DTU 65.10 - Canalisations d'eau chaude ou froide sous pression à l'intérieur des bâtiments (norme annulée en 2017)
Le DTU 65.10 « Cahier des clauses techniques applicables aux canalisations d'eau chaude ou froide sous pression et canalisations d'évacuation des eaux usées et des eaux pluviales à l'intérieur des bâtiments — règles générales de mise en oeuvre » (indice de classement P 52-305, février 1990, repris en mai 1993 par les NF P 52-305-1 et NF P 52-305-2) N'EST PLUS EN VIGUEUR : la norme a été annulée en 2017. Le référentiel de remplacement pour les canalisations hydrauliques de chauffage et de conditionnement d'air est constitué par les Règles professionnelles « Canalisations hydrauliques des installations de chauffage et de conditionnement d'air » (1re édition 12/2021), acceptées par le Conseil des Professions de la FFB, la CAPEB et la Commission Prévention Produits de l'Agence Qualité Construction, ce qui leur confère la traditionnalité et la prise en considération par les assureurs au titre de techniques courantes. Le NF DTU 60.1 reste le référentiel de l'eau froide et de l'eau chaude sanitaires.
Domaine d'application
Canalisations métalliques ou en matériaux de synthèse destinées à véhiculer, à l'intérieur des bâtiments, l'eau chaude et/ou l'eau froide ou glacée sous pression des installations de chauffage ou de conditionnement d'air, quelle que soit la destination du bâtiment. Acier hors acier galvanisé et cuivre jusqu'à des températures d'eau inférieures ou égales à 110 °C ; tubes en couronnes et en barres en PE-X, PB et multicouches pour le chauffage haute température (classe 5), le chauffage basse température (classe 4) et les canalisations d'eau glacée. Hors domaine : chauffage par le sol noyé dans le béton (NF DTU 65.14), eau froide et eau chaude sanitaires (NF DTU 60.1), canalisations pré-isolées des réseaux de chaleur extérieurs aux bâtiments (Avis Techniques).
Règles principales
Statut : norme annulée en 2017
10 (indice P 52-305, février 1990 ; NF P 52-305-1 et NF P 52-305-2 de mai 1993) a été ANNULÉ en 2017 et ne peut plus être visé comme référentiel dans un marché.
Les conditions générales de mise en oeuvre qu'il définissait s'appliquaient notamment aux canalisations en acier ou en cuivre destinées à distribuer l'eau chaude des installations de chauffage central (température ne dépassant pas 110 °C) et l'eau froide ou glacée des installations de conditionnement d'air.
Référentiel de remplacement et statut assurantiel
1 et de l'e-cahier du CSTB n° 2808_V2. Acceptation par le Conseil des Professions de la FFB, par la CAPEB et par la Commission Prévention Produits (C2P) de l'Agence Qualité Construction : les techniques évoquées sont consacrées comme traditionnelles et prises en considération par les assureurs au titre de techniques courantes.
Domaine du référentiel actuel
Canalisations métalliques ou en matériaux de synthèse véhiculant de l'eau froide et de l'eau chaude sous pression, additionnée ou non d'antigel, à l'intérieur des bâtiments, quelle que soit leur destination. Acier hors acier galvanisé et cuivre jusqu'à des températures d'eau ≤ 110 °C. Tubes en couronnes et en barres PE-X, PB et multicouches pour chauffage haute température (classe 5), chauffage basse température (classe 4) et eau glacée.
1), canalisations pré-isolées des réseaux de chaleur extérieurs (Avis Techniques).
Classes d'application des tubes de synthèse
Classe d'application en adéquation avec les conditions d'utilisation, a minima classe 4, classe 5 ou classe « eau glacée ». Classe 4 (ISO 10508) : 20 °C pendant 2,5 ans, 40 °C pendant 20 ans, 60 °C pendant 25 ans, maximal 70 °C pendant 2,5 ans, accidentel 100 °C pendant 100 h.
Classe 5 : 20 °C pendant 14 ans, 60 °C pendant 25 ans, 80 °C pendant 10 ans, maximal 90 °C pendant 1 an, accidentel 100 °C pendant 100 h. Chaque classe correspond à une durée de service de 50 ans. Classe eau glacée : température minimale 5 °C, pression maximale 10 bars.
Fourreaux : performances et taux de remplissage
Tenue à l'écrasement de 450 N pour les préfourreautés et de 750 N pour les fourreaux seuls, selon NF EN 61386-1 et NF EN 61386-22 ; étanchéité aux laitances sur toute la longueur pour conserver la mobilité du tube. Plinthes et goulottes « type électrique » NON assimilées à des fourreaux.
Taux de remplissage : 60 % maximum pour un tube posé après le fourreau, 73 % pour un tube préfourreauté ou un fourreau aiguillé, 30 % pour deux ou trois tubes introduits après pose. Tubes de régimes de température différents dans des fourreaux différents.
Dilatation et contraction des tubes
En apparent, sous fourreau ou en dissimulé sous gaine ou coffrage, la libre dilatation doit pouvoir se faire sans désordre aux tubes, supports, accessoires et traversées. Les canalisations directement enrobées, encastrées ou engravées ne nécessitent pas de précautions, la dilatation étant bloquée par la liaison au gros oeuvre. Calcul : ΔL = ΔT × α × L.
Coefficients α (mm/m·K) : cuivre 0,017 ; acier inoxydable 0,017 ; acier noir 0,012 ; PE-X 0,15 ; PB 0,13 ; multicouches à âme métallique 0,025. Pour ΔT = 70 K : 1,19 mm/m (cuivre et inox), 0,84 (acier noir), 1,75 (multicouche), 10,5 (PE-X), 9,1 (PB).
Calorifugeage et pare-vapeur
Ni la RT 2012 (arrêtés du 26 octobre 2010 et du 28 décembre 2012) ni la RE 2020 (arrêté du 4 août 2021) n'imposent d'isolation minimale des conduits. Classes d'isolation minimales préconisées en neuf au sens de la NF EN 12828+A1:2014 art. 2 : chauffage, classe 3 hors volume chauffé et classe 2 en volume chauffé ; eau glacée, classe 4 hors volume chauffé et classe 3 en volume chauffé.
Canalisations de conditionnement d'air TOUJOURS calorifugées ou pré-isolées, calorifuge pare-vapeur lui-même ou entouré d'un pare-vapeur externe CONTINU, y compris au droit des supports. 2 ; isolants PE assimilés aux mousses élastomères souples.
Compatibilité des matériaux et protection sanitaire
Le contact direct entre cuivre ou alliage de cuivre (laiton) et aluminium ou alliage d'aluminium est INTERDIT ; interposition d'un raccord en fonte ou en acier non galvanisé. L'acier galvanisé est exclu du domaine.
Protection du réseau d'eau potable : dispositif selon NF EN 1717 (disconnecteur notamment) sur la canalisation de remplissage, placé à moins de 3 mètres du piquage ; à défaut, clapet de non-retour anti-pollution contrôlable de type EA intercalé au plus près du piquage, à moins de 3 mètres.
Emplacements et modes de pose interdits
Emplacements interdits : conduits de fumées et de désenfumage, conduits de ventilation, conduits d'ordures ménagères, ainsi que les parois constituant ces trois types de conduits — interdiction levée si les conduits sont neutralisés et hors service.
2), avec tolérance en existant ou en pièce de surface réduite ; dans l'épaisseur d'un isolant de mur de façade ; dans l'épaisseur de l'isolant d'une chape ou dalle flottante, sauf isolant projeté sous avis technique.
Supports et écartements des fixations
Fixations capables de supporter la canalisation en service, compatibles avec la nature de la paroi, INTERDITES dans les éléments en béton précontraint. Supports résistants à la corrosion en vide sanitaire et local humide. Aucun tube attaché à un autre tube ni utilisé comme support. Supportage sur la gaine ou l'isolant pour les tubes préfourreautés ou pré-gainés isolés.
Espace minimal de 0,15 m entre le revêtement extérieur des canalisations calorifugées horizontales et le sol en sous-sol, local technique, vide sanitaire, galerie ou vide technique.
Écartement maximal des fixations acier noir / inox : DN 10 → 1,0 m horizontal et 1,5 m vertical ; DN 12 à 15 → 1,2 et 1,8 ; DN 20 à 25 → 1,8 et 2,5 ; DN 32 à 100 → 2,5 et 2,5.
Supportage des canalisations en matériau de synthèse
Sur support continu (fourreau rigide, goulotte, chemin de câble ou autre guide continu rigide) : écartement L1 entre colliers de fixation au maximum de 1,5 m selon la nature du support. Écartement L2 entre fixations de maintien : 1/2 L1 pour les canalisations de rafraîchissement quel que soit le diamètre ; pour le chauffage, 1/3 L1 jusqu'à Ø 25 mm puis 1/2 L1 au-delà.
Pose sur chemin de câble : largeur minimale de 1,4 fois la somme des diamètres extérieurs des tubes, barrette de maintien tous les mètres. Pose en caniveau : le tube ne repose pas directement sur le fond, pose sous fourreau ou sur support discontinu.
Pose enterrée et caniveaux
Canalisations disposées sur un lit de pose AVEC FOURREAU. Fond dressé ou corrigé à l'aide d'éléments fins et homogènes (terre épierrée, sable) damés, pour un appui continu. Remblayage en éléments fins et homogènes jusqu'à 0,20 m au-dessus de la tuyauterie, puis en tout-venant par couches successives damées ; remblayage différent admis à très faible profondeur (béton, enrobé bitumineux).
Signalisation possible par bande de grillage à environ 0,20 m au-dessus de la génératrice supérieure.
Rinçage et nettoyage avant essai
Rinçage obligatoire après l'installation et AVANT l'essai d'étanchéité, et si nécessaire avant la mise en service. Vannes de branchement de la section rincée complètement ouvertes ; rinçage possible par sections, en commençant à l'étage le plus haut du bâtiment et en poursuivant vers le bas. Volume d'eau au moins égal à une fois le volume du système.
Opération effectuée avec des moyens adaptés et NON à l'aide des circulateurs de l'installation, ceux-ci étant court-circuités, isolés ou démontés, le circuit étant reconstitué. Produits chimiques éventuels ne devant pas compromettre l'intégrité des tuyauteries, joints et accessoires ni engendrer de corrosion.
Essai d'étanchéité obligatoire
Essai d'étanchéité OBLIGATOIRE, consistant à vérifier l'absence de diminution de la pression hydraulique mesurée au manomètre. Parties destinées à être rendues inaccessibles et comportant des assemblages : essai AVANT fermeture. Résultats consignés par écrit et conservés avec les notices des produits. Essai à l'eau du réseau de ville ; pression d'essai égale à 1,5 fois la pression maximale en service, au moins égale à 6 bars, appliquée par pompe d'épreuve.
Mode opératoire 1 (métalliques, multicouches, PE-X/PB et mixtes de DN ≤ 63) : pression maintenue 10 min avec Δp = 0.
Tolérances d'exécution
| Paramètre | Tolérance | Conditions |
|---|---|---|
| Température maximale de l'eau (acier hors galvanisé, cuivre) | ≤ 110 °C | Domaine des règles professionnelles 12/2021 |
| Classe eau glacée — température et pression | Température minimale 5 °C, pression maximale 10 bars | Installations de conditionnement d'air et de rafraîchissement |
| Taux de remplissage d'un fourreau (1 tube) | 60 % (tube posé après le fourreau) / 73 % (préfourreauté ou fourreau aiguillé) | 30 % pour deux ou trois tubes introduits après pose |
| Tenue à l'écrasement des fourreaux | 450 N (préfourreautés) / 750 N (fourreaux seuls) | NF EN 61386-1 et NF EN 61386-22, plus étanchéité aux laitances |
| Coefficient de dilatation α — métaux | Cuivre 0,017 / inox 0,017 / acier noir 0,012 mm/(m·K) | ΔL = ΔT × α × L |
| Coefficient de dilatation α — synthétiques | PE-X 0,15 / PB 0,13 / multicouche à âme métallique 0,025 mm/(m·K) | Pour ΔT = 70 K : 10,5 / 9,1 / 1,75 mm par mètre |
| Écartement maximal des fixations — acier noir et inox | DN 10 : 1,0 m H / 1,5 m V ; DN 12-15 : 1,2 / 1,8 ; DN 20-25 : 1,8 / 2,5 ; DN 32-100 : 2,5 / 2,5 | Serrage excessif = bruits de claquement à la dilatation |
| Écartement L1 entre colliers — synthétiques sur support continu | ≤ 1,5 m | L2 = 1/2 L1 (rafraîchissement) ; 1/3 L1 (chauffage, Ø ≤ 25 mm) ; 1/2 L1 au-delà |
| Garde au sol des canalisations calorifugées horizontales | ≥ 0,15 m | Sous-sol, local technique, vide sanitaire, galerie ou vide technique |
| Réchauffage des tubes de synthèse par temps froid | ≤ 80 °C | Réchauffage à la flamme interdit |
| Pression d'essai d'étanchéité | 1,5 × pression maximale en service, au minimum 6 bars | À l'eau du réseau de ville, par pompe d'épreuve |
| Essai mode opératoire 1 | 10 min à pression constante (Δp = 0) | Métalliques, multicouches, PE-X/PB et mixtes de DN ≤ 63 |
| Essai mode opératoire 2 | 30 min + 30 min (baisse < 0,6 bar), puis 2 h (baisse < 0,2 bar) | PE-X/PB et systèmes mixtes de DN > 63 |
| Volume de rinçage | ≥ 1 fois le volume du système | Du haut vers le bas, sans utiliser les circulateurs |
Dimensions réglementaires
Diamètre intérieur minimal des canalisations
Tous matériaux
Diamètre intérieur minimal de fourreau — tube Ø ext. 16 mm
Exemple de la table des diamètres minimaux
Diamètre intérieur minimal de fourreau — tube Ø ext. 20 mm
Exemple de la table des diamètres minimaux
Rayon de courbure minimal d'un fourreau
En l'absence de prescription du fabricant
Largeur minimale d'un chemin de câble
Barrette de maintien tous les mètres
Implantation du dispositif de protection sanitaire
Disconnecteur NF EN 1717 ou clapet contrôlable type EA
Remblai fin au-dessus d'une canalisation enterrée
Puis tout-venant par couches successives damées
Grillage avertisseur en pose enterrée
Signalisation du cheminement
Comprendre DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021
Les Documents Techniques Unifiés définissent les règles de l'art de la construction française : matériaux admis, mise en œuvre, tolérances d'exécution et conditions de réception des ouvrages. Leur respect conditionne la conformité d'un chantier et l'engagement des garanties légales.
Pour DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021, le suivi des prescriptions est déterminant : un écart de mise en œuvre peut entraîner un refus de réception, un sinistre non couvert par l'assurance ou une reprise de travaux. La maîtrise d'œuvre vérifie la conformité à chaque étape du chantier.
Qui est concerné ?
Le domaine d'application de DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021 couvre : Canalisations métalliques ou en matériaux de synthèse destinées à véhiculer, à l'intérieur des bâtiments, l'eau chaude et/ou l'eau froide ou glacée sous pression des installations de chauffage ou de conditionnement d'air, quelle que soit la destination du bâtiment. Acier hors acier galvanisé et cuivre jusqu'à des températures d'eau inférieures ou égales à 110 °C ; tubes en couronnes et en barres en PE-X, PB et multicouches pour le chauffage haute température (classe 5), le chauffage basse température (classe 4) et les canalisations d'eau glacée. Hors domaine : chauffage par le sol noyé dans le béton (NF DTU 65.14), eau froide et eau chaude sanitaires (NF DTU 60.1), canalisations pré-isolées des réseaux de chaleur extérieurs aux bâtiments (Avis Techniques).. Les projets entrant dans ce périmètre doivent intégrer ces exigences dès la conception pour sécuriser leur conformité et l'engagement des garanties.
Progineer et la conformité document technique unifié
Progineer contrôle l'application des DTU lors de la conception, de la consultation des entreprises et du suivi de chantier, jusqu'à la réception des ouvrages.
Prestations associées
Tout savoir sur DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021
Cette fiche commence par une mise au point de statut, parce qu'elle conditionne toute rédaction de pièce écrite. Le DTU 65.10 n'est plus une norme en vigueur. Son titre exact était « Cahier des clauses techniques applicables aux canalisations d'eau chaude ou froide sous pression et canalisations d'évacuation des eaux usées et des eaux pluviales à l'intérieur des bâtiments : règles générales de mise en oeuvre, suivi du cahier des clauses spéciales », sous l'indice de classement P 52-305 et avec une publication de février 1990, reprise en mai 1993 par les normes NF P 52-305-1 (clauses techniques) et NF P 52-305-2 (clauses spéciales). La fiche produit de la boutique AFNOR indique aujourd'hui ces documents comme annulés.
L'annulation est datée : elle est intervenue en 2017. L'avant-propos des Règles professionnelles « Canalisations hydrauliques des installations de chauffage et de conditionnement d'air » l'énonce sans ambiguïté : « En 2017, la norme NF DTU 65.10 relative aux canalisations d'eau chaude et d'eau froide sous pression, d'évacuation des eaux usées et pluviales à l'intérieur du bâtiment a été annulée. » Viser le NF DTU 65.10 dans un CCTP de lot chauffage aujourd'hui, c'est viser un document qui n'existe plus au catalogue.
Une seconde correction s'impose, car la référence « DTU 65.10 » est fréquemment associée à tort aux réseaux de chaleur enterrés en tubes pré-isolés. C'est une erreur de périmètre : le DTU 65.10 visait les canalisations À L'INTÉRIEUR des bâtiments. Le transport de chaleur ou de froid et d'eau chaude sanitaire ENTRE les productions et les bâtiments — canalisations placées dans le sol, en élévation à l'air libre ou en galerie technique — relève du DTU 65.9, repris par la norme NF P 52-304-1 de mai 1993, elle-même reprise du DTU 65.9 de mars 1986 et complétée par l'amendement A1 d'octobre 2000. Quant aux canalisations pré-isolées proprement dites, elles relèvent de normes produits européennes et d'Avis Techniques spécifiques, expressément exclus du champ des règles professionnelles de 2021.
Le vide laissé par l'annulation de 2017 a été comblé par la profession. Les Règles professionnelles « Canalisations hydrauliques des installations de chauffage et de conditionnement d'air — Métalliques et matériaux de synthèse », 1re édition datée 12/2021, ont été écrites sur la base du NF DTU 65.10, du NF DTU 60.1 et de l'e-cahier du CSTB n° 2808_V2. Leur acceptation par le Conseil des Professions de la Fédération Française du Bâtiment d'une part, et par la CAPEB et la Commission Prévention Produits de l'Agence Qualité Construction d'autre part, consacre la traditionnalité des techniques évoquées et leur prise en considération par les assureurs au titre de techniques courantes. C'est ce document qu'un CCTP doit désormais viser pour un réseau de chauffage ou d'eau glacée intérieur.
Comprendre en détail DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021
Ce que couvrait le DTU 65.10 et pourquoi il a disparu
Les conditions générales de mise en oeuvre définies par le DTU 65.10 s'appliquaient notamment aux canalisations en acier ou en cuivre destinées à distribuer l'eau chaude des installations de chauffage central — eau additionnée ou non d'antigel, à une température ne dépassant pas 110 °C — et l'eau froide ou glacée des installations de conditionnement d'air. Son titre couvrait également les canalisations d'évacuation des eaux usées et des eaux pluviales à l'intérieur des bâtiments, ce qui explique la confusion durable entre ce document et la série 60 de la plomberie.
Une décision de la CCFAT — la Commission chargée de formuler les Avis Techniques — a modifié le paysage en parallèle. Le 21 novembre 2017, les systèmes de canalisations en matériaux de synthèse (PB, PE-X et multicouches) destinés aux installations de chauffage, à la distribution d'eau chaude et froide sanitaire et aux circuits fermés d'eau froide ou glacée ont été reconnus comme traditionnels. Conséquence directe : l'annulation, au 31 décembre 2020, des Avis Techniques et Documents Techniques d'Application les concernant. Ces produits sont donc passés du régime de l'évaluation individuelle à celui de la technique courante, sans qu'un NF DTU vienne alors décrire leur mise en oeuvre.
Le NF DTU 60.1 « Plomberie sanitaire pour bâtiments » vise les réseaux d'alimentation d'eau froide et d'eau chaude sanitaire, mais son champ d'application ne s'étend pas aux réseaux de distribution de chauffage ou de conditionnement d'air. Entre 2017 et 2021, un réseau de radiateurs ou d'eau glacée ne relevait donc d'aucun référentiel de mise en oeuvre opposable. C'est ce vide que les règles professionnelles de 2021 déclarent expressément combler.
Le référentiel applicable aujourd'hui : domaine et exclusions
Les Règles professionnelles définissent les règles générales de conception et de mise en oeuvre des canalisations métalliques ou en matériaux de synthèse destinées à véhiculer de l'eau froide et de l'eau chaude sous pression, additionnée ou non d'antigel, à l'intérieur des bâtiments, quelle que soit la destination de ces derniers. Elles visent les canalisations métalliques en acier — hors acier galvanisé — ou en cuivre jusqu'à des températures d'eau inférieures ou égales à 110 °C.
Elles s'appliquent aussi aux systèmes utilisant des tubes en couronnes et en barres en matériaux de synthèse PE-X, PB et multicouches, pour trois applications : le chauffage haute température (radiateurs, convecteurs, ventilo-convecteurs), classé en classe 5 ; le chauffage basse température (radiateurs, alimentation des collecteurs de plancher chauffant basse température), classé en classe 4 ; et les canalisations d'eau glacée pour installations de conditionnement d'air et de rafraîchissement.
Trois exclusions doivent être vérifiées à chaque projet. Ne relèvent pas de ce document : les canalisations métalliques ou de synthèse noyées dans le béton pour le chauffage par le sol, visées par le NF DTU 65.14 — étant précisé que les tubes en couronnes décrits par les règles peuvent être utilisés dans les systèmes du NF DTU 65.14 ; les canalisations destinées à véhiculer l'eau froide et l'eau chaude sanitaires, qui relèvent du NF DTU 60.1 ; et les canalisations pré-isolées destinées à la réalisation de réseaux de chaleur extérieurs aux bâtiments, dont la mise en oeuvre est décrite dans les Avis Techniques spécifiques. Le document ne traite pas non plus des équipements et appareils auxquels les canalisations sont raccordées — collecteurs, radiateurs, pompes, chaudières, échangeurs, ballons et leur robinetterie.
Classes d'application des tubes de synthèse (ISO 10508)
La classe d'application des tubes en matériaux de synthèse doit être en adéquation avec les conditions d'utilisation prévues, et il s'agit d'un point de contrôle produit à la livraison. Les classes 4 et 5 sont définies par la norme ISO 10508 et correspondent à des profils de température cumulés sur une durée de service de 50 ans.
La classe 4 — radiateurs basse température, chauffage par le sol — correspond au profil suivant : 20 °C pendant 2,5 ans, 40 °C pendant 20 ans, 60 °C pendant 25 ans, avec un régime maximal de 70 °C pendant 2,5 ans et un régime accidentel de 100 °C pendant 100 heures. La classe 5 — radiateurs haute température — correspond à : 20 °C pendant 14 ans, 60 °C pendant 25 ans, 80 °C pendant 10 ans, avec un régime maximal de 90 °C pendant 1 an et un régime accidentel de 100 °C pendant 100 heures.
La classe « eau glacée » correspond aux installations de conditionnement d'air et de rafraîchissement dont la température minimale est de 5 °C et dont la pression maximale est de 10 bars. Le diamètre minimal intérieur des canalisations est par ailleurs fixé à 8 mm, quel que soit le matériau.
Fourreaux : taux de remplissage et tenue à l'écrasement
L'objectif principal de la prescription d'un fourreau continu est d'éviter le contact direct entre les tubes véhiculant un fluide à haute température et les matériaux d'enrobage. Le fourreau contribue à la libre dilatation du tube, permet éventuellement une pose du tube a posteriori et autorise le remplacement des tubes en cas de nécessité.
Les fourreaux doivent remplir au minimum deux conditions : une tenue à l'écrasement de 450 N pour les préfourreautés et de 750 N pour les fourreaux seuls, selon les normes NF EN 61386-1 et NF EN 61386-22 ; et une étanchéité, le conduit devant être étanche sur toute sa longueur aux laitances afin de conserver la mobilité du tube dans son fourreau. Un commentaire écarte explicitement les plinthes et goulottes « type électrique », qui ne respectent généralement pas ces deux critères et ne peuvent donc pas être assimilées à des fourreaux, même si elles restent utilisables en pose apparente.
Le taux de remplissage est plafonné selon la configuration. Pour un seul tube : 60 % maximum si le tube est mis en place après la pose du fourreau ; 73 % maximum si le tube est mis en place avec fourreau (tube préfourreauté) ou dans un fourreau aiguillé. À titre d'exemple, un tube de 16 mm de diamètre extérieur appelle un fourreau de 20,8 mm de diamètre intérieur minimum à 60 % de remplissage, et de 18,7 mm à 73 %. Pour deux ou trois tubes introduits après la pose du fourreau, le taux de remplissage maximal descend à 30 % — deux tubes de 16 mm appellent alors un fourreau de 41 mm de diamètre intérieur, trois tubes de 51 mm.
Des tubes véhiculant de l'eau à des régimes de température différents doivent être introduits dans des fourreaux différents. En l'absence de prescription du fabricant, le rayon de courbure du fourreau doit être supérieur au rayon de courbure minimal admis sur le tube qui y est introduit, c'est-à-dire généralement 10 fois le diamètre extérieur du tube.
Dilatation et contraction : les coefficients par matériau
Dans le cas de canalisations posées en apparent, sous fourreau ou en dissimulé sous gaine technique ou coffrage, la libre dilatation doit pouvoir se faire sans entraîner de désordre aux tubes, supports, accessoires — en particulier la robinetterie — et traversées de parois. À l'inverse, les canalisations directement enrobées, encastrées ou engravées dans le béton, le mortier ou la chape ne nécessitent pas de précautions particulières vis-à-vis de la dilatation, celle-ci étant bloquée par la liaison au gros oeuvre.
Le calcul se fait par la relation ΔL = ΔT × α × L, où ΔL est la variation de longueur en mm, ΔT la différence entre la température de pose et la température extrême de fonctionnement en kelvins, L la longueur du tube en mètres et α le coefficient de dilatation thermique en mm/(m·K). Les coefficients retenus sont : cuivre 0,017 ; acier inoxydable 0,017 ; acier noir 0,012 ; PE-X 0,15 ; PB 0,13 ; multicouches à âme métallique 0,025.
L'ordre de grandeur est décisif pour le choix des solutions de compensation. Pour un circuit de chauffage en régime 60/80 °C posé à 10 °C d'ambiance, soit ΔT = 70 K, la dilatation par mètre de canalisation est de 1,19 mm pour le cuivre et l'acier inoxydable, 0,84 mm pour l'acier noir, 1,75 mm pour un multicouche à âme métallique, mais 10,5 mm pour le PE-X et 9,1 mm pour le PB. Un PE-X se dilate donc environ douze fois plus qu'un acier noir : sur 10 mètres, cela représente plus de 10 cm de mouvement à absorber.
Symétriquement, un circuit d'eau glacée en régime 5/12 °C posé à 25 °C d'ambiance travaille en contraction, avec ΔT = 20 K : 0,34 mm/m pour le cuivre et l'inox, 0,24 mm/m pour l'acier noir, 0,5 mm/m pour un multicouche, 3 mm/m pour le PE-X et 2,6 mm/m pour le PB. La dilatation peut notamment être absorbée par des changements de direction, des lyres de dilatation ou des compensateurs.
Calorifugeage, peinture et compatibilité des matériaux
Un point réglementaire est utile à connaître, car il est souvent mal restitué : en construction neuve, ni la RT 2012 (arrêtés du 26 octobre 2010 et du 28 décembre 2012) ni la RE 2020 (arrêté du 4 août 2021) n'imposent d'isolation minimale des conduits, tant en chauffage qu'en refroidissement. Les échanges thermiques doivent toutefois être limités afin que le transport des fluides ne dégrade pas les performances visées et empêche la condensation sur les réseaux d'eau glacée.
Les règles professionnelles donnent des préconisations de classes d'isolation minimales en bâtiments neufs, au sens de la norme NF EN 12828+A1:2014 (article 4.8.2) : pour un réseau de chauffage, classe 3 hors volume chauffé et classe 2 en volume chauffé ; pour un réseau d'eau glacée, classe 4 hors volume chauffé et classe 3 en volume chauffé. Dans les volumes non chauffés, les canalisations de chauffage doivent être calorifugées conformément à la réglementation thermique en vigueur, le calorifugeage étant réalisé suivant le NF DTU 45.2 — la mise en oeuvre des isolants en PE étant assimilée à celle des mousses élastomères souples.
Les canalisations pour installation de conditionnement d'air doivent TOUJOURS être calorifugées ou réalisées en conduits pré-isolés. Le calorifuge doit être pare-vapeur lui-même ou entouré d'un pare-vapeur externe, et ce pare-vapeur doit être continu, y compris au droit des supports s'ils existent. Un écartement suffisant doit être prévu entre les réseaux et le bâti, et entre les canalisations elles-mêmes, pour permettre d'installer l'isolant.
Deux règles de matériaux ferment ce chapitre. Le contact direct entre cuivre ou alliage de cuivre — le laiton par exemple — et aluminium ou alliage d'aluminium est interdit ; une solution consiste à interposer des raccords d'assemblage en fonte ou en acier non galvanisé, comme sur les radiateurs en alliage d'aluminium généralement équipés d'origine de ces raccords. Et les canalisations en acier noir qui ne sont pas directement encastrées, enrobées ou engravées doivent être revêtues d'une peinture anticorrosion, qu'elles soient ou non destinées à être calorifugées ou placées sous fourreau.
Emplacements et modes de pose interdits
Il est interdit de faire passer les canalisations dans les conduits de fumées et de désenfumage, dans les conduits de ventilation et dans les conduits d'ordures ménagères. Les parois constituant ces trois types de conduits sont elles-mêmes interdites aux canalisations. Cette interdiction n'est levée que lorsque les conduits ont été neutralisés et ne sont plus en service.
Une note rappelle que d'autres textes réglementaires ou normatifs interdisent le passage de canalisations d'eau dans certaines parties du bâtiment ou ne le permettent que sous conditions — postes de transformation électrique, gaines et machineries d'ascenseur, gaines de canalisations de gaz et d'électricité. Ils peuvent également interdire la présence, dans une même gaine, de canalisations véhiculant des fluides différents. Dans le cas d'un cheminement dans des locaux sensibles, la mise en oeuvre de canalisations continues, sans raccord ni accessoire, peut être requise.
Quatre modes de pose sont interdits : dans le mortier de scellement des revêtements de sol scellés (NF DTU 52.1) ; dans les chapes ou dalles à base de liants hydrauliques (NF DTU 26.2) — avec une tolérance en bâtiments existants ou en pièces de surface réduite, où la forme contenant les canalisations et le mortier de pose ou la chape peuvent être réalisés en une seule opération ; dans l'épaisseur d'un isolant de mur de façade ; et dans l'épaisseur de l'isolant d'une chape ou dalle flottante, sauf dans le cas d'un isolant projeté sous avis technique et conformément aux dispositions de cet avis.
À proximité d'une canalisation d'eau potable froide, toutes précautions doivent être prises contre les risques d'exposition excessive à la chaleur, par mise en place de matériaux d'isolation thermique, et un dégagement suffisant doit être aménagé entre la canalisation d'eau potable froide et le tube chauffant.
Supports et écartements des fixations
Le cheminement s'effectue sur des supports continus ou discontinus adaptés, fixés à la structure ou aux parois. Les fixations doivent être capables de supporter la canalisation en service et compatibles avec la nature de la paroi ; elles ne sont pas autorisées dans les éléments en béton précontraint — poutrelles, poteaux, murs. Le parcours et le positionnement des points fixes doivent permettre la dilatation des tubes sans entraîner de désordre.
Dans les vides sanitaires et autres locaux humides, les supports doivent être en matériaux résistants à la corrosion : acier galvanisé ou peint, matières plastiques, laiton. Aucun tube ne doit être attaché à un autre tube ni utilisé comme support pour d'autres tubes. Les supports des canalisations destinées à être calorifugées ou gainées après fixation doivent être prévus pour permettre ces opérations, avec des écartements suffisants entre canalisations et avec les parois. En cas d'utilisation de tubes préfourreautés ou pré-gainés isolés, le supportage doit se faire sur la gaine ou sur l'isolant afin de laisser la dilatation du tube s'exercer librement.
En sous-sol, local technique, vide sanitaire, galerie ou vide technique, les supports doivent être fixés au gros oeuvre, et l'espace minimal entre le revêtement extérieur de canalisations calorifugées d'allure horizontale et le sol est de 0,15 m — cette garde permettant le nettoyage du sol et limitant les risques d'humidification du calorifuge.
Pour les canalisations en acier noir et en acier inoxydable, l'écartement maximal des fixations est fonction du diamètre nominal : DN 10, 1,0 m en horizontal et 1,5 m en vertical ; DN 12 à 15, 1,2 m et 1,8 m ; DN 20 à 25, 1,8 m et 2,5 m ; DN 32 à 100, 2,5 m dans les deux allures. Une note avertit que des fixations inadaptées ou un serrage trop important des colliers peuvent entraîner des bruits de claquement générés par les phénomènes de dilatation et de contraction. Les canalisations en cuivre sont mises en oeuvre conformément au NF DTU 60.5 P1-1 ; pour l'acier inoxydable, on utilise des étriers ou colliers en alliage de cuivre, en acier inoxydable ou en plastique, les colliers en acier devant être munis d'un isolant.
Pour les canalisations en matériau de synthèse posées sur support continu — fourreau rigide, goulotte, chemin de câble —, l'écartement L1 entre colliers de fixation dépend de la nature du support et est au maximum de 1,5 m. L'écartement L2 entre fixations de maintien de la canalisation est de 1/2 L1 pour les canalisations de rafraîchissement quel que soit le diamètre, et pour les canalisations de chauffage de 1/3 L1 jusqu'à Ø 25 mm puis de 1/2 L1 au-delà. En pose sur chemin de câble, celui-ci a une largeur minimale de 1,4 fois la somme des diamètres extérieurs des tubes, et une barrette de maintien doit être prévue tous les mètres. En caniveau, le tube ne doit pas reposer directement sur le fond : la pose se fait sous fourreau ou sur support discontinu.
Mise en oeuvre des tubes et pose enterrée
Dans le cas des tubes livrés en couronnes, les tubes doivent être déroulés de façon régulière dans le sens inverse de l'enroulement, afin d'éviter des torsions éventuelles. Tout tube « croqué », c'est-à-dire plié, doit être mis au rebut, excepté si le mode de raccordement permet sa réparation selon les conditions prévues par le document.
Par temps froid, le réchauffage des canalisations en matériau de synthèse est effectué, si nécessaire, avec une source de chaleur à une température maximale de 80 °C. Le réchauffage à la flamme est interdit. Pour réaliser des rayons de courbure inférieurs aux valeurs admissibles, il faut se reporter aux instructions du fabricant concernant l'utilisation de moyens spécifiques tels que ressort ou coude de cintrage.
En pose enterrée, les canalisations sont disposées sur un lit de pose avec fourreau. Le fond est dressé ou corrigé à l'aide d'éléments fins et homogènes — terre épierrée, sable — damés de façon que les canalisations reposent sur le sol sur toute leur longueur. Le remblayage de la fouille doit être exécuté en éléments fins et homogènes jusqu'à 0,20 m au-dessus de la tuyauterie ; au-delà, le remblayage est effectué en tout-venant par couches successives et damées. Pour des tuyauteries à très faible profondeur, il est admis de remblayer différemment, en béton ou en enrobé bitumineux. Le cheminement peut être signalé par une bande de grillage placée à environ 0,20 m au-dessus de la génératrice supérieure des tubes.
Les canalisations de chauffage et de conditionnement d'air enterrées peuvent également être mises en oeuvre dans un caniveau, le document renvoyant alors au NF DTU 65.9 ; les canalisations à l'intérieur d'un caniveau doivent être accessibles. Enfin, pour faciliter l'éventuel remplacement d'un tube sous fourreau, on utilise le tube endommagé en place comme tire-fil pour guider le tube de remplacement, le glissement étant amélioré par un lubrifiant approprié.
Protection du réseau d'eau potable
Lorsque le circuit de distribution de l'installation de chauffage ou de conditionnement d'air comporte une conduite de remplissage à partir du réseau d'eau potable, un dispositif de protection selon la norme NF EN 1717 — disconnecteur notamment — est prévu pour protéger l'installation d'eau potable contre les retours d'eau.
Le dispositif de protection doit être placé sur la canalisation de remplissage du circuit de distribution à moins de 3 mètres du piquage sur le réseau d'eau potable. À défaut, un clapet de non-retour anti-pollution contrôlable de type EA doit être prévu en complément et intercalé au plus près du piquage, à moins de 3 mètres.
La règle est fermée : sans dispositif de protection adéquat, le raccordement au réseau d'eau potable d'une canalisation de remplissage du réseau de distribution de l'installation de chauffage ou de conditionnement d'air est interdit. C'est l'un des points les plus souvent relevés en contre-visite, notamment sur les installations comportant des produits de traitement d'eau ou un antigel.
Rinçage et essais d'étanchéité : les deux modes opératoires
Un rinçage des installations doit être réalisé après l'installation et avant l'essai d'étanchéité, et si cela semble nécessaire, avant la mise en service. Toutes les vannes de branchement de la section à rincer doivent être complètement ouvertes ; selon la taille de l'installation, le système peut être rincé par sections, en commençant à l'étage le plus haut du bâtiment et en poursuivant vers le bas, étage par étage. Le rinçage s'effectue avec un volume d'eau égal à au moins une fois le volume du système, avec des moyens adaptés et NON à l'aide des circulateurs de l'installation, ceux-ci étant court-circuités, isolés ou démontés, le circuit étant reconstitué. Les produits chimiques éventuellement utilisés ne doivent en aucun cas compromettre l'intégrité des tuyauteries, joints et accessoires, ni engendrer de corrosion.
Les canalisations doivent obligatoirement subir un essai d'étanchéité, consistant à vérifier qu'il n'y a pas de diminution de la pression hydraulique mesurée au manomètre. Les parties de l'installation qui doivent être rendues inaccessibles après pose et qui comportent des assemblages doivent subir cet essai AVANT d'être rendues inaccessibles. Les résultats des essais doivent être consignés par écrit et conservés avec les notices des produits. L'essai est effectué à l'eau du réseau de ville ; la pression d'essai est égale à 1,5 fois la pression maximale en service tout en étant au moins égale à 6 bars, appliquée et maintenue à l'aide d'une pompe d'épreuve.
Deux modes opératoires sont définis selon le matériau. Le mode opératoire 1 s'applique aux matériaux métalliques (cuivre, acier noir, acier inoxydable), aux multicouches, et aux PE-X et PB de DN inférieur ou égal à 63, ainsi qu'aux systèmes mixtes de DN inférieur ou égal à 63 : après mise à l'air libre, remplissage complet et purge, la pression d'essai est appliquée pendant 10 minutes et doit rester constante sur cette durée (Δp = 0) ; en cas de perte de pression, le système est maintenu à la pression d'essai jusqu'à l'identification des fuites.
Le mode opératoire 2 s'applique aux PE-X et PB de DN supérieur à 63 et aux systèmes mixtes de DN supérieur à 63 — matériaux dont le fluage impose une procédure plus longue. La pression d'essai est appliquée pendant 30 minutes, puis la pression est notée après 30 minutes supplémentaires : si la baisse est inférieure à 0,06 MPa (0,6 bar), le système peut être considéré comme sans fuite évidente. L'essai est ensuite poursuivi sans changer la pression pendant 2 heures, et la pression est notée à l'issue : si elle a baissé de plus de 0,02 MPa (0,2 bar) au cours de cette période, le système présente une fuite, qu'il faut identifier en maintenant la pression.
Les erreurs les plus fréquentes sur un réseau hydraulique de chauffage
La première erreur est documentaire et se commet en phase DCE : viser le NF DTU 65.10 alors qu'il est annulé depuis 2017, ou viser le NF DTU 60.1 pour un réseau de chauffage, alors que son champ ne s'étend pas aux réseaux de distribution de chauffage ou de conditionnement d'air. Le bon visa aujourd'hui est celui des Règles professionnelles « Canalisations hydrauliques des installations de chauffage et de conditionnement d'air ».
La deuxième erreur est de périmètre : associer la référence 65.10 aux réseaux de chaleur enterrés en tubes pré-isolés. Le transport de chaleur entre production et bâtiments relève du DTU 65.9 (NF P 52-304), et les canalisations pré-isolées de leurs Avis Techniques spécifiques, expressément exclus du champ des règles professionnelles.
La troisième famille d'erreurs relève de la dilatation : négliger le coefficient du PE-X (0,15 mm/m·K) ou du PB (0,13), qui produisent respectivement 10,5 et 9,1 mm par mètre pour un ΔT de 70 K ; bloquer un tube préfourreauté en le supportant sur le tube et non sur la gaine ; dépasser les écartements de fixation ; ou au contraire serrer les colliers à bloc, ce qui génère les bruits de claquement caractéristiques.
La quatrième famille relève des interdits de pose : canalisation traversant un conduit de fumée, de ventilation ou de vide-ordures non neutralisé ; tube noyé dans le mortier de scellement d'un revêtement scellé ou dans une chape à base de liant hydraulique ; tube passé dans l'épaisseur d'un isolant de façade ou d'une chape flottante ; goulotte électrique employée comme fourreau alors qu'elle ne tient ni l'écrasement ni l'étanchéité aux laitances ; contact direct cuivre/aluminium sans raccord intermédiaire en fonte ou acier non galvanisé.
La cinquième famille concerne la mise en service : absence de disconnecteur NF EN 1717 sur la conduite de remplissage, ou dispositif implanté à plus de 3 mètres du piquage ; rinçage effectué avec les circulateurs de l'installation ; essai d'étanchéité réalisé après fermeture des ouvrages inaccessibles ; application du mode opératoire 1 à un PE-X de DN supérieur à 63, qui masque le fluage et conclut à tort à l'absence de fuite. Sur les projets suivis par Progineer, l'essai d'étanchéité fait l'objet d'un point d'arrêt tracé avant tout coffrage ou chape.
Glossaire DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021
- DTU 65.10 (P 52-305)
- Cahier des clauses techniques applicables aux canalisations d'eau chaude ou froide sous pression et canalisations d'évacuation des eaux usées et des eaux pluviales à l'intérieur des bâtiments, publié en février 1990 et repris en mai 1993 par les NF P 52-305-1 et NF P 52-305-2. Norme ANNULÉE en 2017.
- Règles professionnelles Canalisations hydrauliques
- Document « Canalisations hydrauliques des installations de chauffage et de conditionnement d'air — Métalliques et matériaux de synthèse », 1re édition 12/2021, écrit sur la base du NF DTU 65.10, du NF DTU 60.1 et de l'e-cahier CSTB n° 2808_V2, reconnu comme technique courante par la C2P de l'AQC.
- CCFAT
- Commission chargée de formuler les Avis Techniques. Sa décision du 21 novembre 2017 a reconnu comme traditionnels les systèmes de canalisations en PB, PE-X et multicouches, entraînant l'annulation au 31/12/2020 des Avis Techniques et DTA les concernant.
- Classe 4 (ISO 10508)
- Classe d'application des tubes de synthèse pour radiateurs basse température et chauffage par le sol : 20 °C pendant 2,5 ans, 40 °C pendant 20 ans, 60 °C pendant 25 ans, régime maximal 70 °C pendant 2,5 ans, accidentel 100 °C pendant 100 h, pour une durée de service de 50 ans.
- Classe 5 (ISO 10508)
- Classe d'application pour radiateurs haute température : 20 °C pendant 14 ans, 60 °C pendant 25 ans, 80 °C pendant 10 ans, régime maximal 90 °C pendant 1 an, accidentel 100 °C pendant 100 h, pour une durée de service de 50 ans.
- Classe eau glacée
- Classe d'application correspondant aux installations de conditionnement d'air et de rafraîchissement dont la température minimale est de 5 °C et la pression maximale de 10 bars.
- Fourreau
- Conduit continu évitant le contact direct entre le tube et les matériaux d'enrobage, contribuant à la libre dilatation et permettant le remplacement du tube. Tenue à l'écrasement 450 N (préfourreauté) ou 750 N (seul) selon NF EN 61386-1 et -22, étanche aux laitances.
- Taux de remplissage
- Rapport entre la section des tubes et la section intérieure du fourreau : 60 % maximum pour un tube posé après le fourreau, 73 % pour un préfourreauté ou un fourreau aiguillé, 30 % pour deux ou trois tubes.
- Coefficient de dilatation thermique α
- Grandeur en mm/(m·K) utilisée dans la relation ΔL = ΔT × α × L : cuivre 0,017 ; acier inoxydable 0,017 ; acier noir 0,012 ; PE-X 0,15 ; PB 0,13 ; multicouches à âme métallique 0,025.
- Tube croqué
- Tube plié accidentellement lors du déroulage ou de la pose. Doit être mis au rebut, sauf si le mode de raccordement permet sa réparation dans les conditions prévues par les règles professionnelles.
- Effet de fond
- Effort axial dépendant de la pression et du diamètre de la canalisation. Doit être repris sans que le bon fonctionnement du réseau soit affecté : butées pour les canalisations enterrées, colliers de serrage adaptés pour les autres.
- Disconnecteur (NF EN 1717)
- Dispositif de protection contre les retours d'eau, à placer sur la canalisation de remplissage du circuit à moins de 3 mètres du piquage sur le réseau d'eau potable. À défaut, clapet anti-pollution contrôlable type EA en complément.
- Mode opératoire 1
- Procédure d'essai d'étanchéité pour les matériaux métalliques, les multicouches et les PE-X, PB et systèmes mixtes de DN ≤ 63 : pression d'essai maintenue 10 minutes avec Δp = 0.
- Mode opératoire 2
- Procédure d'essai d'étanchéité pour les PE-X, PB et systèmes mixtes de DN > 63 : 30 min de mise en pression, relevé à + 30 min (baisse admissible < 0,6 bar), puis 2 h supplémentaires (baisse admissible < 0,2 bar).
- DTU 65.9 (NF P 52-304)
- Installations de transport de chaleur ou de froid et d'eau chaude sanitaire entre productions et bâtiments, pour des canalisations placées dans le sol, en élévation à l'air libre ou en galerie technique. Norme de mai 1993 reprenant le DTU 65.9 de mars 1986, amendement A1 d'octobre 2000.
- Classe d'isolation (NF EN 12828+A1)
- Classement des performances d'isolation des conduits au sens de l'article 4.8.2 de la NF EN 12828+A1:2014, utilisé par les règles professionnelles pour préconiser les niveaux minimaux en bâtiment neuf.
Questions fréquentes sur DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021
Qu'est-ce que DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021 ?
DTU 65.10 - Canalisations d'eau chaude ou froide sous pression à l'intérieur des bâtiments (norme annulée en 2017). Le DTU 65.10 « Cahier des clauses techniques applicables aux canalisations d'eau chaude ou froide sous pression et canalisations d'évacuation des eaux usées et des eaux pluviales à l'intérieur des bâtiments — règles générales de mise en oeuvre » (indice de classement P 52-305, février 1990, repris en mai 1993 par les NF P 52-305-1 et NF P 52-305-2) N'EST PLUS EN VIGUEUR : la norme a été annulée en 2017. Le référentiel de remplacement pour les canalisations hydrauliques de chauffage et de conditionnement d'air est constitué par les Règles professionnelles « Canalisations hydrauliques des installations de chauffage et de conditionnement d'air » (1re édition 12/2021), acceptées par le Conseil des Professions de la FFB, la CAPEB et la Commission Prévention Produits de l'Agence Qualité Construction, ce qui leur confère la traditionnalité et la prise en considération par les assureurs au titre de techniques courantes. Le NF DTU 60.1 reste le référentiel de l'eau froide et de l'eau chaude sanitaires. Ce document relève de documents techniques unifiés.
Quels projets sont concernés par DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021 ?
Le domaine d'application couvre : Canalisations métalliques ou en matériaux de synthèse destinées à véhiculer, à l'intérieur des bâtiments, l'eau chaude et/ou l'eau froide ou glacée sous pression des installations de chauffage ou de conditionnement d'air, quelle que soit la destination du bâtiment. Acier hors acier galvanisé et cuivre jusqu'à des températures d'eau inférieures ou égales à 110 °C ; tubes en couronnes et en barres en PE-X, PB et multicouches pour le chauffage haute température (classe 5), le chauffage basse température (classe 4) et les canalisations d'eau glacée. Hors domaine : chauffage par le sol noyé dans le béton (NF DTU 65.14), eau froide et eau chaude sanitaires (NF DTU 60.1), canalisations pré-isolées des réseaux de chaleur extérieurs aux bâtiments (Avis Techniques).. Toute opération entrant dans ce périmètre doit intégrer ces exigences dès la phase de conception.
Comment garantir la conformité à DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021 sur un projet ?
En tant que maître d'œuvre, Progineer vérifie l'application des référentiels à chaque phase — conception, consultation des entreprises, suivi de chantier et réception — et coordonne les bureaux d'études spécialisés lorsque le projet l'exige.
Le DTU 65.10 est-il toujours en vigueur ?
Non. La norme NF DTU 65.10 relative aux canalisations d'eau chaude et d'eau froide sous pression et d'évacuation des eaux usées et pluviales à l'intérieur du bâtiment a été annulée en 2017. La fiche produit de la boutique AFNOR indique les documents correspondants — NF P 52-305 de janvier 1993, NF P 52-305-1 et NF P 52-305-2 de mai 1993, issus du DTU 65.10 de février 1990 — comme annulés.
Quel référentiel remplace le DTU 65.10 aujourd'hui ?
Les Règles professionnelles « Canalisations hydrauliques des installations de chauffage et de conditionnement d'air — Métalliques et matériaux de synthèse », 1re édition datée 12/2021. Elles ont été écrites sur la base du NF DTU 65.10, du NF DTU 60.1 et de l'e-cahier du CSTB n° 2808_V2, et acceptées par le Conseil des Professions de la FFB, par la CAPEB et par la Commission Prévention Produits de l'Agence Qualité Construction, ce qui consacre la traditionnalité des techniques et leur prise en compte par les assureurs au titre de techniques courantes.
Le NF DTU 60.1 couvre-t-il les réseaux de chauffage ?
Non. Le NF DTU 60.1 « Plomberie sanitaire pour bâtiments » vise les réseaux d'alimentation d'eau froide et d'eau chaude sanitaire ; son champ d'application ne s'étend pas aux réseaux de distribution de chauffage ou de conditionnement d'air. C'est précisément ce vide que les règles professionnelles de 2021 déclarent combler.
Le DTU 65.10 concernait-il les réseaux de chaleur enterrés ?
Non, et c'est une confusion fréquente. Le DTU 65.10 visait les canalisations à l'INTÉRIEUR des bâtiments. Le transport de chaleur ou de froid et d'eau chaude sanitaire entre les productions et les bâtiments — canalisations dans le sol, en élévation à l'air libre ou en galerie technique — relève du DTU 65.9, repris par la NF P 52-304-1 de mai 1993. Les canalisations pré-isolées de réseaux de chaleur extérieurs relèvent d'Avis Techniques spécifiques et sont exclues du champ des règles professionnelles de 2021.
Jusqu'à quelle température s'applique le référentiel actuel ?
Les règles professionnelles visent les canalisations métalliques en acier — hors acier galvanisé — ou en cuivre jusqu'à des températures d'eau inférieures ou égales à 110 °C. Pour les tubes de synthèse, ce sont les classes d'application ISO 10508 qui bornent l'usage : classe 4 pour le chauffage basse température, classe 5 pour le chauffage haute température, et une classe « eau glacée » dont la température minimale est de 5 °C et la pression maximale de 10 bars.
Quel est le diamètre intérieur minimal admis ?
8 mm. Les règles professionnelles fixent un diamètre minimal intérieur des canalisations de 8 mm, quel que soit le matériau.
Quel taux de remplissage maximal pour un fourreau ?
60 % si le tube est mis en place après la pose du fourreau, 73 % si le tube est préfourreauté ou introduit dans un fourreau aiguillé, et 30 % pour deux ou trois tubes introduits après la pose du fourreau. Les fourreaux doivent par ailleurs présenter une tenue à l'écrasement de 450 N pour les préfourreautés et de 750 N pour les fourreaux seuls, selon les NF EN 61386-1 et NF EN 61386-22, et être étanches aux laitances sur toute leur longueur.
Une goulotte électrique peut-elle servir de fourreau ?
Non. Les plinthes et goulottes de type électrique ne respectent généralement ni le critère d'écrasement ni celui d'étanchéité aux laitances ; elles ne sont donc pas assimilées à des fourreaux. Elles peuvent cependant être utilisées dans le cas d'une pose en apparent.
De combien se dilate un tube PE-X de chauffage ?
Le coefficient de dilatation thermique retenu pour le PE-X est de 0,15 mm/(m·K). Pour un circuit de chauffage en régime 60/80 °C posé à 10 °C d'ambiance, soit ΔT = 70 K, la dilatation est de 10,5 mm par mètre de canalisation. À comparer à 0,84 mm/m pour l'acier noir, 1,19 mm/m pour le cuivre et l'inox, 1,75 mm/m pour un multicouche à âme métallique et 9,1 mm/m pour le PB.
Quel écartement entre fixations sur une canalisation acier ?
Pour l'acier noir et l'acier inoxydable : DN 10, 1,0 m en horizontal et 1,5 m en vertical ; DN 12 à 15, 1,2 m et 1,8 m ; DN 20 à 25, 1,8 m et 2,5 m ; DN 32 à 100, 2,5 m dans les deux allures. Des fixations inadaptées ou un serrage trop important des colliers entraînent des bruits de claquement dus à la dilatation et à la contraction.
Peut-on noyer un tube de chauffage dans une chape ?
Non, pas dans une chape ou dalle à base de liants hydrauliques (NF DTU 26.2), ni dans le mortier de scellement des revêtements de sol scellés (NF DTU 52.1), ni dans l'épaisseur d'un isolant de mur de façade, ni dans l'épaisseur de l'isolant d'une chape ou dalle flottante — sauf isolant projeté sous avis technique et conformément à cet avis. Une tolérance existe en bâtiments existants ou en pièces de surface réduite, où la forme contenant les canalisations et le mortier de pose ou la chape peuvent être réalisés en une seule opération.
Faut-il un disconnecteur sur le remplissage d'un circuit de chauffage ?
Oui. Lorsque le circuit comporte une conduite de remplissage à partir du réseau d'eau potable, un dispositif de protection selon la NF EN 1717 — disconnecteur notamment — est prévu, placé à moins de 3 mètres du piquage sur le réseau d'eau potable. À défaut, un clapet de non-retour anti-pollution contrôlable de type EA doit être prévu en complément et intercalé au plus près du piquage, à moins de 3 mètres. Sans dispositif adéquat, le raccordement est interdit.
Comment se réalise le rinçage d'un réseau de chauffage ?
Après l'installation et avant l'essai d'étanchéité, avec un volume d'eau égal à au moins une fois le volume du système. Toutes les vannes de branchement de la section rincée sont complètement ouvertes ; le rinçage commence à l'étage le plus haut du bâtiment et se poursuit vers le bas, étage par étage. Il doit être effectué avec des moyens adaptés et NON à l'aide des circulateurs de l'installation, qui sont court-circuités, isolés ou démontés, le circuit étant reconstitué.
À quelle pression réaliser l'essai d'étanchéité ?
L'essai est effectué à l'eau du réseau de ville ; la pression d'essai est égale à 1,5 fois la pression maximale en service tout en étant au moins égale à 6 bars. Elle est appliquée et maintenue à l'aide d'une pompe d'épreuve. Les parties destinées à être rendues inaccessibles et comportant des assemblages doivent subir l'essai avant d'être fermées, et les résultats doivent être consignés par écrit.
Quelle différence entre les deux modes opératoires d'essai d'étanchéité ?
Le mode opératoire 1 vise les matériaux métalliques, les multicouches et les PE-X, PB et systèmes mixtes de DN inférieur ou égal à 63 : pression d'essai maintenue 10 minutes, avec exigence Δp = 0. Le mode opératoire 2 vise les PE-X, PB et systèmes mixtes de DN supérieur à 63 : pression appliquée 30 minutes, relevé après 30 minutes supplémentaires — une baisse inférieure à 0,6 bar indique l'absence de fuite évidente —, puis poursuite 2 heures — une baisse supérieure à 0,2 bar sur cette période signale une fuite.
Quelle classe d'isolation prévoir sur un réseau de chauffage neuf ?
Ni la RT 2012 ni la RE 2020 n'imposent d'isolation minimale des conduits. Les règles professionnelles préconisent toutefois, au sens de la NF EN 12828+A1:2014 (article 4.8.2), une classe 3 hors volume chauffé et une classe 2 en volume chauffé pour un réseau de chauffage, et une classe 4 hors volume chauffé et une classe 3 en volume chauffé pour un réseau d'eau glacée. Les canalisations d'eau glacée doivent toujours être calorifugées ou pré-isolées, avec un pare-vapeur continu y compris au droit des supports. Le calorifugeage est réalisé suivant le NF DTU 45.2.
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NF DTU 60.1 - Plomberie sanitaire pour bâtiments
Le DTU 60.1 régit la conception des réseaux de distribution d'eau froide, d'eau chaude sanitaire et d'évacuation des eaux usées dans les bâtiments. Il fixe les diamètres selon débits simultanés, les pressions de service, les vitesses limites et les protections contre le gel et le bélier. Un sous-dimensionnement en colonne montante ou une absence de réservoir antibélier provoque baisses de débit et coups violents en réseau.
NF DTU 45.2 - Isolation thermique des circuits, appareils et accessoires (- 80 °C à + 650 °C)
Le NF DTU 45.2 « Travaux d'isolation — Isolation thermique des circuits, appareils et accessoires de - 80 °C à + 650 °C » (indice de classement P 75-402) est le référentiel de calorifugeage des réseaux du bâtiment et de l'industrie. Sa partie 1-1, cahier des clauses techniques types, a été homologuée le 14 avril 2018 et remplace la norme homologuée NF DTU 45.2 P1-1 de mai 2006. Par rapport au document remplacé, il a été réorganisé avec un chapitre par plage de température — donc par type de marché —, a introduit les conduits aérauliques, a pris en compte les nouvelles normes européennes des produits et propose de nouveaux tableaux de calculs. Il définit les données essentielles avant mise en œuvre (réservations, supports, système isolant), puis les règles de pose pour les circuits frigorifiques de 0 °C à - 80 °C, pour les installations d'eau glacée entre 0 °C et la température ambiante, et pour les circuits entre la température ambiante et 650 °C — chauffage, ECS, vapeur, fumées. Attention : le DTU ne fixe pas les épaisseurs d'isolant, qui relèvent des documents particuliers du marché et de la réglementation applicable.
NF DTU 65.14 - Planchers a eau chauffants et chauffants reversibles
Le NF DTU 65.14 fixe la mise en oeuvre des planchers a eau chauffants et chauffants reversibles : dispositifs de limitation de temperature et de securite, supports admissibles, bande peripherique et sous-couches isolantes, pose et pression d'epreuve des tubes, couche de diffusion et joints, premiere mise en chauffe, et dispositions particulieres par type de revetement de sol. Une temperature de surface au sol depassant 28 °C, un joint de fractionnement manquant ou une premiere mise en chauffe non realisee avant pose du revetement sont les causes dominantes de sinistre sur ce type d'ouvrage.
NF DTU 65.11 - Dispositifs de sécurité des installations de chauffage
Le NF DTU 65.11 « Dispositifs de sécurité des installations de chauffage central concernant le bâtiment » (indice de classement P 52-203) fournit les dispositions à mettre en œuvre dans les installations de chauffage au regard de la sécurité des personnes et de la conservation en bon état du matériel. La partie 1-1, cahier des clauses techniques, a été homologuée le 29 août 2007 pour prendre effet le 29 septembre 2007 ; avec la partie 1-2 (critères généraux de choix des matériaux), elle remplace la norme homologuée NF P 52-203 de mai 1993, la refonte ayant consisté à intégrer les prescriptions de la norme NF EN 12828. Le document couvre trois familles d'installations : vapeur basse pression (0,5 bar au plus), eau chaude basse température (105 °C au plus, en communication ou non avec l'atmosphère), et vapeur haute pression ou eau chaude haute température de faible volume. Il fixe les fonctions d'expansion, de sécurité et de limitation, les règles d'installation des soupapes, des vases d'expansion, des aquastats de sécurité, des limiteurs de pression et des protections contre le manque d'eau.
DTU 65.3 - Installations de sous-stations d'échange à eau chaude sous pression
CORRECTION DE RÉFÉRENTIEL : le DTU 65.3 ne traite pas de la distribution de chauffage en cuivre ou en acier chez l'usager. Il s'intitule « Travaux relatifs aux installations de sous-stations d'échange à eau chaude sous pression » (NF P 52-211-1, mai 1993, reprenant le DTU 65.3 d'avril 1968) et vise les sous-stations raccordées à un réseau de chaleur dont le circuit PRIMAIRE reçoit de l'eau à une température comprise entre 110 et 240 °C. Il classe les sous-stations en trois classes de puissance, impose des pressions nominales PN 16 à PN 64 selon la pression maximale en service, des tubes acier sans soudure, des soudeurs qualifiés depuis moins d'un an avec contrôle radiographique par sondage sur 10 % des soudures, et une épreuve hydraulique à 1,5 fois la pression effective maximale. L'aménagement des locaux relève du document joint « Instructions relatives à l'aménagement général des locaux », à caractère contractuel.
NF DTU 26.2 - Chapes et dalles à base de liants hydrauliques
Le NF DTU 26.2 P1-1 (avril 2008, indice de classement P 14-201-1-1, Amendement A1 de mai 2015 inclus) fixe les clauses techniques d'exécution des chapes et dalles non structurelles à base de liants hydrauliques dans les locaux intérieurs, posées soit directement sur le support, soit avec interposition d'une couche de désolidarisation ou d'une sous-couche isolante. Il classe les supports admissibles par âge minimal et par type de planéité (I à IV), fixe les épaisseurs — 3 cm minimum pour une chape adhérente, 5 cm pour une dalle adhérente, 5 ou 6 cm nominaux en pose désolidarisée ou flottante selon la sollicitation du local —, les règles de fractionnement (25, 40 ou 60 m² selon le cas, et au plus tous les 8 m linéaires), les tolérances de l'ouvrage fini (5 mm sous la règle de 2 m, 2 mm sous le réglet de 0,20 m) et les délais de livraison aux autres corps d'état. Une épaisseur locale insuffisante, une bande périphérique oubliée ou un fractionnement absent produisent tuilage, fissuration et décollement du revêtement de sol.
Informations
Dernière mise à jour
Ce document a été mis à jour le 28 août 2026
Les données présentées sont issues des textes officiels en vigueur. Vérifiez toujours les dernières versions sur les sites officiels.
DTU 65.10 (P 52-305) — annulé en 2017 / Règles professionnelles Canalisations hydrauliques 12/2021 - Documentation réglementaire du Workspace Progineer. Bureau d'études spécialisé en conformité réglementaire du bâtiment en région PACA. chauffage, conditionnement d'air, canalisations hydrauliques, DTU 65.10, P 52-305, norme annulée, règles professionnelles, PE-X, PB, multicouche, cuivre, acier noir, dilatation, essai d'étanchéité, fourreau, calorifugeage.