NF DTU 54.1 - Revêtements de sol coulés à base de résine de synthèse
Le NF DTU 54.1 P1-1 (P 62-206-1-1, 24 février 2018) définit les clauses techniques d'exécution, sur supports neufs et anciens, des systèmes de revêtement de sol d'une épaisseur supérieure ou égale à 1 mm à liant résine — époxydique, polyuréthanne, méthacrylate, époxy uréthannes — livrés en kits prédosés dont le mélange des composants se fait in situ. Il fixe les données essentielles préalables à l'offre, les caractéristiques et tolérances des supports admissibles, la préparation mécanique, le traitement des points singuliers (fissures, joints, siphons, jonctions périphériques) et les conditions d'application et de polymérisation.
Domaine d'application
Systèmes de revêtement de sol coulés d'une épaisseur ≥ 1 mm à liant résine de synthèse (époxydique, polyuréthanne, méthacrylate, époxy uréthannes) livrés en kits prédosés mélangés in situ, appliqués sur chapes, dalles et planchers intermédiaires neufs, anciens non recouverts ou mis à nu, chapes fluides à base de ciment, chapes anciennes à base de sulfate de calcium ou d'asphalte mises à nu, planchers ou dallages traités par saupoudrage d'une couche d'usure, et revêtements existants conservés. Locaux intérieurs où prédominent des sollicitations de trafic et d'activités humaines usuelles, avec des charges ≤ 10 kN/m² ou ≤ 10 kN concentrées. Applicable dans toutes les zones climatiques françaises
Règles principales
Domaine et exclusions du NF DTU 54.1
Le document définit les clauses techniques d'exécution, sur supports neufs et anciens, des systèmes de revêtement d'une épaisseur ≥ 1 mm à liant résine (époxydique, polyuréthanne, méthacrylate, époxy uréthannes) livrés en kits prédosés dont le mélange se fait in situ, dans des locaux intérieurs à sollicitations de trafic et d'activités humaines usuelles avec charges ≤ 10 kN/m² ou ≤ 10 kN concentrées.
Ne sont pas visés : chapes magnésiennes, chapes à base de sulfate de calcium neuves et anciennes en locaux humides, planchers rayonnants électriques, sous-couches isolantes thermiques ou phoniques, supports susceptibles de remontées d'humidité en support direct.
Données essentielles préalables à l'offre
Destination de l'ouvrage et conditions d'utilisation ; prescriptions relatives au support par référence aux tableaux 1 et 2 ; détails techniques du support (tolérances planimétriques et surfaciques), plan d'implantation des joints, des joints de dilatation et des formes de pente avec localisation des évacuations ; informations sur le produit de cure et les huiles de démoulage ; rénovation partielle ou totale ; site occupé ou non ; identification de la nature des supports et des éléments porteurs ; sollicitation du local ; charge admise ; localisation des zones de revêtement conservé et de support remis à nu ; localisation et traitement des joints de dilatation ; repérage et quantification des fissures et joints de retrait ; localisation des joints de fractionnement conservés ; repérage des autres points singuliers ; délai avant réoccupation ; température et hygrométrie lors des travaux ; planéité et niveau requis ; teintes retenues
Reconnaissance contradictoire des supports
Préalablement à la mise en œuvre, l'entrepreneur réalise contradictoirement avec le maître d'ouvrage, ou son représentant par délégation, la reconnaissance des supports. Cette opération a pour objet de vérifier que les supports et, le cas échéant, les ouvrages subjacents sont admissibles par référence au document. 2 pour les supports anciens).
Caractéristiques exigées du support (tableau 1)
Classe (supports neufs uniquement) : ≥ C 16 en sollicitations faibles, ≥ C 20 en modérées, ≥ C 25 en fortes et fortes avec chocs (NF EN 13813 pour les mortiers, NF EN 206/CN pour les bétons). Résistance en compression : ≥ 16 / 20 / 25 / 25 MPa (NF EN 13892-2). 2).
Adhérence sur ancien carrelage ou assimilé : R ≥ 0,5 / 0,7 / 1 / 1 MPa (traction NF EN 13892-8). Adhérence sur ancienne résine : R ≥ 0,7 / 1 / 1,5 / 1,5 MPa.
Humidité résiduelle du support
1 de l'annexe B. Support ancien à base de sulfate de calcium : humidité résiduelle ≤ 0,5 %, mesurée à la bombe au carbure dans toute l'épaisseur du support.
Tolérances de planéité et pentes du support
2). Sauf dispositions contraires des DPM, dans les locaux avec siphons la pente générale doit être supérieure ou égale à 1 cm par mètre.
Supports neufs admissibles et délais
Les éléments porteurs doivent être âgés d'au moins 28 jours et les ouvrages rapportés d'au moins 10 jours avant l'application du système. Sont admis : dalles en béton, chapes adhérentes ou rapportées et chapes désolidarisées ou flottantes conformes au NF DTU 26.2 (désolidarisées des murs et éléments traversants par un joint, au droit de chaque baie de porte et à la jonction de deux dalles différentes) ; planchers-dalles conformes au NF DTU 21 avec continuité sur appui ; dalles pleines BA coulées in situ ou sur prédalles BA/BP avec continuité sur appui ; planchers nervurés à poutrelles avec dalle de répartition complète coulée en œuvre ; planchers à dalles alvéolées avec dalles collaborantes et maîtrise des fissurations au sens du NF DTU 23.2 ; planchers sur vide sanitaire isolé, ventilé et sur terrain débarrassé de toute terre végétale
Planchers et dalles chauffants
14 P1 pour les dalles chauffantes sur isolant. La température de surface ne sera en aucun cas supérieure à 28 °C. Le séchage naturel du support doit être complété par la mise en route du chauffage avant la pose ; le chauffage sera interrompu 48 heures avant l'application du système et ne sera remis en route que 48 heures après la pose.
Exceptions :
- • Canalisations émergeant du support: Les règles de l'art des sols chauffants prévoient que les canalisations émergent du support dans un fourreau dépassant d'au moins 1 cm le niveau du revêtement fini
- • Planchers rayonnants électriques (PRE): Ils sont exclus du domaine d'application du NF DTU 54.1
Supports anciens et revêtements conservés
3, chapes fluides à base de ciment, chapes fluides à base de sulfate de calcium, chapes asphaltes suivant le cahier des charges de l'Office des Asphaltes, dalles traitées par incorporation d'une couche d'usure.
Revêtements existants conservables : carreaux céramiques (NF EN 14411), pierres naturelles (NF B 10-601), sols poncés à granulats naturels à base de liant hydraulique et résine, revêtements de sol coulés à base de résine de synthèse d'épaisseur ≥ 1 mm, mortiers à base de résines synthétiques.
Exceptions :
- • Revêtements existants et produits d'interface: Sauf dispositions contraires des DPM, le CCS indique qu'ils sont supposés être déposés avant l'intervention du titulaire du lot revêtement de sol
Préparation mécanique des supports
Les supports à base de liants hydrauliques sont préparés mécaniquement à l'aide d'une grenailleuse, d'un rabot, par des projections abrasives ou par ponçage à sec avec aspiration à la source, ces traitements étant suivis d'une élimination des particules détachées par aspiration intensive. Ils doivent éliminer les dépôts superficiels qui recouvrent le support et la laitance qui fragilise l'adhérence des systèmes.
Pour les supports anciens, les dispositions spécifiques minimales à observer sont décrites dans l'annexe D normative (anciens supports remis à nu, anciens carrelages conservés, anciens sols en résine coulés).
Exceptions :
- • Fissures révélées par la préparation mécanique: Si des fissures non visées par le document ni par les DPM apparaissent, l'entreprise en informe immédiatement le maître d'ouvrage pour qu'il puisse prendre les dispositions nécessaires
Essais de convenance sur supports anciens
Des essais de convenance sont nécessaires lorsque les anciens revêtements sont conservés, sur ancienne chape de sulfate de calcium, sur ancienne chape asphalte ou sur chape ancienne non identifiée. Les valeurs obtenues doivent être conformes au tableau 1 : critère « cohésion du support » pour les chapes sulfate de calcium, asphaltes ou non identifiées conservées ; critère « adhérence (ancien carrelage) » pour les carreaux céramiques, pierres naturelles ou sols poncés à liant hydraulique conservés ; critère « adhérence (ancienne résine) » pour les sols ou mortiers de résine et sols poncés à liant résine conservés
Contrôle des conditions d'application
Avant de commencer, l'entrepreneur vérifie que : les locaux clos et couverts de l'ouvrage sont réalisés et interdits aux autres corps d'état ; les surfaces à recouvrir sont libérées ; l'humidité résiduelle du support est conforme au tableau 1 ; les conditions d'application ne seront pas modifiées durant l'application et la polymérisation ; la température des locaux est comprise entre 5 °C et 40 °C suivant le type de produit et les recommandations du concepteur ; la température du support est supérieure de 3 °C au point de rosée ; l'humidité relative est inférieure ou égale à 85 %
Exceptions :
- • Produits tolérant une hygrométrie supérieure: Une note du texte indique qu'il existe des produits qui peuvent tolérer des valeurs d'humidité relative supérieures à 85 %
Ancrage des bords et arrêts de revêtement
À tous les arrêts du système de revêtement et aux jonctions entre deux revêtements (seuil de porte, bord d'allée, jonction d'un support revêtu à un non-revêtu), il faut réaliser une saignée d'au moins 5 mm de large et 10 mm de profondeur avec chanfrein, dans laquelle le système de revêtement viendra s'ancrer.
À tous les arrêts à la jonction d'une chape désolidarisée sur isolant avec bande compressible et d'un support adjacent, un fond de joint et un mastic viennent obstruer le joint. Lorsqu'il y a une différence de niveau, au droit d'un revêtement plus épais, l'entreprise peut procéder à un rattrapage de niveau.
Traitement des fissures et des joints de retrait
Les fissures sans désaffleurement liées au retrait du béton et de largeur inférieure à 0,3 mm ne nécessitent pas de traitement particulier.
Le document ne traite pas les fissures > 0,3 mm et ≤ 0,8 mm : lorsque les DPM précisent que l'entreprise doit chiffrer leur traitement, elles sont traitées en ouvrant la fissure sur 10 mm de profondeur minimum, la saignée étant rebouchée à l'aide d'un mortier de résine homogène et compatible avec le système retenu.
Les joints de retrait, sauf dispositions contraires des DPM garantissant leur stabilité, sont repérés, ouverts comme une fissure et remplis à l'aide d'un mortier de résine avant application, puis sciés à nouveau après durcissement et remplis avec un fond de joint puis un mastic adapté.
Joints de dilatation, de mouvement et de pourtour
Les joints de mouvement et de pourtour ne peuvent être traités que selon les informations fournies par le maître d'ouvrage, précisant le type de joint et les contraintes mécaniques, de dilatation et d'étanchéité. La résistance mécanique du support au droit des joints de dilatation doit répondre aux contraintes auxquelles est soumis le système de revêtement, ces parties devant en conséquence être renforcées.
En l'absence de profilés métalliques, l'entreprise chanfreine le support de part et d'autre du joint ; après mise en œuvre du mortier de résine et du revêtement, le joint est scié avant mise en œuvre du fond de joint et du mastic.
Caniveaux, siphons et jonctions périphériques
Autour des caniveaux, galeries techniques et siphons, une saignée supérieure à 10 mm est réalisée sur leur pourtour et le système de revêtement vient la remplir ; sur anciens carrelages, les carreaux au pourtour de l'écoulement sont déposés ainsi que les produits sous-jacents pour procéder au rattrapage de niveau au droit du siphon.
Dans les pièces sèches des locaux d'habitation et les locaux sans présence d'eau fréquente, le revêtement est simplement arasé. En cas de chapes désolidarisées, chapes sur isolant, dalles chauffantes et planchers chauffants réalisés avec bande compressible périphérique, le revêtement est coulé sans enlever la bande, de façon à éviter tout contact avec les parois.
Lorsque les locaux sont munis d'un dispositif d'évacuation d'eau, le revêtement est appliqué en remontée en plinthe, les remontées habillées en résine s'arrêtant aux huisseries verticales des portes et baies.
Préparation des produits et application
L'entreprise prépare les produits dans une zone balisée, interdite aux autres corps d'état et protégée (polyane, cartons, moquettes) afin de ne pas polluer le support par des projections de résine lors du transport, de l'ouverture des pots et du mélange.
Pour les produits prédosés en usine, la partie contenant la coloration est préalablement mélangée afin d'en contrôler la couleur avant de procéder au mélange ; pour les produits dosés sur place, l'entreprise s'assure des dosages et mélanges. Le temps de mélange, la vitesse de malaxage, la durée pratique d'utilisation et les délais de recouvrement prescrits dans la fiche système du concepteur doivent être respectés.
Durée et conditions de polymérisation
L'entreprise doit porter une attention particulière aux conditions de polymérisation induites par l'hygrométrie ambiante, la température du local et du support. Ces conditions définissent une durée à une température donnée : à des températures inférieures la durée de durcissement augmente fortement, à des températures supérieures elle diminue.
Pendant toute la période de durcissement du système, la température du support doit être maintenue à 3 °C au-dessus du point de rosée afin d'éviter des défauts de surface.
Fin de travaux et contrôle de l'aspect
La fin des travaux se fait contradictoirement, immédiatement après le durcissement complet des revêtements et avant toute circulation. L'entreprise transmet au maître d'ouvrage la fiche d'entretien du revêtement contre décharge.
Les points de contrôle portent sur la conformité de l'exécution aux règles du document et au descriptif du marché, la conformité de l'exécution des points particuliers soumis à avis autorisé et/ou aux DPM, et l'homogénéité de l'aspect et de la teinte. Les tolérances de planéité du système de revêtement sont, au plus, égales à celles du support préparé ou à celle du revêtement en place conservé.
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Humidité résiduelle du support hydraulique | ≤ 4,5 % | Bombe au carbure à 4 cm de profondeur minimum dans le support (§ B.1 de l'annexe B) |
| Humidité résiduelle du support ancien en sulfate de calcium | ≤ 0,5 % | Bombe au carbure dans toute l'épaisseur du support (§ B.1 de l'annexe B) |
| Cohésion du support | R ≥ 0,7 / 1 / 1,5 / 1,5 MPa | Sollicitations faibles / modérées / fortes / fortes avec chocs ; méthode annexe A du NF DTU 26.2 |
| Adhérence sur ancien carrelage ou assimilé | R ≥ 0,5 / 0,7 / 1 / 1 MPa | Adhérence par traction NF EN 13892-8, selon le niveau de sollicitation |
| Adhérence sur ancienne résine | R ≥ 0,7 / 1 / 1,5 / 1,5 MPa | Adhérence par traction NF EN 13892-8, selon le niveau de sollicitation |
| Porosité du support | > 60 s et < 240 s | Test à la goutte d'eau selon le § B.2 de l'annexe B, tous niveaux de sollicitation |
| Planéité des supports neufs — dalles et planchers lissés | 7 mm à la règle de 2 m ; 2 mm au réglet de 0,20 m | Référence NF DTU 21 (tableau 2) |
| Planéité des supports neufs — chapes et dalles | 5 mm à la règle de 2 m ; 2 mm au réglet de 0,20 m | Chapes et dalles adhérentes, désolidarisées ou flottantes ; référence NF DTU 26.2 (tableau 2) |
| Planéité du système de revêtement fini | Au plus égale à celle du support préparé | Ou à celle du revêtement en place conservé (§ 8) |
| Température des locaux à l'application | 5 °C à 40 °C | Suivant le type de produit et les recommandations du concepteur (§ 7.1) |
| Écart au point de rosée | Température du support > point de rosée + 3 °C | À l'application et pendant toute la période de durcissement (§ 7.1 et 7.3.2.5) |
| Humidité relative à l'application | ≤ 85 % | Sauf produits déclarés tolérant des valeurs supérieures (§ 7.1) |
| Température de surface des planchers chauffants | ≤ 28 °C | En aucun cas supérieure (§ 5.2.1.3) |
| Fissures du support | ≤ 0,3 mm sans traitement ; > 0,3 mm et ≤ 0,8 mm traitées si mentionné aux DPM | Fissures sans désaffleurement liées au retrait du béton (tableau 1 et § 7.2.2) |
Dimensions réglementaires
Épaisseur minimale du système de revêtement
Seuil du domaine d'application ; en deçà, il s'agit de peintures de sol non visées (§ 1)
Charges admissibles des locaux visés
Locaux intérieurs à sollicitations de trafic et activités humaines usuelles (§ 1)
Classe minimale du support neuf
Sollicitations faibles / modérées / fortes / fortes avec chocs (NF EN 13813, NF EN 206/CN)
Résistance en compression du support
Essais NF EN 13892-2, selon le niveau de sollicitation (tableau 1)
Âge minimal des éléments porteurs
Moyenne de fin de retrait du béton ; ouvrages rapportés : 10 jours minimum (§ 5.2.1)
Pente générale dans les locaux avec siphons
Sauf dispositions contraires des DPM ; risque de contre-pentes en deçà de 2 % (§ 5.2)
Saignée d'ancrage des bords de revêtement
À tous les arrêts et jonctions entre deux revêtements (§ 7.2.1)
Saignée au pourtour des caniveaux et siphons
Le système de revêtement vient remplir la saignée (§ 7.2.6)
Ouverture des fissures traitées
Fissures > 0,3 mm et ≤ 0,8 mm, si leur traitement est mentionné aux DPM (§ 7.2.2)
Dépassement du fourreau de canalisation au-dessus du revêtement fini
Règles de l'art des sols chauffants rappelées en note du § 5.2.1.3
Interruption du chauffage avant et après pose
Planchers chauffants et dalles chauffantes désolidarisées sur isolant (§ 7.1)
Conditions d'observation de l'aspect fini
Éclairage non rasant (§ 8, figure 15)
Comprendre NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206)
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206), le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206) couvre : Systèmes de revêtement de sol coulés d'une épaisseur ≥ 1 mm à liant résine de synthèse (époxydique, polyuréthanne, méthacrylate, époxy uréthannes) livrés en kits prédosés mélangés in situ, appliqués sur chapes, dalles et planchers intermédiaires neufs, anciens non recouverts ou mis à nu, chapes fluides à base de ciment, chapes anciennes à base de sulfate de calcium ou d'asphalte mises à nu, planchers ou dallages traités par saupoudrage d'une couche d'usure, et revêtements existants conservés. Locaux intérieurs où prédominent des sollicitations de trafic et d'activités humaines usuelles, avec des charges ≤ 10 kN/m² ou ≤ 10 kN concentrées. Applicable dans toutes les zones climatiques françaises. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206)
Le NF DTU 54.1 « Travaux de bâtiment — Revêtements de sol coulés à base de résine de synthèse » comporte trois parties : la partie P1-1 (cahier des clauses techniques types, indice de classement P 62-206-1-1), la partie P1-2 (critères généraux de choix des matériaux) et la partie P2 (cahier des clauses spéciales). La partie P1-1 consultée ici est datée du 24 février 2018 et remplace la norme homologuée NF DTU 54.1 P1-1 de janvier 2008.
La révision de 2018 porte essentiellement sur l'introduction des travaux de rénovation, qui n'étaient pas décrits dans la version de 2008. Les annexes du cahier des clauses techniques portant sur la reconnaissance des supports ont été étoffées, et le cahier des clauses spéciales s'est doté d'une annexe A constituant un mémento pour la rédaction du dossier de consultation destiné à aider les maîtres d'ouvrages dans leurs conceptions.
Le seuil de 1 mm d'épaisseur est la frontière du domaine : en dessous, on est dans le champ des peintures de sol, hors NF DTU 54.1. Le texte exclut également les systèmes de revêtement poncés, ceux à propriétés d'étanchéité, ceux à propriétés électriques, les systèmes sportifs, les systèmes dans les cuisines collectives et les systèmes sur dallages situés en zone inondable. Il ne vise pas non plus la dépose ou le traitement des joints de dilatation eux-mêmes.
Pour la maîtrise d'œuvre, l'essentiel de la valeur de ce DTU tient dans deux dispositifs : la liste des données essentielles de l'article 5.1, qui conditionne la validité de l'offre, et la reconnaissance contradictoire des supports préalable à la mise en œuvre, consignée dans le rapport de l'annexe A normative. Un chantier de résine engagé sans reconnaissance contradictoire ni mesure d'humidité résiduelle est un chantier hors DTU dès la première couche.
Comprendre en détail NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206)
Domaine d'application : ce qui est visé et ce qui ne l'est pas
Le document vise l'application des systèmes de revêtement sur chapes, dalles et planchers intermédiaires neufs, anciens non recouverts ou mis à nu ; sur chapes fluides à base de ciment ; sur chapes anciennes à base de sulfate de calcium mises à nu ; sur chapes asphaltes anciennes ou mises à nu ; sur planchers intermédiaires ou dallages traités par saupoudrage d'une couche d'usure ; et sur les revêtements existants conservés énumérés au paragraphe 5.2.2.2.
Il s'applique dans des locaux intérieurs où prédominent des sollicitations résultant d'un trafic et des activités humaines usuelles, avec des charges inférieures ou égales à 10 kN/m² ou inférieures ou égales à 10 kN concentrées. Le classement UPEC des locaux est cité en note comme proposant une liste de correspondances, mais il n'est pas la règle de dimensionnement : ce sont les quatre niveaux de sollicitation du tableau 1 — faibles, modérées, fortes, fortes avec chocs — qui commandent les exigences de support.
Cinq familles de supports sont exclues : les chapes magnésiennes ; les chapes à base de sulfate de calcium neuves et anciennes en locaux humides ; les planchers rayonnants électriques ; les sous-couches isolantes thermiques ou phoniques ; et les supports susceptibles de présenter des risques de remontées d'humidité quand ils sont considérés comme supports directs. Cette dernière catégorie est détaillée en note et couvre notamment les dallages armés, y compris avec interface anticapillaire ou pare-vapeur, les dalles béton coulées sur ouvrage d'étanchéité conformément au NF DTU 43.6 ou sur système d'étanchéité liquide, les planchers sur bacs acier collaborants, les planchers sur vide sanitaire non ventilé et les planchers au-dessus d'un local à très forte hygrométrie au sens du NF DTU 20.1.
Sept types de mise en œuvre sont également hors champ : les peintures et systèmes de revêtement inférieurs à 1 mm d'épaisseur, les systèmes poncés, les systèmes à propriétés d'étanchéité, les systèmes à propriétés électriques, les systèmes sportifs, les systèmes dans les cuisines collectives, et les systèmes sur dallages situés en zone inondable. Un CCTP qui prescrit « NF DTU 54.1 » pour une cuisine collective ou pour un sol antistatique est donc en dehors du référentiel.
Données essentielles : ce que le maître d'ouvrage doit fournir
L'article 5.1 énumère les données essentielles indispensables pour déterminer les travaux à réaliser. Elles couvrent d'abord le programme : destination de l'ouvrage et conditions d'utilisation du revêtement, sollicitation du local, charge admise afin d'exclure les travaux de rénovation avec des charges rapportées supérieures à cette limite, délai avant réoccupation du local, temps disponible pour l'exécution, le séchage et la mise en service, teintes retenues.
Elles couvrent ensuite le support : prescriptions par référence aux tableaux 1 et 2 du document, détails techniques du support (tolérances planimétriques et surfaciques), plan d'implantation des joints, des joints de dilatation et des formes de pente avec localisation des évacuations, informations relatives au produit de cure et aux huiles de démoulage pour les supports à base de liant hydraulique, identification de la nature des supports et des éléments porteurs.
Elles couvrent enfin le cas de la rénovation : indication d'une rénovation partielle ou totale, site occupé ou non, localisation des zones où le revêtement existant est conservé et de celles où le support est remis à nu, localisation des joints de dilatation avec indication du traitement réservé — conservé et traité, ou déposé —, repérage et quantification en largeur et désaffleurement des fissures et des joints de retrait ou de construction, localisation des joints de fractionnement du support existant conservé, repérage et quantification sur plans des autres points singuliers (regards, siphons, pentes), planéité et niveau requis pour l'ouvrage fini, température et hygrométrie lors des travaux.
Préalablement à la mise en œuvre, l'entrepreneur réalise contradictoirement avec le maître d'ouvrage ou son représentant la reconnaissance des supports, opération qui a pour objet de vérifier que les supports et, le cas échéant, les ouvrages subjacents sont admissibles. Ces contrôles sont répertoriés dans le rapport contradictoire de la reconnaissance des supports, objet de l'annexe A normative — une pour les supports neufs, une pour les supports anciens.
Caractéristiques exigées du support : les valeurs du tableau 1
Le tableau 1 croise sept caractéristiques avec quatre niveaux de sollicitation du local. La classe du support, à prendre en compte uniquement pour les supports neufs, doit être au moins C 16 en sollicitations faibles, C 20 en sollicitations modérées et C 25 en sollicitations fortes comme en sollicitations fortes avec chocs, au sens de la NF EN 13813 pour les mortiers et de la NF EN 206/CN pour les bétons. La résistance en compression suit la même progression : au moins 16, 20, 25 et 25 MPa, mesurée selon la NF EN 13892-2.
La cohésion du support, mesurée selon l'annexe A du NF DTU 26.2, doit atteindre R ≥ 0,7 MPa en sollicitations faibles, R ≥ 1 MPa en sollicitations modérées et R ≥ 1,5 MPa en sollicitations fortes et fortes avec chocs. Sur ancien carrelage ou assimilé, l'adhérence par traction selon la NF EN 13892-8 doit atteindre R ≥ 0,5 / 0,7 / 1 / 1 MPa selon les mêmes niveaux ; sur ancienne résine, R ≥ 0,7 / 1 / 1,5 / 1,5 MPa.
L'humidité résiduelle est le paramètre le plus contrôlé sur chantier. Pour un support hydraulique, elle doit être inférieure ou égale à 4,5 % dans tous les niveaux de sollicitation, mesurée à la bombe au carbure à 4 cm de profondeur minimum dans le support selon le paragraphe B.1 de l'annexe B. Pour un support ancien à base de sulfate de calcium, elle doit être inférieure ou égale à 0,5 %, mesurée à la bombe au carbure dans toute l'épaisseur du support.
La porosité s'évalue par le test à la goutte d'eau du paragraphe B.2 de l'annexe B, la valeur admissible étant comprise entre plus de 60 secondes et moins de 240 secondes, quelle que soit la sollicitation. Enfin, les fissures sans désaffleurement de largeur inférieure ou égale à 0,3 mm ne nécessitent aucun traitement ; celles supérieures à 0,3 mm et inférieures ou égales à 0,8 mm font l'objet d'un relevé, d'une analyse et d'un traitement seulement s'il est mentionné aux documents particuliers du marché.
Tolérances de planéité, pentes et âge des supports
Le tableau 2 donne les tolérances de planéité des supports neufs. Pour des dalles et planchers en état de surface lissé, l'écart admissible est de 7 mm à la règle de 2 m et de 2 mm au réglet de 0,20 m, la référence étant le NF DTU 21. Pour des chapes et dalles adhérentes, désolidarisées ou flottantes, il est de 5 mm à la règle de 2 m et de 2 mm au réglet de 0,20 m, la référence étant le NF DTU 26.2.
Sauf dispositions contraires des documents particuliers du marché, dans les locaux avec siphons, la pente générale doit être supérieure ou égale à 1 cm par mètre. Le texte avertit par ailleurs que, compte tenu des tolérances de planéité des supports et des conditions d'exécution, les revêtements à pentes inférieures à 2 % peuvent présenter en service des contre-pentes, flaches et retenues d'eau — un point à porter au CCTP pour éviter la réclamation en réception.
Les délais de séchage sont chiffrés : les éléments porteurs doivent être âgés d'au moins 28 jours, temps considéré comme une moyenne de fin de retrait du béton, et les ouvrages rapportés d'au moins 10 jours avant l'application du système de revêtement.
En fin de travaux, la tolérance du revêtement est indexée sur celle du support : les tolérances de planéité du système de revêtement sont, au plus, égales à celles du support préparé ou à celle du revêtement en place conservé. Un revêtement coulé ne rattrape donc pas les défauts du support. L'aspect final s'évalue à une hauteur de 1,65 m et à une distance de 2,00 m, avec un éclairage non rasant, c'est-à-dire un angle entre le revêtement et la lumière supérieur à 45°.
Supports neufs et anciens admissibles
Parmi les supports neufs, sont admis les dalles en béton et chapes adhérentes ou rapportées répondant aux spécifications du NF DTU 26.2, ainsi que les chapes désolidarisées ou flottantes en mortier de ciment du même DTU, ces dalles ou chapes devant être désolidarisées des murs et des éléments traversants par un joint, au droit de chaque baie de porte et à la jonction de deux dalles différentes.
Côté planchers, sont admis les planchers-dalles conformes au NF DTU 21 avec continuité sur appui, les dalles pleines en béton armé coulées in situ avec continuité sur appui, les dalles pleines coulées sur prédalles en béton armé ou précontraint avec continuité sur appui, les planchers nervurés à poutrelles avec dalle de répartition complète coulée en œuvre et continuité sur appui, les planchers à dalles alvéolées avec dalles collaborantes rapportées et maîtrise des fissurations au sens du NF DTU 23.2, et les planchers sur vide sanitaire isolé, ventilé et sur terrain débarrassé de toute terre végétale.
Les planchers chauffants et dalles chauffantes sur isolant sont admis lorsqu'ils ont été exécutés conformément au NF DTU 65.7 pour les câbles électriques enrobés dans le béton, au NF DTU 65.14 P2 pour les planchers chauffants à eau chaude et au NF DTU 65.14 P1 pour les dalles chauffantes sur isolant. Une limite absolue s'y applique : la température de surface ne sera en aucun cas supérieure à 28 °C. Les règles de l'art prévoient par ailleurs que les canalisations émergent du support dans un fourreau dépassant d'au moins 1 cm le niveau du revêtement fini.
Parmi les revêtements existants pouvant être conservés figurent les carreaux céramiques conformes à la NF EN 14411, les pierres naturelles conformes à la NF B 10-601, les sols poncés à granulats naturels à base de liant hydraulique et résine, les revêtements de sol coulés à base de résine de synthèse d'une épaisseur supérieure ou égale à 1 mm et les mortiers à base de résines synthétiques. Pour tout autre revêtement, l'entreprise s'assure auprès du maître d'ouvrage que le support mis à sa disposition est mis à nu, y compris l'élimination de l'enduit de sol. Dans le cas d'une application sur planchers chauffants, le revêtement existant est systématiquement déposé, même s'il fait partie des revêtements conservables.
Préparation mécanique et essais de convenance
Les supports à base de liants hydrauliques sont préparés mécaniquement à l'aide d'une grenailleuse, d'un rabot, par des projections abrasives ou par ponçage à sec avec aspiration à la source. Ces traitements sont suivis d'une élimination des particules détachées du support par aspiration intensive. Leur objectif est explicite : éliminer les dépôts superficiels qui recouvrent le support et la laitance qui fragilise l'adhérence des systèmes de revêtement.
Une obligation d'information pèse sur l'entreprise : si la préparation mécanique du support révèle des fissures non visées par le document ni par les documents particuliers du marché, l'entreprise en informe immédiatement le maître d'ouvrage pour que ce dernier puisse prendre les dispositions nécessaires. Les méthodes de contrôle des supports neufs ou anciens sont décrites à l'annexe B informative — bombe au carbure, test de la goutte d'eau, test de cohésion ou d'adhérence, contrôle des fissures — et les valeurs obtenues doivent être conformes au tableau 1.
Pour les supports anciens, l'entrepreneur détermine, d'après les données essentielles fournies dans l'étude préalable, les techniques de préparation mécanique adaptées à chacun des supports rencontrés — non revêtus, remis à nu, revêtements conservés — et en fonction des contraintes liées aux locaux à rénover. Les dispositions spécifiques minimales sont décrites dans l'annexe D normative, qui traite séparément les anciens supports remis à nu, les anciens carrelages ou assimilés conservés et les anciens sols en résine coulés.
Des essais de convenance sont nécessaires dans trois cas : lorsque les anciens revêtements sont conservés, sur ancienne chape de sulfate de calcium ou ancienne chape asphalte, et sur chape ancienne non identifiée. Les critères de conformité sont différenciés : « cohésion du support » pour les chapes sulfate de calcium, asphaltes ou non identifiées conservées ; « adhérence (ancien carrelage) » pour les carreaux céramiques, pierres naturelles et sols poncés à liant hydraulique conservés ; « adhérence (ancienne résine) » pour les sols ou mortiers de résine et les sols poncés à liant résine conservés.
Conditions d'application et de polymérisation
Avant de commencer les travaux, l'entrepreneur vérifie que les conditions nécessaires à l'application sont remplies : locaux clos et couverts réalisés et interdits aux autres corps d'état, surfaces à recouvrir libérées, humidité résiduelle du support conforme au tableau 1, et garantie que les conditions d'application ne seront pas modifiées durant l'application et la polymérisation du système.
Trois seuils climatiques sont fixés et sont plus larges — mais plus exigeants sur un point — que les valeurs souvent recopiées : la température des locaux doit être comprise entre 5 °C et 40 °C suivant le type de produit et les recommandations du concepteur ; la température du support doit être supérieure de 3 °C au point de rosée ; l'humidité relative doit être inférieure ou égale à 85 %, une note précisant qu'il existe des produits pouvant tolérer des valeurs supérieures. C'est le critère du point de rosée, et non une température plancher de 15 °C, qui gouverne réellement le risque de défaut de surface.
Sur planchers chauffants et dalles chauffantes désolidarisées sur isolant, le séchage naturel du support doit être complété par la mise en route du chauffage avant la pose du revêtement. Le chauffage sera interrompu 48 heures avant l'application du système de revêtement et ne sera remis en route que 48 heures après la pose.
Pendant toute la période de durcissement du système, la température du support doit être maintenue à 3 °C au-dessus du point de rosée afin d'éviter des défauts de surface. Les conditions de polymérisation, les temps d'attente, de mise en service et de réalisation du premier nettoyage sont fixés par le concepteur du revêtement dans les fiches techniques produits ; le temps de mélange, la vitesse de malaxage, la durée pratique d'utilisation et les délais de recouvrement prescrits dans la fiche système doivent également être respectés, et les contrôles après chaque couche doivent être réalisés et enregistrés dans un document prévu à cet effet.
Points singuliers : ancrages, fissures, joints et jonctions périphériques
À tous les arrêts du système de revêtement et aux jonctions entre deux revêtements — seuil de porte, bord d'allée, jonction d'un support revêtu à un non-revêtu —, il faut réaliser une saignée d'au moins 5 mm de large et 10 mm de profondeur avec chanfrein, dans laquelle le système de revêtement viendra s'ancrer. À tous les arrêts à la jonction d'une chape désolidarisée sur isolant avec bande compressible et d'un support adjacent, un fond de joint et un mastic viennent obstruer le joint.
Les fissures sans désaffleurement liées au retrait du béton et de largeur inférieure à 0,3 mm ne nécessitent pas de traitement particulier. Le document ne traite pas les fissures supérieures à 0,3 mm et inférieures ou égales à 0,8 mm ; lorsque les documents particuliers du marché précisent que l'entreprise doit chiffrer leur traitement, elles sont traitées en ouvrant la fissure sur 10 mm de profondeur minimum, la saignée étant rebouchée à l'aide d'un mortier de résine homogène dans sa composition et compatible avec le système retenu.
Les joints de retrait, sauf dispositions contraires des DPM garantissant leur stabilité, sont repérés, ouverts comme une fissure et remplis à l'aide d'un mortier de résine avant application du système ; après mise en œuvre et durcissement, ils sont sciés à nouveau et remplis avec un fond de joint puis un mastic adapté. Les joints d'arrêt de coulage, servant d'arrêt journalier, remplissent le même rôle et sont traités de la même manière. Autour des caniveaux, galeries techniques et siphons, une saignée supérieure à 10 mm est réalisée sur leur pourtour et le système de revêtement vient la remplir.
Les jonctions périphériques sont différenciées selon la présence d'eau. Dans les pièces sèches des locaux d'habitation et dans les locaux sans présence d'eau fréquente, le revêtement est simplement arasé. En cas de chapes désolidarisées, chapes sur isolant, dalles chauffantes et planchers chauffants réalisés avec une bande compressible périphérique, le revêtement est coulé sans enlever la bande, de façon à éviter tout contact du revêtement avec les parois. Lorsque les locaux sont munis d'un dispositif d'évacuation d'eau, le revêtement est appliqué en remontée en plinthe, les remontées habillées en résine s'arrêtant aux huisseries verticales des portes et baies. Au droit d'un fourreau pour canalisation traversante, le revêtement coulé s'arrête au droit du fourreau.
Erreurs fréquentes sur les sols coulés en résine
La première erreur est de prescrire une humidité résiduelle « inférieure à 4 % ». Le tableau 1 retient une humidité résiduelle du support hydraulique inférieure ou égale à 4,5 %, mesurée à la bombe au carbure à 4 cm de profondeur minimum, et une humidité résiduelle du support ancien à base de sulfate de calcium inférieure ou égale à 0,5 %, mesurée dans toute l'épaisseur.
La deuxième erreur est de retenir une valeur unique d'adhérence, du type « ≥ 1,5 MPa au test de pastille ». Le DTU différencie trois critères et quatre niveaux de sollicitation : cohésion du support R ≥ 0,7 / 1 / 1,5 / 1,5 MPa ; adhérence sur ancien carrelage R ≥ 0,5 / 0,7 / 1 / 1 MPa ; adhérence sur ancienne résine R ≥ 0,7 / 1 / 1,5 / 1,5 MPa, ces deux dernières mesurées par traction selon la NF EN 13892-8.
La troisième erreur porte sur les conditions climatiques d'application. Prescrire « 15 à 25 °C sol et air » ne correspond pas au texte : la température des locaux doit être comprise entre 5 °C et 40 °C suivant le type de produit et les recommandations du concepteur, la température du support doit être supérieure de 3 °C au point de rosée, et l'humidité relative doit être inférieure ou égale à 85 %. C'est l'écart au point de rosée, maintenu pendant toute la polymérisation, qui conditionne l'absence de défauts de surface.
La quatrième erreur consiste à recopier des épaisseurs de système (« 2 à 4 mm en autolissant, 4 à 8 mm en chargé quartz ») ou des consommations de primaire : ces valeurs relèvent de la fiche système du concepteur, pas du NF DTU 54.1, qui ne fixe qu'un seuil de domaine à 1 mm d'épaisseur. La cinquième erreur, la plus lourde de conséquences, est de prescrire un sol résine dans une cuisine collective, sur un plancher rayonnant électrique, sur une chape magnésienne, sur un dallage armé sujet à remontées d'humidité ou en zone inondable : ces configurations sont explicitement hors du domaine d'application.
Sources officielles et documents liés
Textes de référence : NF DTU 54.1 P1-1 (P 62-206-1-1, 24 février 2018, cahier des clauses techniques types), NF DTU 54.1 P1-2 (critères généraux de choix des matériaux) et NF DTU 54.1 P2 (cahier des clauses spéciales, dont l'annexe A informative « Mémento pour la rédaction du dossier de consultation »), distribués par le CSTB avec l'autorisation de l'AFNOR. Texte remplacé : NF DTU 54.1 P1-1 de janvier 2008.
Normes d'essai et de classification citées : NF EN 13813 (mortiers de chape, classes C), NF EN 206/CN (bétons), NF EN 13892-2 (résistance en compression), NF EN 13892-8 (adhérence par traction), NF EN 14411 (carreaux céramiques), NF B 10-601 (pierres naturelles).
Annexes du document : annexe A normative (rapport contradictoire de la reconnaissance des supports neufs et anciens), annexe B informative (méthodes de contrôle — bombe au carbure, test de la goutte d'eau, test de cohésion ou d'adhérence, contrôle des fissures), annexe C informative (entretien), annexe D normative (préparation et traitement des supports anciens avant mise en œuvre).
DTU liés : NF DTU 26.2 pour les chapes et dalles à base de liants hydrauliques et pour la mesure de cohésion (annexe A), NF DTU 21 pour les planchers-dalles et l'état de surface lissé, NF DTU 23.2 pour les planchers à dalles alvéolées, NF DTU 65.7 et NF DTU 65.14 P1 et P2 pour les planchers et dalles chauffants, NF DTU 43.6 pour l'étanchéité des planchers intérieurs, NF DTU 20.1 pour la définition des locaux à très forte hygrométrie, NF DTU 52.1 et NF DTU 53.2 pour les revêtements de sol scellés et plastiques rencontrés en rénovation.
Glossaire NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206)
- Système de revêtement de sol coulé
- Système à liant résine de synthèse — époxydique, polyuréthanne, méthacrylate, époxy uréthannes — d'une épaisseur supérieure ou égale à 1 mm, livré en kits prédosés dont le mélange des composants se fait in situ. En deçà de 1 mm, on relève des peintures de sol, hors du domaine du NF DTU 54.1.
- Cohésion du support
- Résistance du support mesurée selon l'annexe A du NF DTU 26.2. Valeurs exigées : R ≥ 0,7 MPa en sollicitations faibles, R ≥ 1 MPa en sollicitations modérées, R ≥ 1,5 MPa en sollicitations fortes et fortes avec chocs (tableau 1).
- Bombe au carbure
- Méthode de mesure de l'humidité résiduelle du support décrite au § B.1 de l'annexe B. Mesure à 4 cm de profondeur minimum pour un support hydraulique (seuil ≤ 4,5 %) et dans toute l'épaisseur pour un support ancien à base de sulfate de calcium (seuil ≤ 0,5 %).
- Test de la goutte d'eau
- Méthode d'évaluation de la porosité du support décrite au § B.2 de l'annexe B. La valeur admissible est comprise entre plus de 60 secondes et moins de 240 secondes, quel que soit le niveau de sollicitation du local.
- Point de rosée
- Température à laquelle la vapeur d'eau contenue dans l'air se condense. Le NF DTU 54.1 impose que la température du support soit supérieure de 3 °C au point de rosée à l'application, et maintenue à 3 °C au-dessus du point de rosée pendant toute la période de durcissement.
- Durée pratique d'utilisation (DPU)
- Temps pendant lequel un mélange bicomposant reste applicable après malaxage. Le temps de mélange, la vitesse de malaxage et la DPU, indiqués en fonction des températures ambiantes dans la fiche technique du concepteur, doivent être respectés (§ 7.3.2.2).
- Ancrage des bords de revêtement
- Saignée d'au moins 5 mm de large et 10 mm de profondeur avec chanfrein, réalisée à tous les arrêts du système et aux jonctions entre deux revêtements, dans laquelle le système de revêtement vient s'ancrer (§ 7.2.1).
- Reconnaissance contradictoire des supports
- Opération réalisée par l'entrepreneur avec le maître d'ouvrage ou son représentant préalablement à la mise en œuvre, vérifiant que les supports et ouvrages subjacents sont admissibles. Consignée dans le rapport de l'annexe A normative, distinct pour les supports neufs et les supports anciens.
Questions fréquentes sur NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206)
Qu'est-ce que NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206) ?
NF DTU 54.1 - Revêtements de sol coulés à base de résine de synthèse. Le NF DTU 54.1 P1-1 (P 62-206-1-1, 24 février 2018) définit les clauses techniques d'exécution, sur supports neufs et anciens, des systèmes de revêtement de sol d'une épaisseur supérieure ou égale à 1 mm à liant résine — époxydique, polyuréthanne, méthacrylate, époxy uréthannes — livrés en kits prédosés dont le mélange des composants se fait in situ. Il fixe les données essentielles préalables à l'offre, les caractéristiques et tolérances des supports admissibles, la préparation mécanique, le traitement des points singuliers (fissures, joints, siphons, jonctions périphériques) et les conditions d'application et de polymérisation. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206) ?
Le domaine d'application couvre : Systèmes de revêtement de sol coulés d'une épaisseur ≥ 1 mm à liant résine de synthèse (époxydique, polyuréthanne, méthacrylate, époxy uréthannes) livrés en kits prédosés mélangés in situ, appliqués sur chapes, dalles et planchers intermédiaires neufs, anciens non recouverts ou mis à nu, chapes fluides à base de ciment, chapes anciennes à base de sulfate de calcium ou d'asphalte mises à nu, planchers ou dallages traités par saupoudrage d'une couche d'usure, et revêtements existants conservés. Locaux intérieurs où prédominent des sollicitations de trafic et d'activités humaines usuelles, avec des charges ≤ 10 kN/m² ou ≤ 10 kN concentrées. Applicable dans toutes les zones climatiques françaises. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206) sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Quelle humidité résiduelle maximale du support avant application d'un sol résine ?
Pour un support hydraulique, l'humidité résiduelle doit être inférieure ou égale à 4,5 %, mesurée à la bombe au carbure à 4 cm de profondeur minimum dans le support selon le § B.1 de l'annexe B. Pour un support ancien à base de sulfate de calcium, elle doit être inférieure ou égale à 0,5 %, mesurée à la bombe au carbure dans toute l'épaisseur du support.
Quelle cohésion et quelle adhérence exiger du support ?
Cohésion du support (méthode annexe A du NF DTU 26.2) : R ≥ 0,7 MPa en sollicitations faibles, R ≥ 1 MPa en modérées, R ≥ 1,5 MPa en fortes et fortes avec chocs. Adhérence sur ancien carrelage ou assimilé (traction NF EN 13892-8) : R ≥ 0,5 / 0,7 / 1 / 1 MPa. Adhérence sur ancienne résine : R ≥ 0,7 / 1 / 1,5 / 1,5 MPa.
À quelle température peut-on appliquer un sol coulé en résine ?
La température des locaux doit être comprise entre 5 °C et 40 °C suivant le type de produit et les recommandations du concepteur. La température du support doit être supérieure de 3 °C au point de rosée, et l'humidité relative inférieure ou égale à 85 % — une note précisant qu'il existe des produits tolérant des valeurs supérieures. Pendant toute la période de durcissement, la température du support doit rester à 3 °C au-dessus du point de rosée.
Quelles sont les tolérances de planéité du support ?
Selon le tableau 2 : pour des dalles et planchers en état de surface lissé, 7 mm à la règle de 2 m et 2 mm au réglet de 0,20 m (référence NF DTU 21) ; pour des chapes et dalles adhérentes, désolidarisées ou flottantes, 5 mm à la règle de 2 m et 2 mm au réglet de 0,20 m (référence NF DTU 26.2). Les tolérances de planéité du revêtement fini sont au plus égales à celles du support préparé.
Quel âge minimal pour un support neuf avant application ?
Les éléments porteurs doivent être âgés d'au moins 28 jours, temps considéré comme une moyenne de fin de retrait du béton, et les ouvrages rapportés d'au moins 10 jours avant l'application du système de revêtement.
Comment traiter les fissures du support ?
Les fissures sans désaffleurement liées au retrait du béton et de largeur inférieure ou égale à 0,3 mm ne nécessitent pas de traitement particulier. Le document ne traite pas les fissures supérieures à 0,3 mm et inférieures ou égales à 0,8 mm : lorsque les DPM précisent que l'entreprise doit chiffrer leur traitement, elles sont ouvertes sur 10 mm de profondeur minimum et la saignée est rebouchée à l'aide d'un mortier de résine compatible avec le système retenu.
Peut-on appliquer un sol résine sur un plancher chauffant ?
Oui, si le plancher a été exécuté conformément au NF DTU 65.7 (câbles électriques enrobés), au NF DTU 65.14 P2 (eau chaude) ou au NF DTU 65.14 P1 (dalles chauffantes sur isolant), et si la température de surface n'excède en aucun cas 28 °C. Le chauffage doit être interrompu 48 heures avant l'application et remis en route seulement 48 heures après la pose. En rénovation sur plancher chauffant, le revêtement existant est systématiquement déposé. Les planchers rayonnants électriques (PRE), eux, sont exclus du domaine.
Quelle pente prévoir dans un local avec siphon ?
Sauf dispositions contraires des documents particuliers du marché, dans les locaux avec siphons la pente générale doit être supérieure ou égale à 1 cm par mètre. Le DTU avertit que, compte tenu des tolérances de planéité et des conditions d'exécution, les revêtements à pentes inférieures à 2 % peuvent présenter en service des contre-pentes, flaches et retenues d'eau.
Comment s'évalue l'aspect final d'un sol résine en fin de travaux ?
L'aspect final du système de revêtement s'évalue à une hauteur de 1,65 m et à une distance de 2,00 m, avec un éclairage non rasant, c'est-à-dire un angle entre le revêtement et la lumière supérieur à 45°. La fin des travaux se fait contradictoirement, immédiatement après le durcissement complet et avant toute circulation ; l'entreprise transmet au maître d'ouvrage la fiche d'entretien du revêtement contre décharge.
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Dernière mise à jour
Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024
Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.
NF DTU 54.1 P1-1 / P1-2 / P2 (P 62-206) - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. resine, epoxy, polyurethane, methacrylate, sol coulé, sol industriel, grenaillage, humidité résiduelle, cohésion du support, point de rosée, P 62-206, rénovation.