NF DTU 59.3 - Peinture de sols
Le NF DTU 59.3 « Travaux de bâtiment — Peinture de sols » a été entièrement republié en mars 2023. Ses parties 1-1 (cahier des clauses techniques types, indice de classement P74-203-1-1) et 1-2 (critères généraux de choix des matériaux) remplacent la norme homologuée NF P 74-203-1 de mai 1993 et son amendement A1 d'octobre 2000 ; la partie 2 remplace la NF P 74-203-2 de mai 1993. Le document vise les peintures, lasures et vernis de sol formant un système filmogène d'épaisseur totale strictement inférieure à 1 mm hors préparation du support. Cette fiche restitue les seuils réellement opposables — humidité résiduelle inférieure ou égale à 4 % en poids à l'humidimètre capacitif mais 4,5 % à la bombe au carbure, pH du support compris entre 8 et 12, cohésion superficielle d'au moins 0,5 MPa en locaux à sollicitations faibles et 1 MPa en sollicitations moyennes, température du support et de l'air entre 5 et 35 °C, humidité relative inférieure ou égale à 70 % — et corrige les épaisseurs de feuil sec en micromètres qui étaient auparavant attribuées à ce DTU sans fondement normatif.
Domaine d'application
Travaux d'exécution des peintures, lasures et vernis de sol formant un système filmogène d'épaisseur totale strictement inférieure à 1 mm hors préparation du support, sur supports horizontaux neufs et anciens, à l'intérieur comme à l'extérieur des bâtiments, où prédominent le trafic pédestre, le trafic de véhicule léger en parc de stationnement et les activités humaines usuelles. Le document vise indissociablement la préparation du support et la mise en oeuvre des produits. Sont exclus : les locaux à sollicitations fortes P4 et P4s, les voiries et chaussées routières hors parc de stationnement, les revêtements de sol coulés à base de résine de synthèse relevant du NF DTU 54.1, les enduits de dressage de plus de 10 mm, les matériaux contenant de l'amiante ou du plomb, les planchers réversibles et les supports à risque de stagnation d'eau
Règles principales
Version applicable : mars 2023
3 en vigueur est celui de mars 2023, en trois parties : P1-1 cahier des clauses techniques types (indice P74-203-1-1), P1-2 critères généraux de choix des matériaux, P2 cahier des clauses administratives spéciales. Les parties 1-1 et 1-2 remplacent la norme homologuée NF P 74-203-1 de mai 1993 et son amendement A1 d'octobre 2000 ; la partie 2 remplace la NF P 74-203-2 de mai 1993.
Domaine : systèmes filmogènes de moins de 1 mm
Les produits de peinture de sol visés forment des systèmes filmogènes d'une épaisseur totale strictement inférieure à 1 mm hors préparation du support. Le document vise indissociablement la préparation du support et la mise en oeuvre des produits.
Exceptions :
- • Petits supports horizontaux: Appuis de fenêtre, bandeaux, corniches et autres entablements relèvent du NF DTU 59.1 et non du NF DTU 59.3
Fonctions que la peinture de sol n'assure pas
Le NF DTU 59.3 ne vise pas les cas d'emploi suivants : modification de la planéité du support, modification de sa macro-rugosité, augmentation de sa résistance intrinsèque, amélioration de la résistance aux chocs et aux poinçonnements, étanchéité aux liquides, rattrapage des niveaux de pentes, résistance à la microfissuration et à la fissuration. Il ne vise pas non plus les supports amiantés ou plombés, les bois atteints de mérule ou de pourriture cubique, les planchers réversibles et les supports à risque de stagnation d'eau
Reconnaissance contradictoire des supports
Avant toute préparation et avant application, l'entreprise titulaire du lot peinture de sol doit effectuer la reconnaissance des supports, sur supports propres, débarrassés de tous dépôts et parfaitement dépoussiérés. Au-delà de 100 m², la reconnaissance est réalisée contradictoirement en présence du maître d'ouvrage ou de son représentant et synthétisée dans un rapport écrit qui leur est transmis (modèle en Annexe A).
Exceptions :
- • Planéité du support: La vérification de la planéité du support n'est pas due par l'entreprise de peinture
Humidité résiduelle : 4 % au capacitif, 4,5 % à la bombe au carbure
Sur support hydraulique à base ciment, l'application n'est possible que si le taux d'humidité résiduelle est inférieur ou égal à 4 % en poids mesuré à l'humidimètre capacitif, ou à 4,5 % en poids mesuré par la méthode de la bombe au carbure. Le nombre de contrôles est d'au minimum 1 pour les 100 premiers mètres carrés et 1 par multiple de 500 m² supplémentaires.
Sur support chauffant, la mesure est effectuée après mise en chauffe et 48 heures après la coupure du chauffage.
Exceptions :
- • Méthodes prédictives (feuille plastique, phénolphtaléine): Le support est considéré humide si des gouttes apparaissent après 24 h sous feuille plastique ou si la phénolphtaléine vire au violet. Ces méthodes permettent de refuser un support, pas de l'accepter : l'acceptation exige l'humidimètre capacitif ou la bombe au carbure
pH entre 8 et 12, farinage au plus au cliché 2
Après séchage, le pH mesuré au papier coloré doit être compris entre 8 et 12 ; sinon, rinçage à l'eau claire puis nouveau contrôle jusqu'à obtention d'une valeur admissible. La pulvérulence, évaluée par comparaison aux clichés de la NF EN ISO 4628-7, ne doit pas dépasser le cliché 2 (farinage léger) ; au-delà, elle est éliminée par un nettoyage adapté avant application
Exceptions :
- • Peintures alkydes ou alkydes modifiées: Elles ne doivent pas être mises en oeuvre sur un support de pH supérieur à 9, sauf mention contraire de la fiche descriptive du fabricant, en raison du risque de saponification
Cohésion superficielle et adhérence
La cohésion superficielle, appréciée au test de la rayure et confirmée par essai de traction en cas de doute, doit être supérieure ou égale à 0,5 MPa en locaux à sollicitations faibles et à 1 MPa en locaux à sollicitations moyennes. En dessous de 0,5 MPa, ni l'enduit de sol ni le système de peinture ne peuvent être mis en oeuvre.
Sur ancien revêtement, l'adhérence est jugée par essai de quadrillage dérivé de la NF EN ISO 2409 : le cliché 2 ne doit pas être dépassé, sinon le décapage jusqu'au support nu est obligatoire.
Exceptions :
- • Deux anciens revêtements superposés: Ils sont totalement déposés jusqu'à revenir au support d'origine
Rugosité et état de surface selon la nature du support
Sur béton, la surface est classée dans l'un des dix profils CSP au moyen de comparateurs viso-tactiles ; les produits de peinture d'épaisseur inférieure à 1 mm s'accommodent des CSP 1 à 5. Sur enrobé, la profondeur de macro-texture mesurée selon la NF EN 13036-1 doit être inférieure ou égale à 5 mm.
Sur acier au carbone, la rugosité attendue est « moyen G » selon la NF EN ISO 8503-1, et le degré de soin minimal avant mise en peinture est Sa 2 selon la NF EN ISO 8501-1.
Température et hygrométrie d'application
En travaux intérieurs : température du support comprise entre 5 et 35 °C et supérieure de plus de 3 °C au point de rosée, température ambiante comprise entre 5 et 35 °C, humidité relative ambiante inférieure ou égale à 70 %. Aucune application sur support présentant des stagnations d'eau.
En travaux extérieurs, l'application est proscrite en l'absence de protection par temps pluvieux, par temps de gel, sur support présentant de la condensation ou des stagnations d'eau.
Exceptions :
- • Teintes en extérieur exposé au soleil: Seules les teintes d'indice de luminance lumineuse Y (CIE 1976) supérieur à 35 %, ou de coefficient d'absorption du rayonnement solaire inférieur à 0,7, sont admises ; les autres relèvent du 3.2 du NF DTU 59.3 P2
Supports exposés aux reprises d'humidité
Dallages sur terre-plein, planchers en béton armé portant sur appuis au-dessus d'un terre-plein, planchers sur vide sanitaire non ventilé, planchers sur bacs acier collaborants, planchers au-dessus d'un local à très forte hygrométrie et chapes adhérentes sur ces supports sont réputés exposés aux reprises d'humidité. Les DPM doivent prévoir soit un système anti-remontée d'humidité, soit un système de peinture perméable à la vapeur d'eau adapté.
Exceptions :
- • Film polyéthylène de 150 micromètres: Il ne fait pas office de barrière anticapillaire. L'exemple donné par la norme est un film de 200 micromètres d'épaisseur nominale, lés recouverts sur 20 cm minimum et solidarisés par bande autocollante plastifiée d'au moins 5 cm de large
Travaux d'apprêt et système de peinture
Les ouvrages ne sont exécutés que sur des subjectiles propres, secs, dépoussiérés et cohésifs. Les travaux d'apprêt comprennent au minimum une couche primaire d'accrochage ou une couche d'impression, choisie en fonction de la nature et de la porosité du subjectile et du produit de finition.
Sur support très poreux, une impression spécifique doit être systématiquement appliquée pour retrouver une porosité normale au sens du Tableau 5, et cette impression doit être définie dans les DPM.
Surface de référence, examen visuel et remise en service
Une surface de référence d'environ 10 m² est réalisée pour toute surface d'application supérieure à 1 000 m², et autant de surfaces qu'il y a de types de subjectiles et de systèmes ; elles sont conservées jusqu'à la réception.
L'aspect du sol fini s'évalue comparativement à ces surfaces, à une hauteur minimale de 1,65 m et à une distance de 2 m, avec un éclairage non rasant (angle supérieur à 45°). Sauf exigence particulière des DPM, la tolérance de planéité est au moins égale à celle du support et les fissures non évolutives sont visibles ; le revêtement ne doit présenter ni cloque ni décollement.
Exceptions :
- • Plancher chauffant: Il est remis en fonctionnement au minimum 7 jours après la fin des travaux de peinture de sol
Travaux ne faisant pas partie du marché
Sauf mention aux DPM, ne font pas partie du marché : la déshumidification et le chauffage des locaux, la mise en chauffe des planchers chauffants, la dépose d'anciens revêtements de sol, la remise en état des supports, la rectification de la planéité ou de l'horizontalité par enduit de préparation, la fourniture d'un système anti-remontée d'humidité ou d'une chape désolidarisée, le grenaillage pour la surface de référence, le traitement des fissures et des joints, le traitement anticorrosion, l'élimination du produit de cure et des laitances, la mise en oeuvre d'un enduit de sol, la mise à la teinte sur chantier, l'impression spécifique sur support très poreux, la fourniture et pose des plinthes et accessoires
Exceptions :
- • Rapport de reconnaissance des supports: Les destinataires disposent de 10 jours calendaires pour transmettre observations et nouvelles dispositions techniques ; l'entreprise dispose ensuite de 10 jours calendaires pour établir un devis complémentaire
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Humidité résiduelle du support hydraulique — humidimètre capacitif | ≤ 4 % en poids | NF DTU 59.3 P1-1, 7.5.4.7.2 — valeur abaissée pour tenir compte de l'incertitude de mesure |
| Humidité résiduelle du support hydraulique — bombe au carbure | ≤ 4,5 % en poids | NF DTU 59.3 P1-1, 7.5.4.7.3 et Annexe B |
| Humidité du support bois — classe de service 1 | ≤ 10 % en masse | Humidimètre résistif, Tableau 4 (classe de service selon NF DTU 51.3) |
| Humidité du support bois — classes de service 2 et 3 | ≤ 18 % en masse | Extérieur ou intérieur humide, Tableau 4 |
| pH du support après séchage | 8 à 12 | Papier pH ; peintures alkydes proscrites au-delà de pH 9 |
| Pulvérulence (farinage) | Cliché 2 maximum | NF EN ISO 4628-7 : 2016 — farinage léger nettement perceptible |
| Cohésion superficielle — locaux à sollicitations faibles | ≥ 0,5 MPa | Test de la rayure puis essai de traction (Annexe C) en cas de doute |
| Cohésion superficielle — locaux à sollicitations moyennes | ≥ 1 MPa | Locaux assimilés P3 au sens du classement UPEC |
| Adhérence sur ancien revêtement — essai de quadrillage | Cliché 2 maximum | Essai dérivé de la NF EN ISO 2409 réalisé sur site ; au-delà, décapage obligatoire |
| Adhérence sur support hydraulique — essai de traction | ≥ 0,5 MPa | En remplacement ou en confirmation de l'essai de quadrillage |
| Température du support et de l'air (travaux intérieurs) | 5 °C à 35 °C | Support à plus de 3 °C au-dessus du point de rosée (Tableau 1) |
| Humidité relative ambiante (travaux intérieurs) | ≤ 70 % | Pendant l'application et les heures qui suivent (Tableau 1) |
| Planéité de l'ouvrage fini | Au moins égale à celle du support | Sauf exigence particulière aux DPM ; les fissures non évolutives restent visibles |
| Flèche du support sous charge | Aucune déformation visible | Sous une masse d'environ 75 kg placée au droit du centre de gravité |
Dimensions réglementaires
Épaisseur totale du système de peinture de sol
Hors préparation du support et hors ajout de granulats — au-delà, NF DTU 54.1
Enduit de sol (couche préparatoire minérale ou organique)
Ne fait pas partie du système de peinture
Tiré à zéro (couche préparatoire à liant organique)
Ne fait pas partie du système de peinture
Fissures traitables en travaux préparatoires
Si prévu aux DPM ; garnissage résine bi-composant de dureté Shore D 60 à 24 h
Fissuration par défaut à l'appel d'offre
Hypothèse retenue si les DPM ne précisent rien (art. 5)
Profil de surface du béton admissible
Comparateurs viso-tactiles, pour peintures d'épaisseur < 1 mm
Profondeur de macro-texture d'un support en enrobé
NF EN 13036-1 ; 5 mm correspond au domaine de validité de l'essai
Surface de référence
Pour toute surface d'application supérieure à 1 000 m²
Contrôles d'humidité
Régulièrement espacés
Conditions de l'examen visuel de réception
Éclairage non rasant : angle revêtement/lumière supérieur à 45°
Film polyéthylène formant barrière anticapillaire
Recouvrement des lés ≥ 20 cm, bande autocollante plastifiée ≥ 5 cm ; 150 µm insuffisant
Délai de déshuilage d'un support hydrocarboné
Adapté selon l'exposition aux UV et les conditions intérieures/extérieures
Remise en service — trafic pédestre normal
Sauf instructions différentes de la fiche descriptive du produit
Remise en service — mobilier et charges roulantes
Après achèvement des travaux
Remise en service — trafic de véhicule léger
Idem pour la remise en fonctionnement d'un plancher chauffant
Comprendre NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023)
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023), le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023) couvre : Travaux d'exécution des peintures, lasures et vernis de sol formant un système filmogène d'épaisseur totale strictement inférieure à 1 mm hors préparation du support, sur supports horizontaux neufs et anciens, à l'intérieur comme à l'extérieur des bâtiments, où prédominent le trafic pédestre, le trafic de véhicule léger en parc de stationnement et les activités humaines usuelles. Le document vise indissociablement la préparation du support et la mise en oeuvre des produits. Sont exclus : les locaux à sollicitations fortes P4 et P4s, les voiries et chaussées routières hors parc de stationnement, les revêtements de sol coulés à base de résine de synthèse relevant du NF DTU 54.1, les enduits de dressage de plus de 10 mm, les matériaux contenant de l'amiante ou du plomb, les planchers réversibles et les supports à risque de stagnation d'eau. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023)
La peinture de sol est le revêtement le plus mal spécifié du bâtiment. On la confond couramment avec un sol coulé en résine, alors que la frontière est nette et normative : le NF DTU 59.3 ne vise que les systèmes filmogènes d'épaisseur totale strictement inférieure à 1 mm hors préparation du support. Au-delà, on quitte le domaine de la peinture de sol pour entrer dans celui du NF DTU 54.1, « Revêtements de sol coulés à base de résine de synthèse ». Écrire « résine époxy 2 mm » dans un CCTP en visant le NF DTU 59.3 est donc une erreur de référentiel, pas un détail de rédaction.
La version en vigueur date de mars 2023. Ses parties 1-1 et 1-2 annulent et remplacent la norme homologuée NF P 74-203-1 de mai 1993 et son amendement A1 d'octobre 2000 ; la partie 2 remplace la NF P 74-203-2 de mai 1993. Trente ans séparent donc les deux textes, et la refonte est substantielle : reconnaissance contradictoire des supports, méthodes d'essai normalisées en annexes, critères chiffrés d'acceptation, délais de remise en service. Un CCTP qui vise encore « DTU 59.3 (1993) » se réfère à un texte annulé.
Le domaine d'application est large mais borné. Le document couvre les locaux d'habitation, de bureau, scolaires, sportifs, hospitaliers, de stationnement, commerciaux, techniques, industriels, de stockage ou d'entreposage, dans toutes les zones climatiques françaises y compris les départements et régions d'outre-mer. Il exclut en revanche les locaux à sollicitations fortes et les locaux à sollicitations fortes subissant des chocs, soit les indices P4 et P4s au sens du classement UPEC.
Le point décisif d'une peinture de sol n'est jamais le produit : c'est le support. Le NF DTU 59.3 consacre l'essentiel de son article 7 à la reconnaissance des supports, avec dix critères contrôlés — pulvérulence, pH, degré de soin, rugosité, fissure, corrosion, humidité, porosité, cohésion superficielle, flèche — chacun assorti d'une méthode et d'un seuil d'acceptation. Au-delà de 100 m², cette reconnaissance est réalisée contradictoirement en présence du maître d'ouvrage ou de son représentant et fait l'objet d'un rapport écrit qui leur est transmis.
Enfin, le texte ne promet pas ce que la peinture ne peut pas tenir. Le NF DTU 59.3 exclut explicitement de son domaine la modification de la planéité ou de la macro-rugosité du support, l'augmentation de sa résistance intrinsèque, l'amélioration de la résistance aux chocs et aux poinçonnements, l'étanchéité aux liquides, le rattrapage des pentes et la résistance à la fissuration. Un feuil de moins d'un millimètre ne fait rien de tout cela, et le rappeler par écrit au maître d'ouvrage évite la quasi-totalité des litiges de réception sur ce lot.
Comprendre en détail NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023)
Ce que le NF DTU 59.3 vise — et ce qu'il ne vise pas
Les produits visés forment des systèmes filmogènes d'une épaisseur totale strictement inférieure à 1 mm hors préparation du support. La peinture de sol est définie comme un produit pigmenté qui, appliqué en une ou plusieurs couches compatibles entre elles, forme un feuil mince opaque d'épaisseur sèche strictement inférieure à 1 mm hors ajout de granulats éventuels. Le vernis de sol est un produit transparent, la lasure de sol un produit formant un feuil transparent ou semi-transparent.
Deux couches préparatoires sont expressément placées hors du système de peinture : l'enduit de sol, couche à base de mortier minéral ou organique d'épaisseur comprise entre 3 et 10 mm destinée à rendre le support lisse, et le tiré à zéro, couche à base de liant organique d'épaisseur strictement inférieure à 3 mm destinée à boucher les pores. Ni l'un ni l'autre ne fait partie du système de peinture, et leur mise en oeuvre ne fait pas partie du marché sauf mention aux documents particuliers du marché.
Les exclusions de support sont limitatives : voirie ou chaussée à usage de circulation routière hors parc de stationnement, matériaux contenant de l'amiante, matériaux contenant du plomb, bois atteints de mérule, de pourriture cubique ou présentant des gerces, planchers réversibles chauffants et rafraîchissants, et supports avec risques de stagnation d'eau par remontée capillaire ou par l'usage du local. Les petits supports horizontaux — appuis de fenêtre, bandeaux, corniches, entablements — relèvent du NF DTU 59.1 et non du 59.3.
Humidité du support : deux seuils différents selon la méthode
C'est la valeur la plus souvent citée de travers. Le NF DTU 59.3 P1-1 distingue deux méthodes d'acceptation sur support hydraulique à base de ciment, avec deux seuils différents. À l'humidimètre capacitif, l'application n'est possible que si le taux d'humidité résiduelle est inférieur ou égal à 4 % en poids. À la bombe au carbure, décrite en Annexe B, le seuil est de 4,5 % en poids. La norme explique elle-même l'écart : la valeur de 4 % est inférieure à celle de la bombe au carbure pour tenir compte de l'incertitude de mesure des humidimètres capacitifs.
Annoncer « humidité inférieure à 4 %, mesure à la bombe au carbure » est donc doublement inexact : c'est 4,5 % avec cette méthode, et 4 % avec l'appareil capacitif. La confusion coûte cher, car elle conduit soit à refuser un support conforme, soit à accepter un support qui ne l'est pas selon la méthode réellement employée.
Le plan d'échantillonnage est également prescrit : au minimum un contrôle pour les cent premiers mètres carrés, puis un contrôle par tranche de 500 m² supplémentaires. La norme donne l'exemple : 80 m² imposent un contrôle, de 101 à 600 m² deux contrôles régulièrement espacés, de 601 à 1 100 m² trois contrôles. Sur support chauffant, la mesure doit être effectuée après la mise en chauffe et 48 heures après la coupure du chauffage.
Deux méthodes prédictives complètent le dispositif sans valoir acceptation : le test à la feuille plastique, qui déclare le support humide si des gouttes d'eau apparaissent après 24 heures, et le test à la phénolphtaléine, qui le déclare humide en cas de virage violet. Ces essais permettent de refuser un support, pas de l'accepter : une acceptation exige l'humidimètre capacitif ou la bombe au carbure.
Les dix critères de reconnaissance des supports
La pulvérulence s'évalue par comparaison avec les clichés de la NF EN ISO 4628-7 : le résultat ne doit pas dépasser le cliché 2, degré de farinage léger. Au-delà, la pulvérulence est éliminée par un nettoyage adapté avant application. Le pH, mesuré au papier coloré après séchage, doit être compris entre 8 et 12 ; sinon un rinçage à l'eau claire suivi d'un nouveau contrôle est nécessaire. Les peintures à base de résine alkyde ou alkyde modifié ne doivent pas être mises en oeuvre sur un support de pH supérieur à 9, sauf mention contraire du fabricant, en raison du risque de saponification.
La rugosité se caractérise différemment selon le support. Sur béton, la surface est classée dans l'un des dix profils CSP (Concrete Surface Profile) au moyen de comparateurs viso-tactiles : les produits de peinture d'épaisseur inférieure à 1 mm s'accommodent des CSP 1 à 5. Sur enrobé, la mesure suit la NF EN 13036-1 et la profondeur de macro-texture attendue est inférieure ou égale à 5 mm. Sur acier au carbone, la rugosité attendue est « moyen G » selon la NF EN ISO 8503-1.
Sur support métallique, le degré de soin minimal à obtenir avant mise en peinture est Sa 2 selon la NF EN ISO 8501-1. Le support ne doit présenter ni calamine, telle que représentée sur les clichés A et B de cette norme, ni chancre de rouille, tel que représenté sur les clichés C et D. Pour les surfaces décapées aux degrés Sa 2½ ou Sa 3, la classe de profil de surface minimale est « moyen » selon la NF EN ISO 8503-2.
La cohésion superficielle est appréciée au test de la rayure, complété par un essai de traction en cas de doute. Elle doit être supérieure ou égale à 0,5 MPa en locaux à sollicitations faibles et à 1 MPa en locaux à sollicitations moyennes. En deçà de 0,5 MPa, ni l'enduit de sol ni le système de peinture ne peuvent être mis en oeuvre : l'entreprise avertit le maître d'ouvrage pour qu'il commande le traitement du support. Sur ancien revêtement, l'adhérence est jugée par essai de quadrillage dérivé de la NF EN ISO 2409 — le cliché 2 ne doit pas être dépassé — ou par essai de traction, la valeur devant alors être supérieure ou égale à 0,5 MPa.
La porosité est déterminée par le test de la goutte d'eau : support très poreux si la goutte est absorbée en moins d'une minute, normalement poreux si l'absorption prend entre une et quatre minutes, fermé s'il reste un film d'eau après quatre minutes. Enfin, la flèche est contrôlée visuellement : aucune déformation du support ne doit être visible sous l'action d'une masse d'environ 75 kg placée au droit de son centre de gravité.
Conditions de température et d'hygrométrie
En travaux intérieurs, le Tableau 1 du NF DTU 59.3 P1-1 impose une température du support comprise entre 5 et 35 °C, avec une valeur supérieure de plus de 3 °C au point de rosée, une température ambiante comprise entre 5 et 35 °C et une humidité relative ambiante inférieure ou égale à 70 %. Ces conditions doivent être observées pendant l'application et pendant les heures qui suivent, pour garantir un bon durcissement. Aucune peinture ne peut être appliquée sur un support présentant des stagnations d'eau.
En travaux extérieurs, l'application est proscrite en l'absence de protection par temps pluvieux, par temps de gel, sur un support présentant de la condensation et sur un support présentant des stagnations d'eau. Une contrainte colorimétrique s'ajoute : seules les teintes dont l'indice de luminance lumineuse Y de l'espace colorimétrique CIE 1976 est supérieur à 35 %, ou dont le coefficient d'absorption du rayonnement solaire est inférieur à 0,7, sont admises en extérieur exposé au soleil. Les teintes sombres relèvent d'une prescription spéciale au marché.
Le stockage des matériaux obéit à sa propre règle : locaux clos, aérés et sécurisés, à l'abri de l'humidité, à une température ambiante comprise entre 5 et 35 °C ou aux températures minimales fixées par les fabricants, le stockage s'effectuant sur support sec.
Sur sol chauffant, le titulaire du lot chauffage doit avoir mis en service puis arrêté le chauffage, celui-ci étant interrompu au minimum 48 heures avant la mesure d'humidité et les opérations de préparation. L'entreprise de peinture ne peut commencer ses travaux qu'après réception d'un rapport de mise en chauffe, et l'ouvrage de peinture doit reprendre les joints de dilatation thermique du support.
Travaux préparatoires : ce que fait l'entreprise, ce qu'elle ne fait pas
Sur support à base de liants hydrauliques, les travaux préparatoires comprennent, lorsque les documents particuliers du marché le prévoient, un ponçage mécanique ou un grenaillage avec aspiration simultanée des poussières, le traitement des fissures de largeur inférieure ou égale à 0,8 mm avec un produit adapté, un dépoussiérage par aspiration, puis le cas échéant un enduit de sol précédé de son primaire, ou un tiré à zéro. La norme décrit la méthode de traitement des fissures : ouverture par sciage au disque diamant, nettoyage et dépoussiérage par aspiration, garnissage à la résine bi-composant coulante d'une dureté Shore D 60 à 24 heures, sablage à refus au sable de quartz fin et sec avant polymérisation, puis aspiration de l'excès de sable.
Sur support à base de liants hydrocarbonés, un temps de déshuilage de deux semaines est à prévoir, adapté selon l'exposition aux UV et les conditions intérieures ou extérieures, suivi d'un nettoyage à l'eau sous pression adaptée. Sur bois massif, l'ordre des opérations est prescrit : décontamination biologique en cas d'exposition extérieure prolongée, rabotage éventuel, dégraissage éventuel au détergent, ponçage mécanique au grain 80 ou 110 réalisé après l'impression, puis dépoussiérage. Sur acier galvanisé, le dérochage peut être réalisé à l'acide phosphorique ou chlorhydrique concentré à environ 10 % dans l'eau, suivi après une attente de 15 minutes maximum d'un rinçage soigné à l'eau douce.
La liste des travaux ne faisant pas partie du marché, à l'article 3.2 du NF DTU 59.3 P2, est le vrai outil de maîtrise d'oeuvre. En sont exclus, sauf mention aux documents particuliers : la déshumidification et le chauffage des locaux, la dépose d'anciens revêtements de sol, la remise en état des supports, la rectification de la planéité ou de l'horizontalité par un enduit de préparation, la fourniture d'un système anti-remontée d'humidité, la réalisation d'une chape désolidarisée, le grenaillage du support pour la surface de référence, le traitement des fissures et des joints, le traitement anticorrosion, l'élimination du produit de cure, la mise en oeuvre d'un enduit de sol, la mise à la teinte sur chantier et la fourniture des plinthes et accessoires.
La conséquence est directe en rédaction de DPGF : chaque ligne de cette liste que le maître d'oeuvre veut voir exécutée doit être décrite et quantifiée explicitement dans son descriptif. Faute de quoi elle n'est ni due, ni chiffrée, ni exécutée — et se transforme en avenant au moment le plus défavorable du chantier.
Supports exposés aux reprises d'humidité
Le NF DTU 59.3 identifie limitativement les supports exposés aux reprises d'humidité : dallages sur terre-plein, y compris lorsqu'une interface anti-capillaire ou pare-vapeur est prévue entre la forme et le corps du dallage ; planchers en béton armé portant sur appuis mis en oeuvre directement au-dessus d'un terre-plein ; planchers sur vide sanitaire non ventilé, avec stagnation d'eau ou non débarrassé de toute terre végétale ; planchers en béton coulés sur bacs acier collaborants ; planchers au-dessus d'un local à très forte hygrométrie ; chapes ou dalles adhérentes mises en oeuvre sur l'un de ces supports.
Dans ces cas, l'entreprise doit s'assurer que les documents particuliers du marché prévoient soit un système anti-remontée d'humidité, soit un système de peinture perméable à la vapeur d'eau adapté à cet emploi. À défaut, les clauses de l'article 4.1 du NF DTU 59.3 P2 s'appliquent, c'est-à-dire que l'entreprise alerte et que le maître d'ouvrage doit trancher.
La norme donne des solutions acceptables en note. La première est une chape désolidarisée conforme au NF DTU 26.2 assurant la fonction de barrière anticapillaire en dessous et en périphérie, avec finition lisse, fine et régulière ; l'exemple cité est un film polyéthylène d'épaisseur nominale 200 micromètres, lés recouverts sur 20 cm minimum et rendus solidaires par une bande autocollante plastifiée d'au moins 5 cm de large. Le texte précise expressément qu'un film polyéthylène de 150 micromètres ne fait pas office de barrière anticapillaire. Les deux autres solutions sont un procédé de barrière adhérent sous Avis Technique favorable pour cet emploi, ou un système de sous-couche d'interposition également sous Avis Technique.
Réception, aspect et remise en service
Une surface de référence d'environ 10 m² est réalisée pour toute surface d'application supérieure à 1 000 m², dans un emplacement normalement éclairé et aéré correspondant à l'exposition moyenne du chantier. Il en est exécuté autant qu'il y a de types de subjectiles et de systèmes de peinture, et elles sont conservées jusqu'à la réception. L'examen visuel du sol fini s'effectue comparativement à ces surfaces, à une hauteur minimale de 1,65 m et à une distance de 2 m, avec un éclairage non rasant — angle entre le revêtement et la lumière supérieur à 45°.
Les exigences vis-à-vis de l'ouvrage fini sont modestes et il faut les assumer devant le client. Le revêtement de peinture couvre le subjectile et lui apporte un coloris, mais l'état de finition de surface reflète celui du subjectile. Sauf exigence particulière aux documents particuliers du marché, la tolérance de planéité est au moins égale à celle du support, et les fissures non évolutives restent visibles. Ne sont pas admis, en revanche, les cloques et les décollements. La ligne de rechampissage peut présenter quelques irrégularités.
Les délais de remise en service sont chiffrés, sauf instruction différente de la fiche descriptive du produit : 48 heures avant mise en service pour un trafic pédestre normal, 72 heures après achèvement des travaux pour l'agencement du mobilier et les charges roulantes, 7 jours pour un trafic de véhicule léger. Dans le cas d'un plancher chauffant, celui-ci est remis en fonctionnement au minimum 7 jours après la fin des travaux. Ces délais conditionnent le phasage : les oublier revient à programmer la livraison d'un parking le lendemain de la dernière couche.
Enfin, l'entreprise transmet au maître d'ouvrage la fiche d'entretien du revêtement contre décharge, et les corps d'état suivants n'interviennent qu'après information : signalétique rapportée, équipements rapportés, appareils d'éclairage, prises, mobiliers, revêtements de sol souples.
Sources et documents liés
Source principale : NF DTU 59.3 P1-1 « Travaux de bâtiment — Peinture de sols — Partie 1-1 : cahier des clauses techniques types », mars 2023, indice de classement P74-203-1-1 (articles 1, 3, 5, 6, 7, 8, 9, 10, Annexes B, C et D). NF DTU 59.3 P1-2 « Critères généraux de choix des matériaux », mars 2023. NF DTU 59.3 P2 « Cahier des clauses administratives spéciales », mars 2023 (articles 3, 4, 5, 6 et 7). L'avant-propos des parties 1-1 et 1-2 précise qu'elles remplacent la norme homologuée NF P 74-203-1 de mai 1993 et son amendement A1 d'octobre 2000 ; celui de la partie 2 qu'elle remplace la NF P 74-203-2 de mai 1993.
Normes d'essai citées par le NF DTU 59.3 : NF EN ISO 4628-7 (farinage), NF EN ISO 2409 (essai de quadrillage), NF EN ISO 8501-1 (degrés de rouille et de préparation), NF EN ISO 8503-1 et 8503-2 (rugosité des subjectiles d'acier), NF EN 13036-1 (macro-texture des enrobés), NF EN 1062-1 (classification GESVW[A]C des systèmes pour maçonnerie et béton extérieurs), NF EN ISO 4618 (termes et définitions).
Documents liés en maîtrise d'oeuvre : NF DTU 54.1 pour les sols coulés en résine au-delà de 1 mm, NF DTU 59.1 pour les petits supports horizontaux et les travaux de peinture des bâtiments, NF DTU 26.2 pour les chapes et dalles rapportées, NF DTU 13.3 pour les dallages, NF DTU 65.14 et NF DTU 65.7 pour les planchers chauffants, NF DTU 51.3 pour les planchers en bois et panneaux à base de bois, NF P 03-001 pour les lacunes du marché privé.
Glossaire NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023)
- Peinture de sol
- Produit de peinture pigmenté qui, appliqué sur un subjectile en une ou plusieurs couches compatibles entre elles, forme un feuil mince opaque d'une épaisseur sèche strictement inférieure à 1 mm hors ajout de granulats éventuels (NF DTU 59.3 P1-1, 3.11).
- Subjectile
- Surface sur laquelle est appliquée ou sera appliquée une couche de produit. Le subjectile désigne le support dans l'état où il se trouve au moment de l'application : il peut être nu ou déjà revêtu. Synonyme de métier : « fond ».
- Enduit de sol
- Couche préparatoire à base de mortier minéral ou organique, d'épaisseur comprise entre 3 et 10 mm, appliquée pour rendre le support lisse. Elle ne fait pas partie du système de peinture et n'est pas due par l'entreprise sauf mention aux DPM.
- Tiré à zéro
- Couche préparatoire à base de liant organique, d'épaisseur strictement inférieure à 3 mm, appliquée pour boucher les pores et améliorer l'aspect de surface. Comme l'enduit de sol, elle ne fait pas partie du système de peinture.
- Bombe au carbure
- Méthode normative de mesure de l'humidité résiduelle décrite en Annexe B du NF DTU 59.3 P1-1. Seuil d'acceptation : humidité résiduelle inférieure ou égale à 4,5 % en poids — à ne pas confondre avec les 4 % de l'humidimètre capacitif.
- CSP (Concrete Surface Profile)
- Échelle de dix profils de surface du béton, évaluée à l'aide de comparateurs viso-tactiles. Les produits de peinture d'épaisseur inférieure à 1 mm s'accommodent des profils CSP 1 à 5.
- Degré de soin Sa 2
- Niveau minimal de préparation par projection d'abrasif exigé sur support métallique avant mise en peinture, apprécié par comparaison visuelle aux clichés de la NF EN ISO 8501-1.
- Locaux à sollicitations faibles / moyennes
- Classification du NF DTU 59.3 assimilée aux classes P2 et P3 du classement UPEC. Elle commande le seuil de cohésion superficielle exigé : 0,5 MPa en sollicitations faibles, 1 MPa en sollicitations moyennes.
- PMT (profondeur de macro-texture)
- Grandeur mesurée selon la NF EN 13036-1 pour caractériser la rugosité d'un support en enrobé. La valeur attendue est inférieure ou égale à 5 mm, borne qui correspond au domaine de validité de l'essai.
- Indice de luminance lumineuse Y
- Grandeur de l'espace colorimétrique CIE 1976. En extérieur exposé au soleil, seules les teintes d'indice Y supérieur à 35 %, ou de coefficient d'absorption solaire inférieur à 0,7, sont admises par le NF DTU 59.3.
Questions fréquentes sur NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023)
Qu'est-ce que NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023) ?
NF DTU 59.3 - Peinture de sols. Le NF DTU 59.3 « Travaux de bâtiment — Peinture de sols » a été entièrement republié en mars 2023. Ses parties 1-1 (cahier des clauses techniques types, indice de classement P74-203-1-1) et 1-2 (critères généraux de choix des matériaux) remplacent la norme homologuée NF P 74-203-1 de mai 1993 et son amendement A1 d'octobre 2000 ; la partie 2 remplace la NF P 74-203-2 de mai 1993. Le document vise les peintures, lasures et vernis de sol formant un système filmogène d'épaisseur totale strictement inférieure à 1 mm hors préparation du support. Cette fiche restitue les seuils réellement opposables — humidité résiduelle inférieure ou égale à 4 % en poids à l'humidimètre capacitif mais 4,5 % à la bombe au carbure, pH du support compris entre 8 et 12, cohésion superficielle d'au moins 0,5 MPa en locaux à sollicitations faibles et 1 MPa en sollicitations moyennes, température du support et de l'air entre 5 et 35 °C, humidité relative inférieure ou égale à 70 % — et corrige les épaisseurs de feuil sec en micromètres qui étaient auparavant attribuées à ce DTU sans fondement normatif. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023) ?
Le domaine d'application couvre : Travaux d'exécution des peintures, lasures et vernis de sol formant un système filmogène d'épaisseur totale strictement inférieure à 1 mm hors préparation du support, sur supports horizontaux neufs et anciens, à l'intérieur comme à l'extérieur des bâtiments, où prédominent le trafic pédestre, le trafic de véhicule léger en parc de stationnement et les activités humaines usuelles. Le document vise indissociablement la préparation du support et la mise en oeuvre des produits. Sont exclus : les locaux à sollicitations fortes P4 et P4s, les voiries et chaussées routières hors parc de stationnement, les revêtements de sol coulés à base de résine de synthèse relevant du NF DTU 54.1, les enduits de dressage de plus de 10 mm, les matériaux contenant de l'amiante ou du plomb, les planchers réversibles et les supports à risque de stagnation d'eau. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023) sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Quelle est la version en vigueur du NF DTU 59.3 ?
Celle de mars 2023. Les parties 1-1 (indice P74-203-1-1) et 1-2 remplacent la norme homologuée NF P 74-203-1 de mai 1993 et son amendement A1 d'octobre 2000 ; la partie 2 remplace la NF P 74-203-2 de mai 1993. Un CCTP visant « DTU 59.3 (1993) » se réfère à un texte annulé.
Quel taux d'humidité maximal du béton avant peinture de sol ?
Cela dépend de la méthode. À l'humidimètre capacitif, l'humidité résiduelle doit être inférieure ou égale à 4 % en poids. À la bombe au carbure (Annexe B), le seuil est de 4,5 % en poids. La norme précise que la valeur de 4 % est volontairement plus basse pour tenir compte de l'incertitude de mesure des appareils capacitifs.
Combien de mesures d'humidité faut-il réaliser ?
Au minimum un contrôle pour les cent premiers mètres carrés, puis un contrôle par tranche de 500 m² supplémentaires : 80 m² imposent un contrôle, de 101 à 600 m² deux contrôles régulièrement espacés, de 601 à 1 100 m² trois contrôles. Sur support chauffant, la mesure intervient après mise en chauffe et 48 heures après la coupure.
Où s'arrête la peinture de sol et où commence le sol coulé en résine ?
À 1 mm. Le NF DTU 59.3 ne vise que les systèmes filmogènes d'épaisseur totale strictement inférieure à 1 mm hors préparation du support. Les revêtements de sol coulés à base de résine de synthèse relèvent du NF DTU 54.1, et les enduits de dressage de plus de 10 mm sont hors domaine.
Quelle cohésion superficielle le support doit-il présenter ?
Au moins 0,5 MPa en locaux à sollicitations faibles et au moins 1 MPa en locaux à sollicitations moyennes. En dessous de 0,5 MPa, ni l'enduit de sol ni le système de peinture ne peuvent être mis en oeuvre : l'entreprise avertit le maître d'ouvrage pour qu'il commande le traitement du support.
Peut-on peindre un dallage sur terre-plein ?
Oui, mais c'est un support exposé aux reprises d'humidité au sens du 6.3, y compris lorsqu'une interface anti-capillaire est prévue sous le dallage. Les DPM doivent alors prévoir soit un système anti-remontée d'humidité, soit un système de peinture perméable à la vapeur d'eau adapté. À défaut, les clauses du 4.1 du NF DTU 59.3 P2 s'appliquent.
Quel pH le support doit-il présenter ?
Après séchage, le pH mesuré au papier coloré doit être compris entre 8 et 12 ; sinon un rinçage à l'eau claire suivi d'un nouveau contrôle est nécessaire. Les peintures à base de résine alkyde ou alkyde modifié ne doivent pas être mises en oeuvre sur un support de pH supérieur à 9, sauf mention contraire du fabricant, en raison du risque de saponification.
Quand peut-on remettre le local en service ?
Sauf instruction différente de la fiche descriptive du produit : 48 heures pour un trafic pédestre normal, 72 heures après achèvement pour l'agencement du mobilier et les charges roulantes, 7 jours pour un trafic de véhicule léger. Un plancher chauffant est remis en fonctionnement au minimum 7 jours après la fin des travaux.
La peinture de sol peut-elle masquer les défauts du support ?
Non, et le NF DTU 59.3 l'exclut explicitement de son domaine : modification de la planéité, modification de la macro-rugosité, augmentation de la résistance intrinsèque du support, amélioration de la résistance aux chocs et aux poinçonnements, étanchéité aux liquides, rattrapage des pentes, résistance à la fissuration. Sauf exigence particulière aux DPM, la tolérance de planéité de l'ouvrage fini est au moins égale à celle du support, et les fissures non évolutives restent visibles.
Quelles teintes sont admises en extérieur ?
En extérieur exposé au soleil, seules les teintes dont l'indice de luminance lumineuse Y de l'espace colorimétrique CIE 1976 est supérieur à 35 %, ou dont le coefficient d'absorption du rayonnement solaire est inférieur à 0,7, sont admises. Les autres teintes sont à proscrire, sauf application du 3.2 du NF DTU 59.3 P2 et après prise en compte des contraintes thermiques.
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Dernière mise à jour
Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024
Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.
NF DTU 59.3 P1-1, P1-2 et P2 (mars 2023) - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. peinture de sol, NF DTU 59.3, époxy, polyuréthane, bombe au carbure, humidité résiduelle, grenaillage, parc de stationnement, cohésion superficielle, classement UPEC.