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eurocodes 🔴 Avancé Premium 18 min Mis à jour le 15 février 2024

Calcul charpente bois EC5 — Dimensionnement structure

Dimensionnement et vérification des éléments de charpente bois selon Eurocode 5 (NF EN 1995-1-1) et son annexe nationale. Ce calcul des structures en bois prend en compte le bois massif (classes C18 à C30) et le lamellé-collé (GL24h, GL28h). À partir de la classe de service, de la classe de résistance et des sollicitations, l'outil contrôle flexion, cisaillement, compression et vérifie les limites ultimes et les états limites de service (flèche admissible). Utilisé pour dimensionner pannes, chevrons, solives, poutres en bois lamellé-collé (BLC) et fermes de maisons individuelles, bâtiments tertiaires et hangars.

Eurocode 5 EC5 charpente bois flexion compression
mm
mm
m
kN.m

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Paramètres du calcul

Paramètre Unité Description
Type d'élément Type d'élément
Classe de service Classe de service
Largeur (b) mm Largeur (b)
Hauteur (h) mm Hauteur (h)
Longueur/portée m Longueur/portée
Moment sollicitant (si poutre) kN.m Moment sollicitant (si poutre)

Comprendre cet outil

Les Eurocodes (EN 1990 à EN 1999) constituent le référentiel européen de dimensionnement des structures : actions, béton, acier, bois, géotechnique et parasismique.

Calcul charpente bois EC5 — Dimensionnement structure donne une approche dimensionnelle de premier ordre. Tout ouvrage doit être validé par un calcul complet d'un bureau d'études structure intégrant combinaisons d'actions, hypothèses de sol et zone sismique.

Progineer et votre projet

Progineer coordonne le bureau d'études structure et veille à la cohérence du dimensionnement avec les contraintes du site, en particulier sur le littoral PACA classé en zone sismique active.

Prestations associées

Questions fréquentes

À quoi sert l'outil « Calcul charpente bois EC5 — Dimensionnement structure » ?

Dimensionnement et vérification des éléments de charpente bois selon Eurocode 5 (NF EN 1995-1-1) et son annexe nationale. Ce calcul des structures en bois prend en compte le bois massif (classes C18 à C30) et le lamellé-collé (GL24h, GL28h). À partir de la classe de service, de la classe de résistance et des sollicitations, l'outil contrôle flexion, cisaillement, compression et vérifie les limites ultimes et les états limites de service (flèche admissible). Utilisé pour dimensionner pannes, chevrons, solives, poutres en bois lamellé-collé (BLC) et fermes de maisons individuelles, bâtiments tertiaires et hangars.

Le résultat a-t-il une valeur réglementaire ou contractuelle ?

Non. Cet outil fournit un ordre de grandeur préliminaire utile en phase de pré-dimensionnement. La conformité réglementaire ou la valeur contractuelle suppose une étude complète signée par un professionnel qualifié engageant sa responsabilité.

Comment Progineer intervient-il sur un projet concerné ?

Comme maître d'œuvre, Progineer pilote la conception et le suivi de chantier, coordonne les bureaux d'études techniques et garantit l'application des référentiels normatifs sur l'ensemble de l'opération.

Dimensionner une charpente bois n’obéit pas à la même logique qu’une charpente acier ou une structure béton. Deux variables propres au matériau s’ajoutent à toutes les autres : l’ambiance hygrométrique dans laquelle la pièce va vivre, et la durée pendant laquelle chaque charge est appliquée. Le bois résiste davantage à une charge brève qu’à une charge permanente, et il flue — il continue de se déformer sous charge constante. C’est l’Eurocode 5, NF EN 1995-1-1, qui organise ces vérifications ; en France, le NF DTU 31.1 P1-1 le désigne explicitement, en clause 5.2, comme la règle de calcul applicable aux charpentes en bois. Une précision assumée dès l’abord : la partie 1-1 de l’Eurocode 5 et son annexe nationale ne figurent pas dans notre fonds documentaire consultable. Cette page est donc une fiche de méthode complète — vérifications à mener, variables, unités, principes — sourcée sur le NF DTU 31.1 P1-1, le NF DTU 31.3 P1-1 et la NF EN 1990, sans publier la moindre valeur de tableau de l’Eurocode 5. Ce calculateur est un outil de prédimensionnement ; il ne remplace pas la note de calcul d’un bureau d’études structure.

Méthode : ce qu’il faut vérifier, avec quelles variables et quelles unités

La clause 5.2 du NF DTU 31.1 P1-1 est explicite : les règles applicables aux travaux de charpente en bois sont les règles de calcul aux états limites dites Eurocode 5, NF EN 1995-1-1, et les documents qui s’y rattachent. Elle ajoute que les règles CB 71 restent possibles suivant les documents particuliers du marché, sous réserve de compatibilité avec les autres corps d’état — sa note renvoyant alors, pour les classes de résistance et les contraintes admissibles, à la NF P 21-400 ou aux fournisseurs.

Concrètement, une charpente se justifie sur deux fronts. Aux états limites ultimes, on vérifie que les sollicitations de calcul restent inférieures aux résistances : flexion, cisaillement, compression axiale et compression transversale, traction, ainsi que les instabilités — flambement des barres comprimées, déversement des poutres fléchies. Aux états limites de service, on vérifie les flèches et, pour les planchers, les vibrations.

Classe de service : l’ambiance dans laquelle le bois va vivre

La clause 5.3 du NF DTU 31.1 P1-1 renvoie la définition des classes de service à la NF EN 1995-1-1 et à son annexe nationale. Sa note avertit d’un point de conception souvent découvert trop tard : l’usage de certains matériaux dérivés du bois n’est pas compatible avec la classe de service 3, la partie P1-2 du même DTU précisant lesquels.

Deux repères sont directement sourcés dans le DTU. Sa clause 6.3 indique que la Figure 14 donne l’équilibre hygroscopique pour les bois en classe de service 2 et précise que, pour les charpentes abritées dans des locaux ventilés non chauffés, il faut utiliser ces cartes en se basant sur les valeurs moyennes annuelles du site : une telle charpente relève donc de la classe de service 2. Son Annexe B (normative) impose par ailleurs, pour les bois massifs à forte humidité, des calculs systématiquement en classe de service 3 — la plus sévère.

La clause 6.3 fixe aussi le principe de mise en œuvre : les bois des charpentes taillées ou assemblées mécaniquement doivent être usinés, stockés et mis en œuvre à une humidité aussi voisine que possible de l’équilibre hygroscopique qu’ils atteindront en exploitation, la mesure devant être conforme à la NF EN 13183-2. Les taux d’humidité correspondant aux classes de service figurent dans le Tableau 1 de cette clause, que nous ne reproduisons pas.

Durée de charge et coefficient de modification

La seconde variable propre au bois est la durée d’application des actions. L’Eurocode 5 classe les actions selon leur durée cumulée, parce que la résistance du bois décroît lorsque la charge se prolonge : une charge permanente est plus pénalisante qu’une rafale de vent de même intensité. Aucune autre famille de matériaux de structure ne comporte cette variable.

La NF EN 1990 donne en clause 6.3.3(1), expression (6.3), la forme générale de la valeur de calcul d’une propriété de matériau : Xd = η Xk / γm, où Xk est la valeur caractéristique, γm le coefficient partiel du matériau, et η la valeur moyenne d’un coefficient de conversion qui tient compte des effets de volume et d’échelle, des effets de l’humidité et de la température, et d’autres paramètres s’il y a lieu. En bois, ce coefficient de conversion est traditionnellement désigné kmod dans l’Eurocode 5, et dépend conjointement de la classe de service et de la classe de durée de charge.

Sa définition exacte, ses valeurs et le coefficient partiel γM applicable se lisent dans la NF EN 1995-1-1 et son annexe nationale, que nous n’avons pas pu consulter. Nous ne publions donc ni valeur de kmod, ni valeur de γM, ni l’expression exacte de la résistance de calcul en bois. Le principe, lui, est publiable et suffit à comprendre le comportement : deux poutres identiques n’ont pas la même résistance de calcul selon qu’elles sont abritées ou exposées, et selon que la charge dimensionnante est permanente ou instantanée.

Dimensions de calcul : la section n’est pas celle du catalogue

La clause 5.4 du NF DTU 31.1 P1-1 pose une règle que beaucoup de prédimensionnements ignorent : les dimensions prises en compte pour les calculs sont les dimensions rapportées à 12 % d’humidité, quelle que soit la classe de service visée. Or, sa note 1 rappelle que, conformément à la NF EN 336, les sections commerciales des bois massifs sont données à 20 % d’humidité.

La conversion s’écrit D = Dref × [1 − β90 × (Href − 12)], où D est la dimension cherchée à 12 % d’humidité, Dref la dimension connue à Href % d’humidité, et β90 le coefficient moyen de correction par point de variation d’humidité : la même note fixe β90 = 0,0025 en valeur moyenne pour les bois résineux et β90 = 0,0030 pour le chêne. La même note 1 précise que, pour les bois tempérés, le point de saturation des fibres se situe à environ 30 % d’humidité.

Sa note 2 délimite le champ de cette conversion : elle ne s’applique ni aux bois classés secs à 12 % d’humidité, ni aux bois lamellés-collés, aboutés ou reconstitués, dont le procédé de fabrication impose une humidité de référence à 12 %. La logique rejoint la clause 6.3.4 de la NF EN 1990, qui autorise en expression (6.4) des données géométriques nominales, ad = anom, mais impose en expression (6.5) ad = anom ± Δa lorsque les écarts ont des effets significatifs sur la fiabilité.

États limites de service : les cinq flèches de l’Eurocode 5

L’Annexe C (informative) du NF DTU 31.1 P1-1 énumère les flèches que l’Eurocode 5 demande de vérifier. winst,Q est la flèche instantanée due aux charges variables. wcreep est la flèche de fluage. wfin est la flèche totale finale. wnet,fin est la flèche totale finale en tenant compte de la contreflèche. wtot,2 est la flèche subie par les éléments de second œuvre, définie par wtot,2 = wfin − winst,G2, où G2 est la charge permanente des éléments de second œuvre et de tous les matériaux mis en œuvre après ces éléments.

La répartition des responsabilités est précise. La même Annexe C indique que l’annexe nationale de l’Eurocode 5 donne les flèches limites de winst,Q, wnet,fin et wfin au Tableau 7.2 de la NF EN 1995-1-1/NA, ce que confirme la clause 5.6 du DTU. En revanche, les flèches limites wtot,2 doivent être données par les corps d’état de second œuvre concernés ou par les documents du marché, le Tableau C.1 du DTU proposant des valeurs à défaut. Nous ne publions aucune de ces limites.

Deux compléments méritent d’être connus. La clause 5.6 rappelle qu’il peut être prévu de donner aux éléments fléchis une contreflèche, notée wc. Et la clause 5.9 impose que le solivage et le faux solivage soient calculés conformément à la NF EN 1995-1-1, et en particulier conformément à son article 7.3 « Vibrations » : sur un plancher bois, le confort vibratoire est un critère à part entière, distinct de la flèche.

Les vérifications à mener, dans l’ordre

  • États limites ultimes, sollicitations simples : flexion, traction axiale, compression axiale, compression perpendiculaire au fil, cisaillement.
  • États limites ultimes, sollicitations composées : flexion déviée, flexion composée avec traction ou compression.
  • États limites ultimes, instabilités : flambement des éléments comprimés, déversement des poutres fléchies non maintenues latéralement.
  • Assemblages : conformément à la clause 5.7 du NF DTU 31.1 P1-1, selon la NF EN 1995-1-1, ses amendements A1 et A2, sa section 8 « Assemblages par organes métalliques » et son Annexe A « Cisaillement de bloc des assemblages bois-métal multiples de type tige ».
  • Structures triangulées : la clause 5.5 du même DTU impose que l’analyse tienne compte des éventuels excentrements ou imprécisions dans le positionnement des pièces, sa note indiquant qu’il s’agit de l’article 5.4 de l’Eurocode 5 à la date de publication.
  • États limites de service : flèches winst,Q, wnet,fin, wfin et wtot,2, puis vibrations des planchers selon l’article 7.3 de l’Eurocode 5.
  • Durabilité : classe d’emploi selon la NF EN 335, durabilité naturelle ou conférée, traitement de préservation — un dimensionnement mécanique correct sur un bois inadapté à son ambiance ne tient pas dans la durée.

Enchaînement de la méthode

  • 1. Fixer la classe de service à partir de l’ambiance réelle d’exploitation, sans optimisme : c’est elle qui pilotera la résistance de calcul et le fluage.
  • 2. Recenser les actions et les classer par durée d’application, puis écrire les combinaisons selon la NF EN 1990.
  • 3. Choisir l’essence, le mode de production (bois massif, lamellé-collé, abouté) et la classe de résistance, avec le classement de la NF EN 14081-1 ou de la NF B 52-001-1.
  • 4. Convertir les sections commerciales en sections de calcul à 12 % d’humidité selon la clause 5.4 du NF DTU 31.1 P1-1, sauf bois secs à 12 % et lamellés-collés.
  • 5. Déterminer la résistance de calcul avec les coefficients de la NF EN 1995-1-1 et de son annexe nationale, lus et non mémorisés.
  • 6. Vérifier les sollicitations simples, composées, puis les instabilités.
  • 7. Vérifier les flèches par rapport aux limites du Tableau 7.2 de la NF EN 1995-1-1/NA, et wtot,2 par rapport aux exigences des corps d’état de second œuvre.
  • 8. Vérifier les vibrations des planchers selon l’article 7.3 de l’Eurocode 5.
  • 9. Justifier les assemblages, puis faire produire et signer la note de calcul par un bureau d’études structure.

Trois exemples chiffrés, sourcés au NF DTU 31.1

Les exemples suivants n’utilisent que des valeurs effectivement lues dans le NF DTU 31.1 P1-1 — les coefficients β90 et l’exemple de conversion de section — ou des grandeurs posées explicitement comme arbitraires. Aucune valeur de l’Eurocode 5 n’y figure.

Exemple 1 — Section de calcul d’un résineux, et effet sur l’inertie

L’exemple est celui du DTU lui-même, clause 5.4 : un élément en bois résineux de section 75 × 225 mm² à 20 % d’humidité. Épaisseur à 12 % : 75 × [1 − 0,0025 × (20 − 12)] = 75 × [1 − 0,02] = 75 × 0,98 = 73,5 mm. Hauteur à 12 % : 225 × 0,98 = 220,5 mm.

L’effet sur les caractéristiques de section est plus fort que sur les dimensions. Le moment quadratique vaut I = b h³ / 12 : il est donc affecté du facteur 0,98 × 0,98³ = 0,98⁴ = 0,9224, soit une perte de 7,76 %. Numériquement : 75 × 225³ / 12 = 71 191 406 mm⁴ avant conversion, contre 73,5 × 220,5³ / 12 = 65 664 686 mm⁴ après, et le rapport 65 664 686 / 71 191 406 vaut bien 0,9224.

Le module de flexion W = b h² / 6 est affecté du facteur 0,98³ = 0,9412, soit une perte de 5,88 %. Autrement dit, calculer sur la section commerciale plutôt que sur la section à 12 % surestime la rigidité de près de 8 % et la résistance en flexion de près de 6 %. Sur une charpente dont la flèche est le critère dimensionnant, cet écart n’est pas une subtilité académique.

Exemple 2 — Le chêne, avec son coefficient propre

La clause 5.4 fixe β90 = 0,0030 en valeur moyenne pour le chêne, contre 0,0025 pour les résineux. Reprenons une section de 100 × 200 mm² connue à 20 % d’humidité. Épaisseur à 12 % : 100 × [1 − 0,0030 × 8] = 100 × [1 − 0,024] = 97,6 mm. Hauteur : 200 × 0,976 = 195,2 mm.

Effet sur le moment quadratique : facteur 0,976⁴ = 0,9074, soit une perte de 9,26 %, contre 7,76 % pour un résineux de même variation d’humidité. Effet sur le module de flexion : facteur 0,976³ = 0,9297, soit une perte de 7,03 %.

La conversion ne s’applique cependant pas partout. La note 2 de la clause 5.4 exclut les bois classés secs à 12 % d’humidité et les bois lamellés-collés, aboutés ou reconstitués, dont le procédé de fabrication impose une humidité de référence à 12 %. Sur une poutre en lamellé-collé, la section de calcul est donc la section nominale : appliquer la conversion serait ici une erreur par excès de prudence, qui fausse le calcul dans l’autre sens.

Exemple 3 — Flèches et bois mis en œuvre humide

Illustration arithmétique de la définition donnée par l’Annexe C du NF DTU 31.1 P1-1, sur des valeurs posées arbitrairement : une poutre présente une flèche totale finale wfin = 18,0 mm, dont 4,0 mm de flèche instantanée due aux éléments de second œuvre, winst,G2. La flèche subie par le second œuvre vaut alors wtot,2 = wfin − winst,G2 = 18,0 − 4,0 = 14,0 mm. C’est cette valeur, et non wfin, qu’il faut comparer aux exigences du carreleur, du plaquiste ou du menuisier.

Si l’on donne à la même poutre une contreflèche wc de 10,0 mm, la flèche totale finale en tenant compte de la contreflèche, wnet,fin, se trouve ramenée à 8,0 mm. La contreflèche améliore donc wnet,fin mais ne change pas wtot,2, qui est un écart de flèche subi après la pose du second œuvre : deux grandeurs distinctes, deux critères distincts, deux prescripteurs distincts.

Dernier point, rarement anticipé : l’Annexe B (normative) du même DTU prévoit que, pour les bois d’épaisseur supérieure à 120 mm en feuillus et 140 mm en résineux mis en œuvre à forte humidité, le calcul en fluage prenne en compte la teneur réelle en humidité, et que, pour les bois dont l’humidité dépasse 20 % à la mise en œuvre et susceptibles de sécher sous charge, il convient d’augmenter les valeurs de kdef de 1,0. Elle impose alors des calculs systématiquement en classe de service 3 et exclut l’effet de corde dans le calcul des organes d’assemblage.

Cadre normatif et valeurs non publiées

Une charpente bois relève simultanément d’un Eurocode et d’un DTU. L’Eurocode 5 fournit les modèles de calcul et les coefficients ; le NF DTU 31.1 fixe les règles de l’art d’exécution et renvoie aux clauses de l’Eurocode applicables. Le DTU précise même, dans plusieurs notes, quel article de l’Eurocode 5 était visé à la date de sa publication : la correspondance entre les deux textes est donc à vérifier à chaque édition.

Textes de référence

  • NF EN 1995-1-1, indice de classement P 21-711-1, et ses amendements A1:2008 et A2:2014 — Eurocode 5, conception et calcul des structures en bois, partie 1-1 : règles communes et règles pour les bâtiments. Référence citée en clause 2.2 du NF DTU 31.1 P1-1.
  • NF EN 1995-1-1/NA, indice de classement P 21-711-1/NA — annexe nationale française, qui porte notamment les flèches limites du Tableau 7.2 et les paramètres déterminés au niveau national. Non consultée ici.
  • NF DTU 31.1 P1-1 (P 21-203-1-1) — charpente en bois : clauses 5.2 (règles de calcul), 5.3 (classes de service), 5.4 (dimensions de calcul), 5.5 (positionnement des pièces triangulées), 5.6 (flèches et contreflèches), 5.7 (assemblages), 5.9 (solivage), 6.1 et 6.3 (réception et humidité), Annexes B et C.
  • NF DTU 31.3 P1-1 (P 21-205-1-1) — charpentes assemblées par connecteurs métalliques ou goussets : humidité de mise en œuvre des éléments assemblés par connecteur inférieure ou égale à 22 % (clause 5.1), tolérances d’aplomb et de déformation hors plan renvoyées à la NF EN 1995-1-1/NA, tolérance de position des fermes de ± 20 mm (clause 5.2.2).
  • Normes de produit et de classement citées par le NF DTU 31.1 P1-1 : NF EN 336 (dimensions et écarts admissibles des bois de structure), NF EN 14081-1 (bois de structure classé pour sa résistance), NF B 52-001-1 (classement visuel des bois sciés français), NF EN 335 (classes d’emploi), NF EN 13183-2 (mesure de l’humidité), NF P 21-400 (classes de résistance et contraintes admissibles associées).

Ce que nous ne publions pas, et pourquoi

La NF EN 1995-1-1 et son annexe nationale ne sont pas dans notre fonds documentaire consultable. Nous ne publions donc aucune valeur de kmod, aucune valeur de kdef, aucun coefficient partiel γM, aucune caractéristique mécanique de classe de résistance, et aucune flèche limite du Tableau 7.2 de l’annexe nationale. Nous ne reproduisons pas davantage le Tableau 1 des taux d’humidité par classe de service ni le Tableau C.1 des flèches limites wtot,2 du NF DTU 31.1 P1-1, qui sont insérés sous forme d’images non exploitables dans le document consulté.

Ce qui est publié ici l’est parce que nous l’avons lu, clause par clause : la désignation des règles applicables, la définition et le rôle des classes de service, la règle des dimensions à 12 % et son coefficient β90, la liste et la définition des flèches à vérifier, les renvois d’assemblage, les tolérances du NF DTU 31.3 et les prescriptions de l’Annexe B pour les bois humides. Une valeur de tableau mal relevée sur une charpente n’est pas une imprécision : c’est un risque d’effondrement.

Limites et hypothèses

  • Le bois est un matériau anisotrope : sa résistance perpendiculaire au fil est sans commune mesure avec sa résistance axiale, ce qui rend la compression transversale aux appuis souvent dimensionnante avant la flexion.
  • La résistance de calcul dépend conjointement de la classe de service et de la classe de durée de charge : un même élément n’a pas la même capacité selon l’ambiance et selon la nature de la charge dominante.
  • Les dimensions de calcul sont rapportées à 12 % d’humidité (clause 5.4 du NF DTU 31.1 P1-1), sauf bois classés secs à 12 % et bois lamellés-collés, aboutés ou reconstitués.
  • Le fluage est une réalité de service, pas une correction cosmétique : l’Annexe B du NF DTU 31.1 P1-1 impose d’augmenter kdef de 1,0 pour les bois d’humidité supérieure à 20 % à la mise en œuvre et susceptibles de sécher sous charge.
  • L’usage de certains matériaux dérivés du bois n’est pas compatible avec la classe de service 3, comme l’indique la note de la clause 5.3 du NF DTU 31.1 P1-1.
  • Sur les charpentes triangulées, la clause 5.5 impose de tenir compte des excentrements et imprécisions de positionnement : un modèle de treillis à nœuds parfaits n’est pas suffisant.
  • Les flèches limites ne sont pas toutes du même ressort : winst,Q, wnet,fin et wfin relèvent de l’annexe nationale de l’Eurocode 5, tandis que wtot,2 relève des corps d’état de second œuvre ou des documents du marché.
  • Les vibrations des planchers sont un critère distinct de la flèche, renvoyé par la clause 5.9 du NF DTU 31.1 P1-1 à l’article 7.3 de l’Eurocode 5.
  • Un calculateur en ligne ne connaît ni l’essence réelle livrée, ni son classement, ni son humidité effective à la mise en œuvre : il ne peut pas conclure à l’aptitude d’une pièce.

Erreurs fréquentes en dimensionnement de charpente bois

  • Calculer sur la section commerciale plutôt que sur la section à 12 % d’humidité : sur un résineux passant de 20 % à 12 %, l’inertie est surestimée de 7,76 % et le module de flexion de 5,88 %.
  • Appliquer à l’inverse cette conversion à un lamellé-collé ou à un bois classé sec à 12 %, alors que la note 2 de la clause 5.4 l’exclut explicitement.
  • Retenir une classe de service trop favorable : une charpente abritée en local ventilé non chauffé relève de la classe de service 2, et non de la classe la moins sévère.
  • Vérifier la flèche totale finale wfin et en déduire que le second œuvre est protégé : c’est wtot,2 = wfin − winst,G2 qui concerne les éléments fragiles posés après la structure.
  • Croire qu’une contreflèche règle le problème du second œuvre : elle améliore wnet,fin, mais ne réduit pas la flèche subie après la pose des éléments fragiles.
  • Oublier la vérification des vibrations sur un plancher bois, alors que la clause 5.9 du NF DTU 31.1 P1-1 renvoie explicitement à l’article 7.3 de l’Eurocode 5.
  • Mettre en œuvre des bois trop humides sans en tirer les conséquences de calcul : l’Annexe B impose alors un calcul en classe de service 3 et une majoration de kdef de 1,0.
  • Traiter les assemblages en fin d’étude : ce sont eux qui gouvernent souvent la capacité d’une ferme, et la clause 5.7 renvoie à la section 8 et à l’Annexe A de l’Eurocode 5.
  • Négliger la durabilité biologique : un dimensionnement juste sur une essence inadaptée à sa classe d’emploi produit une ruine différée.

Charpente bois et maîtrise d’œuvre

Sur une charpente bois, les décisions les plus lourdes se prennent avant le calcul : ambiance d’exploitation réelle, ventilation des combles, position de l’isolant, essence et mode de production, humidité acceptée à la livraison, exigences de flèche du second œuvre. Ces choix fixent la classe de service, la section de calcul et les critères de service. Les faire expliciter et écrire relève de la maîtrise d’œuvre, pas du bureau d’études.

Progineer intervient sur ces points : écriture des hypothèses dans les pièces écrites, définition des exigences de flèche avec les lots de second œuvre, contrôle de la réception des approvisionnements au regard de la clause 6.1 du NF DTU 31.1 P1-1 — essence, durabilité, aubier, défauts géométriques, classement mécanique, dimensions, taux d’humidité —, et coordination du bureau d’études structure qui produit et signe la note de calcul. Progineer est une société de maîtrise d’œuvre créée en 2024, dirigée par un professionnel exerçant dans le BTP depuis 2020.

En rénovation, une charpente ancienne a souvent été calculée aux règles CB 71, dont la clause 5.2 du NF DTU 31.1 P1-1 admet encore l’usage suivant les documents particuliers du marché. Ajouter une isolation, transformer des combles, poser une couverture plus lourde ou modifier la ventilation change l’ambiance et les charges, donc les hypothèses de base. Aucun calculateur ne remplace ici le diagnostic structurel de l’existant.

FAQ technique — Dimensionnement de charpente bois selon l’Eurocode 5

Quelle règle de calcul s’applique aujourd’hui à une charpente bois en France ?

La clause 5.2 du NF DTU 31.1 P1-1 désigne les règles de calcul aux états limites dites Eurocode 5, NF EN 1995-1-1, et les documents qui s’y rattachent. Elle précise que l’utilisation des règles CB 71 reste possible suivant les documents particuliers du marché, sous réserve de compatibilité avec les autres corps d’état et dispositions constructives.

Qu’est-ce qu’une classe de service et pourquoi est-elle déterminante ?

C’est le classement de l’ambiance hygrométrique dans laquelle la pièce de bois va vivre. La clause 5.3 du NF DTU 31.1 P1-1 en renvoie la définition à la NF EN 1995-1-1 et à son annexe nationale. Elle conditionne à la fois la résistance de calcul et l’amplitude du fluage. Sa note avertit que certains matériaux dérivés du bois ne sont pas compatibles avec la classe de service 3.

Qu’est-ce que le coefficient kmod ?

C’est le coefficient de modification de l’Eurocode 5, qui ajuste la résistance en fonction conjointe de la classe de service et de la classe de durée de charge. Il relève de la forme générale posée par la NF EN 1990 en clause 6.3.3(1), expression (6.3) : Xd = η Xk / γm, où η tient compte notamment des effets de l’humidité et de la température. Nous ne publions aucune valeur de kmod : elles se lisent dans la NF EN 1995-1-1 et son annexe nationale.

Pourquoi calculer sur une section à 12 % d’humidité ?

Parce que la clause 5.4 du NF DTU 31.1 P1-1 l’impose, quelle que soit la classe de service, alors que la NF EN 336 donne les sections commerciales des bois massifs à 20 % d’humidité. La conversion s’écrit D = Dref × [1 − β90 × (Href − 12)], avec β90 = 0,0025 en moyenne pour les résineux et 0,0030 pour le chêne. Elle ne s’applique ni aux bois classés secs à 12 %, ni aux lamellés-collés, aboutés ou reconstitués.

Quelles flèches faut-il vérifier sur une charpente bois ?

L’Annexe C du NF DTU 31.1 P1-1 en énumère cinq : winst,Q, flèche instantanée sous charges variables ; wcreep, flèche de fluage ; wfin, flèche totale finale ; wnet,fin, flèche totale finale en tenant compte de la contreflèche ; et wtot,2 = wfin − winst,G2, flèche subie par les éléments de second œuvre. Les limites des trois premières figurent au Tableau 7.2 de la NF EN 1995-1-1/NA ; celle de wtot,2 relève des corps d’état de second œuvre ou du marché.

Que se passe-t-il si le bois est mis en œuvre trop humide ?

L’Annexe B (normative) du NF DTU 31.1 P1-1 le traite explicitement pour les bois d’épaisseur supérieure à 120 mm en feuillus et 140 mm en résineux. Le calcul en fluage doit prendre en compte la teneur réelle en humidité ; pour les bois dont l’humidité dépasse 20 % à la mise en œuvre et susceptibles de sécher sous charge, il convient d’augmenter les valeurs de kdef de 1,0 ; et les calculs doivent se faire systématiquement en classe de service 3. Pour les charpentes assemblées par connecteurs, le NF DTU 31.3 P1-1 impose en clause 5.1 une humidité de mise en œuvre inférieure ou égale à 22 %.

Ce calculateur suffit-il pour dimensionner une charpente ?

Non. Il structure la démarche, rappelle les vérifications à mener et permet de mesurer certains effets — conversion de section, écart entre flèches. C’est un outil de prédimensionnement. Le dimensionnement suppose les coefficients de la NF EN 1995-1-1 et de son annexe nationale, que nous n’avons pas pu consulter, et engage la sécurité des personnes : il relève d’un bureau d’études structure, qui signe la note de calcul.

Glossaire technique

Classe de service
Classement de l’ambiance hygrométrique dans laquelle l’élément bois est mis en œuvre, dont la clause 5.3 du NF DTU 31.1 P1-1 renvoie la définition à la NF EN 1995-1-1 et à son annexe nationale. Elle conditionne la résistance de calcul et le fluage.
Classe de durée de charge
Classement des actions selon leur durée cumulée d’application, propre à l’Eurocode 5. Le bois résiste davantage à une charge brève qu’à une charge permanente, ce qui n’a pas d’équivalent en acier ni en béton.
kmod
Coefficient de modification de l’Eurocode 5, fonction conjointe de la classe de service et de la classe de durée de charge. Il relève du coefficient de conversion η de l’expression (6.3) de la NF EN 1990. Ses valeurs ne sont pas publiées ici.
kdef
Coefficient de fluage de l’Eurocode 5. L’Annexe B du NF DTU 31.1 P1-1 impose de l’augmenter de 1,0 pour les bois dont l’humidité dépasse 20 % à la mise en œuvre et susceptibles de sécher sous charge.
β90
Coefficient moyen de correction de dimension par point de variation d’humidité, donné par la clause 5.4 du NF DTU 31.1 P1-1 : 0,0025 pour les bois résineux et 0,0030 pour le chêne. Il intervient dans D = Dref × [1 − β90 × (Href − 12)].
wfin et wnet,fin
wfin est la flèche totale finale ; wnet,fin la flèche totale finale en tenant compte de la contreflèche. Leurs limites figurent au Tableau 7.2 de la NF EN 1995-1-1/NA, auquel renvoie la clause 5.6 du NF DTU 31.1 P1-1.
wtot,2
Flèche subie par les éléments de second œuvre, définie par l’Annexe C du NF DTU 31.1 P1-1 comme wtot,2 = wfin − winst,G2, où G2 est la charge permanente des éléments de second œuvre et de tous les matériaux mis en œuvre après eux. Sa limite relève des corps d’état concernés ou du marché.
Contreflèche wc
Déformation donnée volontairement à un élément fléchi en sens inverse de la flèche attendue, prévue par la clause 5.6 du NF DTU 31.1 P1-1. Elle améliore wnet,fin mais ne réduit pas la flèche subie après pose du second œuvre.
Cisaillement de bloc
Mode de ruine d’un assemblage bois-métal par arrachement d’un bloc de bois autour des organes de fixation, traité par l’Annexe A de la NF EN 1995-1-1, à laquelle renvoie la clause 5.7 du NF DTU 31.1 P1-1.

Sources et normes de référence

Calculateurs associés

Action du vent EC1

Calcul de la pression du vent selon Eurocode 1 (NF EN 1991-1-4) et ses annexes nationales françaises. Ce calcul prend en compte la vitesse de référence du vent, la pression dynamique de base, le coefficient d'exposition et les coefficients aérodynamiques. Permet de dimensionner les éléments de structure et de couverture exposés au vent. Utilisé pour les bâtiments de toute hauteur en zone urbaine, campagne et bord de mer.

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Calcul charges neige EC1 — Surcharges toiture

Calcul des charges de neige sur toiture selon Eurocode 1 (NF EN 1991-1-3/NA:2007 de mai 2007). Ce calcul intègre le coefficient de forme de la toiture, la zone climatique, l'altitude et la charge de neige caractéristique sk. Permet de dimensionner la structure porteuse et de vérifier la conformité aux exigences réglementaires.

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Calcul vérification section acier et bois — Eurocode 3 et 5

Vérification de la résistance des sections selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 5 (bois, NF EN 1995-1-1). Ce calcul de la section transversale permet de vérifier la flexion simple et le moment de flexion. À partir des sollicitations N, M, V de calcul et de la géométrie de la section (IPE, HEA, HEB, bois massif, BLC), l'outil contrôle le moment résistant de calcul et les critères ELU de flexion, compression, traction et cisaillement. Utilisé pour vérifier la section de poutre, poteaux et solivages de bâtiments tertiaires, industriels et logements.

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Calcul moments fléchissants — Eurocode 0

Calcul des moments fléchissants et efforts tranchants d'une poutre selon Eurocode 0 (NF EN 1990) et formulaires RDM. Le moment (M) représente le produit vectoriel de la force par le bras de levier, calculé par rapport à un point. Il correspond au mouvement de rotation autour de l'axe de la poutre. À partir de la portée, des conditions d'appui (simple, encastrée, console) et des charges (réparties, ponctuelles, trapézoïdales), l'outil détermine Mmax, Vmax et la déformée. Utilisé pour pré-dimensionner poutres, linteaux et solives en béton armé, acier ou bois lamellé-collé en logement et tertiaire.

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Calcul vérification poteaux — Eurocodes 2 et 3

Vérification au flambement des poteaux selon Eurocode 3 (acier, NF EN 1993-1-1) et Eurocode 2 (béton armé, NF EN 1992-1-1). Ce calcul prend en compte la section du poteau, la longueur de flambement, les charges permanentes et les charges d'exploitation. À partir de l'effort normal Ned, l'outil applique les courbes a/b/c/d, calcule l'élancement et vérifie le critère Ned ≤ Nb,Rd. Utilisé pour dimensionner les poteaux de bâtiments industriels, immeubles tertiaires et logements collectifs en R+1 à R+10.

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Combinaisons d'actions EC0

Calcul des combinaisons d'actions selon Eurocode 0 pour États Limites Ultimes et de Service

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