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Document Technique Unifié
NF DTU 60.1

NF DTU 60.1 - Plomberie sanitaire pour bâtiments

Le DTU 60.1 régit la conception des réseaux de distribution d'eau froide, d'eau chaude sanitaire et d'évacuation des eaux usées dans les bâtiments. Il fixe les diamètres selon débits simultanés, les pressions de service, les vitesses limites et les protections contre le gel et le bélier. Un sous-dimensionnement en colonne montante ou une absence de réservoir antibélier provoque baisses de débit et coups violents en réseau.

Domaine d'application

travaux d'exécution des canalisations d'alimentation en eau froide et chaude sanitaire à l'intérieur des bâtiments neufs ou existants (partie 1-1-1), des réseaux d'évacuation des eaux usées et des eaux vannes (partie 1-1-2) et de la pose des appareils sanitaires et des appareils de production d'eau chaude sanitaire (partie 1-1-3). Le document est applicable dans toutes les zones climatiques ou naturelles françaises, y compris en climat tropical humide — Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion et Mayotte. Sont exclus les travaux de réparation, les réseaux d'eau à usage spécifique (piscine, spa, hammam), les réseaux de chauffage et de climatisation, d'irrigation, d'incendie et d'adduction d'eau

Mis à jour le 15 janvier 2024
Applicable depuis le 1 juin 2013
plomberie
distribution eau
évacuation
dimensionnement
plomberie sanitaire
canalisations
cuivre
eau chaude sanitaire

Règles principales

Pression de service et réduction de pression

Obligatoire

1 de la partie 1-1-1). 2). 6).

Références : NF DTU 60.1 P1-1-1, clauses 1, 4.1, 4.6 et 6.3.2, NF DTU 60.11 P1-1, NF DTU 60.11 P1-2, Code de la santé publique

Système séparatif et pente des réseaux d'évacuation

Obligatoire

Les canalisations d'évacuation doivent assurer l'évacuation rapide et sans stagnation des eaux usées provenant des appareils sanitaires et ménagers. 1 de la partie 1-1-2). Le règlement sanitaire interdit d'évacuer les eaux vannes dans les ouvrages d'évacuation des eaux pluviales et réciproquement ; seule l'évacuation d'eaux ménagères peut être tolérée par dérogation de l'autorité sanitaire lorsque le système d'égout public le permet. 4).

Exceptions :

  • • Dérogation de l'autorité sanitaire admettant les eaux ménagères dans les ouvrages d'eaux pluviales, lorsque le système d'égout public le permet (clause 4.1, note)
Références : NF DTU 60.1 P1-1-2, clauses 4.1 et 5.4, NF EN 12056-2

Tracé, accessibilité et compatibilité des matériaux

Obligatoire

Le tracé des canalisations doit être aussi court que possible et conçu de telle sorte que les canalisations puissent être vidangées, rincées et désinfectées. Tous les organes de manœuvre, de sécurité et de protection doivent être facilement accessibles pour leur manipulation et leur remplacement éventuel, et les appareils, équipements et accessoires placés sur les canalisations doivent être démontables sans dépose des canalisations. 1). 1).

Références : NF DTU 60.1 P1-1-1, clauses 4.1 et 4.2.1, NF DTU 60.1 P1-2 (CGM)

Ventilation des colonnes de chute

Obligatoire

Dans le système à colonnes de chute séparées — système IV au sens de la NF EN 12056-2 — l'évacuation des eaux usées ménagères et des eaux vannes se fait dans des conduites et colonnes séparées. 2 de la partie 1-1-2).

Les ventilations de plusieurs colonnes peuvent être regroupées en une seule immédiatement au-dessus du dernier branchement, le diamètre de la sortie étant alors le diamètre immédiatement supérieur à celui de la plus grande des ventilations avant regroupement. Les parcours d'allure horizontale des ventilations doivent comporter une pente pour assurer l'évacuation des eaux de condensation vers une colonne de chute.

Exceptions :

  • • La conduite de ventilation à l'air libre peut être remplacée par un clapet équilibreur de pression, sous couvert d'un Avis Technique ou d'un Document Technique d'Application (clause 4.2, note 2)
  • • En chute unique — système I au sens de la NF EN 12056-2 — l'utilisation de clapets aérateurs de l'article 42 du règlement sanitaire départemental type n'est pas prévue (clause 4.3, note 2)
Références : NF DTU 60.1 P1-1-2, clauses 4.2 et 4.3, NF EN 12056-2

Protection antipollution et typologie des réseaux

Obligatoire

Les réseaux intérieurs doivent être équipés de dispositifs de protection conformément à la NF EN 1717 pour prévenir la pollution de l'eau potable.

3 de la partie 1-1-1 classe les réseaux : RT1 pour l'eau destinée à la consommation humaine, décliné en RT1a (eau froide collective), RT1b (eau froide privative), RT1c (eau chaude collective), RT1d (eau chaude privative) et RT1e (eau traitée pour usages particuliers) ; RT2 pour les usages techniques ; RT3 incendie, RT4 arrosage par hydrant et RT5 activités spécifiques, ces trois derniers n'étant pas visés par le document.

À chaque piquage sur un réseau RT1 destiné à un autre usage (RT2, RT4, RT5 ou RT1e), un ensemble de protection EA doit être installé au plus près du piquage, à une distance inférieure ou égale à 3 m. La même règle s'applique à chaque piquage d'un réseau collectif RT1a ou RT1c vers un usage privatif RT1b ou RT1d.

Exceptions :

  • • Une chambre d'hôtel, une chambre d'EHPAD ou une cellule sanitaire sont considérées comme des parties privatives au sens de cette règle (clause 4.3, exemple)
Références : NF DTU 60.1 P1-1-1, clause 4.3, NF EN 1717

Supports et fixation des canalisations

Obligatoire

Les canalisations sont fixées à la structure ou à la paroi à l'aide de colliers, la fixation devant être capable de supporter la canalisation en service et être compatible avec la nature de la paroi. 4 de la partie 1-1-2). Dans les vides sanitaires et autres locaux humides, les supports doivent être en matériaux résistants à la corrosion : acier galvanisé ou peint, matières plastiques, laiton.

Aucun tube ne doit être attaché à un autre tube ni utilisé comme support pour d'autres tubes. En sous-sol, local technique, vide sanitaire, galerie ou vide technique, les supports doivent être fixés au gros œuvre et l'espace libre minimal entre le revêtement extérieur des canalisations d'allure horizontale et le sol est de 0,15 m, garde destinée à permettre le nettoyage du sol.

Références : NF DTU 60.1 P1-1-2, clause 5.4, NF DTU 60.2 P1-1, NF DTU 60.5 P1-1, NF DTU 60.32 P1-1, NF DTU 60.33 P1-1

Essais d'étanchéité et modes opératoires

Obligatoire

Les parties de canalisations comportant au moins un assemblage et destinées à être rendues inaccessibles doivent être contrôlées avant d'être inobservables (clause 8 de la partie 1-1-1). La partie du réseau essayée est remplie d'eau froide et purgée, robinets d'arrêt maintenus ouverts.

Le mode opératoire 1 consiste à appliquer une pression d'essai égale à 1,1 fois la pression maximale de fonctionnement admissible (PFA) pendant 10 minutes, la pression devant rester constante.

Le mode opératoire 2 applique la même pression d'essai maintenue 30 minutes, puis relève la pression après 30 minutes supplémentaires : une baisse inférieure à 0,06 MPa (0,6 bar) permet de considérer qu'il n'y a pas de fuite évidente ; l'essai se poursuit ensuite 2 heures sans changer la pression, une baisse de plus de 0,02 MPa (0,2 bar) sur cette période signalant une fuite.

Côté évacuation, les collecteurs d'allure horizontale de diamètre intérieur supérieur à 110 mm sont mis en charge en eau froide à une pression voisine de 0,1 bar, soit 1 mètre de colonne d'eau, pendant le temps nécessaire à leur inspection.

Exceptions :

  • • Sont exclus de l'essai d'étanchéité : les parties apparentes des canalisations à usage privatif, les parties inaccessibles privatives sans assemblage ou avec assemblages par emboîtures ou raccords mécaniques réalisés après mise en œuvre de la dalle, les appareils protégés par une soupape tarée sous la pression d'essai, et les parties modifiées ou ajoutées d'une longueur développée inférieure ou égale à 3 m (clause 8.2)
Références : NF DTU 60.1 P1-1-1, clauses 8.2, 8.2.1 et 8.2.2, NF DTU 60.1 P1-1-2, clause 6

Maintien en température et calorifugeage

Obligatoire

2). Dans les volumes non chauffés, les canalisations d'eau chaude sanitaire doivent dans tous les cas être calorifugées. 1). En cas de calorifugeage, l'eau froide et l'eau chaude sanitaire doivent être traitées séparément.

Exceptions :

  • • Le calorifugeage n'est pas obligatoire pour les canalisations d'eau chaude sanitaire encastrées, engravées ou enrobées (clause 4.5.2)
Références : NF DTU 60.1 P1-1-1, clauses 4.4, 4.5.1 et 4.5.2, Arrêté du 30 novembre 2005

Pose incorporée : enrobage, encastrement, engravement

Obligatoire

7 de la partie 1-1-1 distingue la canalisation enrobée, noyée dans le gros œuvre, la canalisation encastrée, placée dans un emplacement réservé puis enrobée, et la canalisation engravée, placée dans une saignée réalisée après coup.

Dans les planchers, les canalisations peuvent être enrobées ou encastrées ; dans les autres éléments pris en compte dans la stabilité du bâtiment — poteaux, poutres, murs porteurs, éléments précontraints — elles ne peuvent être qu'encastrées. Les saignées dans les éléments porteurs (dalles, poteaux, voiles porteurs) ne sont pas autorisées, et celles pratiquées dans les éléments non porteurs ne doivent pas compromettre leur stabilité, en particulier sans sectionnement d'armatures.

Il n'est pas autorisé de poser les canalisations dans l'épaisseur d'un isolant thermique ou phonique. Dans le cas d'un plancher, l'enrobage d'une canalisation reposant directement sur un entrevous n'est autorisé que pour le cuivre gainé et le plastique, avec un enrobage de 50 mm minimum.

Exceptions :

  • • Les canalisations en PE-X, PB et multicouches doivent être mises sous fourreau dès lors que la température de fluide est susceptible de dépasser 60 °C (amendement A1, clause 5.7.1)
  • • L'enrobage de canalisations dans le mortier de pose des carrelages scellés n'est pas autorisé (clause 5.7.1)
Références : NF DTU 60.1 P1-1-1, clauses 5.7.1 et 5.7.2, NF DTU 21, NF DTU 23.2, NF DTU 23.4

Cheminements interdits et pose dissimulée

Obligatoire

2 de la partie 1-1-2). 6). 4).

Exceptions :

  • • Vides sanitaires non accessibles : seules les canalisations d'eau froide sanitaire y sont autorisées, à condition de ne comporter ni accessoire ni assemblage — raccord, soudure, collage, bague d'étanchéité (clause 5.5)
Références : NF DTU 60.1 P1-1-1, clauses 5.1, 5.5, 5.6, 5.7.3 et 5.7.4, NF DTU 60.1 P1-1-2, clause 5.2

Rinçage, désinfection et mise en service

Obligatoire

Un rinçage des installations doit être réalisé le plus rapidement possible après l'installation et l'essai de pression, et si nécessaire juste avant la mise en service. Les tubes d'eau froide et d'eau chaude doivent être rincés séparément, les appareils de production d'eau chaude n'étant pas raccordés pendant l'opération. 1).

Il convient de protéger les vannes et équipements sensibles — robinets de chasse, mitigeurs thermostatiques — contre les particules étrangères, et de démonter aérateurs, filtres à tamis, contrôleurs de débit et douchettes pour augmenter le débit. 4).

Références : NF DTU 60.1 P1-1-1, clauses 8.1 et 8.4

Traitement de l'eau et protection contre la corrosion

Obligatoire

1). 1). 2). 2).

Exceptions :

  • • Si l'eau chaude est produite au-delà de 60 °C, un dispositif abaisseur de température doit être interposé, placé le plus près possible de l'appareil de production et dans le même local, ou dans un local contigu à condition que la longueur développée de tuyauterie ne dépasse pas 15 m (clause 4.2.2)
Références : NF DTU 60.1 P1-1-1, clauses 4.2.2, 4.7.1, 4.7.2.1 et 4.7.2.2, Code de la santé publique

Tolérances d'exécution

Paramètre Tolérance Conditions
Pente minimale des canalisations d'évacuation ≥ 1 % Parties d'allure horizontale (clause 5.4 de la partie 1-1-2)
Pression minimale au point le plus défavorisé ≥ 0,3 bar Imposée par le code de la santé publique (clause 4.1, note 1, de la partie 1-1-1)
Seuil de mise en place du réducteur de pression > 4 bar Pression statique au point de soutirage (clause 6.3.2)
Pression d'essai d'étanchéité 1,1 × PFA PFA = pression maximale de fonctionnement admissible. 10 min à pression constante en mode opératoire 1 (clause 8.2.1)
Baisse de pression admise — mode opératoire 2, phase 30 min < 0,06 MPa (0,6 bar) En deçà, le système est réputé sans fuite évidente (clause 8.2.2)
Baisse de pression admise — mode opératoire 2, phase 2 h ≤ 0,02 MPa (0,2 bar) Au-delà, le système présente une fuite : maintenir la pression et identifier la fuite (clause 8.2.2)
Mise en charge des collecteurs d'évacuation ≈ 0,1 bar (1 m de colonne d'eau) Collecteurs d'allure horizontale de diamètre intérieur supérieur à 110 mm (clause 6 de la partie 1-1-2)
Volume de rinçage avant mise en service ≥ 20 fois le volume du système Eau froide et eau chaude rincées séparément, de l'étage le plus haut vers le bas (clause 8.1)
Coefficient d'ovalisation après cintrage (acier galvanisé) < 0,20 Cintrage mécanique à froid uniquement ; tubes de diamètre extérieur supérieur à 60,3 mm non cintrables (clause 5.2.1.1.3)
Écart de diamètre en assemblage bord à bord par soudo-brasage 3 mm Les diamètres extérieurs des deux pièces doivent être égaux à cette tolérance près (clause 5.2.1.2.1.2)
Température maximale en tube acier galvanisé ≤ 60 °C Au-delà, dispositif abaisseur de température interposé (clause 4.2.2)

Dimensions réglementaires

Distance maximale du piquage à un ensemble de protection EA

Dimension : ≤ 3 m
Maximum : 3 m

Piquage d'un réseau RT1 vers RT2, RT4, RT5 ou RT1e, et piquage d'un réseau collectif RT1a/RT1c vers un usage privatif RT1b/RT1d (clause 4.3)

Garde au sol des canalisations horizontales

Dimension : ≥ 0,15 m
Minimum : 0,15 m

Sous-sol, local technique, vide sanitaire, galerie ou vide technique. Garde destinée au nettoyage du sol (clause 5.4 de la partie 1-1-2)

Ouverture minimale des trappes de visite

Dimension : 0,40 m × 0,60 m
Minimum : 0,40 m × 0,60 m

Accessibilité des raccords démontables en pose dissimulée (clause 5.6)

Jeu du fourreau par rapport à la canalisation

Dimension : Ø intérieur supérieur de 2 mm environ au Ø extérieur de la canalisation

L'espace annulaire doit être systématiquement rempli lorsque la paroi sépare un local chauffé de l'extérieur, du sol ou d'un local non chauffé (clause 5.5.1 de la partie 1-1-2)

Dépassement des fourreaux en pièces humides

Dimension : ≥ 0,03 m au-dessus du sol fini
Minimum : 0,03 m

Fourreaux arasés au nu du plafond, en matière non corrodable par l'eau et les produits de nettoyage domestique (clause 5.5.2.1 de la partie 1-1-2)

Enrobage minimal en dalle pleine (NF DTU 21)

Dimension : ≥ Ø de la plus grosse gaine, avec un minimum de 5 cm
Minimum : 5 cm

Canalisations situées entre les nappes d'armature, distance horizontale entre elles au moins égale à leur diamètre avec un minimum de 5 cm (clause 5.7.2.1)

Enrobage minimal en dalle collaborante sur dalles alvéolées

Dimension : ≥ Ø de la plus grosse gaine, avec un minimum de 20 mm
Minimum : 20 mm

Distance horizontale minimale entre gaines de 40 mm ; occupation limitée à la demi-épaisseur au droit des croisements (clause 5.7.2.2)

Enrobage minimal sur prédalles industrialisées

Dimension : ≥ 30 mm par rapport à la fibre supérieure du plancher
Minimum : 30 mm

Encombrement d'une gaine limité à la demi-épaisseur du béton complémentaire ; distance libre entre gaines au moins égale à l'épaisseur du plancher (clause 5.7.2.3)

Enrobage minimal d'une canalisation sur entrevous

Dimension : ≥ 50 mm
Minimum : 50 mm

Autorisé uniquement pour le cuivre gainé et le plastique (clause 5.7.1)

Épaisseur minimale d'enrobage — liaison siphon de sol

Dimension : 50 mm
Minimum : 10 mm localement en travaux dans l'habitat existant

Canalisation de raccordement d'allure horizontale d'une seule pièce et de longueur inférieure à 1 m autorisée (clause 5.5.2.2 de la partie 1-1-2)

Épaisseur minimale des cloisons admettant un engravement

Dimension : 70 mm en carreaux de plâtre ; 50 mm en briques plâtrières

Engravement avec fourreau uniquement. Saignées à la rainureuse — burin exclu en carreaux de plâtre, admis en briques plâtrières — et toutes du même côté de la cloison (clause 5.7.4.1)

Hauteur minimale au sol des robinets de puisage et d’arrosage

Dimension : 80 cm (puisage) ; 40 cm (arrosage)

Robinet de puisage à nez lisse ne permettant pas de raccordement, avec dispositif d'évacuation. Robinet d'arrosage avec protection antipollution intégrée ou ensemble HA indémontable au nez (clauses 6.4.2.1 et 6.4.2.2)

Recouvrement des canalisations enterrées

Dimension : Remblai fin jusqu'à 0,20 m au-dessus de la tuyauterie

Grillage avertisseur placé à environ 0,20 m au-dessus de la génératrice supérieure des tubes (clause 5.7 de la partie 1-1-2)

Longueur maximale de tuyauterie vers l'abaisseur de température

Dimension : ≤ 15 m développés
Maximum : 15 m

Uniquement si l'abaisseur est placé dans un local contigu à celui de la production d'eau chaude (clause 4.2.2)

Comprendre NF DTU 60.1

Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.

Pour NF DTU 60.1, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.

Qui est concerné ?

Le domaine d'application de NF DTU 60.1 couvre : travaux d'exécution des canalisations d'alimentation en eau froide et chaude sanitaire à l'intérieur des bâtiments neufs ou existants (partie 1-1-1), des réseaux d'évacuation des eaux usées et des eaux vannes (partie 1-1-2) et de la pose des appareils sanitaires et des appareils de production d'eau chaude sanitaire (partie 1-1-3). Le document est applicable dans toutes les zones climatiques ou naturelles françaises, y compris en climat tropical humide — Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion et Mayotte. Sont exclus les travaux de réparation, les réseaux d'eau à usage spécifique (piscine, spa, hammam), les réseaux de chauffage et de climatisation, d'irrigation, d'incendie et d'adduction d'eau. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.

Progineer et la conformité document technique unifié

Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.

Tout savoir sur NF DTU 60.1

Le NF DTU 60.1 est la norme de mise en œuvre de la plomberie sanitaire des bâtiments. Il porte l'indice de classement P 40-201 et se distingue par une structure inhabituellement découpée : la partie 1-1-1 traite les canalisations d'alimentation en eau froide et chaude sanitaire, la partie 1-1-2 les réseaux d'évacuation des eaux usées et vannes, la partie 1-1-3 les appareils sanitaires et les appareils de production d'eau chaude, la partie 1-2 les critères généraux de choix des matériaux et la partie 2 le cahier des clauses administratives spéciales types.

La confusion la plus répandue au sujet de ce document porte sur le dimensionnement. Le NF DTU 60.1 ne dimensionne pas les réseaux : sa clause 1 renvoie explicitement au NF DTU 60.11 P1-1 pour les réseaux d'alimentation d'eau froide et chaude sanitaire, et au NF DTU 60.11 P1-2 pour la conception et le dimensionnement des réseaux bouclés. Chercher des tableaux de diamètres dans le NF DTU 60.1 est donc une impasse : ce qu'il porte, ce sont les règles de conception qualitative, de mise en œuvre, d'incorporation, d'essai et de mise en service.

Le champ géographique du document est large et souvent sous-estimé : il est applicable dans toutes les zones climatiques ou naturelles françaises, y compris en climat tropical humide, ce qui couvre explicitement la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Réunion et Mayotte. À l'inverse, les exclusions sont nombreuses et méritent d'être vérifiées en amont : travaux de réparation, canalisations ouvertes à l'air libre, réseaux d'eau à usage spécifique comme les piscines, spas et hammams, réseaux de chauffage et de climatisation, réseaux d'irrigation, réseaux d'incendie et réseaux d'adduction d'eau.

Le fil directeur du document est sanitaire avant d'être hydraulique. La protection contre les retours d'eau au sens de la NF EN 1717, la typologie des réseaux RT1 à RT5, le maintien en température des réseaux bouclés d'eau chaude, le rinçage à vingt fois le volume du système et la désinfection avant mise en service forment un ensemble cohérent orienté vers la préservation de la qualité de l'eau destinée à la consommation humaine. Les prescriptions de pose — cheminements interdits, assemblages indémontables en incorporé, accessibilité des organes — découlent de cette même logique.

Comprendre en détail NF DTU 60.1

Structure du NF DTU 60.1 et articulation avec le NF DTU 60.11

Le NF DTU 60.1 se lit en trois cahiers de clauses techniques distincts. La partie 1-1-1 (P 40-201-1-1-1) porte les canalisations d'alimentation en eau froide et chaude sanitaire à l'intérieur des bâtiments, neufs ou existants. La partie 1-1-2 (P 40-201-1-1-2) porte les réseaux d'évacuation. La partie 1-1-3 (P 40-201-1-1-3) porte la pose des appareils sanitaires, de la robinetterie et des appareils de production d'eau chaude sanitaire.

La clause 1 de la partie 1-1-1 précise ce que le document ne vise pas : les travaux de réparation, les canalisations d'alimentation ouvertes à l'air libre, les réseaux d'eau à usage spécifique (piscine, spa, hammam, eaux pour soin), les réseaux de chauffage et de climatisation, les réseaux d'irrigation enterrés ou non, les réseaux d'incendie, les réseaux d'adduction d'eau et la pose des appareils sanitaires — cette dernière relevant de la partie 1-1-3.

Par extension, le document concerne aussi les canalisations d'eau froide sanitaire des branchements — hors la partie régie par les réglementations relatives au service public de distribution d'eau —, des jonctions entre bâtiments et des alimentations de réseaux extérieurs d'arrosage ou de puisage. Les réseaux de distribution d'eau de pluie relèvent quant à eux de la NF P 16-005.

Le renvoi au NF DTU 60.11 pour le dimensionnement est la clé de lecture principale. En maîtrise d'œuvre, cela signifie qu'un CCTP plomberie ne peut pas se contenter de viser le NF DTU 60.1 : il doit viser le NF DTU 60.11 pour les notes de calcul de diamètres et de bouclage, faute de quoi le référentiel de dimensionnement n'est contractuellement pas fixé.

Conception des réseaux d'alimentation (clause 4)

Le principe posé à la clause 4.1 est celui d'une alimentation des différents appareils sans interruption. Le tracé doit être aussi court que possible et conçu de telle sorte que les canalisations puissent être vidangées, rincées et désinfectées — trois opérations qui structurent toute la conception. Le code de la santé publique impose une pression minimale de 0,3 bar au point le plus défavorisé de l'installation.

Trois règles d'accessibilité en découlent. Tous les organes de manœuvre, de sécurité et de protection doivent être facilement accessibles pour leur manipulation et leur remplacement éventuel. Les appareils, équipements, ensembles de protection et accessoires placés sur les canalisations doivent être démontables sans dépose des canalisations. Et en cas de parcours parallèle horizontal, la canalisation d'eau froide est placée en dessous de la canalisation d'eau chaude.

La compatibilité des matériaux fait l'objet de la clause 4.2. Le raccordement entre acier et cuivre s'effectue par l'intermédiaire d'un raccord en laiton, alliage cuivre-zinc de potentiel intermédiaire, assurant une liaison cuivre/laiton puis laiton/acier. La liaison directe entre tubes de cuivre et pièces en acier inoxydable est en revanche autorisée.

L'acier galvanisé fait l'objet de règles propres (clause 4.2.2) : les éléments en cuivre et alliages de cuivre ne doivent pas être placés en amont des canalisations en acier galvanisé — hors robinetterie, comptage, pièces de raccordement et métaux d'apport des soudo-brasures. Le raccordement d'un tube cuivre à un réseau galvanisé ne doit pas se faire par brasage ou soudo-brasage direct, une pièce intermédiaire étant nécessaire. Et l'association cuivre/acier galvanisé n'est pas admise dans les boucles de circulation d'eau chaude sanitaire.

Protection antipollution : la typologie RT1 à RT5

La clause 4.3 impose d'équiper les réseaux intérieurs de dispositifs de protection conformément à la NF EN 1717, et pose une classification qui structure toute l'étude sanitaire. RT1 désigne le réseau d'eau destinée à la consommation humaine, décliné en RT1a pour l'eau froide sanitaire collective partant du compteur, RT1b pour l'eau froide privative piquée sur RT1a, RT1c pour l'eau chaude collective, RT1d pour l'eau chaude privative et RT1e pour l'eau traitée destinée à des usages particuliers occasionnant une exposition humaine directe ou indirecte, ce dernier n'étant pas visé par le document.

RT2 désigne le réseau d'eau destinée à des usages techniques — remplissage des circuits de chauffage ou de climatisation, lavage et arrosage lorsqu'il est fait appel à des robinets de puisage. RT3 (protection incendie), RT4 (arrosage par hydrant) et RT5 (activités spécifiques : industriel, buanderie, portique de lavage) ne sont pas visés par le NF DTU 60.1.

La règle opérationnelle est simple et souvent mal appliquée : à chaque piquage sur un réseau RT1 destiné à un autre usage (RT2, RT4, RT5 ou RT1e), un ensemble de protection EA doit être installé au plus près du piquage, à une distance inférieure ou égale à 3 m. La même exigence s'applique à chaque piquage sur un réseau collectif RT1a ou RT1c destiné à un usage privatif RT1b ou RT1d.

La norme précise, par exemple, qu'une chambre d'hôtel, une chambre d'EHPAD ou une cellule sanitaire sont considérées comme des parties privatives. Sur un programme d'hébergement, cela signifie un ensemble EA par chambre au piquage sur la colonne collective — un poste rarement chiffré à sa juste valeur en phase APS.

Les équipements raccordés à un réseau RT1 ou RT2 et dont la conception n'intègre pas la protection doivent être équipés d'un dispositif selon la NF EN 1717 : adoucisseurs, productions d'eau chaude et chaudières sont explicitement cités.

Maintien en température, gel et prévention des légionelles

La clause 4.4 impose de protéger les canalisations contre les effets du gel selon au moins un des deux principes suivants : le choix du parcours, en maintien hors gel, ou le calorifugeage des tuyauteries. Un traçage électrique par rubans chauffants avec calorifuge est également possible. Les canalisations enterrées doivent être placées à une profondeur suffisante pour assurer la mise hors gel, ou être calorifugées en cas d'impossibilité technique.

Pour l'eau froide (clause 4.5.1), le calorifugeage est requis pour les canalisations situées dans les locaux où la température ambiante est fréquemment élevée, comme les chaufferies, et pour toute canalisation d'eau froide en acier galvanisé installée dans une gaine, une galerie technique non ventilée, derrière un faux plafond non ventilé ou dans un vide sanitaire non ventilé — cette dernière disposition visant à prévenir la condensation sur les canalisations en acier. En cas de calorifugeage, eau froide et eau chaude doivent être traitées séparément.

Pour l'eau chaude (clause 4.5.2), à l'exception des tubes finaux d'alimentation des points de puisage, le réseau collectif doit être maintenu en température par bouclage, et les parties maintenues en température doivent être calorifugées. Dans les volumes non chauffés, le calorifugeage est requis dans tous les cas ; il n'est en revanche pas obligatoire pour les canalisations encastrées, engravées ou enrobées.

La norme reproduit en note l'exigence de l'arrêté du 30 novembre 2005 : lorsque le volume entre le point de mise en distribution et le point de puisage le plus éloigné est supérieur à 3 litres, la température de l'eau doit être supérieure ou égale à 50 °C en tout point du système de distribution, à l'exception des tubes finaux d'alimentation des points de puisage, dont le volume doit être le plus faible possible et dans tous les cas inférieur ou égal à 3 litres.

Sur les installations collectives, un dispositif permettant de contrôler les températures doit être installé sur le départ et le retour d'eau chaude ainsi qu'au niveau des boucles les plus défavorisées hydrauliquement, et un dispositif permettant de contrôler le débit en retour de boucle doit également être installé — vanne de réglage à mesure de débit ou détecteur de débit.

Pose incorporée : enrobage, encastrement, engravement

La clause 5.7.1 distingue trois modes d'incorporation. La canalisation enrobée est noyée dans les éléments de gros œuvre, directement ou avec fourreau. La canalisation encastrée est mise en place, directement ou avec fourreau, dans un emplacement réservé dans le gros œuvre puis enrobée avec un matériau compatible. La canalisation engravée est mise en place dans une saignée réalisée après coup, puis enrobée.

Dans les planchers, les canalisations peuvent être enrobées ou encastrées. Dans les autres éléments de gros œuvre pris en compte dans la stabilité du bâtiment — poteaux, poutres, murs porteurs, éléments précontraints — elles ne peuvent être qu'encastrées. Les saignées dans les éléments porteurs ne sont pas autorisées, et celles réalisées dans les éléments non porteurs ne doivent pas compromettre leur stabilité, en particulier sans sectionnement d'armatures.

Les distances d'enrobage sont fixées par référence au type de plancher. En dalle pleine selon NF DTU 21, les canalisations, gaines ou fourreaux doivent être situés entre les nappes d'armature, permettre un enrobage par le béton au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine avec un minimum de 5 cm, et présenter une distance horizontale entre elles au moins égale à leur diamètre avec un minimum de 5 cm. En dalle collaborante sur dalles alvéolées selon NF DTU 23.2, ces valeurs deviennent 20 mm d'enrobage et 40 mm de distance horizontale. Sur prédalles industrialisées selon NF DTU 23.4, l'enrobage minimal est de 30 mm par rapport à la fibre supérieure du plancher.

Deux interdictions closent la clause : la pose dans l'épaisseur d'un isolant thermique ou phonique n'est pas autorisée, et l'enrobage de canalisations dans le mortier de pose des carrelages scellés ne l'est pas davantage. L'amendement A1 ajoute que les canalisations en PE-X, PB et multicouches doivent être mises sous fourreau dès lors que la température de fluide est susceptible de dépasser 60 °C.

En cloison, les seuls assemblages autorisés sont indémontables — soudés, collés ou sertis — et les piquages ne sont pas autorisés sauf au droit d'un appareil sanitaire (clause 5.7.4). Dans les carreaux de plâtre d'épaisseur minimale 70 mm ou les briques plâtrières d'épaisseur minimale 50 mm, seul l'engravement avec fourreau est autorisé, les saignées étant réalisées à la rainureuse — le burin étant exclu dans les carreaux de plâtre et admis dans les briques plâtrières — et devant toutes se situer du même côté de la cloison.

Réseaux d'évacuation : système séparatif et ventilation

La clause 4.1 de la partie 1-1-2 pose le principe : les canalisations d'évacuation doivent assurer l'évacuation rapide et sans stagnation des eaux usées provenant des appareils sanitaires et ménagers, et les eaux usées et pluviales doivent être évacuées selon le système séparatif, ne pouvant être rassemblées qu'à l'extérieur du bâtiment. Le règlement sanitaire interdit d'évacuer les eaux vannes dans les ouvrages d'évacuation des eaux pluviales et réciproquement, une dérogation de l'autorité sanitaire pouvant seulement tolérer l'évacuation d'eaux ménagères lorsque le système d'égout public le permet.

Le système à colonnes de chute séparées, qui correspond au système IV de la NF EN 12056-2, sépare les conduites et colonnes d'eaux usées ménagères et d'eaux vannes. Les colonnes de chute doivent être prolongées en ventilation jusqu'à l'air libre et au-dessus des locaux habités, dans le même diamètre. Cette conduite de ventilation à l'air libre peut être remplacée par un clapet équilibreur de pression, sous couvert d'un Avis Technique ou d'un Document Technique d'Application.

Lorsque les ventilations de plusieurs colonnes de chute sont regroupées en une seule immédiatement au-dessus du dernier branchement, le diamètre de cette sortie est le diamètre immédiatement supérieur au diamètre de la plus grande des ventilations avant regroupement. Les parcours d'allure horizontale des ventilations doivent comporter une pente pour assurer l'évacuation des eaux de condensation vers une colonne de chute.

Le système à chute unique, qui correspond au système I de la NF EN 12056-2, réunit eaux usées ménagères et eaux vannes dans une même colonne. La norme précise que l'utilisation de clapets aérateurs tels que mentionnés à l'article 42 du règlement sanitaire départemental type n'est pas prévue en cas de chute unique — point à vérifier lorsqu'une solution de ventilation primaire par clapet est proposée en variante.

Supports, traversées de parois et canalisations enterrées

La clause 5.4 de la partie 1-1-2 pose les règles de supportage. Les canalisations sont fixées à la structure ou à la paroi à l'aide de colliers, la fixation devant être capable de supporter la canalisation en service et compatible avec la nature de la paroi. Les fixations par percement ou scellement ne sont pas autorisées dans les éléments en béton précontraint. Dans les vides sanitaires et locaux humides, les supports doivent être en matériaux résistants à la corrosion. Et aucun tube ne doit être attaché à un autre tube ni utilisé comme support pour d'autres tubes.

Les règles d'écartement entre deux supports ne figurent pas dans le NF DTU 60.1 : la norme renvoie aux parties P1-1 des NF DTU 60.2 (fonte), NF DTU 60.32 et NF DTU 60.33 (PVC) et NF DTU 60.5 (cuivre), selon la nature de la canalisation. C'est une seconde source d'erreur fréquente, symétrique de celle sur le dimensionnement.

Pour les traversées de parois (clause 5.5.1), le percement ne doit compromettre ni la stabilité du gros œuvre ni l'étanchéité à l'eau du support. Lorsque des fourreaux sont utilisés, le diamètre intérieur du fourreau doit être supérieur d'environ 2 mm au diamètre extérieur de la canalisation, et l'espace annulaire doit être systématiquement rempli lorsque la paroi sépare un local chauffé de l'extérieur, du sol ou d'un local non chauffé, afin de restituer l'étanchéité à l'air. Les canalisations de ventilation des colonnes de chute ne doivent pas comporter d'assemblage dans la traversée de la toiture.

En pièces humides, les fourreaux de traversée de plancher doivent être en matière non corrodable par l'eau et les produits de nettoyage domestique, arasés au nu du plafond et dépassant le nu du plancher revêtu d'au moins 0,03 m. En traversée de chape ou de dalle flottante, la canalisation est entourée soit d'un fourreau, soit d'un gainage souple, mis en place avant l'exécution de la chape.

Pour les canalisations enterrées hors zones soumises à charges et surcharges (clause 5.7), les tuyaux sont disposés sur le lit de pose sans fourreau, le fond de fouille étant dressé à l'aide d'éléments fins et homogènes damés. Le remblayage s'effectue en éléments fins jusqu'à 0,20 m au-dessus de la tuyauterie, puis en tout-venant par couches successives damées. Le parcours doit être signalé par un grillage avertisseur placé à environ 0,20 m au-dessus de la génératrice supérieure des tubes.

Essais, rinçage et mise en service (clause 8)

La règle d'ordonnancement est posée en tête de clause 8 : les parties de canalisations comportant au moins un assemblage et destinées à être rendues inaccessibles doivent être contrôlées avant qu'elles ne soient inobservables. C'est cette phrase qui fonde le refus de couler une chape ou de fermer un doublage avant essai.

L'essai d'étanchéité se pratique réseau rempli d'eau froide et purgé, robinets d'arrêt maintenus ouverts, sur l'ensemble du réseau ou par parties isolables. Le mode opératoire 1 consiste à appliquer, au moyen d'une pompe et pendant 10 minutes, une pression d'essai égale à 1,1 fois la pression maximale de fonctionnement admissible, la pression devant rester constante. Le mode opératoire 2 maintient cette même pression 30 minutes, relève la pression après 30 minutes supplémentaires — une baisse inférieure à 0,06 MPa permettant de considérer l'absence de fuite évidente — puis poursuit 2 heures, une baisse supérieure à 0,02 MPa sur cette période signalant une fuite.

Sont exclues de l'essai les parties apparentes des canalisations à usage privatif, les parties inaccessibles privatives sans assemblage ou avec assemblages par emboîtures ou raccords mécaniques réalisés après mise en œuvre de la dalle, les appareils protégés par une soupape dont la pression de tarage est inférieure à la pression d'essai, et les parties modifiées ou ajoutées à une installation existante dont la longueur développée est inférieure ou égale à 3 m. Ces parties font l'objet d'un essai à la pression de distribution générale.

Le rinçage doit intervenir le plus rapidement possible après l'installation et l'essai de pression, avec un volume d'eau égal à au moins 20 fois le volume du système, eau froide et eau chaude rincées séparément et appareils de production d'eau chaude non raccordés. Il commence à l'étage le plus haut et se poursuit vers le bas, étage par étage, les points de soutirage étant ouverts en commençant par le plus éloigné de la colonne montante puis refermés en commençant par le plus amont.

Côté évacuation, l'essai consiste à faire s'écouler l'eau dans chacun des appareils raccordés et à observer la partie visible de la canalisation d'évacuation le desservant, aucune fuite ne devant être décelée. De plus, les collecteurs d'allure horizontale de diamètre intérieur supérieur à 110 mm sont mis en charge en eau froide à une pression voisine de 0,1 bar, soit 1 mètre de colonne d'eau, pendant le temps nécessaire à leur inspection.

Moyens de contrôle, repérage et robinetterie

Lorsque des canalisations en acier galvanisé sont utilisées, l'installation de tubes témoins est prescrite (clause 6.6.1) : près de l'entrée de l'installation, en aval des appareils de traitement s'ils existent, sur le collecteur général des retours d'eau en amont du clapet anti-retour d'un circuit bouclé, et sur le retour d'eau en amont de la pompe de circulation. Sur un circuit d'eau froide ou un retour d'eau chaude bouclé, le tube témoin est placé en série, d'une longueur minimale de 0,50 m et disposé horizontalement.

En présence d'un dispositif de traitement, deux prises d'eau doivent être placées, l'une en amont et l'autre en aval du dispositif ; en circuit bouclé, une prise d'eau doit être placée sur le retour (clause 6.6.2). Ces points d'échantillonnage conditionnent le contrôle ultérieur de l'efficacité des traitements.

Le repérage (clause 7) impose que les parties de réseaux réservées à un autre usage que la consommation humaine se distinguent au moyen de signes particuliers, et que dans les parties collectives, les canalisations soient marquées pour identifier le fluide véhiculé — EF ou EC pour les réseaux RT1 — cette identification étant principalement placée à proximité des traversées de planchers ou de cloisons. Il convient en outre de munir d'une étiquette d'identification les vannes principales de l'installation.

Les purgeurs d'air ou séparateurs d'air automatiques doivent être installés, facilement accessibles, aux points hauts des colonnes montantes et des coudes, au niveau des contre-pentes, sur les retours de boucles et en sortie des préparateurs d'eau chaude (clause 6.4.3). En cas d'apport d'air fréquent dans le réseau d'eau chaude sanitaire, un séparateur de microbulles doit être installé en sortie de préparateur.

Enfin, les flexibles de raccordement doivent être montés après les opérations de soudage, rester accessibles, et tout encastrement ou disposition interdisant leur remplacement éventuel est proscrit ; les traversées de murs, planchers ou cloisons doivent être réalisées sous fourreaux, et l'amendement A1 précise que l'assemblage de deux flexibles ou plus bout à bout n'est pas admis (clause 6.5).

Points de contrôle en maîtrise d'œuvre

En phase conception, quatre points sont à verrouiller : le visa du NF DTU 60.11 dans le CCTP pour le dimensionnement des réseaux et du bouclage, la typologie RT1 à RT5 des réseaux du projet et les ensembles de protection EA associés à chaque piquage, la stratégie de maintien en température des réseaux collectifs d'eau chaude au regard de l'arrêté du 30 novembre 2005, et l'analyse de l'eau permettant de statuer sur la nécessité d'un traitement anticorrosion ou antitartre.

En phase études d'exécution, il faut arrêter les modes d'incorporation retenus plancher par plancher, vérifier la compatibilité des enrobages avec le type de plancher — 5 cm en dalle pleine, 20 mm en dalle collaborante, 30 mm sur prédalles — et positionner les trappes de visite d'ouverture minimale 0,40 m × 0,60 m sur toutes les gaines contenant des raccords démontables.

En phase chantier, le point de contrôle décisif est l'ordonnancement : aucun habillage, aucun scellement, aucune chape avant essai d'étanchéité des parties destinées à devenir inaccessibles. Il faut également vérifier l'absence de canalisations dans les conduits de fumées, de ventilation et d'ordures ménagères et dans l'épaisseur des isolants de façade, ainsi que la garde de 0,15 m au sol en sous-sol et vide technique.

Avant réception, le dossier doit contenir les procès-verbaux d'essai d'étanchéité, la traçabilité du rinçage à vingt fois le volume du système, le cas échéant le rapport de désinfection, les relevés d'équilibrage des boucles d'eau chaude et les mesures de température au départ, au retour général et sur les boucles les plus défavorisées. Sans ces pièces, la conformité du lot ne peut être établie a posteriori.

Glossaire NF DTU 60.1

RT1 à RT5
Classification des réseaux au sens de la clause 4.3 : RT1 eau destinée à la consommation humaine (a collectif froid, b privatif froid, c collectif chaud, d privatif chaud, e eau traitée), RT2 usages techniques, RT3 incendie, RT4 arrosage par hydrant, RT5 activités spécifiques.
Ensemble de protection EA
Dispositif de protection contre les retours d'eau au sens de la NF EN 1717, à installer à 3 m au plus d'un piquage d'un réseau RT1 vers un autre usage, ou d'un réseau collectif vers un usage privatif (clause 4.3).
PFA — pression maximale de fonctionnement admissible
Pression de référence des essais d'étanchéité. La pression d'essai est égale à 1,1 fois la PFA dans les deux modes opératoires de la clause 8.2.
Canalisation enrobée
Canalisation noyée dans les éléments de gros œuvre, directement ou avec un fourreau (clause 5.7.1).
Canalisation encastrée
Canalisation mise en place, directement ou avec fourreau, dans un emplacement réservé dans le gros œuvre puis enrobée avec un matériau compatible (clause 5.7.1). Seul mode admis dans les éléments participant à la stabilité.
Canalisation engravée
Canalisation mise en place dans une saignée réalisée après coup dans le gros œuvre puis enrobée (clause 5.7.1).
Système séparatif
Principe imposé par la clause 4.1 de la partie 1-1-2 : eaux usées et eaux pluviales évacuées séparément, rassemblement admis seulement à l'extérieur du bâtiment.
Système IV (NF EN 12056-2)
Système à colonnes de chute séparées, dans lequel eaux usées ménagères et eaux vannes empruntent des conduites et colonnes distinctes (clause 4.2 de la partie 1-1-2).
Système I (NF EN 12056-2)
Système à chute unique, dans lequel eaux usées ménagères et eaux vannes sont évacuées par une même colonne de chute (clause 4.3 de la partie 1-1-2).
Clapet équilibreur de pression
Dispositif pouvant remplacer la conduite de ventilation à l'air libre d'une colonne de chute, sous couvert d'un Avis Technique ou d'un Document Technique d'Application (clause 4.2, note 2, de la partie 1-1-2).
Tube témoin
Tronçon démontable de longueur minimale 0,50 m disposé horizontalement en série sur un réseau en acier galvanisé, permettant le contrôle de l'état interne des canalisations (clause 6.6.1).
Bouclage
Mode de maintien en température du réseau collectif d'eau chaude sanitaire imposé par la clause 4.5.2, hors tubes finaux d'alimentation des points de puisage.
TAC — titre alcalimétrique complet
Paramètre d'analyse d'eau intervenant dans les critères de protection contre la corrosion : un TAC au méthylorange inférieur à 1,6 meq/l impose une protection, en eau froide comme en eau chaude (clauses 4.7.2.1 et 4.7.2.2).
Abaisseur de température
Dispositif interposé lorsque l'eau chaude est produite au-delà de 60 °C et distribuée en acier galvanisé, placé au plus près de l'appareil de production, dans le même local ou dans un local contigu à moins de 15 m développés (clause 4.2.2).
Documents Particuliers du Marché (DPM)
Pièces contractuelles propres à l'opération. Le NF DTU 60.1 leur renvoie notamment le niveau de protection au branchement, les essais complémentaires et l'équipement des traversées par un résilient phonique.

Questions fréquentes sur NF DTU 60.1

Qu'est-ce que NF DTU 60.1 ?

NF DTU 60.1 - Plomberie sanitaire pour bâtiments. Le DTU 60.1 régit la conception des réseaux de distribution d'eau froide, d'eau chaude sanitaire et d'évacuation des eaux usées dans les bâtiments. Il fixe les diamètres selon débits simultanés, les pressions de service, les vitesses limites et les protections contre le gel et le bélier. Un sous-dimensionnement en colonne montante ou une absence de réservoir antibélier provoque baisses de débit et coups violents en réseau. Ce document relève de documents techniques unifiés.

Quels projets sont concernés par NF DTU 60.1 ?

Le domaine d'application couvre : travaux d'exécution des canalisations d'alimentation en eau froide et chaude sanitaire à l'intérieur des bâtiments neufs ou existants (partie 1-1-1), des réseaux d'évacuation des eaux usées et des eaux vannes (partie 1-1-2) et de la pose des appareils sanitaires et des appareils de production d'eau chaude sanitaire (partie 1-1-3). Le document est applicable dans toutes les zones climatiques ou naturelles françaises, y compris en climat tropical humide — Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion et Mayotte. Sont exclus les travaux de réparation, les réseaux d'eau à usage spécifique (piscine, spa, hammam), les réseaux de chauffage et de climatisation, d'irrigation, d'incendie et d'adduction d'eau. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.

Comment garantir la conformité à NF DTU 60.1 sur un projet ?

En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.

Le NF DTU 60.1 donne-t-il les diamètres des canalisations ?

Non. La clause 1 de la partie 1-1-1 renvoie explicitement au NF DTU 60.11 P1-1 pour le dimensionnement des réseaux d'alimentation d'eau froide et chaude sanitaire, et au NF DTU 60.11 P1-2 pour la conception et le dimensionnement des réseaux bouclés. La clause 4.6 renvoie de même au NF DTU 60.11 P1-1 pour les dispositions relatives aux pressions de bon fonctionnement des appareils.

Quelle pression minimale doit-on garantir au point le plus défavorisé ?

La note 1 de la clause 4.1 rappelle que le code de la santé publique impose une pression minimale de 0,3 bar au point le plus défavorisé de l'installation. À l'autre extrémité, la clause 6.3.2 indique qu'au-delà de 4 bar en pression statique au point de soutirage, il convient de mettre en place un réducteur de pression.

Quelle pente minimale pour une canalisation d'évacuation ?

La clause 5.4 de la partie 1-1-2 impose, dans les parties d'allure horizontale, une pose avec une pente minimum de 1 %. Les valeurs de dimensionnement hydraulique proprement dites relèvent du NF DTU 60.11 et de la NF EN 12056-2.

Peut-on faire passer une canalisation dans une gaine de ventilation ?

Non. La clause 5.1 de la partie 1-1-1 et la clause 5.2 de la partie 1-1-2 interdisent le passage des canalisations dans les conduits de fumées, les conduits de ventilation et les conduits d'ordures ménagères, ainsi que dans les parois constituant ces trois types de conduits. La pose dans l'épaisseur d'un isolant de mur de façade est également interdite.

Quels assemblages sont autorisés sur une canalisation encastrée ?

Les clauses 5.7.3 et 5.7.4 n'autorisent que les assemblages indémontables — soudés, collés ou sertis — sauf si des dispositions locales permettent l'accès ou le démontage. Les piquages ne sont pas autorisés, à l'exception de ceux situés au droit d'un appareil sanitaire, et les canalisations ne doivent comporter ni compensateurs ni robinetterie.

Quel enrobage minimal pour une canalisation dans un plancher ?

Cela dépend du type de plancher. En dalle pleine selon NF DTU 21 : enrobage au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine, avec un minimum de 5 cm. En dalle collaborante sur dalles alvéolées selon NF DTU 23.2 : minimum 20 mm. Sur prédalles industrialisées selon NF DTU 23.4 : minimum 30 mm par rapport à la fibre supérieure du plancher (clause 5.7.2).

Comment réaliser l'essai d'étanchéité d'un réseau d'eau ?

Deux modes opératoires sont prévus à la clause 8.2. Le mode 1 applique une pression d'essai égale à 1,1 fois la PFA pendant 10 minutes, la pression devant rester constante. Le mode 2 maintient cette pression 30 minutes, contrôle une baisse inférieure à 0,06 MPa après 30 minutes supplémentaires, puis poursuit 2 heures, une baisse de plus de 0,02 MPa signalant une fuite. Le choix du mode dépend du matériau de la canalisation.

Quand doit-on réaliser les essais par rapport au coulage de la chape ?

Avant. La clause 8 précise que, pour les parties de canalisations comportant au moins un assemblage et destinées à être rendues inaccessibles, les contrôles et essais doivent être effectués avant qu'elles ne soient inobservables. C'est le fondement du refus de fermeture des ouvrages avant procès-verbal d'essai.

Quel volume d'eau faut-il pour le rinçage avant mise en service ?

La clause 8.1 impose un rinçage avec un volume d'eau égal à au moins 20 fois le volume du système. Les tubes d'eau froide et d'eau chaude sont rincés séparément, les appareils de production d'eau chaude n'étant pas raccordés. Le rinçage commence à l'étage le plus haut et se poursuit vers le bas, étage par étage.

Une chambre d'hôtel compte-t-elle comme partie privative pour la protection antipollution ?

Oui. La clause 4.3 cite explicitement en exemple qu'une chambre d'hôtel, une chambre d'EHPAD ou une cellule sanitaire sont considérées comme des parties privatives. À chaque piquage sur un réseau collectif RT1a ou RT1c destiné à un usage privatif RT1b ou RT1d, un ensemble de protection EA doit être installé à 3 m au plus du piquage.

Peut-on mélanger cuivre et acier galvanisé sur un réseau ?

Sous conditions strictes. La clause 4.2.2 interdit de placer les éléments en cuivre et alliages de cuivre en amont des canalisations en acier galvanisé — hors robinetterie, comptage, pièces de raccordement et métaux d'apport. Le raccordement direct par brasage ou soudo-brasage est interdit, une pièce intermédiaire étant nécessaire. Et l'association cuivre/acier galvanisé n'est pas admise dans les boucles de circulation d'eau chaude sanitaire.

À quelle température maximale peut circuler l'eau dans un tube en acier galvanisé ?

60 °C. La clause 4.2.2 précise que les tubes en acier galvanisé ne doivent pas être parcourus par de l'eau à une température supérieure à 60 °C. Si l'eau chaude est produite au-delà, un dispositif abaisseur de température doit être interposé, placé au plus près de l'appareil de production et dans le même local, ou dans un local contigu à condition que la tuyauterie de liaison ne dépasse pas 15 m développés.

Le calorifugeage de l'eau chaude sanitaire est-il toujours obligatoire ?

Presque. La clause 4.5.2 impose le calorifugeage des parties de réseau maintenues en température et, dans tous les cas, des canalisations d'eau chaude sanitaire situées dans les volumes non chauffés. La seule dispense concerne les canalisations encastrées, engravées ou enrobées.

Quelle hauteur minimale pour un robinet de puisage ou d'arrosage ?

La clause 6.4.2.1 impose une distance au sol d'au moins 80 cm pour un robinet de puisage, dont le nez doit être lisse et ne pas permettre de raccordement, avec un dispositif d'évacuation prévu (caniveau ou siphon de sol). La clause 6.4.2.2 impose au moins 40 cm pour le nez d'un robinet d'arrosage, la protection antipollution devant être intégrée au robinet ou assurée par un ensemble de type HA indémontable après pose.

Le NF DTU 60.1 s'applique-t-il en outre-mer ?

Oui. La clause 1 précise que le cahier des clauses techniques est applicable dans toutes les zones climatiques ou naturelles françaises, y compris en climat tropical humide, le domaine d'application couvrant ainsi les départements de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, de la Réunion et de Mayotte.

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Informations

Référence NF DTU 60.1
Type Document Technique Unifié
Catégorie Documents Techniques Unifiés
Accès Gratuit
En vigueur depuis 1 juin 2013

Dernière mise à jour

Ce document a été mis à jour le 15 janvier 2024

Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.

NF DTU 60.1 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. plomberie, distribution eau, évacuation, dimensionnement, plomberie sanitaire, canalisations, cuivre, eau chaude sanitaire.

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