est français

La NF EN 1991-1-3 reproduit l’EN 1991-1-3:2003 et est destinée à remplacer la norme expérimentale XP ENV 1991-2-3 d’octobre 1997 et, partiellement, les règles NV 65 (DTU P 06-002) d’avril 2000 et N 84 (DTU P 06-006) de septembre 1996. Elle comprend six sections normatives et cinq annexes : A et B normatives (situations de projet et dispositions de charge selon les conditions de site ; coefficients de forme pour accumulations exceptionnelles), C, D et E informatives (cartes européennes, ajustement à la période de retour, poids volumique apparent de la neige).

Textes de référence

  • NF EN 1991-1-3 (avril 2004), indice de classement P 06-113-1 — Eurocode 1, actions sur les structures, partie 1-3 : actions générales, charges de neige. Source des clauses 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2 et 5.3 citées sur cette page.
  • NF EN 1991-1-3/NA — annexe nationale française : valeurs caractéristiques sk applicables en France, éventuelles valeurs propres de Ce, Ct et Cesl, dispositions de charge complémentaires. Non consultée ici, donc non citée en valeur.
  • NF EN 1990 — Eurocode 0 : détermination des valeurs caractéristiques (clause 4.1.2(7)P), valeurs représentatives ψ0, ψ1, ψ2 et formats de combinaison dans lesquels la charge de neige est introduite.
  • NF EN 1992 à NF EN 1999 et leurs annexes nationales — Eurocodes de matériau, qui fournissent les résistances opposées aux sollicitations issues de la neige.
  • ISO 4355, citée par la note 2 de la clause 5.2(8) pour d’autres indications relatives au coefficient thermique Ct.

Ce que l’annexe nationale décide

La NF EN 1991-1-3 renvoie explicitement à l’annexe nationale sur au moins sept points : les valeurs sk (note 1 de la clause 4.1(1)), les recommandations pour affiner sk (note 1 de la clause 4.1(2)), les coefficients ψ via l’annexe nationale de l’EN 1990 (note de la clause 4.2(1)), le coefficient Cesl (note de la clause 4.3), l’emploi de l’Annexe B pour certaines formes de toiture (note de la clause 5.2(2)), les valeurs de Ce (note de la clause 5.2(7)) et les valeurs réduites de Ct (note 1 de la clause 5.2(8)).

Autrement dit, la totalité des nombres qui entrent dans s = μi Ce Ct sk peut être modifiée au niveau national, à l’exception des coefficients de forme du Tableau 5.2, eux-mêmes complétés par des dispositions nationales possibles pour les conditions locales particulières. C’est pourquoi cette page publie l’équation, les définitions, les conventions et les restrictions d’emploi — mais laisse le chiffre à l’annexe nationale et au bureau d’études.

Limites et hypothèses

  • Aucune valeur de sk, aucune zone de neige et aucune règle d’altitude n’est publiée ici : l’annexe nationale française ne figure pas dans le document que nous avons consulté, et la note 1 de la clause 4.1(1) lui réserve explicitement ces valeurs.
  • Les valeurs de Ce du Tableau 5.1 et le coefficient Cesl = 2,0 de la clause 4.3 sont des valeurs recommandées de la norme européenne : les notes correspondantes indiquent que l’annexe nationale peut en spécifier d’autres.
  • Les dispositions de charge de la section 5 correspondent seulement à des dépôts naturels, comme le rappelle la note 1 de la clause 5.2(5) ; si un enlèvement ou une redistribution artificielle de la neige est prévu, la toiture doit être calculée pour des dispositions adaptées.
  • La clause 5.2(6) demande, dans les régions où des pluies sur la neige peuvent provoquer des fontes suivies de gel, d’augmenter les charges de neige sur les toitures, en particulier si la neige et la glace peuvent bloquer le système de drainage.
  • Les valeurs du Tableau 5.2 supposent que la neige n’est pas empêchée de glisser ; barres à neige, obstacles ou acrotère en rive basse imposent μ1 ≥ 0,8 (clauses 5.3.2(2) et 5.3.3(2)).
  • La charge s’exerce verticalement et se rapporte à la projection horizontale de la toiture (clause 5.2(4)) : elle ne se cumule pas telle quelle avec des charges exprimées au mètre carré de rampant.
  • Les accumulations exceptionnelles relèvent de l’Annexe B, dont l’emploi pour certaines formes de toiture peut être imposé par l’annexe nationale (note de la clause 5.2(2)).
  • Les effets locaux — accumulation au droit de saillies et d’obstacles, neige en débord de toiture, charges sur les barres à neige — relèvent de la section 6 de la norme et ne sont pas couverts par l’équation générale.

Erreurs fréquentes sur les charges de neige

  • Appliquer la charge de neige au mètre carré de rampant : sur un versant à 45°, l’écart avec la projection horizontale atteint 41,5 %, comme le montre l’exemple 3.
  • Retenir un coefficient de forme réduit sur une toiture pentue équipée de barres à neige ou bordée d’un acrotère, alors que μ1 ne peut pas descendre sous 0,8 dans ce cas.
  • Prendre Ct inférieur à 1 sur un bâtiment simplement chauffé : la clause 5.2(8) réserve ce cas aux toitures à transmittance thermique élevée, supérieure à 1 W/m², et impose Ct = 1,0 pour tous les autres.
  • Qualifier un site de « balayé par les vents » par optimisme : la définition du Tableau 5.1 exige une zone plate, sans obstacles, exposée de tous côtés, pas ou peu protégée par le terrain, les constructions ou les arbres.
  • Oublier les dispositions avec accumulation : la clause 5.2(1)P en fait une disposition fondamentale au même titre que le cas sans accumulation, et la Figure 5.3 en donne deux cas pour une toiture à deux versants.
  • Négliger l’évolution du site : la clause 5.2(7) demande de tenir compte des développements futurs dans le choix de Ce — un bâtiment voisin démoli change l’exposition.
  • Reprendre une valeur de sk d’un projet voisin sans vérifier l’altitude exacte du site, alors que la charge au sol et les coefficients ψ dépendent tous deux de l’altitude.
  • Affiner sk sur des relevés météorologiques courts : la note 2 de la clause 4.1(2) indique que des relevés sur moins de 20 ans ne seront généralement pas appropriés.
  • Traiter la neige exceptionnelle comme une simple majoration : elle relève d’une situation de projet accidentelle, avec sa propre équation, s = μi Ce Ct sAd, et sa propre combinaison.

Charges de neige et maîtrise d’œuvre

La charge de neige est l’une des rares actions où une décision d’architecture change directement la sollicitation de la structure. Ajouter un acrotère en rive basse, poser des barres à neige, choisir une pente à 45° plutôt qu’à 25°, implanter en creux plutôt qu’en crête : chacune de ces décisions modifie μ1 ou Ce, donc la charge, donc la charpente. Le rôle de la maîtrise d’œuvre est de faire remonter ces choix au bureau d’études avant qu’ils ne soient figés.

Progineer intervient sur ce point précis : qualification du site et de son évolution prévisible, arbitrage des dispositions de rive et des équipements de sécurité neige, écriture des hypothèses de charge dans les pièces écrites, et coordination du bureau d’études structure qui produit et signe la note de calcul. Progineer est une société de maîtrise d’œuvre créée en 2024, dirigée par un professionnel exerçant dans le BTP depuis 2020.

En rénovation et en surélévation, une vigilance supplémentaire s’impose : une charpente ancienne a pu être calculée avec les règles N 84 ou NV 65, que la NF EN 1991-1-3 est destinée à remplacer partiellement. Reprendre la couverture, ajouter un acrotère ou modifier la pente peut faire sortir la structure existante de son domaine de validité initial. Seul un diagnostic structurel permet de le vérifier.

FAQ technique — Charges de neige selon l’Eurocode 1

Quelle est la formule de la charge de neige sur une toiture ?

Pour les situations de projet durables et transitoires, la clause 5.2(3)P a) de la NF EN 1991-1-3 donne s = μi Ce Ct sk, où μi est le coefficient de forme, Ce le coefficient d’exposition, Ct le coefficient thermique et sk la valeur caractéristique de la charge de neige sur le sol en kN/m². En situation accidentelle, sk est remplacée par sAd, ou l’équation se réduit à s = μi sk lorsque l’Annexe B s’applique.

Pourquoi ne publiez-vous aucune valeur de zone de neige ni de sk ?

Parce que ces valeurs sont nationales. La note 1 de la clause 4.1(1) indique que l’annexe nationale spécifie les valeurs caractéristiques à utiliser, et le document que nous avons ouvert est la norme européenne homologuée en France, sans son annexe nationale. Publier une valeur de mémoire ou reprise d’une source secondaire reviendrait à faire dimensionner une charpente sur un chiffre non vérifié.

Une toiture très pentue reçoit-elle moins de neige ?

En principe oui : le Tableau 5.2 donne μ1 = 0,8 jusqu’à 30°, puis μ1 = 0,8 (60 − α)/30 entre 30° et 60°, et μ1 = 0,0 au-delà de 60°. Mais les clauses 5.3.2(2) et 5.3.3(2) suppriment ce bénéfice dès qu’il y a des barres à neige, un obstacle au déplacement de la neige ou un acrotère en rive basse : μ1 ne descend alors pas sous 0,8.

La charge de neige s’applique-t-elle sur le rampant ou sur la projection horizontale ?

Sur la projection horizontale. La clause 5.2(4) demande de considérer la charge comme s’exerçant verticalement et de la rapporter à une projection horizontale de la surface de la toiture. C’est l’inverse du poids propre de la couverture, qui s’exprime au mètre carré de rampant : sur un versant à 45°, confondre les deux introduit un écart d’environ 41 %.

Peut-on réduire la charge de neige parce que le bâtiment est chauffé ?

Non, sauf cas particulier. La clause 5.2(8) réserve un Ct inférieur à 1 aux toitures dotées d’une transmittance thermique élevée, supérieure à 1 W/m², notamment certaines toitures vitrées, où la neige fond sous l’effet de la chaleur. Pour tous les autres cas, la norme impose Ct = 1,0, et seule l’annexe nationale peut autoriser une valeur réduite.

Faut-il calculer plusieurs dispositions de charge ?

Oui. La clause 5.2(1)P impose de prendre en compte deux dispositions fondamentales : la charge sans accumulation et la charge accumulée. Pour une toiture à deux versants, la Figure 5.3 donne le cas (i) sans accumulation et les cas (ii) et (iii) avec accumulation, dans lesquels un versant reçoit 0,5 μ1 et l’autre μ1. La disposition dissymétrique est souvent la plus défavorable pour la charpente.

Ce calculateur suffit-il pour dimensionner une charpente ?

Non. Il structure la démarche et permet de mesurer l’effet de la pente, de l’exposition et des dispositions de rive : c’est un outil de prédimensionnement. Le dimensionnement suppose la valeur nationale de sk, les combinaisons de l’Eurocode 0 et l’Eurocode de matériau. Il engage la sécurité des personnes et relève d’un bureau d’études structure, qui signe la note de calcul.

Glossaire technique

sk
Valeur caractéristique de la charge de neige sur le sol, en kN/m², déterminée selon la clause 4.1(1) par référence à l’EN 1990:2002, 4.1.2(7)P. La note 1 de cette clause réserve les valeurs applicables à l’annexe nationale.
s
Charge de neige sur la toiture, en kN/m², obtenue par l’équation de la clause 5.2(3)P. Elle s’exerce verticalement et se rapporte à la projection horizontale de la surface de toiture (clause 5.2(4)).
μi (coefficient de forme)
Coefficient sans dimension traduisant l’effet de la géométrie de la toiture sur la répartition de la neige, donné par la clause 5.3 et l’Annexe B. Pour les toitures à un ou deux versants, ses valeurs figurent au Tableau 5.2 en fonction de l’angle α.
Ce (coefficient d’exposition)
Coefficient sans dimension traduisant le balayage du site par le vent. Le Tableau 5.1 en donne les valeurs recommandées — 0,8 site balayé, 1,0 site normal, 1,2 site protégé — que l’annexe nationale peut modifier selon la topographie.
Ct (coefficient thermique)
Coefficient sans dimension traduisant la fonte de la neige due à la déperdition de la toiture. La clause 5.2(8) impose Ct = 1,0 sauf pour les toitures à transmittance thermique élevée, supérieure à 1 W/m².
sAd et Cesl
sAd est la valeur de calcul de la charge exceptionnelle de neige sur le sol pour un site donné, définie en clause 4.3 par sAd = Cesl sk. Cesl est le coefficient pour les charges exceptionnelles, de valeur recommandée 2,0, modifiable par l’annexe nationale.
Disposition de charge
Configuration de répartition de la neige sur la toiture. La clause 5.2(1)P en impose deux fondamentales : sans accumulation et avec accumulation. La note 1 de la clause 5.2(5) précise qu’elles correspondent seulement à des dépôts naturels.
Projection horizontale
Surface obtenue en projetant la toiture sur un plan horizontal. C’est la surface de référence de la charge de neige selon la clause 5.2(4), à ne pas confondre avec la surface de rampant utilisée pour le poids propre de la couverture.
Annexe nationale (NA)
Document national complétant une partie d’Eurocode. Pour la NF EN 1991-1-3, elle fixe notamment les valeurs de sk, et peut fixer celles de Ce, Ct et Cesl ainsi que des dispositions de charge complémentaires.

Sources et normes de référence

Calculateurs associés

Calcul charges exploitation EC1 — Surcharges plancher

Détermination des charges d'exploitation selon Eurocode 1 partie 1-1 (NF EN 1991-1-1) et son annexe nationale française. L'outil restitue les valeurs caractéristiques qk et Qk par catégorie d'usage : habitation (A), bureaux (B), commerces (D), salles de réunion (C), parkings (F/G) et toitures (H/I/K). Utilisé pour le pré-dimensionnement de planchers, poutres et solivages en logements, ERP et bâtiments industriels neufs ou rénovés.

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Action du vent EC1

Calcul de la pression du vent selon Eurocode 1 (NF EN 1991-1-4) et ses annexes nationales françaises. Ce calcul prend en compte la vitesse de référence du vent, la pression dynamique de base, le coefficient d'exposition et les coefficients aérodynamiques. Permet de dimensionner les éléments de structure et de couverture exposés au vent. Utilisé pour les bâtiments de toute hauteur en zone urbaine, campagne et bord de mer.

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Calcul vérification section acier et bois — Eurocode 3 et 5

Vérification de la résistance des sections selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 5 (bois, NF EN 1995-1-1). Ce calcul de la section transversale permet de vérifier la flexion simple et le moment de flexion. À partir des sollicitations N, M, V de calcul et de la géométrie de la section (IPE, HEA, HEB, bois massif, BLC), l'outil contrôle le moment résistant de calcul et les critères ELU de flexion, compression, traction et cisaillement. Utilisé pour vérifier la section de poutre, poteaux et solivages de bâtiments tertiaires, industriels et logements.

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Calcul moments fléchissants — Eurocode 0

Calcul des moments fléchissants et efforts tranchants d'une poutre selon Eurocode 0 (NF EN 1990) et formulaires RDM. Le moment (M) représente le produit vectoriel de la force par le bras de levier, calculé par rapport à un point. Il correspond au mouvement de rotation autour de l'axe de la poutre. À partir de la portée, des conditions d'appui (simple, encastrée, console) et des charges (réparties, ponctuelles, trapézoïdales), l'outil détermine Mmax, Vmax et la déformée. Utilisé pour pré-dimensionner poutres, linteaux et solives en béton armé, acier ou bois lamellé-collé en logement et tertiaire.

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Calcul vérification poteaux — Eurocodes 2 et 3

Vérification au flambement des poteaux selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 2 (béton armé, NF EN 1992-1-1). Ce calcul prend en compte la section du poteau, la longueur de flambement, les charges permanentes et les charges d'exploitation. À partir de l'effort normal Ned, l'outil applique les courbes a/b/c/d, calcule l'élancement et vérifie le critère Ned ≤ Nb,Rd. Utilisé pour dimensionner les poteaux de bâtiments industriels, immeubles tertiaires et logements collectifs en R+1 à R+10.

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Combinaisons d'actions EC0

Calcul des combinaisons d'actions selon Eurocode 0 pour États Limites Ultimes et de Service

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Thématiques associées

Notre expertise couvre également ces thématiques connexes, sur lesquelles nous accompagnons régulièrement nos clients :

  • coefficient de forme
  • mai 2007