NF DTU 13.12 - Règles pour le calcul des fondations superficielles
Le DTU 13.12 « Règles pour le calcul des fondations superficielles » date de mars 1988 et n'est plus en vigueur : il a été annulé et remplacé, avec le DTU 13.11, par le NF DTU 13.1 « Fondations superficielles » de septembre 2019. Le calcul et le dimensionnement des semelles relèvent désormais de l'Eurocode 7 (NF EN 1997-1) et de sa norme d'application française NF P 94-261. Cette fiche restitue le cadre de calcul réellement applicable aujourd'hui — résistance nette du terrain, facteurs partiels, excentrement, glissement, tassements — et signale ce qui, dans les CCTP anciens, renvoie encore à un texte abrogé.
Domaine d'application
Calcul et vérification des fondations superficielles (semelles isolées, filantes, radiers) : portance du terrain, excentrement du chargement, résistance au glissement et estimation des tassements. Domaine désormais couvert par le NF DTU 13.1 (exécution) et par la NF P 94-261 / Eurocode 7 (justification), le DTU 13.12 de mars 1988 étant annulé
Règles principales
Justification de la portance selon la NF P 94-261
La portance se justifie en comparant la valeur de calcul des actions à la résistance nette du terrain divisée par le facteur partiel γR;v et par le coefficient de modèle γR;d;v. 1) : qnet = kp × ple*, affecté des coefficients de réduction iδ (inclinaison du chargement) et iβ (proximité d'un talus). 1) : mêmes principes à partir de la résistance de pointe qc.
Exceptions :
- • Base de fondation non horizontale: Les méthodes pressiométrique et pénétrométrique ne s'appliquent pleinement qu'à des semelles à base horizontale ; se reporter aux articles D.2.1(2), E.2.1(2) et à l'annexe F de la NF P 94-261
- • Justification à partir de la résistance au cisaillement (c', φ'): Les coefficients de méthode ne sont plus ceux des méthodes in situ : ils figurent à l'annexe F.1 de la NF P 94-261
Facteurs partiels de résistance à la portance
γR;v = 1,4 aux ELU durables et transitoires ; 1,2 aux ELU accidentels ; 2,3 aux ELS caractéristiques et aux ELS quasi-permanents. La notion d'ancien « taux de travail admissible » du DTU 13.12 n'a plus de statut normatif : chaque état limite se vérifie avec son propre facteur partiel
Exceptions :
- • Situation sismique: γR;v vaut 1,4 comme aux autres ELU et γM vaut 1,4 pour les sols, mais kp ou kc doivent être déterminés pour un encastrement nul (De = 0)
Dimensionnement et exécution de la semelle
La géométrie découle de la vérification de portance et de la limitation des tassements ; le ferraillage et l'exécution relèvent de l'Eurocode 2 et du NF DTU 13.1 de septembre 2019. Le NF DTU 13.1 retient des dimensions minimales de 40 × 20 cm et impose une profondeur d'assise hors gel
Exceptions :
- • Ouvrages hors bâtiment courant: Le NF DTU 13.1 couvre également mâts et cheminées, silos et réservoirs, structures de grues, machineries et murs de soutènement — avec les hypothèses de charges propres à chacun
Mission géotechnique G2 PRO obligatoire
Le NF DTU 13.1 exige une étude géotechnique de mission G2 PRO au sens de la NF P 94-500 dans les données essentielles à l'exécution, en prolongement des dispositions de la loi ELAN de 2018. Une mission G1 seule ne fournit pas les paramètres de calcul (pressions limites, modules, résistances de pointe) exigés par la NF P 94-261
Vérification de l'excentrement et surface effective
Le torseur (Md;x, Md;y, Vd, Hd) est calculé au centre de la fondation et au niveau de la base de la semelle, pour chaque combinaison d'actions. L'excentrement réduit la surface de transmission des efforts : la portance est affectée du coefficient ie et la vérification s'appuie sur la surface effective A' de Meyerhof (annexe Q)
Exceptions :
- • Excentricité > B/3 (semelle rectangulaire) ou > 0,30 D (semelle circulaire): Des précautions spéciales sont exigées sur la raideur du sol support, la vérification détaillée des actions et la position du bord de fondation ; à défaut, appliquer une tolérance de 0,10 m sur les dimensions de la semelle, en décalant la semelle défavorablement en plan
- • Excentrement et inclinaison aux effets antagonistes: La prise en compte simultanée de iδ devient trop pessimiste, l'influence de l'inclinaison étant vite négligeable devant celle de l'excentrement
Vérification de la résistance au glissement
Le non-glissement se vérifie aux ELU fondamentaux, accidentels et sismiques (ces derniers selon l'Eurocode 8). γR;h = 1,1 aux ELU fondamentaux et 1,0 aux ELU accidentels ; le coefficient de modèle γR;d;h vaut 1,1. En conditions non drainées, la résistance mobilise cu;k et la surface effective A' ; en conditions drainées, l'angle de frottement d'interface δa;k
Exceptions :
- • Fondation coulée en place: δa;d peut être pris égal à la valeur de calcul de l'angle de frottement à l'état critique φ'crit
- • Fondation préfabriquée lisse: L'angle de frottement d'interface est réduit par rapport au cas coulé en place
Estimation et limitation des tassements
Trois familles de méthodes sont normalisées (annexes H, I et J de la NF P 94-261) : modules pressiométriques de Ménard, résistance de pointe pénétrométrique, modules de déformation de laboratoire. Le tassement final pressiométrique est la somme d'un tassement sphérique (déformations volumiques) et d'un tassement déviatorique (cisaillement), calculé sur une épaisseur d'au moins 8B en sol homogène.
Exceptions :
- • Présence d'une couche molle sous la fondation: Un supplément de tassement sm, calculé avec le module propre de la couche molle, s'ajoute au tassement obtenu en son absence
- • Sols sableux sans consolidation: La méthode pénétrométrique évalue un tassement instantané ; en présence de consolidation, il faut y ajouter le tassement de consolidation
Interaction entre fondations voisines
Deux fondations voisines interagissent lorsque leurs zones d'influence se recouvrent. Cette zone d'influence est explicitée par les méthodes de tassement de la NF P 94-261 : une épaisseur d'au moins 8B sous la semelle en méthode pressiométrique sur sol homogène, et une profondeur z1 valant 2B ou 4B selon la forme de la semelle en méthode pénétrométrique.
Exceptions :
- • Distance minimale entre semelles: La NF P 94-261 ne fixe pas de distance forfaitaire entre fondations voisines : le critère est le recouvrement des zones d'influence et son effet sur les tassements différentiels, à évaluer au cas par cas avec le géotechnicien. Toute règle du type « distance ≥ B » relève d'un usage professionnel et non du texte normatif
Critères de déformation à définir par le projet
Il n'existe pas de valeur réglementaire universelle de tassement admissible. Les tassements calculés doivent être comparés à des valeurs seuil de rotations admissibles définies en fonction de la structure portée. Le critère se fixe donc au stade de la conception, en accord entre la maîtrise d'œuvre structure et le géotechnicien
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| γR;v — ELU durables et transitoires | 1,4 | Facteur partiel de résistance à la portance |
| γR;v — ELU accidentels | 1,2 | Facteur partiel de résistance à la portance |
| γR;v — ELS caractéristiques et quasi-permanents | 2,3 | Facteur partiel de résistance à la portance |
| γR;d;v — coefficient de modèle | 1,2 | Méthodes pressiométrique et pénétrométrique |
| γR;h — glissement | 1,1 (ELU fondamentaux) / 1,0 (ELU accidentels) | γR;d;h = 1,1 dans les deux cas |
| Excentricité — seuil de précautions spéciales | > B/3 (rectangulaire) ou > 0,30 D (circulaire) | Au-delà : tolérance de 0,10 m à appliquer défavorablement |
| γM sols en situation sismique | 1,4 | Identique aux vérifications statiques |
Dimensions réglementaires
Dimensions minimales de semelle (NF DTU 13.1)
Valeur retenue par le NF DTU 13.1 de septembre 2019
Profondeur d'assise
Exigence du NF DTU 13.1 ; profondeur à définir par l'étude géotechnique
Zone d'influence des tassements — méthode pressiométrique
Sol homogène sur une épaisseur au moins égale à 8B
Zone d'influence des tassements — méthode pénétrométrique
Selon la forme de la semelle (profondeur z1)
Tolérance d'implantation à prendre en compte
Uniquement si les précautions spéciales liées au fort excentrement ne sont pas prises
Encastrement relatif en situation sismique
kp et kc à déterminer pour un encastrement nul
Comprendre NF DTU 13.12
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF DTU 13.12, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF DTU 13.12 couvre : Calcul et vérification des fondations superficielles (semelles isolées, filantes, radiers) : portance du terrain, excentrement du chargement, résistance au glissement et estimation des tassements. Domaine désormais couvert par le NF DTU 13.1 (exécution) et par la NF P 94-261 / Eurocode 7 (justification), le DTU 13.12 de mars 1988 étant annulé. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF DTU 13.12
Le DTU 13.12 « Travaux de bâtiment — Règles pour le calcul des fondations superficielles » a été publié en mars 1988. Il n'est plus applicable : le NF DTU 13.1 « Fondations superficielles », homologué en août 2019 et publié en septembre 2019 (parties P1-1, P1-2 et P2), annule et remplace à la fois le DTU 13.11 de mars 1988 avec son amendement A1 de juin 1997 et le DTU 13.12 de mars 1988. La liste des DTU en vigueur publiée par le CSTB au 9 juillet 2025 ne comporte plus, pour la série 13, que le NF DTU 13.1.
La raison de cette disparition est structurelle et non anecdotique : la conception et le dimensionnement des fondations superficielles sont désormais traités par les Eurocodes, leurs annexes nationales et leurs normes d'application nationale. Le NF DTU 13.1 ne conserve donc que l'exécution — béton, armatures, joints, réception des fouilles — et renvoie la justification au calcul.
La norme d'application française de l'Eurocode 7 pour les fondations superficielles est la NF P 94-261. Elle regroupe les méthodes usuelles en France, héritées du Fascicule 62 Titre V du CCTG et de l'ancienne NF P 11-212-2 (soit précisément l'ex-DTU 13.12), reformulées dans le cadre des états limites et des facteurs partiels de l'Eurocode.
Pour le maître d'œuvre, l'enjeu est très concret : un CCTP qui prescrit encore « calcul selon DTU 13.12 » renvoie à un texte abrogé, sans valeur contractuelle utile, et ne fixe ni la mission géotechnique attendue, ni les combinaisons d'actions, ni les facteurs partiels. C'est une source classique de litige lors d'un sinistre de fondation.
Comprendre en détail NF DTU 13.12
Ce que le NF DTU 13.1 de septembre 2019 a changé
Le NF DTU 13.1 « Fondations superficielles » couvre les fondations supportant des bâtiments, des mâts et cheminées, des silos et des réservoirs, ainsi que les structures de grues, les machineries et les murs de soutènement. Il fixe les données essentielles à l'exécution — classes d'exposition du béton, mise en œuvre, positionnement des incorporations — les spécifications techniques (béton de propreté, armatures, joints) et les points essentiels de contrôle.
La nouveauté la plus lourde de conséquences pour la maîtrise d'œuvre est l'exigence d'une étude géotechnique de mission G2 PRO dans les données d'exécution. Elle prolonge et rend opérationnelles les dispositions de la loi ELAN de 2018 sur l'étude des sols. En pratique, ouvrir un chantier de fondations sur une simple G1 est désormais hors DTU.
Le NF DTU 13.1 retient également des dimensions minimales de semelle de 40 × 20 cm et impose une profondeur d'assise hors gel. Ces deux points sont ceux que l'on retrouve le plus souvent en défaut sur les maisons individuelles : semelle filante trop étroite pour permettre un enrobage correct des armatures, ou arase de fondation remontée pour économiser du terrassement.
Résistance nette du terrain : la formule réellement applicable
La NF P 94-261 propose plusieurs voies de calcul de la portance. La plus employée en France est la méthode pressiométrique, fondée sur la pression limite pressiométrique Ménard. La contrainte nette du terrain s'y exprime, selon la formule D.2.1 de la norme, comme le produit du facteur de portance pressiométrique kp par la pression limite nette équivalente ple*, affecté du coefficient de réduction lié à l'inclinaison du chargement iδ et du coefficient lié à la proximité d'un talus iβ.
La méthode pénétrométrique (formule E.2.1) suit la même logique en remplaçant kp et ple* par les grandeurs déduites de la résistance de pointe qc mesurée au pénétromètre statique. Une troisième famille de méthodes s'appuie sur les propriétés de cisaillement du sol (c', φ') et relève de l'annexe F de la norme.
Le facteur de portance kp dépend de la forme de la semelle et de son encastrement relatif De/B. La norme donne des expressions distinctes pour la semelle filante (B/L = 0) et pour la semelle carrée ou circulaire (B/L = 1) ; pour une semelle rectangulaire, kp se calcule en combinant ces deux cas particuliers, ce qui oblige à évaluer préalablement kp;B/L=0 et kp;B/L=1. Une valeur kpmax est donnée à titre indicatif comme borne supérieure à ne pas dépasser.
Les méthodes présentées ne s'appliquent pleinement qu'à des semelles dont la base est horizontale ; une base inclinée relève de dispositions spécifiques de la norme. C'est un point à vérifier sur les fondations de murs de soutènement et les semelles en terrain pentu.
Facteurs partiels : les valeurs à connaître par cœur
La vérification de portance oppose la valeur de calcul des actions à la résistance du terrain divisée par un facteur partiel γR;v et par un coefficient de modèle γR;d;v. Le coefficient de modèle vaut 1,2 lorsque l'on utilise la méthode pressiométrique ou la méthode pénétrométrique.
Les valeurs du facteur partiel de résistance à la portance γR;v sont de 1,4 aux ELU durables et transitoires, 1,2 aux ELU accidentels, et 2,3 aux ELS caractéristiques comme aux ELS quasi-permanents. Ce sont ces trois chiffres qui remplacent l'ancienne notion de « taux de travail admissible » du DTU 13.12 — laquelle n'a plus de statut normatif, même si elle reste employée dans le langage courant des rapports de sol.
En situation sismique, le facteur partiel sur les résistances pour les justifications de portance reste identique aux autres ELU et vaut 1,4 ; le facteur partiel γM sur les propriétés du sol vaut également 1,4. La norme précise en outre que, pour les vérifications sismiques, kp ou kc sont à déterminer pour un encastrement nul (De = 0), ce qui est une pénalisation importante et fréquemment oubliée.
Excentrement du chargement et surface effective
Lorsque la fondation reprend un moment, la résultante n'est plus centrée : on parle d'excentrement du chargement. Le torseur (Md;x, Md;y, Vd, Hd) doit être calculé au centre de la fondation et au niveau de la base de la semelle, et l'excentrement doit être recalculé pour chaque combinaison d'actions.
L'excentrement réduit la surface de transmission des efforts. La NF P 94-261 introduit à ce titre une surface effective A' (méthode de Meyerhof, annexe Q) et un coefficient de réduction de portance ie, dont l'expression dépend de la forme de la semelle — filante, rectangulaire ou circulaire.
Une limite explicite est posée : lorsque l'excentricité de la charge dépasse un tiers de la largeur d'une semelle rectangulaire, ou 30 % du diamètre d'une semelle circulaire, des précautions spéciales doivent être prises sur la raideur du sol support, sur la vérification détaillée des valeurs de calcul des actions et sur la définition de la position du bord de la fondation en tenant compte des tolérances de construction. À défaut de ces précautions, il convient d'appliquer une tolérance atteignant 0,10 m sur les dimensions de la semelle, c'est-à-dire de décaler défavorablement la semelle de 10 cm en plan, ce qui augmente encore l'excentrement.
Résistance au glissement : conditions drainées et non drainées
Le non-glissement doit être vérifié pour les ELU fondamentaux, accidentels et sismiques, les vérifications sismiques relevant de l'Eurocode 8. Le facteur partiel pour la résistance au glissement γR;h vaut 1,1 aux ELU fondamentaux (situations durables et transitoires) et 1,0 aux ELU accidentels. Le coefficient de modèle associé γR;d;h vaut 1,1 dans les deux cas.
En conditions non drainées (cu > 0 et φu voisin de 0, sols cohérents), la résistance ultime au glissement se calcule à partir de la cohésion non drainée caractéristique du terrain d'assise et de la surface effective A'. En conditions drainées (φ' > 0, sols frottants), elle se calcule à partir de la composante verticale Vd et de l'angle de frottement à l'interface δa;k entre la base de la fondation et le terrain.
Pour les fondations coulées en place, la valeur de calcul de cet angle d'interface peut être prise égale à l'angle de frottement à l'état critique φ'crit. Pour les fondations préfabriquées lisses, la norme retient une valeur réduite. C'est une distinction pratique : une semelle préfabriquée posée sur un lit de sable ne mobilise pas le même frottement qu'une semelle coulée à même le fond de fouille.
Tassements : ce que la norme demande vraiment
Les annexes H, I et J de la NF P 94-261 traitent l'estimation des tassements. La méthode la plus courante en France exploite les modules pressiométriques de Ménard : elle estime le tassement final vertical en additionnant un tassement sphérique, lié aux déformations volumiques, et un tassement déviatorique, lié aux déformations de cisaillement. Pour un sol homogène, elle s'applique sur une épaisseur au moins égale à 8B sous la semelle.
Une seconde famille de méthodes exploite la résistance de pointe pénétrométrique ; la profondeur de la zone d'influence des tassements y vaut 2B ou 4B selon la forme de la semelle. Ces méthodes sont adaptées à des chargements proches de ceux de l'ELS quasi-permanent.
Les tassements calculés doivent ensuite être comparés à des valeurs seuil de rotations admissibles, définies en fonction de la structure portée. Il n'existe pas de « tassement maximal réglementaire » universel : le critère est celui que la structure peut absorber, ce qui est une exigence de projet et non une constante. Un portique béton, une charpente métallique articulée et un mur en maçonnerie de pierre n'ont pas la même tolérance au tassement différentiel.
La norme signale enfin le cas d'une couche molle intercalée : le calcul du tassement doit alors être complété d'un supplément de tassement dû à cette couche, calculé avec son module propre. C'est le scénario type du remblai ancien ou de la lentille argileuse repérée par un seul sondage.
Erreurs fréquentes en conception de fondations superficielles
La première erreur est de prescrire au CCTP un calcul « selon DTU 13.12 ». Ce texte est annulé depuis 2019 ; la référence à retenir est NF DTU 13.1 pour l'exécution et NF P 94-261 avec l'Eurocode 7 pour la justification. Le second effet de cette erreur est plus grave : elle laisse croire que le rapport de sol suffit, alors que le NF DTU 13.1 exige une mission G2 PRO.
La deuxième erreur est de raisonner en « contrainte admissible » unique. Le rapport géotechnique fournit des paramètres (pressions limites, modules, résistances de pointe) qui doivent être combinés aux facteurs partiels correspondant à l'état limite vérifié — 1,4 à l'ELU durable, 2,3 à l'ELS. Utiliser une seule valeur pour tout revient à ignorer le fait que la portance et le tassement ne sont pas dimensionnés par la même combinaison.
La troisième erreur porte sur l'excentrement. Une semelle de rive ou une semelle de poteau reprenant un moment de portique franchit vite le seuil de B/3, à partir duquel la norme impose des précautions spéciales et, à défaut, une tolérance d'implantation de 10 cm prise défavorablement. Négliger ce point conduit à des semelles sous-dimensionnées côté rive, exactement là où le tassement différentiel est le plus visible en façade.
La quatrième erreur est d'oublier l'encastrement nul en situation sismique : le gain de portance apporté par la profondeur d'assise, légitime en statique, ne peut pas être mobilisé de la même façon en sismique. Enfin, la cinquième erreur est de dimensionner la portance sans jamais vérifier le glissement d'une semelle soumise à un effort horizontal — poussée de terres, effort de vent en pied de poteau, poussée de voûte — alors que le facteur partiel γR;h de 1,1 laisse peu de marge.
Sources officielles et documents liés
Les textes de référence sont le NF DTU 13.1 P1-1, P1-2 et P2 de septembre 2019 (liste des DTU en vigueur, CSTB, 9 juillet 2025, cstb.fr), la NF EN 1997-1 (Eurocode 7 — Calcul géotechnique, partie 1 : règles générales) et sa norme d'application NF P 94-261 pour les fondations superficielles.
Le guide méthodologique du Cerema « Eurocode 7 — Application aux fondations superficielles (NF P94-261) » de décembre 2015 (piles.cerema.fr) explicite formule par formule le contenu de la norme : facteurs de portance, coefficients de réduction, facteurs partiels, tassements. C'est le document public le plus complet sur le sujet.
Sur le remplacement du DTU 13.12, voir l'actualité de la CAPEB « NF DTU 13.1 : nouveau DTU pour les fondations superficielles » (capeb.fr). Les missions géotechniques sont normalisées par la NF P 94-500. Les fondations profondes relèvent quant à elles de la NF P 94-262 et du NF DTU 13.2.
Glossaire NF DTU 13.12
- ple* (pression limite nette équivalente)
- Grandeur issue de l'essai pressiométrique Ménard, représentative du terrain sous la fondation, utilisée dans la formule D.2.1 de la NF P 94-261 pour calculer la résistance nette du terrain.
- kp (facteur de portance pressiométrique)
- Coefficient dépendant de la forme de la semelle et de son encastrement relatif De/B. Calculé séparément pour B/L = 0 (semelle filante) et B/L = 1 (semelle carrée ou circulaire), puis combiné pour une semelle rectangulaire.
- γR;v (facteur partiel de portance)
- Facteur partiel appliqué à la résistance du terrain : 1,4 aux ELU durables et transitoires, 1,2 aux ELU accidentels, 2,3 aux ELS caractéristiques et quasi-permanents (Tableau 19 du guide Cerema, d'après NF P 94-261).
- γR;d;v (coefficient de modèle)
- Coefficient associé à la méthode de calcul, commun aux différents états limites. Il vaut 1,2 pour les méthodes pressiométrique et pénétrométrique.
- Surface effective A' (Meyerhof)
- Surface réduite de la fondation prise en compte sous chargement excentré, définie à l'annexe Q de la NF P 94-261. Elle sert à la fois aux vérifications de portance et de glissement.
- ie / iδ / iβ
- Coefficients de réduction de la portance liés respectivement à l'excentrement du chargement, à l'inclinaison de la charge et à la proximité d'un talus.
- Mission G2 PRO
- Mission d'étude géotechnique de conception au stade projet, au sens de la NF P 94-500. Elle est exigée dans les données d'exécution du NF DTU 13.1 de septembre 2019.
- Tassement sphérique et déviatorique
- Décomposition du tassement dans la méthode pressiométrique de Ménard : le tassement sphérique traduit les déformations volumiques, le tassement déviatorique les déformations de cisaillement. Le tassement final est leur somme.
Questions fréquentes sur NF DTU 13.12
Qu'est-ce que NF DTU 13.12 ?
NF DTU 13.12 - Règles pour le calcul des fondations superficielles. Le DTU 13.12 « Règles pour le calcul des fondations superficielles » date de mars 1988 et n'est plus en vigueur : il a été annulé et remplacé, avec le DTU 13.11, par le NF DTU 13.1 « Fondations superficielles » de septembre 2019. Le calcul et le dimensionnement des semelles relèvent désormais de l'Eurocode 7 (NF EN 1997-1) et de sa norme d'application française NF P 94-261. Cette fiche restitue le cadre de calcul réellement applicable aujourd'hui — résistance nette du terrain, facteurs partiels, excentrement, glissement, tassements — et signale ce qui, dans les CCTP anciens, renvoie encore à un texte abrogé. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF DTU 13.12 ?
Le domaine d'application couvre : Calcul et vérification des fondations superficielles (semelles isolées, filantes, radiers) : portance du terrain, excentrement du chargement, résistance au glissement et estimation des tassements. Domaine désormais couvert par le NF DTU 13.1 (exécution) et par la NF P 94-261 / Eurocode 7 (justification), le DTU 13.12 de mars 1988 étant annulé. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF DTU 13.12 sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Le DTU 13.12 est-il encore applicable ?
Non. Le DTU 13.12 « Règles pour le calcul des fondations superficielles » de mars 1988 a été annulé et remplacé, avec le DTU 13.11 de mars 1988 et son amendement A1 de juin 1997, par le NF DTU 13.1 « Fondations superficielles » publié en septembre 2019. La liste des DTU en vigueur du CSTB au 9 juillet 2025 ne référence plus que le NF DTU 13.1 pour la série 13.
Quel texte utiliser aujourd'hui pour calculer une semelle ?
L'Eurocode 7 (NF EN 1997-1) et sa norme d'application française NF P 94-261 pour les fondations superficielles. Le NF DTU 13.1 traite l'exécution ; il ne contient pas les règles de calcul, qui ont été transférées aux Eurocodes et à leurs documents d'application nationaux.
Quelles sont les valeurs des facteurs partiels de portance ?
γR;v vaut 1,4 aux ELU durables et transitoires, 1,2 aux ELU accidentels, et 2,3 aux ELS caractéristiques comme quasi-permanents. Le coefficient de modèle γR;d;v vaut 1,2 pour les méthodes pressiométrique et pénétrométrique. En situation sismique, γR;v reste à 1,4 et γM vaut 1,4 pour les sols.
À partir de quel excentrement faut-il prendre des précautions particulières ?
Lorsque l'excentricité dépasse un tiers de la largeur d'une semelle rectangulaire, ou 30 % du diamètre d'une semelle circulaire. Il faut alors examiner la raideur du sol support, vérifier en détail les valeurs de calcul des actions et tenir compte des tolérances de construction ; à défaut, appliquer une tolérance de 0,10 m sur les dimensions de la semelle, prise défavorablement.
Quel facteur partiel pour la vérification au glissement ?
γR;h vaut 1,1 aux ELU fondamentaux (situations durables et transitoires) et 1,0 aux ELU accidentels ; le coefficient de modèle γR;d;h vaut 1,1. Pour les fondations coulées en place, l'angle de frottement d'interface peut être pris égal à l'angle de frottement à l'état critique φ'crit.
Une étude de sol G2 PRO est-elle obligatoire ?
Elle est exigée par le NF DTU 13.1 de septembre 2019 dans les données essentielles à l'exécution, en prolongement des dispositions de la loi ELAN de 2018. Une mission G1 seule ne permet pas d'entrer dans le domaine du DTU : elle ne fournit pas les paramètres de calcul nécessaires à la justification selon la NF P 94-261.
Existe-t-il un tassement maximal réglementaire ?
Non. La NF P 94-261 demande de comparer les tassements calculés à des valeurs seuil de rotations admissibles définies en fonction de la structure portée. Le critère dépend donc de l'ouvrage : une maçonnerie de pierre, un portique béton et une charpente métallique articulée n'ont pas la même tolérance au tassement différentiel.
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Le NF DTU 13.1 (P 11-201), edition septembre 2019, propose les clauses types de mise en oeuvre des fondations superficielles et semi-profondes en beton ou en beton arme : semelles filantes, semelles isolees, radiers generaux et massifs semi-profonds appeles puits courts. Il remplace le NF DTU 13.11 de juin 1997 et son amendement A1 ainsi que le NF DTU 13.12 de mars 1988. Il fixe la largeur minimale des semelles, l'epaisseur du beton de proprete, l'enrobage des armatures, la classe de resistance minimale du beton, les tolerances d'execution des fouilles et la methode de determination de la profondeur hors gel. Il ne traite ni la conception ni le dimensionnement, qui relevent des Eurocodes et de la NF P 94-261.
NF DTU 13.2 - Travaux de fondations profondes
Le NF DTU 13.2 (P 94-253) fixe les prescriptions d'exécution des fondations profondes et des fondations composites : pieux fores et barrettes, pieux avec refoulement de sol, micropieux et puits. Il complete les normes d'execution NF EN 1536, NF EN 12699 et NF EN 14199 sans s'y substituer. Il encadre le dossier geotechnique fourni au DCE, le curage de fond de pieu, le betonnage a sec ou en condition immergee, le recepage et les controles d'integrite. Un curage insuffisant, un tube plongeur mal amorce ou un recepage trop court compromettent la portance et la durabilite.
NF DTU 13.3 — Dallages : conception, calcul et exécution
Le NF DTU 13.3, révisé en décembre 2021, fixe les règles de conception, de calcul et d'exécution des dallages en béton à base de liants hydrauliques. Il se décline en deux cahiers des clauses techniques distincts : la partie 1-1-1 pour tous types d'ouvrages hors maisons individuelles, et la partie 1-1-2 pour les dallages de maisons individuelles. Il encadre la reconnaissance géotechnique, la forme et l'interface, l'épaisseur nominale, les armatures, le calepinage des joints, les conditions climatiques de bétonnage, les tolérances d'épaisseur, d'altitude, de planéité et de désaffleurement, et les délais de mise en service. Le DTU annonce explicitement viser à maîtriser la fissuration du béton, sans prétendre en éviter la formation.
NF DTU 13.11 - Fondations superficielles - Cahier des clauses spéciales (annulé, remplacé par le NF DTU 13.1 P2)
Le DTU 13.11 « Fondations superficielles » (NF P 11-211) date de mars 1988 et a été amendé en juin 1997. Il n'est plus en vigueur : les normes NF DTU 13.1 P1-1, P1-2 et P2, homologuées en août 2019 et publiées en septembre 2019, l'ont annulé et remplacé. Les clauses administratives spéciales d'un marché de fondations superficielles relèvent désormais du NF DTU 13.1 P2, et les clauses techniques du NF DTU 13.1 P1-1. Cette fiche restitue le contenu réellement applicable — consistance du marché, travaux exclus, coordination, réservations, règlement des difficultés — et corrige les valeurs d'exécution qui étaient auparavant attribuées à ce DTU.
NF DTU 14.1 — Travaux de cuvelage
Le NF DTU 14.1 P1-1 (novembre 2020, indice de classement P 11-221-1-1) définit les conditions d'exécution des travaux de cuvelage de la partie immergée des bâtiments, la structure résistante, ses retours et les ouvrages solidarisés étant réalisés en béton armé ou précontraint. Il distingue trois techniques — cuvelage avec revêtement d'imperméabilisation appliqué en intrados, cuvelage à structure relativement étanche sans revêtement, cuvelage avec revêtement d'étanchéité appliqué en extrados — et il chiffre pour chacune les niveaux d'eau de calcul (EB, EH, EE, EI), les limites de contrainte des aciers tendus, l'épaisseur minimale des voiles, les pourcentages minimaux d'armatures, les épaisseurs de revêtement et les modalités de contrôle. Un niveau d'eau non défini aux DPM, un support livré sans cohésion superficielle suffisante ou un compartimentage d'étanchéité absent conduisent à des venues d'eau que l'on ne sait plus localiser ni traiter.
NF DTU 20.1 — Ouvrages en maçonnerie de petits éléments (parois et murs)
Le NF DTU 20.1 est le texte de référence de la maçonnerie de petits éléments : blocs de béton de granulats, briques de terre cuite, blocs de béton cellulaire autoclavé, pierre naturelle et blocs de coffrage. Sa partie 1-1 (juillet 2020) fixe l'appareillage, le hourdage à joints épais, minces ou semi-épais, les maçonneries de soubassement et la protection contre les remontées d'humidité, les chaînages horizontaux, verticaux et inclinés, les linteaux et appuis de baies, les jonctions d'angle et en Té, et les tolérances d'exécution. Un décalage de joints insuffisant, un chaînage sous-dimensionné ou une coupure de capillarité mal positionnée sont les trois désordres les plus fréquemment relevés en expertise sur ce lot.
Informations
Dernière mise à jour
Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024
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NF DTU 13.12 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. fondations, calcul, dimensionnement, semelles, portance, Eurocode 7, NF P 94-261, NF DTU 13.1, pressiomètre, tassement, DTU annulé.